| n° 09982 | Fiche technique | 55660 caractères | 55660 9879 Temps de lecture estimé : 40 mn |
15/12/05 |
Résumé: Cherchant une nouvelle partenaire pour reconstruire leur trio, Clara se mariant, Séverine n'étant pas la candidate idéale, JP rencontre Ludivine et en devient l'amant. Surprise par son ami, celle-ci est hébergée et vit chez Laure et JP. | ||||
Critères: fh ffh fbi hotel amour fellation 69 | ||||
| Auteur : Laure et JP (Un couple heureux de parler de son histoire) Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Le triangle de Laure Chapitre 12 / 12 | FIN de la série |
Donc, pour Laure, lui trouver une fille ! Enfin essayer…
Je devrais plutôt dire « nous » trouver une fille. Soyons clairs, une remplaçante de Clara…
Séverine est exclue des candidates. Trop jeune et surtout belle-sœur de cette dernière.
Mais est-ce vraiment possible, n’est-ce pas totalement illusoire cette quête du troisième élément du triangle ? Clara est-elle « remplaçable » ?
Le soir nous explorons les sites internet de rencontres. Fastidieux ! Du choix certes, de tout, comme un immense marché, où chacun s’étale, cherche ou propose.
Laure s’inscrit, avec un pseudo du genre « Tres-caline78 » et une présentation que nous travaillons, ce qui donne un stupide : « JF, 28 ans, cherche JF pour échanges, et plus avec mon ami, si affinités »
Ouais ! Pas terrible. Mais bon, il faut bien commencer…
En fait nous manquons de conviction, surtout Laure qui semble ne pas y croire.
En attendant, je la surprends à téléphoner en s’isolant, les bribes de phrases que je saisis au vol m’indiquant qu’elle parle avec Clara.
Ces messes basses sont agaçantes. Clara semble bel et bien « muselée » par son fiancé. L’alerte a été chaude… et elle se tient tranquille.
Combien de temps tiendra-t-elle ? Ses bêtises, ses excès ont tout cassé… laissant Laure déstabilisée, en déshérence, et créé une Séverine en embuscade !
Tiens, plus de nouvelles de cette malicieuse ! Mais l’eau qui dort…
En plus, ce qui complique singulièrement, Laure a ses dates d’examen et devra repartir bientôt pour quelques jours…
o-o
Il a fallu le hasard, ce hasard qui parfois fait bien les choses.
Incroyable le nombre d’histoires qui ont commencé de cette manière, telle, par exemple, la demoiselle qui percute l’arrière de la voiture d’un inconnu… et ça se conclut par un mariage !
C’est ainsi que je rencontre Ludivine, vendeuse dans un magasin de vêtements.
Me faisant faire un ensemble veste et pantalon, je dois effectuer plusieurs essayages et c’est elle qui s’occupe de moi.
Mignonne – une petite blonde gracieuse – nous sympathisons dès la première fois.
Dans les 25 ans sans doute, souriante, douce, de ces filles qui vous enveloppent d’un charme immédiat et mystérieux.
À son regard je comprends que je ne lui suis pas indifférent, et je frissonne lorsque m’ajustant la veste, ses mains glissent sur ma chemise, me frôlant la peau en dessous.
Elle le sent, me regarde avec un doux sourire et, toujours sous le même prétexte, refait plusieurs fois le même geste, mine de rien. Geste volontaire, professionnel, ou bien…
Pour le pantalon, comme il me serre un peu, elle passe un doigt sous la ceinture pour apprécier le problème, me provoquant comme une décharge électrique.
S’en rendant compte, elle rit, ce qui n’arrange rien. Je l’imagine aller plus loin… « Jean-Pierre, tu fantasmes ! » pensé-je troublé.
Et avec un sourire qui me fait fondre. Diable ! Quelle fille ! Mais que se passe-t-il ? Elle me charme, par jeu ou pour autre chose ?
Je soupire, lui rends son regard. Une seconde où le courant passe.
La bouche sèche j’articule dans un souffle :
Fantasme de ma part, ou un message ? Les hommes sont ainsi, prompts à interpréter côté « sexe » le moindre signe… On dit que leur cerveau se situe par là : une vérité !
Pour le réglage de la hauteur des jambes, pour l’ourlet, elle s’accroupit, aiguilles à la main. Ainsi j’ai une vue plongeante dans son décolleté, apercevant deux beaux petits seins, bien rangés dans un balconnet affriolant. Un bonheur !
Si les femmes savaient – en fait elles le savent, ces coquines – ce que ça provoque chez nous, cet entraperçu de quelques secondes, de ces trésors bien rangés que l’on devine chauds, doux, palpitants ! Même qu’un bout de dentelle, une bretelle !
Comme elle se relève, moi sur un nuage, je m’entends murmurer :
Qu’est-ce qui me prend ? C’est sorti comme ça, presque malgré moi. Une pulsion.
Confus de cette remarque qui m’a échappé, je suis étonné de l’entendre répondre, sans me regarder :
Voilà… Presque malgré nous, une déclaration réciproque, la « clé » qui change tout, qui ouvre des perspectives, une suite…
Wouah ! Des souvenirs de « drague » me reviennent… Des souvenirs de jeunesse, ce cœur qui bondit quand ça « accroche » !
Je la quitte, émoustillé, en convenant d’un autre essayage dans quelques jours.
Nous échangeons alors un regard où nous lisons notre désir d’aller peut-être plus loin, c’est du moins ce que je ressens, dans mon orgueil de mâle…
o-o
Je parle à Laure de ma « découverte ». Elle n’en revient pas.
