| n° 10593 | Fiche technique | 20764 caractères | 20764Temps de lecture estimé : 13 mn | 14/07/06 |
| Résumé: Un homme amoureux comble les manques de son couple avec une gazelle virtuelle pourtant bien réelle. | ||||
| Critères: fh inconnu fépilée forêt amour intermast fellation cunnilingu pénétratio fsodo hgode | ||||
| Auteur : Karesses (couple complice et coquin) | ||||
Une douche, une bonne douche, voilà qui me permettra de retrouver mes esprits. Il faut faire vite. Elle patiente. Qui ça, elle ? Cette femme allongée sur le lit, un magazine à la main. Prête : habillée, maquillée et coiffée avec le soin qu’elle y apporte chaque année pour son repas d’anniversaire. Les autres hommes du restaurant ne manqueront d’ailleurs pas de détailler sa silhouette élancée. Les plus observateurs s’attarderont sûrement sur l’ovale parfait de ses seins lourds. Ils noteront sans doute aussi la finesse de sa taille. Mais peu auront la curiosité de croiser son regard bleu lagon et d’y lire la gentillesse qui la caractérise.
Anaïs, ma femme, celle que j’aime depuis douze ans déjà. Mon amie, la mère de mes enfants, celle avec qui je partage tout…
Enfin presque, parce qu’elle a toujours fait preuve d’une extrême réserve dans l’intimité. Je ne l’ai jamais questionnée sur son passé amoureux ; à peine ai-je pu supposer que je n’étais pas le premier. Frigidité ? Traumatisme ? Je ne le crois pas. Simplement un désintérêt pour le sexe. Et s’il est un domaine où la communication se révèle délicate, c’est bien celui-ci.
Encore qu’elle m’ait étonnée il y a peu. Etait-ce suite à une émission de TV, de radio ou encore une lecture ? Je l’ignore. Toujours est-il qu’elle m’a interrogé sur les limites de la fidélité. Le sexe sans amour relève-t-il de l’adultère ou ne prête-t-il pas à conséquence ? Discussion d’autant plus surprenante qu’elle soutenait que l’essentiel reste la fidélité du cœur et que les appétits du corps importent peu.
Peut-être nourrit-elle des doutes à mon égard. Je me suis contenté d’acquiescer en me promettant de me montrer plus vigilant.
C’est que contrairement à elle, j’aime le sexe. Il occupe une majeure partie de mes pensées… et de mon temps. Heureusement, ma profession me permet d’assouvir ce penchant en toute discrétion et par là même peut-être de sauvegarder mon couple. Mon métier de commercial itinérant m’offre en effet de multiples occasions de fréquenter les clubs libertins au gré de mes déplacements.
Là-bas, je pénètre dans un monde fascinant. J’évolue au milieu de corps enflammés par le désir. J’observe ces femmes moulées dans des combinaisons de cuir qui laissent apparaître des poitrines triomphantes et des entrejambes humides. Je les vois se déhancher tandis qu’un essaim de spectateurs se forme.
Parfois l’un se détache du groupe. Il rejoint la chienne en chaleur et tous deux se livrent alors à un étrange ballet. Baiser, caresses, doigts, queues au centre de la piste.
D’autres fois, je m’approche d’une alcôve dans laquelle se sont réfugiés des couples. Sous mes yeux, ces femmes s’embrassent à pleine bouche, ces messieurs les baisent à même le sol. Jamais ils ne m’invitent à me joindre à leurs jeux et je reste en retrait la bite à la main, captivé par le spectacle.
Ces images alimentent mes nuits, mais je ne peux décemment les avouer à ma femme. Elle, si prude, ne comprendrait pas et me taxerait probablement de perversité. Alors, je me console sur le clavier et passe chaque soir de la semaine enfermé dans ma chambre d’hôtel à pianoter de sites en sites. Je vagabonde de galeries de photos artistiques en tableaux plus crus. Il m’arrive aussi parfois de dialoguer en direct, mais jamais plus. Enfin jusqu’à ce que cette annonce retienne mon attention.
Expérience unique. Sexe, sexe, sexe. Sans limite. Toi et moi, une seule fois.
