| n° 11651 | Fiche technique | 7283 caractères | 7283Temps de lecture estimé : 5 mn | 23/08/07 |
| Résumé: Je retrouve Sarah que j'avais entrevue plus d'un an auparavant. Je la désire. Elle se refuse. Puis elle m'appelle... | ||||
| Critères: fh cérébral pénétratio | ||||
| Auteur : Francesco Envoi mini-message | ||||
Voilà plus d’un an que j’ai rencontré Sarah dans une petite ville du sud de la France. Elle m’a tapé dans l’œil avec sa silhouette sculpturale. L’essence même de la femme mère comme on en voit dans les films de Fellini. Elle respire la vie et c’est en tout bien tout honneur que je la compare à un animal. Ce serait une jument couverte de sueur, attendant stoïquement la couverture et le confort du box après une longue course contre la vie. Un pur sang avec ses jambes interminables qui supportent une croupe majestueuse, une croupe à damner un saint et des seins justement, en veux-tu en voilà. Le plus fascinant est sa crinière ondulante à souhait, soutenant ce regard vif de femme qui dévore la vie comme à la veille de l’Apocalypse.
C’était à un vernissage, elle exposait ses œuvres pour des bouseux qui n’étaient là que pour le vin et la bouffe que l’on propose dans ces circonstances. Comment une battante comme elle en est-elle arrivée là ? Comment cette bête de concours s’est échouée parmi les incrédules, les novices et les hypocrites ? C’est clair, la majeure partie se fout de son art, toute l’assistance est là pour croquer le fruit défendu. Quatre-vingts pour cent de mecs plus bidons les uns que les autres, les vingt pour cent restant sont des épouses et des compagnes aux aguets, surveillant leurs hommes comme des rapaces apeurés. Et moi dans tout ça, suis-je bien différent ?
On nous présente, ça se passe plutôt bien. En un regard et quelques phrases, elle sait que je sais. Elle sait que ce soir, c’est elle l’atome et que je ne suis qu’un électron qui gravite autour d’elle. Elle a l’habitude, rien de nouveau pour elle. Cependant, un élément joue en ma faveur : j’appartiens à une autre sphère, tout aussi complexe que la sienne.
Maintenant, je recherche la fusion.
Plus d’une année s’écoule avec ses joies et ses drames, elle de son côté, moi du mien. Quand on se revoit, c’est l’été, le soleil reprend ses droits et réchauffe nos nuques endolories. Les circonstances ont bien changé, ma jument est en chute libre : un mec jaloux à l’excès, des problèmes d’argent, et surtout le regard pesant d’une petite ville ou tout se sait très vite, trop vite.
Dans toute sa superbe et drapée de son honneur, elle transmet tout ce qu’elle a de précieux à son enfant chérie. Elle joint tant bien que mal les deux bouts en bossant comme cuisinière dans une baraque à frites au bord de la plage. Il n’y a pas de sot métier, elle met tout son cœur à l’ouvrage et regorge d’idées pour attirer la clientèle. Tout ce qu’elle touche se transforme en or et sa cuisine ravit autant que ses sculptures. Elle aime le travail bien fait. Comme tout artiste, elle cherche la reconnaissance et elle l’obtient par tous les moyens, peu importe le domaine, c’est inéluctable.
Petit à petit on s’apprivoise, on se sent, on se désire. L’humour et la complicité y font beaucoup. D’autres choses nous rapprochent, le fait que je sois artiste aussi notamment. Après de longues journées à travailler debout, elle est fatiguée et quand j’ai de la chance, je lui masse les pieds. Quel délice autant pour elle que pour moi.
Je suis plutôt doué pour ces choses-là et j’aime à penser que mes caresses sont à la fois réparatrices et sensuelles. Il faut très peu pour que nous y trouvions chacun notre compte. Je touche ma déesse et elle, elle prend sa part de bonheur. Sa respiration devient moins saccadée, elle se laisse aller sans chercher à contrer la vague de plaisir qui monte en elle. C’est sans équivoque, elle jouit de mes caresses et j’en tire une certaine fierté.
Les jours passent et ne se ressemblent pas, un bisou par-ci, un bisou par-là mais je suis toujours dans l’attente de la revoir. Elle répète inlassablement qu’un jour viendra mais que pour le moment, son cœur est pris. Elle me dit tout de même qu’elle se touche en pensant à moi, ça flatte mon ego. Comme la chanteuse Cher, elle possède une androgynie fascinante, elle connaît les hommes mieux qu’ils ne se connaissent eux mêmes. Quand elle parle de cul, c’est de façon crue, pas de détours. C’en est troublant mais c’est si bon de ne pas avoir à tricher. Avec elle, je suis moi, je suis moi, je suis moi…
Un soir, une dispute éclate à la plage, la femme de l’employeur est jalouse depuis le début, et cette fois un prétexte futile aura raison de leur collaboration. Fière comme une danseuse de flamenco, ma Sarah plaque tout et court se réfugier dans son antre. Elle m’invite ou plutôt m’exhorte à la suivre et j’obéis comme un esclave, ô combien consentant. Il faut qu’elle vide son sac. Du vin, beaucoup de vin, des mots, beaucoup de mots.
Je combats mes démons, je repousse mes envies d’elle pour mieux l’écouter et la réconforter. Une fois que la pression est retombée, nous nous endormons nus, côte à côte. J’ai envie de la toucher mais j’ai ma fierté, je suis un homme, un vrai. Ne profitant pas de la situation, je me morfonds dans la solitude de mon corps en attente.
C’est dur ; à quatre reprises, l’excitation et l’érection me réveillent. À tâtons, j’attrape son string dans l’obscurité de la chambre. Une fois à la cuisine, la lumière froide du néon rajoute à mon désarroi. Comme un toxicomane en manque, j’inhale, je respire le coton imprégné de ses odeurs et me masturbe au-dessus de la poubelle. De longues giclées de sperme trop longtemps prisonnières de mes couilles atterrissent sur les déchets.
Au matin, elle a repris de l’aplomb, il est temps d’oublier, de partir, de m’enfuir pour ne plus souffrir.
Dix jours plus tard, un SMS me demande de venir, je fonce.
Elle est mûre et moi aussi. Aujourd’hui, elle a décidé de se lâcher, d’accepter, de céder. Nous baisons comme deux corps qui ne font qu’un, je le la respire des aisselles aux orteils, je la lèche de la chatte à l’anus, je la baise tendrement par-devant, en profondeur de côté, violemment par derrière, je veux tout et tout est bon. Ma main gifle ses fesses, le son est apaisant, j’ai besoin d’exulter une attente trop longue et des envies trop pressantes. Je tire ses cheveux et force sa tête en arrière, je la possède enfin comme une chienne en chaleur et au fond je le fais avec toute la tendresse d’un bébé qui fait mal en tétant trop fort.
Elle accepte, elle en veut même plus. J’ai envie de la souiller mentalement pour qu’elle se souvienne de moi, de lui faire mal pour qu’elle ne m’oublie pas, de l’insulter, de la marquer d’un trèfle à la cheville. Pourquoi ? C’est pourtant clair : j’ai besoin de me rassurer, de savoir qu’elle est là, à mes côtés pour toujours.
Maintenant, j’ai un avantage sur tous les connards qui croient la posséder. Personne ne possède Sarah. Le jour où tout le monde l’aura usée et puisée jusqu’à l’épuiser, elle saura où trouver son réconfort.
À Sarah, en attendant des jours meilleurs.