| n° 13282 | Fiche technique | 22863 caractères | 22863Temps de lecture estimé : 15 mn | 08/05/09 |
| Résumé: Toutes les femmes de ma vie. | ||||
| Critères: ff jeunes copains fête collection amour confession portrait | ||||
| Auteur : Bozo | ||||
Je m’appelle Alicia, j’ai une trentaine d’années. J’ai toujours été très portée sur le cul. J’ai découvert ça assez tard, en comparaison de certaines de mes copines, mais ça a vite été une quête permanente. Et je dois avouer que ça a vite aussi marché pas trop mal : à tout juste vingt berges, j’avais déjà couché avec plus de quatre-vingt garçons !
Je crois que j’avais des arguments qui ne les laissaient pas insensibles, les mecs. Les copains de mon frère disaient que j’avais une bouche à pipe, un cul qui dit "viens ! ", une poitrine "à tomber par terre", et qu’en plus j’étais mignonne ! Ça m’a toujours amusée, moi, de les provoquer en roulant du derrière devant eux ou en réajustant mes seins juste sous leurs nez.
Quatre-vingt et quelques garçons, donc ; la plupart, c’était des copains ou des copains de copains, que j’avais rencontrés en soirée, dans les plans qu’on faisait avec les anciens du lycée. On était une bonne bande de copains-copines, et on s’était pas perdus de vue, même lorsque la plupart étaient à la fac. Et puis les autres, je les avais rencontrés en boîte de nuit, ou encore sur la plage, l’été. N’importe, toutes les occasions étaient bonnes pour draguer et chauffer un peu les mecs…
Quatre-vingt garçons, et quelques filles, aussi ; ça m’est arrivé plusieurs fois de me retrouver à délirer avec une ou deux copines, à jouer à se caresser un peu ensemble. Mais ça, c’était juste pour m’amuser. C’était pas franchement ce que je recherchais, mais des fois, quand même, c’était bien.
La première fois, c’était assez curieux, presque impulsif. On était à une soirée, y avait de la musique ; on avait dansé comme des furies pendant un long moment, mais c’était le moment des slows. On attendait que les garçons nous invitent, mais ces blaireaux étaient complètement défoncés. Et comme ils ne paraissaient plus se soucier de nous, avec Mathilda, une copine, on a décidé de danser toutes les deux ensemble un slow.
Au début, c’était vraiment pour s’occuper, mais je sais pas franchement pourquoi, peut-être que nous aussi on était un peu défoncées, mais on s’est mises à danser toutes collées l’une à l’autre et à se déhancher avec excès. Et les yeux avides des mecs qui nous mataient bêtement ont dû ajouter à l’ambiance. On a fini par se rouler une grosse pelle. Tout le monde autour nous regardait en hallucinant. Il y a eu une sorte d’acclamation générale. Je me souviens qu’on s’est souri et qu’on a continué, qu’on s’est roulé plein de gros palots en se frottant l’une à l’autre avec suggestion. Mais on a fini par se prendre à notre jeu ; c’est Mathilda la première qui a glissé ses mains dans mon jean, sur mes fesses. Et je sentais ses seins presser contre les miens. Ça m’excitait. Curieusement, différemment, mais ça m’excitait vraiment grave !
Quand le slow s’est arrêté, y a eu comme un flottement dans la salle ; une trentaine de personnes nous regardaient en silence, se demandant jusqu’où on irait. Et nous on était toutes connes, au beau milieu des autres. La zik s’est arrêtée un instant ; même le mec aux platines devait être baba. Et puis ils se sont tous mis à beugler, à nous siffler, ou ce genre de trucs. Mais ça leur a grave cloué le bec quand j’ai entraîné Mathilda derrière moi dans l’escalier qui montait vers les chambres, en disant "à tout à l’heure, les amis… ", et en roulant du cul plus que jamais.
Ça a été assez bizarre, somme toute, avec Mathilda. On a pas fait grand-chose, c’était plus l’excitation qu’on provoquait, qui nous amusait. On a continué à se rouler des pelles en se frottant l’une à l’autre ; on s’est peloté les seins ; j’ai mis ma main dans sa culotte et je l’ai caressée un peu ; elle a fait pareil avec moi. C’est tout, c’est pas allé bien loin, mais j’en garde un super souvenir quand même.
Après, une autre fois, c’était avec Pauline. Pareil, c’était à une soirée avec tout plein de monde. Enfin, en fait, c’était après la soirée. Dans la nuit, j’étais sortie avec un type, on avait flirté un moment et puis on avait fini par s’éclipser pour baiser, mais c’était un loser ; au pieu c’était pas terrible, et puis avant la fin de la soirée il s’était tiré en me larguant comme une vieille grolle.
