| n° 11206 | Fiche technique | 35338 caractères | 35338Temps de lecture estimé : 21 mn | 03/03/07 |
| Résumé: Sous le soleil de Corse, un jeune homme découvre les joies de la chair avec une partenaire inattendue. | ||||
| Critères: fh fplusag extracon grosseins vacances cérébral voir intermast pénétratio init | ||||
| Auteur : Maegwïn (La rêverie est plus douce que le réel) Envoi mini-message | ||||
C’était l’été, j’avais 18 ans, je venais d’avoir mon bac, et je me la coulais douce. Que dire de ma vie ? Banale : je sortais avec mes copains, on allait parfois au cinéma (rarement), on glandait dans un café près du port à jouer aux cartes (parfois) ou à parler des filles (souvent). Rien de bien intéressant quand j’y repense. Vu que nous étions en Corse et qu’il n’y a pas grand-chose à faire, nous allions à la plage aussi, de temps en temps. Comme des filles nous accompagnaient à cette occasion, elles pouvaient me voir en maillot, ce qui me gênait la plupart du temps, vu que je me trouvais un physique de gringalet. On a beau se dire que c’est toujours mieux que d’avoir 30 kilos de trop, on est complexé tout de même. Mais d’un autre côté, moi aussi je pouvais les voir en maillot et certaines étaient fort plaisantes à regarder. Leurs seins mis en valeur par leur deux-pièces, lesquels laissaient découvertes des tailles fines, des maillots moulants galbant leurs fesses et couvrant leur sexe… si proche à un bout de tissu près… Mais elles n’étaient pas pour moi. Trop belles, trop désirables, trop sûres d’elles (et de leurs charmes). Bref, trop intimidantes pour un petit mec timide et incapable de draguer. Comme en plus je nage mal et que j’ai le vertige de sauter dans l’eau du haut des rochers, je n’étais pas pris au sérieux.
Les autres en revanche ne se privaient pas. Car il faut dire que ça draguait sévèrement dans ce milieu ! Comme je ne sortais pas avec les filles et que j’avais tout juste connu les chastes bisous-bisous du collège avec des (pardon) une fille, tout le monde se foutait de ma gueule. Je vous jure, ce n’est pas facile d’être le petit-gringalet-binoclard-coincé de service, au milieu d’une bande de dragueurs machos.
Philippe, le meneur du groupe, sortait avec des filles, lui, il accumulait les conquêtes, draguait, larguait, avec une facilité et un irrespect à l’égard de ces déesses, qui me révoltaient. Certes, il ne les baisait pas (je n’ose employer le terme « faire l’amour », ça n’entrait pas dans leur vocabulaire), mais il racontait avec délectation et mépris – lui, et aussi les autres gars – la façon dont il les avait emballées, les séances de pelotage dans sa voiture et jusqu’à la pipe que l’une d’elle lui avait prodiguée une fois (épisode qui revenait souvent, à défaut d’autre chose à raconter). Et naturellement, il était le premier à se moquer de moi, de mon inexpérience et de mon incapacité à aborder une fille. En fait, je crois que j’ai toujours détesté ce type. Mais je ne suis pas là pour parler de lui.
On peut se demander ce que je faisais dans une telle bande qui était assez loin de ma propre façon de fonctionner. Je connaissais Philippe car il était le fils de la meilleure amie de ma mère, Mireille. Je la connaissais plutôt bien, elle avait donné des cours de peinture dans mon école et elle était toujours gaie, enjouée, avec un franc-parler impressionnant. Beaucoup moins guindée que ma propre mère. Et plus jeune aussi, ayant eu Philippe assez tôt, elle avait à présent presque 40 ans. Je l’aimais bien, elle se comportait toujours un peu comme une copine avec les « jeunes », racontant parfois même quelques blagues salées. Et elle était plutôt jolie quand j’y repense, blonde (fausse, mais blonde quand même), les cheveux coupés au carré, une peau bronzée, un petit nez retroussé, une taille fine. Elle avait raconté à ma mère que ses seins n’avaient pas dégrossi après qu’elle ait été enceinte et qu’elle réussissait le « test du crayon » (vous mettez un crayon sous le sein, si le crayon ne tombe pas ça veut dire que vous ne pouvez pas enlever le haut sur la plage. Ça m’a toujours paru bizarre.) Ma mère m’avait raconté ça, résultat, j’étais fasciné par cette poitrine. Mais là encore, ce n’était pas une femme pour moi. Déjà le terme : c’était une femme, les autres étaient des filles. Et puis c’était la mère de mon pote, c’était autre chose, un autre monde, en fait, je ne pensais même pas à elle. Simplement, il me venait parfois à l’esprit que j’aimerais bien voir ses seins, juste comme ça par curiosité, alors que je n’ai jamais fantasmé sur les poitrines opulentes.