Assurément un programme des plus alléchants. Ce soir-là, je m’empressai de répondre tout en doutant des suites de l’entreprise, mais ma surprise fut grande. Une réponse s’afficha instantanément. S’en suivit un échange assez bref visant à fixer les conditions de la rencontre.
Après avoir consulté mon profil illustré d’une photographie anonymée, Gazelle - puisque c’est le pseudo qu’elle s’était choisi - m’expliqua qu’elle s’ennuyait dans son couple et qu’en dépit de l’amour qu’elle portait à son mari, ne pouvait se résoudre à cette vie ascétique. Nulle trace de sentiment dans le jeu qu’elle me proposait. Pas plus de dialogue, elle me voulait silencieux, bestial et endurant, bref un simple objet entièrement voué à son plaisir. Son objectif : jouir de chaque parcelle de son corps depuis trop longtemps endormi.
L’épouse sage se décrivit comme une créature sensuelle et débridée aux fantasmes imaginatifs. Bien entendu, cette perspective m’enthousiasma et j’acceptai sans sourciller l’étrange condition qu’elle mentionna. Cela aurait lieu deux jours plus tard, de nuit, en pleine nature.
Je notai intérieurement que cette date correspondrait à la veille du retour à la maison. Ma conscience me tirailla un peu et je fus tenté de renoncer, mais je me ravisai en songeant que ma bite ferait bien vite taire cette culpabilité.
Je passai un rapide coup de fil à Anaïs comme chaque soir et m’endormis, non sans m’être branlé avec impatience, en laissant défiler mille scénarios plus pervers les uns que les autres dans ma tête.
La journée du lendemain s’étira, j’avais l’impression que les heures s’écoulaient au ralenti. Je me montrai nerveux tout le jour et ne conclus aucune vente. Le malaise monta en moi au moment de l’appel traditionnel à ma femme mais, par je ne sais quel heureux hasard, je ne pus la joindre ce soir-là. Enfin, à 21 heures, ce vendredi, je montai dans la voiture en direction du point de rendez-vous. Je devais emprunter un petit sentier. Je suivis le chemin caillouteux jusqu’à l’orée de la forêt.
J’évitai de justesse une roche qui s’était détachée de la montagne et avait glissé sur le bas-côté dans ce virage serré. Je m’enfonçai dans la nuit sombre. Encore quelques centaines de mètres comme le signalait le mail qu’elle m’avait envoyé le matin même. J’avisai la pancarte "Propriété privée" et stationnai à côté d’un véhicule recouvert d’une bâche de protection. Sans doute le sien.
Ce dernier élément ajouté aux circonstances de la rencontre traduisait son obsession de l’anonymat. Je devais impérativement lui rester inconnu et elle-même tenait à ce que rien ne puisse me permettre de l’identifier. Soit. Je regrettais seulement de ne pas la voir.
Ces réflexions furent bien vite interrompues. Une main m’entraînait. Je me laissai conduire au plus profond d’un bosquet. Les arbres formaient un creux au cœur de la forêt. Ce coin de verdure constituait un berceau accueillant qui abriterait nos ébats. Elle avait disposé une large couverture sur l’herbe qui tapissait le sol. En bas coulait une rivière. Les reflets de la lune sur l’eau faisaient chatoyer quelques pierres mais l’obscurité était telle que je ne voyais pas à un mètre.
Peu importe, je n’étais pas venu pour jouir du paysage ou me repaître de la beauté de ma gazelle, mais bien pour dominer ce bel animal, la soumettre à mon sexe. En terme de fourrure, elle avait revêtu une longue robe en dentelle ajourée. Je sentais les mailles larges sous mes doigts. Je partis à la découverte de ma mystérieuse inconnue tel un aveugle ; je parcourus son corps.
Je me plaque d’abord derrière elle et l’enserre de mes bras. Je respire son parfum enivrant. Je l’appuie contre un arbre et me lance à la conquête de chaque parcelle de son anatomie. En silence, je laisse courir mes mains sur ses cheveux. Elle penche la tête pour que je puisse embrasser son cou. Je descends et la voilà qui s’abandonne à mes caresses. Cette salope est entièrement nue sous ce mince filet. Ses tétons pointent à travers les mailles de la robe et je ne peux m’empêcher de les agacer. Je sais déjà que je la pincerai délicatement puis plus fort.
