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n° 10502Fiche technique9628 caractères9628
Temps de lecture estimé : 7 mn
09/06/06
Résumé:  L'amour est un tout. Un tout petit peu plus que le reste.
Critères:  fh cérébral voir nonéro
Auteur : Sofie  (Où commencent les mots, commence la passion)            Envoi mini-message
La plus haute marche du podium

Ecrasée par sa musculature, je gémis et regarde tout son corps s’activer, ses muscles se contracter puis se relâcher dans une mécanique parfaite et bien huilée. Discrètement, je détourne la tête vers le réveil trônant sur la table de chevet. Il me fait l’amour depuis plus d’une heure un quart. Encore une bonne demi-heure jusqu’au sprint final. Bien heureusement, on ne s’attarde pas trop sur les préliminaires car les journées ne font que 24 heures. De temps à autre, je gémis ou lâche un cri distinct des autres.


Ce n’est pas que de la simulation, attention. Non, le plaisir est bien là, un plaisir intense qui s’étend tout au long du rapport. Mon chéri est aussi un très bon amant qui ne m’a jamais bâclée. C’est son caractère, toujours à fond dans ce qu’il fait, un perfectionniste, un combattant qui ne fait jamais les choses à moitié. Il n’est pas champion du monde pour rien. J’ai épousé un sportif dans la vie publique et aussi dans la sphère privée. Au risque de faire un mauvais jeu de mots, nous avons connu comme tous les couples quelques épreuves, mais nous nous sommes à chaque fois retrouvés encore plus forts dans l’adversité. Oui, je l’avoue, à force de vivre avec un sportif, je communique comme lui.


Mes jambes reposent sur ses larges épaules, et il fait le reste. Je regarde avec délectation ses pectoraux, sa peau prend une teinte encore plus excitante avec les perles de sueurs qui commencent à poindre sur lui. Néanmoins, je ne m’en fais pas, je sais pertinemment qu’il ne va pas ralentir sa cadence, qu’il tiendra le rythme. Il est si craquant quand il me fait l’amour. Son visage est concentré sur l’effort, rien ne peut le perturber. Je peux lire dans ses yeux une lueur d’intensité, une rage passive. De ses cheveux ras coule une perle de sueur passant délicieusement sur sa tempe de manière très sensuelle. Je la regarde glisser.


Mon athlète accélère, son endurance est mise à l’épreuve, et dans ce cas il refuse de se laisser abattre ; bien au contraire, je sens ses doigts se crisper encore plus fort sur ma peau. Son souffle si maîtrisé commence à devenir plus irrégulier. D’avance, je me mords la lèvre, je savoure d’ores et déjà le plaisir et la scène qui va suivre. Tout va plus vite, plus fort. Ses cuisses s’agitent, ses abdos se plient et se déplient pour mon plus grand bonheur. Moi qui suis amateur d’art, je ne peux que craquer devant un tel spectacle de l’anatomie humaine. Je vois tous ses muscles interagir, ils sont parfaitement dessinés, c’est un plaisir des yeux autant qu’un plaisir intérieur.


Après les yeux, c’est au tour de l’ouïe d’être comblée, le lit commence à grincer, j’adore ce bruit, signe d’intensité, de fougue. Mes gémissements se font plus rapprochés, combinés maintenant avec ceux de mon partenaire.


Il va-et-vient en moi, je m’enfonce dans le matelas à chacun de ses coups de reins. Je passe rapidement ma main sur son buste, je perçois les battements de son cœur. La cadence est rapide, il est en plein effort. Je vois sur son visage se dessiner un sourire, en même temps que l’apparition des premiers traits tendus sur son front. Il savoure l’instant, comme tous les sportifs il adore cet instant d’effort intense, le moment où il est en duel contre son corps, la nature et l’adversité. Un flux nerveux coule dans ses veines et le transcende, c’est à cet instant qu’il est le plus performant et le meilleur. C’est le dernier effort, la dernière accélération. Tout bascule, tout s’accélère, les lattes du lit grincent, l’étreinte est explosive, virile. J’ai chaud, je suis folle de désir, je bouillonne de l’intérieur. J’apprécie pleinement cet instant, nos corps moites se mélangent. Mon homme intensifie le mouvement de ses hanches. Toute sa hargne et son amour me foudroient sur le lit.


Il se crispe, prend mes jambes et les met autour de ses reins ; de cette manière il peut me chevaucher ardemment. Je tremble de partout, je frissonne de plaisir. Il est totalement impliqué dans ce qu’il fait. Il ne veut pas craquer, il insiste et accélère irrémédiablement la fin en élevant sa gestuelle. Il serre les dents et pousse comme un cri de rage. Il tressaute en moi à plusieurs reprises, je vois ses abdos se gonfler et se relâcher d’un coup. Il jouit jusqu’au maximum ; c’est un leitmotiv chez lui : être sans cesse au top, à fond…


Comme à chaque fois, je jouis aussi. Lui seul arrive à me faire atteindre une extase pareille, par sa manière virile de me faire l’amour, de se lancer dans une sorte de match entre lui et le plaisir. Je l’aime, même s’il perd à chaque fois ce duel, et que le plaisir remporte la partie, haut la main.


