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n° 10315Fiche technique6651 caractères6651
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Temps de lecture estimé : 5 mn
14/04/06
corrigé 11/09/24
Résumé:  Le point de démarrage de mon histoire avec Anna, le moment où tout a basculé dans ma vie qui, depuis, est un vrai rêve.
Critères:  volupté fh caférestau amour cérébral revede
Auteur : Minimoi      
A l'aube du bouleversement

L’histoire que je m’apprête à vous raconter est une histoire d’amour, elle est née par hasard, venue de nulle part, elle s’est forgée dans la volupté, le plaisir d’aimer et de partager ce que les corps ont de plus secret.



Pour ma génération, chatter est devenue une activité aussi naturelle que sortir, partir en vacances ou aller au ciné. Un soir d’avril, j’invite une fille à une discussion privée, le ton est léger, nous nous révélons nos petites habitudes, nos goûts en tout. Les phrases s’enchaînent comme autant de bouffées d’air frais, nous nous épargnons les questions qui fâchent : « As-tu un petit ami ? Que recherches-tu ici et dans la vie ? ». À vrai dire, nous recherchons à la fois rien et un peu tout.

Nous sommes tous les deux de Paris, je lui parle de la belette, un petit bar branché tout prêt de mon bureau, où j’ai l’habitude de me rendre avec des amis. Elle me parle de son petit penchant pour les pubs, leur ambiance chargée de fumée et de conversations assourdissantes, le besoin de proximité si l’on veut discuter, chuchoter. Je lui réponds que la belette serait sûrement l’endroit de ses rêves, je l’y invite sur un ton plus taquin que sérieux. Elle accepte. Je suis un peu sous le choc, je ne pensais pas aller plus loin que ces quelques minutes de conversation qui me convenaient à la perfection.


Je n’inscris plus un mot sur l’écran. Après ce silence électronique, gênant, mais empreint d’une intensité que je ne peux ni décrire ni m’expliquer, elle m’envoie un message à la fois bougon et merveilleusement mutin. Je lui réponds, faussement grave, pour rester dans le ton, que j’ai peur de ne pas être à la hauteur de notre conversation, que la magie de nos quelques phrases ne mérite pas d’être brisée. Pour seule réponse, je reçois :


Demain à 18 h 30 à la belette, envoie-moi une photo à cette adresse (que je ne vous révélerais pour rien au monde) pour que je te reconnaisse. Ne t’inquiète pas pour la magie, je saurai l’entretenir pour deux. Bisous, Anna.


Le temps de finir de lire, elle était déconnectée.

Inutile de vous décrire le temps qui m’a séparé cette rencontre, je ne me souviens que de l’étrange sensation d’excitation qui me rongeait, un sentiment d’irréalité qui habite chacun d’entre nous quand l’intuition vous annonce un peu de bonheur.


Je suis arrivé à la Belette vers 18 h 20, malheureusement accompagné de plusieurs collègues, ce qui ne relevait pas de mon choix, évidemment… Nous sommes au bar, une bière en main et je suis stressé, stressé de passer à côté d’une belle et indispensable rencontre, la légèreté de notre discussion de la veille s’étant évanouie dès qu’elle m’avait invité. J’essaie d’imaginer Anna, mais n’y parviens pas vraiment. Je ne peux pas me détacher du sentiment troublant qu’elle m’a donné en quelques minutes de discussion. Les choses qui m’entourent n’ont pas prise sur moi, je me laisse bercer par mon anxiété et mon envie d’accélérer le temps. Avec le recul, tout ceci n’était qu’une douce et magnifique torture.


18 h 40 : Personne n’est venu m’aborder, je me dis qu’elle ne viendra pas, un peu amer, je me plonge dans la discussion de mes amis, le cœur n’y est pas vraiment.


18 h 50 : Un regard me transperce, il vient de deux tables à ma droite, je suis dévisagé par le plus beau regard qui m’ait été donné de voir. Deux yeux noirs, langoureusement pétillants, deux yeux qui m’en disent si long sur elle. Sa manière de me regarder, son petit sourire en forme d’invitation, c’est merveilleux. Elle me fixe au point de me sentir comme à nu, c’est dans cette douce indécence que je m’en vais la rejoindre. Elle m’accueille par une bise et me glisse :



Et elle rit. Soulagé et un peu hébété, je m’assois, la conversation s’engage sur le même ton que la veille.


Ce moment est aussi irréel que délicieux, il n’y a ni fausse pudeur ni regard manqué, nous faisons tous les deux mouche à chaque phrase équivoque, à chaque sous-entendu. Elle est simplement merveilleuse et je n’en rajoute pas. Beaucoup me diraient qu’il y a plus belle fille au monde, mais je répondrais que rien n’est plus beau que ce visage qui m’illumine en cet instant, rien qui pourrait me faire plus envie que ce corps à la fois mince et généreux. Une veste légère sur une petite robe un peu collante laisse deviner une poitrine divine. Chevelure brune et peau blanche relèvent parfaitement son visage doux et fin. Tout en elle transpire la sensualité, le plaisir en devenir, je me sens happé.


Deux heures passent en un soupir, elle regarde sa montre et me dit qu’elle doit y aller. Je lui demande si elle veut me revoir, elle me transperce à nouveau de ses yeux magnifiques et me sourit avec tendresse, je fonds littéralement. Elle contourne la table, se penche à mon oreille. L’odeur de sa peau m’enivre, c’est un doux mélange de douceur d’où son parfum émerge magnifiquement. Elle me susurre :



Elle dépose un baiser sur ma joue et disparaît dans les volutes de fumée. Ce baiser me fait littéralement frissonner, en moins d’une seconde j’ai pu sentir la douceur de ses lèvres, la caresse de ses cheveux qui a effleuré mon cou.

Je n’ai que le temps d’apercevoir la cambrure de ses reins et la finesse de sa taille… vraiment magnifique.

Un peu perdu, mon regard se porte de nouveau sur la table, pas le temps de penser à la rattraper que je vois son adresse écrite au dos de l’addition ; je souris, la vie devient belle… elle est déjà définitivement chamboulée par Anna.


Je rentre chez moi comme sur un nuage et me dis que tout allait être bien morne d’ici à demain soir. Je consulte mes mails plusieurs fois dans la soirée, juste avant de me coucher une onde de choc me traverse, elle m’a envoyé un message. Je l’ouvre, fébrile, et ses premiers mots sont magnifiques. Je les garderai pour moi jusque dans la tombe, elle me parle beaucoup de la soirée à venir. À mesure que ses phrases défilent, elle se fait plus précise et plus sensuelle. Elle me décrit combien elle a envie de sentir nos peaux se mélanger, de sentir mon odeur sur elle. Elle me dit qu’elle va rêver toute la nuit à ses jambes autour de mon cou, à ma bouche qui lui donne des plaisirs sans fin, que son ventre réclame déjà ma présence en elle et qu’elle m’offrira toute son intimité comme si c’était sa première fois, qu’elle goûtera mon plaisir jusqu’au petit matin.


Ses mots n’avaient rien d’obscène, c’était au contraire magnifique, aussi émouvant qu’excitant. J’étais comme fou, je n’ai rien pu faire pour me calmer. Ce fut dans l’excitation et l’appréhension la plus totale que j’attendis cette soirée qui a changé ma vie.


Oui, Anna, tout cela était bien magique…