| n° 10266 | Fiche technique | 21728 caractères | 21728Temps de lecture estimé : 12 mn | 29/03/06 |
| Résumé: Un homme, une femme, un magasin, un homme, une décision, un entrepôt. | ||||
| Critères: fh inconnu pénétratio fsodo | ||||
| Auteur : Resonance Envoi mini-message | ||||
| DEBUT de la série | Série : Les découvertes de Carole Chapitre 01 | Fin provisoire |
Carole comprit qu’elle avait un problème.
Il était très jeune, bien plus qu’elle. Il était beau et souriant. Il avait su rendre Carole plus féminine en sa présence. Elle avait subtilement changé sa démarche, retrouvé d’anciennes émotions sous son regard qui s’attardait à chaque occasion sur sa silhouette.
Redécouvrir que l’on est capable de séduire n’est jamais vraiment désagréable…
Ce matin-là, cherchant des vêtements de saison, Carole était tombée sur une jupe qu’elle n’avait pas portée depuis des années : traditionnelle et élégante, mi-longue et très étroite. Elle l’avait essayée et vu avec plaisir qu’elle lui allait encore fort bien.
À peine arrivée, elle était tombée sur son jeune collègue. Son regard l’avait enveloppée, avec une intensité qui lui avait noué la poitrine. Soudain embarrassée, elle s’était réfugiée dans son bureau.
Il était venu la voir une première fois sous un prétexte, puis une seconde… Cette fois, il venait de placer sa déclaration.
Carole réalisa qu’après les subtils signaux des jours précédents il avait sans doute interprété sa tenue inhabituelle comme un message à son intention. Et, d’une certaine façon, n’était-ce pas le cas ?
Avoir une liaison avec un collègue était pourtant le dernier de ses souhaits…
Il la regarda.
Une seconde trop tard, Carole réalisa son erreur. Prise à froid par sa déclaration très directe, elle venait d’admettre quelque chose qu’elle n’aurait jamais dû…
Carole était maintenant embarrassée. Sa présence prolongée dans son bureau était très peu discrète, et faire un esclandre n’arrangerait rien…
Carole ne savait plus comment s’en sortir. Les joues en feu, voulant qu’il sorte, elle hésita une seconde, avant de lui proposer le parking d’un supermarché à l’autre bout de la ville.
En route vers le rendez-vous, Carole était furieuse. Elle était maintenant bien décidée à mettre fin à cette histoire idiote.
Elle le trouva sur le parking, attendant dans sa voiture. Après un instant d’hésitation, elle monta à côté de lui.
Il démarra.
Il s’arrêta entre une benne poubelle et un camion, à l’arrière du magasin. Carole entendait du bruit provenant d’hommes déchargeant un camion, mais ils ne pouvaient pas les voir.
Elle comprit qu’elle avait commis une erreur. La journée était belle, il faisait chaud dans la voiture aux vitres fermées. Carole dut commencer par enlever sa veste. Le geste l’embarrassa, lui faisant monter le rouge aux joues. Elle resta en chemisier, bras nus, se sentant infiniment vulnérable.
Il la regarda, dubitatif.
Carole soupira. Elle s’était enferrée, il fallait maintenant qu’elle redresse la situation.
Il la regarda, silencieux.
Une fois de plus, Carole fut désarçonnée par sa suffisance. Décidément, il la croyait à sa merci. En même temps, la perspective offerte par sa proposition très directe lui fit venir des images à l’esprit… qu’elle se força à dissiper en secouant la tête.
Le jeune homme s’était rapproché insensiblement, et en dépit de sa dénégation sa présence toute proche troublait terriblement Carole. Elle était en nage, son chemisier collé à son dos.
Il toucha son bras, provoquant une réaction électrique si forte qu’il se méprit et retira immédiatement sa main. Carole tremblait comme une feuille, soudain incapable de parler. Allait-il maintenant poser sa main sur sa cuisse, puis glisser plus haut ? Elle se sentait incapable de l’arrêter…
Le jeune homme la regarda, dérouté à son tour, ne comprenant pas la violence de sa réaction, pour la première fois indécis. Carole le vit tout à coup comme il était : l’homme fort et sûr de lui la seconde d’avant était redevenu un tout jeune homme, pas vilain, mais… sans grande expérience, et incapable de comprendre sa réaction épidermique.
Il ne bougea pas lorsque Carole ouvrit la portière et sortit, oubliant sa veste sur le siège arrière.
Carole était dans un état lamentable. Elle tremblait de tension accumulée et de frustration, en nage, l’air frais du dehors glaçant son dos trempé.
