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Temps de lecture estimé : 16 mn
17/07/08
Résumé:  Pour l'anniversaire de Juliette, un vieil ami décide de lui permettre de réaliser son fantasme le plus secret.
Critères:  fhh fête double init
Auteur : Ln007  (Hélène)            Envoi mini-message
L'anniversaire de Juliette

Damien, en grande conversation avec une jolie brune, observait du coin de l’œil son vieux pote Philippe, assis à quelques mètres de lui.


Philippe venait justement de s’installer sur Paris, où il espérait bien continuer sa brillante carrière et multiplier les expériences amoureuses comme il l’avait toujours fait, libertin dans l’âme et incapable d’envisager sérieusement n’avoir qu’une seule femme dans sa vie.

Étudiants, Damien et lui avaient fréquenté les même soirées. Ils avait comparé leurs tableaux de chasse respectifs.

Il est vrai que Philippe avait plus de succès que Damien. Plutôt petit et râblé, très physique, il y avait dans ses yeux l’assurance du prédateur sûr de faire succomber sa proie, et certaines femmes étaient en effet comme hypnotisées par cette assurance dans son charme et sa sensualité. Il avait très tôt varié les plaisirs, les positions, les partenaires… Ce n’était pas vraiment un sentimental. Sa devise était : "On ne vit qu’une fois".

Damien, de son côté, avait encore certains traits de l’enfance, il en imposait moins. Il avait bien des aventures lui aussi, mais avec des complications sentimentales et des cas de conscience à n’en plus finir. Et Philippe se prêtait de bonne grâce au récit des déboires de son pote, tout en essayant de le ramener à des préoccupations plus terre à terre : "Tu l’as tirée ou pas ? "


En arrivant au rendez-vous, avant qu’il n’ait eu le temps de saluer Damien, Philippe l’avait vu se lever et héler une femme - approchant la quarantaine - qui passait sur le trottoir.

Il les observait depuis déjà cinq bonnes minutes et était un peu près certain que Damien l’avait repéré deux tables plus loin.

La jolie brune - il apprendrait plus tard dans la soirée qu’elle se prénommait Juliette - était assise quasiment en face de lui, de profil. Il pouvait tout à loisir détailler ses courbes en cette fin d’après-midi. Le soleil couchant donnait des reflets ambrés à sa peau. Sa petite robe légère permettait d’entrapercevoir ici ou là, une épaule ou un mollet galbés.



Il était resté assis là une demi-heure. La jeune femme, ayant fini de parler avec force gestes de la main et sourires, prit congé d’une bise amicale. Elle avait visiblement pris plaisir à cet entretien animé avec Damien. Damien s’était alors levé pour rejoindre Philippe qui, au sourire de son ami, avait tout de suite su qu’il reverrait Juliette les jours suivants. Il était resté en retrait par discrétion. Il sentait bien que même s’il y avait peu de gestes équivoques entre Damien et son amie, quelque chose de fort les unissait qu’il n’osait perturber en imposant sa présence. Le fait que Damien ait clairement rencontré son regard sans jamais l’inviter à les rejoindre lui montrait qu’il était question d’autre chose que de boire un coup entre copains. Pourtant, Philippe était tout de même loin de se douter de ce que Damien allait lui proposer.


Damien, enfin sorti de sa peau d’adolescent timide et dégingandé avait fini par mettre à profit les leçons de son copain et était devenu un séducteur assez redoutable. Il était maintenant casé avec deux enfants et plutôt heureux en ménage, mais incapable de s’interdire la moindre opportunité d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte. D’ailleurs elle ne l’était pas, et il revenait toujours sagement dans les bras de sa femme après ses frasques.


Il avait connu Juliette lorsqu’il était arrivé à Paris. Tel Rastignac, il voulait voir jusqu’où son ambition et son talent pourraient le conduire. Juliette n’était autre que la fille de son patron, et l’héritière d’un empire industriel. Il avait bien senti à quel point une jeune fille comme elle lui serait précieuse, mais il avait toujours évité le geste qui aurait fait basculer leur amitié, réelle, vers autre chose, de peur que cette alliée ne devienne une redoutable ennemie. Cette amitié, au départ intéressée, s’était au fil des ans mue en une assez incroyable complicité que ses amis lui enviaient. Juliette non plus n’avait rien d’une oie blanche. Le nombre de ses prétendants était finalement pour cette jeune fille éprise de passion et d’absolu un redoutable obstacle. Celui-ci est charmant, certes, mais celui-là ne serait-il pas un amant plus endurant ? Un partenaire plus prévenant ?

