| n° 12702 | Fiche technique | 59026 caractères | 59026Temps de lecture estimé : 32 mn | 05/07/08 corrigé 01/06/21 |
| Résumé: Avocat d'affaires, Yann s'est vu forcé de prendre des vacances. Mais seul dans son appartement, il s'ennuie ferme. Il reçoit alors l'appel d'une mystérieuse femme, qui le prend pour un autre... | ||||
| Critères: fh hplusag jeunes inconnu voiture voir lingerie cunnilingu préservati pénétratio init -coupfoudr | ||||
| Auteur : Lilas Envoi mini-message | ||||
Yann étendit ses longues jambes sur le coussin moelleux, et poussa un soupir irrité. Au début, il avait été soulagé d’être en congé. Mais là, il commençait à s’ennuyer… beaucoup. Trop. Trois semaines ! Trois semaines à se tourner les pouces, pour soi-disant se remettre en forme !
Il jeta un regard distrait vers sa baie vitrée. Le ciel scintillait d’un millier d’étoiles au-dessus de la ville. Il songea à appeler Phil. Comme ça, il pourrait avoir des nouvelles de ce qui se passait en son absence. Son collègue devait encore être au bureau, malgré l’heure tardive. En effet, à cause de son congé, Phil était obligé d’abattre deux fois plus de boulot que d’habitude…
Sa main était déjà sur son téléphone portable lorsqu’il se ravisa. Il venait de croiser son regard dans le reflet de la vitre, et ce qu’il voyait n’était pas beau à voir. Une barbe de quatre jours, des cernes creux, un teint de papier mâché sous son hâle… ce qui lui rappela les conseils de son médecin. Yann poussa un soupir résigné, et loucha vers le buffet où siégeaient ses bouteilles.
Cela ne faisait que quatre jours qu’il profitait de ce repos, quasiment forcé, et il s’ennuyait déjà à mourir. Par-dessus tout, ses insomnies n’avaient pas cessé. Son médecin personnel, tout en le scrutant derrière ses lunettes rondes de vieux patricien, lui avait donné le choix : soit il sombrait dans la dépression - ou l’alcoolisme - soit il se mettait en congé.
À contrecœur, Yann les avait prises, ces vacances. Mais ce qu’il lui fallait, c’était de l’imprévu. Oui, une bonne dose d’imprévu. Tout était si monotone depuis quelques jours ! Dans deux jours, il s’envolerait pour les Alpes. Qui sait, il en ramènerait peut-être une bonne petite maîtresse bien chaude ? Un sourire éclaira son visage. La seule chose dont il avait décidé de ne pas se passer, c’était de sexe. Autant dire que le fameux docteur n’était pas au courant de toutes ses dépendances…
Puis le sourire se mua en grimace. Cela faisait une semaine qu’il n’avait pas fait l’amour. Quel sacrifice ! De tête, il parcourut la liste de ses maîtresses. Aucune n’était disponible ces temps-ci. C’était vraiment le calme plat, le comble pour un homme aussi séduisant que lui… et au portefeuille si bien garni !
Yann se leva brusquement, rembruni par cette pensée néfaste à son moral, déjà attaqué de toute part par d’insidieuses gangrènes. Il déambula dans sa luxueuse cuisine de son luxueux appartement, les mains dans les poches de son pantalon Armani. Il se demanda ce qu’il pourrait bien faire. Cinéma ? Tout seul, sans personne à peloter, ce n’était pas drôle. Théâtre ? Pareil. Promenade ? Il s’imagina errant dans les rues, tenant un chien en laisse… beurk. Il n’en était pas encore à ce point-là !
Il se demanda si la jolie serveuse de « Primat’s » était libre ce soir, se dit probablement que non, et poussa de nouveau un profond soupir. Il y avait bien Angela, mais elle était plutôt du genre à s’attacher, et Dieu merci, il n’était pas assez sot pour tomber dans le piège d’une histoire non exclusivement basée sur le cul. C’est tout ce qu’il demandait aux femmes, dans la vie. Autant en rester là.
Tout cela ne résolvait pas son problème. Il avait envie de faire l’amour, il en avait besoin. Bien entendu, il pouvait s’offrir les services d’une demi-douzaine de jeunes femmes, mais il préférait les proies plus difficiles. La chasse était un sport, un art presque. Il y a des femmes que l’argent n’achète pas, et celles-là attiraient beaucoup Yann.
Il en était là de ses réflexions lorsque son regard tomba sur son répondeur. Tiens, un message. Quelqu’un avait dû appeler pendant qu’il était au Spa, il y a une heure. Il appuya sur le bouton lecture.
Elle avait le ton velouté et doux d’une petite minette bonne à croquer. Il haussa les épaules. Faux numéro. Le téléphone sonna.
Pas le temps de protester, la susnommée jeune femme se lançant déjà dans une tirade à n’en plus finir :
Pause. Au bout du fil, la jeune femme resta silencieuse quelques secondes. Yann attendit patiemment.
Silence.
Il y eut un bref éclat de rire à l’autre bout du fil. L’inconnue s’était calmée, et elle aussi commençait à apprécier la situation, apparemment.
