| n° 11195 | Fiche technique | 12231 caractères | 12231Temps de lecture estimé : 8 mn | 25/02/07 |
| Résumé: Une journée du week-end de la Pentecôte à l'île du Levant en compagnie d'une charmante inconnue qui deviendra pour moi « la sirène du Levant ». | ||||
| Critères: fh vacances plage voir nudisme nostalgie | ||||
| Auteur : Lucien Ramier (1975 - Naturisme à l'île du Levant) Envoi mini-message | ||||
Juin 1975.
Je parcours à l’époque toute la France pour une maison d’édition parisienne. J’ai 35 ans, je suis VRP dans l’édition. Mes clients sont des professionnels de la photo ou de la librairie que je visite tous les jours ouvrables. Je ne rejoins parfois mon domicile nantais qu’en fin de semaine. Souvent quand je dois passer deux semaines dans le Sud-Est, je choisis de rester sur place pour le week-end. J’ai équipé mon véhicule de service, un fourgon flambant neuf, en camping-car discret. Par souci d’économie, à la belle saison, je fréquente les campings.
Ce samedi du long week-end de la Pentecôte, j’ai choisi de m’installer au Camping du Domaine, à Bormes-les-Mimosas. J’ai entendu parler dans la revue naturiste La vie au soleil de l’île du Levant : un des premiers domaines naturistes de France. Ce camping, très proche du petit port du Lavandou, me paraît tout à fait adapté pour un stationnement prolongé de mon camping-car, pendant que je vais à l’île du Levant.
J’ai choisi la vedette à Loulou. C’est la plus rapide des deux petites entreprises qui se disputent alors les trajets en bateau vers l’île de Porquerolles ou le Levant. La vedette file à vive allure. Le soleil de juin est chaud et déjà sur le bateau des touristes commencent à se déshabiller. Les dames offrent leur dos au soleil. Affublées de leurs lunettes noires, certaines sortent déjà de leur sac le tube de crème solaire. La brise marine fouette les visages tournés vers l’île du Levant qui se rapproche. Mon voisin, le nez sur une carte, me décrit les reliefs de l’île que nous apercevons.
Je suis du regard sa description. Le bateau est maintenant tout près des rochers, à quelques encablures. Tout le monde à bord de l’embarcation regarde les rochers plats. Des corps entièrement dénudés se dorent au soleil. Mon voisin, un jeune Marseillais, me déclare :
Le bateau est arrivé à quai. Une voiturette embarque les bagages des touristes qui veulent s’installer sur l’île. Les autres personnes qui sont venues comme moi pour la journée, sont habillées légèrement. En ce qui me concerne, je n’ai sur moi que mon short, une chemisette et des espadrilles. Beaucoup de gens sont déjà en maillot de bain et les dames en soutien-gorge. Je suis le petit raidillon qui longe la mer du côté des « Plates », toujours en compagnie du Marseillais qui dit bander de plus en plus. Voilà justement l’endroit où l’on va pouvoir constater la véracité de son affirmation. Un écriteau annonce :
Limite de la nudité
J’enlève mon short, ma chemisette et me voilà tout nu, comme tout le monde.
Le groupe qui me suit obtempère comme moi.
Sur le bateau, j’avais remarqué une dame d’une quarantaine d’années, habillée d’une courte robe colorée, avec un sac de plage bien garni. Elle est seule. Elle ne s’est pas déshabillée comme moi devant l’écriteau. Elle semble bien connaître les lieux et se dirige vers les rochers du bord de l’eau. Je lui fais confiance, instinctivement je la suis. Je n’ai pas du tout l’intention de l’aborder ou de la draguer, mais j’ai bien l’intention de trouver un coin agréable où je vais pouvoir m’installer. J’ai décidé de passer une journée de repos tout en faisant trempette et de parcourir un livre de blagues que j’ai acheté au bureau de tabac. Elle vient de s’arrêter sur un gros rocher plat, entouré d’une eau bleue et limpide. De petits groupes de naturistes se sont eux aussi installés dans un rayon de cinquante mètres. J’avise un rocher à une dizaine de mètres de celui de la dame. Le Marseillais poursuit quant à lui son chemin sur le sentier côtier. Il n’a pas trouvé ce qu’il voulait, sans doute.
J’installe mon sac et je mets au frais ma bouteille de rosé de Provence, dans l’eau fraîche et limpide près d’un rocher. La dame s’est déshabillée. Son corps bien bronzé est bien proportionné, sa poitrine est jolie. Ses lunettes noires m’empêchent de voir ses yeux que j’imagine magnifiques. Elle semble sourire en m’apercevant. Elle s’est étendue sur le dos sous le soleil qui n’est pas encore trop ardent. J’aperçois la touffe noire de son pubis. Je ne veux pas lui montrer que je la regarde et je sors mon livre, faisant semblant de me plonger dans la lecture. Le soleil sur ma peau commence à la faire rougir. Je vais attraper un coup de soleil. Je n’ai pas apporté de crème solaire. Je me vois mal toute la journée sur ce rocher. Je ne ressens pas le bien que j’imaginais, sans mes habits. Je ne ressens pas les plaisirs de liberté promis sur la revue par des naturistes chevronnés. Je me sens tout à coup désenchanté de cette île que l’on me décrivait comme un paradis. Je remets ma chemisette sur le dos. Le soleil ne semblant pas trop chauffer mes fesses, je n’éprouve pas le besoin de remettre mon short.
