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Temps de lecture estimé : 8 mn
06/01/09
Résumé:  Visite d'une ancienne amante à qui je veux fournir une preuve de passion, mais est-ce plutôt une preuve de ma perversion ? À vous de me le dire !
Critères:  fh copains extracon collègues travail cunnilingu
Auteur : Amoureux au Québec      
Le vingt-deux décembre (acte d'amour)

Vingt-deux décembre, lundi calme, lundi tout emmitouflé à l’université. Les centres commerciaux doivent être bondés, mais à mon étage, il n’y a que quelques personnes, et nous échangeons plus de sourires que d’habitude. Les secrétaires font du café et pour une fois je ne me sentirais pas gêné de leur en demander une tasse.


Tu m’as dit qu’on se verrait peut-être aujourd’hui, mais tu l’as dit d’autres fois, et je n’y crois plus, je ne veux pas y croire et ensuite être déçu si ça ne se produit pas. Et puis, je ne peux pas avoir d’attentes, tu as quelqu’un dans ta vie maintenant. Alors, je m’occupe de mes affaires, parvenant presque à t’oublier. Je rattrape le travail en retard des dernières semaines, courrier, commandes…


Ma porte n’est ouverte que de quelques centimètres, alors je ne vois pas qui circule dans le corridor, mais je peux entendre leurs pas. Au début, je m’amuse à essayer de deviner si c’est toi qui viens me rendre visite, mais j’abandonne assez vite. À tel point que, lorsque tu glisses ta tête dans l’entrebâillement de la porte pour me lancer un de tes « bonjour ! » timides que je connais par cœur maintenant, je sursaute en me cognant sur mon bureau – premier rire de toi, léger. D’ailleurs tout paraît léger chez toi en ce moment – tes cheveux sont plus blonds, ton regard moins appuyé, même ta démarche est plus insouciante.



Mais non, mais non, tu ne me déranges pas, c’est juste que, comme à chaque fois que l’on se parle depuis qu’Il est dans ta vie, nous avons du mal à trouver nos marques au début. C’est certainement moins facile que la séduction toutes-voiles-dehors de notre première rencontre, avant que tu n’entres en couple avec lui. Alors, tu me poses des questions sur un peu tout, sur mon travail, sur mes enfants… tu es attendrissante dans tes efforts. Tu es restée debout près de la porte, bien droite comme toujours, une de tes mains serrant l’autre comme souvent. Tu as poussé la porte derrière toi et tu te tiens contre le grand classeur métallique, sans t’y appuyer vraiment. En fait je ne t’ai jamais vue vraiment te laisser aller à reposer ton corps sur quoi que ce soit, tu es toujours sur tes gardes et c’est une des mille choses que j’aime chez toi.


J’ai envie d’être près de toi, la conversation est plus personnelle maintenant, plus intéressante, nous nous rapprochons déjà en pensée, alors pourquoi pas physiquement. Je me lève et je viens m’appuyer contre ce fameux classeur, ne te quittant pas des yeux pendant que notre échange garde son caractère chaleureux. Je t’explique quelque chose sur mes enfants et tout en parlant je me permets de laisser courir mes doigts dans tes cheveux, brièvement, juste pour me rappeler la sensation, leur finesse. Je réalise que je n’ai pas envie de me poser la question de ce qui est maintenant acceptable et de ce qui ne l’est pas. Je me la suis beaucoup posée mais là, non, pas aujourd’hui. Je me sens bien, je souris d’ailleurs, toi aussi, alors la culpabilité restera au vestiaire, et je te sens dans le même état d’esprit.


Tu t’interromps pour fermer la porte complètement et je sais que cela ne veut rien dire, que tu veux simplement qu’on ne soit pas dérangés, mais ton geste déclenche quelque chose en moi et lorsque tu te retournes je me rapproche de toi, je veux sentir ton odeur, sentir ton souffle contre moi. Tu restes très droite, un peu tendue, et tu saisis les doigts d’une de mes mains pour les serrer pendant que je frotte doucement ma joue contre la tienne. Lorsque je me penche en avant pour embrasser la peau de ton cou, m’enivrer de son goût et son odeur, tu poses tes mains à plat sur ma poitrine, dans un réflexe de refus. Ou peut-être par envie de sentir mon corps sous tes doigts. Ou peut-être les deux, car tout comme moi tu n’es pas étrangère aux contradictions.


Tu t’es laissée tomber dans un des sièges de mon bureau, je me suis laissé tomber à genoux devant toi et ma bouche, mes mains devenues un peu folles, zigzaguent le long de ton corps, l’embrassant à travers tes vêtements. (Je maudis l’hiver qui t’a forcée à porter ces jeans si épais !) Tu me demandes de m’arrêter mais sans trop de conviction. Nous nous embrassons longuement, voluptueusement, moi au-dessus de toi, mes mains agrippées aux accoudoirs du siège. D’instinct, ton corps s’est déplacé vers l’avant pour venir épouser le mien ; je peux sentir ton ventre se contracter au contact de mon sexe tendu, qui forme maintenant une belle bosse à travers mon pantalon. Nos lèvres se décollent et tu prends mon visage dans tes mains et me dis en riant :



Tu te pinces la lèvre, je vois que tu essaies de trouver un équilibre, et tu ajoutes :



Oui ma belle, bien sûr que je suis d’accord, je vais respecter toute limite que tu m’indiqueras, et je sais que de nous deux c’est moi qui ai le rôle facile.


