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Temps de lecture estimé : 21 mn
17/11/05
Résumé:  S'étant retrouvés par hasard, Laure et JP forcent leur destin en décidant de prolonger leurs retrouvailles avant de devoir se séparer à nouveau. Laure poursuit sa découverte de l'amour hétéro, mais se montre encore fragile à gérer sa bisexualité.
Critères:  fh fbi hotel amour noculotte facial fellation cunnilingu pénétratio
Auteur : Laure et JP  (Couple heureux de vous parler de son histoire)            Envoi mini-message

Série : Le triangle de Laure

Chapitre 06 / 12
L'île du bout du monde

Le triangle de Laure


Jean-Pierre, consultant, en déplacement, tombe amoureux de Laure, une escort-girl occasionnelle, qu’on lui a fait rencontrer comme un « cadeau »

Il la revoit dans une soirée mondaine en compagnie de Clara, son « amie » et collègue.

Clara, bisexuelle, lui apprend que Laure est homo… et attire Jean-Pierre chez elle, en laissant son amie avec son « client », un invité de la soirée.

Il retrouve Laure dans sa chambre d’hôtel. Elle s’y est réfugiée suite à incident avec son client devenu trop entreprenant.

Ils passent la journée ensemble, sans sortir, et se découvrent l’un l’autre à travers des jeux amoureux inattendus et tendres. Puis Laure s’installe par peur chez Clara. Celle-ci invite alors Jean-Pierre à les rejoindre… Mais, après lui avoir, elle aussi, avoué son amour, elle doit partir d’urgence, se faire oublier, et « confie » Jean-Pierre à Clara.

Il vit avec elle pendant quelques mois, sans nouvelles de Laure, une relation tendre et ambiguë. À son tour, sa mission terminée, il part et se retrouve seul, désespéré et meurtri.

En participant à un congrès à l’étranger, il retrouve Laure par hasard, alors qu’elle y est traductrice. Bloqués sur place par des retards de vols, ils retiennent une chambre d’hôtel et reprennent leurs jeux amoureux, puis décident de rester quelques heures de plus…




Chapitre 6. L’île du bout du monde



Je suis en roue libre. Seul, debout dans cette chambre, je marche de long en large, en songeant. J’en souris. La Fontaine avait déjà écrit là-dessus.


« Un lièvre en son gîte songeait »

« Car que faire en son gîte »

« A moins que l’on ne songe »


Les amoureux du bout du monde ! La situation est, dans son genre, romantique. Cette chambre est comme une île où nous aurions échoué au hasard, Laure et moi, comme un clin d’œil du Ciel, un croisement comme écrit de nos destins. Une bulle qui nous protégerait.


Dans un sursaut, une révolte, nous avons décidé de prolonger cette conjonction qui n’aurait dû être qu’éphémère, d’arrêter le Temps qui allait à nouveau nous séparer, de figer l’espace.


Je regarde au-dehors le monde s’agiter. L’aéroport grouille comme une fourmilière et, de derrière la fenêtre, vue d’en haut, cette agitation semble bien dérisoire et sans âme. Impression renforcée par le silence total, aucun son ne parvenant de l’extérieur, aucun bruit pour troubler notre quiétude.


Mais la peur, maintenant, de devoir affronter cet univers hostile, puisqu’il nous arrachera l’un à l’autre, la peur de remonter chacun dans un train différent.


Et comment, maintenant, va-t-elle vivre sa bisexualité, et moi l’accepter ? Notre amour sera-t-il assez fort pour y résister ? Avec Clara, j’ai testé… Le doute m’envahit. Je crains de ne pouvoir. Quel homme s’y résoudrait ? Et ne voulant que le bonheur de Laure, pourquoi la frustrer de ses pulsions naturelles ? Alors, continuer comme ça ? Comme une forme de ménage à trois, en étant deux ? Elle, moi, une amie pour elle ? Et si elle souhaitait, en réalité, « partager » avec moi cette amie ? A y réfléchir, c’est un peu ce qui se passe avec Clara !


