| n° 10178 | Fiche technique | 20355 caractères | 20355Temps de lecture estimé : 12 mn | 26/02/06 |
| Résumé: Un homme, une femme, une voiture, une plage.... mais pas de chabadabada. | ||||
| Critères: fh inconnu grosseins vacances plage caférestau volupté cunnilingu pénétratio humour | ||||
| Auteur : Alexandre92 (38 ans, j'aime jouer avec les mots et la langue) Envoi mini-message | ||||
C’est la première phrase d’une histoire, la plus importante, celle qui vous accroche et vous incite à lire la seconde… puis la troisième… puis le premier paragraphe. Celle-ci fut écrite par un auteur désireux d’attirer enfin l’attention de son éditeur, jusque-là peu enclin à publier ses œuvres…
C’est en tout cas ce que raconte Agatha Christie au début du "Crime du Golf". M’en voudras-tu, cher lecteur, d’avoir ainsi (comme Agatha…) abusé de ton attention ? M’en voudras-tu toujours quand je t’aurai parlé de Babeth ?
Ah Babeth… Un teint de rose blanche, des cheveux d’une blondeur presque anglaise, des yeux d’un bleu qui transperce la certitude la mieux ancrée, une bouche qui se tord en un sourire humble quand on la regarde… Babeth…
Ses 23 ans aidaient ses seins à lutter contre la gravité, sa conversation luttait elle aussi contre la gravité. Elle savait te faire sourire si tes pensées étaient moroses, elle te payait un verre si vraiment elle te sentait au fond du trou, mais elle ne se laissait pas approcher facilement. Sa voix douce savait te bercer, mais savait aussi tuer dans l’œuf les approches rustaudes des marins en goguette ou des buveurs de fond au milieu de leur performance. Elle était assise au bar d’un Pub à Lorient, d’accord. Mais en tant que cliente, pas en tant qu’hôtesse de bar à marins. Elle revenait voir sa famille en Bretagne après avoir servi pendant six mois comme employée d’une Grande-Bretonne de la noblesse.
Et c’est là que je l’ai rencontrée, à la mi-août, vers sept heures du soir. Elle me tournait le dos quand je suis entré dans le bar, et je ne l’ai pas remarquée tout de suite.
Les plaisanteries que j’ai échangées avec le serveur avant de prendre mon verre ne l’ont pas fait réagir et je ne lui avais jeté qu’un regard circulaire et peu intéressé, quand la plus belle fille du monde entra dans l’établissement.
Elle était brune, d’un noir aile de corbeau luisant de propreté sur un carré que son coiffeur avait dû peaufiner. Ses yeux vert d’eau attiraient immanquablement le regard mâle, regard qui glissait le long de son petit nez pour s’enchâsser sur ses lèvres carmin. Et si d’aventure l’on était assez fort pour s’en détacher, c’était pour se perdre… au choix… dans le ravin de sa gorge, dans la cavité de son nombril que son ventre plat mettait en valeur ou dans le creux de ses fesses, que l’on devinait accueillant, mais dont un string en dentelle barrait l’entrée de manière agressive.
Elle parla avec la voix grave d’une Lauren Bacall s’adressant à Bogart et commanda :
C’est quand elle sortit une cigarette que je me rendis compte que tous les mâles du bar avaient les yeux rivés sur elle. Je me retournai pour empoigner une boîte d’allumettes qui traînait sur le bar, et quand je la regardai à nouveau, il y avait huit types, comme sortis d’un chapeau, qui avaient jailli de leurs tables respectives un briquet à la main pour avoir l’honneur de lui allumer sa cigarette.
Je souris devant ce spectacle, d’autant qu’elle ne bougeait vers aucun de ses prétendants, un sourire aux lèvres. Et c’est vers le briquet de Babeth, qui a crissé non loin de mon oreille gauche, qu’elle s’est décidée. Elle a fendu la foule dans son pantalon taille basse qui luttait contre la gravité pour ne pas lui tomber aux chevilles et s’est approchée du feu qui dansait près de la blonde. En passant près de moi, je reconnus les effluves de "Poison", ce qui me semblait parfaitement la définir : capiteuse, dangereuse si l’on est marié et difficile à effacer.
Elle enlaça la blonde Babeth d’une trouble accolade, tout en tétant sa cigarette à la braise naissante. Et, la remerciant d’une volute de fumée et de quelques syllabes, elle s’assit à côté de la fille qui avait si bien su l’allumer. Du coin de l’œil je vis les huit mâles déçus regagner qui leur verre, qui leur amie, qui leur solitude et détaillai un peu plus les deux mômes qui, loin d’être vert-de-gris, rayonnaient de sensualité et faisaient connaissance.
