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n° 10034Fiche technique30379 caractères30379
Temps de lecture estimé : 17 mn
07/01/06
corrigé 30/05/21
Résumé:  Jusqu'où la passion - très française - pour les "grèves" peut aller...
Critères:  fh nonéro humour
Auteur : Gabi      Envoi mini-message
Ça devient "grève"...

Ce petit récit politico-loufoque ne semble pas, à première vue, avoir sa place sur un site de contes érotiques. Attendez quand même la fin de l’histoire…


* * * * *


L’appartement est visiblement celui d’un cadre moyen aisé : mélange raffiné de mobilier d’époque et de mobilier moderne, téléviseur et chaîne hi-fi haut de gamme… Dans la salle de séjour, de belles dimensions, une femme, la trentaine élégante, est assise dans un fauteuil et feuillette Télérama en écoutant du Bach.

Bruit de serrure. La femme lève la tête, un peu surprise. Entre un homme, la trentaine lui aussi, physique et costume du jeune cadre dynamique. Il se penche pour embrasser la femme, qui lui dit :



La femme pose son Télérama, et se dirige vers la chaîne hi-fi.



L’homme retient sa femme par le bras.



Notre jeune et sympathique couple a malheureusement la désagréable surprise de trouver la station du métro fermée avec, accrochée sur les grilles qui leur en interdisent l’accès, une banderole qui explique, en grosses lettres rouges, que le métro est en grève.

Un employé en uniforme de la RATP s’approche d’eux, et leur donne un tract titré : "LES VAMPIRES DU METRO". L’homme sourit :



L’employé ne sourit pas, lui, lorsqu’il répond :



La femme tire son mari par la manche :



Il n’y a plus qu’un seul taxi en station. Le chauffeur est appuyé contre son véhicule, sur lequel est collée une banderole "EN GREVE". La femme l’aborde :



L’homme sursaute :



Le chauffeur leur indique, de la main, l’intérieur du taxi. Ils y découvrent, en effet, un berger allemand, confortablement assis à la place du chauffeur avec une pancarte "En Grève" accrochée autour du cou. L’homme se redresse :



L’homme fait mine de mettre la main sur la poignée et le chien se met à grogner.



La femme jette un oeil intrigué vers l’animal :



Le chauffeur essaie d’ouvrir la porte du véhicule. Le chien se couche de tout son long sur la banquette et donne un coup de gueule.



La femme, comme précédemment à la station de métro, tire son mari par la manche :



La nuit commence à tomber. La voiture du couple entre dans la station-service, et se gare près d’une pompe. L’homme sort de la voiture et décroche le pistolet du SP-98… Mais la pompe ne démarre pas, et le compteur reste désespérément à zéro.

La femme est sortie à son tour.



Ils entrent dans la boutique de la station, où l’employé regarde un film de science fiction à la télévision. La femme lui décoche son plus beau sourire :



L’homme s’approche :



L’employé fronce les sourcils :



La femme s’énerve :



C’est ensemble que l’homme et la femme répondent :



L’homme interrompt cet étalage de philosophie de comptoir :



La femme ébauche un sourire crispé :



Elle entraîne son mari au-dehors :



Notre jeune couple, après avoir remis la voiture au garage, se dirige vers un restaurant renommé dont ils ont toujours apprécié la qualité gastronomique. En arrivant devant la vitrine illuminée, ils sont surpris de constater que la salle, habituellement débordante d’activité en début de soirée, est totalement vide. Lorsqu’ils entrent, un type d’une cinquantaine d’années vient à leur rencontre :



Le couple se regarde, un peu interloqué par cette dernière phrase sibylline, mais ils n’ont pas le temps d’échanger des commentaires que, déjà, le propriétaire revient, poussant devant lui une table roulante, sur laquelle est disposé un vaste assortiment de boîtes de conserve :



La femme sursaute :



Le propriétaire se permet un petit rire discret et raffiné :



La femme se lève :



Lorsque, en désespoir de cause, notre couple se retrouve dans son appartement, ils n’ont même plus envie d’ouvrir une boîte de sardine à 1,25 euros. Ils s’affalent sur le canapé, allument le téléviseur et commencent à zapper, ne trouvant aucun programme capable de leur remonter le moral.

Ils finissent pas tomber sur un documentaire animalier qui leur paraît moins insipide que le reste. Mais, alors que pris malgré eux par un suspense assez intense, c’est-à-dire au moment où la mante religieuse s’apprête à bouffer son mâle qui copule avec insouciance… coupure soudaine de l’image !! Quelques secondes de noir, puis l’écran montre un studio uniformément gris, au milieu duquel une grande table de conférence a été installée. Autour de cette table, plusieurs hommes et femmes, la mine sombre et grave. L’un des hommes prend la parole :



L’homme se lève et coupe la télé, d’un geste rageur :



Il allume la chaîne hi-fi et enfourne un compact dans le lecteur. Quelques secondes du Gloria de Vivaldi retentissent, puis la musique s’arrête net, et toute la pièce se retrouve soudain plongée dans le noir complet.



La lumière d’une grosse lampe électrique autonome, du type utilisé dans les campings, éclaire brusquement la pièce de sa lumière un peu froide. L’homme demande :



La femme ouvre la fenêtre et ils sortent sur la terrasse. Ils s’accoudent sur la rambarde. La femme, dont la silhouette élégante se découpe dans le halo de lumière provenant de la salle de séjour, balaie le paysage sombre d’un geste du bras :



Tout à coup, une voix féminine résonne dans le noir



La femme vient de reconnaître sa voisine de palier :



La femme prend le bras de son mari :



La voix de l’invisible voisine intervient :



La femme soupire :



La femme referme la fenêtre :



La lampe de camping a été transportée dans la chambre à coucher et posée sur la table de nuit. Sa lumière glauque éclaire la peau mate de l’homme, dont le corps nu repose sur celui de sa compagne, nu lui aussi. Ils s’embrassent tendrement.

D’un seul coup, l’homme sursaute et fait un bond de côté.



C’est alors que, la fiction d’un célèbre film pornographique des années 70 rejoignant la réalité, une petite voix sort du pénis de l’homme :



La femme se redresse brutalement :



Ils se retrouvent assis côte à côte sur le lit. Ils regardent tous les deux d’un air ahuri le sexe de l’homme :



La stupeur ayant rendu l’homme sans voix, c’est la femme qui demande :



Le sexe de la femme, à son tour, prend la parole :



Le pénis répond :



L’homme a enfin retrouvé l’usage de la parole :



Un soupir agacé sort de la bouche de la femme :



C’est son mari qui lui répond :



La voix du pénis est presque souriante :



La vulve enchaîne :



Quelques minutes plus tard, c’est avec un sourire béat affiché sur son méat que le pénis dit à sa compagne :