| n° 11189 | Fiche technique | 52808 caractères | 52808Temps de lecture estimé : 31 mn | 22/02/07 |
| Résumé: Une vie paisible, heureuse, qui bascule en un soir. | ||||
| Critères: fh extracon vacances intermast fellation cunnilingu anulingus 69 pénétratio fdanus fsodo | ||||
| Auteur : Xavier2 (Homme 47 ans, Paris) Envoi mini-message | ||||
Un pied dénudé vient caresser mon mollet sous la table de la salle à manger. Instinctivement, je replie mes jambes. Face à moi, Céline me sourit pendant qu’autour de nous la conversation suit son cours. Un sourire discret, amusé, mais surligné par un regard franc. À quoi joue-t-elle ?
Elle est mariée, moi aussi. Elle s’entend bien avec ma femme. Son mari est un de mes amis d’enfance. Nos enfants jouent ou regardent un DVD dans la pièce voisine. Nous nous connaissons depuis plus de dix ans. Jamais il n’y a eu l’ombre d’une ambiguïté entre nous. D’accord, elle a un peu bu, comme nous tous d’ailleurs. Et l’après-midi, je l’ai emmenée escalader la Mesle, une petite montagne qui surplombe la ville. Escalader est un grand mot : 700 m de dénivelé, par un chemin de randonnée. L’air était doux, mais le vent violent. Et je sais la béatitude due à la fatigue, qui prolonge ce genre d’effort. Mais quand même !
Je veux en avoir le cœur net. Je rallonge mes jambes vers elle. Et son pied reprend sa danse le long de mon mollet, son regard se pose à nouveau sur moi. Ça ne dure que quelques secondes. Puis Céline retire son pied, se redresse sur sa chaise, et revient se mêler à la conversation. Je la trouve soudain étrangement volubile. Elle redemande du vin en riant :
Les autres prennent cette phrase au deuxième degré, une simple plaisanterie de fin de dîner. Moi, je me sens rougir. Pierre est parti la veille. Il devait raccompagner son père dans le Midi, puis rejoindre son travail à Paris. Moi aussi, je suis célibataire, depuis ce matin : Claire a pris le train pour Paris. Même motif, le travail.
Nous nous levons de table, pour passer au salon. Céline, maîtresse de maison, s’installe dans le fauteuil le plus près de la cheminée et prend une attitude féline. Elle enlève ses ballerines, s’étire vers le feu :
Lionel, un des invités, habitué aux randonnées en montagne, lui parle d’un baume miracle ramené d’un voyage en Thaïlande. Céline poursuit sur le même thème :
À nouveau, personne ne voit malice dans cette phrase. Sauf moi. Car lorsqu’elle a balayé la salle du regard en prononçant ces mots, ses yeux se sont arrêtés sur moi un bref instant. Je ne comprends pas ses simagrées. Céline n’a rien d’une allumeuse. Elle est belle femme, elle le sait : pas très grande, mais fine, vive, et à l’aise dans son corps, au point d’en jouer maintenant devant le feu, en allongeant ses jambes, en plaçant les mains derrière sa tête, ce qui fait saillir ses seins sous son pull. Cette posture alanguie la rend très désirable. Mais je suis persuadé qu’aucun des invités n’y prête vraiment attention. Sa réputation de femme fidèle et son amour pour Pierre sont solidement établis.
Ils forment un couple solide et sain. Tout se sait dans une bande d’amis qui se fréquentent de longue date et se retrouvent lors des vacances. Jamais je n’ai entendu le moindre ragot sur Céline, pas plus que sur Pierre. Je m’en veux d’éprouver maintenant des doutes. Je me persuaderais presque d’avoir rêvé, s’il n’y avait le souvenir de ce pied contre mon mollet une demi-heure plus tôt, ce pied nu que je ne peux m’empêcher de regarder alors que Céline tend ses jambes vers les flammes.
Mais il n’est plus d’allusion à double sens. Céline est redevenue Céline, la femme insoupçonnable de Pierre. La soirée s’achève en pente douce. Au moment où les invités se préparent à partir, elle se tourne vers moi :
Je n’ai pas le temps de répondre. Quatre voix d’enfants approuvent avec enthousiasme. Mes fils m’entourent de leurs bras :
Claire est en effet plus sévère que moi sur ce chapitre : elle tient à ce que nos enfants se couchent tôt. Je ne veux pas passer pour le Père Fouettard. J’accepte. Les autres invités s’en vont. Moi, je reste pour aider Céline à dresser un campement de fortune dans la chambre de ses enfants, pour son fils et les deux miens, pendant que sa fille va dormir dans une autre chambre. Je m’en vais à mon tour pendant que les enfants se brossent les dents dans la salle de bains. Céline m’accompagne à la porte :
Et elle ferme la porte.
