Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 10847Fiche technique41950 caractères41950
Temps de lecture estimé : 25 mn
04/10/06
Résumé:  Un correspondant mystérieux réveille les sens de Françoise, épouse sans histoire.
Critères:  fh ff ffh couple extracon collègues telnet vengeance chantage revede intermast fellation cunnilingu pénétratio fsodo
Auteur : Jean Tissip      
Mailez-vous de vos affaires...

Françoise était paisiblement installée devant son ordinateur. Elle relevait son courrier électronique et comme d’habitude, expédiait les spams qui lui parvenaient. Mais voilà que son regard est attiré par un titre inhabituel : « Réponds-moi ». Elle clique sur ce titre et lit qu’un certain Val lui a envoyé ce message. « Val, connais pas, se dit-elle. » Elle lit le texte :


« Françoise, je t’envoie ce message pour prendre contact. Il faut que je te dise quelque chose que je ne peux dire de but en blanc. Demain, tu auras un autre mail de moi. N’en parle à personne. Val. »


Françoise détruit ce mail et passe à autre chose. Elle oublie ce message. Elle oublie même qu’elle s’est posé la question de savoir qui était cette personne qu’elle ne connaît pas et qui ne devrait donc pas avoir son adresse internet. Elle oublie qu’elle a réfléchi quelques instants avant de renoncer et de se mettre à un travail urgent.


Le lendemain, Val se rappela à son souvenir. Son mail était là. Étonnement. Tiens ? Il persiste, ce type. Qu’est-ce qu’il peut bien me vouloir ? Françoise lit :


« Je t’écris parce que je ne peux pas te parler. Je ne pourrai jamais te parler. Plus tard, tu comprendras pourquoi. Je t’écris parce que tu as sans le vouloir et sans le savoir, changé ma vie. Si j’étais un peu lyrique, je dirais que tu m’as sauvé la vie, sans que tu le saches, et pour de bon. Je veux te remercier, te dire combien je suis attaché à toi, même si tu ne me reconnais pas, et même si nous ne pouvons échanger que des mots. Je t’enverrai un autre message demain pour t’expliquer. Merci. Val. »


Là, c’est drôle, oh! J’ai fait un heureux, mais qui ? Quelques instants de réflexion, mais ça ne sert à rien, il n’y a pas d’éléments. Je verrai bien demain, il va sûrement continuer. On verra.

Françoise sourit car tout cela est très inattendu. Ça la change de la routine et puis c’est plutôt plaisant de recevoir de tels compliments. Si on pouvait ainsi répandre le bonheur sans rien faire de particulier, ça serait sympa.


À huit heures, c’est l’heure du repas. Françoise a préparé une omelette pour Pascal, son homme. Elle s’apprête à lui raconter qu’elle a sauvé la vie d’un inconnu qui lui envoie des mails. Elle ouvre la bouche pour lancer cette phrase, mais finalement, renonce. C’est trop bête. Ça n’a pas d’importance. Ça ne le regarde pas. Elle lui en parlera plus tard quand elle en saura plus. La conversation roule sur la journée passée. Françoise pense au mail du lendemain pendant toute la soirée.


Après son travail comme secrétaire à l’usine, Françoise revint en hâte à la maison et alluma l’ordinateur. Elle allait en savoir plus. Elle allait pouvoir enfin mettre un visage sur Val et demain, elle lui dirait bonjour et tout rentrerait dans l’ordre. Pas de mail. Françoise a un pincement au cœur. Elle est un peu déçue. Elle soupire légèrement, mais après tout il devait s’agir d’une plaisanterie.


Le lendemain, alors qu’elle n’y pensait plus, elle trouva un message dans sa liste.


