| n° 13392 | Fiche technique | 16000 caractères | 16000Temps de lecture estimé : 10 mn | 02/08/09 |
| Résumé: Karine cherche à partager sa vie et ses plaisirs. Ce soir, ça aurait pu être par procuration... | ||||
| Critères: f fh voisins humilié(e) dispute voir fmast cunnilingu préservati pénétratio -voyeuroca | ||||
| Auteur : Hal Jordan Envoi mini-message | ||||
| Collection : Karine, de rencontres en solitude |
Résumé de l’épisode précédent :
Après une expérience peu concluante avec Jean-Marc, Karine vit seule. Elle a accepté d’assurer la gérance d’un « tabac-journaux », et tue sa solitude en s’offrant elle-même son plaisir sexuel.
Huit années sont passées…
Elle ne le supportait plus, son petit appartement sous les toits. Enfin, non, au fond d’elle, elle y est attachée… Mais c’est un sentiment étrange, comme mêlé de regrets et de soulagements. C’était le premier appartement de Karine, celui qu’elle occupait alors qu’elle n’était que l’employée du magasin de journaux au pied de l’immeuble.
Elle l’avait quitté quand elle avait décidé de donner une dernière chance à son histoire avec Jean-Philippe. Ils avaient vécu presque cinq ans ensemble, avaient eu cette petite fille, avant de finalement aboutir à un constat d’échec.
L’appartement, en fait une dépendance du magasin, n’avait pas été reloué. Il servait de pied-à-terre à Karine, elle y prenait ses repas et y stockait les décos et PLV du magasin ainsi que divers gadgets qui se vendaient très mal. Elle réunissait les dernières affaires dans le dernier carton. S’assurant de ne rien oublier, elle décolla du mur la vieille étagère Ikea, en agglo décoré façon pin. Dans un bruit sec, un magazine glissa sur le sol de tomettes. Karine le reconnut sans peine, bien que l’ayant oublié. C’était celui qui, quelques semaines durant, lui avait donné tant de plaisir, il y a de cela bien longtemps.
Elle laissa échapper un soupir de nostalgie sur ces années-là. À 25 ans, un rien la mettait en émoi. Maintenant qu’elle a bien entamé la trentaine, les choses ont bien évolué. La vision de ce jeune homme tout à ses caresses la laisse presque indifférente. Même, ça la met mal à l’aise en lui rappelant ces séances de webcam parfois avilissantes où, après la jouissance, elle s’était retrouvée stupidement nue, face à ces inconnus souillés de leur propre semence. À quoi le désir nous réduit-il parfois…
Mais l’idée pourtant la séduisait encore quelquefois, tiraillée comme d’habitude entre le plaisir du corps et la raison de l’esprit. D’un geste rageur, elle mit le magazine dans le carton « À jeter ». Elle se drapa dans le rôle d’ancienne gérante d’un magasin vendu par les héritiers de son propriétaire, et n’avait pas d’états d’âme à avoir.
La voici de retour chez elle. Seule dans ses murs et dans sa tête. C’est un vendredi vide ! Par précaution elle a laissé la petite à sa mère, ne sachant pas combien de temps allait prendre la remise des clefs aux nouveaux propriétaires. Elle est dans son trois-pièces neuf, à défaut d’être moderne, dans l’un de ces immeubles qu’elle a toujours décrits comme « à la française » parce qu’elle ne les a jamais vus que dans les quartiers neufs des villes de France. Des arêtes marquées, une architecture très géométrique, un usage extensif du crépi pour minimiser les coûts, des tons sable ou gris, soulignés de bleu. Pas vraiment beau, mais clean. Et surtout des volumes intérieurs assez vastes, une terrasse agréable et de grandes baies vitrées.