Enfin, n’importe ; toujours est-il que j’avais pas de moyen de locomotion, qu’il avait été prévu que je dorme là, et que finalement, ça a été dans la même piaule que Pauline. Je la connaissais pas super bien, et je l’avais toujours plus ou moins considérée comme une sorte de nunuche sainte-nitouche. Mais une fois qu’on s’était mises au plumard, elle avait commencé à me poser plein de questions sur les mecs que je m’étais tapés, sur ce que je faisais avec eux, sur mes fantasmes, sur divers trucs qu’elle voulait savoir ; elle avait pas l’air d’être bien expérimentée, en tout cas.
Je me rappelle plus bien comment, mais je me suis retrouvée finalement sur son matelas à lui caresser les fesses. Je me souviens qu’elle était allongée sur le ventre, la tête tournée vers moi, et qu’on discutait tranquillement tandis que mes doigts effleuraient ses fesses. On était en culotte et tee-shirt, l’une et l’autre, et ma main allait et venait sur ses globes et le long de sa raie. En fait, j’ai vraiment réalisé ce que je faisais lorsque je l’ai sentie écarter les cuisses juste sous ma main. C’était comme un appel. On parlait plus depuis un moment, on devait être plus ou moins en train de s’endormir, et elle a carrément ouvert ses cuisses à ma main.
Je me rappelle qu’au moment où j’ai descendu mes doigts vraiment le long de son sexe, elle s’est serrée tout contre moi en venant coller sa bouche à la mienne.
Ensuite ça a été super chaud ; je sentais que j’avais une sorte de pouvoir sur cette nana, alors je me suis lâchée. Je l’ai caressée un instant à travers sa culotte, et puis quand le tissu a été trempé, je lui ai fourré des doigts, un bon moment. Je m’étais relevée dans le lit et agenouillée à côté d’elle ; elle était toujours dans la même position, sauf qu’elle avait franchement relevé son derrière. Je lui glissais des doigts et de l’autre main, je branlais son clito. Elle se tortillait sous mes caresses, si l’on peut vraiment appeler caresses ce que je lui faisais. De temps en temps, je ressortais mes doigts trempés et je les lui donnais à sucer. Je me souviens aussi que l’odeur de sexe me rendait folle d’excitation.
Elle a fini par jouir en hurlant, et quand elle est redescendue sur terre, elle s’est précipitée sur moi pour m’étouffer de palots avant de s’endormir soudain comme une pierre. Et je suis restée conne avec ma chatte en feu et ma culotte trempée.
Je me rappelle encore que j’ai décidé de me masturber bêtement toute seule, mais terrassée par la fatigue, je me suis endormie aux côtés de Pauline qui ronflotait doucement déjà.
Et trois ou quatre heures plus tard, je me suis réveillée ; le jour perçait à travers les rideaux ; et Pauline était en train de me caresser entre les cuisses. Je lui ai souri, je me suis positionnée confortablement sur le dos, j’ai ouvert bien grand les jambes et j’ai savouré longuement ses caresses maladroites. Elle faisait comme moi la veille, elle me doigtait doucement, tout en essayant de me masser le clitoris. Je me suis abandonnée à ses doigts et j’ai fini par jouir en la serrant fort dans mes bras.
Le lendemain, dans la journée, c’était rigolo, y en a qui avaient dû entendre Pauline quand elle avait explosé dans la nuit sous mes caresses, parce qu’ils ont pas arrêté de nous chambrer : Alors, les filles ? Vous avez joué à touche-pipi cette nuit ? ou encore : Alors, Pauline ? Elle s’y prend bien, Alicia ?
Moi, ça m’a fait marrer, mais Pauline avait pas l’air très contente. Sans doute parce que ça a pas franchement arrangé sa réputation.
Moi, en tout cas, la mienne était faite : j’étais une salope intégrale. Je me tapais tout ce qui bougeait et qui avait deux jambes. Mais je m’en foutais. J’en faisais un jeu. D’autant que le sexe me plaisait énormément ! Et mes deux expériences avec Mathilda et avec Pauline m’avaient bien plus que seulement amusée.