« Françoise, désolé pour le retard mais je dois t’écrire quand je suis seul. Je suis marié et ma femme ne doit pas être au courant. Je te raconte notre histoire, même si tu y as participé involontairement et sans le savoir. Le mois dernier, il y a eu un pot d’anniversaire à l’usine. L’ambiance était bonne et il y avait beaucoup de monde, dont toi et moi. Je te connaissais déjà de vue, mais je ne t’avais côtoyée que très peu ; et pourtant, dès que je suis arrivé près de toi, alors que tu étais au buffet pour prendre une coupe, j’ai senti quelque chose de très intense. Dans le tourbillon de la fête, tu ne m’as accordé aucune attention mais je t’observais de temps à autre, et à plusieurs reprises j’ai surpris des gestes, des attitudes qui m’ont surprise par leur grâce et leur sensualité. Un geste de la main, un sourire, une façon de relever tes cheveux, qui m’ont troublé. À un moment, par le plus heureux des hasards, tu t’es penchée sur la table de service et j’ai entrevu ta poitrine un quart de seconde.

Tu dois savoir que depuis quelques années, je suis impuissant. J’ai beau vouloir honorer ma femme, cela finit toujours mal, si bien que nous avons renoncé à tout rapport sexuel. Or, à l’instant même où j’ai aperçu le sillon de tes seins dans ton décolleté, j’ai été pris d’une érection incontrôlable. Avec tout ce monde, je ne savais plus où me mettre et j’ai dû détourner le regard et penser à ma déclaration d’impôts pour retrouver un état «normal». N’empêche que j’étais heureux à un point que tu ne peux imaginer. Après quelques instants, je t’ai de nouveau cherché des yeux mais tu n’étais plus là. J’étais désappointé mais de penser à toi m’a de nouveau fait bander, et très dur. J’ai dû chasser ton image pour me calmer.

Ma femme Catherine travaille aussi à l’usine et nous sommes repartis ensemble en voiture. Sur le chemin, j’ai fait une expérience. J’ai remonté sa jupe au maximum. Il ne se passait rien. Puis j’ai pensé à toi et j’ai bandé. J’ai menti, j’ai dit à Catherine qu’elle était très excitante ce soir et elle l’a cru. Elle m’a senti dur et elle a eu envie d’essayer à nouveau. Nous avons baisé comme des nouveaux amants. Elle était au septième ciel.

Depuis nous faisons ainsi à chaque fois. Il me suffit de penser à toi pour que nous soyons heureux et Catherine vit un bonheur nouveau, qui la transforme en bien. Elle est de plus en plus sensuelle et elle ose beaucoup plus qu’avant. Tout cela grâce à toi.

J’espère que ces révélations te permettront de partager un peu de ce bonheur qui est le nôtre.

Merci et à bientôt sur Internet.

Val. »


Ces révélations inattendues, laissèrent Françoise perplexe. L’idée d’avoir affaire à un individu bizarre la dérangeait, même si elle s’apitoyait plutôt sur le bonhomme et se félicitait finalement pour lui d’avoir retrouvé sa virilité. Elle se demandait aussi qui était cette Christine qu’elle devait certainement connaître, depuis le temps qu’elle travaille à la boîte. Mais non, rien ne lui venait. Au bout de quelques minutes, elle se remit à ses occupations habituelles.

Ce n’est qu’au retour de Pascal, son mari, qu’elle ressentit un effet-retard surprenant mais pas désagréable. Il rentra de bonne humeur et lui lança un :



Ces petits détails subtils échauffèrent immédiatement Françoise sans qu’elle fît le rapprochement avec le message électronique car elle l’avait rangé aux oubliettes du souvenir. Cependant, elle appuya son baiser et se frotta à son mari avec langueur, en soupirant légèrement et voluptueusement. La suite alla très vite. Pascal lui ouvrit le chemisier et détacha prestement l’attache du soutien-gorge ; Françoise désapa son homme et se mit à le caresser pendant qu’il lui baissait la culotte. Suite à quoi, ils se retrouvèrent sur le canapé et jouirent rapidement tous les deux. Cela faisait bien longtemps qu’ils n’avaient ressenti un élan érotique si soudain et si fort. Les retours de flamme avaient de bons côtés.


Le lendemain, Françoise en arrivant à son travail, chercha un moment du regard à reconnaître son mystérieux correspondant. Mais cela ne dura pas plus que le temps d’aller à son bureau et à se replonger dans son travail quotidien. Ce travail sans grand intérêt l’absorba suffisamment pour qu’elle s’y consacrât pleinement. La journée se passa assez rapidement, prise dans le rythme normal du labeur.