Ses exigences extravagantes lassaient les plus épris et elle se débrouillait assez bien à organiser elle-même son propre malheur. Damien, avec son statut de copain et de confident, n’était jamais rentré dans toutes ces manigances et ces luttes de pouvoir qui pourrissent les plus belles histoires. C’est ainsi qu’il avait recueilli au fil du temps le récit de rêves et fantasmes qu’elle ne racontait qu’à lui. Même l’homme qui finalement partageait sa vie depuis quelques années en ignorait tout.


L’anniversaire de Juliette était imminent, ce cap tellement redouté par elle. Il ne pouvait laisser passer l’occasion de lui faire un petit cadeau à sa manière. Ils avaient souvent parlé sur le ton de la plaisanterie d’un fantasme à elle qui lui paraissait trop excitant pour être réalisé. Elle avait peur qu’en devenant réalité il ne perde de son pouvoir évocateur pour elle. Et puis, comme elle l’avait conclu en riant quelques minutes avant :



Damien s’était contenté d’afficher une moue entendue. Ils étaient là tous les deux dans un étroit périmètre, ceux qui allaient, le fameux jour fatidique, lui montrer qu’elle était encore extrêmement désirable et consommable.

Rendez-vous avait été pris avec Philippe pour une soirée d’anniversaire chez lui, le samedi soir suivant, madame et les enfants étant providentiellement en vacances.


Juliette était arrivée un peu en avance à la soirée. Après avoir attendu quelques instants en bas, un rien nerveuse, elle avait appuyé sur le bouton de l’interphone. Damien lui avait répondu et avait ouvert la porte. Juliette profita des quatre étages lentement montés par l’ascenseur pour réajuster ses vêtements. Comme toujours en ces lourdes soirées d’été, elle avait cherché dans sa garde-robe un vêtement tendant vers le "rien", de ces petites robes qui portées avec un simple slip laissent l’air tiède circuler librement autour du corps. Celle de ce soir était un imprimé clair et fleuri à petites bretelles, cintré à la taille et qui suivait chacun de ses mouvements sans les entraver en aucune façon.


À peine avait-elle sonné que Damien lui ouvrait, son sourire de séducteur aux lèvres. Depuis le temps qu’elle le connaissait, ça la fit sourire de le voir sortir sa panoplie de tombeur. Certes, elle avait quarante ans ce jour-là, mais ce n’était pas la peine de pousser la compassion au point de lui faire le grand jeu ! Cela dit, la belle carrure et le sourire ravageur de Damien ne l’avaient jamais laissée indifférente. Mais depuis le temps qu’ils se tournaient autour à échanger des points de vue sur leurs vies amoureuses respectives, pourquoi leurs trajectoires se seraient-elles croisées plus étroitement ce soir-là que pendant les années précédentes ?


Damien - ayant peut-être senti son trouble - pencha son mètre quatre-vingt vers son visage pour… l’embrasser sur le front.



Juliette, d’autant plus troublée, le suivit docilement jusque dans le salon.

Quelle ne fut pas sa surprise de voir une demi-douzaine de personnes lui souriant et lui souhaitant la bienvenue. Parmi les hommes et les femmes présents se cachait son meilleur ami, qui, si elle avait bien su décrypter la phrase de Damien, était son cadeau d’anniversaire.

Philippe avait réussi à contacter les plus proches amis de Juliette, mentionnés et parfois rencontré au fil du temps. Il avait mené un patient travail d’enquête et de recoupement, bien aidé, il faut le dire, par Marion, la grande copine, qui lui avait permis d’inviter la majorité des personnes présentes ce soir.


