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n° 11916Fiche technique10428 caractères10428
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Temps de lecture estimé : 8 mn
04/11/07
Résumé:  Avez-vous déjà fait l'amour en apesanteur ? Ça pourrait aussi s'appeler : Les dangers des amours mécaniques. (Les fantasmes feraient souvent de bons scénarios de B.D.)
Critères:  #humour #pastiche #délire #sciencefiction #totalsexe fh couple bizarre amour 69 pénétratio
Auteur : Rocco si refroidi  (J'aime la langue française, surtout celle de ma femme.)            Envoi mini-message
L'orgasme interstellaire

Lundi soir. La nuit qui tombe allume au-dessus de nous un ciel étoilé, zébré du passage scintillant des satellites. C’est l’heure du retour vers la maison, après le footing hebdomadaire pour votre serviteur, Rocco Sirefroidi et pour Tina Maffam, sa copine.


Sous la douche fumante que nous prenons ensemble à l’arrivée, nos deux corps debout enveloppés de vapeur me font penser à des fusées sur le point de décoller. Comme dans les reportages scientifiques où l’on voit ces monstres d’acier attendre dans le calme apaisant des volutes de vapeur de leurs carburants. Le temps semble alors suspendu à l’instant où ils vont délivrer toute la puissance qui va les arracher de la terre dans un grondement de tonnerre orgasmique masculin (ou féminin, pour celles qui rêvent de s’empaler sur des sex-toys aux formes de ces engins, en les laissant s’élever en elles pour remplir leurs ventres, les comblant d’orgasmes aussi puissants que ces fusées s’élevant vers le ciel.) Les parfums du corps de Tina font monter en moi un fantasme : faire l’amour en apesanteur.


Excité par mes mains qui régalent langoureusement ses seins de caresses savonneuses, je me mets à rêver de nos corps agités dans des accouplements frénétiques, aux emboîtements impossibles sur terre et aux étreintes libérées de nos poids. Comme si nous n’étions plus soumis qu’aux seules forces de nos désirs et de l’attraction de nos bras l’un vers l’autre. Je nous imagine riant des contorsions de nos corps pistonnant, tourbillonnant et rebondissant au ralenti contre les parois de l’habitacle de notre vaisseau spatial.


(Note de l’auteur : Si quelqu’un a déjà fait l’amour en apesanteur, près des étoiles, j’aimerais bien qu’il m’écrive pour me conseiller quelques positions de son Kama Sutra pour astronautes. Cela me permettra de rendre les descriptions de ce récit plus réalistes.)


En sortant de la douche, mon sourire l’inquiète. Car cette idée de fusée m’émoustille. Sur le pas de tir, à l’entrée de notre chambre, je l’accoste en prenant des airs de sous-officier de base spatiale en carton-pâte, comme ceux des feuilletons télé-délirants de science-fiction :



Le froncement de sourcils du capitaine Maffam en dit long : FLOp, FLop, flop… Le scénario est signé Gevéanchier ! Dépité, je m’allonge sur le lit et j’attrape une vieille B. D. : "On a marché sur la lune". J’en tourne machinalement les pages. Soudain, je sens que le corps de Tina, allongé dos à moi sous la couette, s’agite de secousses qu’il me semble bien reconnaître. Je lui demande :



Et pour cause : elle s’est commencée toute seule ! Elle ne prend pas le temps de me répondre et dégage le rectangle 140 X 200 de notre aire de lancement en faisant tout voler aux quatre coins de la chambre : les oreillers, la couette, mon T-shirt, son absence de culotte et la lampe de chevet. Tout y passe !


Il ne reste sur elle que sa petite toison noire (qui décore mieux qu’un string le renflement adorable de son pubis), le rouge brique de ses mamelons (qui donne du relief à ses petits seins trop mignons), le satiné de ses lèvres et les reflets appétissants du bronzage de ses fesses toutes rondes. Quant à moi, il ne me reste au bas du ventre que mon tuyau de raccordement aux dimensions pour l’instant inutiles.


Je crains une procédure de décollage d’urgence, vu la façon dont elle m’aguiche en remuant son arrière-train d’atterrissage. Elle en connaît les effets bandogènes sur moi et elle en abuse souvent. Elle ne s’embarrasse pas des procédures d’approche et m’arrime à elle d’un seul coup de reins, sans autorisation préalable de connexion de nos sexes. Ou si peu : juste la signature d’un regard torride au bas de mon ventre, avant de me régler au calibre standard d’une petite érection qu’elle me monte en trois coups de pompe à bouche et deux tours de poignet.


Puis elle m’enfourche pour prendre sur moi la position du lanceur spatial "lotus", celle qui tire le plus loin pour nous deux. Elle arme son regard en visée tête haute et m’observe intensément, en me tenant à deux mains par le cou. Comme pour vérifier mes jauges à plaisir, pendant que moi, je fais une rapide check-list : hanches OK, seins OK, baisers… Je n’ai pas le temps de finir que déjà elle me défonce les reins ! Je tente de rattraper mon retard en agrippant ses fesses à pleines mains. Mais il me faut toute la force de mes deux bras pour parvenir à accrocher en boucle le rythme méca-nique de ses mouvements pelviens.


