| n° 11175 | Fiche technique | 14712 caractères | 14712Temps de lecture estimé : 10 mn | 11/02/07 |
| Résumé: Une femme trouve l'amour. Mais côté sexe, il reste encore des améliorations à apporter. | ||||
| Critères: f fh couple caférestau amour revede voir fmast fgode préservati pénétratio | ||||
| Auteur : Macapi Envoi mini-message | ||||
Non mais, qu’est-ce qu’il croit ? Qu’il peut m’avoir comme ça, aussi facilement ? Il sait que j’ai envie de lui, mais ce n’est pas une raison pour que je lui tombe dans les bras dès qu’il va les ouvrir. C’est sûr que je suis officiellement avec lui, en couple quoi. Mais qui a dit que je devais être disponible comme, je ne sais pas moi, une poubelle dans une cuisine, par exemple ? Parce que c’en est rendu à ce point, il me pénètre, il fait quelques va-et-vient, puis il s’en va, en ne pensant qu’à lui, évidemment. Et moi dans tout ça ? Je suppose que dans sa tête je suis supposée jouir entre le troisième et le quatrième coup de butoir - qui ne va pas si profondément que ça, soit dit en passant. Alors je reste frustrée, frustrée, encore frustrée et toujours frustrée. Et lui a même eu le culot de me dire que je n’avais qu’à me masturber ! Parce que je lui ai parlé du problème, évidemment, je ne suis pas du genre à souffrir seule dans mon coin. Si je vais mal, au moins il doit le savoir. Et tout ça parce que je l’aime. Sinon, je l’aurais quitté depuis longtemps, vous l’imaginez bien !
Tout a commencé un soir de mai, alors que je me rendais à notre premier rendez-vous. Fille moderne, je lui avais d’abord parlé sur Internet et nos intérêts concordaient. J’avais donc accepté un café sur une terrasse tranquille du centre-ville. Il faisait beau ce soir-là, pas encore trop chaud, mais quand même assez pour que je sorte de ma garde-robe une jupe presque sage qu’un coup de vent aurait soulevée pour révéler une culotte en dentelle bleue un peu moins sage. J’étais prête à tout, j’avais même agencé avec un soutien-gorge assorti qui met avantageusement ma poitrine en valeur sous un top à peine transparent. Je ne cherchais pas une baise d’un soir, mais je ne refuse jamais un plaisir dont j’ai envie. Enfin, je ne refusais pas à cette époque-là…
Il est arrivé à l’heure, un bon point pour lui. Un pantalon à mi-chemin entre jeans et corduroi, une chemise qui s’ouvrait sur un tee-shirt ajusté et, le plus important, des bas et des souliers noirs. Allez savoir pourquoi, mais des grosses chaussettes blanches, c’est un réel coupe-l’envie pour moi. Et il est arrivé avec un sourire franc, pas un sourire emprunté qui se demanderait sur quelle demeurée il allait tomber. Non, il avait l’air confiant et heureux d’être là. S’il m’a jaugée, je ne l’ai pas remarqué. C’est rare de nos jours un homme qui sait regarder une femme aux bons endroits sans qu’elle s’en rende compte !
La discussion s’est promenée sur nos divers points communs, puis sur la vie en général, une discussion assez fluide qui ne semblait pas trouver de fin. Puis, sans que je m’en rende compte, il a orienté la conversation vers le sexe. Pas le sexe brut, mais plutôt le plaisir, le désir, les habitudes des uns, des unes et des autres, principalement nos ex. Pourquoi pas ? J’avais connu pas mal de plaisirs dans ma vie encore assez courte et je n’avais pas honte de le dire. De son côté, sa trentaine l’avait conduit à beaucoup aimer les femmes, sans pour autant avoir vécu beaucoup de relations sérieuses.
Nos deux cafés étaient consommés depuis longtemps. Nos mains s’activaient dans le vide tout en parlant. Mes yeux suivaient cet étrange ballet. Je savais qu’inconsciemment je recherchais son contact. Mais je m’amusais à nous regarder. J’attendais que quelque chose se produise. Je savais que ce n’était qu’une question de temps. Quand mon corps se penche instinctivement à la rencontre d’un autre, quand mon bras se place sur la table de manière à pointer vers lui, quand mes yeux ont peur de se fixer, c’est qu’il y a une connexion.
Il m’a alors fixée du regard. Un silence s’est installé. Je ne pouvais plus détacher mes yeux des siens. J’aurais pleuré en cet instant précis, s’il n’avait pas saisi doucement ma main dans la sienne. Il a massé chacun de mes doigts, il ne me quittait pas des yeux. Je n’osais pas baisser les miens pour regarder nos mains. J’étais à sa merci. Je le désirais. Chaque fibre de mon corps avait la volonté de s’arquer vers lui.
