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n° 12868Fiche technique16151 caractères16151
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25/09/08
Résumé:  Jusqu'où peuvent conduire les promenades en forêt (Texte écrit à deux).
Critères:  f fh forêt cérébral cunnilingu pénétratio init fantastiqu -fantastiq
Auteur : Maegwïn  (La rêverie est plus douce que le réel)            Envoi mini-message
Songe Sylvestre

La forêt était si luxuriante qu’elle ressemblait à une jungle, et le soleil pourtant resplendissant parvenait à peine à percer le feuillage. Les arbres alentour bruissaient de mille cris, ceux de petits insectes ou pépiements d’oiseaux. La forêt était calme, nulle perturbation n’en troublait l’harmonie.


La forêt ? Harmonie perpétuelle, sensuelle, infinie, cette forêt qui s’étale, est létale à l’ennui. Tout au loin de sa vue, se déploie, déraisonne. Car elle crie et gémit, contenant en son sein toute sorte de vie ! Et l’ombre se déploie, se déplie, l’envahit. Sous cette alcôve de chaleur, sous ce manteau de bonheur, sous cette étuve de candeur, derrière ce manteau de lueurs, se déploie, se déplie, le désir d’être enfin envahie.


La jeune fille marchait seule, ayant quitté ses sandales pour apprécier de ses pieds nus le doux humus du sous-bois. Elle était vêtue d’une robe longue, d’une couleur vert émeraude assortie à ses yeux. Ses cheveux blonds légèrement ondulés descendaient en cascade jusqu’à ses hanches, lui donnant un faux air de princesse de conte de fée.


Une fée ? N’en doutons pas, cette fée, ce symbole, c’est Vénus en personne ! Comment comparer cette aisance insensée qui soudain lui permet de marcher sans lutter ? En effet, le pied gauche, tout imbibé de glaise, se réveille et s’envole, quant tout à coup, planant un peu, il retombe dans la boue. Et alors, l’âme agit ! C’est le miracle d’un grand pas en tout point épilé, je l’affirme, c’est celui d’une fée !


Peut-être en était-ce une, abandonnée à la quiétude de la sylve. Son regard vagabondait sur le chemin et ses abords ou bien souvent se fixait sur le sol, ainsi qu’elle se trouvait perdue dans ses pensées. Ses rêves l’emportaient vers les doux rivages des songes amoureux. Elle savait qu’elle se donnerait un jour à quelqu’un, celui ou celle qui saurait apprécier ce présent de sa virginité, cette personne inconnue qui ferait battre son cœur plus fort que tous les autres, aussi fort que l’appelaient ses rêves. Mais ce jour n’était pas encore venu. Du moins le croyait-elle.


¿ La virgen ? ¡ Una puta guarra al culo caliente !


Lui-même arpentait longuement la forêt, ses pensées le portant vers cette femme irréelle qu’il appelait de ses vœux, à leur amour partagé, celle qui deviendrait la dernière et la seule. Puis il l’avait réellement aperçue, jeune fille pieds nus qui croyait marcher seule, et il l’avait suivie. Son but demeurait encore indistinct, simplement son âme réclamait de se rapprocher d’elle.


Son âme ? La voilà, son âme : au saut du quantum, elle trépigne, elle bouillonne, elle l’emporte, l’empoisonne ! Car c’est bien le désir qui marche avec lui, le désir, le DÉSIR ! Ah, désir d’un rêve accouplé à la soif de l’attrait ! Ah, s’accoupler sans céder aux pulsions prohibées ! Ah, les délices d’un désir satisfait !