Elle passa devant une grande porte ouverte sur l’entrepôt du supermarché, sans doute celle par où les hommes qu’elle avait entendus depuis la voiture entraient les marchandises déchargées du camion. Elle aperçut des ombres, des mouvements à l’intérieur de l’entrepôt, mais fort heureusement il n’y avait plus personne dehors.
En allant vers sa voiture, elle réalisa qu’il lui serait difficile de conduire. Elle avait besoin d’un peu de temps pour se calmer. Et puis sa culotte était trempée et très inconfortable, et en trouver une autre serait bien utile.
Elle entra dans le supermarché. Elle ne le connaissait pas et fit deux fois le tour des allées. Elle était mal à l’aise, consciente d’être très peu présentable, les taches de sueur encore bien visibles dans son dos. Elle marchait trop vite et de plus n’arrivait pas à se concentrer suffisamment pour lire les panneaux, ou plutôt pour interpréter ce qu’il y avait écrit dessus.
À son deuxième tour, elle vit un employé du magasin qui la regardait fixement.
Il ne se contenta pas de lui dire où il se trouvait, il l’y accompagna.
Elle examina les sous-vêtements et en choisit un, tout en regardant l’homme du coin de l’œil. Il restait à côté, se tenant très près, sans même faire semblant de s’occuper à quelque chose. Carole comprit que la proie avait trouvé un chasseur, et que ce chasseur ne la lâcherait pas facilement. La tension qui avait commencé à tomber depuis la fin de la discussion dans la voiture était revenue. « Encore… », pensa-t-elle, « cela fait beaucoup pour un seul jour… »
Elle s’immobilisa, le sous-vêtement à la main, tout à coup incapable de simplement revenir vers les caisses et en terminer ; un moment pénible, comme suspendu dans le temps
Il n’avait pourtant pas l’air d’un spécialiste de la lingerie féminine, et son allure le prédisposait plutôt au déchargement des caisses. Pourtant sa déclaration ne la surprit pas vraiment.
Il la regarda bien en face.
Carole resta silencieuse un moment, essayant de décider quoi répondre. Elle eut soudain une vision, souvenir de ce qu’elle avait entrevu quelques minutes plus tôt en sortant de la voiture, une ouverture sur un autre monde, en contraste du magasin propre, clair, policé et ordonné où elle se trouvait maintenant.
Il attendait patiemment, la regardant.
À son tour, elle le regarda dans les yeux.
Il cilla brièvement, peut-être surpris de sa rapidité de décision, puis jeta un coup d’œil vers le fond du magasin.
La décision était prise, cette fois Carole ne resterait pas sur sa frustration. Elle remit le sous-vêtement choisi sur l’étagère : elle ne voulait pas perdre du temps aux caisses. Elle sortit du magasin et prit en sens inverse le chemin qui menait à la zone de déchargement qu’elle avait quittée un quart d’heure plus tôt. Il y avait cinq bonnes minutes de marche en contournant le bâtiment.
Vue de loin, Carole était une femme élégante, marchant le sac à main sur l’épaule. La jupe étroite limitait la longueur de ses pas, l’obligeant à adopter une allure qui pour un observateur peu attentif aurait semblé tranquille, et qu’elle ressentait comme à la fois insupportablement lente et en même temps rassurante, car retardant l’instant fatidique.
La partie rationnelle de son cerveau combattait la folie de son attitude. Dans l’autre camp, ses sens, l’envie, ainsi que quelque chose de très profond en elle, soutenaient sa détermination.
Il y avait la peur : elle était parfaitement consciente de sa vulnérabilité dans cet entrepôt en face d’un inconnu.
Elle essayait d’imaginer où exactement cet homme l’emmènerait. Dans une allée sombre, entre deux rangées de boîtes de conserves ou de sous-vêtements en caisses, mal protégée des regards d’autres employés du magasin? Allait-il lui demander de se mettre nue ? Qu’allait-il exiger d’elle, lui imposer?
Une petite ruse soufflée par ses sens lui dit qu’il serait parfaitement impoli de ne pas aller au rendez-vous qu’elle avait accepté. Elle ne pouvait plus faire demi-tour.
L’homme l’attendait près de la grande porte coulissante qui permettait de rentrer les marchandises dans l’entrepôt. Il y avait deux ou trois camions, mais les conducteurs étaient probablement en train de déjeuner, il n’y avait personne.