Sa voix se perdit dans un petit rire. Yann se demanda si elle faisait exprès de ne pas comprendre. Mais après tout, ça faisait passer le temps…
Il y eut encore un silence, que Yann n’essaya pas de briser, laissant le temps à la jeune femme de digérer sa honte. Il se l’imagina grande et élancée, blonde, les yeux bleus, belle à s’en damner…
Yann se dit qu’elle avait la mauvaise habitude de ne jamais terminer ses phrases lorsqu’elle était embarrassée… et il réalisa soudain qu’elle allait raccrocher !
Elle eut un rire de gorge.
Au ton de sa voix, Yann comprit que sa suggestion imprévue l’avait prise de court, et l’inquiétait même un peu. Il se fit rassurant :
Silence. Autre rire de gorge, qui fit involontairement frémir Yann. Ciel, il bandouillait déjà à moitié ! Le poids de la solitude lui faisait faire de bien drôles de choses, à la réflexion…
Les paumes rendues moites par l’excitation, Yann eut un sourire. Allait-elle finalement accepter sa proposition ? Qui sait, il finirait peut-être cette soirée de la meilleure des façons…
Mais à l’autre bout du fil, la jeune femme éclata de rire.
La jeune femme semblait hésiter, car un silence de mauvais augure plana. Se demandait-elle ce qu’il avait réellement en tête ? Elle était peut-être même en train de rougir. Yann eut peur d’y avoir été un peu fort, cette fois-ci.
Pendant qu’elle lui communiquait l’endroit, Yann pensa que la soirée était bien partie, en définitive… Curieusement, elle n’avait pas voulu être plus précise sur son âge, ni se décrire physiquement. Ils convinrent de se retrouver vers dix-neuf heures trente. Puis elle raccrocha. Yann reposa très doucement le combiné sur son socle, ses yeux fixés sur l’adresse qu’il avait hâtivement griffonnée sur le calepin du téléphone. Un sourire satisfait éclaira son visage.
* * *
Le taxi déposa Yann pilepoil devant l’adresse que lui avait donnée l’inconnue. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque l’avocat s’aperçut que c’était une villa réservée aux ressortissants de l’ambassade américaine… Il la connaissait un peu, cette villa, il y avait été invité pour une garden-party l’année d’avant. Il se demanda s’il n’avait pas fait une erreur en notant l’adresse… Il fallait qu’il s’en assure. Il appuya sur l’interphone. Une voix impersonnelle grésilla un « Yes » pas très aimable. Il se présenta, et pour toute réponse, l’immense portail s’ouvrit sans un grincement. Apparemment, il ne s’était pas trompé. Il était bel et bien attendu.
Un peu surpris, Yann entra dans la propriété. Ses chaussures hors de prix crissaient sur les gravillons de l’allée qu’il remonta rapidement, se posant mille questions. Parvenu à la villa, il s’apprêtait à sonner, mais une dame lui ouvrit l’imposante porte d’entrée avant qu’il n’ait pu faire un geste.
Yann lui répondit courtoisement, et une fois délesté de son long pardessus noir, se laissa guider à travers les méandres de l’imposante bâtisse. Il fut introduit dans le vestibule d’un appartement privé où il resta seul. Décontenancé, il fit une brève inspection du lieu, puis ne voyant personne revenir, il se racla la gorge :
Amusé par cette entrée en matière, Yann avança dans l’appartement, et découvrit un immense salon, tout entier décoré dans les tons blanc et bleu. Malgré lui, son regard s’attarda sur les tapis épais, les fauteuils qui semblaient moelleux à souhait, le canapé qui attirait les étreintes par son aspect confortable… Ne sachant pas quoi faire, il examina les toiles suspendues aux murs. Il en était là lorsqu’il entendit un léger bruit derrière lui. Il se retourna vivement, et croisa deux yeux verts et rieurs. Les plus beaux yeux verts qu’il ait jamais vus.
Ébloui, Yann en oublia un instant de répondre. Elle n’était pas du tout telle qu’il l’avait imaginée… elle était cent fois plus désirable ! Ses cheveux, très noirs, encadraient un visage à l’ovale bien dessiné. Sa bouche était charnue et expressive, maquillée de rose pour l’occasion. Ses yeux étaient grands, d’un vert profond, et ourlés de longs cils noirs. Sur ses paupières, elle avait posé du fard gris foncé, et cette teinte faisait ressortir plus encore la transparence de son regard. Elle avait une peau blanche, laiteuse, qui avait l’air très douce.
Stupéfait, Yann fit descendre son regard sur son corps. Elle était petite, et n’était ni mince, ni élancée, mais pourvue de formes et de courbes très féminines. Sa robe verte, en satin, s’harmonisait parfaitement avec ses yeux. Elle portait des escarpins, verts également. Un bracelet et une fine chaîne en or éclairaient son poignet et son cou, tendre et fin. La robe s’arrêtait un peu au-dessus des genoux, et la jeune femme portait des collants couleur chair. Et surtout, ce qui frappait le plus Yann, c’est qu’elle était jeune. Très jeune.
Yann sursauta, sortant de sa délicieuse contemplation. Il se sentait un peu coupable de l’avoir reluquée avec si peu de discrétion. Bon sang, était-il en manque à ce point-là ?!
Mais elle intercepta la lueur d’étonnement qui traînait toujours au fond de ses yeux noirs.
