| n° 13443 | Fiche technique | 12798 caractères | 12798Temps de lecture estimé : 8 mn | 02/09/09 |
| Résumé: Une nuit en Charentes, au milieu de la campagne profonde... | ||||
| Critères: fh hplusag campagne autostop amour fsoumise hdomine fellation pénétratio -occasion | ||||
| Auteur : Aiga | ||||
C’était vraiment un coin paumé. Pourquoi ça lui arrivait toujours à elle, ce genre de galère ? Visiblement, c’était un problème de batterie. Elle n’y connaissait rien en mécanique. Changer une roue, vérifier le niveau d’huile, ça allait, mais il ne fallait pas lui en demander plus… Elle regarda autour d’elle. Pas l’ombre d’une présence humaine aux alentours, pas une fenêtre éclairée, pas un phare. C’était bien sa chance ! Quelle idée avaient eue ses parents d’aller s’enterrer dans la campagne charentaise, eux qui avaient toujours été des citadins ! La retraite change les gens. Elle donna un coup de pied contre le bas de caisse, qui résonna comme un reproche. Saleté de bagnole. Toujours un truc qui va pas. Elle n’avait vraiment pas fait une affaire.
Elle soupira, et se résigna à appeler ses parents à la rescousse. Elle n’était plus bien loin de chez eux, ils pouvaient bien venir la chercher, après tout c’est eux qui avaient insisté pour qu’elle passe le week-end chez eux. Elle passa le bras par la fenêtre-passager grande ouverte et fouilla dans son sac pour en sortir son portable.
Le cri avait claqué au milieu du chant des oiseaux et du bruissement des feuilles. Plus de batterie. Merde ! Et le jour qui tombait, maintenant… Dans une heure, maximum, il ferait nuit. Elle se voyait déjà marcher jusqu’à la vieille ferme retapée que ses parents avaient rachetée il y a cinq ans. Et pour couronner le tout, elle portait des talons aiguilles, n’ayant pas pris le temps de se changer en sortant du bureau.
Alors qu’elle lançait une nouvelle série de jurons marmonnés entre ses dents, le vrombissement d’un moteur se fit entendre. Elle releva vivement la tête et contourna la voiture, prête à faire signe à tout véhicule qui s’approcherait. Elle commençait à distinguer, dans le jour déclinant, un 4x4 sombre, qui arrivait à vive allure. Elle se mit en vue, sans se mettre au milieu de la route non plus, elle n’avait pas envie de se faire écraser. Levant les bras, elle les agita au-dessus de sa tête, jusqu’à ce qu’elle entende la voiture ralentir.
Un homme était au volant, elle distinguait mal ses traits. Il se gara derrière sa petite AX vert pomme, coupa le contact et descendit du véhicule. Il était grand, et plutôt musclé. Sa silhouette se découpait sur le ciel bleu nuit, elle était plutôt séduisante. Lorsqu’il s’approcha, elle put distinguer ses traits. Il devait avoir la quarantaine, les cheveux bruns, grisonnants sur les tempes, les yeux plus noirs que la nuit alentour, le visage comme taillé dans du bois brut.
Elle s’était rapprochée de lui pendant qu’il marchait vers elle, et c’est d’une voix un peu enrouée qu’elle répondit.
En le voyant de plus près, il était vraiment attirant. Sa bouche mince lui donna envie d’y poser les lèvres, et elle se demanda quel goût elle pouvait bien avoir. Quand il se tourna pour aller examiner le moteur, elle résista à l’envie de caresser sa nuque du bout des doigts. « Ça suffit, idiote. Il a vingt ans de plus que toi, qu’est-ce que tu crois ? » Le capot était toujours levé, elle se plaça sur le côté pendant qu’il scrutait le moteur. Elle l’observait à la dérobée. Son cou, ses pommettes saillantes, son menton fraîchement rasé, ses oreilles qu’elle avait envie de mordre… « Bon, stop maintenant ! »
Il la regarda alors dans les yeux pour la première fois, et elle sentit soudain une décharge électrique traverser son corps. Ces pupilles noires… Elle tomba en elles, s’y noya, se vit haletante et passionnée. Il s’approcha, tout près d’elle, et murmura :
« Emmène-moi… » Il saisit sa taille fine de ses deux mains puissantes, et la colla contre lui. Elle s’abandonna à son étreinte, et leva le visage vers ses yeux, ces deux trous noirs qui la fascinaient. Il posa, un peu brutalement, ses lèvres sur les siennes. Cannelle. Il avait le goût de cannelle. Il l’enlaçait à présent, ses mains se promenant librement sur son corps, son dos, sa nuque, ses hanches, ses fesses. L’une d’elles remonta jusqu’à son sein gauche, et s’en saisit, d’une façon terriblement excitante. Elle découvrait son corps, son fessier musclé, son dos noueux, les petits cheveux de son cou, ses lobes d’oreilles qu’elle pouvait enfin mordiller. Elle caressa de ses lèvres charnues toute la peau qu’elle pouvait atteindre, si douce, si parfumée.