Pour le moment Laure est en plein sommeil, s’étant rendormie comme une enfant après le petit-déjeuner. Je l’admire, détendue, les cheveux épars sur l’oreiller. Des souvenirs tout chaud, c’est le cas de le dire, du pas franchi par Laure.


o-o


Après avoir réglé nos problèmes de retour, nous passons la journée dans la chambre, dans une douce intimité. Son avion est prévu en fin d’après-midi et le mien quelques heures après. Pas même envie de sortir. Nous dégustons chaque seconde, chaque minute à deux. On ne partage pas avec l’extérieur, on vit ces derniers instants, jalousement, dans notre cocon.


Elle s’est habillée d’une jupe mi-longue, ample, à grands volants et d’un chemiser qui met sa poitrine en valeur. Je ne me lasserai jamais de ces décolletés qui laissent juste deviner la naissance des seins, de ces boutons qui appellent à ce qu’on les défasse…


Laure a encore près d’une année à étudier et à travailler ici… Long, long et surtout loin. Et guère le moyen de faire autrement. Elle est préoccupée, je ne le suis pas moins… C’est le moment de parler de l’avenir.



D’habitude, ce sont les marins qui disent cela à leur promise, avant de partir en mer pour longtemps. Je préfère ironiser :



Elle s’offusque.



Karine, cette « amie » qui était avec elle, hier, quand nous nous sommes retrouvés. Laure baisse les yeux, pince les lèvres, hésite. La remarque lui a fait mal.



Puis elle éclate de rire, ce qui me désarçonne, et poursuit :



Elle sourit, comprenant que je veux l’emmener sur un terrain rose.



Je joue au prof qui ne veut pas trop féliciter son élève.



Elle se passe la langue sur les lèvres, s’approche de moi, l’air espiègle.



Je la fais s’asseoir sur le petit canapé et lui passe un bras autour des épaules.



Et, doucement, dans l’oreille, je lui expose quelques jeux et pratiques, avec commentaires ; bien sûr, elle n’en ignore rien… en théorie. Au fur et à mesure je sens sa main se crisper de plus en plus fort sur la mienne, puis sur ma cuisse.



Elle relève et hoche la tête, les joues rosies.



À nouveau je m’approche de son oreille et lui parle doucement, lui précisant les choses.



o-o


Ce jeu verbal m’a quelque peu excité. Serrée contre moi, Laure respire profondément, sa main, qui ne me pas lâché, est devenue moite, les pointes de ses seins percent son chemisier. Elle me tend ses lèvres et roucoule :



Je proteste doucement



Elle rit en me posant la main sur la bosse de ma braguette.



Sa bouche s’approche de mon oreille et elle me souffle :



Interloqué, je murmure :



Elle me mord l’oreille puis la bouche et souffle à nouveau.



Laure se lève, les joues rouges, les yeux brillants et m’attire contre elle en s’adossant au mur. Lestement, d’une main, elle soulève sa jupe et me présente son pubis en repoussant le string.



Comme je reste hésitant, surpris de tant d’ardeur soudaine, elle me défait pantalon et slip et me conduit elle-même, de sa main, à la prendre. Je glisse en elle voluptueusement… C’est brûlant et juste serré, elle crie, m’attire par les fesses, geint encore, m’encourage de la voix.



Je m’active en la ménageant, surpris par son ardeur, mais elle en veut plus.



Maintenant elle est déchaînée, me cherchant au plus profond à grands coups de reins et m’embrassant à pleine bouche dans un déluge de salive. Une bête !

Sentant ses jambes flageoler, je la soutiens par les hanches. Elle gémit, tout son corps frémissant, se tordant.



Notre rapport est sauvage et me rappelle Clara… Je n’en reviens pas !

Sentant mon explosion proche, je m’écarte. Elle tombe à genoux, me prenant à pleines mains et, sans hésitation, m’embouche, me pratiquant une fellation baveuse et énergique.



Un premier spasme se forme dans mon ventre.



Bouche ouverte, elle m’accompagne de ses deux mains, me libérant enfin à grands jets sur sa figure, dans ses cheveux, dans son cou…



Elle m’attire au sol, s’allonge, retrousse sa jupe, me presse la tête entre ses cuisses. C’est trempé, dégoulinant.



Ma bouche, ma langue, immédiatement engluées dans ses liqueurs, s’évanouissent dans ses replis chauds et humides, en bataille avec ce qui lui reste de string.



