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n° 11272Fiche technique15634 caractères15634
Temps de lecture estimé : 10 mn
02/04/07
Résumé:  J'ai finalement réussi à faire jouir l'inconnu qui me regardait depuis plusieurs heures.
Critères:  f h inconnu magasin essayage caférestau volupté voir exhib humour
Auteur : Macapi            Envoi mini-message
Relation privilégiée



Il me regarde, il est là, attentif à chacun de mes mouvements, je le sais, je le sens. Il ne sait pas que je suis au courant. Il croit à son impunité. Il se croit surtout à l’abri de toutes représailles. Bien sûr, puisque je ne suis encore rien à ses yeux. Rien d’autre qu’un corps que jusqu’à présent il ne faisait qu’imaginer.


Alors, pour jouer un peu son jeu, à ce pervers inconnu, je tourne sur moi-même et lui montre l’équilibre de mes deux faces. Il aperçoit sûrement en même temps mes longs cheveux qui flottent dans mon dos et se soulèvent au rythme de ma ronde. Et mon sourire, un peu mutin, un peu timide, un soupçon de rouge et une langue qui pointe, tout pour attirer le poisson…


Il ne voit évidemment pas le reste de mon corps, ma peau nue reste bien sagement cachée sous mes vêtements. Tout au plus peut-il deviner quelques formes alléchantes sous ma robe d’été. Je n’aurais rien voulu porter d’autre en ce moment. Je ne ressens aucune pudeur, ni aucune envie spéciale de m’exhiber non plus d’ailleurs. Je suis simplement bien, seule dans ma chambre.


Je me prépare à sortir et j’ai déjà enfilé cette robe. S’il était arrivé quelques minutes plus tôt, il m’aurait vu dans l’indécision la plus totale, dans une séance d’habillage fébrile suivi d’un effeuillage encore plus rapide, le tout répété plusieurs fois, dans le seul but de trouver la combinaison idéale entre les vêtements, les sous-vêtements et ce qu’il y a de plus profond encore, mon humeur du jour. Mais c’est tant pis pour lui, il n’avait qu’à venir plus tôt, je ne l’en ai pas empêché.


Encore un petit doute m’envahit. Je jette un coup d’œil furtif par l’ouverture de mon décolleté presque sage et j’inspecte mon choix de soutien-gorge. Un petit quelque chose qu’il n’a pas vu tout à l’heure, mais dont je suis assez fière. Peut-être tout à l’heure, si j’en ai envie, je me déshabillerai pour lui. Peut-être qu’il aura le plaisir de me voir en entier, sous la lumière tamisée que j’aurais allumée à côté de mon lit. Mais pour l’instant, il n’en est pas question. C’est trop tôt.


Je sors de la chambre, la démarche décidée, la tête haute, le cœur battant. Je sais qu’il me voit, qu’il me suit, qu’il recherche un indice de ma part. Je sais qu’il attend de voir si je serai une salope ou une vierge effarouchée. Est-ce que j’aime les hommes ou les femmes, ou peut-être les deux ? Qui sait, peut-être même que j’ai des pratiques zoophiles ou sado-masochistes. Il le saura quand je voudrai bien le lui dire. D’ailleurs, qui suis-je pour lui, autre qu’une personne en robe d’été, peut-être même un homme déguisé en femme ? Quand même, par compassion, je l’avoue, je suis une femme, normalement constituée, agréablement tournée, confusément sensuelle, douloureusement mystérieuse et même parfois hystériquement orgasmique. Bref, une femme normale.


Pourquoi veut-il tant savoir à quoi je ressemble ? Est-ce que je me demande, moi, s’il est chauve ou bedonnant, s’il est costaud ou rachitique, s’il est un jeune homme ou un vieux pervers, s’il est un homme ou une femme ? Pour moi, il reste un être neutre, celui que je séduis malgré moi, celui qui me regarde en ce moment, celui pour les yeux duquel je suis faite. Il n’a que ses yeux pour me voir. Il ne peut pas me toucher. Il ne peut pas sentir le doux parfum de mon eau de toilette que j’ai mis exprès pour agacer ses sens inexistants. Il verra que mon parfum stimule les passants, il saura que les hommes se retournent sur cette odeur divine, mais jamais une molécule n’en frôlera son nez, qu’il soit pointu ou en trompette n’y changera rien.