Elle se contente de rire en me menaçant d’un doigt, l’air de dire « Essaie, pour voir ! »
Pas d’inquiétude apparente de sa part, elle me laisse le champ libre !
o-o
Au nouvel essayage, Ludivine m’accueille encore avec ce regard mouillé, d’une douceur tranquille. Puis elle réitère le même manège, ses doigts courants autour de moi, avec cette fois des gestes plus appuyés, des regards. Ou bien j’affabule, ou alors, vraiment…
Elle sursaute légèrement, sourit, et murmure :
« Ah ! C’est fichu ! Mon imagination… Dommage, quand même ! » pensé-je déçu.
Je la suis dans un slalom autour des présentoirs. Sa démarche est souple, vive, et j’admire à chacun de ses pas la forme de ses fesses à travers le tissu de sa robe.
Bien fichue la « gamine » ! Un charme, un… Ah ! Je ne sais plus, un tout, que je regrette de ne pouvoir connaître davantage… et présenter à Laure.
Elle se retourne plusieurs fois, s’assurant qu’elle ne me perd pas, son regard accrochant chaque fois le mien. Un délice ! Mais bon…
Au comptoir, elle fait un signe à la caissière, et va pour me laisser en se reculant, qu’elle me murmure : « Je finis à 19 heures… » puis lance, très commerciale :
Pas le temps de réagir qu’elle a tourné les talons !
J’en reste pantelant, surpris… et heureux !
o-o
À l’heure dite, le cœur battant, je l’attends, un peu à l’écart des portes du magasin.
Les lumières une à une s’éteignent, les derniers clients sortent, et enfin elle apparaît, me cherchant du regard.
Dans un caban, col relevé, ses cheveux blonds épars, sa frimousse est craquante dans cet écrin.
Ainsi sa beauté éclate, renforçant son air doux et calme.
À peine attablés dans un coin reculé d’une brasserie proche, Ludivine veut d’emblée expliquer son hésitation.
Surprise, elle me fixe, interloquée.
Lisant dans ses yeux un mélange de déception et d’incompréhension, je m’empresse d’ajouter, craignant qu’elle me plante là :
Difficiles ces premiers échanges, où chacun cherche l’autre, se demandant par quel bout commencer une éventuelle histoire à deux, le « si plus si affinités ».
Pour détendre l’atmosphère, je ris, et fais mine de lui prendre la main d’un air amical, ce qu’elle esquive souplement en souriant.
Je m’insurge de ce refus, gentiment mais fermement :
Pour le coup, réalisant que nous sommes à égalité sur ce point, elle éclate de rire.
Drôle que les femmes soient suspicieuses vis-à-vis d’un homme pas libre, alors qu’elles-mêmes ne le sont pas !
Soudain, la glace semble brisée. Elle m’explique que son copain, certes gentil, n’est pas l’homme de sa vie, enfin qu’elle le sent comme ça… déjà une usure.
Ce qui m’amène à lui parler de Laure, que nous formons un couple uni, mais que, enfin, comment dire, nous fonctionnons à trois…
Elle sursaute, me regarde les yeux ronds.
Ludivine est hilare, me détaille, visiblement très amusée.
Secouant ses cheveux, tout en ouvrant son caban, elle reprend :
J’hésite à poursuivre. Que lui dire ? Que je « travaille » pour Laure ? Le moment est délicat. Faire soft, surtout ne rien brusquer.
Je murmure, détournant les yeux :
Un silence. Elle me regarde mi-amusée, mi-contrariée. Tout va se jouer maintenant, et je ne serais pas étonné si elle partait, ou même me baffait.
Elle soupire, rit doucement et chuchote :
Ludivine prend plutôt bien les choses. Ouf ! Mais ce n’est pas gagné, car elle ajoute, alors que je remarque ses joues rosies :
Le ton, pour un sujet aussi sensible, est à la rigolade. Le mieux que j’ai trouvé pour faire passer le message… et la proposition.
Cette fois, elle rit franchement, me regarde autrement, maintenant curieuse et peut-être un peu excitée. Un silence se fait, chacun dans ses pensées.
Je décide que pour aujourd’hui c’est suffisant. Laisser faire le temps maintenant.
Que pense-t-elle vraiment ? Une femme qui rit est conquise, dit-on. Mais ici… Les femmes étant imprévisibles je suis surpris quand elle ajoute, répondant à mes interrogations :
Réalisant le soudain tutoiement, et cet élan intimiste, elle pouffe, rougit.
Je lui prends la main doucement et y pose un baiser du bout des lèvres. Elle frisonne et murmure : « Tu me raccompagnes ? »
o-o
De mon côté je suis troublé par cette fille, toute en nuances, douce, mais cachant certainement un caractère bien trempé.
Cette première rencontre m’a donné chaud. Evoquer mon couple avec Laure et la « deuxième » femme n’est pas neutre et m’a remué les sangs.
Ludivine acceptera-t-elle de jouer ce rôle ? Rien n’est moins sûr.
Je divague en me disant que si tout devait s’arrêter avec Laure, j’ai presque déjà la remplaçante, une « normale » qui me poserait moins de problèmes !
« Salaud ! T’es un salaud ! » me prévient une petite voix. « Tu aimes Laure, bats-toi, trouve une solution ! »
C’est vrai, n’empêche que… si justement cet amour devenait impossible…
o-o
En route, en voiture, nous gardons d’abord le silence.