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Dans la voiture, je repense à ses mots, je revois chaque détail du dîner ou de notre escalade de la Mesle avec un couple d’amis. Et je ne comprends rien. Je suis un homme fidèle, Céline le sait. Pas par devoir, ni par choix. Parce que c’est ainsi, parce que Claire me suffit, sur tous les plans, parce que ça me paraît être dans la nature des choses, parce que c’est plus simple aussi. Je n’ai pas non plus le physique de ces hommes dans les bras desquels se jettent les femmes. Je suis dans une honnête moyenne. Pour séduire, il faudrait que je fasse le premier pas. Je ne sais plus le faire.
Si au moins j’avais senti de sa part un intérêt s’éveiller doucement, un jeu de séduction s’installer progressivement entre nous depuis plusieurs mois, j’aurais pu réfléchir, prendre une décision. Mais là, jusqu’au moment où elle m’a fait du pied sous la table, je n’ai rien vu venir. Et ensuite, tout est allé trop vite. Je suis cartésien. J’ai besoin de comprendre, d’assembler toutes les pièces d’un puzzle. Là, je n’y parviens pas.
Arrivé dans mon appartement, j’ouvre grand les fenêtres. L’air vif venu de la mer et le bruit des vagues me font du bien. Je prends un verre d’eau gazeuse. Surtout pas d’alcool. J’ai assez bu. J’espère que les bulles m’éclairciront l’esprit. J’allume une cigarette. Rien n’y fait. Mes pensées s’entrechoquent. Pourquoi un comportement si subit de sa part ? Je ne trouve la paix qu’en me décidant à lui poser des questions, dès qu’elle aura franchi la porte. Il faudra bien qu’elle réponde, qu’elle m’explique. Alors, je l’attends, puisque je n’ai rien trouvé de mieux à faire.
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L’attente n’est pas longue. 35 minutes exactement, j’ai regardé ma montre au moment où j’ai entendu des coups frappés à la porte. Et trois cigarettes. Céline ne s’est pas changée, toujours en jeans, avec un pull et ses ballerines. Je n’ai pas le temps de lui poser les questions que j’avais prévues. C’est elle qui parle, très vite, elle n’est plus aussi à l’aise que tout à l’heure, peut-être parce qu’elle n’est plus chez elle, mais chez moi, chez Claire, en terrain adverse :
Elle n’attend pas ma réponse, elle m’embrasse, ses lèvres sont chaudes, ouvertes, sa langue se glisse dans ma bouche. Je suis tellement surpris qu’elle me déséquilibre. Elle est pourtant plus petite que moi, mais je recule jusqu’à trouver appui avec mon dos contre la cloison de l’entrée. Ses lèvres n’ont pas quitté les miennes, son corps se plaque contre moi, ses mains tiennent mon visage, je sens ses seins, son ventre, ses hanches. Jamais une femme ne m’a embrassé la première, et surtout pas ainsi. C’est idiot, mais je ne sais pas quoi faire. Toutes mes résolutions s’envolent. Elle le sent, me prend la main et m’attire dans ma chambre, les lieux lui sont familiers, elle est souvent venue chez nous avec Pierre.
Le lit n’est pas fait depuis que Claire l’a quitté le matin. Ça me gêne. Pas Céline. Elle me pousse dessus, continue de m’embrasser en me chevauchant, se redresse pour faire passer son pull par-dessus sa tête et dégrafer son soutien-gorge. Ses seins sont lourds, frappés de larges aréoles brunes. Je les connais, pour l’avoir souvent vue poitrine nue l’été sur la plage. Mais jamais je ne les avais trouvés si beaux, si pleins, si émouvants, sans doute parce qu’ils pointent vers moi. J’y porte les mains. Je les presse plutôt que je ne les caresse. Ce geste brutal lui arrache un soupir, ses yeux brillent.
Elle se penche à nouveau vers moi pour m’embrasser pendant que je sens ses mains passer sur mon ventre, détacher ma ceinture, puis s’attaquer à son propre jeans. Elle se tortille, fait glisser son pantalon en même temps que son slip, j’entends le bruit feutré de ses ballerines qui tombent sur la moquette. Elle est nue, et défait maintenant les boutons de ma chemise en embrassant mon torse, en me mordant le bout des seins. Je ne veux plus rester passif. Et il est trop tard pour les explications. Elle soulève son bassin pour que je puisse enlever mon pantalon et tout le reste, puis le repose et commence à onduler sur moi. Ma bite, comme autonome, répond aux mouvements de son sexe. Je bande comme un cerf. J’ai pourtant fait l’amour avec Claire la veille au soir. Mais c’est un autre corps, une autre odeur, un autre goût, d’autres mots, plus violents :
Je la retourne. Elle n’a pas menti. Je pose ma main sur son sexe, glisse un doigt dans sa fente. Elle est trempée et ouvre les jambes pendant qu’un gémissement s’écoule de sa bouche grande ouverte. Je la pénètre doucement pour sentir mon sexe écarter ses chairs et glisser jusqu’au fond de son vagin, en butée. Elle pousse un petit cri aigu, ses jambes se referment sur mes reins, ses bras serrent mon corps, elle m’immobilise en elle un instant, en me regardant, comme pour mesurer l’importance de ce moment. Puis s’abandonne, rejette la tête en arrière et relâche son étreinte. Je la prends lentement, mais puissamment, régulièrement en regardant son visage qui bat d’un côté à l’autre de l’oreiller, les yeux clos. Son vagin est chaud, doux, profond, j’ai envie de m’enfoncer jusqu’à m’y perdre. Elle gémit, accompagne mes mouvements en avançant son bassin vers mon sexe. Ses mains se crispent sur mes épaules, elle me regarde à nouveau, son corps se tend : je sens qu’elle va jouir. J’accélère le rythme pour lui faire franchir l’ultime cap et l’accompagner dans le plaisir. Elle jouit la première en mettant la tête dans le creux de mon épaule, une houle remonte le long de son corps, plusieurs fois, la dernière m’emporte, je ne cherche pas à me retenir et explose en elle.