Elle s’assit finalement contre un arbre massif recouvert par la mousse. Adossée à ce tronc, ses pensées erraient encore à cet être tant aimé et qui n’existait pas. Elle imagina les soirées romantiques, les doux mots chuchotés à son oreille, et les étreintes suaves. Elle laissa sa main s’égarer entre ses cuisses, comme d’autres auraient pleuré de ne pas vivre ce rêve. Sa petite culotte vola bientôt au loin jusqu’à rester suspendue à une branche, puis la jeune fille dégrafa un à un les boutons de sa robe, pour s’étendre presque nue sur le tapis de mousse. Elle caressa longuement les lèvres lisses de son antre qui s’humidifiaient peu à peu…


Son antre ? C’est un four, c’est un feu ! Plus encore, c’est le sucre du souffre ! C’est ce souffre, sirupeux, qui dévale, insatiable, les terribles penchants du ravin, du vagin. Ce péché fallacieux se laisse alors choir sur le sens excité d’une passion sans issue. Cette passion, cet excès, c’est l’attrait invisible et sublime d’un doux corps pour lui-même. Cette passion, cet excès, c’est l’enfer qui bouillonne, et liquide, dégouline en cyprine. Ô mon Dieu, saint soit-il, l’orifice !


Et les vagues de plaisir suivaient le rythme autant de ses doigts que des battements de son cœur. Comme ses doigts se faisaient plus rapides, ses gestes plus précis, elle laissait échapper à présent de doux gémissements, qui se changèrent bientôt en un cri éclatant, tandis que la dernière déferlante submergeait tout son être.


Un cri ? Une clameur, un tumulte, un fracas ! Que dis-je, un mugissement ! Oui, elle rugit comme la lionne, au fin fond des bois verts. Mais en réalité, et peut être sans trop le savoir, ce ne fut avant tout qu’un appel. Cet orgasme déchirant soudain le firmament, n’est peut-être rien de plus qu’une supplique entendue, un appel incongrue à partager enfin et l’amour, et le feu, et l’hymen.


Les yeux mi-clos, elle se perdit enfin dans la contemplation du plafond de feuillage, et vers cette ombre penchée sur elle. Elle ouvrit les yeux tout à fait. Devant elle se tenait un homme, grand, élancé, fort aussi sans doute, jeune peut-être. Son corps était nu, son regard était doux, son visage ouvert d’un sourire calme, sans méchanceté ni même malice. Un instant elle eut peur, de façon fugitive, puis elle ne put s’empêcher de lui rendre ce sourire. Le visage encore rouge de son émoi achevé ainsi que de cette autre émotion qui l’étreignait à présent, elle regarda son corps, entièrement nu devant elle, admirant son désir puissant tendu vers elle.


Qui était-ce ? Un homme beau, un homme grand, un homme fort et viril. Un homme nu, exposant au sous-bois ses attributs merveilleux. Une longue érection traversait sa poitrine. Un phallus tendu vers le ciel comme un gloria sans nul autre pareil… Une acclamation en effet, que ce glaive bravant la fille à ses pieds !


Enfin il se pencha lentement vers elle, lui prit la main et la porta à ses lèvres. Tandis qu’elle se levait, il huma ainsi le parfum épicé de sa liqueur intime, avant d’enlacer son corps encore tremblant. Il croyait vivre un rêve, son rêve de toujours qu’il connaissait par cœur, et pourtant il pouvait sentir la chaleur même de sa chair. Un regard échangé, et ils se comprirent. Leurs lèvres se rencontrèrent, leurs bouches se soudèrent, leurs langues se mêlèrent, et ils goûtèrent ensemble à leur saveur mutuelle.

Un autre instant encore, et il passa sa main sous les pans de sa robe, pour découvrir le satin de sa peau, et les courbes délicates de ses fesses menues. La jeune fille frémit à ce contact, et ferma les yeux encore pour mieux se délecter de ces délicieuses sensations, si nouvelles pour elle. Cette singulière rencontre la plongeait dans l’étrange impression d’un écho de ses songes. Avait-elle déjà rêvé de ce moment ? L’homme avait la beauté paisible qu’elle avait toujours appelée, ses mains qui caressaient à présent son corps alangui répondaient exactement aux désirs de son cœur.


Les désirs de son cœur ? S’en aller, sans résister ; et se perdre, sans se retrouver… S’en aller le chercher, et se perdre en chemin… Creuser au plus profond de son corps, à la recherche de ses sensations les plus enfouies, l’éblouir en retour, et ensemble, cumuler le désir d’un soupir et le soupir d’un péché. Quels mots pour décrire une telle harmonie ? Le désir ou l’amour ? Sans doute pas, car en fait de désir, la gueuse s’embrasait au bûcher de l’amour ; sans doute pas, car en fait d’amour, la gueuse connaissait déjà le puissant engagement des noces du désir.