L’espace réduit se charge bientôt de son parfum, de sa présence. À nouveau le col de son caban relevé, je ne devine qu’un peu de son visage environné de cheveux blonds.
Un élan de tendresse me prend. Sa douceur, que cache-t-elle ? Sa voix aussi me manque. Posée, au timbre clair, mélodieux, et cette façon de finir ses phrases, parfois en se passant la langue sur les lèvres… À force, ce bout de langue me fait fantasmer… j’imagine, j’imagine…
Par moment, je sens qu’elle se tourne vers moi, quelques secondes, puis soupire.
Nous sommes bien, maintenant complices. Presque naturellement, amicalement devrais-je dire, ma main se pose sur son genou.
Elle frissonne, me la bloque vivement
Ma main poursuit sa découverte, flattant des cuisses musclées et réactives à la caresse.
J’y retrouve mon péché mignon : le grain des bas, leur crissement… Elle a un hochement de tête, et me laisse faire, le souffle court.
Repérant une place, dans une rue sombre, je me gare.
Immédiatement elle m’attire et m’embrasse, m’envahissant d’une langue sauvage, ce qui contraste avec son calme habituel.
Ma main poursuit son chemin et, à plat sur sa culotte, à travers le collant, masse doucement, cherchant des doigts un contact plus appuyé, plus précis.
Elle me mord et geint brusquement : « Arrête ! Je mouille… pas ici ! »
Je tente de faire glisser le collant, cette camisole affreuse. Elle porte « ça » !
Mais elle s’échappe, me repousse essoufflée.
Sa respiration est rapide, haletante. Elle prend un air désolé, m’embrasse la main qui était bien au chaud sous sa jupe.
Reprenant sa place, elle éclate de rire, me regarde malicieuse, effleure ma braguette gonflée par la situation dans un geste direct et précis.
Pour la première fois nous nous regardons yeux dans les yeux, avec ce petit quelque chose qui passe, en plus. Une communion des âmes sans doute.
Je reprends la route et à nouveau nous observons le silence.
Mais cette fois, et c’est palpable, nous nous parlons sans rien dire, par nos respirations, nos soupirs, nos regards.
En bas de chez elle, redevenue sérieuse, elle me dit au revoir en me pressant la cuisse et en me jetant un regard que seul je peux interpréter. « À demain ! » souffle-t-elle, alors qu’elle descend.
Congé discret, heureusement, car après quelques pas, sorti de l’ombre, un homme l’intercepte. Son copain sans doute…
Oh là ! Partir, vite ! Et je m’en vais, impassible, passant à côté d’eux, alors qu’ils sont pris par une discussion animée sur le trottoir…
o-o
Rentré plus tard, Laure m’attend, impatiente. Ses bras m’enlacent, sa bouche cherche mes lèvres pour un accueil chaleureux dont elle a le secret.
Mais elle sursaute, me repousse, l’œil aiguisé.
Je lui raconte alors nos premiers échanges dans la brasserie, puis le retour un peu chaud, ses hésitations à donner une suite, le copain qui apparemment lui a fait une scène.
Laure m’écoute, attentive. Je la sens à la fois contente mais inquiète. Nous jouons avec le feu, nous le savons, pour elle comme pour moi.
Des sentiments ? Oui, forcément. Je ne suis pas du genre à avoir une aventure sans qu’il y ait « quelque chose en plus ».
En prenant un air las et fataliste je réponds doucement :
Elle me regarde, pince les lèvres, hausse les épaules. Maintenant que notre projet semble se concrétiser elle en mesure les enjeux.
Quelques secondes de silence où je suis très mal. Mais finalement elle se reprend, soupire, sourit tristement et murmure :
Cette fois elle se détend, et je la retrouve brusquement, fidèle à elle-même, vive, provocante, enjouée. Elle rit, vient m’enlacer et conclut :
Ouf ! Le moment a été délicat. Reconstruire notre union particulière est plus difficile que prévu. Le prix à payer.
o-o
Le lendemain…
Je dois revoir Ludivine ce soir, mais son copain m’inquiète. Aussi je décide d’aller la voir à son magasin dès ce matin m’enquérir de ce qui s’est passé.
Au milieu des présentoirs je peine à la retrouver Enfin je la vois, elle m’aperçoit et aussitôt m’attire à l’écart, visiblement nerveuse.
Son copain avait oublié ses clés et attendait dehors. Il nous a vus, et s’imagine des choses… Ça va mal.
Plus calme maintenant, elle réfléchit tout en me fixant et en se mordant les lèvres.
Je l’admire, belle comme ça, alors que ses yeux me fouillent. Enfin son regard s’éclaire et prend un air mutin. Rapidement, en s’assurant que nous sommes seuls, elle me jette :
En un éclair j’élimine la brasserie ou tout autre lieu public. Chez moi, c’est trop loin, et Laure est peut-être là. Reste l’hôtel…
À nouveau elle me fixe, rieuse, me jaugeant.
Puis elle me lance, sûre d’elle :
Nous rions sous cape en nous tapant dans les mains.
C’est donc décidé, et je lui indique où nous nous retrouverons : un de ces hôtels à carte bancaire, près d’ici. La discrétion est maximale.
Tout est allé vite, et se retrouver dans un hôtel… Jeu hypocrite, ce jeu mettant en scène un gentleman avec une fille qui ne veut que soit dit…
o-o
Je l’attends depuis un long moment, craignant finalement qu’elle ne vienne pas. Mon cœur cogne, le doute me prend : après tout qu’est-ce que je fous là ?