Céline me garde un moment en elle. Puis me retourne et reste sur le dos à mes côtés, tranquillement impudique, yeux fermés, jambes ouvertes. Je regarde son corps. Sa toison est très brune, épaisse, touffue. Ses seins se soulèvent au rythme de sa respiration. Je suis de mes doigts les contours de son corps. Il est moins ferme que je ne l’avais cru en la voyant en maillot sur la plage. J’aime cet outrage du temps, qui la rend émouvante, humaine. J’éprouve un sentiment de fierté masculine : en cet instant, elle est à moi, elle que je croyais inaccessible, forte, sans faiblesse.
Elle ouvre les yeux. Elle a un gentil sourire de jeune fille après l’amour. Je veux lui parler. Je lui demande pourquoi, pourquoi moi, pourquoi ce soir, pourquoi si vite. Elle pose un doigt sur mes lèvres :
Elle vient sur moi, m’embrasse, glisse le long de mon corps en le couvrant de baisers, et pose sa tête sur ma cuisse, lèvres contre mon sexe. Elle le regarde, le respire, le touche, essuie avec sa langue le sperme qui s’écoule de mon gland. Ce n’est pas sexuel, plutôt tendre. À ma grande surprise, je recommence déjà à bander. Mais elle se lève, me dit qu’elle revient, et file dans la salle de bains. J’entends des bruits d’eau.
Seul sur le lit, je regarde cette chambre que Claire a quittée le matin même et qui porte sa marque. Bizarrement, je n’éprouve pas de sentiment de culpabilité. Je me sens bien, apaisé par le plaisir. Céline revient, se remet exactement dans la même position, mais cette fois ses caresses sont plus sexuelles, plus précises. Son corps pivote, son vagin vient devant mon visage tandis qu’elle prend mon sexe dans sa bouche et me taille une pipe. Elle sait ce qu’aime un homme, ce dont je n’avais jamais douté. Pierre, quand il l’a rencontrée, n’avait pas été avare de détails sur ses talents amoureux. Avant de devenir plus discret, lorsque leur histoire était devenue sérieuse. Une de ses phrases me revient en mémoire. Une fanfaronnade qu’échangent les jeunes hommes en fin de soirée, sur le ton de la confidence : « Elle aime la bite ».
Maintenant, Céline me le prouve. Une de ses mains serre mes testicules. L’autre, passée sous ma cuisse, écarte mes jambes et caresse avec ses ongles la naissance de mon sexe, poussant l’exploration jusqu’entre mes fesses. Sa langue remonte ma hampe, fait le tour de mon gland, puis sa bouche prend le relais, plus forte, plus impérieuse. L’attaque est si soudaine, si totale, si experte, que j’ai la tentation naturelle de m’abandonner. Mais si elle s’est mise en 69, c’est bien qu’elle attend autre chose de moi. Je relève la tête pour lui faire un cuni. Elle accueille ma langue avec un frémissement qui parcourt tout son corps et fige un instant sa bouche, ses mains.
Son odeur intime est musquée, mélange de nos sécrétions. Mais je n’aime pas sentir sur ma langue le sperme dont j’ai tapissé son sexe. Je dégage mon visage et poursuis ma caresse avec ma main. Mes doigts en fourche glissent le long de son clitoris dur et lisse. Elle gémit, ses mouvements de bouche sur mon sexe deviennent plus désordonnés, ses fesses dansent lentement devant mes yeux. Je les écarte de l’autre main. Son anus est d’un marron très foncé, bien dessiné. J’ai l’impression qu’elle me l’offre. J’y porte la bouche. Il sent le savon. Je comprends pourquoi elle s’est absentée dans la salle de bains…
Après la bouche viennent les doigts. Je les humidifie avec ma salive ou en les plongeant dans son vagin ruisselant. Je la pénètre doucement, détend les muscles de son anneau d’un mouvement circulaire. Elle ne me caresse plus. Maintenant, c’est elle qui s’abandonne, visage de nouveau posé contre mon sexe. Seul son bassin bouge : son anus s’empale sur mon doigt, son clitoris suit le va-et-vient de mon autre main.