Et, comme à son habitude, elle hurle son plaisir, en se cambrant à me soulever, m’arrachant presque les cheveux et me maintenant ainsi jusqu’à son dernier spasme.


o-o


Nous gisons sur la moquette, essoufflés. Laure enfin se penche sur moi en s’essuyant le visage d’un revers de main. Très chatte, elle m’embrasse du bout des lèvres, m’agace avec ses cheveux et me dit doucement :



Elle feint la colère.



D’un coup de reins, elle vient me chevaucher.



D’une main, je déboutonne le chemisier et elle m’apparaît en soutien-gorge sexy à souhait. Je lui caresse les seins à travers le tissu, excitant les pointes.



Elle m’observe, amusée, ses mains appuyées sur mes épaules.



En soupirant, j’enfouis mon nez entre ces trésors bien ronds, puis, de la langue et des lèvres, je les caresse, les mordille, les lèche, pendant que ses mains me caressent les cheveux.



Une nouvelle ardeur me reprend et elle la sent, contre ses fesses qui m’écrasent.



Les yeux brillants elle me dévisage, passe la langue sur ses lèvres.



Et, en rampant, elle s’installe entre mes jambes et me prend en bouche, un peu ramolli…



Bientôt, la vigueur revenue, sa bouche maladroite me suçant, je suis au bord de la jouissance. Je me soulève un peu et lui attrape les cheveux.



Mais elle secoue la tête et m’embouche à fond, ne bouge plus, guettant mes premiers spasmes, tout en pressant mes bourses. Elle se dégage, m’adresse un regard coquin et me reprend juste le gland, en me masturbant très doucement, faisant durer délicieusement le dernier instant.



Dans un sursaut presque douloureux, en me cambrant, je me libère entre ses lèvres du peu qu’il me reste à ce moment… Je retombe, épuisé, le souffle court. Elle me garde en bouche, sans rien dire, jusqu’à la débande complète, puis relève la tête ses cheveux me caressant le haut des cuisses. Ses yeux sont rieurs et victorieux lorsque, ostensiblement, elle me regarde, creuse ses joues et déglutit alors que, d’un doigt, elle récupère quelques traces aux coins des lèvres. Elle ouvre sa bouche, me montre sa langue, tout sourire.



Et elle se glisse contre moi, encore essoufflée, sa tête dans mon cou, en me prenant la main, une jambe me recouvrant.



En se serrant davantage, elle murmure :



o-o


Certainement nous nous sommes endormis ainsi, corps mêlés et à moitié déshabillés.

C’est un coup de langue impertinent sur mes lèvres qui me tire du sommeil. Elle est tout près, ses cheveux formant comme une tente autour de ma tête. Je retrouve son odeur, son odeur de femme après l’amour.



Recommencer ?! Du coup la suggestion me réveille totalement ainsi que l’idée d’un bon café… Je veux protester et essaie de me redresser… mais elle me plaque au sol par un baiser profond et passionné.



Elle me mord les lèvres, m’enduit de salive puis se lève en m’aidant à me redresser.



Laure s’est rhabillée, maquillée et coiffée. Elle doit être debout depuis un moment. Je remarque une fois de plus que sa poitrine malmène son chemisier, les boutons prêts à exploser sous la pression.

Ses yeux m’observent, amusés.



Je remets en bougonnant de l’ordre dans ma tenue.



Elle se palpe à deux mains, l’air surpris.



Je ris et lui tape sur les fesses… et ma main glisse sous sa jupe à la recherche de ses rondeurs, de son string. Mais rien ! Elle est cul nu… et remue ses fesses, mutine, sous la caresse.



Insatiable !

Elle m’attire contre elle, ronronne, et sa main disparaît sous sa jupe. Puis elle gémit, se cambre et me présente un doigt humide qu’elle glisse entre mes lèvres.



Et elle recule, me fixant dans les yeux, pour m’entraîner vers le lit où elle se laisse tomber en arrière en retroussant sa jupe. D’autorité, m’attrapant par les cheveux, elle me force à plonger entre ses jambes, en soupirant.



C’est délicieux, chaud, frémissant, juste odorant. La douceur de ses cuisses qu’elle referme sur mes joues m’électrise. Ma langue enfin s’insinue, écarte ses replis soyeux, pointe sur son clito énervé. Ses fesses se crispent, ses reins se creusent, ses mains me plaquent contre son ventre. Elle crie, j’étouffe presque, la bouche pleine de son jus.


o-o


Mais on a frappé à la porte. Sauvé par le gong ! Le café !