Enfin elle arrive en courant, essoufflée, sa poitrine se soulevant à faire céder le décolleté. « J’ai pris deux sandwiches… il faut que je tienne jusqu’à ce soir…. On y va ? » me dit-elle en me prenant la main, gommant d’un geste mes incertitudes.
Ces établissements sont lugubres avec ces chambres minuscules, ces literies impersonnelles, quelconques, ces odeurs indéfinissables.
La porte de la chambre refermée, on s’assoit bêtement tous les deux au bord du lit, Ludivine reprenant son souffle.
On se regarde… presque étonnés de nous trouver là, les mains sur les genoux.
L’ambiance n’y est pas… les lieux n’étant guère romantiques !
Elle m’observe, amusée de me voir « bloqué », puis rit et murmure :
Elle va tirer les rideaux et défait sa robe qui tombe d’un coup. À présent en slip et soutien-gorge et… avec des bas auto-fixants, elle s’allonge sur le lit, le souffle encore court.
Rieuse elle m’invite à la rejoindre en me lançant :
Je l’admire quelques instants, surpris de la voir déjà demi-nue. Mince mais bien faite, je suis frappé d’une similitude avec Laure, un presque clone. Vraiment avec une ou deux tailles en dessous, comme pour les vêtements ! Mais la peau plus blanche, une peau de blonde.
Voyant que je la détaille, elle fait mine de se cacher, se roulant en boule.
Je me déshabille à mon tour, gardant aussi mon slip et je la rejoins, couché à côté d’elle. À présent sur le dos, comme deux sardines dans une boîte, nous regardons le plafond, immobiles…
Un relatif silence, à peine troublé par les bruits de la rue, des portes qui claquent ailleurs dans l’hôtel, nos respirations. Une ambiance comme dans le film « L’amant chinois » tiré du roman de Marguerite Duras, où les amants se retiennent, elle dans la fébrilité de ses 16 ans, vierge, lui avec la conscience qu’il va faire d’elle une femme.
Je soupire, hésitant. Tout est allé très vite, trop vite peut-être. C’est parce que justement Ludivine me plaît que je crains pour Laure et moi. Sauter ou non le pas, commettre peut-être l’irréparable.
Doucement elle se tourne vers moi, me prend ma main et la pose sur son ventre nu, mes doigts frôlant l’élastique de sa culotte. Douceur… la peau est soyeuse, chaude. Ses genoux se lèvent, ses cuisses s’ouvrent et sa main m’entraîne sous l’élastique, plus bas… d’un petit coup de rein elle ajuste mes doigts dans son intimité. C’est brûlant… humide et poisseux. Elle geint, remue un peu, se caresse avec ma main…
Je sens ses doigts remonter le long de mes cuisses, se poser enfin sur la bosse de mon slip, et ses ongles me griffer à travers le tissu. Je sursaute tant cette caresse est subtile, effleurée.
Puis souplement elle me chevauche, en se retournant, me présente ses fesses et, dégageant mon sexe, l’embouche en poussant un petit cri et m’offre son abricot.
Sa bouche me suce doucement, ses lèvres me tenant à peine, sa langue insistant sur le gland.
Je bondis et, lui faisant glisser sa culotte, j’investis ses replis chauds et humides.
Ah ce goût, cette odeur ! Ceux d’une blonde, délicats, légers… les fruits, les senteurs de son jardin caché, engazonné d’une flore blonde et légère !
Elle se cabre, gémit, accélère soudain sa caresse, me prenant à fond.
Sa bouche me lâchant, elle se redresse, continuant à me caresser à deux mains.
J’ai les lèvres, la langue pleines de son jus, mes mains crispées sur ses fesses. Elle gémit encore puis d’un petit coup de rein elle s’avance, se relève légèrement et, se guidant d’une main, s’empale sur mon sexe en redescendant très lentement, centimètre par centimètre..
Nous crions ensemble de cette pénétration retenue, savante. C’est divin, un peu serré, chaud, la sensation d’être pris dans du velours.
Et d’un mouvement lent, ample, elle s’active, ses mains posées sur mes cuisses. Je la vois de dos, monter et descendre ses fesses, en se tortillant, en se vrillant. Un régal tant c’est doux, expert dans une recherche maximum de plaisir. Soudain elle expire un cri rauque, se crispe, plusieurs spasmes la parcourant, et enfin elle jouit en se courbant en avant, toute frissonnante.
À bout d’excitation et de plaisir je me lâche à mon tour, me déversant en elle, avec l’impression de la remplir complètement, de l’inonder.
Elle reste ainsi quelques instants, assise, essoufflée, ses mains broyant mes cuisses.
Un soupir puis elle me rejoint, allongée contre moi, une main sur sa chatte trempée.
Nous sommes calmes, maintenant, nous tenant la main, à nous regarder. À nouveau ce silence, le bruit de nos souffles. Sans parler. Nous sommes bien, repus.
À quoi pense-t-elle ? Ses yeux se noient dans les miens, j’y lis une profonde tendresse, la recherche d’un absolu, loin, profondément..
Oui, et maintenant ? Au-delà de cette aventure, sa remarque me rappelle aux réalités. Aller plus loin à condition qu’elle veuille continuer l’expérience avec Laure… C’était le but…
Un silence. Elle me caresse les lèvres d’un doigt, me fouille du regard.
Elle mime un baiser, fronce son nez et, mutine, me lâche :
Elle frissonne, s’approche, m’embrasse doucement, se serre et reprend :
Toujours serrée, elle ronronne, ses mains me parcourent, toujours avec cette manière effleurée que maintenant j’adore. « Technique orientale ? » pensé-je amusé.