Je poursuis mon exploration. Je remonte le long de ses cuisses longues et m’attarde sur des fesses que je découvre bien rondes et fermes. Une croupe faite pour la saillie. Quel gâchis que ce mari qui ne saisit pas sa chance ! Je m’engage à lui infliger tout ce qu’il lui refuse.
Je relève sa robe sur sa taille et m’approche du mont sacré. Je caresse d’abord la courbe de ses lèvres lisses. Je savoure la douceur de sa peau rasée de près. Je glisse un doigt dans la fournaise qui brûle déjà. Elle mouille et le liquide coule sur mes doigts. Je porte la main à sa bouche et elle s’empresse de me sucer. Je décèle des talents que je mettrai bientôt à contribution.
Mes caresses se font plus insistantes, j’accélère le rythme. Je la frotte désormais énergiquement, enfonçant un doigt puis deux toujours plus profondément. Perchée sur des talons hauts, elle s’accroche à moi. Je la sens moite, chaude, femme offerte. Elle ne veut rien dire, je prends le pari de la faire crier, moi.
Je la cale contre le tronc et m’agenouille devant elle. Elle devine mon intention et écarte les jambes. Sans tarder, je colle ma bouche sur son sexe et lape à grands coups de langue généreux son sexe dégoulinant. Je m’insinue au cœur de son petit trou, je tète son clitoris tandis qu’elle tangue en petits mouvements réguliers.
Je devine qu’elle va défaillir et ne veux pas déjà lui accorder un tel plaisir. Sans compter que je suis toujours habillé et que mon sexe se révolte, enserré dans ce slip devenu trop étroit. Il est temps de libérer l’engin. Je parle sans prétention car, même si ma femme ne veut pas l’apprécier, je sais qu’il a fait le bonheur d’autres plus téméraires avant elle.
Je défais ma ceinture et lui mets la bite dans la bouche. Elle se montre d’abord surprise, mais entreprend bien vite un délicieux va-et-vient. Je sens sa gorge chaude. Elle m’enfourne bien profond. Sa main démontre une grande habileté, si ce n’est dextérité dans le geste, à un point tel que je doute un peu de sa pseudo-abstinence conjugale.
Ses mouvements se font de plus en plus rapides et précis et je sens que je vais exploser. Non ! Je ne veux pas. Le jeu commence à peine. Je compte bien profiter de cette situation inespérée toute la nuit. Je l’écarte doucement et la retourne. Je repense aux termes de l’annonce. Sans limite, disait-elle. Je vais le vérifier.
Je pose le doigt sur son anus. Je note sa surprise. Est-elle toujours pucelle ? Sans doute. Eh bien, je m’en vais faire changer ça. Je la prépare délicatement. Je frotte la rondelle qui s’assouplit doucement. J’introduis simultanément un doigt dans ses deux trous. Elle semble décidée à affronter mon assaut. Ma bite à la main, je me plaque contre elle. Je place mon gland à l’entrée de sa grotte. Je pousse doucement. Elle retient un gémissement auquel j’avais par avance décidé de rester insensible. Je continue ma progression et sens les chairs s’ouvrir.
Quelle satisfaction que d’ouvrir ce trou ! Les parois étroites enserrent ma queue. J’y suis. Entièrement. Je me lance. Je recule et je m’enfonce. Elle vibre de douleur pour le moment, mais j’entends que la tendance s’inverse et me montre intransigeant. Qu’elle endure ça avant d’accéder au plaisir ! Je la consolerai tout à l’heure de ses petits malheurs actuels. Après quelques allers-retours, je mets un terme à son supplice et éjacule sur ses fesses. Je masse ensuite l’orifice de mon sperme et découvre avec un léger étonnement que son sexe dégouline littéralement. C’est que ça lui a plu, cette nouveauté !
Il me faut quelques instants pour reprendre des forces. Passablement endolorie par la station debout, ma belle inconnue s’allonge sur le plaid dans une attitude suggestive. Couchée sur le dos, elle se masturbe en se malaxant les seins. Pour la féliciter de son courage, je me joins à elle. Je la déshabille entièrement. À son tour, elle se charge de mes vêtements. Nus, abrités par les arbres, sentant le souffle du vent sur nos peaux et l’air frais de la nuit, j’ai l’impression de vivre une parenthèse hors du temps.