Ses gémissements deviennent plus aigus, ses mouvements plus saccadés. Je retire mon doigt de son anus, le remplace par mon pouce. Je la tiens ainsi par les reins, avec ma main en crochet, pendant que son clitoris glisse entre mes doigts en fourche. Elle redresse le torse pour jouir, bras dressés sur le lit, tête rejetée en arrière, je sens les vagues du plaisir en elle aux contractions de son anus sur mon pouce. Puis elle retombe, inerte, vaincue, fesses toujours en l’air, prises. Et a un geste extraordinaire : elle allonge les bras dans son dos, pose les mains sur ses fesses, et les écarte !
Je me sens puissant, mâle, presque animal. Mon sexe est dur. Il y a des années que je n’ai pas sodomisé Claire. Et jamais une femme ne m’a offert ses fesses comme Céline vient de le faire. Je me redresse et me mets à genoux derrière elle. Céline reste dans la même position, fesses ouvertes par ses mains, bassin relevé et tendu vers mon pouce, à plat ventre sur le lit. J’enfonce mon sexe dans son vagin, pour le lubrifier. Je retire doucement mon pouce, pose mon gland à l’entrée de son anus et exerce une légère pression. Ses chairs s’écartent, mais pas aussi doucement que je l’avais espéré. Ma pression devient plus forte. Elle cède par paliers, centimètre par centimètre. Je vois ses mains se crisper sur ses fesses, son dos se raidir :
Elle est étroite. Quand je parviens au fond d’elle, je n’ose pas bouger. Je commence par des mouvements lents, puis j’accrois leur amplitude, leur rythme. Je la sens se relâcher, accepter mon sexe qui coulisse. J’ai l’impression que son anus est moulé autour de moi. Il est moins doux que son vagin, mais sa pression plus intense. Je ne me soucie plus d’elle. Je ne pense qu’à moi, qu’à mon plaisir. Ses reins se creusent quand je la pénètre. Elle a retiré les mains de ses fesses pour les poser de chaque côté de sa tête. Je la tiens par les hanches, je vais et je viens dans son anus à l’anneau maintenant dilaté, violemment. Le plaisir me fait perdre tout contrôle. Pas une seconde je ne songe à retenir sa montée pour prolonger ce moment qui ne reviendra probablement jamais, je rugis en la plantant une dernière fois jusqu’à la garde, et m’écroule sur son dos.
Nous restons là un instant, sans bouger. Mon sexe se rétracte. Je sors d’elle, doucement, puis vais me laver dans la salle de bains. Quand je reviens, elle est couchée sur le côté, une main sous sa tête, et me sourit gentiment. Je m’allonge contre elle. Elle vient se pelotonner contre moi, câline, bras repliés et mains sagement jointes sur mon torse. L’intensité est retombée. Une forme de gêne m’envahit. Je ne pousse pas l’hypocrisie jusqu’à regretter mon comportement, mais je m’en veux de l’avoir prise comme un soudard :
L’amour la rend gaie, presque euphorique. J’aime la manière dont elle ouvre ses jambes pour les frotter contre les miennes. C’est un joli moment de paix, de plénitude. Je ne sais toujours pas à quoi je le dois, ni de quoi demain sera fait, mais je me sens à la fois vidé et heureux. Les minutes passent, dans cette douce hébétude. Soudain, Céline a un sursaut :
Elle m’embrasse, puis recouvre mon corps de baisers légers, comme si elle lui disait au revoir. Arrivée à mon sexe, ses baisers se font plus insistants :
Sa bouche happe mon gland, ses ongles agacent mes testicules. Mon sexe reprend un peu de vigueur, pas beaucoup, mais suffisamment pour qu’elle en prenne possession. Pour me stimuler, je repense à cette soirée, à des images précises : son pied sous la table, ses seins qui se soulevaient après l’amour, ses mains écartant ses fesses. Je pose ma main sur sa nuque, pour guider son rythme. Mon sexe n’est toujours pas dur, mais le plaisir monte. Je dois me concentrer pour ne pas le perdre. Ce n’est pas la meilleure pipe de ma vie, car je n’ai plus grand-chose à donner, mais elle finit par m’emmener à l’orgasme, et se relève vers moi :
Cette phrase me fait penser, pour la première fois mais un peu tard, que nous n’avons pas utilisé de préservatif. De toute manière, je n’en avais pas. Et je n’en ai jamais mis, je suis de la génération d’avant…
Un ultime baiser. Sa bouche porte désormais le goût de mon sexe. Elle se lève et se rhabille :
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Nous étions revenus dans la réalité de nos vies. J’entends la porte se refermer. J’éteins la lumière. Les draps sentent l’amour. Mon gland est douloureux, séquelle de la sodomie. Je pense à Céline, à la manière dont elle s’est donnée à moi, sans prévenir, mais totalement. Je me demande, l’émotion retombée, si je ne me suis complètement trompé sur son compte, sur la nature du couple qu’elle forme avec Pierre. Pour qu’elle ait agi comme ça, pour qu’elle ait prévenu sa sœur qu’elle allait me rejoindre, je ne suis certainement pas le premier.
