Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 11840Fiche technique8344 caractères8344
1487
Temps de lecture estimé : 6 mn
17/10/07
Résumé:  Je me promène dans et autour de la maison....
Critères:  #humour #délire #fantastique jardin revede voir
Auteur : Nicolas  (h entre 50 et 60 ans, épicurien.)            Envoi mini-message
Drôle de voyeur

Comme tous les jours, je me suis levé avant Elle. Comme tous les jours, je suis sorti dans le jardin, pour une petite promenade matinale. J’aime beaucoup ce moment privilégié où, seul dans mon domaine, je fais ma tournée d’inspection. C’est assez jouissif. La terre qui se réveille, les gouttes de rosée sur les toiles d’araignées qui jouent au diamant dans les premiers rayons du soleil, les fleurs qui commencent à s’ouvrir… Rien que des petits bonheurs.


J’ai, vous l’avez compris, mes habitudes. Certaines sont poétiques, comme celle qui consiste à humer les premiers parfums de la journée, ou encore à soulever les feuilles des fraisiers pour découvrir les fruits d’un rouge éclatant qui ont mûri depuis la veille. D’autres sont plus triviales, comme cette envie irrépressible que j’ai de pisser contre le coin du mur qui délimite la propriété du voisin et le fond de mon domaine. J’y peux rien, c’est comme ça. Je ne vous décrirai pas la sensation que je ressens, ni la fierté que j’ai en regardant la tache d’humidité que je laisse sur ce bête assemblage de parpaings même pas crépis.


Je me souviens que lorsque nous sommes venus nous installer dans cette maison et que j’ai fait pour la première fois le tour du jardin, c’est une des premières choses que j’ai faites, et j’en ai ressenti une indescriptible jouissance…


Cette tournée du propriétaire me prend en moyenne cinq à six minutes. Ensuite, je me dirige vers l’autre côté de la maison et vais saluer l’occupante du terrain voisin. C’est une jument d’environ cinq à six ans avec qui j’ai sympathisé et qui, lorsqu’elle me voit à l’orée du champ, vient me dire bonjour, souvent au grand galop.


Une fois terminées inspection et visite de courtoisie, je fais un peu de gymnastique : étirements, mouvements divers d’assouplissement, un ou deux petits sprints entre le fond du jardin et le portail, puis je regagne la maison. Entre temps, Elle s’est levée, et comme chaque jour je trouve mon bol de lait, froid, comme je l’aime, et mon yaourt, sans sucre ni autre additif, qui m’attendent. Je prends mon temps pour déjeuner. Je sais qu’à cette heure-là, Elle n’est pas disponible et que, même pour un petit câlin express, voire même une ou deux caresses, je peux toujours me brosser. C’est le moment où nous vivons notre vie, chacun de notre côté, à notre rythme.


Après avoir fait le tour du jardin, je fais celui de la maison. J’aime tout particulièrement regarder par la fenêtre ce qui se passe autour. Notre maison est sur deux niveaux. Cela me donne une vue assez dégagée sur les voisins, en particulier sur la maison côté salon. Une toute petite baraque, presque une maison jouet. Comme je ne suis pas très pressé, je prend le temps d’observer en détail ce qui se passe. Parfois, je surprends la voisine qui ouvre ses volets. Mignonne. Mais lorsqu’elle a eu une nuit un peu agitée, que son coquin est dans le coin, c’est jour de fête. Tiens, le week-end dernier il faisait très beau lorsqu’elle a ouvert ses volets, elle était nue comme un ver. Et, croyez-moi si vous le voulez, elle a laissé la fenêtre ouverte avant de se jeter dans les bras de son mec. Ils ont mis du cœur à l’ouvrage, j’avais l’image mais pas le son. J’ai quand même tout compris.


Côté salle à manger, il y a la mangeoire des oiseaux. Été comme hiver, Elle les nourrit. C’est un vrai régal de voir toutes ces boules de plumes venir s’engraisser sous mes yeux. Mais si je veux profiter du spectacle, j’ai intérêt à ne pas bouger d’un poil, sinon tout le monde s’envole.


Étape suivante, la cuisine. La fenêtre est juste au-dessus de l’évier. Elle donne sur la rue. Rien de bien intéressant, mais c’est une halte obligatoire, on ne sait jamais… Ensuite, je reprends mon petit tour, mais il n’y a plus grand-chose d’intéressant à voir.


