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n° 10535Fiche technique12135 caractères12135
Temps de lecture estimé : 8 mn
19/06/06
Résumé:  Le vent du large nous fait tourner la tête.
Critères:  fh voir odeurs fellation
Auteur : Armel  (Libertin sentimental)            Envoi mini-message
Tempête

Les noms sont changés, bien sûr, puisque là, je raconte des souvenirs de moments réellement vécus. Enfin, je crois que j’ai pioché à droite et à gauche, dans le temps, et que j’ai réuni tout cela en reconstruisant un semblant d’unité. Une réalité reconstituée, en quelque sorte, assemblée à ma guise pour ajouter à mon excitation lorsque j’écris, ainsi qu’à celle, je l’espère, du lecteur… Bref, je n’en ai fait qu’à ma tête.


Ce qui m’émoustille encore plus, c’est que je sais que la principale protagoniste va me lire. Ce n’est pas vraiment à sa demande que je le fais, mais elle a insinué cette idée dans mon esprit, et c’est la première fois que je me livre à ce genre d’exercice. Il y aura donc, pour brouiller encore un peu les pistes, une part de vécu et une part de fantasme. Qu’importe…


Ce soir-là, il y a trois personnages : moi, bien entendu, une copine, que nous appellerons Julie (le premier prénom qui me passe par la tête), et ma lectrice. Pour elle, j’ai trouvé Claire. Je sais que c’est un petit jeu qui va lui plaire. C’est une femme qui a un appétit infini pour les plaisirs de la vie. Elle n’est pas très grande, un peu rondelette, la cinquantaine épanouie et d’une réjouissante vivacité. J’ai toujours eu cette impression, avec elle, d’être à côté d’une amie avec qui j’aurais grandi, toujours là, et que je n’aurais jamais vu prendre de l’âge. Pas l’âge de ses artères, mais de son esprit. Pourtant, nous nous sommes rencontrés sur le tard.


À l’époque, elle avait les cheveux mi-longs, qu’elle retenait parfois en queue de cheval. C’était le cas ce soir-là. Enfin peut-être… Elle portait très souvent une veste trois-quarts en daim, jean, et en haut, je ne sais plus. Pour cette fois, on dira un chemisier, c’est plus pratique pour ce que j’envisage. En dessous, nous le découvrirons ensemble tout à l’heure.


Nous nous rendions à un petit port du Nord de la France, dirai-je. Nous devions assister à un concert et nous avions trouvé tous deux cette occasion de nous distraire de nos milieux respectifs assez attirante. C’était Julie qui nous conduisait, et ce fut pour nous une véritable aubaine. Je m’étais installé à l’arrière de la voiture, juste derrière Claire, et pas par hasard, bien entendu. Nous avions déjà eu l’occasion auparavant de nous échauffer le corps et les sens lors de précédentes rencontres.


Julie n’était au courant de rien. Cette histoire n’était qu’à nous. Aussi, durant toute la durée du trajet, j’ai honteusement profité de ma position. Sans que Julie ne se doute jamais de rien, j’ai passé mon temps à chercher la main de Claire sur le côté gauche de son siège. Je l’ai titillée, lui pressant les doigts avec les miens, lui caressant tendrement l’intérieur sensible. Par instants, ma main a parcouru le moelleux de ses hanches, les courbes de ses flancs. Elle est restée d’une constance imperturbable, du moins en apparence. Rien ne trahit la tension qui montait. Je sentais néanmoins la montée du désir que nous savions ne pas pouvoir apaiser avant de longues heures à la façon dont ses doigts répondaient à mes sollicitations. Heureusement, la demi-obscurité était notre complice.

Je savais dans quel état devait se trouver l’intérieur du triangle évasé de son entrecuisse, mais je ne pouvais malheureusement pas, de ma place, aller m’en rendre compte par moi-même. L’imaginer fit monter la pression d’un cran.

Le concert parut interminable, malgré le plaisir qu’il nous procura. Mais nous avions tous deux un tout autre feu d’artifice en gestation. Et là, nous ne pouvions absolument pas nous toucher, Julie toujours à proximité.