Elle s’inquiète un peu pour son entretien d’embauche de mercredi prochain : même si les prestations de l’immeuble ne sont pas hors du commun, le quartier est assez tranquille et il faudra quand même assurer le loyer. Il lui faut un nouveau job sous deux mois ! Elle avait choisi l’emplacement pour offrir le meilleur environnement à sa fille. L’immeuble est en retrait du centre-ville, mais au loin, on voit la Baie des Anges. Plus près de la mer, ça aurait voulu dire loyer plus élevé.
Karine tourne en rond dans son appartement. Elle ne sait trop où aller. C’était peut-être une erreur de laisser sa fille, elle a besoin de s’occuper l’esprit. Machinalement, elle ramasse les peluches, Pet-Shops et autres jouets de plastique qui traînent un peu partout dans le séjour, et les jette en vrac dans un tiroir laissé ouvert par la fillette, dans sa chambre. Il faudra bien qu’un jour elle renonce à l’idée d’avoir un intérieur rangé… Tant que sa fille sera petite.
Sortir avec Cindy, sa copine ? Non, pas envie d’être bousculée dehors. Descendre chez le traiteur et se faire un bon repas ? Bof, la flemme… Se faire livrer une pizza ? Ah… Peut-être. Manger un bon truc, c’est bien pour le moral, surtout si on y ajoute un gros rouge « qui tache » bien capiteux et enivrant. Le livreur sentait la transpiration, mais la pizza est divine. Karine s’était amusée de l’effet qu’elle avait eu sur lui. Sortie de sa douche quelques minutes seulement avant son arrivée, elle a pu constater qu’elle attirait toujours le regard des hommes, surtout dans cette robe de chambre fluide et satinée qui mettait en valeur son corps encore ferme, même si sa musculature est moins finement dessinée.
Attablée sur la terrasse à peine éclairée par la lumière venue du séjour, elle contemple la ville et les autres immeubles en contrebas. C’est un instant suspendu dans le cours de la vie, des minutes paisibles volées au quotidien. Un instant dont elle savoure chaque seconde. La pizza disparue rapidement, Karine s’enivrait de l’effet que le Bordeaux avait eu sur elle : ses jambes soudainement lourdes eurent quelques difficultés à la porter jusqu’à la cuisine où son pot de glace l’attendait. Bonne idée qu’elle avait eue de l’ajouter à la commande. Accoudée à la balustrade pour soulager son corps rendu lourd et malhabile par l’alcool, elle piochait dans le pot lorsque la fenêtre immédiatement en contrebas s’illumina.
Un couple entra dans la pièce avec fracas. Une jolie blonde bouclée dévorait littéralement la bouche de l’homme auquel elle était accrochée. Les cuisses nouées autour de ses hanches, les bras fermés sur ses épaules, elle ne lâchait même pas l’homme lorsqu’ils se précipitèrent sur le lit. Il ôta rapidement le T-shirt sans manches blanc de sa compagne, mais avant qu’il ne puisse se défaire du soutien-gorge, elle lui demanda davantage d’intimité. Il se redressa et vint tirer les voilages. Erreur bien ordinaire : de l’intérieur de la pièce, les rideaux paraissent opaques, mais de l’extérieur la vision est à peine gênée.
La sarabande reprit, le couple s’arrachait à tour de rôle ses vêtements. Karine fut un instant jalouse du corps de sa voisine, ses jambes étaient plus fuselées que les siennes, ses fesses un peu plus musclées, son ventre un peu plus plat… Dix ans et une maternité séparaient les deux femmes, Karine se sentit gagnée par la nostalgie du temps qui passe. Son intérêt se porta rapidement sur l’homme. Il semblait arborer un look « bad boy » artificiel qui déplut à Karine. Mais elle resta fascinée par les attitudes animales qu’il se donnait. Avec des gestes brusques et chaloupés, il roula en une mince ficelle le string sur les cuisses de la jeune femme puis l’envoya voler dans la pièce. En suivant le textile du regard, Karine balaya la décoration.
