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Temps de lecture estimé : 13 mn
18/03/07
Résumé:  Alors que la paranoïa gagne Ben, le danger rôde. Il faut terminer ce qui doit être terminé.
Critères:  #fantastique fh couple amour cunnilingu pénétratio
Auteur : Dr Lamb      Envoi mini-message

Série : Les enfants de la nuit

Chapitre 02 / 09
Intrusion nocturne

28 juillet 1998



Il avait peur. Il était assis en face de Laurence, et malgré toutes les épreuves qu’ils avaient affrontées ensemble, il avait encore peur de son « ami ».



Kleyner sentait des gouttes de sueur lui couler sur le visage.



Il regretta immédiatement d’avoir haussé le ton. Laurence ne répondit rien. Il s’enfonça dans son fauteuil en cuir et toisa son ami de son regard bleu pénétrant.



Laurence était devenu arrogant avec les années. Kleyner, lui, était resté le même, peureux, angoissé, trouillard. Laurence se leva de son fauteuil et traversa la pièce pour se poster à la fenêtre. Son reflet n’y apparut pas.



Ce n’était pas une demande, mais un ordre. Kleyner se leva et s’inclina devant son ami.



Comment allait-il faire pour retrouver ce gosse ? Il n’en savait rien. Tout ce qu’il voulait, c’était sortir de cette pièce et s’éloigner de l’inquiétant Laurence. L’air frais de la soirée lui fit du bien. Il regarda les automobilistes qui défilaient dans la rue. Jadis, il avait été comme eux. Il ferma les yeux pour chasser ces souvenirs si douloureux. Il avait faim. Il sentait déjà son organisme réclamer à cor et à cri du sang frais. Il n’avait pas le choix. Il fallait retourner au stade.




29 Juillet 1998



Amel haussa les sourcils.



Nouria secoua la tête et posa sa tasse de thé sur la petite table basse.



Celle-ci secoua la tête. Elle n’aimait pas Ben, mais pour sa sœur, autant se montrer compatissante.



Par la fenêtre ouverte du salon, les rires des gosses, les rebonds des ballons de foot, les cris indiquaient que dehors, la vie continuait.



Elle venait d’exprimer la crainte majeure de sa petite sœur.



Amel ne répondit pas et détourna le sujet :



Déprimée, elle se leva. Amel fit de même.



Amel prit sa sœur dans ses bras.



Nouria ne répondit pas. Elle avait envie de pleurer plus qu’autre chose.



Amel ressemblait à sa sœur, bien qu’elle soit plus grande, avec un corps plus développé, de longs cheveux bruns et raides. Elles avaient le même visage, la même couleur de peau, les mêmes yeux. De pures beautés. Si Nouria était douce et réservée, Amel était pour sa part extravertie et libérée.



Nouria hocha la tête.



Amel enfila sa veste et prit son sac à main.



Avant de se quitter, en bas dans la rue, Nouria fit une bise à sa sœur.



Elle regarda Amel s’éloigner, toujours inquiète de ce qui pouvait lui arriver. Jeune, elle s’inquiétait pour sa sœur, de la voir faire n’importe quoi, et aujourd’hui ce sentiment perdurait. Amel était si belle, et le monde si violent… En grimpant dans sa voiture, elle consulta son portable et vit que Ben lui avait envoyé un texto : J’arrive pas à bosser. Je vais rentrer avant la nuit.



Elle attendit de se calmer avant de démarrer la voiture.






Celui-ci lui fit un geste évasif de la main, sans lever les yeux de son pc.



Je traversai les bureaux, saluant au passage quelques collègues que je n’avais pas encore vus. Dehors, il faisait beau. Le soleil brillait.

Les toilettes du bureau étaient toujours propres, sentaient toujours le désinfectant. Les quatre cabines étaient des modèles de propreté. La femme d’entretien ne blaguait pas. Je laissai la porte se refermer derrière moi et me dirigeai vers un des urinaux, me regardant au passage dans le grand miroir. J’avais des cernes monstrueux sous les yeux. Je cessai de penser en me soulageant, les yeux clos, songeant à mes derniers rendez-vous. Encore deux et je pars. À dix-huit heures ? Le soleil serait encore levé.