Il éclata de rire, ce qui allégea l’atmosphère.
Elle fit quelques pas en arrière, et enveloppa Yann d’un regard appréciateur.
Il leva un sourcil, enfonçant ses mains dans ses poches.
Elle eut ce rire de gorge qui, au téléphone, l’avait fait frissonner.
Il respira profondément, puis la détailla ouvertement du regard.
Elle sourit, puis sans le regarder, alla s’asseoir sur le canapé, d’une démarche souple et gracieuse. Enfin elle se tourna vers lui, l’air franchement amusé, ses superbes yeux rivés aux siens.
Yann se sentit gêné par la beauté, presque surréaliste, de ces yeux magnifiques, et surtout par l’insistance de ce regard. Sans attendre sa réponse, elle reprit la parole :
Il s’exécuta, sans la quitter des yeux, prenant un fauteuil en face d’elle. Il lui semblait impossible que cette somptueuse créature puisse vivre une histoire d’amour contrariée avec le dénommé Richard… Rick pour les intimes.
Elle ne sourit pas.
Elle baissa alors la voix, et ses yeux si transparents la seconde d’avant, se voilèrent soudain d’un nuage étrange :
Yann, littéralement tétanisé, eut un frémissement. Sentait-elle, elle aussi, à quel point l’atmosphère s’était électrisée ? Il mourait d’envie de sauter sur elle, et aurait pu parier sa chemise qu’elle éprouvait un trouble égal au sien…
Elle eut de nouveau ce rire de gorge, qui provoquait toujours chez Yann le même frémissement. Curieux, comme un simple rire pouvait affecter ses nerfs… Elle se leva brutalement, recouvrant son expression ingénue. L’intermède électrique était terminé. Elle se dirigea vers un grand buffet où trônaient une vingtaine de bouteilles.
Elle le fixait de ses prunelles vertes, et il y lut tout le désir sous-jacent qui l’avait envahie quelques secondes auparavant. Yann se sentit vraiment troublé, cette fois, et la contempla longuement sans répondre, jusqu’à ce qu’elle lui fasse un sourire pas très convaincant et un peu embarrassé. Il décida de faire une petite entorse à ses nouvelles dispositions.
Elle ne sembla pas remarquer combien sa voix s’était enrouée, ou bien elle choisit de ne pas le relever, car elle lui servit son verre armée d’une expression indéchiffrable. Quand elle le lui apporta, il s’absorba dans la vision de ses jambes fines. Elle était vraiment très belle. Oui, en effet, une belle petite minette à croquer… Pour de l’imprévu, il était servi, ce soir… Un rire le fit revenir à la réalité.
Son regard avait retrouvé sa clarté habituelle. Elle avait donc surmonté son trouble. Il prit le verre en la remerciant, la regardant bien en face tout en le portant à ses lèvres. Mais elle détourna la tête, brisant le charme qui revenait au triple galop, et alla se servir un cognac, qu’elle dégusta debout, sans regarder Yann. Enfin, elle retourna s’asseoir, et de nouveau, ils se dévisagèrent.
Elle paraissait tellement innocente, à présent. Hésitante. C’est toujours difficile de commencer une conversation avec un parfait inconnu… d’autant plus difficile qu’ils avaient partagé un désir commun pendant de trop fugaces minutes.
Elle mit un peu de temps pour répondre, et en lui jetant un rapide coup d’œil, Yann constata qu’elle s’était raidie.
Cette fois, il la vit parfaitement tressaillir. Ah ah, avait-il touché le sujet qui fait mal ?
Il s’attendait à la voir vider son verre. Avec attention, il l’observa, sentant là le point faible de la jeune femme. Elle garda les yeux baissés un long moment, et il perçut les louables efforts qu’elle faisait pour maîtriser la situation. Mais lorsqu’elle releva la tête, point de gêne dans l’expression… mais un grand sourire malicieux et des yeux brillants.
Yann eut à peine le temps de froncer les sourcils qu’elle annonçait tout de go, hilare :
Ses paroles mirent un certain temps à monter au cerveau de Yann. Parfaitement immobile, il posa sur elle un regard désagréable, tandis que ses doigts se serraient autour du verre à moitié vide, si fort que ses articulations blanchirent.
La jeune femme s’enfonça dans le canapé, et posa sa tête contre le dossier. Elle croisa les jambes, faisant crisser le nylon de ses collants. Elle le regardait entre ses yeux mi-clos. Un sourire un peu ironique lui vint.
Il la dévisageait tranquillement, mais son regard avait une fixité qui finit par alarmer la jeune femme. Une certaine gêne se glissa en elle.
De plus en plus inquiète, Line regardait ses doigts enserrant le verre. Il allait finir par le briser, s’il continuait…
Et il vida son verre d’un trait. Ses yeux brillaient de colère, soudain. Line fronça les sourcils et se leva avec brusquerie. Elle avait l’air de le défier, et ses yeux couleur émeraude jetaient des étincelles de provocation.
Yann la toisa entre ses paupières mi-closes, plus très furieux à présent… une autre forme d’excitation lui occupait l’esprit – et surtout le corps… Elle était d’une beauté à couper le souffle… Diablement sensuelle… Il se leva à son tour, et posa soigneusement son verre sur un guéridon, arborant un sourire inquiétant. Puis il se tourna vers elle, et elle recula légèrement en apercevant ce sourire et la teneur de son regard. Mais le défi revint rapidement dans ses yeux, et elle le jaugea du regard.