À l’évidence, il s’agissait d’une chambre de fille. Quelques froufrous sur les voilages, les nuances jaune-orangé des murs, le grand lit blanc avec sa tête et son pied en tubes tout en rotondités, les étagères murales encombrées de bibelots… Dans cet univers ultra féminin, ce pistolero de pacotille détonait complètement. Brun, mat, bronzé, les cheveux mi-longs, un bouc improbable, sans le comprendre, c’était lui le « coup d’un soir » de la jeune femme et non l’inverse. Le « kleenex » qui se fera jeter au lendemain, c’est lui également.
Il saisit les hanches de sa partenaire pour l’approcher de lui, puis, agenouillé sur le lit, il glissa ses mains sous les fesses de la blonde, repliant ses bras pour saisir les cuisses et les écarter. Seules la tête et les épaules de la femme étaient désormais en contact avec le lit, ses jambes ouvertes reposaient désormais sur les épaules du pseudo desperado qui plongeait désormais sa tête vers la vulve que Karine croyait bien avoir vue rasée. À moins qu’il ne s’agisse d’une véritable blonde dont la toison claire est invisible à travers les voilages.
La bouche de l’homme, ce qu’on pouvait deviner, s’était désormais posée sur le clitoris de sa compagne. Le visage de celle-ci prit immédiatement une expression nouvelle. Comme concentrée, les sourcils froncés et les lèvres entre les dents. Les mains de la jeune femme saisissaient vigoureusement les draps mais les relâchaient rapidement. L’homme s’acharnait de plus belle mais ne semblait pas parvenir à briser la résistance de la femme. Son plaisir paraissait tout proche mais n’était pas assez fort pour l’emporter. De son côté, Karine ne perdait pas une miette du spectacle.
« Merde ! » lâcha-t-elle, en comprenant que, ayant laissé le séjour éclairé, sa silhouette se détachait parfaitement. Elle courut dans l’appartement pour éteindre, tout en se rendant à l’évidence devant ses pas malhabiles : le vin l’avait bien plus enivrée qu’elle l’aurait cru. Elle jeta rapidement son pot de glace en vrac dans le congélateur et reprit son poste d’observation, raflant au passage la bouteille de vin presque à moitié pleine. Une rasade prise directement au goulot lui enflamma la gorge, elle tira à elle le fauteuil de jardin et s’y laissa tomber.
« Merde ! », encore une fois. Avachie dans le fauteuil les plantes de la jardinière lui cachaient la vue. Elle dut se résoudre à se relever. Heureusement, elle n’avait rien raté. L’homme s’appliquait toujours à son cunnilingus inefficace. Sa bénéficiaire ramena brusquement ses jambes ensemble au-dessus de la tête de l’homme, se souciant peu d’avoir failli lui briser le nez dans le mouvement. Karine comprit alors que le bouc de l’homme devait tomber juste sur son périnée et lui causer plus de gêne que de plaisir.
Comme pour s’en assurer, elle fit rapidement glisser ses ongles sur son propre périnée. Effectivement, des poils de barbe drus devaient être assez peu agréables, même accompagnés d’une stimulation du clitoris. La blonde se retourna rapidement et présenta un cul assez parfait à l’hidalgo. Celui-ci ne se fit pas prier et s’appliqua à y placer son sexe tendu, non sans y avoir déroulé un préservatif. Il pénétra en une fois la jeune femme qui se cambra immédiatement. L’homme se voulait sauvage, en parfait accord avec son personnage. Et les coups de boutoir commencèrent.
Cette scène eut un effet certain sur Karine dont la main trouva rapidement le chemin de sa vulve. À chaque pénétration de l’homme, elle faisait correspondre en elle une pénétration de son index et de son majeur. Ses soupirs commencèrent à emplir le silence du balcon, mais elle n’était pas à l’aise. Une rasade de vin et elle agrippa de nouveau le fauteuil, mais le mit cette fois à l’envers. Elle put ainsi s’y agenouiller en reposant son ventre et son torse sur le dossier, face à la scène.