Le plus rigolo, c’était quand des copines ou des copains venaient se confier à moi ; ils me racontaient leurs problèmes de cœur ou de cul en s’imaginant que je saurais les conseiller. Ça allait du plus basique au plus pittoresque. Du coup, j’étais au courant de tous les cancans, de toutes les histoires de drague, de toutes les histoires de baise. Certains ou certaines me racontaient leurs fantasmes. Il y avait des filles qui me demandaient comment atteindre l’orgasme à coup sûr ; il y avait des mecs qui me racontaient que leur nana voulait pas sucer ; il y avait des filles qui me demandaient si c’était bien de faire l’amour avec une fille ; il y avait des mecs qui me demandaient si je voulais pas faire un plan à trois avec leur copine. Et le tout avec beaucoup de sérieux.
Pendant ce temps-là, j’enquillais toujours les conquêtes. Beaucoup de mecs voulaient « sortir avec moi » ; du coup, souvent, je n’avais qu’à choisir.
Un après-midi, on traînait en discutant de cul chez Stéphanie, une copine de BTS. On se parlait de nos mecs et de nos expériences, Steph et moi. On a même à un moment déliré en se racontant la taille des bites qu’on avait eues entre les mains. Elle avait l’air de prétendre que plus c’était gros, plus c’était bon. Moi je lui disais que la taille joue surtout sur l’excitation.
Était-ce la chaleur du mois de juin, ou bien le résultat de nos discussions de cul, ou bien encore le fait de me retrouver avec la plus belle fille de notre bahut ? Toujours est-il qu’à un moment, je me suis levée, avec un sourire mutin, pour fermer à clé la porte de sa chambre. Elle a réagi au quart de tour, elle m’a quasiment sauté dessus. On s’est embrassées, étreintes, un bon moment, se parcourant de caresses et de baisers. On s’est vite retrouvées sur son lit, toutes nues, à se lécher les seins, à se caresser entre les jambes ; on a même fini allongées en soixante-neuf, à se dévorer la chatte.
Steph était une vraie bombe ; un physique de rêve, un corps aux courbes prononcées, mais pas exagérées, athlétique sans être maigre. Ça a fait halluciner tout le monde, autant les mecs que les filles, lorsque le lundi on s’est roulé des pelles en se tenant la main en public, dans le bahut.
On se retrouvait souvent le soir, après les cours, pour aller se câliner un petit moment. C’était marrant, parce que j’étais jamais restée franchement longtemps avec un mec, mais là, pendant plusieurs mois, on formait presque un vrai couple, Stéphanie et moi.
Presque, seulement ; en fait, c’était super, parce qu’on continuait l’une et l’autre à draguer et à chauffer des mecs, elle autant que moi. On se tapait des gars à tire-larigot, et on se racontait nos séances de baise en vivant les nôtres.
Enfin, à tire-larigot, c’est l’excès ; Steph a dû s’en taper trois ou quatre et moi peut-être sept ou huit. Je crois que c’est même ça qui a un peu fait tout déconner. Comme une sorte de jalousie de sa part.
Une fois, on a même flashé sur le même gars ; on s’est lancé une sorte de défi, à celle qui parviendrait à se le taper la première. Et j’ai gagné ! Finalement, on a tout expliqué au mec, et on s’est retrouvés à baiser tous les trois ensemble. Moi j’étais ravie, le mec était ravi, mais Steph, même si sur le moment elle s’était comportée en salope intégrale, à la fin, elle paraissait pas hyper joyce.
Le problème, je crois, c’était qu’elle, elle était vraiment amoureuse de moi. Alors que moi, ça restait franchement du fun. J’adorais les moments qu’on passait ensemble ; j’adorais parler avec elle, j’adorais baiser avec elle, même. Mais quelque chose d’autre me manquait ; je continuais à chauffer des mecs, tandis qu’elle, elle m’était vouée corps et âme et s’arrêtait petit à petit de draguer.
On a fini par s’engueuler plus ou moins ; c’était encore à une soirée où je jouais encore à provoquer tous les types qui passaient alors qu’elle restait sagement collée à moi. J’avais réussi à convaincre deux mecs de passer le reste de la nuit avec nous deux ; mais ça avait pas l’air de plaire à Steph. Moi, j’avais envie qu’on se fasse un méga plan cul, et elle, elle voulait passer la nuit juste avec moi. Elle a fini par me faire la morale, je l’ai envoyée chier, elle s’est tirée, et j’ai gardé les deux garçons pour moi toute seule.
Après ça, on s’est plus revues pendant deux ou trois semaines ; au bahut on s’évitait comme la peste. Moi, je suis sortie un moment avec un des types de la promo, et puis avec un autre. C’était rigolo, tous les jours les autres gars me chambraient : Alors, Alicia ? Aujourd’hui tu prends un mec ou une nana ?
