| n° 12908 | Fiche technique | 45500 caractères | 45500Temps de lecture estimé : 26 mn | 10/10/08 |
| Résumé: Rencontre imprévue du narrateur et de celle qui fut "la première femme qu'il a tenue dans ses bras". Elle n'a rien perdu de son charme, la seconde rencontre fut aussi mémorable que la première. Toute ressemblance... c'est une fiction. | ||||
| Critères: fh fplusag hotel voyage amour revede fmast fellation cunnilingu pénétratio fsodo -amourpass -amourcach -prememois | ||||
| Auteur : Ijokpl (Suite d'un premier récit de voyage “Un voyage initiatique…”) Envoi mini-message | ||||
Un autre voyage en Espagne deux ans plus tard. À travers l’Andalousie : Cordoue, Úbeda, Grenade, Séville… En stop toujours, n’est-ce pas une forme de voyage qui peut provoquer des rencontres inoubliables ?
(Ce texte fait suite au n° 12767)
Il n’y eut pas de rencontre mémorable en quittant Madrid, et la route de Cordoue fut sans surprise.
Cordoue.
Découverte émerveillée de l’architecture de l’Andalousie musulmane, de la Cordoue médiévale. Déambuler entre les colonnes de la Mezquita, forêt de fûts de marbres, rythme des arcs, ors des lieux de prière. La cathédrale : « Ce que vous avez bâti aurait pu être bâti n’importe où, par n’importe qui, ce que vous avez détruit est unique ! ». Se perdre dans les petites rues, découvrir un patio, une synagogue, les jardins de l’Alcazar…. Puis la route de Grenade….
Grenade.
Un petit hôtel dans la rue qui monte vers la Alhambra. Arrivé tard, je me contente d’une promenade sur les hauteurs, dans l’Albaïcin, regardant le soleil se coucher, profitant de la magie des lumières, des reflets sur les pierres : la forteresse rouge…
C’est le lendemain que je visitai la Alhambra.
Montant le chemin qui conduit aux portes de la forteresse, longeant les hôtels, un éblouissement soudain… une voiture anglaise, immatriculée à Madrid… Je ne me souviens plus… Madrid ? Tolède ?
Je m’approche, non sans attirer l’attention du gardien du parking qui me regarde, l’air étonné. Je renonce et je continue mon chemin, ce qui me vaut d’être suivi d’un regard soupçonneux…
Mon esprit, tout à l’heure si tranquille, se trouble de souvenirs qui ne furent jamais enfouis bien profondément…
Une conductrice qui s’arrête sur la route de Tolède, une maison dans un parc, un salon, une danse qui n’en finit pas, le contact d’un corps.
Découverte de l’amour physique.
Tremblements, désirs, fureur des corps, dans l’ombre, dans la nuit, explosions des sens.
Toucher, sentir, goûter, regarder, entendre…
Sa peau, ses courbes, ses volumes, ses creux, ses lèvres, sa bouche, son sexe, chaud, humide, le respirer, enivré de ses parfums.
Y boire.
Découvrir comme un paysage ce corps offert, cuisses ouvertes, jambes légèrement repliées, le sexe luisant, lèvres entrouvertes, sa fourrure qui le révèle autant qu’elle le masque, puis, par-delà le ventre, deux collines jumelles…
J’avais encore dans les oreilles sa voix, ses mots, ses gémissements, ses cris, les miens. Tout cela me revenait de temps en temps, parfois dans un léger malaise, nous avons fait tout ça… dit tout ça… Et soudain ! cette voiture, tellement improbable. Puis le souvenir de ses mots : Nous ne pouvons pas nous revoir, jamais ; Adieu, ne nous oublie pas, mais oublie-moi .
Il est peu probable que ce soit elle, et elle ne tient sans doute pas à me revoir. Moi, par contre….