C’est en me lavant les mains que je remarquai que l’une des cabines était fermée. Et qu’il y avait deux paires de chaussures qui apparaissaient. Je restai là, à fixer la cabine, les quatre pieds immobiles. Pas un bruit. Puis :



Je laissai l’eau couler et me retournai lentement. Que se passait-il là-dedans ?



Je fis un pas avec prudence. Et soudain, l’un des pieds se souleva du sol. Des chaussures d’homme. Et une paire de talons aiguilles. Un couple en action. Et si c’était autre chose ?


« Mais arrête » me sermonnai-je.


Je m’approchai peu à peu de la cabine close en fouillant dans ma poche pour me saisir du crucifix. Les gémissements étaient étouffés. Les gémissements d’une femme proche du plaisir… ou alors ceux d’un vampire se régalant ?


« Je suis bon pour l’asile. »


Je portai une main à mon pansement, sur le cou. Je m’étais fait mordre. Par un dingue. Pas par un vampire. Les vampires n’existent pas. Je poussai un cri et ouvris brutalement la porte de la cabine en brandissant mon crucifix.




L’appartement était silencieux. Lasse, Nouria jeta son sac à main sur le canapé. Elle avait demandé à son patron de la remplacer exceptionnellement ce soir. Elle ne se sentait vraiment pas d’humeur à travailler. Elle travaillait sans se plaindre, et bien ; son patron ne lui fit aucun reproche et la rassura. Elle se déshabilla et prit une longue douche chaude qui lui fit du bien. Elle avait hâte que Ben rentre. Qu’il soit prés d’elle, dans ses bras, qu’elle puisse le rassurer, le motiver à aller consulter quelqu’un.

En s’essuyant, elle s’attarda sur son corps. S’essuya doucement les seins, avec lenteur, imagina la bouche de Ben embrasser les pointes sensibles. Elle imagina les mains de son amant courir sur son corps, dans son dos, sur ses cuisses et ses fesses. Elle s’imagina dans ses bras, elle imagina son sexe en elle. Nouria retourna dans le salon, nue, encore humide et excitée, et s’empara de son portable.




Le couple poussa un cri. L’homme reposa la jeune femme au sol et renfila son pantalon.



Je reculai vivement en bafouillant.



Il sortit de la cabine, son froc à ses pieds, et me saisit par le col de mon t-shirt. Ses yeux étaient exorbités. Il était brun, les cheveux courts, les yeux marrons. Il me disait quelque chose. Il s’appelait Francis quelque chose et bossait en comptabilité. La fille ne me disait rien.



Je me cognai le dos contre le lavabo. Avant de ne pouvoir me justifier, je vis son poing fermé qui se précipitait vers mon visage.





Je fermai les yeux, la mâchoire encore douloureuse. L’air frais du soir me faisait un peu de bien, apaisait mon visage en feu.



Inutile de la soucier davantage.



Je rangeai mon portable dans la poche de ma veste. Il y avait quelque chose dans sa phrase qui m’indiquait que la soirée serait bonne.




Kleyner se mit à genoux et renifla l’herbe. Du sang. Du sang.

Il se redressa et vérifia que personne ne l’observait. Le stade était désert. Il était vingt-trois heures cinquante, après tout. À part des insomniaques, il ne risquait pas de croiser quelqu’un. Il renifla l’herbe de nouveau. Des humains étaient passés par-là. Et le sang… Il reconnut l’odeur du garçon. Il saliva en se rappelant la chaleur de son corps, de son sang, le goût épais dans sa bouche. Kleyner se redressa. Il savait désormais où aller.

Quelques secondes plus tard, un énorme oiseau noir volait au-dessus de la cité.




Lorsque Nouria vint m’ouvrir la porte, j’en restai comme deux ronds de flan. Elle portait un soutien-gorge, une culotte en résille à moitié transparente et un porte-jarretelles. Elle me fit un sourire en coin en voyant ma tête.



Je refermai la porte et l’attirai à moi.



Elle ne répondit pas et approcha son visage du mien.