Par ailleurs, Mireille ne me semblait pas être une femme heureuse, malgré sa gaieté apparente. Elle ne s’épanouissait pas dans son travail, et sa vie personnelle, d’après ce que me racontait ma mère, était minable. En fait, son mari était impuissant (ça arrive). C’est dingue le nombre de choses que ma mère me racontait, maintenant que j’y pense. À croire qu’elle me prenait pour une bonne copine. Mireille, quant à elle, se morfondait, refusait de le quitter à cause de Philippe et finalement n’en pouvait plus. Je la plaignais, mais ça ne me concernait pas.
Nous étions à présent vers le milieu du mois d’août. La canicule battait son plein, les touristes affluaient se rafraîchir sur les plages, et Philippe eut l’excellente idée d’organiser une partie de foot entre copains. J’hésitai.
Il se foutait de ma gueule. C’était habituel, mais ça m’énervait.
Je ne sais pas dire non.
Cela dit d’un ton désinvolte et exaspéré, pour bien leur faire comprendre que je venais à contrecœur. Me voilà donc en train de descendre du village, t-shirt, short, baskets, à pied jusqu’à la ville, pour ensuite traverser tout Bastia jusqu’à l’appartement où vit la famille de Philippe, tout ça sous un soleil de plomb. J’étais parti en retard, ce qui était une bonne méthode pour passer moins de temps avec eux, sans pour autant avoir l’air de les snober. Quand j’arrivai enfin, j’étais tout en sueur, le souffle manquant, et déjà fatigué avant même d’avoir commencé le sport. Passé la dernière épreuve, monter un étage d’escalier jusqu’à l’appartement, je marquai un temps de pause, avant de frapper à la porte. C’est le visage de Mireille qui apparut quand la porte s’ouvrit. Tant mieux.
J’entrai, on se fit la bise, tout était normal, ses mains vinrent se poser sur mes épaules. Elle m’expliqua que Philippe et la bande ne m’avaient pas attendu, ne sachant pas si je viendrais ou non. (Alors que je leur avais dit. Sympa les copains.) J’étais vexé, mais pas déçu pour autant.
Elle m’offrit un verre de jus d’orange et nous allâmes nous installer sur le balcon, chacun sur une chaise. Nous sirotions nos verres calmement, elle feuilleta un magazine quelques instants avant de le reposer. Elle me regarda bizarrement, avec un petit sourire, avant de détourner la tête, l’air un peu triste.
La conversation passa sur les autres qui avaient la fâcheuse tendance à se moquer de moi, et de là aux raisons de leurs moqueries, à savoir mes difficultés avec la gent féminine. Elle m’écoutait, tentait de me rassurer, de me donner des conseils. Elle se montrait très compréhensive, et semblait sincèrement touchée.
Alors je lui racontai encore, mes complexes, mon acné – qui commençait à bien disparaître d’ailleurs, quand j’y repense – mon corps pas vraiment athlétique. Durant tout ce temps, elle me regardait en souriant, et secouait la tête.
Elle s’était un peu rapprochée de moi, légèrement penchée en avant. Mon regard tentait de se détacher de sa poitrine, qui déformait fortement son chemisier et apparaissait par l’échancrure. Mais bon, jusqu’ici tout était normal, c’était une adulte qui faisait un compliment à un ado attardé, rien d’autre.
Elle avait encore rapproché sa chaise. Ça voulait dire quoi, cette phrase ? Et pourquoi sa main venait-elle me caresser la joue ? Je m’écartai, je n’aimais pas qu’on me caresse comme un chiot ou un petit enfant. Elle retira sa main, l’air un peu résignée.