Passant les mains sous sa chemise, elle explora son torse large, tandis qu’il la pressait contre lui. Elle pouvait sentir l’effet qu’elle lui faisait, ce qui l’excitait encore davantage. Doucement, mais sûrement, elle descendit ses doigts délicats jusqu’à sa ceinture, la défit avec fébrilité, puis les boutons, et elle passa enfin sa main dans l’entrejambe du pantalon. Il soupira, comme si elle l’avait libéré d’un carcan. Elle lui jeta un regard impérieux qui signifiait « laisse-toi faire » et s’agenouilla sur l’herbe tendre. Elle baissa le caleçon moulant et fit émerger l’objet de son désir, qu’elle contempla un instant avant de l’embrasser, doucement mais fermement, puis de le lécher de la pointe de la langue. Il agrippa son épaule, comme pour lui faire comprendre à quel point il appréciait ce qu’elle faisait. Alors seulement elle le prit entièrement en bouche, et commença lentement à faire un mouvement de va-et-vient, tout en continuant de lécher le membre dur et brûlant comme une pierre de lave.
Il lui saisit le menton pour la faire cesser. Oui, elle aussi elle le voulait en elle. Elle se remit debout, et il la fit pivoter pour la placer dos à lui. Elle n’opposa aucune résistance quand il souleva sa jupe de tailleur pour ôter sa culotte en dentelle rouge, ni quand il mordilla la peau sensible du haut de ses fesses. Elle se pencha, s’accoudant au capot du 4x4 bleu marine, et écarta légèrement les jambes. Ses mains étaient partout, elle avait l’impression qu’il en avait une centaine. Il passait entre ses jambes, puis remontait sur ses fesses avant de redescendre dans l’entrejambe en lui caressant le ventre au passage. Cela l’excitait tellement, cette situation, cet homme plus âgé, et trop séduisant, cette facilité avec laquelle elle avait osé se donner à lui.
Elle colla son fessier contre lui, pour lui signifier qu’il était temps de passer aux choses sérieuses. Alors, l’agrippant par les hanches, il entra lentement, très lentement en elle. Elle se mordit les lèvres pour ne pas hurler de plaisir, en sentant le moindre repli de peau, la moindre parcelle de son anatomie la caresser si intimement. Il pénétra complètement en elle, et marqua un temps d’arrêt avant d’entamer la danse effrénée de leurs deux corps. Ses coups de boutoir la faisaient gémir, elle ne parvenait plus à se retenir, le désir et le plaisir se mêlaient et montaient en elle, avec une puissance qui lui était jusqu’alors inconnue. Il accélérait le rythme, et c’était si merveilleux qu’elle crut s’évanouir en atteignant l’apogée de son plaisir. Un long cri résonna sur la plaine, accompagné d’un gémissement masculin un ton plus bas.
Ils restèrent immobiles un long moment, savourant les derniers restes de plaisir qui s’estompaient peu à peu. Quand il se retira, elle ressentit une pointe de regret. Ils étaient si bien ainsi… Reprenant ses esprits, elle regarda autour d’eux. Heureusement que c’était un coin perdu au milieu de nulle part. Elle se redressa, et il lui tendit un paquet de mouchoirs jetables, en la regardant dans les yeux, sans une once de gêne. Elle lui rendit son regard, et sourit légèrement en remettant en place une mèche qui avait glissé sur son front.
Le remerciait-elle pour les mouchoirs ou pour le plaisir inconnu qu’elle venait de découvrir ? Elle-même n’en savait rien. Et peu importait. Ils se rhabillèrent lentement, sans prononcer un mot, savourant l’harmonie qu’avait installée entre eux cet acte si simple.
Il sourit. Il avait une fossette, elle le remarquait seulement. Une fois la petite AX fermée, le sac récupéré et ses cheveux remis en ordre, elle grimpa dans le 4x4 bleu marine. Ça sentait la cannelle, ici aussi. Elle pensa alors à jeter un œil à sa main gauche. Pas d’alliance. Et alors, ça change quoi ? Tu crois qu’il va te demander en mariage ? Elle se moqua intérieurement de sa stupidité. Sale cœur d’artichaut.
La discussion continua, naturellement, uniquement ponctuée d’indications qu’elle lui donnait au fur et à mesure pour le guider. Il la laissa au bout du chemin. Même si elle sentait qu’elle pouvait lui faire confiance, elle préférait qu’il ne sache pas exactement où ses parents habitaient. On ne sait jamais, et les tarés, elle avait déjà donné. Bien pour ça qu’elle était toute seule. Mieux vaut être seule que mal accompagnée, même si elle aurait bien aimé faire un peu plus qu’un bout de chemin en voiture avec ce Pierre-là.
Drôle de façon de dire au revoir. Enfin, cela faisait partie de son charme. Elle avait cru le cerner pendant leur court voyage. Il avait un esprit un peu décalé, et un humour ironique. Il prenait les choses avec beaucoup de recul, peut-être la marque d’un homme qui avait déjà souffert. Elle l’imaginait divorcé en marchant jusqu’à la maison familiale. Sa mère accourut en la voyant arriver dans l’allée.
Elle se lança dans les explications. La barbe !
Le lendemain, dès le midi, sa mère commença à s’exciter dans la cuisine.
Elle leva les yeux au ciel. Allons, elle pouvait bien faire un effort, elle ne les voyait pas souvent. Elle mit un tailleur qui traînait dans son armoire, qu’elle avait oublié la dernière fois. Bleu marine, comme le 4x4 de son inconnu… Elle en avait rêvé toute la nuit et s’était réveillée haletante et en sueur. Cette extase… Elle se secoua. « Ne commence pas à rêvasser, le patron de papa arrive dans cinq minutes. » La sonnette de la porte d’entrée retentit.
Elle fit tourner la clé dans la serrure en soupirant, et se confectionna un visage souriant, comme devant ses clients de la banque, avant d’ouvrir la porte. L’homme en costume brun qui se tenait sur le seuil leva la tête. Ses yeux noirs la transpercèrent à nouveau, comme la veille au soir, et elle manqua défaillir.