Plus tard, dans l’Alhambra, je reviens au présent, à travers la contemplation de l’architecture du passé. De salle en salle, de patio en patio. La merveille des merveilles. Saisi en entrant dans la cour des Lions. Elle est vide, je flâne, zigzaguant parmi les colonnes, les salles latérales, les plafonds à muqarna, les pavillons, les bassins, les reflets, les jets d’eau… Hypnotisé par les entrelacs des décors de stuc et de mosaïque. Les lions, les filets d’eau qui traversent le patio, qui convergent vers la fontaine. Un avant-goût du paradis, du jardin d’Éden où coulaient quatre fleuves… Ému comme Boadil retrouvant son joyau. « Celui qui viendra à moi assoiffé, je le conduirai dans un endroit où l’eau est claire, fraîche et douce. »
Puis les jardins, le Generalife, les jets d’eau, les roses… les parfums des roses, des plantes, la sensualité des vasques… des bruissements murmurés des eaux, qui se croisent, se superposent… Marchant sans but, parvenu sur une terrasse dominant le patio de la Acequía, je rêve, longtemps immobile, debout contre une colonne, ailleurs à nouveau, dans le passé. Il y a deux ans…
Derrière moi ! La foudre !
La foudre me réveille… La voix. Qui continue dans un murmure :
Immobile, sidéré, j’écoute cette voix qui vient du passé, de derrière moi. Il faudra bien que je me retourne… Elle est là ! En face de moi, un sourire éclaire son visage qui n’a presque pas changé. Ses yeux flamboient.
Un cri.
Elle commence à marcher, nous redescendons dans le jardin, avançant à pas lents, en silence, au bord des petits canaux qui recueillent l’eau.
Je pouvais à peine respirer… Le diaphragme bloqué, le corps envahi par le désir. Le ventre tétanisé, une boule brûlante qui monte, du bas-ventre jusque dans la gorge. De temps en temps je tremble…
Cette question…
Elle murmure :
Dans le dédale des allées du Généralife, par les allées du jardin de son hôtel, nous avançons. Je la suis. Elle progresse lentement. Difficile de courir comme des malades pressés de se jeter l’un sur l’autre dans la première chambre venue ! Elle me laisse la suivre à distance. Impatience, crainte d’être surpris. Elle est anxieuse, et elle oublie toute prudence. Elle se hâte. M’encourage à la suivre. Une terrasse fleurie déserte. Une porte, un couloir.
« Le long d’une galerie dans une construction d’un autre siècle… Un hôtel immense, luxueux… Où des couloirs interminables succèdent aux couloirs… Silencieux, déserts… Où les pas de celui qui s’avance sont absorbés par des tapis si lourds, si épais, qu’aucun bruit de pas ne parvient aux oreilles de celui qui s’avance… Colonnes, encadrements sculptés des portes, enfilades de portes… »
Elle ouvre une porte. Disparaît. Je la suis. La porte se ferme… Elle la rouvre pour accrocher une petite étiquette à la clenche : No molestar.
Par la fenêtre, j’entrevois le palais d’été où nous étions un instant plus tôt. Elle tire les rideaux.
Mes bras se referment sur elle avant qu’elle ait fini. Je l’attire vers moi. Je l’emprisonne. Elle se laisse faire, se colle contre moi, ses bras en arrière, ses mains sur mes reins. Mes bras l’enveloppent, mes mains se croisent sur ses seins. Mes lèvres se perdent dans ses cheveux. Je respire son parfum, je le retrouve. Ivresse de tous les sens.
Mes mains courent sur son corps, sur ses vêtements, simples, tellement chics, légers. Mes mains glissent sous son corsage, sur sa peau. Mes doigts sentent sa peau frissonner.
Elle s’écarte légèrement de moi, glisse ses mains sous son corsage dans son dos, dégrafe son soutien-gorge.