Je sors donc de ma chambre, puis de mon appartement. La ville est à mes pieds, déjà une boutique se profile tout près. C’est l’avantage de vivre dans un quartier commercial. Je flâne donc de boutique en boutique, sans rien chercher en particulier. Il est là, il attend de voir ce que je vais faire. Qu’est-ce qu’il aimerait que je fasse ?


Je passe devant une boutique de lingerie. L’envie me prend soudain d’y entrer, histoire de toucher de belles choses, histoire de me faire croire un instant que je peux être la femme la plus désirable du monde dans une nuisette qui voile à peine mon corps. Mais, comble de malheur, il n’y a que des ensembles trop sages dans ce magasin. J’aurais bien essayé un ou deux morceaux, mais rien ne me plaît. Je suis peut-être difficile, mais c’est comme ça. Je ne suis même pas entrée, je n’ai pas vu la vendeuse qui me regardait, m’aurait-elle intéressée de toute façon ?


Je reprends ma promenade d’un pas agile, en faisant claquer mes talons bas sur le trottoir. Il n’y a pas beaucoup de monde en ce lundi matin. C’est la journée que je préfère. Il y a comme un air de renouveau mêlé au dégoût de la semaine qui commence, les gens sont comme à moitié endormis, à moitié guillerets. Rien à voir avec le samedi matin par exemple.


Une autre boutique attire mon attention. Je crois qu’il s’impatiente. Il voudrait que je fasse des folies, que je me lance dans un strip-tease conventionnel derrière un rideau de salle d’essayage qui ferme mal. Mais je veux plus que ça. Je veux un vrai plaisir des sens. Je n’ai pas envie de simplement m’exhiber ce matin. Je préfère donc le faire languir.


Je trouve finalement quelque chose qui pourra satisfaire mes envies simples de cette chaude matinée de juillet. Il s’agit d’un petit café-terrasse. J’y achète vite de quoi me combler, c’est-à-dire un de ces café moussé glacé à saveur de noisette, accompagné d’un croissant chocolat. Je sens qu’il manifeste un certain intérêt à me voir discuter un peu avec le serveur, mais il restera sur sa faim puisque celui-ci est en l’occurrence gay. Je le sais, c’est le cousin d’un ami de mon frère.


Je prends place sur une chaise sous un arbre. Je prends bien soin d’avoir la tête à l’ombre, mais les jambes au soleil. Les feuilles de l’arbre forment un délicieux pochoir sur mes mollets, sur mes genoux et sur le bas de mes cuisses, maintenant que j’ai légèrement relevé le bas de ma robe pour profiter de la douce chaleur de l’astre du jour.


L’avantage avec un croissant au chocolat, c’est qu’il reste toujours un peu de chocolat sur les doigts après l’avoir mangé. C’est fait exprès. J’aime me lécher longuement les doigts en regardant dans le vide, comme si personne ne pouvait me voir. J’aime imaginer que mon corps entier serait enduit de cette délicieuse mixture et qu’un amant attentionné me nettoierait de fond en comble. Mais un tel amant ne s’est pas encore présenté. Cet inconnu qui m’observe depuis tout à l’heure serait-il du genre à avoir de telles attentions, serait-il assez patient ? Je me plais à le penser.


D’ailleurs, il me semble que je commence à sentir son regard plus appuyé sur moi. Il a dû se cacher quelque part, disons à la table à moitié derrière l’arbre, juste en bonne position pour regarder mes jambes. Alors il doit voir parfaitement le jeu d’ombre et de lumière qui anime ma peau. Il doit se délecter à la vue de ma bouche encore tachée du chocolat que je ne me lasse pas de faire durer. Il doit avoir sursauté lorsque, il y a un instant, une goutte brune est venue s’étaler sur la courbe de mon sein, heureusement recouvert d’un décent morceau de tissu. Il doit en ce moment même rêver d’approcher sa serviette de ma poitrine, dans le but très honorable de nettoyer l’inadmissible. Mais il n’est pas question que je le laisse m’approcher pour l’instant. Je ne le connais pas assez pour cela. Je ne l’ai même jamais vu. Qui serait-il pour s’immiscer aussi rapidement dans ma vie ?