La brune s’appelait Emma. Elle dit avoir rendez-vous avec un futur ex, à qui elle comptait signifier son fait vers la fin de la soirée. Et Babeth ? Elle n’avait rendez-vous avec rien, sinon l’ennui d’une soirée qui la tenait éloignée de son bar préféré, fermé pour travaux.
Le mâle dominant de la meute qui peuplait le bar interrompit leur échange par un "Bonsoir mademoiselle, salut Babeth" grave et vibrant.
Babeth eut l’air ennuyée de le voir apparaître mais n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’Emma répliqua, cinglante :
La mine déconfite du type qui, bouche ouverte, ne savait comment continuer la conversation, provoqua mon hilarité. Il était triplement vexé : il s’était fait rembarrer par un canon, il avait perdu la face devant ses potes et il entendait mon rire finir de l’humilier. Il se tourna vers moi, dents serrées, poings craquants et je pouvais presque le sentir gratter la terre comme un taureau qui va charger. Je me déplaçai rapidement dans l’axe de la porte de sortie et lui souris.
Je n’eus pas le temps de calmer le jeu. Il chargea.
Mon imper flottant joua parfaitement le rôle de la muleta et il ne comprit pas comment il m’avait raté. Par contre, il percuta, tête la première, deux flics qui pénétraient dans le pub pour vérifier que tout allait bien. Les brutalités policières qui s’ensuivirent nous démontrèrent si besoin en était qu’on ne s’opposait pas sans y laisser de plumes à deux gardiens de la paix, munis de matraques et furieux de s’être fait rentrer dedans sans raison. Allez hop, ce qui restait du bellâtre partit finir la nuit au trou…
Alors que j’essayais de me faire tout petit pour ne pas accompagner le taureau humain au poste, j’entendis pour la première fois clairement la voix de Babeth qui s’était approchée. Et, avec des intonations de femme-enfant craquantes, elle me dit :
Je lui souris, d’un vrai sourire de gosse qui trouve une agate resplendissante au milieu des billes qu’il a gagnées pendant la récré, et me juchai sur le siège à côté d’elle, de l’autre côté d’Emma.
Babeth m’expliqua alors que le type qui partait à l’arrière de la voiture de police était… son ex, qu’elle avait quitté à peu près six mois auparavant parce qu’il était violent avec elle. Elle avait été obligée de mettre beaucoup de kilomètres entre eux et avait échoué de l’autre côté de la Manche, comme gouvernante d’une dame noble et très collet monté. Six mois pénibles et ternes, auxquels elle avait mis fin il y avait peu, en revenant dans son pays breton. Mais apparemment, son ex n’avait pas changé, et était retombé sur elle ce soir. Ce qui la rassurait, c’était qu’il semblait s’intéresser plus à Emma qu’à elle.
Emma justement, contrariée de ne plus être le centre d’intérêt de la conversation, posa la main sur celle de Babeth et lui dit :
Elle glissa ses doigts entre ceux de la jolie blonde au sourire triste et me défia du regard, comme pour marquer son territoire. Je me demandais s’il faudrait aussi que je fasse claquer mon imper pour éviter ses attaques, quand Babeth se dégagea de son contact et empoigna ma main. Elle mélangea ses doigts aux miens et sourit à Emma d’un air désolé.
Emma resta interdite à l’idée qu’on puisse résister à son charme… et se tourna sans plus nous regarder vers la serveuse. Je regardais Babeth, un peu étonné. Ses doigts ne lâchaient pas les miens mais son regard ne quittait pas son verre. Elle murmura :
Je lui répondis avec un sourire que ça n’était pas moi mais mon imper qui avait tout fait. Elle releva son regard et le planta dans le mien. J’en oubliai de respirer.
Je ne répondis pas, occupé à insuffler de l’air dans mes poumons qui protestaient. Elle serrait ma main si fort que j’entendais mes phalanges jouer. À moins que ce ne fût le bruit de mon cœur, en train de craquer pour elle ?
Je ne sais pas bien quelles paroles sont sorties de ma bouche, qui semblait avoir pris son autonomie, mais je la vis se lever en disant :
Je remarquai alors qu’elle était plutôt petite, sa tête arrivait à la hauteur de mon épaule. Je sentais le parfum de ses cheveux, plus nettement que l’odeur de cigarette du pub ou le "Poison" d’Emma. Celle-ci, d’ailleurs, ne se retourna pas quand nous la saluâmes, toujours occupée à essayer de prendre la serveuse dans ses filets. Je lui souhaitai une bonne pêche et nous sortîmes dans l’air chaud de la nuit étoilée. Babeth, à côté de moi, semblait attendre quelque chose. Mais qu’est-ce que j’avais pu lui proposer, bon sang ?