Nous mangeons de bon appétit en plaisantant sur tout et rien. Sans cesse, elle me fait des mimiques des lèvres et de la langue. Sans aucun doute, elle a une idée derrière la tête : recommencer, reprendre où j’ai dû la laisser !


Intrigué de tant d’ardeur, je lui demande :



Surprise, elle fait les yeux ronds.



Elle me prend la main, l’embrasse, me regarde amoureusement.



Laure me regarde, l’œil coquin, et fait un geste évasif de la main.



Comme je dois avoir l’air interloqué, elle précise, très amusée par mon trouble :



Et elle éclate de rire en ajoutant :



Hilare, elle observe mes réactions…



Je plonge mes yeux dans ceux de Laure, dans leur bleu des mers du Sud…



Un éclair dans son regard, je pressens qu’il s’est passé quelque chose… Elle ne cille même pas et posément me répond :



o-o


Un ange passe. Le silence est pesant. Nous sommes soudain mal à l’aise. Dois-je lui avouer qu’après mon retour nous avons, Clara et moi, entretenus des contacts, et plus encore ? Elle a deviné, mais comment ? Intuition féminine ? Zut ! Mais qu’ai-je dit ?

Mes yeux se troublent. Laure prend ma main doucement et murmure :



Laure se lève, les larmes aux yeux et se détourne. D’une voix étranglée, elle souffle :



Le sol qui se dérobe, le ciel qui me tombe sur la tête. Je m’emporte soudain, dans une grosse colère.



Elle s’assoit, se prend la tête dans les mains et sanglote doucement.



Inutile de nier. Cette fois, Laure pleure comme une fontaine, avec des hoquets, et poursuit :



Elle suffoque presque maintenant et ajoute :



Et elle part en courant à la salle de bains. Je reste interloqué, effondré. Décidément, Laure est bien fragile, tourmentée…


o-o


Les bras ballants, ne sachant quoi faire, je reste debout, immobile. Tout allait bien, et voilà… Les femmes ! Compliquées !

Quand elle revient, livide, elle fait un détour pour m’éviter, sans me regarder. Je l’intercepte d’un bras et, fermement, je l’attire contre moi. Elle se fait toute molle et laisse aller sa tête contre ma poitrine. Un grand élan de tendresse me prend et je la serre très fort, à l’étouffer.



Elle redresse la tête, me dévisage les yeux embués, les cheveux défaits, et ses poings, à petits coups, me martèlent la poitrine.



Je la soulève dans mes bras et l’allonge doucement au bord du lit, puis je m’assois par terre à côté d’elle, tête contre tête. Sa poitrine se soulève plusieurs fois, violemment, cherchant de l’air.



Enfin, elle sourit, se détend, mais le masque est là, grave. Ses doigts viennent caresser mes cheveux, mes lèvres. Elle murmure :



Elle se redresse et s’assoit, m’attire près d’elle, me prend la main.



Je suis très ému, ma gorge est serrée à me faire mal. Laure est terriblement lucide et assume pleinement ses problèmes. Ah ! Comme je voudrais l’aider davantage !

Debout, elle prépare ses dernières affaires. Soudain, elle se ravise et rit doucement :



Elle se rassoit au bord du lit, relève sa jupe et me tend son string.



Ses cuisses ouvertes, ses jambes gainées de bas m’hypnotisent et, à genoux, j’y plonge ma tête, prenant à pleine bouche son abricot bien ourlé, l’investissant brutalement d’une langue gourmande.

Elle sursaute, me maintient de ses deux mains et gémit :



Mais son refus n’est que diplomatique… et rapidement je goûte les liqueurs exquises qui s’en distillent aussitôt.

Doucement, elle me repousse et m’attire sur sa bouche, m’essuyant de ses lèvres, de sa langue.



Me prenant la tête entre ses mains, elle frissonne, m’observant, me détaillant comme si elle me voyait pour la dernière fois. Cet instant, ce regard, je le garderai longtemps en mémoire.


Finalement je place, à regret et sous son regard amusé, son mignon petit string, tout en caressant et flattant les chairs fermes et souples de ses cuisses.

Nous redressant dans un même soupir, nous nous enlaçons et elle me mord le cou.



o-o


C’est l’heure.

