| n° 11878 | Fiche technique | 13950 caractères | 13950Temps de lecture estimé : 9 mn | 24/10/07 |
| Résumé: Une séance de dessin de nu artistique un peu particulière. | ||||
| Critères: fh couple amour voir fmast hmast intermast fellation nopéné jeu | ||||
| Auteur : Rocco si refroidi (J'aime la langue française, surtout celle de ma femme.) Envoi mini-message | ||||
Je dessine souvent ma compagne, Tina Maffam. Pour le plaisir. Pour le geste.
Ce soir nous profitons des derniers rayons de soleil pour faire des croquis de nus. J’aime ces lumières diffuses de fin d’après-midi d’automne. Elles accentuent les ombres et mettent en lumière des lignes de son corps indécelables en pleine journée.
Tina s’est placée face à la grande baie vitrée du salon. Elle est nue, bien sûr et bien au chaud près de la cheminée. Moi, je me suis installé en tailleur avec un grand bloc de papier Ingres sur les genoux. Je suis nu, moi aussi. C’est une question de respect, d’égalité : on ne peut pas tricher dans ce cas là.
Elle a choisi une pose toute en lignes longues : elle est assise à même le sol avec une jambe repliée sous elle. L’autre est presque tendue derrière elle, dans le même élan que son buste incliné vers l’avant. Elle étire un bras pour prolonger cette ligne jusqu’à sa main qu’elle pose très haut sur la vitre. Son regard à demi voilé par ses cheveux plonge doucement vers le sol et referme cet espace. Tout son corps s’élance un peu comme un grand A sensuel et puissant, incliné vers la lumière.
Je choisis de travailler à la sanguine. Cette couleur brique rend si bien les tons chauds de sa peau et j’aime l’accroche franche de ce pigment tendre sur le papier : C’est très agréable quand il faut travailler vite, comme ici, pour une esquisse.
Les secondes que je passe à m’imprégner des lignes de Tina sont intenses.
Je me lance. Ça trace tout seul à grands jets de bras, le poignet assuré par l’œil qui fixe en rafales sa silhouette si féminine : J’ébauche en premier la tête, le point fort de l’esquisse. Puis la nuque, le dos, la jambe longue, longue… la main aux doigts tendus sur la vitre et l’ébouriffé des cheveux. J’y reviendrais : je finis toujours par les yeux, comme si je voulais garder le meilleur pour la fin.
Je passe à l’arrondi de la hanche, au ventre. Ah ! Dur, le ventre : il faudra que je joue avec les ombres.
J’en viens à la lumière, aux volumes. Je progresse rapidement. Enfin… presque : Elle bouge imperceptiblement. Ce qui fait apparaître de nouvelles lignes : Un simple creux au bas des reins, en écho imperceptible à l’arrondi de sa hanche, au creux de son ventre, à la rondeur de son sein…
Je cherche le défaut dans cet enchaînement de courbes. Comment fait-elle pour être si belle ? Tina me tire de mes rêveries :
Je la caresse du bout de la mine tendre qui lui donne vie sur le papier. C’est trop intense. Je me mets à grommeler :
Pour mon malheur, le soleil baisse rapidement maintenant et je suis assailli par les clairs-obscurs qui filent sur son corps. C’est un peu comme quand on fait des photos de nuages au couchant : On croit saisir l’instant, mais l’atmosphère, elle, a déjà changé (Türner, ce peintre aux couchers de soleil fantastiques, était vraiment très très fort.) Elle est maintenant un mirage désarmant qui me fait frémir du bout des doigts qui tiennent mon crayon jusqu’au fond de mon ventre. La voix de Tina me fait soudain sursauter :
J’aimerais en profiter et te faire l’amour dans ces couleurs flamboyantes mais je n’ai pas le droit de te regarder comme ça. Pas maintenant. Tu es trop belle, trop désarmante.
Tu rougis ? Tina ! Pourquoi fais-tu cette tête de polissonne ?
Il me vient une idée… grisante ? Je lui propose :
Tina ouvre des yeux étonnés. Elle hésite un instant, puis me répond :
Je pose la grande esquisse inachevée à côté de moi. Saurais-je réussir ce que je n’ai pas su faire avec mon crayon ? J’ose à peine saisir mon sexe.
