| n° 13118 | Fiche technique | 7527 caractères | 7527Temps de lecture estimé : 5 mn | 23/01/09 |
| Résumé: Une épreuve initiatique en quelques sortes. | ||||
| Critères: fffh jeunes plage collection intermast init humour | ||||
| Auteur : Samuel Envoi mini-message | ||||
Sur la plage de Boulogne-sur-Mer, il n’y a plus de cabines. Elles ont disparu progressivement au fil du temps. Pourtant, les premiers émois amoureux, nous les avions connus autour et à l’intérieur de ces cabines. Les copines y allaient pour se changer et mettre un maillot de bain. Et il y avait souvent un trou bien placé qui nous permettait de voir, ou de laisser croire qu’on avait vu quelque chose. Tout cela était bien innocent, comme de se cacher sous les escaliers que certaines descendaient sans méfiance, et sans culotte sous leur robe ou leur longue serviette de bain. Parfois une fille poussait un cri à défier les mouettes quand elle s’apercevait qu’on l’avait épiée. Mais bon, comme on dit, c’était plutôt bon enfant. Nous connaissions ainsi les seins de Sophie, les fesses de Françoise et le minou tout roux de Nathalie que nous décrivions au cours de nos conversations de café.
Avec Sylvie, une étape avait pourtant été franchie. Nous nous étions retrouvés deux dans la cabine… Les caresses avaient succédé aux baisers et j’avais pour la premières fois tenu une fille nue, complètement nue, dans mes bras. Elle tremblait de froid, mouillée qu’elle était par la Mer du Nord. Elle n’arrivait plus à articuler un son. Je la réchauffai, la massai, la secouai en profitant de sa torpeur. Puis nous sommes sortis sous les quolibets des copains. Aussi, elle avait compris que la cabine devait trahir certains secrets. Elle se fâcha immédiatement contre moi, quand elle vit les clins d’yeux complices et les sourires entendus. Tout cela se passait en juin. Il faut dire que le dernier trimestre nous voyait peu au lycée.
Un soir, après une séance de cinéma mise à profit pour vérifier nos anatomies respectives, elle me dit :
Effectivement, il y avait un soleil en train de se coucher, et sur la plage juste un couple : un chien et son propriétaire. Elle avait pris les clefs de la cabine de ses parents et elle l’ouvrit. Avec l’énergie d’une femme d’intérieur, elle aménagea un coin confortable. Puis elle posa une lampe à piles à même le sol.
Elle avait donc pensé à tout. J’hésitai devant tant de détermination. Elle s’empara de ma bouche et me déshabilla avec une certaine violence.
Je m’allongeai à côté d’elle et je la caressai un peu mécaniquement. Elle avait une peau satinée qui me faisait toujours un de ces effets !
Elle m’affubla donc de ce bandeau. Et elle s’activa sur tout mon corps, en terminant par ma verge qui n’en pouvait plus, tant elle était tendue. Je ne comprenais pas toujours ce qu’elle faisait. À un moment donné, j’eus l’impression qu’elle se levait, qu’elle quittait même la cabine. Mais je ne m’inquiétais pas trop. Le romantisme a ses exigences, me disais-je. Pourtant il me semblait que la cabine craquait de toutes parts. Elle me rassura en s’occupant plus spécialement encore de mon érection, avec une main douce et ferme à la fois. Je voulais lui dire que j’allais inévitablement éjaculer si elle continuait. Mais je pensais qu’ainsi il n’y aurait pas de risque de grossesse et je me laissais faire.
Dans un râle de mâle, je répandis ma semence sur mon ventre. Et jaillit une salve d’applaudissements ! J’enlevai le foutu bandeau qui m’avait fait bander et je vis autour de moi toutes les copines de Sylvie. Elle-même s’était rhabillée d’ailleurs. J’étais donc là, nu et couvert de sperme devant huit filles qui riaient éperdument. Heureusement qu’à l’époque, il n’y avait pas de téléphone portable pour immortaliser la scène. Mais bien sûr, dès le lendemain, je serais la risée de tout le lycée. Sylvie prit la parole au nom du groupe :
Les salopes ! Je rampai dans la nuit sous les cabines, le sable se collait à mon ventre trempé de liqueur séminale. Je les insultais en hurlant toutes les cinq secondes. Au moment où je mettais enfin la main sur mes affaires, un chien me renifla le cul et son maître me traita de dépravé. Je courus me nettoyer dans la mer et je m’habillai comme je pouvais, à moitié humide et tremblant de rage et de froid. Je rentrai chez moi et mes parents avaient reçu dans la journée un mot du proviseur se plaignant de mes nombreuses absences aux cours. Il n’était donc pas question que je manque la matinée du lendemain.
Je redoutais le pire et, dès l’arrivée à la porte du lycée, ce fut le pire. Les rires des filles, le manque de solidarité des mecs, tout m’exaspérait. Je me renfermai sur moi-même et le professeur de français nous fit entrer dans la salle de classe. Je me calmai. On passait à autre chose, enfin.
Aussitôt, les rires fusent, les regards se posent sur moi, je ne sais plus où me mettre et le professeur, irrité par ce pénible début de leçon, me fixe voyant que je suis à l’origine de ce chahut.