Il s’allonge sur le côté, il ne s’écroule pas, hors de question, son esprit de champion ne l’accepterait pas. Je passe ma main sur ce corps que je désire tant, qui me fait fantasmer. Le carré parfait de ses abdos travaillés en salle de musculation, ses cuisses larges qui sont sa force sur le terrain et dans notre lit. Je passe une fois de plus mes doigts sur son torse et je pianote sa peau imprégnée par l’effort. Je souris et le regarde. Je glisse dans son oreille en me rapprochant de lui « C’était extra… comme toujours ». Il a besoin de ce petit mot, un réconfort de sa prestation du soir. Ils sont comme cela les sportifs, ils ont besoin d’être rassuré, ils sont fragiles, sans cesse à se remettre en question sur tout. Rassuré et content de lui, comme souvent, il frôle du bout de ses doigts sa médaille d’or de champion du monde. Son œil brille, un premier sourire apparaît.


L’effort fini, il est temps d’aller au vestiaire prendre la douche. Enfin, en l’occurrence aller dans la salle de bains. Il se lève et s’y dirige. Il marche droit et fier. Je le suis du regard, je ne veux pas manquer ce régal pour les yeux. Oui, je suis fière, mon homme est un apollon. Un corps parfait, un dos où la seule courbure est celle de sa musculature idéalement dessinée, des fesses fermes et bien galbées. Je vous le dis, un régal. Le dessert de nos ébats.


Il entre dans la salle de bains et échappe à mon regard. Je m’enroule dans les draps pour retrouver un nouveau souffle, plus calme.


Je l’imagine très bien dans la salle de bains. Tout d’abord, il va se regarder dans la glace, constater avec assurance que, malgré nos ébats torrides, son visage n’a pas l’air éprouvé. Intérieurement, une petite voix doit lui dire : « Tu aurais très bien pu tenir encore plus longtemps ». Ensuite, s’appuyant sur le rebord du lavabo, il va observer la glace comme il le ferait avec une caméra. Il va se dire que tout s’est bien passé, qu’il a bien pris les choses en main. Physiquement, il était performant et l’objectif a été atteint. Quant aux prochains ébats, il faut les prendre un par un sans trop se poser de questions. Quand l’interview sera fini, il va prendre sa serviette, se tamponner le front puis passer sous la douche et en ressortir dégoulinant. Peut-être même que j’irai le rejoindre pour le sécher et m’extasier une nouvelle fois sur son corps.


Et alors ? Bien avant de l’épouser, je savais déjà tout cela. Ces manies, les contraintes journalières de vivre avec un sportif de haut niveau. Et je l’aime pour cela aussi. Il est le seul à me faire jouir ainsi. Sentir sa peau moite et chaude, admirer ses muscles en action est un régal dont je ne me lasserai jamais. Pourtant, ce n’est pas que son corps que j’aime, certes cela joue beaucoup, mais il a bien plus. Bien plus que le confort qu’il m’offre, ou le fait de ne porter que de la lingerie signée par un créateur, de me balader entre l’avenue Montaigne et le faubourg Saint-Honoré et d’y croiser les femmes des autres joueurs, de vivre dans une maison spacieuse. Mon homme m’offre tout cela, mais ce n’est que du luxe à côté de notre amour car, lorsque je l’ai rencontré, il n’était qu’un ado dans un centre de formation. Un parmi tant d’autres… sauf qu’il a réussi.


Homme, amant, sportif, il est tout cela à la fois. C’est ce « tout » que j’aime et, si je porte en dérision ses manies, c’est pour mieux les apprécier et me rassurer. Toutefois, tout cela pourrait n’être qu’éphémère, sa jambe peut se briser, sa carrière s’arrêter net, je sais néanmoins que le reste ne changera pas. Que ce quotidien est en place pour aujourd’hui et pour demain.


Justement, demain. Demain, sa présence sera indispensable pour affronter ce nouveau challenge. Le défi que nous nous sommes fixé ensemble : agrandir notre équipe. Avoir un bébé, notre bébé…

Mon amour revient dans la chambre, la serviette nouée sur ses hanches si désirables, le sourire heureux, il me regarde. Je pose ma main sur mon ventre, comme le ferait une femme enceinte. Ce geste attendrissant fait naître chez lui un sourire presque enfantin. Le sportif est resté sous la douche, c’est l’homme qui revient s’asseoir sur le lit, repousser une mèche de mon front. Puis embrasser mon ventre dénudé. Et me confesser : « J’espère que ce sera un garçon !»


Décidément, le naturel reprend le dessus. Sa maladresse m’a toujours conquise, à quoi bon lui dire qu’il n’est pas le sélectionneur. Tiens, je m’y mets moi aussi…