J’ai vingt-cinq ans et je fais un stage de doctorat chez un sous-traitant automobile près de Sully sur Loire. Je suis logé par une cousine de ma mère, Florence, qui est une très belle femme de quarante-cinq ans. À ce jour, je n’ai tenté aucun travail d’approche pour la séduire bien qu’elle soit délaissée par son mari très souvent absent. Pendant huit jours je me suis presque ennuyé comme un rat mort dans cette maison confortable mais où il ne se passe rien. Et voilà qu’un soir, deux femmes m’ont tendu un « sympathique coup fourré » : Fabienne âgée de cinquante-cinq ans et Frederica sa petite amie nordique âgée de cinquante ans.
Aujourd’hui, c’est vendredi et mon stage se termine vers deux heures de l’après-midi. Je monte dans ma R4 verte pour retrouver Fabienne dans un hameau qui s’appelle « Le Château Cassé ». J’aime bien ces vieux noms de pays. Au loin j’aperçois une vieille église, je dois la dépasser et prendre le deuxième chemin sur la droite. Ensuite c’est tout droit. La route est franchement mauvaise et tout au bout je vois une grande maison en pierre et en ardoise. L’endroit est superbe mais très isolé.
Officiellement, si je suis là, c’est que Fabienne veut me montrer ses peintures et ses dessins. Mais avec elle il faut s’attendre à tout. Il y a deux jours, en rentrant de mon stage, j’étais très loin de penser qu’elle allait m’apprendre à donner une fessée-plaisir à sa nouvelle petite amie Frederica, une très belle femme de cinquante ans d’origine nordique. Pierre, le mari de ma cousine Florence, m’avait pourtant mis en garde contre cette femme amateur de femmes mûres et d’hommes jeunes de trente ans et moins.
Je rentre dans la cour de la maison et me gare à côté d’une belle 204 décapotable. À qui appartient-elle ? Mystère, je verrai bien.
Fabienne est sur le pas de la porte et me dit :
- — Philippe, soyez le bienvenu dans cette maison du bout du monde. Vous êtes-vous bien remis de ma leçon d’avant-hier ? Je crois que Frederica et vous avez été de bons élèves. Vous savez, elle m’a dit qu’elle garderait de cette soirée un souvenir ému et cuisant, mais qu’elle ne pourrait pas faire cet exercice tous les soirs. Il lui faut un peu de temps pour retrouver le frais sur certaines parties charnues de son individu. Je ne pensais pas que vous lui donneriez une fessée aussi forte et aussi longue pour une première fois. Mais comme elle a beaucoup apprécié …
- — Fabienne, je n’ai fait que suivre vos conseils. J’étais un double débutant, c’était la première fois que j’embrassais une femme de cinquante ans et en plus c’était la première fois que je donnais une fessée à une femme, tous âges confondus. Mais, comme j’y ai pris goût, je ne pense pas que ce sera la dernière.
- — Vous ne parlez pas pour moi, j’espère. Je ne fais pas partie des femmes qui reçoivent des fessées. Je sais les donner avec beaucoup de générosité quand le cœur m’en dit, je sais donner aussi de simples conseils, mais c’est tout.
- — C’est ce qu’on dit. Mais, en toute confidence, vous préférez les donner aux hommes ou aux femmes ?
- — Aux vieux, je n’en donne jamais. Je n’aime pas les hommes de plus de trente ou trente-cinq ans, vous devez bien vous en douter. Par contre les jeunes hommes comme vous, même plus jeunes, je ne dis pas non. Quant aux femmes j’ai tendance à les préférer plus mûres, très féminines et très consentantes. Frederica vous en a déjà parlé et votre cousin Pierre a dû vous en dire un mot.
- — Oui, mais un seul. En particulier il m’a dit que vous avez initié à l’amour deux copains de son fils.
- — Gardez-le pour vous, j’ai aussi initié son fils l’année de ses dix-huit ans. À cause de sa timidité, il allait rentrer en fac tout en étant encore innocent, un vrai problème, vous ne trouvez pas ? De fait, je n’ai fait qu’accomplir mon devoir envers un jeune. Mais soyons sérieux maintenant. Vous êtes venu pour mes peintures et mes dessins, ils sont exposés dans la grange que j’ai fait transformer en salle d’exposition il y a quelques mois. Alors suivez-moi. Ah ! Un détail, auriez-vous oublié de m’embrasser ou est-ce une volonté délibérée de votre part ?
- — Ni l’un ni l’autre, ma chère Fabienne. C’est simplement qu’en vous voyant j’avais plus envie de vous violer qu’autre chose. Alors j’ai contenu mes pulsions les plus basses.
En entendant mes paroles, Fabienne recule de quelques pas dans sa maison. Elle est habillée d’une robe noire assez décolletée qui s’arrête au-dessus du genou et met son corps particulièrement en valeur. Je m’approche d’elle et lui fais un chaste bisou sur ses lèvres.
- — C’est tout, me dit-elle ?
Je la regarde dans les yeux et me rapproche pour l’embrasser plus sérieusement. Elle me saisit la tête et d’un regard un peu dur me dit :
- — Moi aussi j’ai envie de vous violer, l’homme aux fesses de femme.
Elle m’embrasse avec force et beaucoup de sensualité. Ma main caresse son dos et descend lentement vers ses reins, puis ses fesses. Elles sont très fermes. Son corps est parcouru de petits frissons. Ses seins appuyés sur ma poitrine semblent devenir de plus en plus durs. Je sens le bas de son ventre sur mon sexe. En fait, je sens tout son corps contre le mien. C’est difficile de rester indifférent dans cette situation et elle le perçoit bien. Je remonte sa jupe, ses fesses ne sont plus protégées que par une petite culotte, une bien faible défense. Ma main glisse en haut de ses cuisses vers un terrain défendu, les premiers symptômes de désir apparaissent. Je ne dois pas la laisser dans cet état-là.
D’un geste du pied je referme la porte d’entrée. Sa petite culotte me gêne. Je la baisse juste un peu en dessous de ses fesses, pour rendre facilement accessibles ses parties les plus intimes. Elle ne porte ni bas, ni collant. J’exerce une très légère pression avec ma main entre ses cuisses, et elle les écarte juste ce qu’il faut pour m’offrir toute sa féminité. Elle m’embrasse une deuxième fois langoureusement, sa langue tourne dans ma bouche, une langue curieuse, agile, sensuelle et d’un goût délicieux, elle me cherche, elle me trouve et je lui réponds. Son baiser terminé, elle me mordille l’oreille et dit :
- — Je suis à vous, Philippe chéri, tout mon corps est à vous.
