| n° 11168 | Fiche technique | 20937 caractères | 20937 3469 Temps de lecture estimé : 14 mn |
07/02/07 |
Résumé: Un jeune magicien fait une rencontre spéciale lors d'une sortie hors du collège. | ||||
Critères: #merveilleux fh forêt chantage pénétratio | ||||
| Auteur : Maxime Théberge | ||||
La douleur me déchira le poignet au moment où retentissait le bruit de ferraille de mon épée qui avait violemment percuté le mur. Les bras levés en signe d’impuissance, je sentis le tranchant glacial de la lame mon adversaire se poser sur mon cou.
Le regard sévère qu’il me lançait ne laissait pas vraiment place à la protestation. Je m’exécutai donc. Mes jointures endolories se posèrent sur les tuiles gelées et je fis les pompes demandées alors qu’il me rossait les côtes et l’abdomen de coups de tibia. Choir m’en aurait coûté dix supplémentaires.
Fort dépité d’avoir été humilié de la sorte, je lançai furieusement la seconde charge. Il ne fallut pas vingt secondes pour que, toutes mes attaques parées ou déviées, je reçus un coup de pied dans l’estomac qui me déséquilibra. La lame de mon entraîneur vint se poser sur ma nuque.
Le cul sur le sol, les jambes tendues et légèrement levées, prostré dans une position douloureuse, je devais en plus supporter le regard narquois de mon instructeur. La forte barbe noire qui lui mangeait le visage n’adoucissait pas ses traits, bien au contraire. Deux minutes passèrent ainsi, et voyant mon visage cramoisi sur le point d’exploser et mes jambes trembler, mon tortionnaire me dit de me lever pour un dernier assaut.
Essayant d’être plus prudent cette fois et gardant mes distances, c’est un coup de tibia derrière les mollets qui me fit trébucher et il s’en fallut de peu pour que je ne m’embroche sur mon épée. Rassasié, semblait-il, de m’avoir encore défait, il me condamna à soixante-quinze pompes.
Les trente dernières minutes que je passai avec lui furent consacrées à la pratique de diverses bottes, mouvements et prises.
C’est l’esprit gorgé d’endorphines et le pas léger que je retournai à ma chambre. Assandro, condisciple avec lequel je partageais la modeste pièce, était plongé dans un livre de sortilèges nécromantiques et ne sembla même pas remarquer ma présence alors que je ramassais mes documents précipitamment. Assandro était un petit brun de 16 ans, deux ans plus jeune que moi, au joli visage imberbe. Je dois confesser que mes pensées avaient parfois, dans l’aigre chasteté monastique dans laquelle nous étions confinés, dévié, bien contre mon vouloir, et que j’avais souvent fantasmé sur l’expression de son visage et de son corps crème, rythmée par les spasmes de l’orgasme. Orgasme et préliminaires dont j’aurais été évidemment l’auteur.
Un désir puissant s’emparait toujours de moi peu après les entraînements plus violents, et seul l’onanisme pouvait soulager les pulsions qui couvaient en moi. Mais cela était fort insatisfaisant et ne comblait que partiellement mes appétits.
Je n’avais pas le temps de m’y adonner actuellement, ayant un cours avec le soporifique Sandro, un vieux mage néanmoins fort sage et fort instruit, mais je savais bien à l’avance que je serais démangé tout le cours par de suaves pensées.
Ce ne fut finalement pas le cas puisque la leçon portait sur un aspect de l’altération qui me fascinait. La possibilité de manipuler les énergies magiques pour transformer la voix me semblait receler des possibilités fort divertissantes et je me promis de bien étudier ce type de sort.
Les trois heures de ce cours passèrent rapidement, et la journée se termina avec un cours présenté par Hyératan, le fondateur de notre école, encore en vie et bien vert pour son âge fort avancé. Le dos droit, une forte carrure de soldat et une voix bourrue lui conféraient un aspect assez inusité pour un mage (ou du moins l’image que je m’en faisais, moi qui venais d’une petite bourgade recluse au nord de l’Empire), trahissant la première profession de ce génie. Fils de haute noblesse, il s’était illustré dans des batailles aujourd’hui épiques qui avaient permis d’unifier l’Empire Mygan. Ce n’est que vers la fin de la vingtaine qu’il avait été initié aux forces occultes et en était devenu une des figures de proue. L’institution qu’il avait mise sur pied reflétait sa mentalité : un mage chétif est un mage faible. Une fois ses sorts épuisés, il se retrouve à la merci de la moindre créature ayant des intentions un tant soit peu hostiles. Il avait pu éprouver ses théories, puisque capturé par les elfes il y a plus de trente ans, réduit à l’état de gladiateur magicien, il avait plus souvent qu’un autre terrassé un adversaire imprudent en plein milieu d’une incantation. Mais ce n’est pas ici le récit qui nous intéresse.