Il s’approcha d’elle, tel un félin à l’affût, et comme elle ne bougeait pas, l’observant venir, il la prit brutalement dans ses bras et l’attira tout contre lui. Elle parut légèrement décontenancée, mais ne se débattit pas, levant vers lui un regard hésitant.
L’eût-elle voulu qu’elle n’aurait pas eu le temps de protester. Il posa ses lèvres sur les siennes, très doucement, et d’autorité, glissa sa langue dans sa bouche, la goûtant minutieusement. Une vague de désir naquit au creux des reins de la jeune femme, et elle se pendit à son cou avec un gémissement. Les yeux fermés, elle répondait fougueusement au baiser. Ses doigts s’accrochèrent à la nuque de Yann, et son corps tendre se pressa contre celui, plus dur, de l’homme. Il sentait bon l’après-rasage, sa bouche était douce. Leur baiser ne fut au début que le dénouement d’une attente brûlante enfin terminée. Mais bien vite, le désir ronfla en eux, et courut en mille paillettes de feu dans leurs veines.
Le corps tendu par l’envie, Yann entraîna peu à peu la jeune femme jusqu’au canapé où ils s’effondrèrent fort peu romantiquement. Yann fut bientôt envahi d’une bouffée de désir primitif, violent. Il posa ses mains sur ses seins, et les caressa avidement à travers l’étoffe soyeuse de la robe. Line se raidit entre ses bras, et il sentit son mont de Vénus venir doucement s’appliquer contre le creux de ses reins. Elle lui glissa un baiser dans le cou, et lui sourit en sentant à quel point il la désirait. Dans son pantalon gris anthracite, Yann se sentait effectivement très à l’étroit, maintenant…
Le téléphone se mit à sonner, déchirant leur étreinte complice. Line voulut se lever, mais elle ne parvint pas à repousser Yann, qui grogna et la serra plus fort contre lui, l’écrasant sous son poids d’homme. Elle ne chercha plus à s’échapper, et sa respiration se fit irrégulière. Ils s’embrassèrent à en perdre haleine. Elle déboutonna fébrilement les premiers boutons de la chemise de Yann. Bientôt, elle put glisser ses mains contre sa peau nue et bronzée, enfouir ses doigts dans sa toison épaisse et brune.
L’homme poussa un nouveau grognement, et abandonna sa bouche, pour se consacrer à son cou, sa gorge, embrassant la peau enfiévrée de la jeune femme jusqu’à la limite du décolleté. Il la tenait par en dessous, empoignant ses fesses souples et rebondies à pleines mains. Le téléphone avait arrêté de sonner depuis longtemps.
Mais lorsqu’il remonta l’ourlet de sa robe jusqu’à ses hanches, elle eut un mouvement de recul.
Haletant, il la dévisagea puis, sans plus bouger, glissa son regard sur ses cuisses entrouvertes où il découvrit un porte-jarretelle et des bas à la lisière en dentelle couleur ivoire. Tiens, alors comme ça, elle ne portait pas des collants, mais une lingerie diablement sexy… Les yeux agrandis par le désir, elle lui lança un regard presque douloureux. Malgré son récent refus, il y lut une invitation muette qui le poussa à ouvrir doucement les jambes gainées de nylon de la belle. Elle ne protesta pas, cette fois. Le souffle court, ses cheveux noirs épars sur l’accoudoir moelleux du canapé, elle le fixa bizarrement.
Il sortit discrètement une capote de sa poche, et la garda dans sa main. Il glissa alors ses reins entre ses cuisses satinées, dévorant dans le même temps sa gorge palpitante, caressant frénétiquement ses seins, les palpant à travers l’étoffe. Leurs pointes dressées surgissaient au milieu du satin, tels deux pics indomptables.
Mais Line ne semblait pas très sûre d’elle. Un coup elle paraissait s’abandonner à ses caresses sensuelles, l’autre coup les refuser. Que désirait-elle à la fin ?! Yann s’écarta pour mieux la regarder, mais elle se pendit à son cou encore une fois et chercha ses lèvres. Elle brûlait de désir. Rassuré, il ouvrit sa ceinture et sa braguette d’une main, et de l’autre, écarta des doigts le slip de dentelle blanche de la jeune femme. L’intimité de la jeune femme était humide et ouverte d’envie. Il y promena ses doigts quelques instants, mais les préliminaires furent vite expédiés, tant il avait envie de cette femme. Une telle soif ne lui était pas arrivée depuis longtemps…
Il déchira l’enveloppe du préservatif, et l’enfila sur son sexe bandé. Ensuite, il prit la jeune femme par les fesses et la pressa contre lui, la pénétrant lentement. Fiévreuse et consentante, Line avait les yeux clos, la bouche entrouverte. Sa tête dodelinait d’un côté et de l’autre, tandis qu’il s’enfonçait doucement en elle. Elle s’arqua vers lui…
Il la sentit aussitôt se raidir, faire un brusque mouvement de recul, et elle poussa un drôle de petit cri. Yann se figea, soupçonnant un truc pas clair, mais Line s’agrippa soudain à lui, revenant coller son ventre au sien. Libre de l’empaler profondément, Yann ne se fit pas prier. Il se mit à la labourer de coups de reins impérieux, tandis qu’elle posait sa bouche sur la sienne avec une violence qui le laissa pantelant.