Il s’est levé, en me tenant toujours la main, il m’a guidée vers lui, nous étions maintenant debout, toujours les yeux rivés l’un à l’autre. Nous étions très près l’un de l’autre. J’étais presque de sa taille. Je pouvais sentir son parfum. Ma bouche s’était entrouverte sans que je m’en rende compte. Je l’attendais. Tout mon corps l’attendait. Il s’est approché de moi, doucement, très doucement. Il a emprisonné ma main derrière mon dos et il m’a attirée à lui, trop lentement à mon goût. J’ai relevé un peu la tête, il a penché la sienne, mes yeux se fermaient malgré moi. Je sentais son souffle contre le mien. Je résistais à la tentation d’initier ce baiser tant attendu. Je voulais qu’il m’embrasse. Il s’est penché un peu plus et a déposé ses lèvres furtivement dans mon cou, ce qui a créé une décharge électrique dans tout mon corps. Et il s’est éloigné.
Quelques secondes plus tard, j’ai réalisé que l’instant magique s’était évaporé. J’ai ouvert les yeux, comme une conne, je l’ai vu qui me regardait avec un sourire de conquérant. J’en aurais pleuré, de frustration. Il me regardait et je me sentais devenir minuscule devant lui. Alors j’ai fait la seule chose que je croyais bonne à faire à ce moment-là. J’ai pris un morceau de papier et un crayon, j’ai noté mon numéro de téléphone et je l’ai remercié pour le café avant de partir avec ce qui me restait de dignité. Il n’a rien dit, rien tenté, il a juste souri.
Le lendemain il m’appelait. J’étais déjà accrochée à cet homme qui avait réussi à jouer avec mon corps, sans presque même me toucher. J’attendais avec impatience le moment où cet homme serait dans mon lit et me ferait l’amour. Je n’ai pas eu à attendre longtemps. Il me proposait déjà au téléphone de le rejoindre chez lui, sans équivoque. Tout était clair, il avait envie de moi, il me le disait. J’avais envie de lui, j’accourais.
J’ai sonné à son appartement. Je suis entrée dans ce qui semblait être un petit nid confortable et assez bien entretenu. Il m’a tout de suite plaquée contre le mur et embrassée fougueusement, sauvagement, profondément et longuement. Il était tout ce que j’avais toujours désiré chez un homme. Il m’excitait au plus haut point. Je crois que j’aurais pu avoir un orgasme dans le hall d’entrée s’il ne m’avait pas entraînée dans sa chambre. Nos deux corps se sont mêlés dans un mélange de cris et de gémissements étouffés par les baisers. S’il ne m’avait pas pénétrée rapidement, avec protection bien sûr, je crois que je l’aurais supplié tellement j’avais envie de lui. Son corps d’homme qui allait et venait entre mes hanches dans une position traditionnelle, mais confortable, m’amenait vers le paradis, très vite. J’étais comme une folle, je voulais jouir de son corps. La passion me brûlait la peau. Je voulais le sentir en moi, plus loin, plus fort, plus vite. Mon bassin s’activait dans la recherche d’une jouissance qui est venue comme une libération, un feu d’artifice, un bonheur intense.
Il a éjaculé au moment même où j’ai commencé à me perdre dans la volupté d’un orgasme puissant. Il m’a regardé dans les yeux et je les ai vus basculer dans le vide au dernier moment. J’ai ressenti son plaisir, je le sentais vibrer en moi. Je l’ai serré fort contre moi, comme si chaque centimètre de ma peau pouvait l’absorber, comme si nous pouvions ne faire qu’un.
Nos cœurs ont recommencé à battre normalement et il s’est dégagé de mon étreinte. Il s’est allongé à côté de moi et m’a caressé le dos et le ventre. Il m’a remerciée pour ce moment exceptionnel que je lui avais offert. Je lui ai dit que pour moi aussi ça avait été très bien. Il ne s’est pas endormi. Il ne m’a pas refait l’amour ce jour-là.
C’était l’homme de ma vie. Nous avions des milliers de points en commun et au lit c’était plus que je n’aurais jamais pu souhaiter. Je l’ai donc revu, jour après jour, semaine après semaine. Et puis un jour je me suis réveillée.
Il m’a fait l’amour souvent, intensément, rapidement. J’ai joui intensément, rapidement, ou pas du tout. Parce qu’avec lui, il fallait que je sois rapide, sinon je pouvais oublier toute idée d’orgasme. Je ne dirais pas qu’il est un éjaculateur précoce. Seulement, il ne se préoccupe que de lui. S’il a envie de me faire l’amour, il le fait et je dois accorder mon désir et mon plaisir au sien. Si j’ai envie de faire l’amour et qu’il n’en a pas envie, alors il ne trouve rien de mieux à répondre que je n’ai qu’à me satisfaire moi-même, que c’est à moi de satisfaire mon désir. Frustrant.
Alors pour compenser, je n’ai pas voulu lui dire oui toutes les fois qu’il propose, il faut bien équilibrer les choses. Vous pouvez bien imaginer dans quel cercle vicieux nous sommes maintenant engagés. Plus il veut, moins je veux. Plus je veux, moins il veut. Sauf les fois où il met tout en œuvre pour recréer un scénario digne de notre premier rendez-vous. Il me fait craquer dans des situations similaires. Je me meurs alors d’envie pour lui, je serais prête à tout pour qu’il me saute dessus. J’attends chaque fois qu’il fasse le premier pas vers la passion sauvage. Et c’est un déferlement inouï de sensations, comme la première fois.