Mais Steph me manquait. Et à l’évidence, moi, je lui manquais aussi. Un jour, pendant une pause entre deux cours, j’étais avec mon mec du moment (pour pas dire du jour) et deux ou trois autres copains-copines ; Steph est venue, l’air tout sérieux, et a demandé si on pouvait discuter. Je me suis approchée d’elle, en soutenant son regard appliqué, et on s’est presque immédiatement roulé une grosse pelle, sous les yeux plutôt atterrés de mon copain, et ceux goguenards des autres qui étaient là.
J’ai largué mon mec, qu’était de toute façon plutôt une brêle, et je me suis refoutue pour de vrai avec Steph. Mais cette fois-ci, on s’est fait en quelque sorte des concessions : j’ai arrêté de sauter sur tout ce qui bouge, et elle a arrêté d’être trop exclusive. Le compromis était parfois ténu. Je me suis tapé quelques mecs quand même ; parfois, j’en ramenais un qu’on se tapait toutes les deux, Steph et moi. Elle-même, de temps en temps, elle me retrouvait, piteuse, en bafouillant qu’elle s’était tapé un type, mais qu’elle était désolée. Deux ou trois fois, elle nous en a ramené un.
Elle était un peu vicieuse, Steph ; ce qu’elle adorait par-dessus tout, c’était enculer le mec pendant qu’il me baisait. Ou encore elle voulait que je la fasse jouir pendant que le mec se branlait en nous regardant.
Une fois, à la suite d’un plan tordu, on s’est retrouvé avec un couple ; elle était parvenue à séduire la nana pendant que j’allumais le mec. On a fini au pieu tous ensemble ; c’était marrant.
La seule fois où je lui en ai vraiment voulu, c’est quand elle m’a avoué avoir embrassé et même un peu câliné une autre fille. Là, j’ai fait la gueule. Je sais pas pourquoi, c’était plus fort que moi ; je devais avoir l’impression d’être trompée pour de vrai, là. Je lui ai fait une scène, je lui ai demandé de choisir entre elle et moi, tout le tralala.
Évidemment, elle l’a envoyée promener ; mais ça a pas loupé, ça a recommencé, et même si j’ai pris un coup, j’ai compris et fini par admettre qu’elle avait une sorte de besoin de séduire des filles autant que moi j’avais un besoin de séduire des mecs.
On a grandi un peu ; on a mûri, sans doute. On a continué à se voir, à passer des nuits ensemble, à être proches, mais de moins en moins souvent. Elle rencontrait régulièrement d’autres filles, dans des boîtes faites pour ça, et aussi grâce au net. De mon côté, j’enchaînais toujours les mecs ; de temps en temps, aussi, une nana.
Quand on se retrouvait toutes les deux, on était toujours super contentes d’être ensemble, heureuses de s’épater avec nos histoires de baise ; entre nous, c’était toujours hyper chaud. Mais c’était plus vraiment comme avant ; on était simplement redevenues des copines. Enfin, un peu plus que des copines, parce que des copines, elles baisent pas ensemble, en général.
Un samedi après-midi, elle m’a appelée, en me demandant ce que je faisais le soir. Elle avait rien de prévu, je lui ai dit de passer. Quand elle est arrivée, j’étais avec un mec. On a passé la soirée ensemble, tous les trois. On n’a même pas baisé, on a juste discuté, c’était cool. Mon mec est parti vers minuit, parce que je lui avais expliqué que je voulais passer la nuit avec ma copine d’enfance. Elle a dormi chez moi ; on a fait l’amour ; presque comme d’habitude. Au matin, elle est partie en me disant qu’elle m’aimait.
Et elle a disparu de ma vie. Soudain. Plus aucune nouvelle. Elle répondait pas à mes appels ; elle me rappelait pas ; quand je passais, elle ouvrait pas ; j’ai même essayé de passer à son boulot, mais elle s’est arrangée pour pas me voir. Je sais pas pourquoi. Ça m’a fait mal. Même si on n’était plus comme on avait été à un moment, ça a été dur pour moi.
Je me suis pas forcément laissé abattre pour autant. J’approchais la trentaine et je commençais à vouloir sérieusement me fixer. Et j’avais envie de construire une famille et d’être mère. C’était une épreuve, pour moi, parce que la fois où j’étais restée le plus longtemps avec un mec remontait à pas loin de cinq ans en arrière et ça avait duré deux mois et demi… Je savais que je devrais faire énormément de concessions et tirer un trait sur bon nombre de choses qui m’avaient amusée pendant une bonne dizaine d’années. Mais je crois que j’étais prête à le faire. Par contre, pas avec n’importe qui.