Elle vint à mon aide en montrant du doigt le restaurant de l’autre côté de la place et me dit :
Bien. Je l’avais donc invitée à dîner. Parfait. Allons-y.
Le repas se passa merveilleusement bien. Je suis absolument incapable de dire ce que servait le restaurant en question, ni ce que nous avions mangé. J’étais fasciné par Babeth, son petit nez retroussé qui lui donnait un air mutin, son rire clair qui ponctuait mes traits d’humour et sa tête qu’elle renversait en arrière pour l’accompagner. Sa gorge blanche et sa peau pâle et ferme qu’elle me laissait alors découvrir. Sa poitrine qui semblait vivre sa vie sans être enserrée par un quelconque soutien-gorge. Sa robe d’été qui suggérait sans rien en montrer qu’elle avait un corps avenant et des courbes attirantes. Ses jambes sous la table qui se frottaient aux miennes un peu, puis de plus en plus. Nos mains enlacées qui ne se quittaient pas. Et l’heure qui tournait, le restaurant qui fermait bientôt.
Ma bouche à nouveau qui parle seule, je lui propose d’aller voir les étoiles filantes au bord de la mer. Romantique, s’pas ? Je me reconnaissais à peine…
Une vingtaine de kilomètres plus loin, parcourus à faible allure dans mon vieux break usé par les ans, je bifurquai vers un chemin de terre défoncé qui menait à la plage. C’était le seul endroit de la côte où l’on n’était pas dérangé par l’éclairage public quand on voulait observer le ciel. Et le chemin serpentait entre les monticules de sable vers la dune toute proche. Arrêt sur le terre-plein avant que le sable ne devînt trop mou pour mes roues. Je coupai le moteur et nous entendîmes alors le bruit de la mer par nos fenêtres ouvertes. Babeth avait passé tout le trajet appuyée contre mon épaule droite, sa main caressant ma nuque. Je me sentais bien, sur le seul nuage d’un ciel piqué d’étoiles.
Nous allâmes nous étendre sur le sable, la mer allait et venait devant nous. Et j’expliquai à Babeth, nichée au creux de mon épaule, les constellations, le W de Cassiopée, le T de travers d’Orion… et là, on voit bien le bras de la Voie Lactée, c’est très rare de le voir aussi bien… et nous nous sommes mis à compter les étoiles filantes qui animaient le ciel.
Elle se serra contre moi et me dit :
Et je sentis sa bouche me déposer un chaste baiser dans le cou. Je me tournai vers elle, nos bouches se joignirent, nos langues se mêlèrent et je me sentis prêt à battre le record du monde d’apnée pour ne plus jamais me séparer d’elle.
Je sentais son corps qui se pressait contre le mien, je la devinais plus que je ne la voyais dans cette nuit sans lune. Nos bouches se séparèrent et j’embrassai sa gorge offerte, son cou chaud. Les grains de sable se faufilaient partout et rendaient les explorations difficiles. Je me relevai alors et la ramenai sans un mot près de la voiture, alors que nous nous époussetions mutuellement.
Elle s’adossa à l’aile de la voiture et je me pressai contre elle. Nous avons alors recommencé une longue séance d’exploration réciproque de nos labiales. Nos caresses à travers les vêtements devenaient frustrantes et je la sentis se tortiller un peu. Un bruit distinct de fermeture éclair précéda de quelques instants le mouvement de sa robe vers le bas. Je me détachai d’elle et l’admirai alors, presque nue. Elle bougeait doucement pour laisser la faible clarté souligner son corps et j’admirai ses seins gros et un peu tombants, avec une toute petite aréole et des tétons dressés vers moi. Son ventre un peu renflé et émouvant. Ses jambes fines et superbes. Ses hanches un peu larges mais sa taille très fine. Elle fit glisser sa culotte le long de ses jambes et me démontra alors qu’elle était vraiment blonde. Sa toison formait une touffe claire et fournie qui m’attira plus sûrement encore qu’un aimant et je m’agenouillai devant elle.
J’embrassai son ventre et trouvai une peau d’une douceur infinie. Un fin duvet blond courait le long de son nombril vers son buisson qui me rendait ardent. Je le suivis pour descendre vers la fourche de ses jambes, en rythmant ma progression par de petits baisers légers. Goûter à sa peau sucrée était un plaisir de fin gourmet. Et son odeur de femme m’excitait maintenant au plus haut point.