Ma belle inconnue est restée silencieuse, mais j’ai en tête de la faire gémir. De son côté, elle ne ménage pas ses efforts et astique mon manche avec un bel enthousiasme jusqu’à ce qu’il atteigne une taille respectable. Je suis monté sur elle et la baise dans la bouche sans relâche. Mon sexe cogne au fond de sa bouche. Je sens parfois ses dents sur ma verge. Intraitable, je la tiens par les cheveux et lui intime un rythme démoniaque. Allez, suce ! Suce salope ! Ces mots ne franchissent pas mes lèvres parce que je respecte notre accord, mais je l’insulte en pensée.
Il faut dire qu’elle se comporte comme une sacrée cochonne. Elle remplit bien mes espérances et même au-delà. Mon sexe pointe désormais comme un bâton tendu vers le ciel. Je la retourne. J’ai toujours adoré la levrette, peut-être parce que je n’ai jamais osé l’imposer à Anaïs. Celle-là, en tous cas, n’y échappera pas.
A quatre pattes devant moi, le cul en hauteur, elle attend. J’arrive. D’un coup, je la pénètre. Je m’enfonce et la ramone à toute vitesse. Je m’accroche à ses hanches pour lui donner des coups de butoir toujours plus brutaux. Je me venge sur elle de ces nuits que ma femme m’interdit et que son mari lui refuse. Je rattrape toutes ces baises dont nous avons été privés. Je caresse son anus toujours entrouvert et m’interromps pour le lui lécher. Ses lèvres lisses sont gonflées. Ses seins pendent tels des mamelles. Je les malaxe, les triture, les maltraite. Elle écarte davantage les jambes.
Je reviens en elle et reprends la cadence. Elle est bonne, bonne, bonne, sa fente s’ouvre et me laisse s’engouffrer en elle, son corps me réclame cette chienne, elle en veut, elle aime ça.
Merde ! Sous le coup du plaisir, j’ai parlé… Je la sens se crisper sous moi. Elle a même un mouvement pour se relever. Je la maintiens du bras droit et explose au plus profond de ses entrailles. Exténué, je roule sur le côté tandis qu’elle se détend.
Je suis comblé. Je l’ai léchée, doigtée, enculée, baisée. Elle m’a sucé. Tout ce que j’aime, moi qui me limite d’habitude au sinistre missionnaire que j’ai pris soin d’éviter ce soir.
Lors de notre échange sur la messagerie, elle m’avait averti qu’elle se livrerait ensuite à quelques jeux sur moi ; jeux sans gravité, m’avait-elle assurée lorsque je lui avais fait part de mon désaccord quant aux pratiques sm. Elle m’invite alors à me mettre à plat ventre. Je m’exécute.
Elle me chevauche et m’enduit le corps d’une huile de massage onctueuse. Ses doigts appuient sur mes muscles. Je sens une chaleur m’envahir. J’apprécie son initiative. Mmm… quel bel épilogue !
Elle se couche sur moi. Ses seins glissent dans mon dos. Elle frotte son sexe sur moi, se masturbe sur moi, mêlant son foutre à l’huile. Je crois même qu’elle introduit mon talon au bord de sa chatte. Je ne regrette pas d’avoir promis la plus grande docilité.
Que se passe-t-il ? Elle fait courir ses mains sur mon dos, me griffant légèrement. Ses ongles pénètrent superficiellement dans ma peau. Un délicieux supplice, même si le contact d’une bague sans doute, picote insidieusement. Je ne m’étonne pas non plus quand elle pose son pouce sur ma rondelle. Un frisson me parcourt même. Je dois avouer que si je n’ai jamais osé cette caresse, ce n’était pas faute d’envie mais plutôt en raison de vieux tabous. Voilà l’occasion de lever ces limites !
