| n° 11953 | Fiche technique | 14792 caractères | 14792Temps de lecture estimé : 9 mn | 12/11/07 |
| Résumé: Une femme découvre progressivement le plaisir de porter des bas. | ||||
| Critères: lingerie nostalgie portrait -vêtements | ||||
| Auteur : Macapi Envoi mini-message | ||||
Je me rappelle encore ma surprise lorsque j’ai compris que mon institutrice n’avait pas les jambes bronzées, mais qu’elle portait un collant. Jamais je n’avais vu ma mère avec ce genre d’accessoires, elle ne dénudait ses jambes que pour jardiner et je croyais qu’il en était ainsi pour toutes les femmes. Ce jour-là, j’ai commencé à rêver à ces jambes lisses, satinées, colorées, parfaites.
J’ai commencé comme toutes les petites filles, je crois. Je me pâmais devant les ballerines et je voulais leur ressembler. Je me souviendrai toujours de cette jupette rose que j’ai voulu mettre en hiver. Ma mère n’était pas d’accord, bien sûr. Mon argument fatal était tombé, il me fallait des collants.
Je n’ai pas eu les jambes lisses et brunes, je n’avais que sept ans. Mais j’étais très fière de mes jambes d’enfant mises en valeur dans ces très chauds collants blancs, qui me faisaient comme un pantalon qui me collait à la peau.
Au début, je me tortillais, je n’avais pas l’habitude. Puis, je me suis vite rendu compte du plaisir de tourner sur moi-même et de faire voltiger les volants roses autour de moi, en montrant mes cuisses couvertes. Ma mère me surveillait de près, mon père trouvait cela mignon, et tout le monde disait finalement que j’allais grandir, que ça me passerait.
Ils avaient raison. Je n’ai plus porté de tutu rose avec des collants blancs passé l’âge de 12 ans. Si j’avais osé le faire, toutes mes copines auraient ri de moi, et mes rares copains aussi d’ailleurs.
C’était l’époque des premiers émois, des expériences plus ou moins heureuses, une adolescente normale somme toute. Mais surtout, c’était l’époque des collants noirs mi-opaques, portés avec une jupe noire, comme pour faire croire que ce n’était pas vraiment une jupe. Je n’étais plus une petite fille, mais je n’étais pas encore une femme. Mes genoux cagneux et mes jambes trop longues ne trouvaient pas leur place dans ce qui n’était au fond qu’une mode dérangeante.
Puis j’ai grandi. Pas trop, juste un peu. J’étais encore un peu trop maigre, mais les garçons me remarquaient. J’étais dans la norme des filles de mon âge, innocente et naïve, jolie mais pas belle.
À seize ans, j’ai été à mon premier bal. Une grande partie de mes économies est partie en fumée pour une robe que finalement je n’ai portée qu’une fois. Je voulais être une princesse, comme toutes celles qui ne connaissaient encore rien de la vie. J’ai donc acheté les collants blancs translucides qui me faisaient de belles jambes, avec les escarpins blancs assortis. J’étais très jeune fille. C’est ce que j’étais, mais pas nécessairement ce que j’aurais voulu être.
Personne ne m’a regardée ce soir-là. J’étais une parmi d’autres. J’avais fait autant d’efforts vestimentaires que les autres filles. Pourquoi certaines dégageaient-elles une aura de mystère, une aura de femme ? J’ai mis longtemps à le comprendre.
Dix-huit ans, la liberté, les espoirs infinis, l’amour enfin. Je suis devenue femme cette année-là, non pas parce que je suis devenue majeure, mais bien parce que je me suis éloignée de la maison familiale. Ah, quelles bêtises ne fait-on pas loin de la tutelle des parents !
Je suis donc devenue femme, dépucelée un après-midi d’automne dans un parc presque vide, à la sauvette. Je portais une jupe ce jour-là, avec un collant qui me faisait de belles jambes d’un brun doré. J’avais enfin découvert le secret du bronzage à longueur d’année. J’ai dû l’enlever avant de ressortir du parc, mon copain du moment l’ayant déchiré pour aller plus vite. J’étais très consentante, il faut dire.
Très vite, j’ai modéré ses ardeurs. Au prix des collants, pour une étudiante, je ne pouvais pas me permettre d’en perdre un tous les jours. Je continuais à en porter, mais je prenais soin de les enlever moi-même avant de faire l’amour. Michel aimait cela. Il disait que c’était doux au toucher. Et moi, ça me tenait au chaud. Sauf l’été, où je n’en portais évidemment pas, compte tenu de la chaleur.
J’avais dans mon tiroir toute la gamme de beiges, de presque nu à bronze. J’aimais tout particulièrement celui qui avait ce tissage si particulier qui reflétait un peu la lumière et donnait l’impression de jambes soyeuses et lumineuses, en mettant en valeur la courbe du mollet.