Je remarque qu’elle a encore son soutif… ce balconnet fripon qui retient encore une gorge à explorer ! D’un doigt je fais glisser la bretelle, et tire sur le bonnet, dégageant un petit sein, bien formé, surmonté d’un gracieux téton dressé, rond, plutôt gros… Elle me sourit, simule un baiser et murmure :
Lui découvrant l’autre sein, accoudé, je m’applique des lèvres et des dents à sucer ces bonbons. Un goût de sueur mêlé à son parfum m’enivre tandis que ma langue s’enroule autour tel un serpent affamé. Elle gémit, me maintenant la tête d’une main… tandis que de l’autre elle me cherche, demi ramolli.
Mais elle sursaute, me rappelant qu’elle n’a plus le temps, qu’elle doit reprendre son boulot.
Elle se redresse, m’aide à me lever et, debout et nus, nous échangeons un long baiser. J’ai le cœur gros, comme elle certainement.
Devoir nous quitter… elle comme moi savons que c’est peut-être sans lendemain, et pourtant, nous avons bu à la source interdite, préférant les remords aux regrets…
En se rhabillant, elle a les larmes aux yeux, retient un sanglot.
Enfin, l’un contre l’autre, appuyés sur la porte de la chambre, prêts à sortir, nous nous embrassons passionnément.
Elle me souffle alors, sa tête sur ma poitrine, ses mains me serrant les fesses :
En la serrant très fort, je promets… et nous sortons.
o-o-o-o
Mais une surprise nous attendait, en bas dans le hall…
Un jeune homme, avec deux énormes sacs de voyage à ses pieds, nous coupe la route, et s’écrie, visiblement contrarié en nous voyant :
Son ami ! Un brin menaçant, qui maintenant la secoue par un bras.
Ludivine est rouge de confusion, tétanisée. Je m’interpose, mais il m’ignore, et continue à vitupérer, à l’insulter.
J’entraîne rapidement Ludivine à l’extérieur, accrochée à mon bras comme à une bouée.
À quelques mètres de là, le copain, furieux, jette les sacs sur le trottoir et lance :
Elle fond en larmes, les nerfs à bout.
Nous rejoignons ma voiture et je pars le plus vite possible avec les sacs dans mon coffre
En hoquetant elle murmure : « Ça devait arriver, il s’est douté de quelque chose hier soir. Je te dis, malade de jalousie, c’est un con ! »
Reste que me voilà bien… ici et maintenant, avec elle à la rue !
Dans l’immédiat, la ramener chez moi, et l’aider à s’organiser.
Je vois d’ici Laure… Je préfère la prévenir, et l’appelle sur son portable, pendant que Ludivine récupère dans son coin, encore secouée par des sanglots.
Sûrement occupée dans un de ses cours, je tombe directement sur sa messagerie ; j’y laisse un laconique : « Désolé, rappelle-moi, un problème avec Ludivine, son copain, elle est dehors, trouver une solution. Bisous-bisous… »
Nous allons dans un café, attendre, faire le point.
Mon téléphone se manifeste… c’est justement Laure, qui rigole, à mon grand soulagement !
Je grommelle, cherchant mes mots, qu’elle me coupe aussitôt en ajoutant.
C’est Laure, généreuse… N’empêche qu’elle me fera payer ça très cher.
Je me tourne vers Ludivine, la prend par les épaules et lui murmure :
Elle sursaute, me prend la main.
Dont acte. Nous rentrons chez moi… bras dessus, bras dessous, après être passés chez le traiteur. Laure est déjà là… Elle nous accueille tout sourire et, comme à son habitude, s’est changée et porte son éternel kimono.
D’autorité elle m’arrache Ludivine et l’entraîne sur le canapé.
Drôle de façon de voir les choses quand même ! Son copain « cocufié » … et Laure de le qualifier ainsi ! Mais bon, les filles…
Tournant et virant, les plats préparés, le vin aussi, j’attends de pouvoir revenir au salon. Je ne perçois que des chuchotements, puis des rires, puis plus rien… Puis à nouveau des voix, et enfin un « Jean-Pierre, tu peux ! » venant de Laure.
Ludivine va un peu mieux, les yeux rouges, recoiffée… et simplement vêtue d’un des kimonos de Laure, certes un peu grand, mais ça lui va à ravir.
Laure fait l’étonnée, me regarde, puis Ludivine, et s’écrie à son intention :
Nous rions tous les trois, Ludivine encore étonnée de sa « sortie » ajoutant :
Sur cette réplique Ludivine me lance regard entendu, battant une fois les paupières.
Et voilà ! Conquise par Laure, elle est sereine pour la suite des événements ! Il est vrai que Laure ne montre aucun comportement laissant deviner sa double nature, elle sait faire « soft » !
Pour l’heure, elle a joué l’amie avant l’amante…
Maintenant attablées et m’observant amusées leur apporter les plats, les deux filles continuent de papoter comme des commères qui se connaissent depuis toujours. Assises côte à côte, elles me font face et j’ai tout loisir de les admirer dans leur kimono soyeux. Deux têtes blondes avec leurs cheveux tombant sur les épaules. On dirait deux sœurs.
Une question me vient, histoire de les provoquer un peu…
Deux paires d’yeux me dévisagent comme si j’étais un martien.
Laure se penche vers Ludivine et lui murmure en riant quelque chose à l’oreille. Celle-ci sourit et me regarde. Elles se lèvent, mystérieuses et Laure s’écrit : « Un… deux… et trois ! »
Chacune alors, d’un geste bref, tire sur la ceinture de son kimono… qui s’ouvrent béants.