Elle marcha vers lui. Il lui dit de le suivre et rentra dans l’entrepôt. En franchissant la porte derrière lui, elle ressentit un immense soulagement. Elle avait vaincu sa peur, maintenu sa décision et ne pouvait maintenant plus revenir en arrière. Elle n’avait plus qu’à se laisser faire, et à s’abandonner à ses sens à vif.
L’entrepôt avait des rayons comme le magasin – simplement plus larges et surtout plus hauts - et les rayonnages contenaient surtout des cartons non ouverts ou des articles volumineux, ce qui les rendait opaques et sombres.
Il la conduisit vers une grande pyramide de rebuts, essentiellement des boîtes vides et des cartons pliés entassés dans un angle de l’entrepôt. II escalada la pile le long du mur, là où elle était la moins haute. Ce n’était pas si facile pour elle, à cause de ses chaussures. Elle s’arrêta, cherchant où poser ses pieds. L’endroit était sombre et sinistre. L’homme pensait peut-être qu’elle hésitait. Il revint, prit son bras et l’entraîna derrière la pyramide. Elle avait correctement évalué sa force et le fait qu’elle ne pesait pas grand-chose en face de lui. Il n’était plus temps de changer d’avis.
La pile masquait l’accès à l’arrière d’un des rayons. L’autre extrémité, qui donnait sur un couloir central, était obturée par une palette chargée qui bloquait à la fois le passage et les regards.
Carole se dit que le sol serait froid, dur et inconfortable. Tant pis…
L’homme la regarda et comprit immédiatement qu’il n’avait pas besoin de perdre de temps à demander quoi que ce soit. Il avait juste à prendre ce qui lui était offert.
La prenant fermement par une épaule, il la fit pivoter, lui tournant le dos, face à une des étagères. Ses mains descendirent vers sa taille, il fit glisser la fermeture éclair puis passa ses pouces dans la ceinture de sa jupe qu’il tenta de repousser vers le bas. Carole eut honte, s’en voulant soudain d’avoir choisi cette jupe dont la taille avait été reprise pour s’ajuster à sa silhouette. Elle savait par expérience qu’il n’était pas possible de la faire glisser sur ses hanches, il lui fallait la passer et l’enlever par-dessus sa tête, au prix de contorsions complexes.
Toute honte bue, elle réalisa qu’elle allait devoir l’aider. Elle lâcha son sac et attrapa le bas de sa jupe, la retournant vers sa taille.
L’homme ne comprit pas ce qu’elle voulait faire, et il était trop impatient. Il la poussa contre l’un des côtés du rayon. Elle avait encore sa jupe dans ses mains, et ses jambes étaient nues.
Son menton vint au contact du métal froid d’une étagère, et elle lâcha sa jupe pour l’agripper. Ralentissant un instant son action, il passa ses mains sur ses fesses, le contact à travers le tissu du slip provoquant un frisson violent, à l’échelle de sa tension et de son désir. Puis, d’un geste sec, il baissa son slip sur ses hanches. Elle avait les jambes légèrement écartées et le slip tendu à se rompre juste sous ses fesses, vaguement consciente de l’indécence absolue de sa posture, mais par-dessus tout impatiente, brûlante de désir.
Il glissa ses doigts entre ses jambes et remonta. Elle était heureuse de ne pas lui faire face, de ne pas avoir à admettre qu’elle laissait cet inconnu lui faire ceci, alors qu’il constatait à quel point elle était prête pour lui. Lorsqu’il se dégagea puis remonta pour atteindre son clitoris, elle se frotta et enferma les doigts de l’homme entre ses cuisses, ondulant autour d’eux. Fermant les yeux, elle eut un instant la vision du spectacle qu’elle devait lui offrir, ses hanches ondulantes, son souffle de plus en plus court révélant la montée de son plaisir égoïste, avant qu’elle oublie tout, se concentrant sur ses sensations.
Elle sentit monter le déferlement de l’orgasme, il arriva, trop vite, lui arrachant un gémissement étouffé.
Ses jambes tremblaient, et sans force elle se laissa glisser, à genoux, passant sa tête sous l’étagère. Son torse reposait maintenant sur des gros sacs de nourriture pour chien, à l’odeur écœurante, qui garnissaient l’étagère inférieure.
Elle l’entendit déboucler sa ceinture, un bruit de fermeture, le froissement de la toile. Il s’agenouilla derrière elle. Il la pénétra d’un coup, atteignant le fond, lui arrachant un jappement de plaisir. Il la martela, ses coups de boutoir la poussant de plus en plus en avant. Elle était maintenant complètement à plat ventre sur les sacs, chaque poussée faisant frotter sa poitrine sur le papier épais et rêche.