Le regard excité, qu’elle plante dans mes prunelles jusqu’au fond de mon crâne, montre sans équivoque qu’elle veut relier mes centres nerveux du désir et le fond de son ventre où bouillonne déjà son plaisir. J’ai l’impression d’entendre les arcs électriques qui parcourent cette ligne directe. Et la pression de mes pompes à dopamines, l’hormone du plaisir que sécrète le cerveau, ne va pas tarder à faire péter mes neurones, si je n’ordonne pas immédiatement le décollage en squeezant les préliminaires.


Je suis en zone rouge. Je risque de faire bouillir l’hydrogène liquide que brûlent les propulseurs surpuissants des orgasmes de Tina. L’étincelle de mon doigt dans sa bouche suffit à démarrer la combustion des moteurs. L’oxygène me manque, je halète comme un compresseur pour tenir le rythme.


Le grondement d’Ariane 5 fait vibrer notre lit de toutes ses membrures. Va-t-il tenir jusqu’à la mise en orbite ou bien céder sous les coups de ma bite ? L’aiguille de mon déliromètre monte aussi vite que Tina prend de l’altitude : elle est bien la seule fusée à piston de toute la galaxie. Mais c’est une bonne machine : Tina tient avec délice les quatre-vingt coups de reins à la minute. Et encore, je ne compte pas les plaisirs auxiliaires que sont ses mains enveloppant mes joues quand elle se régale de ma langue à pleine bouche pendant qu’elle s’empale sur moi, comme maintenant, à rythme soutenu. Mais j’ai un doute, quand même : c’est elle qui règle la cadence, et je crains un peu la surchauffe.


Sa main entraînant mes doigts vers son anus m’invitent clairement à changer nos fréquences radio, pour passer en bande X, version cryptée Canal+. Je crains pendant quelques instants un dérapage incontrôlé vers Anal plus. Mais non : mes caresses circulaires sur ses fesses rebondies lui suffisent. J’insiste juste un peu, en la stimulant tout au creux de sa raie : je glisse ma main entre son petit orifice fripé et si sensible qui palpite légèrement sous mes doigts, jusqu’à la naissance de ses fesses que je masse doucement. Elle se cambre comme une chatte pour me laisser faire. Son sourire est-il un message codé pour me dire qu’elle aime ça ?


J’entends maintenant dans mon oreillette interne la voix synthétisée de mon ordinateur de bord hypothalamique qui égrène ses conseils :



J’ai l’impression qu’on m’a greffé un GPS de Peugeot, tout à coup. Cet instant presque calme n’était dû qu’au temps mort qui marque le largage de l’étage moteur de sortie des couches denses de l’atmosphère. Le vacarme des boulons explosifs qui libèrent les fantasmes de Tina déclenchent l’allumage du second étage.


Alors qu’on aborde la stratosphère dans des roulements de têtes affolés, ma transpiration peine à me refroidir. Et dans cette zone où normalement il faut réduire la consommation de carburant pour tenir la distance, Tina pousse la postcombustion en s’agrippant les seins à pleines mains. Sa tuyère en feu brûle délicieusement la peau de ma lance à incendie masculine. Et quand je dis : brûle, c’est plutôt ébouillante, vu l’ambiance d’huile chaude de sa chambre de combustion où elle me fait coulisser à sa guise et pour mon plus grand plaisir. Je regrette seulement de ne pas pouvoir exercer sur elle mes dons de mangeur de clito. Comme quand nous utilisons le couplage co-inversé génito-buccal (le 69, quoi…) Sans compter qu’elle va trop vite : elle hurle des ordres, s’accroche à mon manche, affole les commandes ! Mais soudain, le pilote automatique clignote : « G-point overflow ». Je passe en manuel : un doigt sur le clito et une main sur sa nuque. Les cris de plaisir décuplé qu’elle pousse immédiatement m’arrachent les oreilles : c’est pas la bonne manœuvre ! Vexé, je rugis :



Toute sa superbe-structure tremble et me secoue. Elle va exploser ! Déjà des fuites entre ses cuisses annoncent qu’elle ne va plus tenir longtemps.



Je n’ai pas fini de lancer mon appel au secours de pilote en détresse que le silence spatial m’assaille. On est à court de carburant ? Non : Tina est tombée dans les pommes !



Je la sens retomber vers la terre ! Et là, c’est la tuile : son orgasme insensé contracte encore son vagin et bloque en elle mon vilebrequin. Je suis saisi par l’angoisse de l’arrachement. Panique à bord ! Vite, il faut une solution. Où est le manuel technique ? VIIITE !


Du calme. Vu l’altitude où elle plane, j’ai encore du temps pour réagir. Il faut penser à Top Gun, relire mentalement ce qu’on m’a enseigné pendant l’instruction : « Théorie & Pratique Du Vol En Formation Imbriquée Lors Des Rapports Hétérosexuels Sur Femme À Orgasme Vaginal Supersonique (voire même époustouflant) ».


Ah ! Ça y est : il faut penser au 18, au camion rouge qui hurle dans la nuit. Tout ça pour désincarcérer un imbécile qui bande. La vue subliminale de ces casqués superbes et rigolards a tôt fait de ramener mon lanceur spatial au rang de pétard de 14 juillet. Il était temps.


J’allonge ma copilote et j’entame la respiration artificielle : un bouche à bouche langoureux… encore… Ça y est. Elle reprend ses esprits. Mais elle ne revient pas à la réalité : elle a encore comme de la poudre de comètes autour des yeux et des sourires sans autre raison que ce je ne sais quoi qui fait dire :


Une femme qui jouit,

c’est infiniment plus beau

qu’un clair de terre vu de la lune.