Ma journée se termina assez tôt et ce ne fut nullement les sortilèges ou les nouvelles combinaisons d’escrime que j’avais appris qui accaparèrent mes songes, dans lesquels je ne pus plonger qu’après m’être disgracieusement résolu à faire disparaître la tension qui couvait dans mon bas ventre grâce à quelques coups de poignets, dont j’espérais qu’ils étaient passés inaperçus de mon condisciple Assandro.
Je me réveillai assez gaillard le lendemain mais fort dépité d’être seul sous mes draps, me rappelant alors les bons moments passés avec ma cousine (eh quoi ! ne venais-je pas d’un petit village ? C’était d’ailleurs une demi-cousine, son père venant d’une bourgade voisine et n’appartenant pas à ma famille…) et des petites explorations auxquelles nous nous livrions pendant la nuit. J’aimais particulièrement sentir les frissons et les tensions qui la traversaient alors que je passais langoureusement mes doigts entre ses lèvres humectées par le plaisir. Entendre sa respiration, entrecoupée de gémissements, s’accélérer, me mettait dans un garde-à-vous d’une telle intensité que c’en était presque douloureux, mais non sans occasionner un certain plaisir.
Rien de tel n’avait cependant été possible ces derniers six mois que j’avais passé enfermé au collège. Cependant, mes cours avaient débuté avec la saison hivernale, où, dans ce coin de l’Empire, il gelait à fendre pierre. Les sorties à l’extérieur étaient alors autant limitées qu’elles étaient déplaisantes. Mais depuis environ trois semaines, la température s’était énormément adoucie. Voyant le soleil briller par ma petite fenêtre, je décidai d’aller compulser mes notes de cours à l’extérieur, après un solide déjeuner.
L’air était encore assez frais, mais pas suffisamment pour être désagréable. Je m’étendis près de la rivière grossie par la fonte des glaces plus haut en montagne et entamai ma révision. Les étudiants, dont je faisais partie, ayant moins de quatre trimestres d’expérience ne devaient absolument pas jeter de sortilèges hors d’un cours, sous peine d’être violemment fouettés la première fois et exclus de la faculté à la seconde. Néanmoins, je croyais m’être suffisamment éloigné du collège, sans en dépasser les limites patrouillées à l’année longue par des golems et protégées par divers glyphes de protection que l’on faisait faire par les finissants, histoire de faire d’une pierre deux coups. Je voulais tenter un sort simple à l’abri du regard de mes maîtres et un lièvre qui passa à quelques mètres de moi m’en donna l’occasion. Je chantai l’incantation, profonde et voluptueuse, nécessaire au sort en question. Je sentis le courant glisser de mes tempes vers l’extrémité des doigts et fus saisi par la grisante extase (d’autant plus qu’elle m’était peu familière) de puiser dans les forces magiques et de les façonner par la voix et les gestes. Malheureusement, cette excitation fut vaine car le projectile magique manqua carrément le lièvre et grilla une motte d’herbe sur la berge, sans grands dégâts. Je fus déçu, mais sans plus.
Une crainte m’envahit soudain, sentant la présence de quelqu’un dans les environs. Songeant avec effroi aux coups qui lacéreraient mon dos, je me retournai néanmoins, rassemblant mon courage pour garder un visage impassible. Je soupirai presque, n’apercevant rien. Je supposai que mes sens avaient été bernés par le ronflement de la rivière avoisinante. Malgré tout, la désagréable impression qui me titillait les entrailles ne s’évanouissait pas pour autant. Je saisis la poignée de mon épée, m’apprêtant à dégainer en me retournant. Rien d’autre encore que la vallée herbeuse et la colline qui me cachait du collège. J’imaginai qu’il pouvait s’agir d’un autre étudiant ayant lancé un sort d’invisibilité et qui s’apprêtais à me toquer l’épaule. Je crus mes soupçons confirmés lorsqu’un léger chuintement parvint à mon oreille. Je me retournai rapidement et eus à peine le temps de porter un coup de pied à l’abdomen d’une silhouette qui se jetait sur moi. Le réflexe me fut salutaire. Je vis passer à quelques centimètres de mon visage la pointe d’une épée qui m’aurait probablement traversé la poitrine.