Elle le comprenait sans même une parole, elle avait l’impression de lire dans ses pensées, caressant à son tour ce corps allongé à ses côtés sur le tapis de mousse, répondant elle aussi à ses attentes. Il l’embrassa encore, ainsi qu’elle le voulait, sa bouche puis ses seins, son ventre, et puis son sexe. Il goûta à nouveau la saveur de son corps, ce corps qui ondulait pour mieux se soumettre à cette langue insatiable qui explorait des lieux qu’elle soupçonnait à peine.

Lui-même se reput de ce nectar intime, qu’il lui fit partager enfin par un nouveau baiser sur ses lèvres entrouvertes. Elle se serra contre lui, ainsi qu’il désirait, devançant ses attentes avant qu’il les formule. Peut-être était-ce la première fois, et pourtant à mille reprises avait-elle déjà vécu ces instants, dans ses rêveries diurnes.


Ses rêveries diurnes ? Non, ce songe sylvestre n’en était pas… Souverainement, lentement, d’une violence paradoxalement délicieuse et désirée, allait s’avancer en elle la chaude chair de l’homme triqué comme une saillie ; allait monter aux creux le plus intime de ses entrailles virginales l’attribut masculin érigé comme un obélisque à la gloire du plaisir souverain.


Une étrange pensée lui vint, une pensée qu’elle connaissait par cœur, mais qui n’était pas exactement la sienne. « Je te veux, dès maintenant. Es-tu prête ? C’est ici, sous cet arbre, que je veux te prendre. » Oui, elle était prête, et il savait, avant même qu’elle formule cette dernière pensée : « Je veux te recevoir, ici et maintenant. » La prenant dans ses bras, il la souleva soudain, et la plaqua contre l’arbre. Dans la main de son homme, les poignets de la jeune fille étaient maintenus au-dessus de sa tête, tandis qu’il soulevait sa cuisse pour en caresser la face interne. Il remonta encore, s’approchant avec une lenteur délicieusement insoutenable de son intimité ruisselante.


Le ruisseau ? Ô fontaine divine ! Hosanna, hosanna ! Cette fée, créature insensée ne fut conçue que pour lui, que pour cet instant ! Hosanna ! Il n’était d’autre témoin pour ces noces de miel, que le miel ruisselant de son corps et les cors, les trompettes qui semblaient tout à coup résonner dans le ciel… Ô divine mélodie ; leur union est bénie !


Sous sa poitrine svelte, il entendait battre son cœur, et en un instant, il se rendit compte que son propre cœur battait au même rythme. Cette émotion violente autant qu’exquise, ce sentiment puissant comme suave qui les habitaient tous deux était les mêmes ou plutôt, il n’y avait pour eux qu’un seul ressenti. La jeune fille pouvait sentir à présent le désir de l’homme contre son hymen intact, fine barrière, dérisoire garantie de chasteté qui se rompit bientôt, ainsi que son corps la pénétrait enfin.


La pénétration ? Sachez bien qu’au plus intime de ses masturbations secrètes, elle savait assouvir ses moindres caprices, mais ce jour, rompant l’hymen, la vision partagée de quelques goûtes de sang lui donna de comprendre la nature d’un plaisir supérieur, d’un plaisir souverain, d’un plaisir, peut-être, transcendant les frontières du corps et de l’esprit. Qui pourrait à présent les désunir ?


Ses yeux verts se perdirent dans le regard de l’homme, pénétrant en retour son âme tant aimée. Lui-même sentit alors cette présence féminine envahir son esprit, tournant autour de ses pensées, les caressant, les enlaçant, les exaltant jusqu’à les faire jouir. Il répondit à ces attentions, contempla le ressenti de la jeune fille, dans son corps, dans son âme, éprouvant par tous les pores de leurs peaux, tous les pores de leurs âmes, les sensations qu’ils se donnaient tous deux. Ils explorèrent ensemble leurs souvenirs les plus intimes et les mirent en commun ; de nouveaux se créèrent qui avaient pour nom leurs rêveries passées.