C’est la première fois qu’elle m’appelle chéri, bien sûr elle a mis mon prénom devant, mais je suis quand même troublé. Cette femme a cinquante-cinq ans, c’est une artiste, elle est belle à dévorer, un peu grassouillette mais juste comme il faut, et elle m’appelle chéri. Ma main s’approche lentement de son bouton d’amour que je vais masser doucement, très doucement, en prenant tout mon temps. Il n’est pas très proéminent, mais il a l’air très sensible. Je le ressens à ses réactions. Son émoi devient vite apparent ; pour la faire patienter, je fais glisser peu à peu mes doigts le long de ses lèvres en direction de son puits d’amour. Elle est comme une jeune fille, toute mouillée. Je commence à jouer un peu aux abords de son entrée en en faisant délicatement le tour, puis je la pénètre avec un doigt, elle soupire, j’introduis avec précaution un deuxième doigt, son souffle devient plus fort. Sa chatte s’ouvre sans résistance et devient très onctueuse. Mes doigts tournoient contre ses parois intimes qui se détendent de plus en plus. Je décide alors de mettre un, puis deux doigts de plus, presque une main mais tout en restant très doux pour ne pas lui faire mal. La pénétration se fait facilement. C’est tellement agréable d’avoir la moitié de sa main dans cette partie la plus intime de son corps, accueillante et moelleuse. Je ne l’ai jamais fait avec les amies de mon âge. Maintenant, avec mon pouce, je peux reprendre les caresses de son clitoris. Elle pousse un petit grognement de plaisir puis m’embrasse tendrement dans le coup en me disant :
- — Plus fort, mon Philippe chéri.
- — Juste un peu de patience, j’ai un petit plus à vous offrir.
- — Quoi ?
- — Vous allez le découvrir.
De la main gauche je caresse le haut de ses fesses, puis je descends doucement le long de cette frontière si troublante. Ses frissons se font plus forts, comme j’aime les ressentir. Ma main arrive au niveau de son intimité, mes deux mains peuvent se toucher, le haut de ses cuisses est délicieusement trempé. J’arrive à introduire en douceur dans sa chatte deux doigts de plus, pour les mouiller tout simplement. Je suis sûr que si j’étais allongé à ses côtés ma main entière pourrait s’y introduire jusqu’au poignet, pour jouer avec son corps, pour un grand plaisir partagé. Je ressors mes doigts et je change de côté. Va-t-elle accepter cette intrusion ? Je fais des cercles à l’entrée de son trou défendu, cela lui donne de petits spasmes. Ses fesses se contractent, puis se détendent. Sa rondelle intime s’ouvre, ou plutôt elle s’offre, elle est très ferme, mon doigt bien lubrifié par sa liqueur entre sans résistance, sans rudesse, tout en douceur. C’est chaud et agréable. J’aime pénétrer une femme du côté interdit, la sensation de possession est plus forte.
Mes deux mains sont maintenant complètement en action. Mes doigts sont en contact à l’intérieur de son corps, simplement séparés par une mince paroi. Une grande émotion m’envahit. Je tapote son bouton d’amour avec mon pouce. Je devine que la fin se rapproche. Fabienne commence à gémir, sa respiration devient très rapide. Je fais aller et venir mes doigts de plus en plus fort et de plus en plus vite. C’est bientôt le bouquet final. En quelques minutes qui passent beaucoup trop vite, les premiers signes de la jouissance arrivent : son ventre se contracte, ses seins durcissent, ses gémissements se transforment en petits cris, son corps transpire, sa bouche devient sèche, son puits d’amour devient un fleuve d’onctuosité. Elle me serre de plus en plus fort, à me faire mal. Ça y est, elle jouit, en prenant son temps, avec beaucoup de tempérament.
Son clitoris devient douloureux. Je retire mes deux mains et je l’enlace très fort. Dans mes bras elle peut reprendre ses esprits calmement, son corps se décontracte, elle est très belle, de plus en plus belle, mais surtout très femme. Puis, comme tout a une fin, elle se détache de moi, remonte sa petite culotte et me dit :
- — Philippe, il faut absolument que nous allions dans la grange, au fond de la cour. J’ai une amie artiste qui m’attend, elle doit se demander ce que je fais.
- — Dites-lui la vérité : je prends un petit plaisir avec un jeune étudiant qui a une très grande soif d’apprendre. Mais n’oubliez pas de me dire merci.
- — Merci pour quoi ?
- — Vous êtes gonflée, merci pour le plaisir que je viens de vous donner.
- — Ne vous inquiétez pas, la journée ne fait que commencer.
- — C’est vrai, mais j’aime entendre le mot : merci.
- — Alors merci de m’avoir caressée et de m’avoir donné un avant-goût de vos talents du jour.
- — Mais de rien, tout le plaisir était pour moi, ma chère Fabienne. Ah, un détail, je crois qu’il faut qu’on fasse un petit détour très rapide dans votre salle de bains avant d’aller voir votre amie dans la grange. Un petit coup de peigne nous fera le plus grand bien, et un peu d’eau sur la figure nous redonnera un petit coup de fraîcheur. Vous pourrez même prendre quelques minutes de plus, rien que pour vous.
Quelques minutes plus tard, avec un aspect beaucoup plus frais et comme si de rien n’était, nous traversons la cour de la ferme et arrivons dans la grange. C’est un très grand local tout en grosse pierre. Le toit est soutenu par une charpente de chêne très impressionnante.
Je jette un premier coup d’œil circulaire. La peinture et les dessins sont très figuratifs. C’est vrai que Fabienne a un sacré coup de crayon et de pinceau. Dans le fond de la grange, face à une très grande toile représentant le fameux « Château Cassé » qu’on reconnaîtrait entre mille, j’aperçois une femme très bien habillée et très distinguée. Ses cheveux sont blancs, une longue natte fait le tour de sa tête ce qui lui donne un aspect de reine, quoiqu’un peu vieillot. Nous nous approchons d’elle.