Ses seins nus sous mes mains. Une peau fraîche et chaude, douce, ses seins aux pointes dressés. Les effleurer de la paume de mes mains…. Les agacer doucement. À moins que ce ne soit le contraire, que la pointe de ses seins n’énerve les paumes de mes mains. Mes mains qui se plaquent sur ses seins, qui les écrasent, qui l’écrasent contre moi… Quand elles descendent sur son corps, son estomac se creuse, mes doigts glissent, se heurtent à la résistance de la ceinture de sa robe. Elle se donne, dégrafe la ceinture, se défait de sa robe qui tombe à terre. Mes doigts se referment entre ses cuisses, je sens le tissu de sa culotte, chaud, trempé. Elle gémit doucement. Elle se retourne, enfouit sa tête dans mon épaule :
Écartant mes mains qui la tenaient par les hanches, elle se recule, défait son corsage, laisse tomber son soutien-gorge. Puis, tout en me regardant, elle retire sa culotte. Le tissu s’attarde un peu entre ses cuisses, mes doigts l’ont collé sur les lèvres de son sexe. La culotte tombe, elle se tient nue, impudique, sans la moindre gêne.
Je prends sa main. Je l’attire vers le lit, je l’ouvre, nous tombons enlacés… Je fais tomber mes chaussures. Je l’embrasse. Je retire mes vêtements. Je la caresse. Je lance ma chemise, mes chaussettes par terre. Je la caresse. Je l’embrasse. Mes lèvres goûtent sa peau, sucent la pointe d’un sein. Elle m’aide à me déshabiller, embrasse mon épaule. Elle ouvre ma ceinture… Quand mon pantalon tombe par terre, je suis au bord de l’orgasme. Je me retiens, je retiens sa main…
Complètement nu, je la prends dans mes bras, essayant dans le même temps de ne pas appuyer les contacts et de satisfaire le besoin de coller mon corps contre le sien, de sentir sa peau. Rassasier mes sens et faire baisser un peu la tension. Me calmer avant la tempête… Espérant profiter de ce calme improbable qui ne vient pas, de l’attente. La respirer, sentir sa peau, son corps souple sous mes caresses se coller contre moi à la recherche de mon sexe…
Ce fut bref, violent, presque sauvage. Je la pénétrai doucement. Puis nous avons été emporté par la tempête. Dans la chaleur, la pénombre, deux corps fous se sont embrasés. Sans retenue. Ses jambes nouées sur mes reins. Offerte. Ses reins lançant son ventre vers moi. Ouverte, cherchant à recevoir mon sexe au plus profond du sien. Mes reins poussant mon corps, mes cuisses frappant ses fesses. Mon sexe s’enfonce, se retire, la reprend. Tendu comme jamais, je la remplis, le gland roulant sur le fond de son ventre. Des corps hors contrôle. Au-delà de la quête du plaisir. Une violente communion, une fureur sacrée. Comme si deux années de rêves, de souvenirs, de désirs se déchargeaient d’un coup.
L’orage a soudain atteint son paroxysme. Une brutale déflagration nous emporte simultanément. Ses dents se sont plantées dans mon épaule – pour étouffer ses cris, s’excusa-t-elle plus tard –, la douleur renforçant mon excitation… Des éclairs violents traversent mon cerveau. Nos corps se tendent, se tordent. Je sens mon sperme monter le long de mon sexe. Je gémis, je crie presque, elle colle ma tête sur son épaule.
Longtemps encore, nos corps se tordent, se cherchent, jambes enlacées, enchevêtrées. Des positions douloureuses qu’il faut dénouer doucement, riant presque.
Je regarde mon épaule, passe mes doigts sur une morsure qui saigne.
Elle regarde à son tour, passe ses doigts sur la morsure qui saigne…
Elle rit, me fait taire d’un baiser. Allongée sur moi, elle pose la tête sur mon épaule.
Son corps est doux au mien. Ses formes s’adaptent à mon corps sur lequel elle repose, et le réjouissent. Mes mains la caressent. Mes doigts la frôlent, explorent son corps. Elle somnole, et bientôt emportés par la torpeur des sens après l’amour, nous dormons, tous les deux, un bref moment.