Je fais donc semblant d’ignorer la tache révélatrice de mon péché de gourmandise et je me relève après avoir payé mon goûter avec un grand sourire au serveur qui est toujours gai.


Mue d’une impulsion soudaine, comme toujours, je presse le pas pour retourner chez moi. Quelqu’un, un jour, a dit que le chocolat est aphrodisiaque et il a bien raison. Je me sens des envies de sexe, le bas-ventre m’élance en douces contactions, annonciatrices d’un plaisir grandiose.


Je me dépêche, mais pas trop quand même. Je sais qu’il me suit. Je sais qu’il prend plaisir à voir ma jupe se soulever au rythme de mes pas. Il espère apercevoir une petite culotte, mais je n’ai pas l’habitude de m’exhiber dans la rue au premier inconnu venu. Je préfère faire longuement connaissance et ensuite m’effeuiller dans les règles de l’art devant un spectateur averti. Je n’aime pas le regard lubrique de l’homme qui a trop vu de porno et s’imagine que la réalité pourrait ressembler à un film avec assez de X pour boucher chaque orifice de mon corps. J’aime être regardée avec tendresse. J’aime que ce regard n’oublie aucune parcelle de mon corps. J’aime que ce regard se fasse neuf à chaque fois, qu’il redécouvre chaque courbe cent fois vue.


Ce n’est donc pas ce vulgaire inconnu qui suit mes allées et venues depuis tout à l’heure qui va m’exciter. À moins qu’il ne soit pas vulgaire. Et qu’il soit beau. Et surtout qu’il sente bon. Mais c’est certain que s’il ne peut pas respirer mon odeur, je peux encore moins me rassasier de la sienne. Le monde est ainsi fait.


Je monte l’escalier qui mène à mon appartement à toute vitesse. Il est juste derrière moi, il tente de regarder sous ma jupe, il voudrait se faufiler jusqu’à mon intimité. Mais je suis plus rapide que lui. Déjà j’ai tourné la clé dans la serrure et il peine à monter les quelques marques qui restent. Serait-il plus âgé que je l’avais imaginé ?


Je referme à double-tour et je me précipite dans ma chambre. Je ne peux pas me cacher, évidemment. Je sais qu’il est là, quelque part, en train de m’épier. Il ne me quitte pas du regard. Il veut tout savoir de moi. Il veut voler tous mes moments de plaisir. Il veut participer. Mais je l’en empêcherai, comme d’habitude. Je ne suis pas encore prête pour ce genre de rapports. Je ne veux que m’exhiber un peu. Je veux qu’il me voit. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il ne voit que ce que je veux bien lui montrer. Il s’imagine certainement qu’il peut soulever un coin par-ci, me pousser un peu par-là, m’inciter à une quelconque débauche. Mais ce n’est pas le cas. Il n’a aucun pouvoir sur moi. Je suis une femme à part entière.


Mais par contre, je suis libre de décider des petits cadeaux que je veux lui offrir. En ce moment, par exemple, je lui permettrais bien de me regarder me masturber. Il n’en serait que plus excité et en redemanderait. Il voudrait encore me suivre et connaître mes prochaines aventures. Mais patience, tout vient à point à qui sait attendre.


Je me couche sur mon lit, je relève ma robe sur mon ventre, je fais rapidement glisser ma culotte sur mes cuisses, puis d’un geste d’habituée, je la projette hors du lit à l’aide de mon pied gauche. Oh, quel dommage, il n’est pas bien positionné pour apercevoir mon sexe. J’ai placé ma main gauche très habilement sur ma vulve et il ne peut absolument rien voir. Pour un peu, je l’entendrais soupirer ou même gémir. Peut-être que s’il baissait son pantalon et qu’il commençait à se toucher, je pourrais me montrer plus complaisante.