Elle était assez peu habituée à boire, et les 13 degrés du vin avaient un effet désinhibiteur certain. Karine se pénétrait au rythme de ses voisins d’en face, ne sachant finalement pas ce qui l’excitait le plus : la bestialité de l’homme, la soumission de la femme qui avait désormais posé son visage sur le lit et offrait ses hanches, ou son propre plaisir voyeur. Elle s’amusait à deviner la progression de la jouissance chez la jeune femme, estimant que l’homme devait avoir dépassé la moitié du chemin vers l’orgasme.
Empâtée par le vin, Karine s’en sentait loin, mais elle voulait pourtant jouir en même temps que sa voisine, comme si elle-même se faisait prendre par le rastacouère. Ses doigts vinrent alors à la rencontre de son point G, fouillant la partie frontale de son vagin à la recherche de cette petite aspérité qu’elle croit être la seule à avoir jamais localisée tant ses précédents partenaires semblaient faire exprès de l’éviter.
Là, elle y est. L’effet de sa masturbation devient plus fort. Et si cela ne suffit pas, son autre main viendra agacer son clitoris déjà tendu. Sa poitrine commence à se dégager de la chemise de nuit, l’air frais nocturne s’insinue partout sur son corps et même dans les recoins les plus interdits, ce qui rend la scène encore plus sensuelle. Pensant soudainement que ses voisins de la terrasse d’à côté pourraient facilement la voir en s’accoudant à leur propre balustrade, Karine s’en sentit presque davantage excitée. Son plaisir est en marche.
Pour sa nouvelle amie blonde, en revanche, les choses ne vont pas aussi bien. L’homme s’était soudainement raidi avant de se replier sur lui-même en des spasmes évocateurs de la fin de l’hallali. La jeune fille se retourna rapidement, et il parut à Karine que des éclats de voix lui parvinrent. Gestes, explications et clairement, des mots : la fenêtre venait de s’ouvrir.
L’homme tenta de répliquer, blessé dans son orgueil et sa virilité, mais la jeune femme ramassa quelques-unes de ses affaires, apparemment le t-shirt et une bottine et jeta le tout par la fenêtre.
L’homme gronda, tenta de gifler son ex-partenaire qui l’évita en le narguant. Il quitta la chambre à moitié habillé, Karine entendit un rire de femme et une porte claquer. La lumière s’éteignit dans la chambre et la blonde apparut à sa fenêtre, guettant le départ de l’homme. Lorsqu’elle le vit apparaître, elle lui dit :
Regagnant la chambre, « Noémie » leva les yeux et vit la silhouette de Karine. Elle la fixa, lui tendit un majeur dressé qu’elle porta ensuite à ses lèvres pour le sucer avec provocation avant de le diriger vers son sexe et rejoindre le centre de la pièce. Cette fois, sans lumière, elle était véritablement invisible derrière les voilages. Karine resta immobile et frustrée. Agaçant toujours son sexe et maintenant son excitation. Mais la frustration devenait la plus forte et prenait le pas sur le plaisir. Au bout de quelques minutes, la lumière revint. Karine vit la jeune femme nue sur le lit, qui venait d’allumer la lampe de chevet. Elle attrapa une boîte de mouchoirs en papier, s’essuya les mains, saisit la télécommande d’un téléviseur et s’installa dans le lit, éteignant de nouveau la lumière.
Karine restait seule, agenouillée sur son fauteuil, frustrée du spectacle raté, frustrée d’avoir été découverte, frustrée de son plaisir qui mourait entre ses cuisses. Quittant son poste d’observation, elle finit d’un trait la bouteille de vin et, pour être certaine de s’endormir tout à fait, absorba sur le chemin de son lit deux gorgées du whisky attrapé au vol dans le petit bar qui lui sert si peu.
Les reliefs de son repas et de son plaisir avorté traînaient sur le balcon, elle s’effondra sur le lit sans prendre le temps de se glisser entre les draps et s’endormit immédiatement d’un sommeil lourd et sans rêves.
À suivre…