Mes mains parcourent son corps, doux sous mes caresses, doux à mes doigts. Nous commençons un long dialogue murmuré. Nous disant ce que je ne pensais pas que l’on pouvait dire. Dans le creux du lit, sous le drap, ce qui me semblait obscène prend des allures de tendres confidences, de conversation amoureuse.
Tout contre mon oreille, ses lèvres me murmurent :
Et elle se frotte contre moi, son ventre et son sexe sur ma cuisse. Elle prend mon sexe, le caresse, elle commence à me masturber…
Son corps descend, peu à peu, et s’arrête quand ses seins sont à la hauteur de mon sexe. Je presse mon sexe sur ses seins. Ils sont fermes, souples, chauds. Je presse ses seins l’un contre l’autre, emprisonnant mon sexe, qui glisse dans ce couloir, des mouvements longs, lents, extatiques… Elle continue de se frotter sur ma jambe. Je croise son regard :
Sa bouche s’approche de mon sexe. Elle l’embrasse doucement du bout des lèvres, fait glisser sa langue sur le bout de mon gland. Elle me regarde, me sourit.
Elle me prend dans sa bouche, et me laisse la caresser. Obéissante sous mes caresses, tournant son corps que mes mains guident, laissant ma main glisser entre ses cuisses, ses fesses. me laissant l’exciter par mes caresses. Ses mains et ses lèvres me caressent, de plus en plus empressées. Elle est au bord de l’orgasme, mes mains, mes doigts la fouillent, glissent dans son sexe inondé, encore trempé de mon sperme, de sa cyprine. Quand je sens ses doigts me pénétrer, se glisser en moi, sa bouche prendre ma queue toute entière, je cesse de me retenir, je jouis. Elle suce, pompe, elle me vide. Sa tête sur mon ventre, elle continue ses caresses, puis se laisse aller au plaisir que mes doigts lui procurent.
Un peu plus tard, elle me regarde et me sourit, revient sur mon épaule. Elle sent le sperme. J’en vois quelques traces sur son visage. Elle se lèche les lèvres. Sourit.
Mes doigts caressent ses lèvres. Ces doigts qui fouillaient son sexe, elle les saisit, les prend dans sa bouche. Ses yeux me sourient encore. Elle m’embrasse, délicieux cocktail, sperme, salive, sa liqueur…
Et elle se tourne, offre sa croupe à mon regard, sur les genoux, les cuisses écartées, penchée en avant, la tête sur le lit entre ses mains… Elle m’offre tout, son sexe, ses fesses, son anus… Je regarde, j’aime ce que je vois… Elle se retourne :
Nous nous rhabillons. Bref séjour de chacun dans la salle de bain, un peu de toilette. Elle sort avec de nouveaux vêtements et décroche le téléphone. Tranquillement, elle explique qu’elle ne se sent pas très bien, qu’elle va dîner dans sa chambre, demande qu’on lui amène la carte, pour commander son repas.
Tout cela ne me paraît pas très crédible, je me demande comment elle va pouvoir commander un repas pour deux quand elle est malade… Je le lui dit.
Ce n’est pas très agréable comme idée ! Mais comment le refuser ? On frappe, je m’enferme ! Par la porte j’entends des bribes de conversation.
Ce n’est pas un garçon de l’hôtel, mais un médecin qui la connaît. Il était à la réception, il s’est chargé de la course. Pour le cas où elle aurait eu besoin de ses soins. Mais il ne la trouve pas trop mal, elle le rassure, juste un peu fatiguée. Il est entré, nous n’avons pas refait le lit !
Un peu plus tard, le lit retapé et après un second séjour dans la salle de bain, attablés, nous mangeons. La queue de taureau est bien un régal ! Onctueuse, une viande presque confite, peut-être cuite dans du vin, savoureuse, fondant sur la langue, enfin presque. Plutôt calorique, probablement, reconstituante. Roborative.