Cette réflexion me laisse un goût amer. On croit connaître les gens. Et on découvre subitement que la femme d’un de vos amis, dès son mari parti, va se faire sauter par un homme sans doute choisi plus ou moins au hasard dans son entourage ! Pierre avait raison : sa femme aime la bite. Il est trop tard pour faire preuve de solidarité masculine, mais je pense à lui. Pauvre Pierre, il a épousé une vraie salope. À moins, ce qui serait pire encore, qu’il ne parvienne plus à la satisfaire. Oui, ce doit être l’explication. Une femme sexuellement frustrée, la fatigue due à un effort physique, un peu d’alcool, son mari absent, sa libido qui l’emporte.
Mais je n’éprouve pas de remords à l’égard de Pierre. Quel homme saurait résister quand une jolie femme s’offre à lui de manière si brutale, sans lui laisser le temps de réfléchir ? En revanche, j’en veux à Céline. D’être femme adultère, une femme facile, de m’avoir retourné comme un gant alors que, pendant onze ans, jamais je n’avais trompé Claire. Mais je crois que je lui en veux surtout de m’avoir laissé seul, d’avoir rompu le charme. Pour chasser cette mauvaise pensée, je m’adresse une sorte de satisfecit masculin : trois fois en un peu plus d’une heure, je ne m’en savais plus capable…
Au réveil, mon sexe est toujours un peu endolori. Preuve que je n’ai pas rêvé. S’il était besoin, Céline a laissé une autre preuve : son slip blanc trône sur la moquette, au pied du lit. Je souris. Aucune femme n’oublie son slip en se rhabillant. Elle l’a donc laissé volontairement. Je ressens une forme d’admiration pour elle : tant qu’à être amorale, autant l’être jusqu’au bout. Elle l’assume parfaitement, jusqu’à laisser son slip en trophée à son amant d’un soir. Je le porte à mon nez, pour retrouver l’odeur de son sexe. Je ne peux me résoudre à le jeter. Pas tout de suite. Alors, je le range parmi mes affaires dans l’armoire.
C’est sa sœur cadette, Noémie, qui m’ouvre la porte quand je vais chercher mes fils. Son regard est insistant, mais plutôt scrutateur qu’hostile. J’entends les rires des enfants dans la cuisine. Je les appelle. Ils me rejoignent en courant et se jettent dans mes bras. Céline arrive sur leurs pas, m’embrasse sur les joues. Elle est en jupe, toujours avec ses ballerines. Cette tenue et l’absence de maquillage la rajeunissent, lui donnent presque un air angélique, elle qui m’a offert un tout autre visage pendant la nuit. Mes enfants repartent aussitôt jouer avec les siens. Je ne sais pas quoi lui dire. Céline prend les devants :
Nous sommes allés sur le sentier des douaniers, qui longe la mer. Une fois la maison loin, elle a pris mon bras, et posé sa tête sur mon épaule :
Nous longions une crique. Elle a quitté mon bras pour se rapprocher de l’eau, et m’a parlé en jetant des galets vers la mer, regard tourné vers le large :
Elle a marqué un silence. Elle continuait à regarder droit devant elle, comme s’il y avait quelque chose de très important, là-bas, à l’horizon. Puis elle a repris :
Je m’en voulais de l’avoir considérée comme une femme facile. J’étais décidément nul en psychologie féminine. Pas une fois je n’avais pensé que son comportement pouvait être celui d’une femme blessée. J’aurais pourtant dû m’en douter, à la manière dont elle s’était offerte à moi comme on se jette à l’eau, en mettant sa sœur dans la confidence en plus. Restait une question :
Céline est allée chercher un lourd caillou sur la grève. Elle le jette presque à la verticale. Il a fait un gros « plouf » en retombant :
Le coup m’atteint de plein fouet. Mes jambes se dérobent. Je m’assieds pour retrouver mes esprits. Céline me prend dans ses bras, m’embrasse :
Bien joué. Moi, je ne m’étais douté de rien :
Comment pouvait-elle plaisanter, alors qu’elle venait de me crucifier ?
Pardonner. C’était facile à dire, même si elle avait probablement raison. J’étais désemparé. Je n’arrivais pas à aligner deux pensées cohérentes. Toujours se superposait dans ma tête l’image de Claire et de Pierre, nus, ensemble. J’avais besoin de tendresse. Céline était là. Je sentais la chaleur de son corps contre le mien, ses baisers sur mes lèvres. Elle était agenouillée face à moi. Ma main a filé sous sa jupe. Elle ne s’est pas dérobée. Au contraire, elle a ouvert ses jambes :
Ma main a écarté son slip, mon doigt s’est posé sous son clitoris, l’a caressé, est descendu plus bas, dans sa fente humide. Elle a tressailli :
Mon doigt ne la lâchait pas. Céline s’accrochait à mon cou en tanguant sous ma caresse. Je bandais. Mon sexe avait recommencé à penser avant moi. Et le désir transformait ma colère en force. Dans cette histoire, tout le monde m’avait trompé, manipulé. Claire, Pierre, et même Céline qui avait décidé de faire l’amour avec moi sans m’en dire les raisons. En plus, elle voulait fixer les limites, me disait ce que je devais faire envers Claire. Ça suffisait !…
J’avais raffermi la pression de mon doigt sur son clitoris, l’enfonçais plus loin entre ses lèvres. Son sexe ondulait doucement sur ma main. Ses yeux était fermés. Elle ne disait plus rien, ressemblant à une enfant prise en faute.