Un frisson me parcourut l’échine. Elle ouvrit les lèvres et je glissai ma langue entre elles. Un délicieux effluve de parfum me montait au nez.



Elle se dirigea vers la salle de bains. J’en profitai pour fermer la porte à double-tour, et m’empressai de déboutonner ma veste.




Kleyner examina les boîtes aux lettres du hall de l’immeuble. Tant d’odeurs ! Cela lui donnait le tournis. Sa bouche sèche exigeait du sang. Il renifla les boîtes aux lettres. Tant d’odeurs humaines ensemble… Il ferma les yeux, se concentra. Dehors, la nuit était tombée depuis belle lurette. La lune, pleine et ronde, dominait la nuit.




Je me glissai avec bonheur dans l’eau chaude du bain, tout en regardant Nouria se déshabiller à son tour, avec lenteur et sensualité. Elle ôta son soutien-gorge. Avec intérêt, j’observai sa poitrine, où les pointes de ses seins étaient érigées. Elle fit glisser sa culotte le long de ses cuisses, lentement, sans cesser de me regarder.



Sa peau basanée et parfaite m’excitait au plus haut point.



Elle se glissa dans l’eau telle une sirène. Je la pris dans mes bras et l’embrassai longuement. Posant ses mains sur mon torse, elle me repoussa délicatement, m’indiquant que je devais me laisser faire. Elle mit sa main sous l’eau et me caressa voluptueusement.



Elle se souleva légèrement et m’enfonça en elle. Je poussai un cri de plaisir, les yeux clos, en sentant mon sexe entrer en elle, dans cette moiteur brûlante et délicieuse. Elle commença a se déhancher, les muscles tendus, les lèvres serrées.



Ses mains couraient sur mon torse. La chaleur parcourait tout mon sexe, et le rythme lent qu’elle donnait à la pénétration me faisait frémir. Elle montait et descendait littéralement sur moi. Je lui donnai un coup de rein et elle gémit.



Je recommençai. Plus rapidement à chaque fois. Elle s’accrocha au rebord de la baignoire.





Appartement 207.

Kleyner s’arrêta devant la porte. Il était là. Il sentait l’odeur du garçon. Une autre odeur aussi. Le couloir était désert. Lentement, il ferma les yeux, sentant des fourmillements lui parcourir le corps. Il ouvrit la bouche, alors que ses canines s’allongeaient. La transformation commençait.

Du sang. Du sang. Manger.




Elle se pencha en s’appuyant au rebord de la baignoire. J’embrassai son sexe brûlant et parcourus les lèvres du bout de la langue, tout en lui caressant les seins. Elle poussa un cri de plaisir lorsque je glissai ma langue sur ses fesses. J’aimais son corps. Tout son corps me rendait dingue. Longuement, je lui léchai les fesses, en glissant deux doigts dans son sexe humide et brûlant.



Je me redressai et l’attrapai par les hanches. Je fis courir mon gland sur son sexe avant de la pénétrer rapidement, par coups secs.




Il entendit un bruit sourd dés qu’il fut de l’autre côté de la porte. Il faisait l’amour. Probablement avec sa femme. Il entendait les cris aigus et les gémissements d’ici. Combien d’années s’étaient écoulées depuis sa dernière relation sexuelle ? Kleyner en aurait hurlé de douleur. Peut-être bien soixante ou soixante-cinq ans. Kleyner resta immobile, même si sa faim le poussait à avancer vers les proies. Il ne fallait pas se précipiter.





Je la projetai de nouveau contre le mur, alors qu’elle nouait ses jambes autour de ma taille. C’était la première fois qu’on essayait cette position. C’était bon, mais épuisant. Je la portais et lui faisais l’amour debout, contre la porte de la salle de bains.




Kleyner flottait à quelques centimètres du sol, presque en transe. Le sang. Le sang. Plus prés. Plus prés.




Je m’étais agenouillé, la tête entre ses cuisses ouvertes en grand. Je n’avais plus conscience du temps qui passait. Seul nos deux corps nus existaient désormais. J’enfonçai ma langue en elle, goûtant son sexe, buvant sa cyprine, me régalant de toute sa féminité, l’écoutant gémir, crier parfois, sentant la sueur couler des pores de sa peau.