J’avais juste essayé de changer de conversation, du genre « qu’est-ce qu’il fait en ce moment ? » Elle s’adossa à nouveau à sa chaise, et émit un petit rire complice avant de dire d’un ton détaché :
Je marquai un temps d’arrêt. Je savais qu’elle parlait toujours franchement, mais pas à ce point. De plus, j’avais l’impression d’avoir commis une gaffe. Le pire c’est que je le savais, toujours est-il que je ne m’attendais pas à ce que Mireille vienne me parler à moi de sa vie sexuelle.
J’étais encore un peu gêné de parler de ça, alors je me contentai de répéter ce que ma mère disait en privé.
J’avais dit ça innocemment, sans réfléchir. Elle me fit un grand sourire.
Le ton évoquait la coquetterie, mais était aussi un peu provocant. Elle se rapprocha de moi à nouveau, et l’air de rien dégrafa un bouton de son chemisier.
Je faillis ajouter « pour ton âge ». Dieu merci, je ne commis pas cette gaffe. Je ne sais pas ce qui se serait passé sinon. Ou plutôt, je sais ce qui ne se serait pas passé. Enfin probablement. Mes yeux ne pouvaient plus se détacher de ses seins. Tiens ? Elle ne semblait pas porter de soutien-gorge… Normal, il faisait chaud, ça devait la gêner… enfin je dis ça, je n’y connaissais rien ! En revanche, ce que je connaissais bien, c’était cette sensation à l’entrejambe.
Par rapport à qui ? Encore une drôle de question… Mais c’est vrai qu’elle était belle. Attirante, surtout. Là, j’étais vraiment mal à l’aise. Je m’efforçai de la regarder dans les yeux.
Et merde, elle avait remarqué mon trouble. En même temps, je ne vois pas comment elle aurait pu faire autrement. Sa main se posa sur ma cuisse. Bon sang, mais qu’est-ce qu’il lui prenait, elle était folle ? J’étais rouge, j’avais cette fois une vraie érection, et je n’osais plus faire un geste. Pourvu qu’elle ne voit pas cette bosse sur mon short ! Difficile, vu qu’elle avait les yeux fixés sur elle… Elle me regarda à nouveau, retira sa main, (ouf !) et dégrafa un bouton de plus de son chemisier. J’étais comme hypnotisé. Je n’osais même pas prendre une grande respiration (et pourtant, dieu sait si j’avais besoin d’air), craignant que le moindre mouvement de tissu sur mon sexe ne soit fatal.
C’est arrivé comme ça, sans transition ! C’était possible ça ? Manifestement, elle avait perçu mon regard. Tout ce que je trouvai à faire, ce fut de hocher la tête. En même temps, je n’arrêtais pas de me dire qu’il fallait que je retrouve mes esprits, soit pour que lui dire d’arrêter, que ce n’était pas possible, soit pour m’enhardir un peu. Cette fois-ci, je crois que j’avais compris ce qu’elle voulait. Moi qui me serais damné pour simplement sortir avec une fille, voilà que cette femme accomplie me proposait… ma foi, le maximum qu’on peut décemment proposer ! Parce qu’il était évident qu’une femme comme elle ne se contenterait pas de quelques bisous et pelotage. Il n’en demeurait pas moins que j’étais paralysé quand elle défit rapidement son chemisier pour me dévoiler… une poitrine absolument superbe. Bon, j’avais déjà vu des seins nus, et pas seulement dans des films. Vous pouvez en voir sur des plages de Corse. Les vagues amies que je fréquentais portaient toujours le haut, mais les touristes et les femmes plus âgées hésitaient moins – pas forcément pour le plus grand bonheur, je dois le dire. Mais à cet âge, et compte tenu de mon absence d’expérience, c’était toujours agréable à regarder, sans plus, j’avais fini par être presque blasé.