Tina, elle, s’est lancée : assise face à moi, le corps cambré en appui sur ses bras tendus, ses seins alliés à son regard osent me défier. C’est une sorte de Juliette contre Roméo. J’accepte son défi en empoignant ma verge. Mais ce sera Roméo pour Juliette. Elle l’a probablement compris, car elle me sourit.
Elle se retourne, sans lâcher mon regard. Toujours assise sur ses jambes repliées, elle m’offre l’arrondi de son dos qui trace une courbe pure : Elle l’enveloppe du sommet des épaules jusque sous ses genoux en glissant sur ses fesses sublimes. Ma main ne caresse pas mon phallus : elle caresse son dos.
Tina s’arrondit encore plus. Comme pour mieux sentir la douceur de mon regard sur ses épaules. Puis elle s’étire et se relève pour s’ouvrir comme une orchidée, en déroulant au ralenti toutes les courbes qui tendaient son corps. Elle s’approche, la tête inclinée, en se caressant la nuque d’une main et de l’autre, elle m’offre un de ses seins. Je bascule mon buste en arrière, esquivant ce coup porté à ma promesse de ne pas la toucher.
Elle me contourne. À mon tour, je lui présente mon dos et ma nuque pendant que je contemple ses épaules, stèle de son cou magnifique, par-dessus mon bras agité qui martèle le tempo de nos désirs.
Elle virevolte autour de moi, les bras levés bien haut. Ses longues mains sont habitées par un flamenco qui fait danser ses seins et rouler son ventre chaud.
Assis sur mes talons, les jambes écartées et ma banderille fièrement tendue vers elle, je lui offre le bas de mon ventre. Elle l’esquive en frôlant mes épaules.
À son tour, elle me présente furtivement son ventre. Vraiment, le triangle de jais qui pare son petit mont de Vénus trace la signature d’un maître au bas de cette œuvre parfaite.
Elle se rapproche de plus en plus et ses yeux de braises bleues, brillants dans les fumeroles noires de sa chevelure décoiffée, me rôtissent la tête. Les deux mains agrippées à mes épaules, elle me griffe le dos du bout de ses petits seins durs. Mon membre saillant la repousse en aboyant mon désir réprimé de toute la force de ma main qui le rend magnifique.
Mais elle revient à la charge : elle s’assoit devant moi en tailleur, ses genoux au contact des miens. Elle entreprend maintenant d’utiliser la même arme que moi pour tenter de me faire céder : Ses yeux rivés aux miens, elle enfonce fermement ses doigts sexe-symboles dans sa chair pour fendre son sexe et le remplir. Elle s’auto-pénètre lentement, espérant que ma main rejoindra la sienne pour l’aider.
Ses yeux se ferment. À mesure que ses doigts plongent de plus en plus vite et de plus en plus profondément en elle, son ventre se creuse, sa respiration devient plus rauque, ses seins gonflent tellement que je n’ose pas toucher ses mamelons saillants. Mais je crois que même si je les mordais au point de la blesser, ça la ferait hurler de plaisir. Tellement sa bouche grande ouverte semble déverser le trop plein de jouissance que son corps ne peut plus contenir et qui résonne à tout rompre dans sa tête. Fasciné par ses cris silencieux, j’étrangle ma verge pour ne pas jouir instantanément.
Elle sent que je vais céder. Elle se lève et enfourche mon épaule pour mettre son clitoris à portée de ma bouche. Elle est perverse : Elle sait que je résiste mal à l’appel de ma langue sur son sexe. Et cette goutte brillante que je vois perler sur les lèvres de sa fente nacrée de mouille et qui s’écoule lentement sur sa cuisse : Je sens distinctement son parfum. C’est celui de son plaisir, là, tout près. Ma tête… Je vais la mordre !
Tina a dû le sentir. Elle recule un instant, puis elle se rapproche. Elle m’offre son sexe en l’ouvrant doucement de ses doigts écartés. Comme un fruit mûr, sucré, juteux !
Cette fois, je craque : Je glisse ma langue jusque dans son vagin et je m’enivre de sa liqueur de femme. Je la savoure en tortillant la langue dans son ventre comme un serpent. Elle presse ma tête de toute sa main en couinant son plaisir :
Je me dégage en lui criant :
Elle recule en riant aux éclats, puis elle me chevauche à nouveau. Cette fois elle s’appuie des deux mains sur ma tête et presse son sexe trempé sur ma nuque. Je plante mes ongles dans ma verge en tremblant. Je n’en peux plus, mon souffle m’étouffe. Elle a enfin pitié de moi : elle s’assagit.