Un Rioja accompagne le repas. Une bouteille de champagne attend, au frais dans son seau.
C’est Byzance !
Sans précipitation, elle ouvre son corsage, le retire, le laisse sur le dossier de son fauteuil.
Sur son corps plutôt brun, son soutien-gorge blanc, bordé de dentelles, découvre légèrement ses seins.
Je reste sans voix…
Elle dégrafe sa jupe, la retire, décale un peu son fauteuil pour que je puisse "réjouir mes yeux". Je ne me lasse pas de la regarder. Elle remonte son pied sur le fauteuil, offrant à mon regard l’ombre de sa toison sous une légère culotte de dentelles. Elle porte des bas, un porte-jarretelles, elle semble avoir prémédité son coup. Un des ses rêves ?
Je ne me souviens plus du dessert… Je n’ai sans doute pas regardé beaucoup ce que je mangeais ! Je voudrais en voir davantage. Elle le sait, le sent. Et en joue, se penche en avant au moindre prétexte. Prend son genou entre ses bras pour mieux découvrir cette ombre qui attire sans cesse mon regard.
Le café est un supplice, qu’elle fait traîner en longueur.
Je défais ma chemise, histoire de communiquer mon impatience… Elle me regarde, se sert un second café… elle joue, me regarde, ses yeux ostensiblement parcourent mon buste, la pointe de sa langue légèrement sur sa lèvre supérieure, elle se penche, dégrafe son soutien-gorge, le laisse glisser à terre, se redresse. Sirote son café, consciente de mes regards. Reprend son genou, ouvrant encore un peu plus ses cuisses… Posant sa tasse :
Je prends cette prière au sérieux. Ayant rapporté ce qu’elle demandait, je prends le seau à champagne que j’apporte sur la table ainsi que les flûtes. Elle sirote son café, sourit des yeux. Je retire mes chaussures, mes chaussettes. Elle sourit, retire son porte-jarretelles et ses bas. Comme elle sait remonter sa jambe, laisser sa main glisser sur le haut de sa cuisse, rouler lentement son bas avec les paumes de ses mains, remonter encore son genou pour glisser son bas jusqu’à la pointe de son pied ! Puis recommencer pour le second bas…
Sa main tombe sur son ventre.
J’ouvre la bouteille de champagne. Quand je la sers, elle sourit.
Je remplis ma flûte :
Je retire mon pantalon, que je fais glisser sans me lever de mon fauteuil, me voici assis en slip devant elle, mon désir presque à nu. Elle me regarde, sans pudeur :
Et elle fait glisser sa culotte, reprend son genou dans son bras, s’offre à mes yeux… À nouveau, une boule incandescente monte de mon ventre jusqu’à ma gorge, mes épaules. Mon corps se tend. Un instant de désir fulgurant. Je détaille chacun des replis de son corps, mes yeux descendent de ses seins vers son ventre, son sexe entrouvert. La fourrure sombre de son ventre descend sur les lèvres de son sexe, les souligne. Sous le repli de sa cuisse, entre les lèvres, un fin pétale semble trembler. Ses yeux me sourient. Elle se donne à mes yeux. Chacun de mes regards parcourt, comme elle le désire, la totalité de son corps, de ses seins à sa toison et son sexe, entre ses cuisses. Chacun de mes regards accroît mon excitation. Je mords mes lèvres.
Après avoir bu une gorgée de champagne, elle pose son verre, laisse sa main tomber sur son ventre, juste au-dessus de sa toison. Sa main si proche des poils de sa fourrure m’excite.