Mais là, c’était différent. Cette poitrine généreuse, qui ne semblait pourtant pas flasque mais pointait vers l’avant comme deux obus, était là, non pas exhibée sur une plage, mais offerte exprès pour moi ! Ça faisait une sacrée différence… Elle me laissa la contempler un moment, durant lequel je pris le courage de recommencer à respirer. Ça allait mieux. Elle me regardait toujours, un sourire un peu rieur aux lèvres. Je levai timidement la main vers elle et arrêtai mon geste, ayant brusquement l’impression d’aller trop loin. Et si tout cela ne voulait rien dire ? Et si elle se contentait de m’offrir ce petit plaisir des yeux sans vouloir autre chose ? Voilà qui semblait plus réaliste à mon esprit d’alors. Mais elle prit ma main, et tout en me regardant dans les yeux, la posa sur ses seins. Mon érection reprit de plus belle et mon cœur sembla prêt à éclater. Elle fit passer ma main sur l’un de ses seins, lentement, je trouvai sa peau remarquablement douce. Son sourire n’était plus rieur. Elle lâcha enfin ma main, mais je continuai à la caresser, passant de l’un à l’autre, effleurant son téton qui se durcit. Je n’en revenais pas de ce que j’étais en train de faire. Elle me laissa faire, attentive. Un bref instant, je la vis fermer les yeux.
Enfin elle reprit ma main pour l’écarter, et se leva à demi afin de se rapprocher encore de moi. Elle se débarrassa de son chemisier de quelques mouvements d’épaules. Ses mains se posèrent tout près de mon sexe et déboutonnèrent mon short, baissant ma braguette, le tout je dois le dire avec une très grande délicatesse. Je crevais de chaud, et ce n’était pas à cause de la canicule. Je ne sais pas ce qui me prit, comment j’en fus capable à ce moment, mais je l’aidai, soulevant mes fesses pour faire glisser mon short. Mon slip était toujours là, et elle en saisit l’élastique qu’elle écarta largement, pour le baisser sans trop heurter la petite chose sensible qui se cachait en dessous. C’était la première fois qu’une femme voyait mon pénis. J’avais un peu honte. Je la vis faire un petit hochement de tête appréciateur, avant que ses mains ne se posent toutes deux sur mon sexe tendu, qu’elle effleura plus qu’elle ne le saisit. Elle se mit à le caresser, tout doucement.
Mais il ne fallut pas plus de trois allers-retours de ses mains pour que j’éjacule, presque douloureusement, avec force, éclaboussant ses mains. La tension sexuelle se dissipait, et si j’étais toujours rouge, cette fois c’était parce que j’étais mort de honte. Je ne sais pas si elle s’y attendait, je crois qu’elle fut un peu surprise durant un instant.
Elle leva la main, observant un court instant mon sperme, et je crus une seconde qu’elle allait la porter à ses lèvres. J’ai de drôles d’idées parfois.
Mais elle me sourit, émit un petit rire sourd, tira un kleenex de la poche de son short moulant et s’essuya les mains.
Je baissais les yeux, penaud. Elle porta sa main à mon visage, pour me caresser la joue.
Je réussis à sourire, timidement.
Ce dernier mot m’ouvrit de nouveaux horizons. Jusqu’à présent, j’avais gardé en tête l’impression (pas forcément agréable) qu’elle ne faisait cela que pour me faire plaisir, pour m’accorder une faveur, presque par pitié. Et que moi, en déchargeant si vite, je ne m’étais pas montré à la hauteur. Mais non, non seulement ça pouvait continuer, mais en plus elle en avait envie. Incroyable ! Et excitant…
Elle se leva, s’éloigna quelque peu et d’un mouvement rapide, défit son short blanc et le baissa en même temps que sa culotte. Elle était à présent entièrement nue, belle, très belle, désirable. Je n’en revenais pas de ce qui m’arrivait. Se penchant en avant, elle déposa un baiser sur mes lèvres. Je ne savais plus ce que je faisais. Je me levai à mon tour, me débarrassais complètement de mon short et de mon slip, et me rapprochai d’elle. Elle passa ses mains sous mon t-shirt, m’aida à l’enlever, et caressa mon corps que je jugeais malingre.