Au bout d’un petit quart d’heure, la dame se soulève sur ses coudes et regarde dans ma direction. Je fais celui qui est plongé dans la lecture. Je la vois tout à coup enlever ses lunettes, sortir sa serviette de bain et mettre un pied dans l’eau claire. Je vois son sexe quand elle se laisse glisser dans l’eau et faire quelques brasses en s’éloignant du bord des rochers. Le naturisme a parfois du bon et je me dis que je devrais l’imiter et essayer de la rejoindre, si j’étais un bon dragueur. Ma timidité est parfois paralysante. Ce doit être le cas aujourd’hui. La jeune femme rejoint son rocher et elle se sèche avec sa serviette. Comme elle me tourne le dos, j’en profite, comme un voyeur.
J’ai repris mon livre de blagues, qui commence à m’amuser de plus en plus. Les anecdotes me font même rire presque aux éclats. Je ne fais même plus attention à la belle dame qui se dore au soleil, à quelques mètres de moi. Entre deux histoires, je la vois pourtant qui me regarde avec insistance et qui me dit :
Sans me faire prier, je lis une histoire :
Elle part alors d’un rire éclatant. Les histoires succèdent alors aux histoires. Elle rit de plus en plus et je sens que la glace est rompue. C’est alors qu’elle me demande de la rejoindre sur un rocher près du sien. Après une demi-heure de blagues, la lecture s’essouffle un peu. Elle me demande si je peux lui passer dans le dos une crème de protection solaire. Ce que j’accepte avec beaucoup de plaisir. Je sens sa peau douce sous ma main et mes doigts. Je ne veux pas brusquer les choses et je respecte scrupuleusement ce qu’elle me demande. À son tour, elle me propose aimablement de me rendre le service. Je suis couché sur le ventre mais peu à peu je sens que je bande et ma position devient assez inconfortable. Je pense, en voyant son sourire, qu’elle a compris l’effet produit par le doux massage de ses mains. Comme moi, elle ne brusque pas les évènements. Elle est habituée de ces lieux. La discrétion est de mise, chez les naturistes.
L’heure du déjeuner de midi arrive. Elle me propose de partager son repas frugal. J’ai apporté moi aussi des victuailles, mais beaucoup plus élaborées que les siennes. Je vais chercher ma bouteille de rosé de Provence, au frais dans l’eau claire près du rocher. C’est la fête. L’île du Levant s’est transformée. Je ne sens plus le soleil sur ma peau. Jacqueline rit de bon cœur et sacrifie son régime pour profiter du saucisson, des cuisses de poulet, de la salade en vinaigrette. C’est alors que les deux inconnus du matin se racontent leur vie comme deux enfants, nus au soleil dans cette île paradisiaque. L’après-midi se passe en baignade, lecture dans une ambiance familiale. Des familles au complet sont venues nous rejoindre sur les rochers. Le soir approche et c’est le moment de reprendre le bateau pour rejoindre le Lavandou. Nous prenons place l’un près de l’autre, sur le bateau de Loulou.
J’ai trouvé sa compagnie si charmante que je meurs d’envie de l’inviter à la soirée « danse » du camping. J’ignore pour une fois ma timidité et j’ose lui proposer. Elle accepte volontiers et nous nous fixons rendez-vous à l’entrée de la plage de la Favière, près du camping.
Sept heures, j’attends à l’endroit fixé. Jacqueline n’est pas arrivée. J’attends vingt minutes : toujours personne. Ce n’est pas possible qu’elle m’ait posé un lapin. Je commence à m’impatienter et à reprendre le chemin du camping, quand je l’aperçois qui arrive en se pressant. Elle me fait part alors d’une dispute qu’elle a eue le long de la route pour venir me rejoindre à la Favière. Je la rassure en affirmant ma compréhension.
En allant au restaurant du camping où je m’apprête à lui offrir une de ces pizzas aux herbes de Provence que j’apprécie, je fais le détour par le camping-car. Elle regarde en souriant l’espace restreint et l’aménagement spartiate de mon home itinérant. Mais je ne décèle aucun regard d’envie. Après le restaurant en tête-à-tête, je l’invite à danser. C’est vrai que je suis un piètre danseur, mais elle me propose une promenade sur la plage. Je lui ai parlé au Levant, sur les rochers, des promenades au clair de lune.
Ce soir, tout s’est passé si vite et si bien, comme je l’avais imaginé dans mon esprit, que j’en rêve encore. La mer est sans aucune ride. La lune allonge ses rayons dans l’eau frémissante. Sur le sable, de part en part, un petit groupe de jeunes chante au son d’une guitare autour d’un feu de bois. C’est dans ce cadre idyllique que Jacqueline me prend la main puis me serre contre elle pour m’offrir un long baiser :
Puis, comme minuit approche, nous laissons tous nos habits sur le sable, elle m’entraîne dans l’eau tiédie par cette belle journée. Je sens sa main qui s’empare de mon sexe, gonflé comme aux plus beaux jours. Je sens sous mes mains sa peau douce et chaude. Nous roulons dans l’eau peu profonde avant de rejoindre le sable. La nuit ne fait que commencer sous les étoiles. Pas de chambre d’hôtel ou de camping-car : la plage a été, cette nuit-là, notre chambre à coucher.
Après un petit-déjeuner rapide au bar du camping, nous avons repris ensemble le bateau de Loulou pour nous rendre à l’île du Levant. Encore un jour de congé : ce lundi de Pentecôte.
Cette sirène du Levant m’a fait devenir naturiste pour de bon.
Lucien Ramier