Comme une pieuvre, la jeune femme l’encercla de ses jambes et de ses bras, et se cambra vers lui, sans cesser de l’embrasser. À demi fou, Yann allait et venait en elle avec délice. Elle était étroite, toute chaude, douce et molle. Il s’épanouissait en elle, l’envahissait, la conquérait. Elle gémissait son nom, encore et encore, et puis des mots sans suite également, tantôt sanglotante, tantôt obscène, parfois tendre.
Elle griffait sa veste de smoking, dans son dos, incapable de se retenir, son bassin formant une houle voluptueuse. Elle accompagnait les poussées de Yann avec entrain. Celui-ci n’arrivait pas encore à croire en sa bonne étoile. Une superbe fille, là, entre ses bras, au bout de son sexe, qui se laissait aller à baiser avec lui une demi-heure après leur première rencontre… Une brusque montée de plaisir chassa toute pensée, et il poussa un râle, accélérant la cadence, enfonçant plus encore la jeune femme écartelée dans le canapé.
Brusquement, la vapeur sembla s’inverser. Elle ouvrit brutalement les yeux, et il vit des larmes dans son regard. Le temps de dire « ouf » et il se retrouva repoussé au loin, la queue enveloppée de plastique, encore fumante de sa chaleur intime. Line se leva avec hâte et, les fesses à l’air, s’enfuit tout au fond du salon, ses yeux verts brillant de désir, mais aussi de rage. Tout à son agonie, Yann se redressa péniblement, soudain furieux, remonta son pantalon, et se dirigea vers elle à grandes enjambées décidées.
Yann commençait à voir rouge. Mais pour qui se prenait-elle, cette petite allumeuse de merde ? Il voulut lui saisir le bras, mais elle l’évita lestement. Le téléphone se remit soudain à sonner. Après une dernière œillade furibonde dans sa direction, Line s’approcha du téléphone et décrocha rapidement.
Elle écouta, lui tournant le dos. Yann souffrait affreusement. Il la désirait comme jamais encore il n’avait désiré une femme. Il vint vers elle, la poussa contre le meuble, sans se préoccuper de ses mouvements de protestation, la fit se retourner vers lui et l’immobilisa, fesses contre le buffet. Elle lui lança un regard furibond, parlant toujours en américain à son mystérieux interlocuteur. L’homme remonta la robe haut sur ses cuisses, découvrant à nouveau les bas à la lisière ivoire. Il palpa avidement ses cuisses, et se mit à caresser son clitoris du doigt. Son sexe ouvert, aux lèvres rougies, l’attirait comme un aimant. Il y enfonça ses doigts, et les bougea très vite. Line retint un soupir de plaisir, et se mordit les lèvres, à la torture.
En dépit de son regard noir, Yann baissa à nouveau son pantalon, une expression conquérante sur son visage viril, et la tenant fermement aux hanches, enfonça ses reins entre ses cuisses, qu’elle lui ouvrit d’ailleurs sans faire d’histoire. Elle abandonna même le téléphone juste un instant, quand Yann, le sexe dressé, s’insinua à nouveau dans son vagin moite de désir. Néanmoins, la rage qui brillait dans les yeux de la jeune femme était palpable. Yann s’en amusa et la dévisagea un long moment sans bouger, ses yeux noirs remplis à la fois de désir et de défi.
Elle reprit enfin le combiné, tandis que sa voix se faisait plus faible, essayant de faire comme si rien ne se passait. Yann, sans la quitter des yeux, commença alors à remuer en elle, et eut la satisfaction de la voir tressaillir. Il l’écrasait presque contre le meuble, s’enfonçant en elle si vigoureusement qu’elle réprimait à grande peine des halètements. Elle avait beau le regarder furieusement, elle s’offrait à lui, le bassin levé vers lui, accueillant ses grands coups de reins avec souplesse, les jambes écartées autour de Yann, à moitié étendue sur le buffet, un coude la soutenant.
Trop occupé à aller et venir énergiquement en elle, Yann se sentit incapable de répondre. Il hocha simplement la tête, puis appliqua sa bouche contre la sienne en un long baiser pantelant, avant de la glisser dans le cou tendre de la jeune femme. Elle tremblait comme une feuille, pressée contre lui, tendue. Les yeux fermés, Line aurait souhaité s’abandonner complètement au plaisir qui montait en elle. Mais la voix interrogative de son interlocuteur, au bout du fil, la ramena lentement à la réalité.
Elle hocha la tête, avertit son interlocuteur, et raccrocha enfin. Les deux coudes sur le buffet, à présent, elle renversa la tête en arrière, regardant Yann entre ses yeux mi-clos. Elle se laissa aller à gémir, puis à crier, entourant les reins actifs de Yann de ses jambes. Yann sentit l’orgasme monter, et terriblement excité, il accéléra encore la cadence de ses poussées. Lorsqu’il explosa en elle, Line cria faiblement, surprise. Il savoura longtemps sa jouissance, puis se détendit, rouvrant les yeux.