- — Geneviève, dit Fabienne, excuse-nous pour cette attente bien trop longue. Mon ami Philippe avait un coup de téléphone à passer à Paris. Et un vendredi en début d’après-midi, c’est quasiment impossible d’avoir une ligne. Les sketches de Fernand Raynaud avec son 22 à Asnières sont une dure réalité.
- — Tu n’as pas l’apanage des problèmes téléphoniques. Ma fille a attendu deux ans avant d’avoir sa ligne.
Et Fabienne de reprendre :
- — Venons en aux présentations. Ma chère Geneviève, je te présente Philippe, un petit cousin de Florence, il fait un stage d’ingénieur à Sully chez un fournisseur d’accessoires automobiles. À la rentrée prochaine il présente un doctorat en… quelque chose de scientifique.
- — En thermique, je réponds, c’est une branche de la physique.
- — Philippe, me dit Fabienne, je vous présente Geneviève, ancienne professeur agrégée d’histoire géographie, une jeune retraitée de deux ans. C’est une artiste en maniement de la terre cuite et une cuisinière hors pair. Les plats provençaux n’ont aucun secret pour elle. Elle est l’heureuse propriétaire de la décapotable qui est dans la cour.
- — Enchantée, lui dis-je. Vous avez une coiffure très belle et très originale.
- — Merci pour le compliment, jeune homme, mais pour la petite histoire sachez que j’ai la même coiffure depuis l’âge de seize ans. Elle est indissociable de ma personnalité.
Je trouve sa réponse sèche et très professorale. Mais comme je n’ai aucune envie de me disputer et que je veux retrouver le plus rapidement possible Fabienne dans l’intimité, je continue la discussion comme si de rien n’était.
- — Vous savez, moi aussi j’aime beaucoup l’histoire et j’aurai sûrement beaucoup de questions à vous poser sur la région. Et si en plus vous êtes une bonne cuisinière, je pressens que je vais faire tout mon possible pour me faire inviter avant la fin de mon stage, pour déguster l’un de vos plats du sud.
- — Fabienne fait trop de compliments sur moi. C’est vrai que je fais bien certains plats, mais de là à dire que je suis hors pair, il y a un monde. Mais, si l’occasion se présente et si passer la soirée avec une jeune retraitée de soixante-deux ans ne vous gêne pas, nous pourrons déguster avec quelques amis une bonne ratatouille ou d’autres plats du midi.
Je suis doublement surpris par le changement de ton et par la proposition, c’est pourquoi j’ajoute :
- — Si vous ne m’aviez pas dit votre âge, je me serais trompé de dix ans, peut-être plus. Je crois savoir que certains départs en retraite peuvent se faire dès cinquante ans pour les femmes.
- — Dans de très rares cas. La plupart se font à soixante, voire soixante-cinq ans.
- — Allons, cessez vos échanges de compliments, dit Fabienne, et faites le tour de mes œuvres.
En regardant cette exposition de plus près, je découvre deux types d’œuvre : des peintures à l’huile représentant des paysages de campagne avec de vieux monuments, et des nus de femme au crayon ou à la plume qui sont de toute beauté. J’en emporterais bien quelques-uns uns avec moi.
Geneviève s’éloigne de nous pour prendre du recul par rapport à une grande toile représentant un vieux pont de pierre sur la Loire. J’en profite pour jeter sur elle un petit coup d’œil inquisiteur. C’est une femme assez grande, peut-être 1m65. Sa démarche est très assurée. Elle porte un pantalon qui met bien ses hanches et le bas de son corps en valeur. Au-dessus elle porte un chemisier dont les deux derniers boutons sont défaits. Cela accentue son élégance. En y regardant de plus près c’est une femme très bien faite et j’ajouterais que sa poitrine demanderait certainement à être examinée plus en détail. Pour une femme de soixante-deux ans, c’est impressionnant. Seules ses mains et son cou portent la marque de son âge. Dans les faits, elle paraît plus jeune que Fabienne, aux cheveux blancs près et en beaucoup moins sexy, quoique …
- — Alors, dit Fabienne, que pensez-vous de mon exposition, elle vous plaît ? Prenez votre temps pour flâner, après je vous présenterai une autre collection de dessins que je ne dévoile pas à tout le monde mais qui pourrait vous plaire.
Après avoir rêvé plusieurs minutes sans rien dire autour de ses œuvres, je sors de mes pensées et lui dis :
- — Poursuivons la visite, Fabienne, montrez-nous vos trésors cachés.
Fabienne passe devant nous et ouvre, avec une grande clé, une vieille porte en bois qui donne sur un local beaucoup plus petit. Elle allume les spots et nous fait entrer. Une quarantaine de dessins dont plusieurs de grande taille sont exposés au mur. En m’approchant d’eux j’ai un choc et presque le souffle coupé. Je vois qu’il en est de même pour Geneviève. J’essaie de rester décontracté mais, étant émotif, ce n’est pas facile.
Tous les dessins ressemblent un peu à des estampes. Ils représentent trois femmes entièrement nues : la première recevant une fessée, la deuxième câlinant dans ses bras la femme fessée et la troisième donnant la fessée ou le fouet dans toutes les positions ou presque, en utilisant les instruments les plus divers. Les fesses toujours un peu fortes mais bien rondes sont très marquées, presque exagérément. Par contre le visage des femmes est calme, doux et souriant, et leur regard est plein de sérénité. Elles semblent partager un plaisir très profond.
- — Alors, vous êtes surpris, dit Fabienne ?
- — Non, je suis simplement étonné.
- — Vous vous en tirez par une pirouette, reprend Geneviève. Littré a déjà joué avec ces deux mots. Par contre, on ne peut pas rester insensible à ces positions et à ces regards qui sont plus qu’érotiques. Ces dessins mettent mal à l’aise quand on ne connaît pas la place que peut prendre celui qui admire l’œuvre.
- — Étant un homme, je n’ai aucune place à prendre dans le dessin. Je peux donc me contenter de jouer les amateurs avertis ou, plus prosaïquement, le jeune voyeur qui a encore beaucoup de choses à apprendre sur certains plaisirs de la vie.
- — Allez, reprit Fabienne, maintenant que vous connaissez mes œuvres cachées, arrêtons la discussion et rentrons dans la maison. J’ai mis de côté un petit rosé bien frais qui nous fera reprendre nos esprits.