Son visage était maintenant tourné vers le sol. Sa respiration était courte. Pour la première fois, j’avais l’impression de la tenir. Sa réponse a mis du temps à venir :
Je l’ai lâchée. Elle a accepté.
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Lorsqu’elle a frappé à ma porte cet après-midi, Céline m’avait réservé une jolie surprise : elle s’était maquillée, avait mis une jupe courte, des talons, et déboutonné le haut de son chemisier. Elle était belle. Je le lui ai dit :
Son sourire sonnait un peu faux. Je l’avais toujours connue gaie, décontractée, même pendant l’amour, même lors de notre discussion du matin. Là, je découvrais une autre femme, plus grave :
Je l’ai prise par la main, l’ai guidée jusqu’au divan du salon et l’ai couchée sur le dos, en travers de mes genoux. J’ai passé mon bras sous les siens, derrière son dos. Ainsi, elle était immobilisée, torse cambré, et ne pouvait pas me toucher. Alors, moi aussi je me suis vengé. De Claire, qui aimait lire assise sur ce divan, de Pierre, de Céline qui voulait décider de tout.
Ma main libre a défait son chemisier, sorti ses seins du soutien-gorge. Ma bouche est descendue vers eux. Je les ai léchés, mordus, étirés, jusqu’à ce que leur pointe soit bien au garde-à-vous. J’ai relevé sa jupe, soulevé son slip, massé son clitoris en faisant coulisser mon index le long de sa fente. Je lui ai demandé d’ouvrir les yeux, de me regarder. Je voulais voir la progression de son plaisir.
Quand je l’ai sentie proche de l’orgasme, je me suis arrêté de la caresser, ai retiré le bras qui la retenait, et lui ai dit de se déshabiller. Elle l’a fait, sans un mot, en se contorsionnant sur moi, avant de reprendre sa position initiale. Ça ne me suffisait pas :
Elle s’est exécutée. Comment décrire le plaisir trouble que je ressentais ? La fière Céline était devenue docile, m’obéissait, m’appartenait. J’ai repassé mon bras sous les siens. J’étais habillé. Et elle, nue en travers de mes jambes, torse cambré, sexe ouvert. Son clitoris était toujours durci par le désir. J’ai repris là où je l’avais laissée une minute plus tôt. J’ai aimé ce rôle de voyeur-acteur : je l’ai regardée jouir, corps tendu, tête en arrière, bras tenus ; je l’ai même écoutée jouir puisque que rien, ni main ni coussin contre sa bouche, ne pouvait réprimer la manifestation de son plaisir.
Je l’ai embrassée. Elle a répondu avidement à cette preuve de tendresse. Mais je n’en avais pas assez, pas tout à fait :
Elle a jeté les mots que j’attendais d’elle, et même plus encore, par brèves saccades, au gré de sa respiration haletante :
J’ai relâché la pression de mon bras. Céline s’est aussitôt relevée, m’a tendu la main, et m’a mené vers la chambre. Elle ne souriait plus. Son visage n’exprimait plus rien d’autre que le désir.
Nous avons fait l’amour lentement, paisiblement, sans le côté effréné de la première nuit. Nous avions ce luxe inouï : un peu de temps, un peu de calme. Et aucune mauvaise conscience : c’étaient les autres qui avaient commencé. Nos corps s’accordaient, montaient ensemble vers le plaisir. Après l’amour, les gestes exprimaient naturellement une sorte de reconnaissance envers l’autre, de remerciement, les mots aussi, et le désir revenait, à son rythme.
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Le vendredi, Céline m’apportait un tube de gel lubrifiant, en me demandant d’être doux. Je ne savais pas que la sodomie pouvait être un acte si tendre, si respectueux. J’ai pris un plaisir fou à l’ouvrir, à détendre patiemment son anneau, à en faire mon allié. Je n’ai pas voulu la prendre en levrette. Ça me semblait trop animal. Je voulais la voir, la toucher, la sentir. Je l’ai allongée sur le flanc, les jambes en chien de fusil, et suis venu contre elle. Elle m’a accueilli dans ses reins avec un long soupir de plaisir, puis m’a demandé de rester là un moment, sans bouger. Nous étions soudés l’un à l’autre. Je lui embrassais la nuque, lui caressais les seins. Elle me disait qu’elle se sentait pleine de moi, investie, et remuait lentement les fesses pour mieux me sentir. Ma main est descendue vers son clitoris, l’a faite jouir. J’ai juste accompagné les contractions de son anus sur mon sexe et l’ai rejointe dans le plaisir.