Bêtement, nous nous regardons, les bras ballants. C’est dur, ignoble, ces dernières secondes, ces ultimes regards.



Une hésitation de sa part, une lueur de panique dans les yeux.



Un pâle sourire, un pincement des lèvres et elle répond :



o-o


Bagages chargés sur un chariot, nous refaisons à l’envers le chemin où nous avons été tellement heureux de nous retrouver. Le bruit de l’aéroport nous assaille, alors que nous sommes restés tant d’heures à n’entendre que nos souffles, nos cris, nos gémissements, nos murmures, le froissement des draps. Environnement barbare qui va être, inéluctablement, le théâtre de notre séparation. Pour un an ! Une éternité ! Et si c’est moi qui allais la rejoindre ? Mais comment ? Nous parlons peu, juste pour des questions pratiques. Parfois, en marchant, nous nous regardons et tout passe dans les yeux. Quand, quand nous reverrons-nous, et même nous reverrons-nous ?


Dans la queue pour l’enregistrement, elle se tient serrée contre moi, sa main broyant la mienne. De temps en temps, nous échangeons un baiser furtif, du bout des lèvres. Nous redoutons le moment déchirant où nos routes se sépareront.


Puis tout est allé très vite. Carte d’embarquement en main il ne nous reste que quelques minutes avant l’instant fatidique où la machine aéroportuaire l’emportera. Fébriles, nous cherchons instinctivement un endroit où nous isoler. Un recoin prévu pour stocker les chariots à bagages s’offre à nous. Laure me pousse contre le mur et m’étreint violemment, sa bouche, sa langue, ses lèvres, ses dents m’embrassant passionnément.



Je proteste, l’étouffant presque dans mes bras :



Elle me repousse doucement et, les yeux dans les yeux, elle me lance :



Une dernière étreinte. Elle me mord sauvagement les lèvres, se dégage et, sans se retourner, part en courant avant que j’aie eu le temps de réagir.


Quelques pas pour essayer de l’apercevoir au milieu de la foule. Je vois bien ses cheveux s’agiter, une épaule qui se fraye un passage. Je tends le cou pour mieux voir. Enfin, elle s’arrête au contrôle, tourne la tête, me cherche du regard, lève la main, m’envoie un baiser et disparaît.

Un haut-parleur crache un dernier appel pour l’embarquement de son vol.

C’est fini.

J’erre un moment dans le hall, passe et repasse devant ce recoin à chariots où nous nous sommes embrassés, comme si elle allait réapparaître… Mais vide, vide comme mon cœur.


o-o


Comme un robot, de retour dans ma chambre, je me prépare aussi à partir. Valise et sacs bientôt bouclés je fais une visite de routine pour ne rien oublier.

Dans la salle de bains, j’avise un papier plié en deux sur une étagère. Je le déplie et, surprise ! y découvre une mèche de cheveux châtains, liée par un ruban. Ainsi qu’une annotation : « Laure, for ever », et une empreinte de baiser au rouge à lèvres…

J’apprécie avec beaucoup d’émotion le message, hume les cheveux – son odeur me revient à plein nez – et serre ce cadeau royal dans mon portefeuille, la larme à l’œil.

« Peut-être ne la reverrai-je jamais… » pensé-je, soudain très triste, en me remémorant ses dernières paroles : « Adieu… Ne m’attends pas… Vis ta vie »

Je fulmine : « Mais comment oublier une telle femme ! Impossible ! »


Je sens soudain une douleur aux lèvres. Ah ! la morsure de son baiser d’adieu… présente tout à coup. Avec délice, je la cherche de la langue. Elle m’accompagnera tout au long du vol de retour, me rappelant sans cesse la merveilleuse bouche de son auteur… ce que cette bouche m’a murmuré, a crié dans le plaisir, a prodigué à ma virile intimité.


En poussant mon chariot, je m’étonne presque de ne pas sentir Laure à mes côtés, légère, enjouée et mystérieuse. Ah ! elle me manque déjà…

Puis à mon tour, je suis pris et englouti par l’aéroport. Au contrôle, où je l’ai aperçue pour la dernière fois, je m’assure qu’elle n’est pas là, à m’attendre, avion raté.

Mais non, vraiment partie.

Dents serrées de rage, j’embarque, en maudissant la Terre entière.