Cela me donna le temps de dégainer et d’engager le duel. Je me rendis rapidement compte, non sans un certain soulagement, que l’adversaire que j’affrontais, masqué d’une sorte de turban noir, était nettement inférieur à maître Sivie. Je réalisai aussi avec satisfaction qu’il avait une épée plus courte que la mienne et qu’il devait par conséquent s’approcher pour me blesser. Soufflant plus que moi après quelques dizaines de secondes de combat, il lança l’attaque que j’anticipais, tentant visiblement de me percer l’estomac. Effectuant une parade que j’affectionnais, je plaquai violemment l’épée de mon adversaire vers le sol qui, à ma grande surprise, lui chut des mains, mais il s’était placé suffisamment proche pour me permettre de lui décocher un solide crochet à la tempe. Il chancela et je ne me fis pas prier pour le frapper du plat de l’épée. Mon agresseur s’écroula en se tenant le visage.
Il, ou devrais-je alors dire elle, puisque je compris bien ce qu’il en retournait en entendant un gémissement de douleur qui n’avait rien de très masculin. Vêtue de son armure de cuir, on aurait pu se méprendre et penser avoir affaire à un jeune homme un peu fluet. Je me penchai sur elle en prenant garde à la sécurité de mon entrejambe et lui arrachai son turban. Je ne pus distinguer correctement son visage puisqu’il était taché par le sang qui s’écoulait d’une navrure à l’arcade sourcilière, qu’elle comprimait de sa paume.
Son regard me défiait avec arrogance.
En fait, j’y répugnais. Je ne doutais pas un instant qu’à ma place, elle n’eut pas éprouvé le moindre remords à m’achever.
Sa raillerie ne manqua pas la cible et je restai coi un instant. Elle dut percevoir sa demi-victoire par l’air déconfit qui glissa un instant sur mes traits et se laissa aller à un petit gloussement de dérision.
À ce moment, je lui piquai la gorge de mon estoc, ayant aperçu sa main glisser discrètement dans son dos.
Elle s’exécuta, la pointe de l’épée qui lui comprimait la trachée me conférant un certain avantage.
C’est sans surprise que je vis le pommeau d’un poignard dissimulé dans son dos. Je l’arrachai rapidement et le jetai au loin.
Cette fois, je crus la voir blêmir sous le sang qui lui maculait le visage, joli à souhait à ce qu’il me sembla. Je la levai par le col et lui donnai une violente poussée. Elle se laissa choir mollement, visiblement découragée par l’échec de son dernier artifice. Mais elle ne demeurait pas sans atouts, propres à toutes celles de son espèce, ce dont je me rendis compte bien assez tôt.
Du revers de sa manche, mon assaillante s’essuya le visage et recomposa en un clin d’œil ses traits, qu’elle avait fins et bien proportionnés, dont se dégageaient une sorte de jovialité candide, accentuée par de pâles taches de rousseur clairsemées autour du nez, couronné par de grands yeux félins d’un vert hypnotique. Ses lèvres, framboise, dévoilaient de petites dents blanches qui contribuaient sans que je ne susse trop pourquoi à sa physionomie ingénue. Si je m’attarde tant à cette description, c’est que son joli minois ne manqua pas sur le coup de m’émouvoir profondément, au point de m’en faire presque oublier qu’il y à peine quelques minutes elle m’eut voulu raide mort et qui plus est de ses propres mains.
Sentant alors une chaleur affluer dans mon bas ventre, faisant monter en mon esprit des appétits qu’à cet âge je contrôlais plus difficilement, je ne pus que déglutir et attendre sa proposition que déjà je devinais à moitié :
Flairant qu’elle me poussait très rapidement dans mes derniers retranchements et que cette rebuffade n’était qu’un ultime rempart, d’autant plus qu’elle se doutait bien que le combat avait éveillé en moi une soif de chair féminine, elle poursuivit l’assaut de plus belle, par des regards et des sourires ; autant de pointes qui lardaient ma volonté sans que je ne puisse les parer.
Je fus assez surpris de ne pas la voir ciller, m’attendant à avoir déjoué sa ruse. Elle s’assit derechef sur l’herbe, et m’invita avec un sourire complice. Presque totalement subjugué, je plantai mon épée dans le sol, et me penchai sur ma prisonnière. Craignant qu’elle me morde, je la forçai à s’allonger en lui plaçant ma main gauche sur le menton, alors que mon autre baissait fébrilement ses pantalons et les miens. Je reculai un peu et tâtai ses chausses de peur qu’elle n’y ait caché un couteau, mais mon intuition s’était cette fois trompée.