Au soir, elle prit le temps de se reposer et ne se mit à son ordinateur qu’après avoir un peu récupéré. Pascal ayant des horaires décalés ne devait rentrer que vers 21 heures. Elle avait tout son temps.


Ouvrant le logiciel de messagerie, elle trouva un nouveau message de Val. Elle était partagée entre curiosité et agacement, et pour se prouver son propre pouvoir de décider, elle lut tout d’abord le flot de spams qui lui arrivait du monde entier. Ensuite seulement, elle pointa le titre du message et se mit à lire :


« Chère Françoise, femme de mes fantasmes. Depuis que tu m’as fait retrouver le plaisir et l’amour de ma femme, la vie a pris une couleur plus vive et une saveur exquise. Je me sens mieux, heureux d’être en vie. J’ai redécouvert une compagne mais aussi une personne avec laquelle mon destin est lié. Et c’est toi. Il existe une femme, que je n’ai vu qu’une fois mais avec laquelle je suis en relation et en correspondance, que je le veuille ou non. J’espère que tu comprends cela et que je ne serai jamais en effraction chez toi, car je ressens le besoin de partager mes émotions avec toi. Non pas pour te les imposer mais pour que tu puisses en profiter. J’espère secrètement que tu me rendras la pareille et que j’aurai de tes nouvelles. La seule condition que je nous fixe pour le moment étant que tout cela ne sera que virtuel. Je ne suis pas l’homme des doubles vies. Je ne sais pas soutenir un mensonge. Je ne veux être en porte à faux avec personne. Je préfère que tu restes dans mon esprit présente, même si tu es irréelle. Je ne chercherai pas à m’imposer. Mais je ressens un tel bonheur que j’espère t’en rendre un peu puisque tu es celle qui l’a rendu possible.

Hier, nous avons fait l’amour. Moi et ma femme. Dans la salle à manger, alors qu’elle se trouvait devant moi, la seule évocation de toi, m’a amené à la prendre dans mes bras, embrassant sa nuque, puis à lui dégrafer son corsage, sous lequel elle n’avait rien, pétrir et caresser sa poitrine. Je sentais que j’étais déjà dur et je me frottais contre ses fesses. Elle a aussitôt joué le jeu, se frottant également, poussant de petits soupirs, sa main explorant et me caressant. « Hum, t’es dur ! » Elle s’est retournée et m’a embrassé à pleine bouche. Elle m’a défait le pantalon et m’a branlé doucement pendant que je passais ma main sous sa jupe. Je lui ai baissé la culotte et j’ai caressé son sexe qui était tout mouillé et on est resté comme ça pendant un moment à se caresser et à s’embrasser goulûment. À la fin, elle s’est mise à genoux sur le canapé et je l’ai prise en levrette. On a vraiment bien joui.

Je sais que tout cela est bien cru mais vous ne pouvez pas savoir comme il est bon de retrouver toute cette force du désir quand on l’a perdu à un moment. Maintenant la baise est pour moi comme une symphonie et je savoure chaque mot dont je la décris. Et c’est encore mieux quand on est accompagné par deux personnes qui vous ouvrent ce monde de plaisir. Ma femme, est la vestale lubrique de mon culte érotique, et toi tu es la gardienne du temple, qui me donne accès à ces accomplissements.

A bientôt, j’attends sans impatience une réponse.

Val. »


Françoise sentait le rouge à ses joues et elle se demanda s’il ne valait pas mieux couper court immédiatement, mais la lettre éveillait des échos de sa propre expérience de la veille. Le plaisir de se dénuder, de toucher et d’être touchée, de se laisser aller à un élan du corps. Elle ressentait encore l’émotion de la caresse réciproque, le crescendo des ébats et le vide apaisant du bien-être, la jouissance passée comme au loin un murmure qui peu à peu laisse place à un silence très doux. Elle relut et la deuxième fois, elle se figura dans cette scène. Elle attendait le retour de Pascal. Elle allait se faire très câline. Malheureusement, il lui téléphona à l’heure où il aurait dû rentrer pour lui dire qu’il devrait faire quelques heures supplémentaires, ce qui dans l’état de leurs finances n’était pas un mal. Françoise alla se coucher et se toucha en pensant au mail de Val. Elle jouit d’une façon brève mais assez violente. Elle regretta ensuite de ne pas avoir attendu le retour de son mari mais le désir était trop urgent. Elle s’endormit et quand il rentra, il se fit discret. Il ne se passa rien cette nuit-là.