En fait ça m’arrange de me voir interdire de me déshabiller, et donc la jouissance pour moi-même. Je vais pouvoir me concentrer sur toi. Je retombe à genoux devant toi et relève ton chemisier. Des tremblements parcourent tout mon corps lorsque mes lèvres entrent en contact avec ton ventre. Mes mains caressent tes jambes, remontant comme elles peuvent sous ton pantalon, pendant que je dévore ton ventre, le mordillant, léchant ton nombril, remontant jusqu’à la base des seins. Tes mains caressent mes cheveux, les miennes se débrouillent pour ôter tes souliers, tes bas, pour enfin caresser tes pieds nus, réchauffer tes orteils au creux de mes mains. Ta respiration s’est accélérée, et j’adore sentir ton ventre se contracter sous mes caresses. Je veux maintenant t’offrir autant de plaisir que possible alors je déboutonne tes jeans. Tu te soulèves juste assez pour me laisser tirer tes jeans, et je souris intérieurement à la vue de ta culotte déjà humide – j’ai tout de suite envie d’en lécher, d’en sucer le tissu pour récupérer tes fluides. Je plonge mon visage, attiré irrésistiblement vers ton intimité, mais quelque chose me surprend, que je ne saisis pas tout de suite.


Et là, brusquement, tes jeans descendus à mi-cuisse, ta voix transformée par l’excitation, tu te redresses, tu te reprends et me dis :



Je ne t’écoute pas, je ne comprends pas, et j’ouvre ma bouche pour la coller sur ta culotte, en plein sur cette zone humide, que je me mets à lécher sans contrôle. Tu appuies sur ma tête pour me repousser, et là, je comprends… cette humidité, cette odeur différente, ce goût différent. Le souffle court, je repose ma joue sur ta cuisse, relevant les yeux vers toi, essayant de reprendre mes esprits.



J’embrasse le haut de tes cuisses, plus lentement cette fois-ci, et tu me laisses faire. Je me rapproche de ton sexe en continuant d’embrasser ta peau et cette fois-ci je reconnais tout de suite l’odeur si caractéristique du sperme. J’essaie d’organiser mes pensées, je me trouve bête de ne pas avoir prévu cela… Tu es avec lui, alors bien sûr qu’il fallait m’y attendre… Je n’ai jamais été dans cette situation avant. Pour un homme purement hétérosexuel comme moi, il y a quelque chose d’humiliant à être au contact des fluides d’un autre homme. Mais je ne peux non plus nier le désir immense que j’ai à te goûter et à te donner du plaisir. Surtout, surtout, je réalise qu’il me faut t’accepter comme tu es présentement, et ça veut dire en couple. Je réalise que si j’ai la chance que tu t’offres encore à moi dans le contexte actuel, alors il me faut te prendre comme tu es, et te donner encore plus de passion, si c’est possible, que je ne le ferais dans des conditions normales. Alors, toujours à genoux devant toi, je te regarde droit dans les yeux en finissant de tirer sur tes jeans jusqu’à ce qu’ils tombent à terre, et je te dis :



Puis :



Et, sans te quitter des yeux, j’avance à nouveau mon visage entre tes cuisses. Tu m’arrêtes une dernière fois de la main, me demandant :



Ce à quoi je ne réponds pas et je viens coller ma bouche à ton sexe, avec le désir de l’épouser, d’en connaître toute la géographie, de laisser tes fluides couler dans ma bouche et m’enivrer de tes parfums. Petit à petit je vais me concentrer sur tes sensations, stimulant ton clitoris de ma langue pendant que mes doigts te pénètrent. Arquée dans le plaisir, tu as posé une cuisse sur mon épaule, ton pied nu reposant sur mon dos, et tu t’agrippes à mes cheveux.


J’adore être dans cette position, à genoux et au sol devant toi, avec pour but unique de te donner autant de plaisir que je peux. À ce moment-ci, c’est ma raison d’être, mon rôle sur cette planète, rien ne compte que les sensations que ma bouche et mes doigts te procurent. Seul l’orgasme déchirant qui finit par te prendre me fait arrêter et, à bout de souffle, je m’assieds sur l’autre siège, juste à côté de toi, cherchant ton regard. Lorsque tu ouvres les yeux, tu souris en constatant que tout le bas de mon visage est couvert de tes fluides et d’autre chose. Tu laisses courir un doigt sur ma joue et mon menton, et il me semble lire quelque chose qui ressemble à de l’amour ou de l’admiration dans tes yeux. On sait tous les deux qu’il n’y a pas beaucoup d’hommes qui auraient fait ça pour toi, et j’apprécie que tu reconnaisses cela.


On finit par se relever tous les deux, après que tu te sois occupée de faire un nettoyage rapide de mon visage avec des kleenex, ce qui était un geste très tendre de ta part. Tu ne t’es pas rhabillée et tu t’assieds sur le bord de mon bureau, entourant tes jambes autour de mes hanches, tes bras autour de mon torse pour enfin m’embrasser profondément, passionnément. Évidemment, dans cette position, mon sexe est contre le tien, séparés seulement par l’épaisseur de mon pantalon, et je peux sentir ta chaleur qui rend mon érection plus dure que jamais. Alors, peut-être vas-tu, en quelques mouvements, défaire mon pantalon, et me permettre de te pénétrer jusqu’à exploser à mon tour. Peut-être vas-tu au contraire t’arrêter là pour que venir en toi soit un privilège réservé à l’homme que tu t’es choisi. Dans le fond ça n’a pas d’importance. Tu m’as donné une occasion d’exprimer ma passion pour toi et je ne pouvais pas espérer mieux.