Tiens, la porte de sa chambre est entrouverte. C’est rare. D’habitude, Elle prend soin de bien refermer derrière elle. Je me glisse dans la pièce. Quand je le veux, je suis discret et personne ne m’entend. Je contourne le lit, et m’attarde près de la chaise où s’entassent en vrac ses vêtements. Enfin ceux qu’Elle portait hier soir. Son vieux survêtement bleu ciel, son tee-shirt blanc, et ses sous-vêtements de sport, blancs, en coton, banals à pleurer. Mais comme elle a dû forcer sur la distance et transpirer un bon coup, je retrouve son odeur, chaude, un peu musquée. Un régal.


Je m’approche du lit, et constate qu’Elle ne l’a pas refait en se levant. Chouette, je vais pouvoir me coucher à sa place. Aussitôt dit, aussitôt fait. En moins de temps qu’il ne vous en faut pour me lire, je suis déjà étendu de tout mon long dans l’empreinte qu’elle y a laissée. Ma tête sur l’oreiller, là où elle pose la sienne, je me laisse imprégner de son odeur toute fraîche. Elle a perdu quelques cheveux pendant la nuit et l’un d’entre eux me chatouille le nez, bougeant au rythme de ma respiration. Sensation agréable. Surtout ne pas remuer.


Je l’entend, Elle est dans la pièce voisine, juste de l’autre côté de la cloison. Bruits d’eau. Bruits de radio. Je ferme les yeux, et me remémore les quelques fois où j’ai pu la regarder à travers la vitre de la cabine de douche, pendant qu’elle savonnait son corps, le couvrant de mousse avant de se passer le gant de crin. C’est ça le secret de sa peau si douce. Elle a les seins en pomme, biens ronds, attachés haut sur son torse, la taille fine, les hanches un peu étroites, et une étroite bande de fourrure blonde en bas de son ventre. Ses fesses sont rondes et ses cuisses longues et fines. Au bruit de l’eau qui reprend, je sais qu’Elle se rince. Elle ne va pas tarder à sortir de la cabine pour s’envelopper dans son grand peignoir blanc.


Une fois elle m’a surpris en train de la regarder à ce moment-là. Elle m’a jeté son éponge à la tête en me traitant de voyeur ! Même pas eu le temps de prendre l’air détaché de quelqu’un qui en a vu d’autres. Je suis parti en courant, un peu honteux. Heureusement que l’éponge était essorée…


Je sais qu’après Elle séchera ses longs cheveux couleur de miel, se brossera les dents, se maquillera légèrement, enlèvera son peignoir et reviendra dans sa chambre pour s’habiller. Quel jour sommes-nous aujourd’hui ? Ah oui, lundi. Elle va encore disparaître toute la journée pour aller travailler, en me laissant seul à la maison.


Ça y est, la voilà. Elle pousse la porte de la chambre, se dirige directement vers son armoire. Bingo, Elle est nue. Je ne me lasse pas de la voir dans cette tenue. Elle est si belle ! Pour l’instant c’est son dos que je contemple. Enfin surtout le bas. Elle est penchée vers les tiroirs. Cette position me révèle des trésors que j’admire toujours avec autant de délectation, des draperies roses délicatement ourlées de brun, et un magnifique petit œil, brun lui aussi, qui me regarde à son tour… Comme je suis légèrement décalé, je peux également voir le doux mouvement de ses seins entre ses bras lorsqu’Elle cherche dans l’aimable fouillis qui règne dans les tiroirs de quoi s’habiller. Ça y est, Elle a choisi.


Ah, c’est sage aujourd’hui, pas de dentelles, ni de broderie. Du tout simple, noir, sans fioritures. Comme d’habitude, elle commence par cacher ses seins, puis enfile sa culotte. Une petite culotte qui à vrai dire ne cache pas grand-chose. Tiens elle met un polo… et un pantalon. Ah bon ! C’est la tenue des jours sans clients à visiter, ça… (Sinon elle met tailleur et bas). Elle replonge dans l’armoire et en sort un gilet qu’elle enfile par-dessus son polo. La voici prête. Et Elle ne m’a toujours pas vu. Quel bonheur !



Oui, mais le bonheur ne dure jamais longtemps…



Je fais celui qui n’entend pas et m’étire de tout mon long, pour en profiter encore un peu, et je prends l’air étonné de celui qui ne comprend pas ce qu’on lui dit. Tiens, histoire de lui faire voir que je suis innocent comme le chaton qui vient de naître, je vais même jusqu’à me lécher la patte droite avant de me la passer derrière l’oreille.



Bonté divine, comment lui dire que dans une vie antérieure, avant d’être chat, j’étais un homme ?


Heureusement, elle n’a pas eu l’idée de me faire castrer…