Oh là ! Paradisiaque ! Elles m’apparaissent seins nus et en petite culotte. Une grande et une plus petite, magnifiques… l’espace d’un instant, car Ludivine se colle ventre à Laure, qui s’écrit en riant « La-la-lère ! » en levant un bras… comme dans une revue du Crazy Horse !
Puis fin ! Avec un même mouvement les kimonos se referment, et elles se rassoient hilares. Je dois faire une tête… ayant encore dans les yeux leur poitrine, leurs cuisses, leur culotte.
Nous sommes encore à rire et parler que le portable de Ludivine sonne.
À l’écart dans un coin du salon elle répond. De toute évidence c’est son copain… « Oui je vais bien… », dit-elle agacée, « Non Kevin ! Non, je ne rentrerai pas ! », puis « Non, n’insiste pas… c’est fini, tu me fais peur… », et enfin « Pour mes affaires, pour ce qui reste, je les prendrai plus tard, je viendrai avec des amis les chercher… oui demain, dans la journée. Autant que tu ne sois pas là. Allez, salut ! »
Elle reste prostrée, les larmes aux yeux : « C’est dur quand même… » souffle-t-elle, « il était prêt à me pardonner, que tout ça est arrivé de sa faute. Mais non, c’est fini… »
Laure la rejoint, maternelle, et la prend dans ses bras, pendant que d’un geste elle me fait signe de m’éclipser… Décidément bien gentille ma chérie ! Je ne la connaissais pas sous cet angle… et c’est tout à son honneur.
o-o
Plus tard, Ludivine ayant récupéré, nous passons la soirée à discuter, les filles dans le canapé, moi vautré dans un fauteuil. Lumière baissée, nous baignons dans une ambiance feutrée, où nous parlons bas, devrais-je dire, où elles parlent bas…
De ma place je les observe et c’est un plaisir pour les yeux et les sens.
Des mouvements variés de jambes croisées et décroisées, laissant voir chaque fois des bouts de cuisses, une seconde même parfois, un soupçon de culotte… Et aussi des bruissements de tissu, un sein entrevu dans une échancrure, un bâillement du kimono, leurs cheveux, leurs yeux jouant avec des reflets de lumière.
Je suis aux anges, ne perdant rien de cette symphonie.
Laure, avec un sourire, remarque mon manège et en rajoute… et, ce qui n’était que des visions flash devient de véritables arrêts sur image…
« La garce… pensé-je, elle joue à m’énerver… et je suis là comme un couillon ! »
Elle pousse le vice jusqu’à relâcher un peu, de quelques gestes anodins, le kimono de Ludivine « Voilà, comme ça, tu es mieux… » lui murmure-t-elle.
Laure continue de me regarder à la dérobée, ravie de me savoir dans tous mes états… et soudain, entourant d’un bras amical les épaules de Ludivine, elle lâche : « Et si nous allions dodo… non ? Il est peut-être temps ! ». Et elle se lève, en aidant notre amie à l’imiter.
C’est le moment que je redoutais ! Que va-t-il donc se passer ?
Je n’ose en regarder aucune, faisant genre « je ne suis pas là… »
Laure prend les opérations en mains, invitant Ludivine à aller dans la chambre… celle-ci me faisant un petit geste de la main avec un petit air faussement triste et fataliste…
S’assurant que nous sommes seuls, elle m’enlace après avoir défait son kimono. J’en ai plein les mains, de ses seins, de ses fesses… et elle m’embrasse tendrement, profondément, en gémissant.
Laure s’est couchée, j’entends quelques chuchotements, des petits rires… puis plus rien.
Obscurité relative et silence total, je cherche le sommeil dans ce fichu canapé qui est vraiment mauvais. Je repense en boucle à cette journée de folie…L’amour avec Ludivine, ça été un grand moment… et elle est là, à côté, dormant avec Laure… Laure qui l’a acceptée à tous points de vue…
Je me répète : « C’est notre manière de vivre, pas ordinaire, mais c’est la nôtre… »
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J’ai dû sombrer, le trou noir, un temps indéterminé…
Maintenant, les yeux ouverts, le dos endolori, je réalise où je suis… Un frôlement attire mon attention, je regarde du côté de la chambre, et j’entrevois une silhouette, blafarde, accrochant le peu de lumière, presque irréelle. « Un fantôme ! » pensé-je en rigolant. Mais l’apparition vient vers moi, lentement, et de la pénombre surgissent, mouvants, la courbe d’un sein, le relief plein d’une cuisse, l’auréole blonde d’une chevelure… « Un fantôme… femelle ! Laure, de toute évidence… » me dis-je amusé.
Le fantôme est tout proche, il a une odeur, un parfum qui le précède… c’est bien « elle » qui à présent s’accroupit ; je sens sa respiration, rapide, retenue. Il se penche, et soupire : « Tu dors ? » Sympa, cet ectoplasme, cette « dame blanche » dont les lèvres proches brillent, humides, un peu charnues… avec des dents qui luisent, un bout de langue rose… « Tu dors ? » répète l’apparition.
Elle soupire, et je sens une main me saisir, délicatement, au plus intime, en totalité.
Je vois sa tête plonger, un rideau de cheveux s’interposer… et je sens sa bouche me gober, encore tout petit, endormi… pendant que sa main, à pleine paume, me masse doucement.