Elle le regardait fixement, essoufflée, les seins pointés en l’air à travers la robe de satin, le ventre contracté. L’homme quitta lentement le nid douillet entre ses cuisses, et sortit un mouchoir en tissu de sa poche, qu’il tendit à la jeune femme. Elle le prit et s’essuya délicatement, avant de se libérer de son étreinte, et de poser les pieds à terre.
Troublé et confus, Yann la contempla d’un air idiot.
Pas si mal ? Yann commençait à comprendre les réticences de la jeune femme, et cette douleur qu’il avait sentie en elle lorsqu’il l’avait pénétrée pour la première fois…
Elle haussa les épaules.
Elle se racla la gorge, tout en déroulant sa robe sur ses cuisses, et sans le regarder, retourna se servir un fond de cognac, qu’elle avala cul sec. Yann sentit le soupçon l’envahir, se doutant qu’il s’était encore fait avoir quelque part. Il voulut parler mais elle lui resservit rapidement un verre de whisky et lui tendit. Les sourcils froncés, il s’en saisit, et lui aussi, le vida d’un trait.
C’était bien la première fois qu’il l’appelait par son prénom, et Line lui jeta un coup d’œil contrit.
Embarrassée, elle le considéra en silence. Yann sembla la voir pour la première fois. Ses yeux noirs s’écarquillèrent, furieux. Il aurait dû s’en douter. La donzelle paraissait bien jeune, encore.
Yann secoua la tête, abasourdi. Étonnant comme la sottise pouvait parfois s’allier à la beauté. Lui, effrayé par 15 ans de différence d’âge ? Il mit les poings sur les hanches, à la fois furieux et secrètement ravi d’avoir été le premier à butiner cette superbe fleur. L’air menaçant, il la jaugea du regard.
Elle éclata de rire
Ils descendirent ensemble, un peu gênés de reprendre là le fil de leur soirée, après leur fougueuse étreinte, se connaissant à peine. Une fois arrivés en bas, Line prévint l’employée de maison que si son père désirait lui parler, il pourrait la joindre dans la voiture. Puis elle rejoignit Yann sur le perron de la villa. Une superbe limousine, noire, les attendait au pied des marches. Line, un sourire aux lèvres, l’invita à monter. Agréablement surpris, Yann lui lança un coup d’œil amusé, avant de la suivre à l’intérieur du spacieux habitacle. Ils s’installèrent en silence dans la limousine. Tandis que Line s’observait dans son petit miroir de poche, à la recherche d’indices compromettants révélant leur récente étreinte, Yann l’observait entre ses cils, nonchalant.
Il la dévisagea sérieusement.
Elle sourit. Ses magnifiques yeux verts semblèrent le transpercer.
Yann approuva ce choix, et elle communiqua l’adresse au chauffeur.
Ils retombèrent dans le silence.
Au détour d’un virage, il faillit tomber sur elle, et une image précise d’eux en train de faire l’amour lui vint à l’esprit. Il déglutit. Il ne savait pas pourquoi, mais cette jeune femme l’obnubilait. Il avait envie de se conduire comme un sauvage avec elle… Une formidable giclée de désir saisit son membre, distilla sa chaleur dans son ventre, et il se tourna vers Line.
Elle le regarda avec surprise, puis se mit à trembler à cet aveu, tandis que sans la consulter, il appuyait sur un bouton dans l’accoudoir. Une vitre sans tain s’éleva entre eux et le chauffeur. Puisqu’elle ne disait rien, il prit les devants, et se jeta littéralement sur elle, écartant le satin de la robe, relevant celle-ci jusqu’aux hanches. Il découvrit à nouveau deux jambes fuselées, coupées à mi-cuisses par la lisière des bas, les minces jarretelles blanches, le slip assorti qu’elle avait dû remettre en cachette. Ils s’embrassèrent, et dans un virage, Line lui mordit la langue involontairement. Ils oscillaient comme des ivrognes sur la banquette.
Lorsqu’il glissa une main entre ses jambes gainées, Line eut un sursaut violent, mais ne se détacha pas de lui. Ils prolongèrent leur étreinte animale, violente, haletante, totalement inattendue. Yann, d’un geste fébrile, déboutonna la robe de satin dans le dos de la jeune femme, et abaissa le décolleté, pour enfin voir ses seins. Ceux-ci étaient assez petits mais ronds et fermes. Elle ne portait qu’un redresse-seins en dentelle blanche, qui laissait nue sa poitrine frémissante.
Il la caressa adroitement. Line poussa un doux gémissement, tandis que ses tétons se dressaient sous les paumes de Yann. Ses cheveux noirs et lisses coulaient librement sur ses seins nus. Le sang cognant à ses tempes, Yann l’embrassa à nouveau, puis ses yeux tombèrent sur l’ombre noire du pubis sous la fine dentelle blanche du slip, et il eut plus férocement encore envie de la jeune femme. Il écarta les cuisses souples et vint caresser son clitoris à travers le tissu, fébrilement. Line se raidit.