Mais quoi ? Que fait-elle ? Les caresses se font plus insistantes. Non, elle ne va quand même pas. Eh bien si, c’est fait ! Je pense moins au comique de la situation - parce qu’il faut avouer qu’un doigt dans le cul, ce n’est pas franchement glamour - mais préfère m’abandonner aux sensations. Peut-être même que j’aurais aimé recevoir une queue, si l’occasion s’était présentée, mais ça ne risque pas. Je relègue cette idée au rang de fantasme et me concentre sur ce plaisir nouveau qu’elle m’impose. Je savoure d’autant plus que je suis là, victime consentante, prisonnier volontaire, ignorant ce qui se trame derrière moi jusqu’au moment où les gestes se précisent.
C’est là qu’elle a eu l’audace, une audace que je ne soupçonnais pas, quand je sens un membre contre moi. Quelle ambiguïté dans la vague de sentiments qui déferle alors en moi. J’appelle de mes vœux ce membre et le redoute. Je brûle de le sentir en moi et je le crains. J’ai un moment furtif de peur quand je repense au traitement que je lui ai infligé précédemment. Elle risque de se montrer aussi dure que je l’ai été.
Je suis prêt. Victime sacrifiée sur l’autel du plaisir. Après avoir badigeonné mon anus de lubrifiant, elle présente le bout du godemiché en gel. Elle pousse lentement mais sans répit. Je comprends les femmes, je deviens femme, objet livré et soumis à l’autre. Souffrance mêlée de plaisir. Elle poursuit cette lente torture qui me régale. Mes chairs s’échauffent, mes entrailles brûlent. Je perds la tête. Oui, non, encore, je ne sais plus. Je ne dois mon salut qu’au jour qui se lève.
Ma gazelle s’échappe, je l’entends s’éloigner, m’abandonnant à mon extase. Elle se rhabille, rejoint sa voiture, en défait la housse et j’entends le bruit du moteur.
Mon illumination a disparu. La tête pleine de souvenirs, le corps vidé, je retrouve mes esprits. J’avise le ruisseau qui coule non loin, ultime témoin de l’orgie nocturne. La fraîcheur de l’eau finit de me faire sortir de ma torpeur. Je me baigne et laisse s’évanouir les traces de la nuit. Je contemple mon sexe, anguille gisante entre mes jambes. Je me rhabille et regagne ma chambre d’hôtel. Le lendemain, je rentre chez moi.
C’est en passant le seuil de la porte que je réalise que j’ai oublié d’acheter le cadeau. Quel cadeau ? Celui de l’anniversaire de ma femme ! Elle fêterait dimanche ses 35 ans. Nous avions convenu de dîner au restaurant dès mon retour et je comptais lui offrir mon paquet ce soir-là.
Je trouve la maison vide. Je suppose qu’Anaïs s’est rendue à une de ses associations, dont elle s’est entichée depuis peu. Elle y passe chaque vendredi depuis que les enfants fréquentent la garderie. Il lui est même déjà arrivé de participer à des soirées, sans doute des repas de bonnes œuvres dont les bénéfices iront aux plus démunis. Il n’y a pas à dire, ma femme est pleine de qualités.
Je profite de son absence pour me connecter et relever mes mails. Adresse invalide. Deuxième tentative, toujours cette réponse. Les messages que j’adresse à ma gazelle me reviennent. Je frappe le bureau de rage. Allez, il me faut me résoudre à retrouver ma vie d’avant. En attendant, je file sous la douche. L’eau coule sur mon corps quand j’entends la clé tourner dans la serrure. Anaïs est rentrée. Ses pas résonnent dans les escaliers.
Je l’entends. Je l’aime, je me dis que toutes les gazelles du monde ne valent pas ça et m’empresse de chasser ces souvenirs en songeant à la discussion que nous avons eue à propos de la fidélité.
Si elle savait, elle me pardonnerait.
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Dans la chambre, Anaïs lisse sa robe. Elle s’allonge sur le plaid dans une position suggestive. Elle tourne nonchalamment les pages de son magazine et regarde ses doigts. Elle retire la grosse bague qu’elle porte à la main droite et l’enfouit dans la boite à bijoux qu’elle range dans le tiroir de la commode.
Voilà qui est mieux.
Elle se demande si Richard remarquera la longue éraflure sur la carrosserie. Quelle maladresse de n’avoir su éviter ce rocher tombé sur le bas-côté ! Il faut dire que la route n’était pas éclairée.
Enfin, ça en valait la peine… Autant que cet autre cadeau qu’il lui offrira pour son anniversaire ?