En galant homme, je sors en dernier, ce qui me permet de bien voir Geneviève de dos et de très près. Elle a une belle paire de fesses bien rondes auxquelles je ferais volontiers partager le sort de certaines des héroïnes dessinées qui recouvrent les murs.
Nous traversons la cour et arrivons dans son immense salon aux poutres apparentes. Nous nous installons et Fabienne nous sert de ce fameux rosé de Loire. L’ambiance est nettement plus détendue que dans le petit local consacré aux fessées érotiques. Au fond de la pièce il y a une belle chaîne hi-fi. Je me lève pour aller la regarder de plus près. C’est une Grundig. Sur le côté il y a une grande quantité de cassettes et des piles de disques 33T plus ou moins récents : du classique, des rocks, des twist du début des années 60 et même du charleston. Comme je ne danse pas trop mal le rock, je demande à Fabienne :
- — Vous avez beaucoup de disques de rock, vous aimez le danser ?
- — Non ! Pas du tout. Je n’aime que les écouter car je danse très mal. Je ne suis pas assez sportive pour toutes ces danses un peu acrobatiques. Ce que je danse bien, même très bien, c’est le slow, mais c’est à la portée de tout le monde. Par contre Geneviève danse admirablement toutes les danses classiques : rock, valse, tango, charleston. Elle fait partie d’un groupe de danses classiques et folkloriques.
- — C’est tout à fait exact, dit alors Geneviève en souriant. C’est mon dada caché.
- — Si vous voulez écouter de la musique et danser, ne vous gênez pas, reprend Fabienne. Vous pouvez le faire pendant que je répare un tableau dont l’un de mes chats s’est servi avec rage pour se faire les griffes.
- — Et bien, Madame le Professeur d’histoire et de danse, si vous aimez danser le rock ce serait un grand honneur pour moi de vous inviter. Je ne vous propose pas une autre danse, car je crois que j’aurais honte d’être un trop mauvais cavalier.
- — Avec plaisir pour le rock, me dit-elle, si vous pensez que je ne suis pas trop vieille pour vous. Mais, s’il vous plaît, les « madame le professeur » c’est fini depuis deux ans.
Fabienne quitte la pièce pour aller réparer sa toile, et moi je choisis un rock dont le titre attire mon attention : l’American Folk Blues Festival avec « Shake it baby ».
Aux premières notes de musique nous commençons à danser, et c’est moi qui ai du mal à suivre. Le nombre de figures qu’elle me suggère dépasse largement mon répertoire. Mais je vais faire de mon mieux pour ne pas trop perdre la face.
Nous dansons alors de manière effrénée. À la fin du disque, c’est-à-dire à la sixième chanson, je choisis un nouveau disque, du slow-rock Be-Bop-a-Lula. La musique peut se danser en rock ou en slow. Geneviève me dit alors :
- — Cette chanson est quand même un peu trop lente pour être dansée en rock et puis, au bout de la sixième, on est peut peut-être en droit de se reposer un peu.
- — Une deuxième solution est de la danser en slow, j’adore cette musique.
- — Si vous y tenez et pour vous faire plaisir…
Je prends la main droite de Geneviève de la main gauche, elle pose sa main gauche sur mon épaule et je mets ma main droite au bas de son dos. Elle se serre un peu à moi, mais pas trop, comme une femme bien élevée. Je devine son corps. Petit à petit, elle se détend. C’est ce moment que Fabienne choisit pour refaire son apparition. Elle paraît un peu contrariée. Aurait-elle une nouvelle pointe de jalousie, comme il y a deux jours ?
- — Alors, Philippe, dit-elle, vous voyez qu’elle danse bien notre jeune vierge.
Je suis surpris et glisse à l’oreille de Geneviève :
- — Jeune vierge ?
- — Oh ! Ne vous inquiétez pas c’est le diminutif de Geneviève ; à mon âge il m’est tout de même arrivé de goûter au fruit défendu, j’ai été mariée vingt-cinq ans et j’ai deux grandes filles, l’une de vingt-neuf et l’autre de trente-cinq ans.
- — Me voilà rassuré, dis-je, j’ai eu très peur.
Geneviève se sépare un peu de moi et se met tout d’abord à sourire puis à rire plus franchement :
- — Moi j’ai eu surtout très peur que vous ayez pu avoir un doute.
Nous reprenons notre slow mais je sens que ma cavalière est maintenant beaucoup trop décontractée. Fabienne, très contente de son intrusion réussie, repart vers son atelier en me faisant un petit sourire coquin. Je profite de ce départ pour quitter ma cavalière et retourner vers la chaîne hi-fi. Je veux mettre une cassette de Memphis Slim que j’avais déjà repérée tout à l’heure. C’est une musique beaucoup plus langoureuse et surtout la cassette dure très longtemps. Je demande à Geneviève :
- — Vous aimez Memphis Slim ?
- — Oui, c’est assez original. J’ai écouté plusieurs de ses concerts dans le grand amphi de la fac de droit à Paris quand ma plus jeune fille faisait ses études.
- — Moi aussi j’y suis allé, on s’y est peut-être rencontrés.
- — C’est possible, mais je pense qu’à ce moment vous regardiez plutôt les jeunes étudiantes du quartier latin.
- — Non, à vrai dire, c’était de préférence les Suédoises et les Allemandes de l’Alliance Française.
Je prends Geneviève dans mes bras et me dis que maintenant nous avons une heure de musique ininterrompue. Je m’enhardis et pose très délicatement sa tête contre moi. Je sens beaucoup plus intimement son corps contre le mien. Elle commence à s’abandonner en dansant.
Tout d’un coup j’ai envie qu’elle me dise jusqu’où elle veut aller, si elle veut aller quelque part. En deux mots je veux qu’elle fasse le premier pas. Comment cette jeune retraitée va-t-elle faire pour me dire qu’elle souhaite aller un peu plus loin qu’une simple série de danses ? Il va falloir que je l’aide un peu. Je me sépare légèrement d’elle et lui demande :
- — Que pensez-vous des dessins de Fabienne, ceux que l’on peut qualifier de très personnels ?
- — Vous avez vu tout à l’heure que j’étais gênée pour répondre, alors pourquoi me reposez-vous la question ?
- — Tout simplement parce que tout à l’heure Fabienne était là. Maintenant nous ne sommes plus que deux et de plus vous êtes dans mes bras.