Pendant quelques jours, il ne se passa rien de notable. Jusqu’à ce que Françoise remette la robe qu’elle portait au pot de fin d’année. Le soir même, elle recevait un mail où Val la remerciait d’avoir pensé à lui. Il lui expliquait que son désir allait redoubler, etc. Françoise était fortement troublée de s’apercevoir qu’elle vivait dans l’entourage de son correspondant sans qu’elle eût remarqué quoi que ce soit. Le fait qu’il fasse attention à son apparence la flattait. Elle recommença le lendemain.


De nouveau, il ne se passa plus rien pendant quelques jours. Françoise était en attente. Il lui tardait que son correspondant lui fasse signe. Par contrecoup, elle se faisait plus câline avec Pascal, prenant sa main pour la poser sur le sein, se frottant à lui de temps en temps avec un petit soupir suggestif, palpant son entrejambe subrepticement lorsqu’ils s’asseyaient côte à côte dans le canapé du salon. De petits gestes, pas plus, pas moins que de quoi patienter avant de nouveaux messages qui, elle commençait à s’en douter, l’exciteraient encore un peu plus.


Quelque temps plus tard arriva donc le texte suivant :


« Je te remercie pour tout. Je te dis au revoir. Puisque notre correspondance est décidément à sens unique, elle n’a pas de sens. Je regrette simplement que tout ce plaisir que j’expérimente aujourd’hui, tu ne puisses pas à ton tour le connaître car il est incroyable pour moi.

Hier encore, après avoir déjeuné, j’ai pris ma femme dans mes bras et remontant la main sous sa robe je suis allé la caresser entre les cuisses. Elle n’avait rien que sa nudité. « Enfin ! M’a-t-elle dit, tu aimes quand je suis nue sous ma jupe ? Moi, ça me fait frissonner de savoir que tu vas me la relever ou me demander de la lever pour toi. Je me sens encore plus nue que nue, si tu vois ce que je veux dire. »

Autrefois j’aurais écourté ce moment, par gêne, par peur de l’impuissance, mais là, j’ai simplement pensé à toi et j’étais sûr que je pourrais aller jusqu’au bout. Deux minutes après nous nous caressions avec délice… Je te laisse deviner la fin…

Alors au revoir, et épanouis-toi autant que je l’ai fait… »


Cet adieu était inévitable étant donné le silence de Françoise. Elle comprit qu’il lui faudrait donner un signe immédiatement sinon tout ceci serait terminé. Elle répondit donc :


« Cher Val. Loin de moi la volonté de vous mépriser. Vos messages m’ont intéressé et je les ai trouvés très touchants mais je n’ai pas l’habitude de ce genre d’échanges épistolaires. Et j’avoue qu’à un moment je n’étais pas très sûre que vous vous en tiendriez à nos accords de principe : tout par mail, pas de rencontre. Aujourd’hui, j’hésite encore. Je ressens une envie folle de vous faire confiance et de laisser libre cours à notre relation mais j’ai encore besoin d’un signe de votre part. Vous vous confiez sans réserve mais vous vous cachez derrière votre anonymat. Vous me connaissez, vous me côtoyez sans doute mais moi, je ne vous connais pas. Si vous me trahissiez, volontairement ou involontairement, je serais seule et désemparée, je ne pourrais pas me défendre contre un adversaire inconnu. Je sais, au fond de moi, que vous ne voulez pas de cela, mais comprenez-moi : nous ne sommes pas sur un pied d’égalité. Dites-moi qui vous êtes et nous pourrons poursuivre, en sachant l’un et l’autre à quoi nous en tenir. Nous ferons semblant de ne pas nous connaître, nous éviterons les rencontres et les contacts, mais nous jouerons plus à cache-cache et je me sentirai rassurée. Très tendrement, Françoise. »


Après cela, c’était quitte ou double. Françoise s’attendait au silence. L’histoire avait commencé sous le sceau du mystère, elle était appelée à s’arrêter au premier éclaircissement. Tout cela était trop ambigu pour supporter qu’on mette les choses au clair.