Sauf que ce matin, je me suis demandée ce que je voulais réellement. Et je me suis rendue compte que j’avais envie de le dominer, d’imposer mon rythme, de l’obliger à me caresser pendant des heures avant de me pénétrer. Et je le lui ai dit. Et il l’a mal pris. D’après lui, c’est moi qui ai changé. J’en conclus qu’il ne m’aime pas assez pour apprendre à me faire plaisir ou pour changer sa manière de vivre.
Le cercle vicieux est en train de se changer en spirale infernale. Je n’ai plus envie de lui. Je n’ai plus envie d’être déçue. Je n’ai plus envie d’être un coup de deux minutes. J’ai envie de sentir des mains qui me caressent longuement.
J’ai envie de mains comme mes mains qui se promènent maintenant sur ma poitrine pendant que je réfléchis sur notre lit. Mes mains me torturent, sensuellement, elles parcourent mon ventre par-dessus ma nuisette. Puis ma main droite frôle ma cuisse et je gémis d’impatience. Mais je saurai me faire attendre le temps qu’il faudra pour me faire atteindre une jouissance extrême.
Je laisse ma main gauche remonter jusqu’à la pointe de mon sein, dressée de désir. Je la pince sans ménagement et je m’arrache un cri de plaisir. J’empoigne ce sein chaud à travers le tissu doux et je me laisse aller aux délices de la chair. Mon intimité est depuis longtemps trempée, mais je me refuse encore d’y accéder. Tranquillement, je fais glisser les bretelles minces sur mes épaules et je mouille mes doigts pour mieux m’imaginer qu’une langue parcourt tout mon corps. Je ferme les yeux de bonheur.
Mes jambes s’ouvrent et se ferment en cadence, mon bassin s’avance à la rencontre d’un amant imaginaire. Ma bouche ouverte n’est plus qu’une longue complainte de plaisir. Mon corps en entier s’enflamme. Je sens mon sexe se gonfler de désir. Il me fait presque mal tellement j’ai envie de le toucher. Pas encore. J’ai tout mon temps. Chaque caresse est une caresse qu’il ne me donnera pas. Chaque soupir est un soupir qu’il ne m’arrachera pas. Mon corps m’appartient. Je suis la maîtresse de mon plaisir. Personne ne m’oblige à jouir, ici et maintenant. Je soupire d’aise. Je halète comme une chienne en chaleur. Je pousse des cris de corneille enrouée. Mais qu’importe, l’instant présent est magique. Je suis seule dans un monde de volupté.
J’autorise enfin ma main droite à remonter le long de ma cuisse. Elle se faufile dans mon sentier humide. Je me caresse lentement. Je ne dois pas jouir tout de suite. Je veux profiter le plus longtemps possible de la montée de l’orgasme. Je veux le sentir venir en moi comme une immense vague de fond. Je veux sentir le plaisir venir du bout de mes orteils jusqu’à la racine de mes cheveux.
Mon index effectue de légers va-et-vient sur mon clitoris. Quand la jouissance approche, je ralentis le rythme, exprès. Je veux attendre, attendre encore un peu. Je veux apprivoiser ce corps qui n’a pas eu son compte de plaisir depuis longtemps. Je veux jouir pendant très longtemps. Je suis trempée. Ma mouille a coulé entre mes fesses. J’en profite pour me caresser les fesses également. Je me tourne un peu sur le côté et ma main gauche prend possession de mon petit trou pendant que ma main droite continue à s’activer sur mon sexe.
J’ouvre un instant les yeux et j’aperçois mon déodorant sur la table de nuit. Il est cylindrique. Parfait. Je le prends et sans autre forme de procès, le voici promu au rang de gode anal. Je le maintiens d’une main en effectuant de petits va-et-vient. De l’autre, j’essaie de ne pas accélérer la cadence, mais je n’en peux plus. Je suis au bord de la jouissance. Ma tête roule d’un côté à l’autre de l’oreiller. J’essaie de me retenir encore. J’enlève ma main de mon clitoris dans l’espoir de profiter d’un ultime sursis. Mais elle est là, elle vient, la vague déferle sur moi et m’emporte dans un monde de sensations presque oublié. Je crois que j’ai crié. Je crois que mon cœur s’est arrêté de battre à cet instant précis. Je crois qu’il n’existe rien de meilleur au monde.
Une heure a passé, le dernier éclair à traverser le septième ciel est déjà loin. Une dernière pensée me traverse l’esprit : il a toujours voulu que je me masturbe. Il a encore gagné. Et j’ai perdu. Mais je l’aime.
Un mois a passé, le dernier éclair à traverser le septième ciel n’est pas très loin. J’ai appris qu’il m’avait observée pendant que je me masturbais. Et je crois qu’il a appris beaucoup de choses sur moi en me regardant. Nous sommes au lit depuis deux heures, j’ai joui trois fois et il est encore habillé.