- — Non, je ne suis pas dans vos bras, nous ne faisons que danser.
- — Vous aussi vous essayez de vous en tirer par une pirouette.
- — Eh bien, puisque je suis dans vos bras, je vais tout vous dire. Dans chaque dessin il y a trois femmes : une femme fessée tenue dans ses bras par une cajoleuse, ou une consolatrice si vous préférez, et la troisième femme qui fesse ou qui fouette. On a retrouvé des scènes de ce type en Italie à Pompei. Je trouve cela triplement érotique. La femme fessée a un mélange de douleur et de plaisir car, si elle est fouettée, elle est aussi caressée par la deuxième femme, la cajoleuse. La cajoleuse, ayant une main devant et une main derrière la femme fessée, doit ressentir toutes les vibrations du corps de cette femme. Quant à la fesseuse, elle a le double plaisir de doser la douleur et de voir une femme en cajoler intimement une autre.
- — Tout à l’heure vous disiez être mal à l’aise car vous ne saviez pas où était votre place en tant qu’admiratrice de l’œuvre.
- — C’est vrai. Deux femmes qui s’aiment, c’est érotique, mais cela ne me convient pas. Je n’ai jamais caressé de femmes et vous pensez bien que je ne vais pas le faire aujourd’hui. Je ne peux donc pas être la cajoleuse. Donner une fessée, cela ne me convient pas non plus. Je n’aime pas donner de la douleur, je n’ai pas l’esprit assez compliqué. Quant à recevoir une fessée d’une femme je n’y tiens pas non plus.
- — Pour la fessée ou pour la femme ?
- — Pour la femme ou peut-être les deux.
- — Si les dessins avaient été un peu différents : une femme fessée aux formes très généreuses, un homme fesseur et un homme cajoleur, tous deux avec un corps bien musclé. Je pense que vous n’auriez pas aimé prendre la place de l’un de ces deux hommes, mais la place de la femme ?
- — Vous essayez de me pousser dans mes derniers retranchements, mais je vais vous répondre : cajolée, pourquoi pas, mais fessée, je suis encore vierge de cette pratique. Et vous, auriez-vous aimé être l’un de ces deux hommes ?
- — Je vous laisse le double choix de la réponse.
Geneviève est serrée contre moi, mais avec discrétion. Je commence à être très excité et cela doit se sentir. Je descends lentement ma main du bas de son dos vers ses fesses que j’effleure, sans appuyer. J’attends sa réaction. En guise de réponse elle serre ses cuisses et le bas de son ventre légèrement plus fort contre moi. J’apprécie sa manière de faire. Quelques instants après, elle me glisse à l’oreille :
- — Vous êtes assez coquin. Je ne pensais pas qu’une retraitée puisse encore faire de l’effet sur un jeune homme comme vous, vous pourriez être mon petit dernier. Si je vous invite demain à déjeuner ou à dîner chez moi pour manger un plat du Sud comme du thon à la provençale, allez-vous accepter ?
- — Oui, bien sûr.
- — Même si je vous dis que je n’aurai pas d’autres amis ?
- — Je vous réponds par le même « oui » et en plus j’apporterai une bouteille de Vouvray méthode champenoise, peut-être même deux.
- — Un homme peut perdre certaines forces s’il prend trop de Vouvray et ce n’est pas mon désir. C’est pourquoi une seule suffira, sauf si nous la gardons pour après. Allons maintenant rejoindre Fabienne. Ne parlez pas de mon invitation à déjeuner, ce sera notre rendez-vous caché.
Geneviève me fait un gros bisou sur la joue, ouvre son sac et me glisse sa carte de visite dans la main.
- — À demain midi et soyez à l’heure, le poisson n’attend pas, la cuisinière non plus.
- — Soyez sans crainte.
Geneviève se dirige vers l’atelier de Fabienne. Je la suis, son pas est différent, beaucoup plus léger, son visage est transformé, elle a maintenant vingt ans de moins, et surtout elle est mille fois plus sexy que dans la grange.
Nous arrivons dans l’atelier, Fabienne ne s’attendait pas à la voir partir :
- — J’avais préparé une belle tarte aux fruits, tu ne veux pas en prendre une part avec nous ? Tu ne partiras qu’après. J’ai tout mon temps et Philippe aussi. Sa cousine Florence lui donne une autorisation de sortie jusqu’à neuf heures ce soir.
- — Non merci, Fabienne, c’est très gentil de ta part, mais demain j’ai du monde à recevoir à midi, je dois faire du poisson et j’ai un certain nombre de courses à faire. Tu sais bien que je n’aime pas être bousculée, surtout quand je veux bien réussir ma table.
Geneviève se dirige vers sa décapotable, elle s’installe, nous salue de la main et s’en va.
- — Quelle mouche l’a piquée, me demande Fabienne.
- — Aucune. Elle a vu votre exposition, elle a dansé quelques rocks et maintenant elle rentre. Elle va peut-être rejoindre son amant.
- — Cela m’étonnerait. Vous avez vu sa coiffure, cela lui donne un air beaucoup trop sérieux. Vous ne lui avez rien dit de spécial pendant que vous dansiez des danses moins agitées ?
- — Si, pour la titiller, je lui ai parlé de vos dessins érotiques et je lui ai demandé quel rôle elle aurait aimé y jouer.
- — Ça y est. Elle est vexée. Geneviève n’aime pas les femmes, mais elle aurait pu aimer les fessées. Il faut savoir prendre son plaisir dans la vie, et je ne suis pas sûre qu’elle sache le faire.
- — Non, rassurez-vous, elle m’a expliqué tout l’historique de ce genre de dessins. On en a retrouvé à Pompei. De plus elle m’a dit que si le cajoleur et le fesseur avaient été des hommes elle aurait peut-être accepté la troisième place.
- — Oui, mais, les hommes, il faut pouvoir les trouver, et à son âge ce n’est pas forcément évident. En plus c’est une femme cassante, incisive et hautaine. Je ne serais pas surprise que notre chère Geneviève n’ait pas fait l’amour depuis son départ en retraite ou même avant. Il ne doit lui rester que les plaisirs solitaires. Mais j’arrête car je deviens trop méchante. Je suis en train de dire du mal d’une amie alors que c’est moi qui lui ai proposé de passer voir mes toiles. J’ai fait l’idiote en vous montrant mes dessins un peu personnels en sa présence. Je n’aurais dû les montrer qu’à vous. Je vous ai vus tout à l’heure quand vous dansiez le slow, elle était vraiment trop près de vous, même si elle ne vous collait pas. Voir son ventre contre le vôtre m’a mise très mal à l’aise. J’ai cru que par jeu vous alliez tenter de la séduire et j’ai ressenti un fort sentiment de jalousie. Mon ventre m’a fait mal, j’ai eu peur, je suis comme ça. Finalement, je suis contente qu’elle soit partie à ses fourneaux.