Pourtant, elle n’attendit pas longtemps, puisque dans la soirée même elle reçut la réponse :


« Très chère Françoise,

Comment n’ai-je pas pensé plutôt à tout cela ? Évidemment, la situation n’était pas équilibrée jusqu’à maintenant et tu avais toutes les raisons d’être réticente. Je ne te cacherai pas plus longtemps mon identité, du moment où tu m’autorises à garder mon pseudonyme pour m’adresser à toi : il m’aide à te parler plus franchement, plus directement, je m’y suis attaché. Je m’appelle C***** R**** et je travaille aux ressources humaines. Je te promets de maintenir ma discrétion car je tiens trop à notre secret si précieux. Et puis, j’aurai peur de mettre mon couple en péril, lui qui est si vivant depuis notre rencontre. Je te l’ai déjà dit maintes fois, j’adore ma femme et elle me le rend bien. Ah, comme je désire te garder, comme je pense à toi ! Je sais que je ne devrais pas espérer, mais le bonheur me rend encore plus exigeant.

Ce matin, avant de partir travailler, ma femme m’a embrassé comme d’habitude mais en même temps elle m’a ouvert la braguette et a commencé à me masser et à me caresser. Elle me disait : « Ah je l’aime quand elle est dure, elle m’excite! » Et je n’ai eu qu’à penser à toi Françoise pour que son désir se réalise. J’ai bandé bien dur et je l’ai bien branlée, elle aussi. J’ai failli rester chez moi au lieu d’aller travailler.

Tout cela devrait me suffire, je le sais. Je ne mérite rien de plus. Certainement. Et je suis bien impudique de vous dire tout cela. Mais j’espère que tout cela vous fait plaisir. Sachez que je pense à vous dans le plaisir… »


Françoise était rassurée par la révélation de Val. Elle le connaissait de vue, mais il travaillait loin d’elle, ils ne risquaient pas de se croiser au quotidien. Et puis, si cela arrivait, elle ferait semblant de rien. Tout était rentré dans l’ordre. Françoise eut une bouffée de désir soudaine. Elle s’imagina dans la situation qu’elle venait de lire et se branla immédiatement. Quand Pascal revint du travail, elle fit la pauvre esseulée et l’attira à lui. Ils firent l’amour avant le repas. En apéritif.


Le lendemain, Françoise alla travailler avec une curiosité mêlée d’angoisse. Elle fut sur le qui-vive toute la journée, attendant de croiser son correspondant électronique en chair et en os. Elle avait peur d’avoir peur, elle avait peur de rougir, et en même temps elle avait envie de le voir pour de bon, de voir s’il la regarderait, s’il l’accosterait, s’il lui enverrait un signe. Mais ce jour-là, il ne se passa rien. Le lendemain non plus. Ce fut le surlendemain qu’elle le croisa, de loin. Il sortait d’un bureau et se dirigea vers la sortie. Elle ne vit que son dos. Elle aurait pu le transpercer de là où elle se tenait.

Finalement, un peu plus tard dans la journée, elle le croisa pour de bon. Elle lui lança un regard furtif en passant, mais lui fit semblant de rien. Il y avait une autre femme dans le couloir et Françoise se dit que vraiment, elle ne risquait rien; leur secret serait bien gardé. En réalité, elle était un peu déçue qu’il ne daigne même pas lui adresser un petit clin d’œil.