Elle reprend son verre, trempe ses lèvres dans le champagne, le repose. Plonge ses yeux dans les miens. Un regard de défi. Ma demande la mène-t-elle quelque part où elle n’avait pas pensé qu’elle irait ? Sa main descend doucement, se pose sur les lèvres de son sexe :
J’obéis, obligé de m’y reprendre à deux fois, mon sexe tendu empêchant mon slip de descendre. Je le découvre, raide, le gland en partie dégagé. Mon slip tombe à mes pieds, je le repousse un peu. Je tremble presque. Je ne me contiens qu’à grand-peine.
Ses doigts commencent à caresser les lèvres de son sexe. Son clitoris. Elle glisse un doigt qui disparaît en partie… La regarder me met en transes. Elle continue, un second doigt… Je regarde ses yeux, ils sont rivés sur les miens. Sa langue glisse sur ses lèvres. Elle est si excitée que ses caresses ne dureront pas longtemps. Son visage se transforme. Il me semble que ses lèvres gonflent, elle se crispe :
Son orgasme la surprend. La traverse. Son corps se tord. Elle laisse échapper des cris qu’elle essaie d’assourdir. Ses jambes se referment sur sa main. Malgré ses efforts pour garder ses yeux dans les miens, ils se ferment. Elle se replie, gémit, frissonne.
Je me lève pour la prendre dans mes bras, à genoux devant son fauteuil dans lequel elle s’est recroquevillée. J’embrasse ses cheveux, son visage, ses yeux.
Je me recule un peu, découvrant mon sexe tendu à rompre.
Je me rapproche, l’entoure de mes bras, mes lèvres parcourent son visage, embrassent ses yeux, son cou. Elle s’abandonne à mes baisers. M’offre sa poitrine, dont mes lèvres s’emparent. Elle se tourne vers moi, m’écarte et pose ses jambes sur mes épaules. À nouveau, elle découvre largement son sexe, ouvert, ruisselant. Je bois. Le nectar, le lait et le miel. Je lèche pour ne rien perdre, ma langue suit le ruisseau qui s’écoule entre ses fesses. Quand je frôle du bout de langue les replis de son anus, elle frémit, se laisse faire, gémit. Elle aime. Ma langue insiste, creuse.
Un long moment, je reste à genoux, lapant au creux de ses cuisses le liquide qui suinte de sa vulve tandis qu’elle crispe ses doigts dans mes cheveux … "Celui qui viendra à moi assoiffé…". Et toujours ma langue suit le ruisseau, et retourne la préparer. Quand je n’y tiens plus, je l’invite à descendre de son fauteuil, je murmure à ses oreilles, comme autant de mots doux :
Elle descend de son fauteuil, à genoux, me tournant le dos, elle écarte les cuisses.
Je regarde sa croupe, ses fesses, son cul, son sexe ouvert. Mes doigts frôlent son corps, sa peau, les lèvres béantes de son sexe, ils remontent vers l’anus, l’effleurent.
Je me suis approché, guidant mon sexe. Quand le gland l’a touchée, elle a frémi. Elle attend, se laisse faire. Puis ses fesses viennent à moi. Mes reins poussent. Son cul résiste, elle attend, pousse. Je la veux. Tout à mon désir, je perds toute retenue. Poussant de toute la force de mes reins, je sens son corps qui cède. Je la pénètre. Mon sexe entre brutalement. Un cri lui échappe. Je suis arrêté par sa douleur :
Je ne sais si mon attention l’excite ou la met en colère, en fureur.
"Oh ! c’est ça que tu veux !" Quelques mots qui me traversent la tête. Soudain énervé. Presque en colère, aussi. Fâché, exaspéré contre elle, de vouloir tant ce que je voulais, de son irritation, de sa déception peut-être.