Quand j’y repense, nous avons quand même un peu abusé… Elle n’a pas tenu la chandelle, mais bon… De toute manière, c’était plus fort que nous. Après le spectacle, nous avons décidé d’aller faire un tour du côté du port. Un ou deux manèges s’étaient installés sur l’esplanade le long du canal, peu avant la jetée, il me semble. Leurs néons multicolores venaient se superposer à ceux de l’enfilade des devantures de restaurants au pied de la ville. Il faisait nuit, désormais.


Nous avons flâné, toujours en direction de la jetée, qui semblait nous attirer. À la dérobée, nous ne cessions de nous observer, Claire et moi. Je sentais poindre le désespoir de ne pouvoir nous offrir le moindre contact physique, autre que les pauvres gestes furtifs de notre voyage en voiture. Nous discutions tous trois de choses et d’autres, mais l’esprit de deux enfants auxquels nous ressemblions cette nuit-là était ailleurs, vous l’aurez bien compris.


Julie dut pourtant s’absenter un instant, et je n’en sais plus la raison. La raison, l’autre, nous abandonna complètement alors que nous nous retrouvâmes seuls tous les deux. Nous étions assez éloignés de la file clairsemée des badauds qui se baladaient encore à cette heure tardive le long du trottoir. Nous n’entendions plus que le clapotis du chenal à proximité, le bruit assourdi du ressac au loin et les pulsations violentes du tambour qui avait élu domicile dans nos poitrines.

Nous nous jetâmes littéralement l’un contre l’autre. Sa bouche charnue aux lèvres presque plates s’empara fougueusement de la mienne. Elle ne fut pas en reste. Pas plus qu’elle, je ne pus contenir l’explosion que les circonstances avaient retardée jusque-là. Elle m’enserra la taille avec force. Elle recula un instant son visage et je pus alors distinguer ses yeux pétillants à la faible lumière colorée des éclairages nocturnes. Je retrouvai avec délice les petits plis bordant ses mirettes taillées en pointes, mi-tristes, mi-gaies, comme souvent. Puis la fièvre de nos ardeurs buccales nous reprit.


Nous n’y tenions vraiment plus. Inquiète, elle relâcha un instant son étreinte pour s’assurer d’un regard d’animal affolé de notre isolement. Elle me tenait fermement par la main. Sa silhouette se découpait sur la toile animée des lampes bigarrées. Elle regarda vers la jetée, vers le phare, puis m’interrogea des yeux. Je compris tout de suite ce qu’elle voulait. Je la suivis sans état d’âme. Je savais cependant que Julie n’allait pas tarder à revenir. Tant pis, elle nous chercherait un instant, et nous prétexterions… Je ne savais quoi ! Cela n’avait aucune importance.


Ce que je savais, en revanche, c’est que nous n’avions pas beaucoup de temps. Et nous n’avions aucune idée de la présence ou non d’importuns au bout de cette jetée. Car c’était bien là que nous nous précipitions. Par bonheur, l’endroit était désert, et personne à l’horizon proche, à première vue. L’urgence du désir nous fit perdre la tête. Une allée à rambarde faisait le tour du phare au-dessus de la mer agitée et obscure qui ne faisait qu’ajouter au trouble furieux de nos corps. Face à l’étendue houleuse, cachés du reste du monde, nous laissâmes libre court à la luxure libératrice.


Claire, tout en ne quittant plus ma bouche et ma langue, s’assit sur le banc de pierre au pied de l’édifice. Moi toujours debout, je me penchais vers elle au fur et à mesure de la manœuvre. Mes mains encadrèrent son visage alors que notre souffle s’accélérait. Les siennes, libres, défirent le bouton de son pantalon, en abaissèrent la fermeture éclair. Elle se cambra, avançant son bassin vers le bord du banc. Elle abaissa le jean à mi-cuisses, emportant avec lui la fine culotte de coton qu’elle portait en dessous. Nous n’avions pas cessé de nous embrasser. Je la sentis frissonner à la soudaine fraîcheur des embruns sur sa peau brusquement dénudée.