Le soir venu, Val ne fit même pas allusion à leur rencontre dans le couloir. Dans son message, elle le félicitait de son attitude. Lui, ne releva même pas. Il était trop occupé à lui raconter ses frasques conjugales. Sa femme travaillant dans l’entreprise, lui avait donné rendez-vous aux toilettes. Ils étaient rentrés tous les deux dans une cabine et ils avaient baisé ; lui assis sur le siège et elle sur lui. C’était la première fois qu’ils s’y prenaient comme ça. Ils avaient décidé de recommencer aussitôt que possible. Val, lui, avait failli faire une bêtise. Au moment de jouir, il avait manqué dire « Françoise! » car c’était à elle qu’il pensait à ce moment-là. Il détaillait l’acte et ses sensations mais c’était la présence virtuelle de Françoise qui était la plus importante. C’est elle qui garantissait la bonne fin de la séance.

Françoise avait vu en imagination la scène remplaçant la femme par elle-même. Elle lui répondit en lui posant des questions sur le danger de se faire surprendre.


Tout cela était bien aventureux.


Pour elle, ces exploits sexuels n’étaient pas à l’ordre du jour, trop compliqué, mais ces lettres faisaient leur petit effet. Ce soir-là, Françoise et Pascal firent l’amour un peu différemment. Elle se mit sur lui en lui tournant le dos. Elle s’effondra après l’orgasme dans un plaisir et une détente totale.


Les échanges de lettres continuèrent ainsi pendant quelque temps mais un beau matin Françoise reçut un mail inquiétant :


« Ça ne va pas se passer comme ça, salope ! »


L’origine du mail était inconnue : Christine303. Françoise eut un coup au cœur et sentit aussitôt que quelque chose de néfaste se profilait. Et elle en eut confirmation l’après-midi même. Une employée de l’usine, chargée des stocks, une femme de trente-cinq ans l’aborda dans son bureau. Elle entra sans frapper, se posta, bras croisés devant elle et, la regardant fixement et méchamment lui dit :



Françoise terrorisée préféra oublier l’incident mais à 18 heures, Christine était devant l’entrée de l’usine. Françoise, après un timide bonsoir dut essuyer un torrent de reproches:



Et sur ce, elle partit, fulminante. Françoise était effondrée. Elle voyait déjà sa vie de couple détruite. Jamais son Pascal n’accepterait même une relation purement verbale. Elle était foutue ! Foutue !


Rentrant à la maison, elle reçut un message d’adieu de Val qui lui apprenait, un peu tard que Christine avait lu sa correspondance et l’avait vertement secoué. Un message de Christine arriva un peu plus tard.


« Je vous attends samedi à 14 heures pour vous donner mes conditions. »


Ça sentait le chantage.


Paradoxalement la tournure de la situation rassura Françoise. S’il y avait chantage, il y aurait transaction et donc possibilité d’échapper à une révélation brutale, à des explications pénibles avec Pascal. Françoise réussit à dormir un peu cette nuit-là, quoiqu’elle ait un peu rudement refusé les avances de son mari : trop fatiguée pour la bagatelle.


Et le samedi à 14 heures, Christine la faisait monter dans sa voiture : destination inconnue. La Mégane les emmena dans un silence glacial jusqu’à une forêt des environs. Elle s’arrêta au bord d’un chemin de terre isolé. Françoise s’attendait à voir son ennemie sortir une arme et la tuer dans un accès de jalousie, mais le silence entre les deux femmes excluait un geste désespéré. Christine prit enfin la parole :



Françoise ne répondait pas, impuissante à agir.



Elles sortirent et s’écartèrent du chemin. Il faisait très beau, la forêt était superbe et accueillante. Un carré de mousse éclairé des rayons du soleil de printemps fit l’affaire.



Françoise était comme absente, et la solitude, la quiétude, du lieu finirent par la décider. Elle se dévêtit tranquillement, posant ses affaires avec soin et se retrouva nue, les deux mains devant le sexe, devant son adversaire narquoise mais silencieuse.



Christine tournait autour d’elle.



Françoise plaça ses deux mains le long des cuisses, tétanisée, incapable d’un mouvement. C’était à peine si elle avait conscience du lieu. Elle essayait de s’absenter intérieurement.

Christine s’approcha encore, tournant autour d’elle. Puis elle posa la main sur les fesses de Françoise et les tâta, sans violence. Elle s’approcha encore plus, dans le dos et prit sa poitrine qu’elle palpa pendant deux ou trois interminables secondes.



Elle parlait à peine. Elle eut un bruit de déglutition. Elle baissa la tête et mit son visage dans ses mains.



Elle penchait la tête et le corps voûté, elle revint à la voiture pendant que Françoise se revêtait. L’agressivité avait totalement disparu. Il ne restait plus qu’une grande tristesse.

Quand Françoise revint à la voiture, Christine regardait devant elle.



Elle sortit une boîte de Dvd.



Françoise ne disait rien. Effondrée.



Elle démarra et déposa Françoise devant chez elle.


Françoise trouva Pascal à la maison en rentrant.



Françoise s’écroula et dormit tout l’après-midi. Quand elle se réveilla, elle descendit en peignoir à la cuisine et trouva le Dvd sur la table. Elle blêmit. Elle l’avait caché dans son sac à main. Pascal avait dû le trouver en prenant de l’argent dans le porte-monnaie. Comment expliquer cela ? Pour l’instant, il semblait sorti, mais il reviendrait bien vite. Françoise se mit à pleurer. La poisse.


Pascal rentra quelques minutes plus tard. Il était allé chercher des clopes. Il rentra dans la cuisine, s’assit à la table et montrant le Dvd demanda avec une douceur incroyable pour Françoise :



Pascal se leva, s’agenouilla devant elle et l’embrassa d’une façon qui ne laissait aucun doute sur sa satisfaction. Il la pelota fermement.



Françoise s’exécuta. Elle était trop préoccupée pour voir dans la situation autre chose que le déroulement inéluctable d’une malédiction qui la poursuivait, elle, victime d’un chantage dont elle se demandait si elle sortirait un jour. Mais dès qu’ils furent dans le canapé et que le film eut commencé, elle se rendit compte que cela l’excitait aussi. Elle n’avait jamais vu de porno avant. Elle ne pensait pas que l’effet de ces images l’atteindrait, et pourtant, très rapidement elle mouilla, et se mit à caresser la verge de son mari qui était dure comme du bois. Lui, la caressa aussi, ponctuant la séance de :



Françoise comprit vite que la fellation était la figure imposée dans pratiquement chaque scène et comprit ce que «pratiquer» voulait dire dans la bouche de Christine. Après un court moment d’appréhension à la pensée du sperme dans la sienne, elle se décida à essayer, pensant que la conclusion de l’acte pourrait se faire par un va-et-vient vigoureux du poignet. Jetant un oeil sur ses profs cinématographiques, elle se mit à sucer de plus en plus langoureusement Pascal qui semblait aux anges. Et quand il manifesta la proximité de la jouissance, elle se retira et le finit à la main.



La façon dont elle avait dit cela ragaillardit aussitôt Pascal qui la prit fougueusement. Elle gémissait comme jamais, elle pleurait de plaisir avec des petits oui irrésistibles. Elle prit la main de Pascal et lui suça le pouce comme s’il s’était agi de son gland tout en se caressant. Et enfin, elle poussa un cri de jouissance doux et long, entrecoupé de pleurs :



Elle prit son mari dans ses bras. Elle lui était reconnaissante. Et à Christine, donc…


Les évènements prenaient un tour inattendu. Françoise découvrait le plaisir sexuel dans toute son intensité. Pascal essaya même la sodomie mais elle n’aimait pas vraiment ça. Ils ne recommencèrent pas. Pendant quelques jours, chaque soir, ils révisaient leurs leçons de baise et retrouvaient l’ardeur de leur première rencontre.

Françoise aimait prendre des poses obscènes, montrer sa chatte en écartant bien les cuisses, tenir la verge de Pascal dans la paume de sa main et se pencher pour la mettre en bouche pendant qu’elle se touchait. Elle le suça devant le miroir de l’armoire de leur chambre pour se voir. Ça l’excitait foutrement.

Elle se préparait pour son retour le soir. En jupe, sans culotte, ni soutien-gorge…

Pendant ces journées de bonheur, elle n’entendit plus parler de chantage ou de menace.


Christine revint une seconde fois à la charge. Elle s’invita dans le bureau de Françoise et l’emmena dans une réserve à une heure où personne ne traînait par là. Elle lui ordonna une fois de plus de se dénuder.



Françoise ne parlait pas mais elle était complice. Quand Christine s’approcha d’elle et mit la main dans son décolleté elle ne résista nullement. Christine avait pris en main le sein droit de Françoise et elle le caressait franchement.



Françoise sentait ses tétons durcir. Elle déglutit. Christine descendait vers le sexe.



Christine se pencha et lui suça un sein pendant qu’elle lui frottait la raie. Elle sentit le désir qui surgissait entre elles.



Mais elle savait qu’elle n’avait plus besoin de menacer. À 18 heures, elles partirent toutes les deux au formule1. Elles passèrent la soirée à se caresser. Christine commandait et Françoise obéissait avec zèle. Quand elle rentra à la maison, elle prétexta un travail en retard et pour se faire pardonner exerça tous ses nouveaux talents sur Pascal qui n’en demandait pas tant. Elle alla jusqu’à lui demander d’utiliser des mots crus ; ça l’excitait, ça la faisait bander…


Françoise se lâchait mais elle ne perdait pas la tête. Plus elle devenait ce nouveau personnage de nympho, moins l’issue de la situation avait d’importance. Christine perdait son emprise à chaque fellation. Tout révéler ? La belle affaire. D’ailleurs il ne s’était rien passé, en comparaison de leur passion récente.


Arriva le jour fatidique où Christine passa au bureau pour demander à Françoise de l’inviter à dîner un de ces soirs. Elle en profita pour s’asseoir sur le bureau, relever sa jupe et lui dit :



Françoise le fit avec un réel plaisir et l’invita pour le soir même.



Françoise fut directe avec Pascal. Elle avait trouvé une copine aussi échauffée qu’elle au boulot.



Pascal n’avait aucune objection.

Quand Christine arriva, les présentations furent vite faites. Françoise était déjà nue dans la salle à manger.



Assis l’un à côté de l’autre dans une lumière tamisée, ils s’embrassaient lubriquement, Pascal caressant la poitrine de Christine pendant que Françoise la léchant, puis suçant son mari, les excitait au plus haut point avec des gestes d’une grande lenteur et d’une grande efficacité… Et la soirée dura longtemps. Le temps pour chacune des femmes d’être prise allongée, à quatre pattes, en sandwich. Pascal était en pleine forme et tous trois finirent dormant à poings fermés sur le canapé.


Le lendemain matin, Françoise fut réveillée par Christine :



Françoise lui roula une pelle pour toute réponse. Elle se leva et partit chercher une noix de beurre pour lui lubrifier le derrière. Christine s’était mise en tête de réveiller Pascal pour obtenir ce qu’elle voulait. Deux ou trois ’Pascal, j’ai envie que tu m’encules’ suffirent à réveiller le désir du mâle et une caresse buccale l’affermirent complètement. Françoise revenait.



Françoise la passa et enfonça le majeur dans l’anus.



Pascal s’exécuta sans hâte mais fut bien vite dans la place. Christine était déchaînée. Elle s’empalait elle-même et caressait la poitrine de Françoise avec intensité tout en lui suçant la langue à l’avaler. Tous trois étaient à l’unisson de leur plaisir. Ce fut un accord parfait final qui mit fin à la sonate.



Dans la matinée, Pascal est parti se recoucher dans un lit. Il était complètement à plat. Françoise en profita pour parler avec Christine.



Le phantasme de Françoise s’écroulait. Une vague de déception et de rage de s’être fait rouler, baiser au propre comme au figuré la traversa. Mais aussitôt après, elle eut l’intime conviction d’avoir détruit son ancien personnage, qu’elle jugeait maintenant ennuyeux et terne, et d’avoir construit une nouvelle Françoise, libérée de ses pudeurs, ayant goûté à des plaisirs défendus. Elle était sortie d’un quotidien sans intérêt pour une aventure un peu extraordinaire. Elle se sentait mieux.

Elle s’allongea et se détendit, prit la main de Christine et la posa sur son sexe.