Ça aurait pu être maladroit – comme quoi les « non-initiés » n’ont pas le monopole de la maladresse – mais en cet instant, je m’en moquais éperdument. Je la serrai dans mes bras – mon dieu ! ses seins qui se pressent contre mon torse ! Et mon sexe… à nouveau en érection… contre le sien… Je penchai la tête, l’embrassai à mon tour, nos langues se rencontrèrent, se caressèrent l’une sur l’autre, que m’arrivait-il ? Mais elle s’écarta, baissa la tête et me jeta un regard par en dessous. Elle souriait, mais il y avait comme un soupçon de reproche, elle secoua la tête. Je me sentis le cœur brisé. Peut-être étais-je tombé amoureux sans m’en rendre compte, sans doute avais-je pris le désir pour de l’amour, à présent les choses étaient un peu plus claires. Il me fallait juste les admettre.
Toujours intimidé par la découverte de son corps, je recommençais à l’admirer. Un triangle de poils sombres couvrait son sexe. Ma main prolongea mon regard. Je caressai ses poils timidement, puis de façon plus appuyée, ma main s’engouffrant enfin entre ses cuisses, elle tressaillit. C’était humide, je ne m’y attendais pas, même si à la réflexion je savais déjà à l’époque qu’il devait en être ainsi, par les conversations que l’on peut avoir entre copains (et un bouquin de sexologie offert par ma mère). Je continuai, m’enhardis sans même m’en rendre compte, explorant les muqueuses, et découvris enfin comment c’était en vrai, un clitoris. J’en effleurai le bout de mon pouce, elle ferma fort les yeux.
Je descendis juste un peu plus bas, caressai encore. Je l’entendis pousser un râle assez aigu. Un de mes doigts s’enfonça en elle, puis un autre et je commençai à les bouger à l’intérieur, d’abord pour parcourir son vagin, toujours en exploration, pour voir comment ça faisait, puis voyant ses réactions, pour lui donner du plaisir. Elle renversa sa tête en arrière et m’agrippa par les épaules pour me presser à nouveau contre elle, ma tête entre ses seins. Surpris, j’arrêtai un instant mon mouvement.
Elle haletait.
À vos ordres, maîtresse. Entièrement en son pouvoir, je recommençai, allant plus rapidement, presque apeuré de ce qui m’arrivait. Mes doigts allaient et venaient en elle, imprimaient des mouvements plus variés, tandis que j’essayai de capter ses réactions, décelant ce qu’elle aimait le plus. Enfin elle poussa un cri étouffé, ses doigts se crispant sur moi, son bassin s’agita pour se coller plus encore à moi. Puis elle se détendit et soupira longuement.
Ah bon ! Ça, je ne m’y attendais pas non plus. À la réflexion, je pense qu’à cette époque elle était en manque, et que le moindre contact un peu appuyé lui faisait de l’effet. Ou alors, je suis un super bon coup de façon innée. Au choix.
Ah oui, c’est vrai que ce n’était pas elle, ma petite amie. Je le savais, mais il fallait que je m’y fasse.
Je ne voulais pas m’attarder plus longtemps sur la question. Je voulais préserver ce moment. À présent, j’étais plus décidé. Je voulais aller plus loin, c’était ma seule occasion d’avoir ma première fois. Mais il n’y avait pas que cela. Je voulais être proche d’elle, ne pas me séparer d’elle si vite, de son corps, de son charme, de sa présence. La mère de mon pote était complètement oubliée à présent. Elle n’existait plus. C’était une toute autre femme que j’avais devant moi. Une femme terriblement sexuée, intimidante, et d’un seul coup je ne savais plus si j’y avais droit. Mais il y avait son sourire, et ses yeux, qui m’encourageaient. Elle passa sa main sur mon côté, remonta sur mon épaule, et finalement prit ma main.
Nous quittâmes le balcon en passant par la porte vitrée qu’elle referma derrière moi. L’air frais de la climatisation m’enveloppa agréablement, calmant l’intense chaleur que je ressentais. Mais il en aurait fallu plus pour calmer mes ardeurs. Elle marchait devant moi quand nous traversâmes le salon puis le couloir, ses jolies fesses se déhanchant juste sous mon nez, aucune cellulite, c’était une sportive. Et son sexe à peine visible… Enfin nous entrâmes dans la chambre. Elle me jeta encore un regard en souriant gentiment, et s’allongea sur le lit, sur le côté.