Pendant une fraction de seconde, leurs yeux se croisèrent. Il crut lire dans son regard vert une envie inavouée, informulée, mais violente. Il s’écarta et se laissa tomber à genoux sur la moquette du plancher. Des deux mains, il tira délicatement sur le slip de dentelle, le faisant glisser le long des jambes de la jeune femme, jusqu’aux escarpins. Cela fit un crissement soyeux presque imperceptible, qui agaça néanmoins les nerfs de l’homme. La jeune femme referma promptement les jambes…
Il se débarrassa de sa veste et de sa chemise. Les mains de l’homme se posèrent ensuite sur les genoux ronds, les agrippèrent, et les écartèrent tendrement. Puis il plongea entre eux. Line retint son souffle. Ce fut comme si elle avait reçu une piqûre calmante. Yann avait atteint sa cible, et lui léchait l’intimité d’une langue curieuse et habile. En une fraction de seconde, Line cessa de s’agiter. Sa jambe droite s’allongea devant elle, l’escarpin sur la console, la gauche resta sur la banquette, formant un angle ouvert avec l’autre.
Puis ses mains descendirent jusqu’aux cheveux châtains de Yann, et pesèrent imperceptiblement sur la tête de l’homme, comme pour mieux le souder à son ventre. Pendant un temps qui lui parut très long, il se reput d’elle, grisé autant par le whisky que par le parfum qui imprégnait sa peau, les oreilles emplies du bourdonnement de la limousine… sentant Line laisser tomber peu à peu ses barrières, se retenant pour ne pas mordre la chair délicate qu’il était en train de savourer, tant il était à bout de désir. Installé sur l’épaisse moquette beige, il tenait Line aux hanches, le visage enfoui contre la tiédeur de son ventre.
Soudain, la jeune femme eut un brusque sursaut du bassin, faisant adhérer sa fente liquéfiée de plaisir plus étroitement à la bouche de Yann. Emportée par un orgasme irrésistible, elle se détendit d’un coup, tremblante, avec un tout petit gémissement. Sa jambe gauche partit en avant, puis se replia, très lentement, son talon d’escarpin heurtant le dos de Yann.
Entre ses cuisses, la chair était brûlante et douceâtre, humide, salée. Yann eut un soupir heureux, satisfait de l’avoir fait jouir, et se remit à lécher précautionneusement l’intimité ouverte de plaisir. Cette fois avec plus de précision, insistant sur le clitoris érigé, appuyant très fort sa langue contre l’excroissance gonflée. Line se raidit à nouveau contre lui, les yeux fermés, le souffle court. Et lorsqu’il enfonça sa langue dans la fente brûlante et consumée de désir, elle poussa un cri.
Terriblement excité, Yann sortit son sexe de son pantalon, et se mit à se branler d’une main. Mais la caresse était trop acrobatique à cause des virements de la grosse voiture. Il reprit donc les hanches de Line à pleines mains. Se sacrifiant, il allait continuer dans cette voie prometteuse quand la limousine vira légèrement, l’arrachant d’elle.
Line rouvrit les yeux, éperdue. Alanguie et offerte, elle semblait fragile dans la faible lueur de l’habitacle. Sa peau lisse paraissait dorée comme du bronze. Yann n’était plus qu’un nœud de nerfs, exigeant l’aboutissement de son désir. Il remonta le long d’elle, entre ses jambes tremblantes, et la pénétra d’une seule poussée, la clouant à la banquette de cuir.
Il s’enfonça en elle jusqu’à la garde, l’antre de la jeune femme étant encore plus onctueux que la première fois. Line serra l’homme contre elle, et ils s’embrassèrent profondément, restant un moment immobiles.
D’un seul coup, Line se redressa, repoussant Yann qui crut devenir fou. Elle n’allait pas recommencer son manège ! Mais sans un mot, la jeune femme pivota, lui montrant son dos, où ruisselait une cascade noire de cheveux soyeux. Les yeux charbonneux et la bouche, rouge de baisers, tordue dans un sourire énigmatique, elle s’agenouilla sur le plancher, se retenant à l’accoudoir. Ses seins laiteux s’écrasaient contre la banquette de cuir.
Ainsi positionnée, elle lui présentait sa croupe d’un blanc de porcelaine, sillonnée par les deux bandes du porte-jarretelle, les reins soulevés et offerts. Il regarda ces superbes fesses, charnues mais fermes, puis passa un doigt nerveux entre les lèvres intimes de la jeune femme. Elles étaient humides de désir et de plaisir mêlés, et Line poussa un soupir languissant. La tête tournée vers lui, elle était de profil, observant le moindre de ses gestes.
Il en retrouva une au fond de sa poche droite. Heureusement qu’il avait prévu le coup ! Habilement, il fit glisser le préservatif sur sa tige palpitante. Puis il se tourna vers Line, toujours offerte, et approcha son sexe dressé de ses fesses. Il le glissa en dessous, le fit coulisser délicatement contre le clitoris érigé de Line, lui arrachant un nouveau cri et un spasme de désir. Enfin, il s’ouvrit un chemin en elle, la maintenant solidement contre lui.