- — Je ne savais pas que vous étiez jalouse à ce point. Avant-hier vous avez jeté dans mes bras votre petite amie Frederica. Je lui ai donné une fessée sur vos conseils et elle m’a fait l’amour après. C’est bien ce qui s’est passé, je ne me trompe pas ?
- — Oui ! Avant-hier j’étais aussi très jalouse mais mes sentiments étaient confus. Quand vous étiez au bord de la piscine, j’étais très contente de caresser la cuisse de Frederica. Cela avait l’air de vous mettre dans un bel état d’excitation. J’aime les jeux érotiques et j’aime voir un jeune homme pris de court par une femme un peu provocante. Surtout quand elle a plus d’expérience que lui.
Quand nous sommes montés dans la chambre c’est moi qui vous ai demandé d’embrasser Frederica, c’est encore moi qui l’ai déshabillée. Mon vrai problème, c’est que je voulais que Frederica le fasse gentiment, sans réticence, mais je ne voulais pas qu’elle y mette autant de passion. Là, j’ai fait complètement fausse route. Frederica a énormément apprécié cet instant. Son corps était à vous, il n’était plus à moi. Dès le début, je suis devenue jalouse. J’ai mis ma main sur son minou, c’était celui d’une femme qui a fort envie de faire l’amour. Je ne pouvais plus faire machine arrière. C’était la première fois que je mettais une de mes petites amies dans les mains d’un homme devant moi. Je l’ai fait parce que vous avez vingt-cinq ans, que Frederica était d’accord et que je pensais que cela allait me donner des sensations nouvelles et fortes. Je ne pensais absolument pas que vous seriez aussi émotif et que Frederica partagerait autant vos émotions. Dans mes relations avec les femmes j’aime commander, prendre les décisions, je ne suis ni une soumise, ni même une perdante. Mais, rassurez-vous, Frederica n’est ni ma dernière, ni ma seule petite amie. Par contre, vous vous en doutez, j’éviterai de demander aux autres de vous séduire avec moi.
Et Fabienne de continuer :
- — Mais revenons à ce soir-là, j’ai passé des moments très durs. Le début de la fessée de Frederica m’a beaucoup excitée, un peu moins la fin quand j’ai vu qu’elle y prenait autant de plaisir et qu’elle vous regardait avec des yeux aussi langoureux. Son regard disait qu’elle était à vous. J’ai été très malheureuse quand vous avez embrassé Frederica avant la fin de la fessée. Ce baiser, elle n’attendait que cela. Puis, quand, la fessée terminée, vous avez fait l’amour ensemble, j’ai failli craquer. Dans le scénario que j’avais prévu, c’est moi qui devais faire l’amour avec vous à ce moment puisque Frederica venait de prendre son plaisir. Mais on ne fait pas toujours ce que l’on projette de faire. Quand je vous regardais aller et venir dans son corps, j’étais à la fois heureuse et malheureuse, jalouse et excitée. Le summum a été atteint quand j’ai vu son regard à l’instant où elle a joui à l’unisson avec vous. C’est la première fois de ma vie que j’avais le sentiment d’être la troisième roue du carrosse. Et si nous voulons bien y regarder de plus près, nous deux nous n’avons jamais réellement fait l’amour ensemble.
- — Durant toute la séance je crois que vous avez été largement partie prenante au plaisir de Frederica. Vos cuisses lui ont servi de coussin bien douillet. Vos mains ont en permanence caressé ses bras, ses épaules, sa tête, son dos et ses seins. Vous l’avez embrassée dans le cou à plusieurs reprises… Votre corps était en contact direct avec le sien. Vous pouviez percevoir la moindre de ses sensations. Ses réactions à la douleur et au plaisir ne doivent plus avoir de secrets pour vous. Après la séance de fessée, si, effectivement, nous n’avons pas fait l’amour au sens rigoureux du terme, je crois que Frederica et moi-même avons largement pensé à vous. Si mes souvenirs sont exacts, il me semble qu’à deux reprises vous avez eu une jouissance plus qu’encourageante, ou sinon c’est que vous jouez rudement bien la comédie. Vous auriez dû me séduire toute seule, cette jalousie vous l’avez en partie cherchée. Mais pour en revenir à vos sentiments, je suis très heureux que vous soyez une dominante jalouse. Cela rajoutera du piment à nos relations.
- — Mais n’oubliez pas, Philippe, s’il est vrai que Frederica a été très chatte et très câline avec moi, c’est vous qu’elle regardait et ses yeux en disaient long. Vous ne la laissez pas du tout indifférente.
- — Fabienne, ne parlons plus d’avant-hier, revenons à nous maintenant. Tout à l’heure j’ai beaucoup apprécié vos dessins érotiques. Je voyais Frederica comme cajoleuse, vous en femme fessée et moi j’étais le père fouettard. En prenant notre temps, j’aimerais bien que nous retournions voir ces dessins en amoureux.
- — Mais je ne suis pas amoureuse de vous.
- — Je vous laisse indifférente ?
- — Vous savez bien que non.
- — Eh bien ! Allons voir vos dessins en simples amants. Mais restez jalouse, cela vous rend encore plus désirable.
Je prends Fabienne par les hanches. Elle est resplendissante et perd un peu de son assurance. Nous nous dirigeons vers la grange. Elle sort sa grosse clé, allume les spots et nous rentrons enfin dans la pièce. Je suis particulièrement excité. Je m’arrête devant un grand dessin où la fessée est donnée au martinet. La femme fessée est très belle, ses fesses sont striées et elle a l’air d’y prendre un très grand plaisir. Je fais une grosse bise sur la joue de Fabienne et lui dit :
- — Voilà la scène la plus osée. Les fesses de la femme fessée sont exactement ce que j’aimerais que soient les vôtres. J’adorerais être sévère avec vous, pour vous donner du plaisir, beaucoup de plaisir et surtout de belles couleurs à vos fesses. Après je suis sûr que vous n’aurez plus jamais froid. Alors, Fabienne-jalouse, je vais vous demander d’enlever votre robe, j’ai envie de vous admirer toute nue dans cette pièce.