Je me souviens d’une fois, avec Judith, un peu plus tard dans ma vie. C’était au début du printemps et il faisait déjà très chaud. On s’était amusées dans sa chambre avec la lotion auto-bronzante. Elle avait décidé qu’on irait jambes nues ce jour-là, mais elle voulait faire comme si on portait quelque chose quand même. On s’est donc enduit les jambes de cette lotion jusqu’à mi-cuisse. Elle voulait qu’on puisse voir la différence entre bronzé et naturel.
Bien sûr, il n’y a que nous qui avons vu cette différence. Aucun garçon ne regardait sous mes jupes cette année-là. Mais je dois dire que j’ai aimé cette démarcation plus claire, comme une frontière entre ce qui peut être montré et ce qui ne l’est pas.
À vingt-cinq ans, je me suis trouvée un travail d’assistante à la direction dans une grande compagnie, rien de très palpitant, mais au moins je gagnais ma vie.
À la fête de Noël organisée par le bureau, j’ai pu quitter mes éternels mais obligatoires tailleurs. Pour l’occasion, j’ai étrenné une petite robe noire évasée qui m’arrivait quand même au-dessus du genou. Je voulais faire bonne impression, et surtout ne pas passer pour une vulgaire secrétaire que je n’étais pas. J’avais bien évidemment mis mon plus beau collant avec de jolies petites chaussures avec lesquelles je pouvais aussi danser. Une fois sur place, j’ai pu constater que je ne détonnais pas dans le paysage.
Vers la fin de la soirée, tout le monde avait plutôt trop bu. J’étais de mon côté dans un état proche de l’euphorie. Je me sentais comme une princesse au bal. Il faut dire que je faisais partie de la catégorie d’âge qui se faisait rare dans la compagnie. J’avais donc plusieurs prétendants, plusieurs cavaliers, plusieurs hommes avec qui m’amuser.
J’étais tout à fait libre de m’amuser puisque j’étais célibataire depuis la fin de mes études, le pauvre Jean-Paul n’ayant pas supporté que je termine avant lui et que je le laisse étudier pendant que je travaillais.
Un homme s’est approché de moi, Ghislain de son petit nom. Il m’a demandé de but en blanc si je portais des bas ou un collant. Des quoi ? C’est à peu près ce que je lui ai répondu. Je ne comprenais pas le sens de sa question. Je savais ce qu’étaient des bas, mais je ne voyais pas pourquoi j’en aurais portés. J’avais toujours mis des collants, mon institutrice aussi, alors pourquoi des bas ?
Je n’ai pas osé lui répondre. J’ai compris trop tard que ne pas répondre équivaut à un aveu en faveur des collants. Il est parti avec un sourire amusé. Dommage, parce qu’il était séduisant.
Quelques années plus tard, ou seulement quelques mois si la coquetterie s’en mêle, j’ai rencontré Vincent. Il était plus vieux que moi, disons presque dix ans plus vieux. Il avait connu beaucoup de femmes, ou en tout cas beaucoup plus que j’avais connu d’hommes.
Vincent m’a beaucoup appris sur mon corps, le sexe, les hommes surtout. Je me suis rendu compte, à un âge où on se croit immortelle, que j’avais encore beaucoup à apprendre de la vie en général. Je crois que je suis véritablement devenue une femme grâce à l’amant compréhensif et patient qu’il a été.
Un jour, il m’a emmenée devant la vitrine d’une boutique de lingerie et m’a montré un des mannequins en me disant que c’était ce genre de sous-vêtements que je devrais porter. Le genre en question se déclinait en bas et porte-jarretelles. Noirs et rouges. Pute. Je l’ai mal pris, et quelques semaines plus tard j’étais de nouveau célibataire.
J’en ai parlé à une bonne copine à moi. Elle n’a pas compris mon problème et semblait même appuyer Vincent dans sa démarche en faveur des bas. Mieux, elle me proposait de me montrer sur elle ce que ça donnait, ou sur moi, tout dépendait de moi, avec un sourire étrange sur les lèvres. Elle n’était pas une bonne copine à ce point-là… Je suis donc rentrée chez moi, toujours aussi ignorante de la réalité des bas.
Un jour, prise de la peur de rester une vieille coincée, même si je n’avais pas encore trente-cinq ans, j’ai acheté des bas auto-fixants en solde, des Dim-up comme ils disent. Il fallait bien que j’essaie cet élément vestimentaire qui semblait obligatoirement faire partie de l’imaginaire masculin. Je les ai pris noirs, parce que c’était la seule couleur disponible, parce que de toute façon je n’allais pas vraiment les porter.
La première fois. Je me rappellerai toujours la première fois où je les ai portés. Je les ai enfilés avec une jupe qui m’arrivait au-dessous du genou tellement je me sentais mal à l’aise. J’avais peur que ça se voit. Je n’avais pas vraiment prévu de sortir avec, mais finalement j’ai fait le tour du quartier en surveillant tous les regards.