Le passage était étroit, très serré, et il força un peu, faisant crier Line. Il ne savait pas si c’était de plaisir ou de douleur. Il s’enfonça encore plus loin, par à-coups, et sut désormais avec certitude que les cris qui échappaient de Line révélaient son plaisir. Pas si farouche, la donzelle…
Elle se laissait faire, accompagnant ses mouvements, prenant appui des deux mains à l’accoudoir. Des phares de voitures défilaient devant les yeux de Yann, doublant la limousine. Tout à son plaisir, il la labourait sans répit, sentant venir son orgasme si longtemps retenu, ballotté par les ondulations douces de la voiture. Au moment où il sentait ses reins s’embraser, un son insolite parvint jusqu’à son cerveau.
Le téléphone bleu, sur l’accoudoir, s’était mis à sonner. Un son musical à deux tons.
Yann s’immobilisa, englouti dans Line, le cœur cognant furieusement dans sa poitrine. À tâtons, avec des gestes de noyée, Line décrocha l’appareil, collant ses lèvres au récepteur. Yann entendit la voix neutre et déférente du chauffeur :
Et elle attendit. Mince. Le même cirque qu’à la villa allait recommencer ! La voiture continuait de filer à 80 kilomètres / heure. Dans un ronronnement irréel. Dans le silence soudain tendu, leurs respirations haletantes résonnaient étrangement. Line essaya d’échapper à Yann. Mais, un bras passé autour de ses hanches, il la tenait solidement, encastré en elle. Leur position relevait presque du ridicule. Sa bite vibrait dans le vagin serré de la jeune femme, et celle-ci frémissait à chaque cahot de la limousine.
Une voix lointaine grésilla soudain dans le combiné.
Cette fois, la voix de Line était parfaitement maîtrisée. Yann se força à rester immobile, comme une statue de pierre, serré contre elle à en avoir des crampes. Méchamment, il bougea un peu, et Line se mordit les lèvres. Il n’entendait que très peu la voix masculine qui s’adressait à Line. Yann se demanda ce que l’homme pouvait bien lui raconter. Elle écoutait, les yeux clos, essayant de rester maîtresse d’elle-même. Il ne fallait pas que son père puisse se douter de quoi que ce soit…
Yann recommença un petit mouvement pour se venger, et aussitôt Line eut un gémissement sourd, qu’elle tenta vainement d’étouffer avec sa main.
Et elle retint un nouveau gémissement, car Yann s’était empressé de remuer légèrement entre ses cuisses. Ce mouvement l’électrisa, et il ne put s’empêcher de continuer sur sa lancée, plantant doucement son sexe au fond d’elle en quelques allers et retours réguliers. Cette fois, Line écarta le combiné de sa bouche pour étouffer ses cris et ses soupirs. Elle n’entendait plus que de très loin les paroles de son père. Elle ne fit même pas signe à Yann d’arrêter. Elle en avait trop envie.
Et quand son partenaire reprit sa cadence de métronome, elle sut qu’il avait gagné. Cette fois, Yann se ruait en elle sans retenue. Elle ne pouvait plus couvrir les sons qui s’échappaient de sa gorge nouée, c’était au-dessus de ses forces. Les yeux fermés, la bouche ouverte, elle avait repris le cours de leur plaisir là où elle l’avait laissé.
Et elle raccrocha au nez de son père. Puis elle lança ses mains en arrière pour agripper ses fesses et ouvrir ces dernières sous les yeux de Yann, tendant sa jolie croupe et cambrant son dos pour mieux sentir le frottement du sexe dans son vagin. Il n’y avait plus de place pour les mots. Seulement pour les cris et le plaisir.
Toujours sans parler, elle avança soudain, échappant à l’étreinte frénétique de Yann. Il l’observa avec étonnement, mais attendit, devinant la suite. En effet, elle se coucha à moitié sur la banquette, face à lui, et écarta largement les jambes, l’invitant à la prendre à nouveau, les yeux brillants. Yann se redressa à son tour, vint sur elle, son sexe dur et dressé frôlant au passage le porte-jarretelle blanc. Puis l’homme l’écrasa contre lui, la pénétrant d’une poussée nette et profonde. Elle retint un cri.
Yann l’enfourcha frénétiquement, dans un gémissement, quelques gouttes de transpiration perlant à son front. Line le serra étroitement contre elle, les seins comprimés contre son torse poilu et musclé, les jambes nouées autour de lui. Elle râlait sans pudeur, son bassin agité d’une houle désordonnée.
Brusquement, il la sentit se contracter avec violence. Sa bite fut serrée comme dans un gant, et sembla comme aspirée vers le fond. Un long tremblement parcourut Line de la tête aux pieds, et elle poussa un cri sauvage, accrochant Yann aux épaules. Il sut qu’elle était en train de ressentir son premier orgasme vaginal. Et il se laissa aller à son tour, secoué de spasmes extatiques.
Vidé, épuisé, il resta un instant immobile sur elle, la laissant revenir à la réalité. Elle avait du mal à récupérer une respiration normale.
Il bougea un peu, et croisa son regard vert, lumineux. Les cheveux noirs de la jeune femme étaient emmêlés et tombaient en bataille sur ses épaules et ses seins rosis par l’exercice.
Et de la reconnaissance brillait au fond de ses yeux émeraude. Il lui sourit, admiratif et ébloui de tant de grâce et de sensualité.
Et au moment où il prononçait ces mots, il sut que tant qu’une certaine Line Beckett habiterait la surface de cette terre, le monde ne serait plus jamais le même.
Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite.