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Temps de lecture estimé : 47 mn
20/08/06
Résumé:  Son passage, lors de l'épisode précédent, a été plutôt court, mais l'histoire continue. C'est un peu différent de ce à quoi vous vous attendiez, mais...
Critères:  fh jeunes amour volupté cérébral voir exhib pénétratio jeu
Auteur : Frédichounet            Envoi mini-message

Série : La vie est une folie !

Chapitre 02 / 05
Luc

RÉSUMÉ :

Au cours de l’épisode précédent, vous avez pu faire la connaissance de Flo, la colocataire de Jennifer. J’espère qu’il ne vous aura pas trop choqué, ce n’en était pas le but. Les tourments de cette jeune fille ont trouvé une "fin" heureuse, puisque cette dernière l’a sortie de la dépression qui couvait. D’autres bonheurs arrivent…

Et si on allait s’intéresser à Luc, maintenant ?







Salut, je m’appelle Luc. J’ai 22 ans et physiquement je suis plutôt moyen comme type. Je crois que c’est surtout ma grande taille et mes yeux constamment ouverts, presque étonnés - mais en vérité, ce n’est que de l’attention que je porte à tout ce qui m’entoure - qui plaisent aux filles… je ne vois pas d’autre explication, même si on m’a dit souvent que j’étais mignon. Bref, il faudrait peut-être que je me persuade que j’ai un certain succès auprès de ces demoiselles… un de ces jours…


Il m’est arrivé, il n’y a pas très longtemps, une histoire un peu invraisemblable. J’étais dans mon bar habituel, avec tous mes potes. On vidait quelques demis, tout en discutant un peu fort, et surtout en massacrant le flipper qui ne nous avait rien fait, quand une "bombe" est entrée. Je ne vois pas d’autre mot à utiliser.


J’aime autant vous dire qu’on a arrêté de se comporter comme des crétins dans la seconde. Dans la salle de jeux, on pouvait entendre une mouche voler ! Elle est allée s’asseoir à une table, seule. La patronne est allée lui demander ce qu’elle désirait, enfin je pense : je ne pouvais pas entendre ce qu’elles se disaient, d’où je me trouvais. Elle faisait face à l’absence de porte qui séparait le bar de la petite salle où nous nous terrions, tous les après-midis ou presque, mes potes et moi. Moins d’une minute plus tard, la patronne lui a apporté un demi, dans lequel elle a à peine trempé ses lèvres avant de le reposer, de s’adosser à la banquette, où elle est restée les yeux dans le vague, sans presque plus bouger. Ils étaient fixés sur moi, ses yeux. Moi, de toute façon, j’étais comme les autres : branché sur elle depuis qu’elle était entrée, à part Hervé qui était en train de jouer quand ELLE était arrivée, et ne s’était, comme d’habitude, aperçu de rien, même pas qu’on ne le regardait plus jouer. Quand le flipper s’est vengé de ce dernier, pour tous les sévices qu’il lui avait fait subir, en lui envoyant un "avion" dans la gueule, il a dit un gros mot, en mettant un coup de poing dans la vitre.



Mais j’étais en connexion directe avec une déesse et je n’y croyais pas. Je lui ai juste répondu :



J’ai vu, à la périphérie de mon regard, cette espèce de clown, se pencher. Il a fait comme d’habitude quand il voit une "bombe" : il a sifflé, puis est retourné torturer la machine, après m’avoir dit :



Vous pouvez pas savoir à quel point il m’énerve, ce grand con… à me dire tout haut ce que je pense tout bas. N’empêche qu’il avait raison, je le savais. Elle n’a pas dû entendre le coup de sifflet, parce que ses yeux étaient toujours dans les miens. Et moi, je voyais bien qu’elle ne me regardait pas vraiment. Et puis, Sam m’a poussé du coude.



Samuel, c’est le candide de la bande. Il est juif. Un jour, il faudra que je lui rende la fois où il m’a sauvé la vie - mais c’est une autre histoire - … et puis, un autre jour, il faudra que j’arrête de penser à cette petite phrase à chaque fois que j’entends sa voix… en tout cas, je ne pouvais pas lui répondre ce que je pensais :


"Ouais c’est ça… et pourquoi pas aller me faire greffer un troisième téton au milieu du front aussi !"


J’vous ai pas présenté le "beau-gosse" de la bande, mais puisqu’il croit bon de rajouter son grain de sel…



Lui, j’voudrais le taper, des fois ! Richard. Rich pour les intimes ! Vous connaissez peut-être ce genre d’individu ? Le genre qui, quand il marche dans la rue à vos côtés, vous fait passer pour invisible aux yeux de toute "jupette" qui passerait dans les parages !


C’est pour ça que j’ai marché, sans en croire mon audace, en me disant, déjà sûr du résultat :


"Une veste de plus ou de moins…"


Et puis, c’aurait été la fois de trop, où il m’aurait fait passer pour un nullard ! Son regard n’avait pas bougé, et donc, comme je m’approchais d’elle, il se situait quelque part au niveau de mon sternum, puis de mon nombril. Je me suis arrêté de l’autre côté de sa table, puis je crois que j’ai vacillé un peu - je ne suis pas sûr -, mais j’entendais bien mon cœur cogner dans ma gorge. Je suis resté peut-être une minute comme ça, à ne rien pouvoir faire ou dire. Dans la salle de jeux, on entendait même plus le flipper. Je ne sais pas comment deux syllabes ont pu sortir de ma bouche asséchée :



Elle n’a pas paru m’entendre, dans un premier temps et enfin, ses yeux ont perdu de leur fixité, ont suivi une ligne imaginaire jusqu’aux miens, où ils sont restés accrochés un petit moment, avant de battre par deux fois.


Putain… j’allais les tuer… tous les trois ! Ils m’avaient envoyé au "casse-pipe" ! Mais, contre toute attente, elle m’a souri, d’un air un peu attendri (aïe) et très mélancolique (re-aïe !). Non seulement je lui faisais pitié, mais en plus je l’avais dérangée.



Je n’allais pas tarder à danser d’un pied sur l’autre tant mes potes, ou n’importe quelle autre partie du globe me manquait !



De toute façon, comme j’allais m’effondrer, autant que ce soit sur une chaise… Je n’osais même plus la regarder en face, la considérais quelque part au niveau du menton. Elle est restée un moment sans rien dire, puis elle a ajouté, une pointe de sarcasme dans la voix :



Quand j’ai entendu ça, mes yeux sont remontés jusqu’aux siens. Elle ne semblait pas se moquer de moi… d’eux oui, mais pas de moi.



Elle s’est levée, a marché jusqu’à la séparation des deux salles, juste à côté du comptoir. Je m’étais retourné pour voir ce qu’elle allait faire. Je n’ai pas entendu ce qu’elle a dit à mes potes, mais j’ai vu la patronne porter la main à sa bouche et pouffer dedans.


Quand elle est revenue s’asseoir en face de moi, elle souriait beaucoup plus franchement, et le sarcasme avait disparu, de même que la mélancolie. Je devais la regarder un peu bizarrement parce qu’elle a eu un petit rire qui a eu le don de me faire rire aussi. Et qui a fait disparaître, en partie du moins, la boule de ma gorge. Puisqu’elle m’avait vouvoyé, je l’ai fait aussi :



Elle m’a fixé une petite seconde, comme pour s’assurer qu’elle avait mon attention.



Quand j’ai éclaté de rire, elle a laissé libre cours au sien, et on a ri comme ça, jusqu’à ce que les larmes nous en jaillissent des yeux. Et quand je l’ai vue rire à moins de deux mètres de moi, je peux vous assurer qu’elle a paru cent fois plus belle qu’elle ne l’avait été jusqu’à présent. Riant encore à moitié, elle a ajouté :



Elle se les est essuyés aussi, de la même façon que moi, puis est restée un long moment à m’observer en silence. Bizarrement, son regard ne m’intimidait pas comme il aurait du. Elle le faisait le plus naturellement du monde, sans chercher à me gêner… comme si elle se demandait pour la première fois qui j’étais.



Je devais sûrement paraître empoté, mais elle m’intimidait tellement, encore, que lui serrer la main, c’était tout ce que je pouvais me permettre. Elle semblait si sûre d’elle… tellement "adulte", bien qu’elle paraisse plus jeune que moi…



J’ai juste hoché la tête, une fois en haut, une fois en bas.



La mélancolie luttait pour la place avec l’espoir dans ses yeux, qui se sont mis à briller. Je ne comprenais pas vraiment où elle voulait en venir, mais je sentais qu’elle était sur le point de pleurer. Sans m’en rendre compte, je ne la quittais plus du regard. Elle avait cessé d’être une déesse inaccessible, pour ne plus laisser qu’une jeune fille qui voulait qu’on l’écoute.



Je fis un geste du pouce pour désigner mon dos ou le fond de la salle.



Je n’avais même pas regardé derrière moi, pour affirmer ce que je venais de dire, parce que mes yeux étaient plongés dans les siens. Pour rien au monde je ne les aurais lâchés ! Et j’ai ajouté, très vite, parce que ça m’était venu à l’esprit :



J’ai pris son demi à peine entamé et me suis dirigé vers mes potes. Le "beau gosse" évitait de croiser mon regard et le clown ne le faisait plus… le clown. J’ai tendu le verre à Samuel :



Il m’a tendu la main dans laquelle j’ai glissé le verre, en ajoutant :



Celles-ci ne s’adressaient pas à Samuel, et il l’avait bien compris, parce qu’il me souriait, visiblement heureux pour moi. Les deux autres ont acquiescé d’un air innocent, auquel je n’ai accordé aucun crédit, parce que je me souvenais qu’ils m’avaient déjà "cassé un plan" avec une fille, par le passé.


J’ai demandé à Geneviève, la patronne de mettre la bière sur mon compte et suis retourné à "notre table". Jenny avait déjà récupéré ses affaires, et m’attendait debout, un petit sourire accroché au visage. Elle avait perdu un peu de son assurance, mais restait craquante à me faire rater un ou deux battements de cœur… surtout avec ce sourire mi-timide, mi-amusé. Elle avait dû entendre ce que j’avais dit aux pieds-nickelés.


Dehors, le mois de mai soufflait des rafales de vent et luttait contre une température plutôt clémente pour les quelques jours que nous avions connus en début de semaine. Rendez-vous compte, il avait même neigé, deux ou trois jours auparavant. Bref, il faisait plutôt bon et quand elle a glissé sa main sous mon bras, sans façon, j’ai senti mon corps se réchauffer encore.


J’ai réglé mon pas sur le sien, et sans m’en rendre compte vraiment, je l’ai entraînée vers un endroit que je connaissais. Elle m’a demandé, intriguée, bien qu’aucune inquiétude ne teinte sa voix :



Elle n’a rien dit, s’est juste contentée de resserrer la prise de ses doigts autour de mon bras. J’ai ajouté, comme ça, pour l’encourager à parler :



Avant de répondre, j’ai pris le temps de me dire que jamais la Jenny qui avait remis mes potes en place, ne m’aurait parlé d’une voix aussi timide… voire intimidée.



On marchait en prenant notre temps et on l’avait, le temps : le parc ne fermait qu’à 21 heures, et il était à peine 16 heures et des poussières. Il nous a quand même fallu une vingtaine de minutes pour rallier l’endroit qui allait abriter ses confidences.


Une sorte de sentier courait en arc de cercle dans le coin sud-est du parc. Ce qui nous isolait du reste du jardin-public, c’était une rangée d’arbustes dont je ne connais pas le nom qui dessinait comme un œil avec le sentier. Entre les deux bords de "l’œil", une pelouse descendait en une pente douce jusqu’à un petit banc. Ce que j’aimais par-dessus tout, c’était venir la nuit dans cet endroit, malgré l’interdiction. Je sautais par-dessus la grille, en faisant attention de ne pas accrocher les pointes qui la surplombaient avec mes bijoux de famille, et je m’allongeais des heures, en contemplant les étoiles. Mes pensées voyageaient entre mes perspectives d’avenir et les gens qui comptaient dans ma vie. Mon oncle et ses problèmes de santé. Ma tante, qui continuait, vaille que vaille, à affronter tous les soucis que cela engendrait, et à les résoudre un par un, d’une poigne de fer. Je pensais à Sam aussi, à tout ce que nous avions traversés, lui et moi, à notre amitié. Je ne savais pas, alors, que la jeune fille qui marchait à mes côtés allait occuper une gigantesque part de ces pensées… Ainsi qu’au fait qu’une cinquième personne viendrait s’y greffer, et une sixième, et une septième… mais bref, n’anticipons pas… Où en étais-je ? Ah oui…


Mis à part le fait que je faisais "le mur" et que je m’allongeais sur la pelouse "interdit de marcher", je respectais cet endroit. Jamais il ne me serait venu à l’esprit de le dégrader.


Pendant que Jenny faisait connaissance avec les lieux, je me suis assis sur la pente herbue, et l’ai regardée évoluer, virevolter. Elle s’est tournée vers moi et son visage montrait qu’elle semblait aimer "mon jardin secret". Puis elle s’est plantée devant mes pieds, en me surplombant. Avec un sourire, elle m’a demandé :



Comme je la regardais sans répondre, elle s’est posée par terre très vite, à ma droite. Elle semblait s’amuser comme une petite fille (j’ai failli dire folle).



En disant ça sur le ton qu’elle avait employé, elle semblait vraiment se foutre de ma gueule… ou parler à un demeuré, mais quand elle a laissé courir sa main sur mon ventre, par-dessus ma chemise, j’ai perdu toute envie de lui demander si c’était ce qu’elle faisait. Et puis, ça me faisait tellement plaisir de la voir sourire et s’amuser. Elle s’est rallongée et toujours du même ton enjoué :



Il me fallait agir vite, ne surtout pas penser ! Une BOMBE était en train de me demander de poser ma main (gauche !) sur elle ! Mais, nom de Zeus (désolé pour les polythéistes hellènes), y avait combien de Dieux penchés sur moi aujourd’hui ?


Et puis, tout compte fait, ça a été facile de la poser, cette main… mais pour ce qui est de la faire glisser sur son ventre… Tiens, mon œil, oui !



Elle a encore ri, mais pas longtemps. Sa main droite est venue se poser sur ma main, elle l’a fait glisser elle-même… jusqu’à son sein, et avant que j’ai eu le temps d’être surpris, elle a enroulé son bras gauche autour de mes épaules et m’a attiré sur elle, nos bouches presqu’en contact.



Alors là, j’ai mis mon cerveau en "stand-by" (vous m’direz, il était temps !), et j’ai effleuré ses lèvres des miennes. Elle a eu comme un hoquet, a relâché la pression de sa main sur la mienne, celle qui était posée sur son sein. Dans une sorte d’impatience, elle a attiré ma tête pour un baiser plus profond, à l’aide de ses deux bras. Tout de suite, sa langue a cherché la mienne et l’a entraînée dans une valse endiablée.


Mon cerveau n’était plus en attente. C’était carrément "Mayday" maintenant, ainsi que dans une autre partie de mon corps. Pour rien au monde je n’aurais fait cesser le baiser. Je répondais, ou essayais de répondre, autant que possible, à la fougue que ma déesse montrait. Peu importe que j’éjacule comme un puceau dans mon caleçon. C’est elle qui l’a fait cesser, en tirant ma tête vers le haut, en me tenant par les cheveux.



En même temps, elle poussait sa poitrine dans ma main, pour en accentuer le contact.


Je voyais dans ses yeux qu’elle ne se moquait pas vraiment de moi. Elle me provoquait, ça c’est sûr, et ses yeux semblaient me dire :


"… mais je sens que tu peux faire mieux que ça !"


Alors j’ai voulu lui montrer comment moi, j’avais envie de l’embrasser. Pendant de nombreuses secondes, mes lèvres ont frôlé et caressé les siennes, puis nos bouches se sont soudées l’une à l’autre et j’ai fait claquer quelques "smack", mes lèvres à peine entrouvertes. Déjà, elle ne bougeait plus. Seules quelques ondulations de son bassin me montraient qu’elle appréciait ces préliminaires. Quand j’ai poussé ma langue entre ses lèvres, elle l’a laissée passer. J’ai attendu que sa langue arrête de frétiller dans sa bouche, avant de presser la mienne à son contact, comme pour lui dire de me laisser faire. Deux choses sont tombées de part et d’autre de nos corps et je n’ai plus senti ses mains sur ma nuque, dans mon dos. Alors dans une recherche de sensualité, d’érotisme, ma langue est allée s’enrouler autour de la sienne, pour une danse bien moins endiablée que la sienne. Je voulais la goûter et qu’elle me goûte en retour. De temps en temps, nos lèvres se décollaient et seules nos langues continuaient de faire connaissance, à l’air libre. Cela nous permettait aussi de reprendre nos souffles… ou de gémir, ce qu’aucun de nous ne se privait de faire. Par moments, nos lèvres se collaient à nouveau, mais toujours, je revenais à celui où nos langues se cherchaient, libérées de la prison que formaient nos bouches. Je léchais ses lèvres et elle les miennes, et le baiser s’éternisait, ne durait pas assez longtemps. Elle poussait maintenant de petits cris, dans ma bouche ou contre mes lèvres, et mes halètements lui répondaient.


Comme à regret, lentement, j’ai éloigné mon visage du sien, et j’ai rouvert les yeux. Je crois que je suis tombé amoureux, sur-le-champ, de son air alangui, de son sourire, pas encore tout à fait rassasié. Elle me regardait, les yeux mi-clos, humides. Elle semblait ne plus pouvoir bouger. Elle a ouvert la bouche, l’a refermée, puis l’a rouverte :



Moi, j’adorais sa façon de s’amuser avec moi, alors je lui ai dit, provocateur, bien que je meure d’envie de l’embrasser encore, en m’allongeant à nouveau à ses côtés :



Je ne sais pas si je mesurais bien le risque que j’encourais… ou peut-être n’y en avait-il aucun… Quoi qu’il en soit, elle n’a fait aucun chichi, s’est carrément allongée sur moi, ses jambes de part et d’autre des miennes, puis elle a comme "incrusté" son corps dans le mien… En tout cas, on était vraiment collés l’un à l’autre. Elle ne m’en voulait pas vraiment quand elle m’a dit :



Mais, je voyais bien, à son sourire, qu’elle savait que j’avais raison.



Je lui avais glissé ces mots sans même réfléchir, mais c’était si facile de parler avec elle. Son enthousiasme me poussait à la plus grande sincérité. Elle a paru comme… analyser ce que je venais de lui dire. Enfin, pas tout à fait, plutôt comme peser chacun des mots qu’elle venait d’entendre. Ça a dû lui plaire parce qu’elle m’a dit :



Ma question n’en était pas vraiment une : je voyais bien dans son regard, qu’elle m’annonçait une vérité, et même une nécessité. Et moi, dans un flash, j’ai pensé :


"Dire qu’il y a à peine deux heures, je ne la connaissais même pas… Je vais me réveiller pour me rendre compte que je suis chez les dingues, et qu’on vient de m’administrer une drogue particulièrement euphorisante !"


Elle se tenait appuyée sur les coudes, son visage pas très loin du mien. Elle a juste hoché la tête, des lueurs d’espoir plein les yeux.



Elle a paru… penser à ce qu’elle venait de dire, et son regard a changé.



Ça y est. On y était : elle allait me dire ce qui la rendait si triste, quand elle avait voulu se confier à moi, dans le bar. Il fallait juste que je la "pousse" un tout petit peu.



Deux larmes se formèrent et coulèrent sur ses joues.



C’était dur de la voir pleurer, mais je voulais qu’elle crève l’abcès.



Elle a posé ses lèvres sur les miennes pour un bisou très tendre, et m’a dit, en retrouvant quelque chose de son ancien sourire :



Ce qui peut paraître incongru, de plaisanter dans un moment pareil. Mais ça a eu l’effet recherché : je voulais qu’elle me raconte ce qui la faisait tant souffrir… sans y accorder trop d’importance.


Et elle m’a tout raconté. Tout. Son comportement avec "les mecs" était ce qui lui donnait le plus de remords. Ses aventures d’un soir où elle leur donnait son corps, pour qu’ils en fassent ce qu’ils voulaient. Pour employer ses mots, elle disait s’être comportée comme la dernière des traînées, à les laisser la prendre dans toutes les positions, par tous les trous. Parfois un seul "mec" et d’autres fois plusieurs, simultanément. Dans des lieux invraisemblables, bien souvent au mépris de se faire surprendre.


Dans un cri de rage, elle a lâché les vannes et s’est mise à pleurer. Elle pleurait comme une petite fille. Désespérément. Et moi, je la serrais dans mes bras, retenant mes larmes, ou essayant en tout cas. Je n’y suis pas parvenu, mais je caressais ses cheveux, son dos, sa nuque. Elle a pleuré longtemps, et quand j’ai senti que ça se calmait, je lui ai murmuré à l’oreille :



En vérité, je ne savais pas vraiment comment j’allais l’aider. Mais, je me suis juré, à l’instant, dans ma tête, de faire tout mon possible, et même l’impossible pour y arriver. Je le lui ai dit, ce serment, après que j’eus repoussé sa tête pour la regarder dans les yeux. Les sourcils froncés, elle m’a demandé :



La colère m’avait submergé et je me suis rendu compte que je lui avais fait peur. Elle a accusé le coup. Vraiment. En tout cas, le fait que je hausse le ton ainsi a eu le don de sécher instantanément ses larmes. Mon regard s’est adouci quand je me suis rendu compte qu’effectivement, j’étais amoureux d’elle… je l’étais probablement depuis que mes yeux étaient tombés sur elle !



Elle a éclaté de rire et c’était bon, tout simplement, de voir à nouveau son visage rayonner de ce bonheur. Quand elle a fait mine de replonger vers ma bouche, en me le montrant avec ses yeux, j’ai levé une main et fait :



Pendant qu’elle s’arrêtait, intriguée, je suis allé tâter la poche arrière-gauche de mon Jeans. Ouf, ils y étaient ! J’en ai ramené un paquet de mouchoirs, duquel j’en ai extirpé un :



Bon. Quand j’ai eu fini de la moucher, j’ai fait, toujours en levant la main :



Et là, elle a tellement rigolé qu’elle s’est retrouvée allongée à côté de moi. Elle semblait souffrir à force de rire. Alors je me suis penché sur elle et, à l’aide d’un mouchoir tout propre, j’ai épongé ses larmes de tristesse et de joie. Je n’ai pas attendu que son fou rire s’arrête, pour effleurer à nouveau ses lèvres des miennes, et elle s’est calmée très rapidement. Je lui ai offert le même baiser que tout à l’heure, point par point, sauf que là, il avait le goût de l’amour que je ressentais pour elle.


J’ai pas compris, du tout ce qu’il s’est passé mais, tout à coup, je me suis retrouvé à la place du dessous. Ses yeux pleins de malice m’attendaient quand j’ai ouvert les miens.



Elle souriait, et en même temps, je voyais qu’elle ne plaisantait qu’à moitié. Elle a fait une autre chose folle : elle a posé sa main droite sur ma queue. Par-dessus mon Jeans, elle l’a tâté sur toute sa longueur, des bourses jusqu’à son extrémité.



Et elle l’a fait vraiment : elle a ouvert un portable "portefeuille" après l’avoir extrait de son sac à main, a appuyé sur trois ou quatre touches et a attendu une minute avant de le refermer.








Il nous a fallu moins d’une demi-heure pour rallier son appartement, et quand on est arrivé, elle a eu comme un petit temps d’arrêt. Comme je ne comprenais pas vraiment, j’ai cru bon de lui dire :



Je suis resté environ une minute, seul sur le palier. Elle a rouvert la porte, m’a attrapé par la main et m’a dit :



Quand on est arrivé dans sa chambre et que j’ai senti que quelque chose n’allait pas, ça m’a fichu un peu mal à l’aise.



Elle semblait… un peu perdue. Son regard me fuyait.



Quand elle a entendu mon dernier mot, elle a comme sursauté.



Je lui ai tendu la main et, semblant toujours aussi perdue elle m’a donné la sienne. Je l’ai entraînée, sans la forcer jusqu’à la porte d’entrée. Elle a repris son sac à main, et je nous ai fait franchir la porte. Une fois derrière, elle a paru sortir d’une sorte de léthargie, a eu comme un petit rire nerveux et a refermé la porte au verrou.


On est retourné marcher dans son quartier. Elle s’accrochait à ma main en gardant le silence, qu’elle a brisé, au bout de quelques pas :



Sa voix s’est altérée au dernier mot, elle a reniflé et s’est mise à pleurer. Je l’ai arrêtée, l’ai prise dans mes bras, puis lui ai murmuré :



Ça pour pleurer, elle a pleuré… et comme je pleurais aussi, parce qu’elle me faisait trop de peine, j’ai caché mon visage près de son cou. Les gens avaient tendance à un peu trop me dévisager, tandis qu’ils nous évitaient.


Même les plus violents orages… surtout les plus violents orages finissent par se taire. J’ai ressorti mon paquet de mouchoirs en papier, et quand je lui en ai mis un devant le nez, ses yeux sont montés aux miens et m’ont souri, le reste de son visage étant caché par le mouchoir.



On a ri un petit moment, puis on a repris notre marche, main dans la main. Je lui ai demandé :








Peut-être un jour vous raconterais-je cette soirée, qui fut épique, mais, quoi qu’il en soit, quand on a fait le chemin en sens inverse, quelques heures plus tard, j’avais l’impression qu’elle avait passé une bonne soirée… et qu’elle était amoureuse de moi. Plusieurs fois, au cours de notre marche, au cœur de la nuit, elle m’avait arrêté pour quémander des baisers, quand elle ne me plaquait pas à des murs pour se servir elle-même. Dans ces moments-là, elle passait ses mains, en des caresses fébriles, sur tout mon corps, en me suppliant de la "peloter".


Quand on est arrivé au bas de son immeuble, elle m’a proposé de monter, mais je lui ai rappelé notre échec de l’après-midi. Elle a semblé en convenir mais devant son air triste, j’ai rajouté que le samedi nous allions, ma tante et moi, faire les courses pour le bar.


Vous devez être un peu perdus, alors je vous dirai juste que les patrons du bar où nous nous sommes rencontrés sont ma tante et mon oncle, et que ce dernier ne peut pas conduire : interdit par le médecin !


Bref. Elle m’a laissé partir, après que je lui eus promis que je viendrais la chercher "demain", qui était en fait aujourd’hui car il était presque une heure du matin. Mais, elle a insisté pour me dire que ce serait elle qui passerait au bar dans l’après-midi.


Elle a semblé réfléchir un moment et elle m’a dit :



Ses yeux s’embuaient, et quand j’ai voulu ouvrir la bouche, elle a posé ses doigts dessus.



Elle commençait à pleurer, des larmes coulant sur ses joues. Mais elle a reniflé une fois, son regard s’est durci, et elle a arrêté, comme ça.



Elle m’a regardé avec tout plein de promesses de luxure dans les yeux, et elle a ajouté, ses yeux ancrés dans les miens :



Elle a passé sa main sur mon entrejambe, et m’a taquiné encore :








Quelques heures plus tard, en tout début d’après-midi, je tournais le dos à la porte, assis sur un tabouret et je discutais avec Geneviève, quand celle-ci a fait un mouvement du menton en désignant mon dos. Je me suis retourné et elle était là, devant moi. Je n’ai pas eu le temps de me rendre compte de grand chose, mis à part qu’elle avait fait de ses cheveux blonds, mi-longs, une queue de cheval, qu’elle souriait, et que ses yeux étaient un peu cernés, avant qu’elle ne s’exclame :



Puis elle a jeté ses bras autour de mon cou et a posé une bise sonore sur mes lèvres, et murmurant, rien que pour moi :



Et sans plus de façon, elle m’a lâché, est passée derrière le bar et a enlacé ma tante, à qui elle a fait une bise légère sur la joue, en lui disant :



On a entendu la même bise et le même "bonjour", et :



J’attendais une réplique de mon oncle, qui n’allait sûrement pas se laisser faire, mais, au lieu de ça, Jennifer est revenue et s’est arrêtée face à ma tante :



J’ai ouvert la bouche mais, avant que je dise quoi que ce soit, ma tante m’a dit :



Très vite. Et tandis que Jennifer, transformée en ouragan, ressortait, elle a ajouté :








La veille, pour aller au parc, il nous avait fallu une vingtaine de minutes en marchant tranquillement. Cette après-midi-là, on n’en a mis que douze… pour faire mieux, il aurait fallu qu’on courre ! L’ombre n’avait pas encore envahi notre coin d’herbe, alors on a attendu assis sur le banc, qui lui y était en permanence, à l’ombre. Le soleil n’était pas encore passé au-dessus des branches du chêne millénaire planté derrière la haie qui abritait mes visites nocturnes.


Mon amour a dû se rendre compte que quelque chose n’allait pas chez moi, parce qu’elle m’a demandé :



Mais quand elle a vu des larmes se former et couler sur mes joues, ça l’a stoppée net.



Elle m’a serré dans ses bras, dans un geste de panique, et m’a murmuré un mot :



Je la sentais trembler, tout contre moi, et je savais qu’elle pleurait, même si elle essayait de se retenir. Je ne savais pas ce qui me faisait le plus de mal : elle qui pleurait encore une fois dans mes bras, ou la mort imminente de mon oncle. Elle a fait comme cette nuit, près de l’entrée de son immeuble : elle a aspiré une grande goulée d’air, l’a bloquée un instant, et après m’avoir repoussé tout en douceur, m’a demandé, d’une voix étonnamment calme :



Elle avait tellement appuyé sur les deux derniers mots, et avec une telle sincérité dans la voix, que j’ai "oublié" mon chagrin.



En finissant ce résumé, je me suis rendu compte que je n’avais plus besoin de pleurer, et même, que j’avais retrouvé la force qui m’habitait avant que cette nouvelle attaque ne vienne. Rien que parce qu’elle m’avait appelé : "mon amour" !



Avant qu’elle n’ait fini cette phrase, elle était déjà allongée, les bras et les jambes en croix. Elle s’est exclamée :



Je me suis appuyé sur mon bras droit. Elle m’attendait les yeux fermés et la bouche entrouverte, mais je ne lui ai fait qu’une petite bise sur le bout de son nez.



Elle a éclaté de rire… dans ma bouche : je n’en pouvais plus d’attendre. Mais j’ai quand même patienté le temps qu’elle se calme, avant qu’elle n’ait droit au "traitement de faveur", et quand j’ai "libéré" ma princesse, j’ai pu constater que deux larmes avaient coulé sur ses tempes, et que son souffle n’était plus tout à fait régulier.



Au cours de ce dialogue, on a échangé nos places. Elle avait beau déclamer ces tirades avec aisance, je ne doutais pas qu’elle allait "m’arracher le cœur", et c’est moi, quelques minutes plus tard, qui haletait sans plus aucune force !



Elle essayait de garder un air renfrogné, mais n’y parvenait pas vraiment. J’ai roulé jusqu’à la surplomber, et je lui ai dit :



J’ai posé deux doigts sur son ventre, et le personnage ainsi créé a marché dessus jusqu’à son sein droit, où il est tombé raide, sur la paume.



J’en pouvais vraiment plus. Ses yeux me criaient : "Viens !", et elle ondulait du corps pour mieux sentir ma main glisser d’un sein à l’autre. Jamais elle n’allait me demander de l’embrasser. Il était clair qu’elle voulait que je capitule… C’était un jeu, et je venais à peine de m’en apercevoir. Quand elle a léché ses lèvres en m’allumant du regard, j’ai perdu… et j’ai gagné !


On a passé le reste de l’après-midi à inventer des jeux de ce genre, ou à broder des dialogues sur des thèmes différents du "policier", ou de la "princesse". On s’est pris tour à tour pour des professeurs, des infirmières, des gardiens de prison, et j’en passe… et l’après-midi est passée trop vite.


À six heures et demie, on s’est levés, et main dans la main, on a marché en direction du bar.







Quand on est arrivés Samuel était assis dos à nous, à "notre" table et Raymond était en face de lui. Geneviève était aux fourneaux. Jennifer a posé sa main sur l’épaule de Sam qui s’est retourné. Il avait les yeux un peu rouges. Elle lui a dit :



Le jeune homme s’est levé, et elle l’a enlacé, lui a fait une bise, et lui a dit : "Merci", avant de le laisser partir. Je l’ai entraîné jusqu’au comptoir, où je lui ai offert une "prune" après lui avoir serré la main, sans rien dire. Elle s’était assise tout près de mon oncle. Ils sont restés à peu près cinq minutes à parler tous les deux. Après quoi, Jennifer s’est levée et est passée près de nous sans rien dire, mais en nous lançant un petit sourire. Elle avait pleuré, un peu. Elle a continué son chemin, derrière le comptoir, pour s’arrêter une ou deux secondes, à l’entrée de la cuisine. Puis elle a disparu, on a entendu : "Tiens, salut Jennifer", et elle est ressortie de la cuisine. Elle tenait deux petites boîtes dans sa main, a pioché un verre sur le présentoir, une carafe d’eau, et est retourné s’asseoir à côté d’un Raymond muet. Posément, elle a ouvert une première boîte, en a retiré un papier qu’elle a lu recto-verso et on a entendu :



Elle a posé la boîte à côté d’un Raymond toujours aussi muet, après y avoir remis le papier et l’avoir refermée, et a répété l’opération avec la deuxième :



Elle a dégagé un cachet, a versé de l’eau dans le verre et a dit :



Moi, je savais que je devais m’attendre à tout avec elle, mais je devais sans doute afficher le même air ahuri que Sam. Mon oncle a pris le cachet sans prononcer la moindre parole, et surtout, sans exploser, comme je l’avais craint.



Elle est repassée près de nous, m’a fait un clin d’œil et m’a murmuré :



Elle est retournée à la cuisine et on a entendu :



Samuel et moi, on ne parlait pas. Parfois, on se regardait, et je voyais très bien qu’il se demandait jusqu’où elle allait aller. Moi, je me demandais ce qu’elle avait bien pu dire à mon oncle, quand ils avaient parlés tous les deux, et en même temps, j’étais en attente de "voir la fin du film".



Pendant qu’elles se faisaient leurs confidences (saleté de messe-basses), j’ai entraîné Sam à la table, et je l’ai assis à ma droite. Quelques minutes plus tard, Geneviève est revenue vers le comptoir, en a extrait cinq assiettes, les a données à Jennifer, et après avoir pris des couverts pour tous le monde, est venue s’asseoir à la gauche de son mari. Elle avait les yeux un peu rouges, elle aussi. Elle a dit, après avoir expiré longuement :



J’ai vu "mon frère" se tasser sur sa chaise. Ma tante aussi, et elle a ajouté :



Il a été très courageux et est allé de lui-même jusqu’à la cuisine, avant que son "bourreau" ne l’appelle.



Elle a remué la paëlla un petit moment, puis s’est assise en face d’un Samuel un peu inquiet, mais résigné.


Nouvelle "messe-basse" et retour de Sam, qui a dit, tout de suite après avoir repris sa place, en tapotant la main de ma tante, en face de lui :



Tout le monde a rigolé, y compris Samuel, et Jennifer qui commençait à aligner les assiettes pleines et fumantes sur le comptoir. À la dernière, elle a dit :



Et avant même que qui que ce soit ne réponde, elle a posé quatre verres sur le comptoir. Tout le monde a pu entendre mon oncle grommeler :



Dans le fou rire général, notre serveuse a posé les assiettes devant les convives, en commençant par mon oncle et ma tante. Elle a ramené la dernière en tenant les quatre verres contre son ventre, la langue coincée à une commissure, puis, après avoir posé les verres, s’est exclamée :



À la suite du petit blanc dans sa phrase, sa voix avait pris un ton pincé et guindé qui a provoqué un nouveau fou rire. Moi, j’avais retrouvé ma "princesse" du parc.



Et je ne sais pas pour les autres, mais j’ai passé la meilleure soirée de mon existence, bien meilleure que ne l’avait été celle de la veille !


L’épisode de l’attaque de mon oncle semblait oublié de tous, y compris de ma tante, qui en avait été si remuée. L’enthousiasme de mon amour paraissait inextinguible, et j’en arrivais même à douter d’être le seul "responsable" du bonheur qu’elle semblait éprouver, tant celui-ci avait l’air immense.


L’ambiance générale n’a pas empêché Jennifer d’arrêter tous le monde, au milieu de l’assiette de mon oncle. Il n’a fait aucune histoire et a pris son cachet comme un "bon petit garçon sage" !


On a quand même eu droit au café de fin de repas (sauf Raymond, qui n’avait droit à aucun excitant), et après celui-ci, elle a débarrassé la table et a posé cinquante euros sur le comptoir sous les protestations inutiles de ma tante. Cette dernière l’a finalement laissée faire, mais s’est exclamée :



Pour dire "au revoir" à tout le monde, elle a fait comme à la fin du dîner de la veille : elle les a enlacés les uns après les autres, a eu un mot pour chacun d’eux, leur a fait une bise et les a lâchés, comme à regret.


Ma tante a refermé derrière nous après nous avoir souhaité bonne nuit et moi j’étais un peu gêné, parce que je savais que Samuel allait les aider à "fermer", et que mes parents avaient renoncé à la recette du samedi soir, pour faire plaisir à Jennifer. L’embarras n’était pas très grand parce que je savais qu’aucun d’entre eux ne me tiendrait rigueur de mon abandon.


Ma princesse m’a tendu la main en me disant :



Et bon… je suis retourné devant la porte, mais avant que je fasse mine de la déverrouiller, elle s’est ouverte devant moi et ma tante m’a tendu les clés et les papiers de la camionnette en me murmurant :



Tandis qu’on marchait, main dans la main, en direction de notre garage, je lui ai demandé :



Elle a pressé le pas.







Quand j’ai eu ouvert la porte du garage, et celle de la camionnette, elle s’est faufilée avant moi dans l’habitacle. J’ai refermé la portière et j’ai entendu :



Elle n’a pas répondu. Au lieu de ça, elle s’est attaquée à ma ceinture, des deux mains.



Elle avait fini de déboutonner mon Jeans. De sa main gauche, elle a tiré sur l’élastique de mon caleçon et a glissé sa main droite dedans. Il valait mieux pas que je discute, alors j’ai enfin fait ce qu’elle me demandait. En même temps qu’elle sortait mon sexe de mon caleçon, elle m’a enjambé et a posé ses fesses sur l’arrondi inférieur du volant. Puis, elle a remonté sa jupe d’une main, et tandis qu’elle tirait sur l’entrejambe de sa culotte de l’autre, elle m’a fait :



Je l’ai fait en deux temps trois mouvements : y avait urgence. Ses yeux étaient à demi-clos, fiévreux. Elle a cherché l’entrée de son vagin à l’aide de mon gland et s’est laissée descendre, tout doucement, le long de ma queue en soufflant :



Elle a ondulé du bassin, comme pour en prendre encore un peu.



J’essayais, de manière désespérée, de ne pas venir de suite, et quand elle a soudé ses lèvres aux miennes, j’ai cru que j’allais perdre le contrôle. Elle a commencé, en de courts va-et-vient, à monter et descendre sur ma queue. Ses gémissements ont occupé l’espace nous environnant, jusqu’à ce qu’elle accentue l’amplitude et la vitesse de ses mouvements. Là, elle s’est mise à crier, provoquant mon explosion et mes propres cris. Elle a continué et ses cris de jouissance se sont joints aux miens. De temps en temps, elle donnait un autre coup de son bassin, sur mon sexe pas encore tout à fait débandé, en poussant à chaque fois un nouveau cri.


Je n’avais plus aucune force. Des étoiles dansaient encore derrière mes paupières closes et je sentais ses cuisses, maintenant immobiles, sur les miennes. Elle est restée un long moment comme ça, à reprendre son souffle. Souvent, elle est venue lécher mes lèvres, ou chercher ma langue.


Quand j’ai senti mon sexe glisser hors du sien, elle a éloigné son visage du mien et j’ai ouvert les yeux. Des gouttes de sueur perlaient sur son front et j’aurais juré qu’elle avait pleuré. Il régnait dans l’habitacle, une chaleur d’étuve, et mon visage devait ressembler au sien.


J’étais toujours tétanisé, à la place conducteur, et j’ai senti le poids de son corps glisser vers le côté passager. J’avais de nouveau fermé les yeux, mais quand sa main s’est emparée de mes bourses, je les ai rouverts pour voir la tête de mon amour descendre en direction de ce qu’elle tenait. J’ai bien essayé de l’arrêter, mais elle a grogné et a englouti tout le cylindre humide de nos sécrétions. Elle a enroulé sa langue autour, avant de le laisser glisser hors de sa bouche, en faisant un grand : "sslurp", puis son visage est remonté jusqu’au mien, et elle m’a fait un petit sourire la bouche fermée. Alors, j’ai léché ce qui avait coulé de sa commissure droite, dans le même mouvement, mes lèvres ont affronté les siennes, et on a partagé le fruit de nos amours un long moment, en une multitude de baisers, tendres et fougueux, tour à tour.



J’ai avalé aussi, en laissant son image s’imprimer quelque part dans mon cerveau, où je pourrais aller la récupérer quand j’en aurais besoin.








Quand on est arrivés devant chez elle, la chance semblait avec moi : j’ai trouvé une place presque devant la porte de son immeuble. Elle est descendue sans un mot, et a attendu que je descende et que je verrouille ma porte en faisant une chose bizarre : elle faisait mine d’écraser quelque chose avec son pied droit, les genoux en dedans et les mains dans le dos. Avec sa jupe au-dessus des genoux, son chemisier blanc et sa queue de cheval, elle avait tout d’une ingénue. Sauf que son regard n’était pas, mais alors pas du tout celui d’une jeune fille timide.


J’ai fait le tour du véhicule et, résolument, j’ai marché jusqu’à elle, en ne la quittant pas du regard. Là, je n’ai pratiquement pas marqué de temps d’arrêt. Mon bassin est venu, tout doucement, se lover contre le sien, et tout en glissant ma bouche contre la sienne, tout aussi lentement, mes mains se sont glissées sous sa jupe, ont pris possession de ses fesses et les ont malaxées en écrasant nos bas-ventres l’un contre l’autre. Tout de suite, elle a gémit et moi aussi. J’ai commencé à faire bouger ma langue en "oubliant" les effleurements et les "smacks". Elle a empoigné, d’une main, mon épaule gauche et de l’autre le col de ma chemise, et je l’ai sentie "fondre" dans mes bras mais répondre à mon baiser.


Plus aucune notion de temps n’existait.


Mais quand je suis parvenu à récupérer mon souffle, après avoir fait cesser le baiser, son visage était toujours extrêmement rougi et brûlant. Je lui ai affirmé, avec la plus extrême douceur dans la voix, mais beaucoup de conviction :



Il ne fallait surtout pas que je la lâche, parce que je ne sais pas si elle aurait tenu sur ses jambes. Ses yeux, à peine entrouverts à la fin de notre baiser, n’avaient pas changé. Elle a soufflé un long soupir quand j’ai glissé mon avant-bras droit sous ses genoux. Elle ne pesait pratiquement rien. J’ai ouvert la porte d’allée avec le pied et je l’ai portée jusqu’à son troisième étage, où je l’ai posée. Elle a ouvert le verrou. J’ai fait jouer la poignée et l’ai reprise dans mes bras. J’ai attendu qu’elle referme au verrou, mais elle m’a murmuré, alanguie :



Elle a eu un petit rire et j’ai avalé la distance jusqu’à sa chambre, jusqu’à son lit. Puis je l’ai posée au sol, et me souvenant de la dernière fois que j’étais venu ici, j’ai demandé :



Puis elle s’est allongée toute habillée, et m’a tendu les bras en me disant :



Et je suis allé à elle. Tout en me disant pour la seconde fois que, finalement, c’était plutôt génial, un matelas-sommier posé à même le sol, avec tout plein de coussins jetés n’importe comment, comme ça. Et puis, au moins, on ne risquait pas de se faire une bosse en tombant du lit en plein milieu de la nuit !



Elle a eu un petit rire.



Elle s’est mise à genoux en face de moi, comme moi, et on a commencé de la même façon, tous les deux, par le bouton du haut de nos chemise et chemisier respectifs. Elle m’a donné une petite tape sur les doigts.



On a quand même continué à déboutonner nos vêtements, en se chamaillant et en riant. On a terminé en tirant simultanément sur les pans de nos chemises, en rentrant nos ventres, pour aider l’autre. Et puis elle a ajouté :



Et bon. On avait eu le temps, pendant cet échange de gentillesses, elle de déboutonner ma braguette et moi de la débarrasser de sa jupe. Ses yeux étaient braqués sur la bosse de mon boxer, un peu exorbités.



Elle n’a plus rien dit : y avait de nouveau urgence ! Je le voyais dans ses yeux. Si bien qu’elle a achevé son déshabillage elle-même. Elle s’est rallongée, en travers du lit, et m’a regardé me dépiauter de mes chaussettes. Enfin, disons plutôt qu’elle n’a pas quitté des yeux une certaine partie de mon anatomie. Je trouvais sa soudaine fascination… flatteuse, pour mon égo, mais en même temps vexante, mais pas trop, pour le reste de ma personne. Parce que je n’oubliais pas tout ce que nous avions déjà vécu ensemble, en si peu de temps.


Mais elle m’a supplié du regard, comme elle sait si bien le faire, et ses yeux sont restés dans les miens tout le temps que j’ai mis à m’allonger, avec la plus extrême précaution, sur elle. Ses bras se sont, tout de suite, enroulés autour de moi, elle a attiré ma tête et a pris ma bouche. On luttait, mais pas vraiment, et on a fini par accorder nos empressements.


Quand j’ai fait mine de descendre, pour embrasser son corps, elle m’a retenu et m’a dit :



J’ai senti mon gland trouver l’entrée de sa vulve tout seul. Elle a murmuré, contre mes lèvres :



Elle a marqué une petite pause, et de la même voix, déjà "partie", elle a continué :



Elle a lové sa tête au creux de mon épaule, et en mettant ses mains sur mes fesses, m’a fait entrer en elle d’une seule poussée, jusqu’au fond, en tremblant et en criant. J’ai senti les contractions de son vagin, et elle a joui tout de suite, en criant encore plus fort. Elle n’a pas attendu la fin de son orgasme pour onduler sous moi, m’exhortant ainsi à continuer, et elle a crié encore :



Les spasmes de son vagin n’avaient pas cessé. Ils ont continué pendant que je faisais aller et venir ma queue en elle. À chaque va-et-vient, elle a poussé un nouveau cri. Elle me disait qu’elle m’aimait, que jamais elle n’avait joui comme ça, aussi fort !


J’ai joui aussi mais je n’ai pas arrêté, pas tout de suite : seul comptait l’incommensurable orgasme qu’elle ressentait !


Ses cris ont diminué d’intensité, de fréquence et c’est comme ça que j’ai compris qu’il fallait que j’arrête… pour cette fois.







Au prochain épisode, c’est Samuel, je crois, qui va prendre la plume.

Vous n’êtes pas au bout de vos surprises… et moi non plus !


Fred.