Nous sommes restés ainsi, l’un contre l’autre, sans un mot, mes mains plaquées sur ses seins, jusqu’à ce que son anus repousse mon sexe au repos. Il n’était rien à dire. Nous avions fait l’amour pleinement, sereinement, sans se soucier du reste du monde, comme un couple. J’ai regardé mon sexe. Il était propre. Preuve qu’elle avait songé à tout, et s’était nettoyée. Il est rare de ne penser à rien. J’y suis parvenu. J’étais bien.
Elle m’a sorti de cette torpeur en me basculant sur le dos, et en recouvrant son corps avec le mien. Puis, lentement, en embrassant ma peau, sa bouche est descendue, centimètre pas centimètre. Je savais où elle allait. Mon sexe l’a compris aussi, et s’est remis à bander. Elle l’a pris dans sa main, sous les testicules, et l’a serré, fort. J’ai poussé un cri, de surprise, de plaisir, de douleur aussi.
Elle me regardait, le regard brillant :
Sa jambe est venue entre les miennes, et les a écartées, son pied contre ma cuisse, son genou contre l’autre. Elle n’avait pas relâché la pression de sa main. Un de ses doigts a glissé jusqu’à la naissance de mon sexe, puis a trouvé facilement mon anus, entre mes fesses ouvertes. J’étais tétanisé par le plaisir, par l’attente. Céline avait raison, j’étais vulnérable, elle me tenait, complètement, avec sa main refermée sur mes testicules, comme aucune femme ne m’avait tenu. Je n’avais plus de volonté. Je me sentais désarmé, offert, avec mes jambes écartées. Au point d’avoir peur, peur d’elle, de ce qu’elle pourrait me faire. Heureusement, elle ne me voulait que du bien. Quand sa bouche a enfourné mon gland en même temps que son autre main se posait sur ma hampe, je sais que j’ai crié. J’ai senti sa main relâcher sa pression sur mes bourses et se poser juste dessous, à plat. La seconde suivant, je criais de nouveau. Sa main supérieure, celle qui était sur ma hampe, s’était rabattue vivement vers le bas, écrasant à peine mes testicules contre son autre main. Mais suffisamment pour que je ressente une pointe de douleur.
Ce n’était pas une maladresse de sa part. Elle a recommencé quelques instants plus tard. C’était le plus doux des supplices. Chaque fois qu’elle relevait sa main sur ma hampe, j’ignorais si, en la rabattant, elle allait de nouveau heurter mes testicules, relevés par son autre main. Et cette incertitude, ce mélange de plaisir et de douleur, étaient insupportables, dans le meilleur sens du terme. Mon corps lui obéissait. Elle le faisait se tendre, se détendre, au rythme de sa bouche et de ses mains. Quand j’ai joui dans un dernier cri, sa main a de nouveau serré mes testicules, comme pour que je vide tout mon sperme dans sa bouche, jusqu’à la dernière goutte.
J’ai mis du temps à revenir sur terre, à rouvrir enfin les yeux. Elle me regardait gentiment. Elle a dégluti, sans doute pour bien me montrer qu’elle avalait mon sperme. Subitement, j’ai enfin compris pourquoi les femmes, après l’orgasme, disaient parfois des mots d’amour, mêmes quand elles n’étaient pas amoureuses. Car moi aussi, j’avais envie de lui dire que je l’aimais. Ces mots montaient vers ma bouche, naturellement. Bien sûr, ce n’était pas de l’amour. Juste de l’émotion, de la gratitude après le plaisir qu’elle m’avait donné.
Il aurait été ridicule de dire "merci", trop compliqué de prononcer une phrase. Avec quels mots ? En plus, j’avais le souffle trop court, je haletais comme une forge. Alors, je crois que les mots ont passé ma bouche, pas complètement. J’ai réussi à les réprimer.
Elle a compris ce que je ressentais :
Ses genoux ont entouré mon visage. Son sexe s’est délicatement posé sur ma bouche. Et je l’ai emmenée où elle voulait aller.
Ensuite, il fallait quand même que je lui dise. Parce que c’était la vérité :
Pierre s’était trompé en disant qu’elle "aimait la bite". Ou n’avait pas encore compris, à l’époque où il avait prononcé ces mots. Céline aimait les hommes, entièrement, jusqu’au bout. Elle suçait mieux que Claire. Je ne sais pas pourquoi, j’en étais heureux. Comme s’il m’avait fallu cette révélation pour me débarrasser de ma colère envers ma femme. Le plaisir physique a d’étranges vertus. Je lui avais pardonné. En revanche, j’en voulais encore à Pierre, juste un peu…
Alors, au moment où Céline a voulu se lever pour se rhabiller, je l’ai retenue, en me couchant sur elle et lui écartant ses bras. J’ai mis mon visage dans son cou, et je lui ai fait un long suçon. Elle a compris, a essayé de se débattre, mais je la tenais bien, de tout mon poids. Quand j’ai redressé la tête, elle portait à la base du cou une marque bien rouge. Qui allait bientôt tourner au violet si j’avais bonne mémoire des années de ma jeunesse, puis au noir, et ne pas s’effacer avant une semaine.