L’ampleur de ce que j’étais sur le point de faire me sauta enfin aux yeux. Mon dépucelage. Jusqu’à présent, vous l’aurez compris, le sexe pour moi appartenait au domaine de la science-fiction. Ce n’était pas moi qui le faisais, ni mes pairs, c’était les autres, les adultes, quand j’étais – quand nous étions – juste de vieux adolescents. Bien sûr, je savais que plus tard dans ma vie, selon toute probabilité, j’aurais fait l’amour, et je le ferais sans doute de temps en temps, mais il ne m’était pas arrivé de le croire concrètement. Et voilà que ça m’arrivait, cette chose qui n’était même pas tant attendue, que je désirais sans y croire !
Je m’allongeai sur le lit à mon tour, à côté d’elle. C’était plus parce que je me disais que c’était ce que j’étais censé faire à ce moment qu’une réelle envie. Mais une fois que je sentis à nouveau sa chaleur près de moi, je ne pus m’empêcher de l’enlacer. Ma main passa sur son dos, descendit, avant de s’arrêter, brusquement peut-être, sur le bas de sa taille.
J’hésitai. Je le fis. Je me mis à caresser ses fesses, douces et fermes, agréables. Elle exécuta un mouvement qui me fit me tourner sur le dos, tandis qu’elle se positionnait au-dessus de moi. Sa poitrine généreuse était toute proche de mon visage, j’étais toujours éberlué de ce qui m’était donné à voir. Et à toucher aussi. Et tellement plus encore.
Ben non, ça je savais ! Mais quand même, ce que je vivais était trop énorme pour moi, en un sens. Mais je n’avais aucune envie d’arrêter. Je me rendis compte que je tremblais un peu.
Elle se mit à califourchon sur moi, son sexe posé sur mon ventre. Humidité encore. Puis elle descendit, ou recula, je sentis la chair de son sexe contre mon gland, et elle vint s’empaler sur ma verge en la guidant avec sa main. Je fermai les yeux, pour me concentrer sur cette nouveauté que je ressentais à cet endroit intime de mon anatomie. Elle était un peu moins étroite que je ne le pensais – peut-être parce qu’elle avait déjà eu un enfant, je ne sais pas. Je l’entendis inspirer brusquement tandis qu’elle exécutait ce mouvement.
Elle se redressa, s’appuyant sur ses coudes, et son bassin commença à s’agiter en rythme. Elle avait fermé les paupières – Pensait-elle à moi ? Fantasmait-elle sur n’importe quoi d’autre ? – et respirait lourdement. Quant à moi, je me remis à caresser ses seins, parfois je rouvrais les yeux, parfois les refermais, suivant que je voulais voir ou ressentir. J’aurais aimé pouvoir faire les deux à la fois. Mes mains descendirent de ses seins pour enlacer sa taille restée fine.
Retrouvant un instant mes esprits, je me mis à mon tour à jouer du bassin, et elle sembla apprécier, car j’entrevis son sourire s’élargir. L’excitation pour moi était à son comble, et – reliquat peut-être d’une éducation féministe – je m’efforçai de tenir, sans savoir comment, de ne pas jouir tout de suite, pour lui laisser le temps de ressentir elle-même son plaisir. Celui que je lui donnais. Lorsque ses gémissements devinrent plus francs, plus explicites, l’extase en moi était tellement magique que j’eus un nouvel orgasme. J’exhalai un râle auquel répondit son propre cri. Ses mains se crispèrent sur mes épaules et elle s’affala sur moi. Elle avait joui de mon propre plaisir.
Je ne saurais dire si tout cela avait duré longtemps. J’aurais voulu que ça dure toujours. Elle se coucha près de moi et émit un long soupir d’aise. Nous sommes restés un long moment l’un à côté de l’autre, elle me caressait doucement le torse, et j’hésitai à l’enlacer encore. Petit à petit, elle redevenait la mère de mon ami.
Je ne savais pas exactement quoi lui dire, mais elle me coupa avant que je trouve les mots.