Les soirées romantiques, les doux mots chuchotés à leur oreille, les étreintes suaves, tout cela, ils l’avaient déjà vécu tous deux, ensemble. Leurs corps serrés l’un contre l’autre devinrent ensemble l’objet et le sujet du plus intense des plaisirs. Ils ne savaient plus, ne voulaient plus savoir, où finissaient leur corps, où commençait celui de l’autre.

Les longs mouvements de l’homme dans les entrailles autrefois inviolées de la jeune fille étaient des caresses qu’ils ressentaient tous deux d’une unique façon. L’homme dirigeait par la pensée les gestes de la jeune fille, faisant faire à son corps des choses qu’elle-même désirait ; elle guidait ses pensées, les menant vers les terres qu’il appelait de ses vœux, lui commandant toujours d’autres attentions qu’il lui donnait spontanément.


Ces terres ? Ho oui, les terres où il allait, elle y allait, et où ils vont, nul ne le sait, si ce n’est peut-être l’assurance magnétique de ne jamais douter de l’essence sylvestre et de la beauté. Comment répondre à ce balancement qui de deux ne fait qu’un ? Deux êtres unis en un même arbre de vie ! Un arbre unique qui se balance, au gré du courant et des marées, au gré des secondes et des siècles, car dans ces instants où les inverses se renversent, par le miracle béni du plaisir assouvi, voilà l’instant qui dure, et qui dure plus de cent ans ! Les terres où ils allaient ? C’est là-bas où la bipolarité se fait une et où Un est entier.


Bientôt, leurs pensées ne firent plus qu’une, plus qu’une seule rêverie au parfum pleinement concret, comme si un seul esprit occupait leurs deux corps. Deux corps qui ne faisaient plus qu’un, dans l’union de leur cœur, dans la communion parfaite de leurs sens enfiévrés. Le plaisir de leur chair, le plaisir de leur cœur, de leur esprit, le plaisir de leur âme même, montaient en vagues intenses d’une marée furieuse, emplissant tout leur être unique et indissociable. Et leur jouissance fut commune, leur arrachant de nouveaux cris si puissants qu’ils semblaient emplir l’univers tout entier.


L’univers ? Un homme, une femme, un arbre. L’univers ? Il était alors difficile de distinguer l’arbre de l’homme, l’homme de la femme, et la femme de la perfection. L’arbre se dresse vers les cieux comme l’homme se dresse dans le corps brûlant de la femme. La femme synthétise l’homme et l’arbre, en aspirant par ses trous toute altérité. L’univers n’est plus, c’est un homme, c’est une femme, c’est un arbre… et cette trinité est Une et cette unité est entière.


Il se répandit en elle, sa semence d’abord, puis son être complet ; leurs esprits s’entremêlèrent jusqu’à ne plus pouvoir distinguer l’un de l’autre, et leurs âmes, de liées ne firent enfin plus qu’une. La jeune fille n’existait plus vraiment, l’homme n’était plus distinct. Ne resta qu’un seul être, haletant, pantelant, qui s’effondra enfin sous l’arbre luxuriant. Le rêve était fini, tout commençait à présent, l’union la plus parfaite venait d’être accomplie. Les âmes, les esprits, les cœurs battant à tout rompre, les corps, les sexes enfin, les chromosomes même venaient de fusionner.



¤ ¤ ¤



La forêt était si dense qu’elle ressemblait à une jungle, mais un nouveau soleil resplendissait en son cœur. Les arbres alentours bruissaient de mille cris, et nulle perturbation n’en troublait l’harmonie. L’âme de la vaste sylve accueillait un nouvel être, perfection naturelle qui lui faisait écho. Et cet ange sylvestre se releva enfin, pour observer, guider et admettre en son sein les âmes d’autres promeneurs aux rêves amoureux.


Cada ángel nace por acción supernatural. Esta novela corta sólo fue escrita por el gusto del sexo y la ilusión de una union absolutamente perfecta, la cual sólo se puede manifestar por el nacimiento de un ángel.