Ainsi en équilibre sur le rebord de pierre, ne pouvant écarter les cuisses, elle releva soudain ses genoux très haut, me donnant accès à l’objet de mon désir. Mes doigts purent alors s’insinuer sans attendre dans l’intimité de sa longue fente offerte. C’est bien une fontaine que j’y découvris, une fontaine de jouvence, pensai-je.


Le temps nous manquait, et cela ne laissait la place à aucune autre considération. Il fallait jouir vite et intensément de cet instant accordé. Je savais que pour lui procurer un orgasme fort et plus rapide qu’à l’accoutumée, je devais m’enfoncer vers un lieu précis de son vagin palpitant. Je sentis aux nouvelles vibrations qui suivirent que j’avais atteint mon but. Le bout de deux phalanges massaient désormais l’endroit fatidique.


Elle me fit me placer légèrement de côté, près de sa cuisse gauche pour libérer ma verge de sa prison incommode. Sa bouche quitta la mienne pour s’emparer voluptueusement de ce qu’elle convoitait depuis si longtemps. Elle poussa un gémissement étouffé qui se mêla avec bonheur au doux chahut du ressac. Les miens ne tardèrent pas. Je sentais, en même temps que le fourreau de sa bouche versatile et chaude, sa chevelure sur mon bas-ventre. Cela décupla mon excitation.


Je savais que je n’allais pas tenir longtemps sous l’action conjuguée de sa langue gourmande et de ses lèvres savourant mon vit durci qui demandait grâce. Je voulais jouir en même temps qu’elle, partager le même instant. Pour cela, l’un des doigts libres de la main qui fouillait fébrilement son sexe s’aventura vers l’orifice voisin. L’abondance de liquide chaud s’écoulant lentement de la motte gonflée intensifia encore l’effet procuré par l’effleurement voluptueux du petit œillet. Celui-ci, d’abord peu enclin à une intrusion, réagit à la caresse. Le bout de l’annulaire parvint à s’introduire à l’entrée. Il n’alla pas plus loin. Il se contenta de bouger doucement, de distendre délicatement le muscle circulaire qui se contractait au rythme de la marche vers le paroxysme.


Je me surpris à mimer le coït dans sa bouche. Nous étions au point de non-retour. Sous l’afflux du plaisir, je m’appuyai sur la paroi me faisant face. L’inconfort de la position importait peu. Claire bougeait son bassin furieusement, les fesses menaçant de basculer à chaque instant. Je sentis qu’elle partait au moment même où j’éjaculais dans sa bouche. Elle ne quitta pas un seul instant la tige dressée qui se raidissait sur sa langue. Au-dessus de nous, le fanal qui transperçait l’obscurité de la nuit tourbillonnait à l’instar de la farandole de lumières qui explosait dans nos corps. Je la sentais déglutir les vagues de liquide brûlant, passages entrecoupés de respiration folle. Ses cuisses et son vagin emprisonnèrent ma main comme dans un étau.


Nous nous écroulâmes l’un contre l’autre. Elle relâcha ses jambes qui s’allongèrent doucement devant elle. Je pus retirer ma main trempée de la fourche veloutée. Lorsqu’elle approcha son visage du mien, je sentis l’odeur fugace de ma semence. Elle colla sa bouche à mon oreille et murmura :



Je me reculai un peu pour à peine distinguer son visage dans la pénombre. Son regard suffit à donner à ces quelques mots que l’on aurait pu considérer comme obscènes dans d’autres circonstances une beauté et une tendresse bouleversantes. Je lui donnai un baiser qu’elle me rendit en entourant mon cou de ses bras.


Le souvenir de Julie refaisant une brusque apparition, il nous parut urgent de nous rajuster, et de retourner là où nous l’avions quittée. Elle avait heureusement pris du retard, et nous n’eûmes pas à trouver de justification vaseuse. Sur le retour, dans le noir, je pus subrepticement caresser son ventre. Elle comprit, je crois, combien je me plaisais à imaginer qu’elle emportait un peu de moi dans celui-ci, un peu de ce moi liquide, légèrement amer et douceâtre…