Ce qui suivit peut à peine se dire…
Je la chevauche. Je lui enfonce ma queue d’un coup violent, jusqu’à la racine, non sans en souffrir un peu. L’entendre râler transforme mon élan en fureur… Mon cerveau ne me transmet plus que mon désir, mes pulsions animales, brutales. Pure frénésie, jouissance tirée des râles de cette femme que je craignais de faire souffrir. Ma queue laboure son cul. Ses cris relancent ma fureur. Elle les étouffe dans la serviette que je lui avais donnée, trempée de ses sécrétions. Mes reins, mes mains, mes cuisses. Ses hanches, ses reins auxquels je m’accroche pour mieux assouvir cette frénésie qui me déborde. Conscience confuse de la grâce et de la souplesse de son corps. Basculement progressif des sensations. Le plaisir s’instille dans la fureur, la métabolise, prend le contrôle…
Malgré moi, j’écoute nos corps, le mien, le sien. Mes couilles s’écrasent sur ses fesses. Mes élans se règlent, se rythment. Toutes mes sensations conduisent à ma queue, qui enflamme ce me qui reste de conscience de ce que je fais. Mes mouvements s’imprègnent des siens, mes sens communiquent avec ses désirs. Nos corps exsudent le désir par toutes leurs pores. Mon plaisir s’augmente du sien…
Le fauteuil se dérobe, nous tombons tous deux. Les jambes enlacées. Mes jambes se nouent sur ses cuisses qui se dérobent. Je la sens proche de l’orgasme. Ses mains se crispent sur la serviette qu’elle garde devant sa bouche, qu’elle mord. Je laisse mon corps s’abandonner au plaisir qui monte irrésistiblement. Gémissements hachés, saccadés, de plus en plus aigus. Tension de ses membres, paroxysme suspendu de son attente. Volonté de retarder l’instant. Interstice fulgurant dans la conscience, bref temps de contrôle, réglant l’attente. Brutal aveuglement des sens saturés.
Nous explosons simultanément. Cataclysme des corps. Contractions. Détentes. Une extase fulgurante illumine mes neurones, les éblouit, les carbonise. Le plaisir comme une lave. Qui se répand, tordant les muscles et les nerfs. Nos gémissements se répondent. Je mords son épaule. Ses fesses s’incrustent dans mon ventre. Les spasmes de mon orgasme retentissent dans son ventre. Mon sperme s’y écoule. Mon ventre se colle sur ses fesses. Nous partageons notre jouissance en cherchant à la prolonger.
Nous nous dénouons. Nous nous retrouvons. Sa bouche cherche la mienne. Je me retire. Des frissons me secouent. Ébranlent son corps, qui cherche encore le mien. Ses fesses contre mon ventre, écrasant mon sexe, maintenant repu et flasque. L’alanguissement des corps a dissout la fureur et jusqu’à son souvenir. Nous émergeons lentement. Ensemble, séparément, nous revenons dans le temps, près du fauteuil renversé, de la table, dans la chambre…
L’obscurité nous rappelle que le temps a passé. Maintenant lovés l’un contre l’autre, dans la respiration, la chaleur et les odeurs de nos corps. Partager le silence et la nuit nous réunit définitivement.
J’étais incapable de parler, et je crois que j’aurais préféré que le silence se prolonge encore.
Je pense que je comprends ce qu’elle veut dire. Un moment j’ai "vu", senti, quelque chose présent dans mon esprit, que j’ai perçu comme une "mort". Un maelström qui a surgi un instant, a envahi ma conscience, et s’est retiré.
Plus tard, bien plus tard, elle rompt encore le silence :
Un brin de toilette et nous sortons dans la nuit. Nous errons dans le jardin. J’erre, car elle connaît visiblement les lieux comme son propre jardin. Je m’aperçois que nous avons quitté le jardin de l’hôtel, nous sommes à nouveau dans le Généralife. Par où sommes-nous passés ? Je n’ai rien vu. Nous marchons parmi les rosiers, les buis taillés en haies, en arches sous lesquels nous ne pouvons passer ensemble et qui nous contraignent à nous suivre en nous tenant la main. De temps en temps, l’épine d’une tige de rose que je n’avais pas vue accroche une manche pour attirer mon attention. Je me penche sur la fleur pour en respirer le parfum. Je casse, en me piquant, une tige pour donner une rose à mon amante. Je la regarde recevant cette rose, et son visage qui s’illumine dans la pénombre. Transfiguration. Pour la première fois, je la trouve étonnamment belle, elle dont le visage m’était apparu jusqu’à présent assez banal, presque ingrat. Je me souvins du poète : "Amoureuse, cela lui va bien d’être belle".