Elle fléchit doucement les jambes pour laisser ma bouche accéder à son saint des saints. J’embrassai sa toison et atteignis le haut de son sexe. Ma lèvre s’activa doucement sur le renflement de peau qui abritait son clitoris. Elle soupira fortement et je sentis ses mains se crisper dans mes cheveux, dérangeant un peu du sable que je n’avais pas enlevé. Ma langue pointa et descendit le long de sa fente très lentement, pour ouvrir le chemin. Elle était déjà humide. Je goûtai à sa liqueur, que je trouvai un peu insipide, mais qui arrivait maintenant en quantité abondante. Ses halètements se faisaient plus forts, ses soupirs aussi. Elle se faisait plus lourde sur ma tête, s’abandonnant, alors que ma langue allait et venait en elle comme un petit sexe. Elle ne parlait pas, juste ses halètements de plus en plus forts. Elle grinça des syllabes sans queue ni tête et je sentis que la houle qui montait de ses reins était plus forte que le ressac sur la plage. Je bandais à m’en faire mal et plus rien d’autre n’existait que le ciel au-dessus de ma tête, la cascade de cheveux blonds qui le masquait partiellement et les cris de Babeth qui jouissait à n’en plus finir sous ma langue qui vibrait à toute allure.
Elle se laissa aller en arrière sur le capot de la voiture, les jambes pendant le long de l’aile. Je me relevai, mes articulations protestèrent un peu mais je m’en fichais bien. J’envoyai mes t-shirt et pantalon rejoindre sa robe et mon caleçon sa culotte. Mon sexe battait la mesure de mon excitation et je m’approchai d’elle. Elle s’appuya sur ses coudes pour relever la tête et me murmura :
Elle se remit debout, fit le tour de la voiture et appuya ses mains sur la calandre, comme pour jouer à la mécanicienne. À ceci près que le capot était fermé, et que si les mécanos lui ressemblaient, je serais au garage tous les jours. Elle tendit les bras et rejeta son cul en arrière. Elle était pliée en deux, comme si elle voulait pousser la voiture vers la route.
"Le frein à main est serré ?" me traversa l’esprit, puis j’arrêtai de penser et me mis derrière elle. Elle était bien cambrée, ses fesses entrouvertes me laissaient libre accès à sa fente luisante de plaisir et à son petit trou. Je tins ma queue d’une main et la fis aller et venir doucement le long de sa fente, sans la pénétrer.
Babeth aspira de l’air entre ses dents, comme si je lui faisais mal. Je m’arrêtai et je l’entendis à nouveau me parler. Une seule syllabe.
Elle recula vers moi et ma queue glissa en elle sans que j’aie fait le moindre geste. Oh que c’était chaud, que c’était doux, que c’était bon ! Son fourreau m’enserrait divinement et elle ne bougeait plus, savourant comme moi le moment qui passait. J’attrapai ses hanches et commençai à aller et venir en elle. Doucement, puis de plus en plus vite. Mes mains se crispaient sur ses hanches, j’entendais le claquement de ses fesses qui venaient à la rencontre de mon bassin. Elle commença à gémir d’une longue plainte monocorde, modulée par mes va-et-vient dans son sexe. Mes coups de reins la faisaient bouger et je voyais la voiture qui tressautait elle aussi sous nos ébats. Les seins de Babeth oscillaient comme une excitante balançoire sous mes coups de boutoir. Et je ne disais rien, je me concentrais sur ce que je lui faisais. Je sentais la flamme de la jouissance qui montait dans mes reins. Et les étoiles filantes qui traversaient le ciel semblaient accompagner notre accouplement en brûlant d’une flamme de plus en plus forte.
… Et elle se raidit, et un cri silencieux sembla percer ses lèvres alors que je sentais les contractions de son sexe autour du mien et comme une douche chaude autour de mon gland. Un râle grondant sortit de ma bouche et je me plantai une dernière fois en elle avant de m’immobiliser et de laisser mon sexe cracher par saccades des galaxies de spermatozoïdes.
Nous avons refait l’amour dans la voiture, comme des collégiens sans toit pour accueillir leurs ébats. Et encore, une fois rentrés chez moi. Et encore, le lendemain. Et la semaine suivante aussi.
Vers la fin du mois, nous sommes partis en voyage ensemble, passer un long week-end dans l’Angleterre qu’elle connaissait peu en tant que touriste. Mon vieux break ne nous a pas trahis et nous a vaillamment menés jusqu’au château où Babeth avait travaillé et qu’elle tenait à me montrer. Son ancienne patronne était dehors, en tenue de "gentlewoman farmer". Elle rudoyait sa nouvelle domestique à propos de la température du thé et du goût des shortbreads, trop rances à son goût.
Nous voyant approcher, elle salua ma chère et tendre d’un sec signe de tête et lui demanda :
Et la vieille lady, qui n’était pas du tout Chatterley, nous dit :