Elle avait les yeux rivés sur moi, me caressa le visage ; j’interrompis mes caresses pour lui lécher le creux des cuisses.



J’embrassai son sexe à pleine bouche.



Elle poussa brusquement un hurlement et se rejeta en arrière.



Incrédule, je me retournai juste au moment où mon agresseur fonçait sur moi - pour la deuxième fois.



Je repoussai Nouria dans la baignoire pour la protéger. Elle se cogna la tête contre le mur. Il fondit sur moi et me saisit à la gorge. Ses yeux étincelaient. SA BOUCHE !!! Oh seigneur ! Les dents qu’il avait ! Longues, de vraies canines de vampire ! Je ne perdis pas de temps à mettre en doute ce que mes yeux voyaient. Perdre du temps, c’était mourir.



J’enfonçai mon pouce dans l’œil droit de l’agresseur (du vampire). Il me lâcha et recula en criant. Je me jetai sur lui et le propulsai dans le couloir. Il nous fallait fuir. Je n’avais pas de quoi le tuer sous la main.

Nouria sortit de la baignoire, nue, terrifiée, les yeux exorbités.



Au moment où elle enjambait le vampire, il se redressa et la saisit au pied. Elle hurla et trébucha, mais j’eus le temps de lui expédier mon pied dans le visage. Quelque chose craqua.



Je la poussai dans le couloir.



Elle se précipita dans la cuisine et s’empara de sa veste.



J’ouvris la porte d’entrée, et au moment même, mon agresseur se matérialisa devant moi, poussant un cri de rage qui ressemblait à un feulement de chat. Avant qu’il ne puisse agir, je lui envoyai mon pied dans l’estomac. Il tenta de se retenir mais chuta en arrière. Je sautai par-dessus lui, entraînant Nouria avec moi.



Nous traversâmes le couloir en courant. Mon cœur battait à tout rompre. Ce n’était pas possible !! Je sonnai à toutes les portes que je pus en hurlant au secours. La porte de l’escalier de secours était ouverte. Dieu Merci. Je dévalai les marches, la main de Nouria dans la mienne. Elle sanglotait de terreur.





Kleyner se releva. Il ne ressentait aucune douleur, mais ne voyait plus d’un œil. Misérables Humains. Ils ne pouvaient pas lui échapper. Mais la proie était déchaînée. Il courait le risque de se faire repérer, que quelqu’un assiste à la scène. Il ne savait plus quoi faire.





Nouria enfila la veste sur son corps nu. La cité était comme abandonnée ; seules quelques lumières ici et là donnaient vie aux immeubles. Je n’en pouvais plus. J’avais pourtant l’habitude de courir, mais là… Je m’écrasai contre la voiture, à bout de souffle. Nouria fit le tour et tira les clés de sa poche. C’était pour ça qu’elle avait prit le temps de récupérer sa veste ! Elle ouvrit la portière hâtivement. Je risquai un coup d’œil derrière nous.

Rien.



Elle claqua la portière et m’ouvrit la porte côté passager avant.

Je m’engouffrai dans la voiture alors qu’elle démarrait.





Posté sur le toit, Kleyner les vit s’enfuir en voiture. Il ne perdit pas le temps et commença la transformation.




Nouria déboula dans la rue vide, à une vitesse folle. Ses mains tremblaient et je priais pour qu’elle ne nous envoie pas dans le décor. Je bouclai ma ceinture en regardant derrière. Rien. Personne ne nous courait après.



Je grelottai de froid. Mon corps nu était tout endolori. Nouria, nue sous sa veste, semblait possédée. Elle si prudente au volant, elle conduisait à présent comme une malade.



Je lui posai une main sur sa cuisse nue et brûlante.



Elle ne m’écoutait pas. Ses lèvres tremblaient.



Alors que la voiture filait comme une fusée, je souhaitais que ce soit le cas. Mais lorsque je levai les yeux sur le rétroviseur et que je vis mon pansement, je cessai toute prière.




( À suivre)