Elle repart, les yeux dans les étoiles. La lumière de la lune qui éclaire les allées souligne les paraboles des innombrables jets d’eau. Leur bruissement, celui des ruisseaux qui rassemblent l’eau qui s’écoule, renforce le silence de la nuit. Nous marchons sans un mot, partageant ce moment sans éprouver le besoin de rien en dire. La communion physique qui fut la nôtre s’y prolonge. Mes épaules portent encore la chaleur de notre étreinte.
Sans que je m’en rende compte nous revenons à l’endroit où elle m’avait surpris. M’y ramène-t-elle ?
Nous montons, retournons vers la balustrade.
Elle se blottit, s’enfouit dans mes bras, collée contre moi. Elle semble soudain toute petite.
Un silence.
Nous avons continué de parler longtemps. Je savais que tout ce qu’elle avait dit était juste. Je mourais d’envie d’en savoir plus sur elle. Elle ne répondait pas à mes questions, et je savais que cela ne me mènerait à rien.
Avant de quitter le palais d’été, elle s’adossa à une colonne :
Quand nos baisers devinrent trop passionnés, je lui demandai de rentrer. Nous prîmes notre temps pour rejoindre la chambre. Elle était toujours attentive à ne pas être vue, et sans le dire nous prolongions cette promenade.
La chambre était dans un beau désordre ! Quand un peu d’ordre fut remis, je repris du champagne, lui en versai.
Elle but à contre-cœur.
Dans la nuit qui fut brève, ne pouvant dormir, nous refîmes l’amour, sans passion, dans la chaleur d’un tendre amour partagé. En silence. Lentement. Attentifs au moindre mouvement de l’autre. Quand un moment elle souhaita se mettre sur moi, ce fut pour faire patiemment rouler ses hanches, me caressant avec son sexe, pour faire monter mon plaisir. Nous nous sommes aimés longtemps. Puis nous nous sommes abandonnés au plaisir qui nous a emporté tous les deux. Ce fut un orgasme calme et fusionnel. Puis nous nous sommes endormis.
"Heureux celui qui fait l’amour
Durant toute une nuit qui vaut tout son âge"
Le matin, très tôt, je me réveillai avant que ne sonne le réveil, blotti contre elle. Elle se colla encore un peu plus contre moi. Nous restâmes ainsi. Dans le silence, la chaleur du lit, enlacés. Absorbés dans le contact de l’autre, de sa peau. Par les formes de son corps. Un moment suspendu qui n’appartenait encore qu’à nous. D’autant plus intense qu’il allait finir bientôt. Que tous nos efforts visaient à démultiplier nos perceptions
Avant de me quitter elle me conseilla de dire à mon hôtel que j’avais rencontré des touristes américains, de laisser entendre qu’il y en avait une très jolie.
Le soleil se levait, illuminant les unes après les autres les tours de la forteresse.
Lorsque je payai ma chambre d’hôtel je trouvai dans mon portefeuille une photo du palais d’été du Généralife. Au verso, elle avait écrit : Recuerdos de la Alhambra.
Quelque temps plus tard, le hasard a fait que, cherchant une version d’un concerto pour guitare, je trouvais sur un disque, en complément, un morceau de Francisco Tarrega. C’était un air que j’avais plusieurs fois entendu, qui m’avait ému, que j’avais aimé sans en connaître le nom : Recuerdos de la Alhambra.
Nous ne nous revîmes jamais, je n’ai jamais cherché à savoir.