La soirée se déroula dans la légèreté et le champagne, le gâteau et ses épouvantables bougies fut oublié au profit d’incroyables cocktails, la grande spécialité de Philippe. On dansa, on rigola à des jeux pas toujours très fins, comme des collégiens. Vers deux heures du matin les rangs s’éclaircirent. Seuls restaient l’hôte, la fêtée et le meilleur ami…


Elle saisit quelques coupes vides, histoire de donner un coup de main, mais Damien prit fermement son poignet, la forçant tout en douceur à reposer la vaisselle. Elle se frotta le poignet en jouant les princesses outragées.



A ce moment-là, son regard croisa celui de Philippe qui la regardait en souriant. Une idée totalement saugrenue traversa l’esprit de Juliette, mais elle la chassa, presque honteuse de l’avoir eue. Damien la prit par la taille et l’emmena s’asseoir sur le canapé entre Philippe et lui. Il lui caressait l’épaule du bout du doigt sans rien dire. Elle le regardait d’un air interrogateur. Elle frissonna quand elle sentit une légère caresse sur son autre épaule. Philippe, avec qui elle avait flirté pour rire au cours de la soirée, lui effleurait le bras non seulement des doigts, mais du bout des lèvres.

Cette idée saugrenue n’était peut-être pas si absurde que ça. Elle murmura à l’oreille de Damien :



Pendant qu’elle égrenait cette litanie de plus en plus lente à l’oreille de Damien, Philippe prolongeait très doucement baisers et caresses sur l’épaule, le cou, la naissance des seins.



Elle ne put finir sa phrase, la bouche de Philippe s’étant posée sur la sienne. Une bouche très charnue dont les lèvres et la langue s’immisçaient en elle comme une évidence. Elle sentit instantanément le désir monter dans son ventre avec une force affolante.



Sa respiration s’était accélérée. Elle ne se contentait plus de se laisser faire, elle sentait ses bras et ses jambes les agripper comme une Shiva à huit bras. Son cerveau s’était mis à tourner à cent mille volts et brassait des pensées confuses que l’on pourrait résumer ainsi :

J’ai deux hommes contre moi, un vieux copain que je connais comme ma poche, même si on n’a jamais couché ensemble et le propriétaire de cette langue si douce, si douce…


Et elle l’attirait à nouveau contre elle. Damien voyant que les parties hautes étaient occupées, entreprit d’explorer d’autres zones, d’abord à travers la petite robe. Il sentit aussitôt le souffle de Juliette répondre à sa caresse tandis qu’elle cambrait la croupe comme une chatte en chaleur.


Voyant que tout se déroulait au mieux et que la position assise allait bientôt devenir peu appropriée, Damien, en maître de maison songeant avant tout au bien-être de ses invités et au sien, glissa la main sur le côté du divan pour déclencher la commande de l’ouverture automatique ralentie. Sans même réaliser ce qui leur arrivait, Juliette et Philippe, langues toujours entremêlées, se trouvèrent en position couchée aussi naturellement que s’ils se connaissaient depuis des lustres.


Juliette, qui avait toujours mené les hommes à la baguette, les bombardant de demandes contradictoires et impossibles à satisfaire, sentait qu’une partie d’elle-même se rebellait contre ce ridicule guet-apens. Mais, depuis le temps qu’elle en rêvait, de ces quatre mains, de ces deux bouches, qu’elle avait besoin de faire naître devant ses yeux fermés l’image d’une femme saillie par deux hommes pour parvenir à jouir, au cœur de ce rêve devenu réalité, elle n’allait tout de même pas gâcher son plaisir. De la même manière qu’elle s’était retrouvée allongée mystérieusement comme dans un songe, elle abandonnait toute envie d’être maîtresse du jeu et d’imposer ses désirs. Quel désir eût-elle pu exprimer qui ne fût déjà comblé ?