Elle a filé dans la salle de bains pour inspecter les dégâts. Puis est revenue, l’air un peu désemparé :
Ce n’était pas très noble. C’était comme au rugby : quand un adversaire vous fait mal sur un plaquage, la fois suivante, quand la situation est inverse, vous mettez le genou, pour lui faire encore plus mal. Je n’avais rien contre Céline, au contraire. Mais je voulais la marquer, presque la dévaluer aux yeux de Pierre, pour bien lui montrer que j’avais baisé sa femme, plus encore qu’il n’avait baisé Claire. J’ai rendu à Céline le slip qu’elle avait volontairement oublié la première nuit. C’était fini. Nous avions fait ce que nous devions faire, tout ce que nous devions faire.
Je l’ai revue deux heures plus tard, en allant chercher mes fils chez elle. Le regard noir que m’a jeté sa sœur en ouvrant la porte m’a amusé. Celui de Céline m’est allé droit au cœur. Il signifiait que nous nous étions fait beaucoup de bien, parce que nous en avions besoin. Elle avait remis son jeans et ses ballerines, mais portait un foulard autour du cou.
Ce foulard qui, pendant une semaine, obligerait Pierre à penser à moi, chaque fois qu’il verrait sa femme.
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J’ai retrouvé Claire le lendemain soir à Paris, après avoir traversé la France avec mes fils qui dormaient sur la banquette arrière. J’ai conduit lentement, pour une fois. Je crois que ces heures au volant m’étaient nécessaires. Je laissais Céline derrière moi. Très symboliquement, car elle regagnait Paris le jour suivant en avion. Et je roulais vers Claire. Je rentrais chez moi, à tous les sens du terme. Je l’ai trouvée belle, désirable. Nous avons fait l’amour gravement, intensément. Je voulais chasser Pierre de son corps, la reconquérir. Elle ? Je ne sais pas. Peut-être voulait-elle s’absoudre de son infidélité. C’est ensuite que je lui ai tout dit : que je savais pour Pierre, que j’avais couché avec Céline.
Je n’ai pas pu m’empêcher d’admirer sa maîtrise. Elle n’a pas cillé. Claire s’est levée, nue, avec son corps puissant de statue grecque, est allée chercher une cigarette, s’est recouchée, et m’a dit :
C’est ce que nous faisons, depuis un mois maintenant, avec quelques points bas. Je lui en veux, de ne pas m’avoir dit qu’elle était attirée par un autre, de m’avoir menti. Mais nous avons au moins retrouvé, au lit, une complicité et un désir, que nous avions perdus. Nous cherchons davantage à nous plaire, à nous surprendre, à ne plus considérer la situation comme acquise. Elle ne m’a demandé aucun détail sur ce qui s’est passé exactement avec Céline. Pas plus que je ne lui en ai demandé au sujet de Pierre. Je ne veux pas savoir ce qu’il a eu d’elle, jusqu’où ils sont allés. Mais ce n’est certainement pas un hasard si nous avons élargi le registre de nos jeux sexuels, retrouvé des pratiques délaissées au fils des années. C’est pour effacer ce que nous avons fait l’un et l’autre, dans d’autres bras.
Je n’ai pas revu Céline. Elle m’a juste appelé, à deux reprises. Son mari et elle avaient été invités à dîner chez des amis communs. Elle se doutait bien que nous étions aussi sur le plan de table. La première fois, c’est moi qui me suis décommandé. La seconde fois, c’est elle. Je ne tiens pas à me retrouver en sa présence. Il est trop tôt. Je penserais encore à son corps. Je guetterais les regards entre Claire et Pierre.
Je repense à leur histoire. Une forme de douleur est revenue, malgré moi. Une passade, un accident dans le vie d’un couple, je crois que j’aurais pu le comprendre. Mais ils sont allés plus loin. Ils se sont revus. Elle m’a menti, forcément. J’ai probablement fait l’amour avec elle quelques heures après qu’elle ait vu Pierre. Sans rien remarquer d’anormal en elle. Et puis, elle est revenue vers lui, après qu’ils se soit séparés. Le désir entre eux devait être fort, pour qu’ils y cèdent à nouveau. Ressentirait-elle la même attraction ? Je ne veux pas me poser cette question, l’épier.
Va bientôt se poser le problème des prochaines vacances. Déjà, nos enfants nous réclament de revoir le fils et la fille de Céline. Je n’ai pas envie de passer le mois d’août à 500 mètres de la maison de Céline, de la retrouver sur la plage, seins nus, avec Claire à mes côtés, et Pierre pas loin. Je crois que nous sommes tous en convalescence. Et qu’elle durera encore longtemps.