Fabienne s’exécute avec beaucoup de féminité. Elle porte un ensemble culotte et soutien-gorge en dentelle bleu sombre qui lui donne beaucoup de chien.
Ses seins sont impressionnants. J’en sors un délicatement et je pince le téton. Fabienne respire très profondément, on dirait qu’elle a peur de la suite des évènements. Je lui demande de poursuive son déshabillage en commençant par sa petite culotte, puis son soutien-gorge. La voilà nue devant moi. Je ne la touche pas. Je lui demande de passer sa main sur ses parties intimes, sans toucher à son bouton d’amour.
- — Fabienne, dites-moi si vous êtes mouillée.
- — Oui, mais que voulez-vous faire ? Prenez-moi vite dans vos bras.
- — Non ! Je n’ai pas envie de vous toucher maintenant.
- — Mais alors, que voulez-vous faire ?
- — Je pense que vous l’avez compris, vous fesser. Mais, cette fessée, je veux vous la donner d’une manière très particulière, sans contact avec vous, pour mieux voir votre visage et votre corps. Je ne veux vous toucher qu’avec mes yeux.
- — Vous voulez me fesser comment, avec un fouet ou avec un martinet ?
- — Oh ! Avec un simple martinet, comme sur le dessin et en suivant complètement les conseils que vous m’avez donnés avant-hier. Fabienne chérie, allez donc me chercher un martinet-plaisir, vous en avez sûrement un quelque part ?
- — Oui, j’en ai dans mon atelier.
- — Je vous en prie, allez-y.
- — Mais je suis toute nue.
- — Cela n’a pas d’importance, il n’y a personne dans les environs. Nous sommes dans la maison du bout du monde et de plus il n’y a que quelques mètres à traverser.
Fabienne met ses chaussures et s’en va. Elle traverse le coin de cour. J’aime regarder ses fesses qui oscillent quand elle marche avec ses hauts talons, ses fesses qui sont encore un peu blanches mais qui bientôt vont devenir riches en couleur. Quelques instants plus tard elle revient avec un petit sac de cuir.
- — Ouvrez-le, Fabienne chérie, et donnez-moi le plus efficace, c’est à dire celui qui va donner les plus belles couleurs à vos fesses bien charnues, comme sur vos dessins.
- — C’est celui-là.
- — Il me paraît très bien. Voilà ce que je vous propose, vous resterez debout. Je vous donnerai les coups de martinet assez fort et dix par dix comme vous me l’aviez conseillé. Par contre, c’est vous qui vous caresserez, qui doserez votre excitation. Je ne vous toucherai pas. Je vous prendrai dans mes bras pour la phase finale, quand votre plaisir viendra. Prenez tout votre temps. Après vous me ferez l’amour, pas moi, mais bien vous. J’aimerais que vous me donniez le plus fort plaisir de ma vie. Préparez-vous. Vous me direz quand vous êtes prête.
- — Je suis prête, mais pas trop fort, j’ai un peu peur.
- — N’ayez pas peur. N’oubliez pas, nous arrêtons quand vous voulez. Je veux que cette fessée soit désirée et que vous y preniez un maximum de plaisir. Plus vous aurez de plaisir, plus j’en aurai. Ecartez un peu vos cuisses, mettez une main sur votre joli minou et, si vous en avez besoin, sur votre bouton d’amour. Vous pensez qu’il est déjà sensible ?
- — Oui, beaucoup trop.
- — Ma chérie, vous vous caresserez quand vous voulez, je veux simplement savoir quand vous allez commencer.
- — Je vais me caresser dès le début de la fessée, ça va me rassurer.
- — Ce n’est pourtant pas ce que vous m’avez enseigné.
Voir Fabienne, la Professeur de Fessée-plaisir avoir peur quand les rôles sont inversés m’excite au plus haut point. Le premier coup est assez fort. En le recevant Fabienne grimace un peu, mais elle excite tellement son clitoris que j’ai peur qu’elle ait un orgasme avant la fin de la deuxième série de fessées.
- — Caressez-vous moins fort, ma chérie.
Fabienne est rassurée par le ton de ma voix. Je lui parle en permanence pour lui dire qu’elle est belle, très belle, excitante. Les coups tombent les uns après les autres. Je suis obligé de frapper de plus en plus fort car elle se caresse trop vite et trop fort. J’ai peur qu’elle ne jouisse trop tôt. Je suis maintenant à près de quarante coups de martinet. J’attends plusieurs secondes entre chaque coup, ses fesses tout d’abord blanches deviennent roses, puis rouges. Fabienne se caresse avec une force inouïe en poussant de longs gémissements. J’arrête les coups et je passe délicatement les lanières du martinet au milieu de ses fesses, le long de cette frontière qui protège un trou trop souvent défendu. C’est trop fort pour elle. Elle se met à trembler et à respirer de manière très saccadée. J’ai juste le temps de la prendre dans mes bras, d’enlever sa main caresseuse et de poursuivre moi-même le massage de son bouton d’amour. Son sexe est encore plus mouillé et onctueux que tout à l’heure. Son orgasme arrive très fort, il est très long. Son corps entier est pris de puissants soubresauts. J’ai peur qu’elle ne perde connaissance. Elle pousse un premier grand cri suivi d’un deuxième, puis survient une dernière contraction, extrêmement violente mais courte, suivie de nombreux petits tremblements. Elle reste plusieurs minutes immobile, reprend ses esprits, puis m’embrasse passionnément. Sa langue est toujours aussi agile et son goût aussi bon :
- — Merci, Philippe, de m’avoir fait jouir aussi fort. J’ai failli perdre connaissance. C’est la première fessée que je reçois depuis l’âge de seize ans. Mais à cette époque ce n’était pas pour la même raison, j’avais réellement fait une bêtise. Maintenant j’ai besoin que vous me pénétriez, j’ai envie de vous dans mon corps tout de suite, je vais vous faire l’amour comme je ne l’ai jamais fait à personne auparavant.