Elle se redressa à demi, et appuya sa tête sur sa main, son coude posé sur le lit.
Et elle déposa un baiser sur mon front. Elle se leva alors, et sortit de la chambre. Je ne savais pas si je devais la suivre. Je décidai de rester là, pris d’une soudaine pudeur à l’idée qu’elle me voit encore dans mon plus simple appareil. Elle était déjà habillée quand elle revint, et tenait dans ses bras le paquet de mes propres vêtements. Voilà, c’était terminé. La magie retombait. Je me sentais incroyablement fort, et je devais avoir un sourire un peu idiot. Et dans le même temps, j’avais comme une petite tristesse au fond de moi. L’enfance était cette fois définitivement terminée, et puis je savais que rien n’était possible sentimentalement avec Mireille. Il faut avouer que son initiative était tombée à point, car quelques instants plus tard, j’entendis un bruit de clef, suivi de celui d’une porte qui s’ouvre, et finalement un « Maman ? » J’oubliais alors ma pudeur pour me lever d’un bond, et enfiler mes vêtements le plus rapidement que je pouvais.
Philippe se tenait devant la porte entrebâillée, et semblait quelque peu étonné.
Philippe s’éloigna et nous suivîmes son mouvement pour rejoindre le salon. Je craignis un instant qu’il ne s’enquière de ce que je faisais là, mais c’était mal le connaître. Comme d’habitude, il en vint tout naturellement à son sujet de prédilection : lui-même.
Nous y voilà. Comment m’en sortir ?
C’était presque la vérité après tout. En disant ces mots, je ne pus m’empêcher de croiser le regard de Mireille. Elle avait un air un peu amusé. Sans que nous ayons eu besoin d’en parler, les choses étaient claires. Tout ce que nous avions fait devait rester entre nous. Cependant, en regardant Philippe, j’étais pris d’une envie irrésistible de lui envoyer à la figure que ça y était, que j’étais passé de l’état de « puceau » à celui « d’initié », ce qui n’était pas son cas. Mais je me retins, pour quantité de raisons bien sûr. Je me contentai donc de le regarder d’un air hautain qu’il ne sembla pas comprendre.
C’était tout ce qu’il avait trouvé à dire en voyant mon sourire. En même temps, je ne vois pas comment il aurait pu se douter.
Et la conversation obliqua sur autre chose, de façon légère. Mireille désormais évitait de croiser mon regard et adoptait une attitude semblable à celle qu’elle avait avant, du temps où tout était normal et où nous n’avions pas couché ensemble.
Du reste, elle conserva ce comportement plus tard, durant tout le reste de l’été. C’est aussi pour ça que je me sentais un peu triste, car je ne pouvais partager cette expérience avec personne. Mais à présent, lorsque je continuais à fréquenter le groupe, je trouvais plus que jamais que leurs discussions étaient futiles, et je me sentais – sentiment un peu bête – légèrement supérieur à eux. Sans pouvoir l’exprimer, d’où frustration. C’est pourquoi je m’éloignai d’eux progressivement, chose que d’une certaine manière j’aurais dû faire depuis bien longtemps. En même temps, l’aurais-je fait, je n’aurais pas connu cette première expérience. À vrai dire, je m’attendais à ce que cette première fois change tout en moi, me donne confiance, me fasse perdre ma timidité, etc. Seulement, il n’en était rien. Les filles me paraissaient peut-être moins inaccessibles, mais surtout je ne savais toujours pas draguer. Et puis je commençais à moins regarder ces gamines, me perdant parfois dans le souvenir de cette femme accomplie qui m’avait procuré tant de sensations.
L’été se termina, et en septembre je quittai la Corse pour aller faire mes études sur le continent. Je ne revis Mireille qu’une seule fois, l’été suivant. Entre temps, elle avait rencontré un autre homme, qui d’après ma mère la satisfaisait amplement sexuellement, et elle s’apprêtait à quitter Jean-Claude pour lui. Quant à Philippe, mes études m’avaient fait connaître d’autres personnes, plus intéressantes, et je me détachai complètement de lui et de son influence.
J’avais grandi, j’avais mûri. L’histoire de ma vie sexuelle avait commencé.