Elle exhalait un parfum musqué, épicé, pas tout à fait recouvert par la lourde senteur de cuir de son armure. Une odeur de combats, de grand-routes et de plein air. À deux doigts, je commençai à lui caresser la vulve, longeant tout d’abord les lèvres, m’attardant sur ces délicats replis, la paume posée sur son pubis. Poursuivant alors mes caresses en me glissant entre ses lèvres, en tournant doucement autour de son clitoris, je fus étonné de constater qu’elle était déjà humide. Cela ne fit qu’accroître la flamme qui s’était allumée dans mes reins. Je continuai à la caresser ainsi, prenant un certain plaisir à voir le sien, qu’elle dissimulait de moins en moins, cambrant ça et là les hanches pour mieux s’offrir à l’exploration caressante de mes doigts. Sa respiration se fit plus profonde et plus bruyante.
Nos regards se rencontrèrent, sans qu’aucun de nous deux ne détourne les yeux. J’aurais été bien malin de pouvoir dire ce que ses yeux recelaient vraiment, mais je pris plaisir à m’y perdre.
Jugeant le moment approprié, je la pénétrai, ce qui lui arracha un faible gémissement. J’eus l’impression de plonger tout entier dans une béatitude chaude, moelleuse, veloutée même, et il y avait tellement longtemps que j’étais cloîtré dans l’aridité du collège que je n’en fus que plus heureux de pouvoir m’ébattre ainsi. La main gauche toujours posée sur son menton, l’œil dans le sien, j’entamai un va-et-vient lascif. Tout sembla alors disparaître dans les limbes de la volupté, tant le murmure de la rivière que le chant des oiseaux, et il n’y avait plus alors que moi et elle, plongés dans un corps à corps totalement différent de celui que nous nous étions livré il y a si peu de temps.
Je passai ma main derrière sa tête alors que ses doigts me cajolaient la nuque, effleurant et plongeant dans mes cheveux, faisant courir en moi d’agréables frissons. Je ralentis un peu le rythme, ne voulant pas que ce moment prît fin trop vite, désirant rester un peu plus longtemps sur le plateau luxuriant qui précède le moment ultime.
Je ne pus me retenir et accélérai le rythme, alors que tout semblait fondre dans cet ineffable instant qui précède la détente, avant d’être traversé des orteils aux oreilles par l’enivrant courant libérateur, qui fait retomber la pression même si nous aurions souhaité que cela monte encore, se poursuive à des niveaux encore plus intenses.
Un peu essoufflé, suant des deux combats que je venais de mener sans discontinuer, je me retirai, soudain mal à l’aise de ce qui venait d’arriver, me rendant compte que je ne connaissais même pas son nom et qu’elle m’aurait après tout occis si je ne m’étais pas défendu. Tout s’était produit tellement vite, entraîné par les pulsions animales qui couvaient en moi et que je n’avais pu brider.
Toujours assise, elle remonta ses pantalons, me révélant fugitivement cette chatte que je n’avais alors pas vraiment vue, petit triangle d’ébène surmontant sa vulve rubiconde, luisante et encore invitante. Je demeurai assis, pantelant et confus, ne sachant trop que dire. Nous étions assis côte à côte et je l’observais sans pouvoir prononcer un mot, charmé par son joli visage et la façon dont elle s’était donnée. Je ne savais trop quelle attitude adopter, la situation me semblant alors pour le moins nébuleuse. Son sourire me fit reprendre voix, et je lui demandai son nom. Elle s’appelait Anika. La conversation qui suivit demeure cependant brumeuse dans mes souvenirs, mais je me rappelle du vent frisquet qui s’était levé, faisant rougir ses joues, déplaçant devant son visage des mèches de cheveux, qu’elle ramenait rapidement derrière ses oreilles. Elle avait environ 22 ans, née dans un convoi de réfugiés lors des dernières guerres de pacification, ses parents avaient perdu la notion du temps et ne situaient qu’approximativement sa naissance. Lorsque je lui demandai pourquoi elle m’avait voulu occire, elle détourna le regard et décida de départir sur le champ, ne pouvant s’attarder en ces lieux.
Elle reprit possession de ses armes, éparpillées plus loin, et départit d’un pas léger, non sans m’avoir baillé un clin d’œil.
Sur ce, elle repartit de sa démarche souple et féline, et je la regardai disparaître dans les bois avoisinants, encore incertain des sentiments contradictoires qui bouillonnaient en mon être. Je devais rapidement trancher, lorsque je découvris avec horreur que le collier qui me garantissait l’accès aux librairies et laboratoires du collège s’était volatilisé. C’est ce qu’elle voulait probablement depuis le début. Je compris qu’elle m’eut préféré décédé, pour ce que mort je ne pourrais rapporter le vol.
Jugeant que le scrupule ne l’étouffait sûrement pas, je regagnai à toute vitesse les remparts du collège, infiniment plus résistants que ceux de ma volonté, au cas où ma petite voleuse déciderait de changer d’avis sur mon compte.
À suivre…