Elle savourait les lèvres de Philippe tandis que tout le sang de son corps semblait s’être donné rendez-vous pour pulser entre ses jambes. Sa croupe était tendue sous les caresses de Damien qui était venu à bout de la première barrière textile. Sa robe autour de la taille (mais comment était-elle arrivée là ?), il ne restait plus que quelques centimètres carrés de coton pour contenir son barycentre en fusion. Loin de se débarrasser de cet obstacle, Damien jouait avec, l’effleurait, en suivait les contours, glissait un doigt sous la ligne de l’élastique, en dessinait la ligne médiane incurvée et un peu humide par endroits. Il commençait à se sentir lui aussi très à l’étroit dans ses vêtements, mais pour rien au monde il ne se serait déshabillé sans l’approbation de Juliette. Le marché était clair : on arrête quand tu veux. Il savait à quel point elle pouvait être infernale et ne voulait prendre aucun risque.


Philippe, moins averti du caractère ombrageux de Juliette et moins enclin à des préliminaires interminables avait déjà défait la boucle de sa ceinture et guidait la main de Juliette vers le renflement de son entrejambe. Elle ne protestait pas, au contraire, elle s’activait pour venir à bout des boutons et du caleçon pour pouvoir saisir à pleine main l’objet de sa convoitise. Philippe envoya vivement promener tout ce qui couvrait ses jambes et qui lui était désormais inutile. Juliette, le sexe de Philippe en main, allongée sur le dos les yeux dans le vague, tira à elle le bras de Damien, le fit remonter à son niveau jusqu’à ce que leurs bouches se rencontrent.


Ils s’étaient déjà embrassés une fois, longtemps auparavant. Elle venait d’être quittée par un homme délicieux qu’elle avait usé à force de caprices. Elle savait qu’elle était fautive, elle savait qu’elle avait tout gâché. Seule avec sa somptueuse déco, la vie lui semblait insupportable. Damien était venu à la rescousse une fois de plus, il l’avait câlinée, bercée et même embrassée avant d’aller vite chercher de la glace au congélateur pour lui rappeler les bonnes choses de la vie.


Cette fois-ci le baiser n’avait plus rien de fraternel et consolateur, elle voulait qu’il l’emplisse, qu’il darde sa langue au fond de sa bouche, qu’il la visite comme bientôt d’autres orifices. Étrange, ces deux baisers si proches et si différents. La bouche de Damien était plus fine, sa langue moins agile, tout le baiser était dans les lèvres. D’ailleurs il glissa vite vers son cou, il savait à quel point elle aimait cette caresse. Il entreprit de la suçoter et de la mordiller depuis le menton jusqu’à la pointe des seins, grenus et tendus par le désir. La main gauche de Juliette jouait sur le sexe dressé de Philippe et sa main droite n’avait plus qu’un objectif : trouver celui de Damien pour avoir en main toute la puissance et le désir du monde. Cette image de ses deux mains pleines la hantait depuis des années, le seul obstacle qui l’en séparait était un vieux jean râpé qui ne demandait pas mieux que de quitter son propriétaire.


Elle fourragea dans les boutons à tâtons et sans grande efficacité. Il avait descendu la bretelle de la robe et lui léchait toujours le téton. Mais il n’esquissait pas un geste pour lui faciliter la tâche. Était-ce la pudeur qui le retenait ? Elle ne l’avait jamais vu nu… Quand il s’agissait de redessiner les plis du sexe de Juliette, la pudeur ne l’arrêtait pourtant pas… Il avait beau avoir lui-même tout planifié, tout organisé, il avait du mal à croire que la muraille invisible qui existait entre Juliette et lui depuis des années, et qu’il avait toujours scrupuleusement respectée, se soit effondrée en quelques secondes. Resterait-il son ami, son confident, une fois qu’il ne serait plus qu’un amant parmi d’autres ? C’était un risque qu’il avait calculé, soupesé, qui semblait valoir la peine d’être couru, tant que toute l’affaire n’était que projet. Mais là, la bouche sur son sein, la main maladroite de Juliette dans son entrejambe, voilà qu’il hésitait. Ridicule, non ?


Juliette, voyant qu’elle n’obtiendrait aucune aide de sa part, délaissa quelques secondes à regret la verge de Philippe pour pouvoir déboutonner Damien de ses deux mains. Elle glissa la main dans son caleçon et eut un sourire dubitatif : mais où était donc le gourdin qu’elle attendait ? Le sexe de Damien gisait au fond de son slip, au repos comme un escargot apeuré. Elle avait beau claironner qu’elle était vieille et finie, c’était surtout pour entendre de virulents démentis. Il était bien rare qu’elle se soit trouvée au lit avec un homme qui ne bande pas pour elle. Mais ce n’était pas « un homme », c’était Damien. Damien, le charmeur universel, Damien qui s’amusait à parsemer ses conversations d’allusions coquines, Damien, qui venait de lui explorer savamment la fente, Damien ne la désirait pas ! L’idée qu’il puisse être intimidé, bouleversé de franchir la limite à laquelle il s’était tenu depuis toutes ces années n’effleura pas Juliette.


Autant elle adorait passer des heures à discuter psychologie et à décortiquer les tréfonds de l’âme humaine devant un thé et une pâtisserie, autant une fois allongée et enflammée, toute considération autre que purement sexuelle lui était étrangère. Il lui fallait Damien en elle. Cette bite allait se dresser et lui présenter allégeance qu’elle le veuille ou non !


Elle descendit doucement le long du buste de Damien découvrant des lèvres au passage l’agréable plastique de son torse joliment musclé. Et elle entreprit, de la bouche et de la main, de redonner vie au timide escargot. Philippe, qui attendait de voir comment les choses évoluaient comprit rapidement le parti qu’il pourrait tirer de sa position : la chatte de Juliette était à lui, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Philippe s’aventura dans le sexe de Juliette de la même manière que Juliette autour de celui de Damien. Et plus Philippe excitait Juliette, plus celle-ci était maladroite dans ses gestes qu’elle croyait pourtant parfaitement maîtriser, et plus paradoxalement, Damien se raidissait. Ce n’était pas la caresse de Juliette qui l’excitait, mais sa respiration saccadée, ses brusques changement de position, la façon dont elle semblait plus se raccrocher à son sexe comme une alpiniste à son piolet que comme une maîtresse attentionnée. La présence et l’action de Philippe, qui la détournait de lui, la lui rendait possible.


Ce n’était plus Juliette, la fille du boss, la copine de toujours, l’insupportable chipie, mais une femme partie dans un autre monde, le regard opaque, à mi-chemin de son plaisir. Elle était à quatre pattes. La ligne horizontale de sa colonne vertébrale, reliant sa vulve largement ouverte aux doigts affolants de Philippe à sa bouche enserrant le sexe de Damien, était la plage que venaient lécher les vagues successives de désir et de plaisir.


Ne pouvant plus tenir à un tel spectacle, Philippe la saisit fermement par les hanches. Dès que son gland fut entré en elle, elle recula violemment pour l’engloutir d’un seul coup. Elle voulait une intrusion massive, totale. Il calma un peu le jeu pour le faire durer, et adopta un rythme lent mais très ample, sortant presque d’elle à chaque va-et-vient. Elle gémissait à chaque fois comme si elle craignait de le perdre, chaque retour au fond de son ventre lui arrachait un petit cri de victoire. L’amplitude inhabituelle du mouvement lui faisait découvrir de nouvelles sensations sur les parois de son vagin qui lui paraissaient soudain hyper-sensibles. Cette caresse intérieure la rendait complètement hystérique.


Damien, dont le sexe maintenant bien dressé avait été complètement délaissé dans le feu de l’action se caressait machinalement, hypnotisé par ce visage familier devenu complètement inconnu, métamorphosé par la montée du plaisir. Le seul à garder la tête froide, c’était Philippe qui comptait bien mener sa mission à bien. Il était là pour que madame ait une double pénétration. Elle n’y échapperait pas.


Damien et Philippe s’étaient bien sûr un peu concertés en vue de la fameuse soirée d’anniversaire. Damien, qui était à l’origine de toute l’affaire, s’était lancé dans cette histoire sur la certitude intuitive que c’était réellement le désir le plus secret et le plus violent de Juliette, mais il n’avait lui-même pas la moindre expérience de ce type de trio. C’est aussi pour cela qu’il s’était tourné vers Philippe, qui lui, il en était certain, avait déjà de l’expérience en la matière. En effet, Philippe s’était aussitôt montré parfaitement à l’aise sur le sujet, mais à toutes ses questions concernant Juliette, Damien était bien en peine de répondre. Aimait-elle la sodomie ? Elle en avait souvent parlé, mais était-elle vraiment sérieuse ? Était-elle vaginale ou clitoridienne ?

Merde, Damien commençait à se demander s’ils étaient si proches que ça après tout. Qui serait devant, qui serait derrière ? Damien ouvrait de grands yeux évasifs, le fantasme qu’il voulait offrir à Juliette n’avait pas encore pris à ses yeux toute l’épaisseur du réel. Tout se passait dans son esprit dans un halo de douceur et de sensualité, mais il n’avait en aucun cas imaginé le détail des positions de chacun… Philippe ne l’avait plus perturbé avec ses questions indiscrètes et avait compris que le rôle de chef d’orchestre lui reviendrait le moment venu.


Juliette étant mouillée et excitée à souhait, il était temps de calmer le jeu pour que chacun puisse prendre position pour le galop final. Philippe se retira d’elle un peu à regret mais déterminé. Elle ouvrit les yeux, ramenée à la réalité. Non, ça ne pouvait pas s’arrêter maintenant… Son regard croisa celui de Damien qui lui faisait face, sur la trajectoire elle découvrit l’érection tardive de celui qui ne serait plus jamais un simple copain.

Le vide de son ventre, ce sexe dressé, elle passa sa langue sur ses lèvres, se mit debout au pied du canapé :



Damien glissa jusqu’à se retrouver assit au bord du lit. Elle s’assit face à lui et s’empala doucement. Un autre sexe, un autre axe de pénétration… Comment était-il possible de sentir tellement de sensations nouvelles en si peu de temps ? C’était pourtant une position très banale pour elle qui adorait chevaucher les hommes pour pouvoir imprimer le rythme qui lui convenait. Mais là, déjà électrisée par la verge de Philippe, ce nouveau sexe en elle l’envoyait dans un univers où plus rien n’était connu ni contrôlé. Le regard de Philippe lui brûlait le dos comme une trop longue exposition au soleil.


Ils prirent un doux rythme de houle en haute mer. Elle savait la tempête proche et ne voulait pas brusquer son arrivée. Damien se laissa aller sur le dos tandis qu’elle tanguait sur lui, grisée par ses caresses, aussi bien celles des mains de Damien sur ses fesses que celle, plus chaude, plus longue, plus profonde qui lui rappelait qu’elle était un corps, un réseau de cellules et de tissus, de plus souvent utile sans plus, mais en cet instant, fêté, magnifié, porté aux nues. Chaque parcelle de son corps était plus chaud, plus souple, plus sensible.


Quand les mains de Philippe glissèrent le long de son dos, elle ne put retenir un cri. Elle l’attendait si fort qu’il n’eut qu’à l’effleurer pour provoquer un séisme qu’elle eut toutes les peines du monde à calmer. Elle voulait rester détendue pour la meilleure partie. Le calme revint et le doigt le Philippe s’attarda sur sa rondelle, l’humectant, l’agaçant doucement jusqu’à ce qu’elle lui laisse un accès d’abord restreint, puis plus franc. On touchait au but, Juliette allait bientôt pouvoir souffler ses bougies, son cadeau l’attendait juste là, derrière la porte. Elle serra un peu les dents pendant quelques secondes, cette voie-là était nettement moins usitée que l’autre, réservée aux grandes occasions, comme ce soir, son grand soir.


L’imperceptible ondulation de Damien sous elle l’aida à se détendre et à renouer avec son plaisir. L’étrange animal à trois têtes que formait le groupe se mouvait avec lenteur et retenue comme si le film était passé au ralenti. L’ondulation croissante de son bassin redonna progressivement de la vigueur à ses deux camarades qui attendirent patiemment d’entendre son souffle s’accélérer, de sentir son corps se couvrir d’un léger voile de rosée, et enfin d’avoir les tympans déchirés par un mugissement sauvage pour donner toute leur puissance et jouir à leur tour. Philippe fut le premier, il disparut dans la salle de bain laissant Juliette s’écrouler entre les bras de Damien.