J’ai passé deux ans à chercher « l’élu ». Je continuais à baiser dans tous les sens, mais c’était plus vraiment ça que j’observais. Je m’efforçais d’aller au-delà, de chercher autre chose. Et puis, enfin, j’ai trouvé celui qui m’a semblé être la perle rare. Antoine, il me plaisait vraiment. Et je crois que je lui plaisais aussi. Il avait rien de bien spécial ; c’était pas le plus beau, ni le meilleur amant que j’avais connu, mais il y avait quelque chose de particulier entre nous. Quelque chose de fort. Il me comprenait à chaque instant, il me considérait avec une attention toute spéciale, j’avais toujours envie de lui faire plaisir, pas seulement au pieu.
On a commencé à parler de choses à construire, de vie future ; on s’est installés ensemble. Les mois passaient, j’étais heureuse ; parfois certaines choses me manquaient, mais d’autres que je ne connaissais pas s’imposaient à moi et compensaient ma frustration.
Au bout d’un an, on a parlé d’enfant ; je suis assez rapidement tombée enceinte. J’étais heureuse. D’un bonheur que je n’avais jamais imaginé.
C’est vers mon sixième mois de grossesse que j’ai découvert qu’Antoine me trompait. Dire que ça m’a fait mal serait un euphémisme. Pourtant, j’avais pas l’impression de n’être pas assez « efficace » avec lui. Même attendant un enfant ; au contraire, c’était presque encore pire qu’avant.
Le soir où il m’a finalement tout avoué, j’ai cru que j’allais devenir folle. Il a tout tenté, mais je l’ai quand même foutu dehors. Ce salaud, c’était même pas qu’il avait « craqué » un coup ; il se tapait une de ses collègues de boulot, et depuis un bon moment ! J’arrive même pas à comprendre comment j’avais pu rien voir.
J’ai tenté de noyer mon chagrin dans les deux drogues que je connaissais le mieux et qui m’avait tellement manqué depuis un an et demi : la drague et le cul. Mais force est de constater qu’une femme enceinte a un pouvoir de séduction infiniment moindre qu’une femme pas enceinte. Et quand je parvenais à finir une soirée avec un mec, j’y éprouvais même pas franchement de plaisir.
J’ai mis presque un mois avant d’avoir l’idée de rappeler Steph, et encore une bonne semaine avant de retrouver sa trace. Elle avait déménagé ; pas hyper loin mais suffisamment pour que l’idée d’aller prendre un café ensemble soit obsolète. Le téléphone entre les mains, au moment où je m’étais décidée à passer le coup de fil, je tremblais. Je crois surtout que j’avais peur de son refus, ou pire encore, de son indifférence.
Mais cette fois-ci, elle a décroché ; elle s’attendait évidemment pas à ce que ce soit moi. Je savais pas franchement comment aborder la moindre discussion. J’ai juste dit que je voulais un peu de ses nouvelles, que je voulais savoir ce qu’elle était devenue, que j’aurais bien aimé qu’on se revoie. Elle m’a pas envoyée chier, bien au contraire ; on est restées plus d’une heure au téléphone. On était heureuses de s’entendre à nouveau, ça se sentait. On se disait rien, on se parlait pas tant que ça des choses importantes, on alignait les inepties ou les souvenirs éculés, mais ça nous plaisait.
Je lui ai pas dit que j’étais enceinte, elle m’a pas dit grand-chose sur sa vie. J’ai juste compris qu’elle avait déménagé pour le boulot et qu’elle était toujours célibataire. On a pas parlé de notre dernière fois, de pourquoi elle avait fui. Mais l’essentiel, c’est qu’on a convenu d’un rendez-vous quelques jours plus tard. Elle a voulu que je vienne la voir et m’inviter au restaurant. Mon médecin m’avait dit de limiter vraiment, vraiment les trajets en voiture, alors je lui ai pas expliqué pourquoi, mais je lui ai dit que je pouvais pas franchement me déplacer. Que je préférais qu’elle vienne, que je l’invitais, moi, à manger à la maison. Elle a pas dit non. On a juste repoussé de deux jours.
Et c’est ce soir qu’elle doit venir. Depuis ce matin, je me sens toute bizarre ; tout excitée et toute peureuse à la fois. J’aimerais tellement qu’on se retrouve aussi complices qu’il y a quelques années. Qu’on s’aime à nouveau ; pas tout à fait de la même façon qu’avant, mais aussi fort.