C’était divin…
Carole ne répondit pas, à nouveau toute entière consacrée à ses sens, son corps frémissant sous les poussées
Il se retira, Carole se raidit, sentit le gland cherchant l’ouverture, chercha à se détendre.
Elle le sentit peser, commencer à se frayer son chemin, lui infligeant un éclair de douleur, puis s’enfonçant d’un lent mouvement continu, avant qu’elle n’ait réellement eu le temps de réaliser. Il s’immobilisa, lui laissant le temps de l’accommoder, avant de reprendre un lent mouvement de va-et-vient. Elle réalisa qu’il lui fallait éviter le glissement de son membre, qui à chaque fois la martyrisait. Elle remonta ses pieds, les passa derrière lui, l’enserrant étroitement. Elle limita ainsi l’amplitude de son mouvement en elle. Du coup ses hanches se mirent à accompagner les siennes, faisant glisser son bas-ventre sur le papier rêche du sac. Au bout d’un court moment elle commença à oublier la douleur, et tout le reste… L’onde qui remontait à chaque mouvement était délicieuse.
Egoïstement, elle se concentra, voulant à tout prix jouir avant qu’il en ait fini, consciente que la palpitation provoquée par le montée du plaisir, la vie propre qui commençait à s’emparer de ses hanches, la faisant maintenant s’empaler d’elle-même, sèchement, de plus en plus vite, risquaient de précipiter l’orgasme de son partenaire. Elle sentit monter un frisson palpitant, remontant le long de son épine dorsale avant d’exploser dans ses neurones, au moment même où elle percevait la décharge, la force du premier jet de semence en elle. La jouissance fut d’une violence inouïe, lui arrachant un feulement rauque, animal, venu du fond d’elle-même, tandis que les pulsations de son plaisir se mêlaient à celles du sexe de l’homme qui se vidait en elle.
Alors qu’il reprenait son souffle, elle continua de ressentir spasme après spasme, un plaisir paraissant sans fin, l’épuisant totalement.
Il provoqua une dernière douleur aiguë lorsqu’il se retira. Carole se laissa glisser jusqu’au sol, anéantie.
Elle le regarda se rajuster. Soudain pressé, il lui annonça qu’il devait retourner très vite à son poste et partit sans un mot de plus.
Assise, sa jupe encore relevée, sa peau nue contre le ciment, Carole reprit ses esprits. Le retour au calme, la perception revenue de son environnement, des bruits ambiants lui firent réaliser qu’elle n’était certainement pas seule dans l’entrepôt. Elle entendait des voix, des mouvements. Il lui fallait partir.
Elle finit d’enlever son slip, dont l’élastique avait fini par lâcher. Elle s’essuya tant bien que mal avec les quelques millimètres carrés encore secs, puis le fourra sous un des rayonnages.
Carole quitta l’entrepôt comme elle était venue, butant cette fois sur deux hommes revenus près du camion, qui la regardèrent d’un air surpris. Elle s’excusa en se glissant entre eux, effroyablement consciente de la transparence de la situation, priant silencieusement pour qu’ils ne lui posent pas de question. Ils s’écartèrent à peine, la forçant à les frôler en passant entre eux, une fois de plus lui laissant une impression de vulnérabilité infinie. Rouge de honte, elle rejoignit sa voiture.
Cet après-midi-là, Carole eut bien du mal à se concentrer. Le fait d’être nue sous sa jupe ne lui facilitait pas l’oubli. Le contact du tissu sur sa peau, ainsi que la douleur résiduelle ne lui permettaient pas l’oubli des événements du milieu de journée, de la brutalité de l’acte final.
Le soir, elle se dépêcha pour avoir le temps de passer à la maison avant de récupérer ses enfants, pour prendre une douche et changer de vêtements. Elle commençait à retrouver le contrôle d’elle-même. L’anormalité, l’absurdité de son attitude et de ses conséquences les rendaient progressivement irréels. Ce déni lui permit d’agir normalement à la maison, même si elle avait encore les sens à vif. Après tout, il lui suffisait de se tenir à l’écart du supermarché et de l’unique témoin de son manquement, et son aventure anonyme serait très vite enfouie aux oubliettes.
Elle ne pensa plus guère à son jeune admirateur dans les jours qui suivirent. De son côté il se tenait à distance, sans doute vexé de son échec.
Le couvercle mis en place sur sa mémoire se révéla vite bien peu efficace. Jour après jour, les images, les sons, les sensations de l’entrepôt revinrent la hanter, chaque fois un peu plus forts.
Avait-elle juste suivi une pulsion momentanée ? Elle en doutait de plus en plus…