Un mouvement de sa tête m’indique de me taire… et ses lèvres, sa langue, entreprennent d’alerter ma virilité. Sa bouche s’arrondit, un grognement me dit qu’elle est satisfaite du résultat… De la salive coule, un léger bruit de succion, un hoquet quand elle m’engage à fond.
Je me tords un peu, faisant grincer le sommier… son autre main m’invite à rester calme. Sa bouche est chaude, sa caresse est lente, appliquée… Sentant que je vais exploser, je lui passe la main dans les cheveux et geins « Laure… ah ! ». Elle accélère un peu, me mordillant, m’aspirant puis, percevant l’approche d’un premier spasme, ses lèvres me pincent, sa langue s’enroule… et je me libère, les reins cambrés. Elle ne m’a pas lâché et accompagne, bouche hermétiquement fermée, les deux ou trois jets qui suivent.
Sans bouger, elle attend que je débande en me caressant les cuisses du bout des doigts. Je repousse ses cheveux, et je la vois, paupières closes, goûter ma semence, creuser ses joues, puis déglutir.
Enfin, redevenu au repos, elle me laisse et, lèvres fermées, achève de me boire avec un claquement de langue. « La totale… elle m’a fait la totale… » pensé-je émerveillé, « la première fois comme ça… en silence »
Sa tête se tourne vers moi, avec un coup de langue s’essuyant la commissure des lèvres, puis elle me sourit, tendrement. « Voilà… je n’ai rien laissé. Un must ! »
Je l’attire et elle ronronne contre moi, palpitante, frémissante, ma main constatant en la parcourant qu’elle est trempée. Mais elle me repousse : « Laisse, dors maintenant… »
Comme elle se relève, je remarque alors qu’une autre silhouette blanche se tient appuyée sur l’encadrement de la porte de la chambre. « Ludivine ! » pensé-je, « elle a tout vu ! », mais prestement elle disparaît…
Un baiser chaste de Laure sur mes lèvres, avec un « Bonne nuit amour… » et elle rejoint son lit en marchant vite et en souplesse, le temps d’apercevoir ses fesses, laiteuses et rebondies sautiller.
Je soupire, comblé. Quelle femme ! Quel amour elle me donne ! Mon cœur est gonflé de bonheur. Quelle chance j’ai !
À présent j’essaie de retrouver le sommeil… mais des gémissements étouffés me parviennent de la chambre. À nouveau un frôlement, une silhouette blanche, celle de tout à l’heure, la lumière qui accroche un petit sein… Ludivine ! Ludivine qui s’efface derrière la porte qu’elle ferme doucement…
« Les vaches ! pensé-je, Laure a dû être surprise à son retour… ou alors c’est un coup monté ! »
Plus tard, à demi endormi, à moins de l’avoir rêvé, je perçois des cris retenus, des râles sourds… reconnaissant Laure ou Ludivine, ou les deux…
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Debout de bonne heure – décidément il va falloir changer ce canapé ! – je prépare le café et la table pour le petit déjeuner. Seul, je repense tendrement aux deux filles qui dorment encore à côté.
« Ma » Laure qui se laisse aller quand même à quelques pulsions homo… Ludivine qui les a découvertes, plus par jeu, au moins je le crois. Pour Laure, bon, il faut faire avec…
Un léger bruit… justement la voilà, pieds nus, en vrac… portant, ouverte, une de mes chemises. Au saut du lit ce matin, c’est pas terrible… des cernes sous les yeux, une mine de papier mâché.
Elle se pend à mon cou, m’embrasse…
Je la tiens serrée par la taille, elle se cambre, cherchant mon ventre.
Un toussotement derrière nous… on se sépare vivement ; Ludivine est là debout, en kimono, l’air aussi en vrac que Laure…
Laure en profite pour filer à la salle de bains en lançant : « Soyez sages, à tout de suite… »
Ludivine s’approche, me caresse la joue, me tend ses lèvres. J’y dépose un petit baiser.
Elle rougit, regarde ses pieds, me prend les mains.
Mes bras posés sur ses épaules, je la regarde et murmure :
Ses mains me serrent, moites et elle soutient mon regard.
Puis elle se coule contre moi, frémissante : « J’aurais payé cher pour être à sa place, tu sais…. mais justement, ce n’est pas ma place ! » ajoute-t-elle en me serrant.
Elle frissonne, se masse les bras, le regard ailleurs, comme si elle se remémorait cette nuit, puis me tend ses lèvres et murmure en soupirant :
Me prenant la main, elle la glisse entre ses cuisses en frissonnant. C’est doux, chaud, et mes doigts jouent un instant avec son triangle duveteux, puis cherchent plus loin son sillon humide. Ses reins se cambrent, elle gémit : « Ah ! si on pouvait, maintenant, debout… »
Mais elle me repousse doucement : « Plus tard, je te promets… » murmure-t-elle pendant que nous entendons Laure revenir et qui lance : « A toi, Ludi… la salle de bains est libre ! »
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Quelques jours passent, mais changement brusque d’ambiance.
Tout allait trop bien sans doute…
Laure en plein stress de ses examens proches se montre distante, préoccupée et passe les journées dans ses bouquins. Ludivine de son côté perturbée par sa rupture, et sa situation de squat chez nous.
Nos nuits sont réglées, les deux filles dans la chambre… et moi dans le canapé.
Soudain plus de câlins et l’atmosphère est maussade. La présence de Ludivine entre nous n’arrange rien, intimité zéro. J’ignore même si toutes les deux, au lit…
Un jour, en fin d’après-midi, alors que je suis le premier à être rentré, Clara appelle, voulant parler à Laure. Après lui avoir précisé que je suis seul, elle me lance :
Je pressens comme une « idée » de sa part pas très catholique… La reine des embrouilleuses, mais elle est tellement attachante qu’on lui pardonne tout.