Tina s’assoit tout contre moi et d’un bras elle enveloppe mes épaules. Le temps pour elle et moi de profiter des langueurs de cette douce bataille, de ce délicieux combat singulier pour nos plaisirs pluriels. Puis elle pense à elle sans malice : elle s’excite en glissant le dos de sa main autour de ses petits seins ronds qui tressautent au rythme des saccades qui agitent mon bras. Je ne peux pas m’empêcher d’être attiré par les reflets magnétiques de ses immenses yeux bleu turquoise. Mais je suis trop près d’elle. Cà distord les proportions de son visage : ses lèvres rouge carmin entrouvertes étouffent sa petite langue pointue, qu’elle glisse par moments dans mon cou. Ses sourcils lissés, qui d’habitude affinent son regard, agressent ses beaux cils irisés de libellule bleue. Je me console, en me penchant sur sa poitrine, pour l’aider à se donner du plaisir en léchant ses mamelons délicieux.
En me regardant faire, elle passe sa langue sur ses lèvres puis elle me fait un baiser "sens interdit" : Ses yeux fermés à fond, son index interposé entre nos deux bouches écrasées rend impossible ce contact tant désiré. Le roulement de nos têtes est intense et la décharge électrique qui me transperce quand elle casse cette étreinte est si violente ! Pour elle aussi, à en croire sa main qui me laboure l’épaule.
Elle saisit mon poignet pour m’écarter. Puis elle enveloppe ma verge de l’étoffe de sa main, les yeux fixés sur la petite goutte d’excitation qui perle au sommet de mon phallus tendu de désir. Les va-et-vient de ses doigts qui me caressent sont aussi doux que son regard. Puis elle se penche lentement… Elle me goûte. Les yeux mi-clos, je la laisse m’embellir de toute sa volonté, de toute la chaleur mouillée de ses lèvres qui enveloppent intensément mon gland. Comment se fait-il que tant de douceur puisse me forger un membre si dur ?
Je reprends mon souffle. Petit à petit, mes poumons se gonflent de cet air si chargé de son parfum et de sa présence : Je me gonfle d’elle, elle me remplit, elle est en moi. Elle ne me masturbe pas, non : Elle me fait tendrement l’amour. Mais je ne dois pas la laisser faire : Je lui ai promis. Je saisis son bras et je luis dis :
Elle sourit puis elle referme mes doigts sur mon sexe. Elle laisse sa main en enserrant plus fort nos doigts mêlés ! C’est elle qui me fait onduler en me pénétrant de son regard de femme, mais c’est moi qui ai son érection de chair tendue et dure.
Puis elle se place face à moi et se recule, pour me contempler tout entier. Maintenant les saccades de ma main résonnent dans mon pubis comme des coups de masses érigeant les colonnes d’un temple grec.
Elle se rapproche, parée et couronnée de sa nudité sacrée de prêtresse antique. Comme pour perpétuer les rites de ces prostituées sacrées du temple d’Aphrodite à Corinthe : elles s’offraient aux fidèles pour rendre hommage à cette déesse des amours fous. Mais moi ? Suis-je assez fou de mon Aphrodite pour mériter sa passion ?
À présent la chaleur de ses mains sous mon sexe vendange mes raisins charnus et ses paumes en pressoirs me somment de lui servir son vin d’offrande.
Elle est à genoux.
Elle veut finir ce combat de romains contre cette divinité grecque.
Elle est prête.
Je me mets debout devant elle. Je suis prêt, moi aussi.
Elle porte dans ses deux mains aux doigts écartés en corolle ses deux seins offerts à mon désir. Regarde-t-elle mon érection ? Mon visage ? Ou bien ne voit-elle plus que le plaisir qui ravage nos esprits ? Elle ordonne enfin :
Je ne sens plus mes mains sur mon sexe.
Je ne sais pas si j’éjacule.
Je vois seulement mon offrande portée par mon orgasme qui éclabousse sa poitrine : je peins une fresque lumineuse et surréaliste à l’encre blanche sur ses seins.
Je sens que je m’écroule.