J’ai pu constater avec surprise que j’éprouvais une certaine légèreté au niveau de la taille et des hanches. Je n’avais plus l’effet double culotte qui serre trop. Mes jambes se croisaient plus facilement, je marchais presque plus aisément.
Il y avait aussi l’impression un peu désagréable d’être serrée au milieu de la cuisse par la bande élastique, ce qui m’a presque découragée de continuer l’expérience. Si je n’avais pas croisé un de mes voisins pour me rappeler que j’étais connue dans le coin, je crois que j’aurais jeté les coupables à la poubelle en pleine rue.
Mais surtout, je sentais le vent qui s’infiltrait sur le haut de mes cuisses. C’était comme une caresse froide, mais agréable tout de même. Le contraste entre la chaleur du bas et la fraîcheur de cette bande de peau nue me faisait frissonner.
Par moments, je pouvais ressentir le frôlement de mes cuisses l’une contre l’autre. C’était une douce moiteur. Ce n’était plus un contact uniformément soyeux, c’était une sensation de séparation. Il y avait le haut et le bas, la peau et le tissu, la chair et le vêtement. Je me sentais très nue, soudainement.
L’expérience n’ayant pas été si mauvaise finalement, j’ai porté mes bas tous les jours pour ma promenade du soir. Je savais que personne ne pouvait me voir, mais j’y prenais plaisir. Je ne comprenais pas d’où me venait ce plaisir, mais je savais que ces bas changeaient ma vie.
J’ai pris un peu d’assurance et j’ai commencé à porter des jupes de plus en plus courtes, toujours avec la bande de chair nue en haut des cuisses. Je surveillais le regard des passants. Je voulais savoir s’ils savaient. Je me demandais ce qui se passerait si un coup de vent soulevait ma jupe.
Un jour où je rentrais chez moi après ma promenade habituelle, j’ai clairement remarqué qu’un homme avait tourné la tête pour me regarder monter les quelques marches qui menaient à mon appartement. J’étais certaine qu’il avait vu l’espace blanc révélateur. Il souriait. Je me suis dépêchée de rentrer.
J’ai alors constaté que ma culotte était trempée. J’ai alors réalisé que porter des bas m’excitait et que j’aimais l’image que je projetais. J’adoptais les vêtements des filles sans vertu sur lesquelles les hommes fantasment et j’adorais cela. Et surtout, le regard des hommes sur moi me plaisait.
Ensuite, tout s’est enchaîné assez rapidement. La première fois que j’ai porté des bas au bureau, j’ai dû vivre avec une culotte trempée toute la journée. Lorsque j’ai osé en porter devant un de mes amants, j’ai eu un orgasme rien qu’en subissant son regard.
Mais toute première fois a une fin. Un jour, je n’ai plus mouillé ma culotte en mettant ces bas dont j’avais maintenant l’habitude. Je savais que je pouvais faire fantasmer un homme en répondant que je portais des bas dans une soirée mondaine. Je connaissais le pouvoir aphrodisiaque de la vue d’un bout de chair l’espace d’un instant. J’avais l’habitude des courants d’air, des regards. Bref, il m’en fallait plus.
J’avais conscience que je ne recherchais pas à séduire les hommes. Je voulais plutôt m’exciter en me faisant provocante par rapport à moi-même. J’ai donc essayé les porte-jarretelles. Puis j’ai varié les couleurs et les motifs. Pendant quelques années, j’ai accumulé ainsi de la belle lingerie, de quoi faire bander tous les hommes de ma vie. Mais je n’y prenais plus vraiment goût. J’ai même essayé pendant quelques mois des jeux de jambes destinés aux hommes voyeurs. Je leur laissais voir le haut de mes bas. Ma culotte se tâchait de ma mouille et j’étais contente.
Puis, un peu après, en femme plus mûre et maîtresse de mon corps, j’ai découvert le plaisir suprême de marcher sans culotte. Et surtout de laisser quelques regards indiscrets le découvrir. Je dois dire que j’ai eu du succès ! Je considérais avoir atteint le sommet de la gloire en tant que femme. J’étais devenue un objet de convoitise qui ne s’offrait qu’au plus offrant. Enfin, je maîtrisais ma vie.
Puis, les années ont passé, doucement mais sûrement. Je ne sais pas après quel regard étrange ou choqué j’ai rangé mes porte-jarretelles. Peut-être qu’après avoir vu des yeux remplis de pitié, je me suis sentie vieille, moins femme, moins belle. Peut-être aussi que je me suis simplement assagie. Toujours est-il qu’un jour j’ai remis un collant pour aller au travail. C’était un collant bien couvrant, pour masquer tant qu’à y être quelques imperfections de ma peau qui se fanait.
J’espère encore aujourd’hui qu’il se présentera un homme pour me demander si je porte des bas ou un collant. Ce jour-là, je serai assez provocante pour lui demander d’aller vérifier lui-même, sur-le-champ si possible, parce que j’aurai alors besoin d’un regard d’homme sur mon corps de femme, quel que soit mon âge.