Oh là ! Il ne manquait plus que ça ! Mais quand, quand va-t-elle se calmer ? Je l’aime beaucoup, mais maintenant ça va trop loin. Soudain furieux je réplique :
Un silence. Je l’entends respirer fortement, elle aussi est en colère, semble-t-il.
Aïe ! C’est la tuile ! Me fâcher avec Clara, j’aime pas. Qu’est-ce qui lui prend ? Elle veut « récupérer » Laure ? Elle semblait tellement « femme de tête », son mariage d’abord avec à la clé une situation sociale enviable ! J’imagine Laure retrouvant Clara à l’autre bout du monde…
Décidément ! Je commence à être las de ce foutoir ! Et une fois de plus, l’idée qui m’effleurait de faire ma vie plutôt avec Ludivine, cette idée maintenant s’impose davantage.
Et de me rappeler les heures de discussions presque en cachette, au téléphone, entre les deux filles, et maintenant cet appel de Clara… Oui, il se passe quelque chose…
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Plus tard c’est Ludivine qui rentre la première et qui s’étonne de l’absence de Laure.
Tant mieux, j’ai un trop plein d’amour, une envie de serrer une femme dans mes bras.
Je l’enlace, tente de l’embrasser, mais elle me repousse doucement.
Elle me regarde et me prend les mains, amicalement, comme une grande sœur.
Elle me serre fort, loge sa tête au creux de mon épaule. Je fonds de ce contact, sa taille plus petite que celle de Laure accentuant mon sentiment protecteur. D’autant que, se déchaussant, elle descend de quelques centimètres sur mon torse, respirant le nez dans ma chemise.
Un « petit lot » tout en douceur que cette Ludivine… qu’on a envie de chouchouter, de border de tendresse… et qui cache un tempérament inattendu, des talents cachés.
Un élan me prend et je l’embrasse fougueusement, comme un naufragé cherchant de l’air au milieu des flots déchaînés. Elle répond à mon baiser, gémissant, se dressant sur la pointe des pieds.
Son corps frémit, et mon désir monte, mon ventre collé au sien. Je veux l’entraîner sur le canapé, submergé soudain d’une envie folle de la clouer là, de me fondre en elle, de m’y noyer.
Mais dans un sursaut elle se dégage, cheveux en bataille, essoufflée, les yeux brillants.
Ses mains sur mes épaules elle me fixe, les lèvres encore humides de notre étreinte. Son regard est profond, amoureux, un brin désespéré. J’y lis une immense tendresse et mes yeux se mouillent de larmes. J’ai brusquement la gorge serrée, la boule à l’estomac…
Enfin elle me sourit gentiment, me caresse la joue, m’essuie le coin des yeux et murmure :
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Arrivée de Laure. D’un coup d’œil aux têtes que nous devons montrer, elle remarque que nous sommes émus. Avec un sourire entendu elle lâche, amusée :
Laure hausse les épaules, vient nous embrasser tout en caressant d’un geste les cheveux de Ludivine. Puis elle se laisse tomber dans un fauteuil et reprend :
Je suis furieux. Qu’a-t-elle à évoquer « la délicieuse impertinente », cette parenthèse ? Non pas que la dédaigne… mais elle a sa vie, a eu ses pulsions.
Donc, une « torpille » inutile, un clou dans ma chaussure ! Quelle garce !
Un flottement, un silence, puis Laure ajoute, l’air coquin :
Ludivine rougit un peu et je lui devine comme une jalousie dans le regard.
D’un coup, après quelques jours « off », Laure se montre à nouveau mutine et coquine. J’en suis ravi, soulagé et gêné pour Ludi, pour ce que l’on lui fait vivre…
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Seulement voilà… La nuit d’amour tant espérée fût décevante. Un bide !
Tout en retrouvant avec bonheur le corps de Laure, ses formes pleines et frémissantes, le modèle au-dessus de celui de Ludi – le contraste est saisissant et excitant – il m’arrive l’incident, « la panne » tant redoutée par chaque homme ! La première fois avec Laure, la première fois tout court d’ailleurs…
Malgré la « meilleure volonté » exprimée par sa bouche et ses mains, les approches dignes des lionnes provocant les lions au coït, rien à faire : l’oiseau reste bloqué dans son nid, refusant l’envol ! C’en est ridicule, frustrant. La négation honteuse du mâle, la débandade au sens propre !
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Autant de signes et de « messages » ne peuvent présager rien de bon.
Aussi, quand j’ai accompagné Laure à l’aéroport et que nous nous quittâmes, le temps d’un regard, d’un sourire crispé, j’ai eu le pressentiment qu’elle partait pour ne pas revenir…
Cette angoisse indicible, sourde que j’ai eue en la voyant disparaître, cette tête blonde qui se fond au milieu de dizaines d’autres comme happée, digérée, diluée…
Un arbre fait pour pousser tordu ne se redresse pas. Ou alors il faut un artiste comme jardinier.
Je ne suis pas sûr d’être celui-là.
De retour, le moral dans les chaussettes, je retrouvai Ludivine, ma bouée dans cette tourmente, calme, rangeant l’appart.
D’abord silencieuse, pudique, respectant mes angoisses, elle me jeta enfin, déterminée, les mains sur les hanches, en me faisant face :
— - FIN DU PREMIER OPUS --