Il me semble avoir entendu un bruit, je suppose que c’est le froissement d’un pantalon. Je retire doucement ma main et dévoile un sexe à la fourrure joliment taillée. Les lèvres sont mises en valeur par des poils d’un brun sombre, tellement doux sous mes doigts. Ma main droite se met alors à l’œuvre et s’approche de cet antre déjà luisant de désir. Je ferme les yeux alors que mon index frôle mon bouton de plaisir. Un gémissement s’échappe de ma gorge et ma tête part en arrière. Mon doigt s’active dans cet univers mouillé, il fouille, il tourne, il gratte, il presse, il pince, il titille, mon doigt si agile, si expérimenté. Je n’entends aucun bruit, seulement le clapotis de moins en moins discret de ma main sur ma vulve en feu.


J’aurai voulu entendre l’inconnu de tout à l’heure se masturber. J’aurais voulu avoir un indice de sa présence. J’aurais voulu savoir s’il aime le spectacle, s’il me désire, abandonnée au plaisir sur ce lit. Mais je n’entends rien. Je suis un peu frustrée. Depuis tout à l’heure, depuis que j’ai enfilé cette robe qui remonte maintenant jusque sur mes seins, je fais tout pour le séduire, pour l’attirer, pour le maintenir en état d’excitation. Et lorsque je crois que le bon moment est venu, aucun signe ne vient me dire qu’il apprécie ce qu’il a vu et ce qu’il continue à voir.


Mon index, un peu paresseux, se fait aider par son voisin et c’est avec ces deux aides précieuses que je sens le plaisir monter dans mon corps. C’est comme une vague qui vient de loin, de très loin et qui voudrait me submerger. Mais je décide d’attendre un peu. Je ralentis le rythme. Juste par jeu, je rajuste ma robe et je me redresse sur le lit, en gémissant d’un trop-plein de désir qui n’attend que sa résolution. J’ouvre les yeux et je regarde l’horloge. Seulement cinq minutes ont passé depuis que j’ai commencé à me caresser. J’ai encore le temps.


Ma main colle maintenant le tissu fin de ma robe sur mon sexe. Je m’essuie littéralement avec les petites fleurs bleues. Une odeur de cyprine envahit la pièce. Mes yeux se referment un peu malgré moi. Je m’abandonne à la volupté de la situation. Mes mains parcourent mon corps par-dessus mes vêtements. Mes seins se font douloureux lorsque je les caresse. Je les presse fort, je gémis encore plus fort. Je n’en peux plus. J’ai envie de jouir.


Je me déshabille au complet pour faciliter le passage des mes mains de plus en plus baladeuses. Ma peau n’attendait que cela et c’est mon corps en entier qui s’arque de bonheur à chaque instant. Je laisse donc mes doigts reprendre le chemin connu du bonheur. Tandis qu’ils glissent doucement dans leur fourreau naturel, j’entends enfin un bruit caractéristique de masturbation masculine. Et je souris, béatement heureuse. Mon inconnu voyeur a enfin réagi à ma provocation. Mes doigts n’en sont que plus précis et rapides. La jouissance tant espérée ne se fait pas attendre et j’atteins mon petit paradis en pressant fortement ma main sur tout mon sexe, comme pour l’emprisonner tout au long des contractions qui l’animent.


J’ai la satisfaction supplémentaire d’entendre l’homme jouir et je peux presque sentir une giclée de son sperme projetée sur mon ventre qui s’agite encore de multiples soubresauts. Mais ce n’est bien sûr que mon imagination. Je ne peux pas le toucher, il ne peut pas jouir sur moi. Mais au moins, il a joui, de cela je suis certaine, je n’ai pas rêvé.


Rien, non, rien n’est plus satisfaisant pour une héroïne de nouvelle érotique, comme moi, que de savoir que son lecteur a réussi à jouir grâce à elle. Et cela, je ne l’oublierai jamais.