Fabienne est tellement excitée qu’elle n’a même pas vu que je suis encore habillé. Je me déshabille donc très vite et tout seul, et je m’installe sur une vieille chaise en bois. Mon sexe n’a pas besoin d’être mis en forme. Il est presque trop dur. Fabienne me fait face et s’assied sur moi. Je rentre en elle comme dans un océan de chaleur, de douceur et de plaisir. Je n’ai jamais connu de chatte aussi onctueuse. Elle coule de partout. Ses cuisses sont trempées. C’est elle qui prend la direction des opérations, elle bouge lentement, sa chatte se contracte en rythme avec son corps, je caresse ses fesses zébrées à la fois si chaudes et si douces. J’ai envie que le temps s’arrête. Puis elle me parle tout doucement :
- — Alors, Philippe chéri, vous vous souvenez quand j’ai pénétré vos fesses rondes et féminines avec mes cinq doigts devant Frederica, il me semble que cela vous a particulièrement plu. Je connais un homme d’une quarantaine d’années qui est à la fois sportif, viril et très doux. Il est comme moi, il aime les femmes mûres et les jeunes hommes, en particulier ceux qui ont de jolies fesses bien rondes et très féminines. Offrir vos fesses à un homme quand je suis à côté de vous pour vous cajoler, ça vous tenterait ?
- — Ne m’en dites pas plus sinon je vais jouir trop tôt.
L’idée qu’un homme me pénètre alors que je suis dans les bras de Fabienne est trop excitante. Il faudra que je tente un jour cette expérience. Mon souffle devient plus fort, j’ai l’impression que le corps de Fabienne et le mien ne font plus qu’un. Je n’arrive plus à me retenir, ça y est, tout mon plaisir part dans le ventre de Fabienne. Elle s’en aperçoit aussitôt, son corps se met à trembler, à se contracter, elle crie. Nous jouissons ensemble, exactement ensemble. C’est merveilleux…
En reprenant mes esprits, je murmure :
- — Merci, Fabienne, pour la fessée que tu as bien voulu recevoir et merci pour tout le plaisir que tu viens de me donner, c’est peut-être le plus fort de ma vie.
Fabienne se lève et me dit :
- — Tiens, tu me tutoies, cela me fait très plaisir. Je vais préparer un bon bain, bien chaud, rien que pour nous deux. Nous prendrons tout notre temps pour nous délasser et pour boire ensemble un nouveau verre de rosé bien frais, à notre santé et à « plus » peut-être même, si nous en avons envie. Moi, je crois que j’en aurai très envie. En fait depuis que je t’ai rencontré, j’en ai tout le temps envie. Tu verras, je vais te faire passer de bons instants. Malheureusement cela passe trop vite, beaucoup trop vite.
Sans nous rhabiller, nous quittons ce local des amours singulières et nous allons vers la maison. Je laisse Fabienne prendre deux mètres d’avance pour bien admirer les conséquences de sa fessée au martinet. C’est vrai que ses fesses ont pris de jolies couleurs, des petites stries rouges sont bien visibles. Je me rapproche d’elle :
- — Tes fesses sont maintenant un peu comme tes dessins.
- — Je ne les vois pas, me répond Fabienne, mais je les sens. Je te demanderai d’être discret à ce sujet. Je n’aimerais pas qu’on apprenne que la fesseuse a reçu une fessée, sinon elle perdrait de sa crédibilité.
- — Tu peux compter sur moi.
Nous arrivons dans la maison et montons directement au premier étage. La salle de bains doit être de la fin du dix-neuvième siècle, elle est immense, sa taille est celle d’un petit salon. Au centre de la pièce se trouve une très grande baignoire en zinc avec deux immenses robinets en cuivre. Le long du mur un grand meuble en bois sculpté comporte deux lavabos à bascule face à une grande glace. Dans un angle on trouve un triptyque beaucoup plus moderne : douche, lavabo et bidet.
- — Voilà la grande baignoire qui nous est réservée, me dit Fabienne, c’est presque une piscine.
- — Mais comment fais-tu pour l’eau chaude, cette baignoire doit en consommer une telle quantité ?
- — C’est directement ma chaudière à mazout qui permet de chauffer l’eau pour la remplir. J’ai été dans l’obligation de faire réaliser une installation spéciale par le mari d’une de mes amies qui a une entreprise de plomberie.
- — Amie ou petite amie ?
- — Les deux.
- — Vous avez inauguré la baignoire toutes les deux ensemble ?
- — Oui, bien sûr.
- — Et son mari le savait ?
- — Non, il est trop jaloux.
- — Un peu comme toi.
Fabienne commence à faire couler l’eau. Elle redescend ensuite dans la cuisine chercher la bouteille de rosé. Elle remonte avec la bouteille ouverte, deux verres et un bocal d’olives vertes. Elle rapproche un tabouret de la baignoire et y dépose le tout.
- — Nous prendrons notre verre quand nous serons dans le bain.
Un petit quart d’heure plus tard, la baignoire est pleine. Je rentre en premier, l’eau est délicieuse et m’arrive presque jusqu’aux épaules, Fabienne rentre à son tour et s’adosse contre moi. Je mets une main derrière ma tête et mon autre main se saisit en douceur du sein le plus proche. Nous allons pouvoir nous détendre.
- — Avant toute chose, buvons un verre, dit Fabienne. J’ai monté le rosé pour ça.
Le tabouret est placé où il faut. C’est visible que je ne suis pas le premier à prendre un bain avec Fabienne. Je remplis les deux verres et nous pouvons trinquer dans le bain.
- — À mon jeune amant-fesseur, me dit Fabienne.
- — À nos amours, tout simplement. Toujours en forme ?
- — Pourquoi me poses-tu la question, mon chéri ?
- — Parce que tu en es déjà à ton troisième plaisir en moins d’une après-midi.
- — Mais avec toi je reste en forme permanente. Tout mon corps est à toi. Un jeune et beau garçon comme toi, c’est comme un bon verre de rosé, ça ne se refuse jamais.
Je bois tranquillement mon verre de vin avec quelques olives, puis je le repose. Cela me permet de serrer Fabienne dans mes bras et de jouer avec ses seins dans l’eau, je redeviens un enfant qui fait joujou dans une baignoire.
- — Ma chère Fabienne, j’aimerais que tu me parles un peu de toi et que tu me dises pourquoi tu aimes autant les femmes qui ont l’expérience de la vie, mais aussi peu les hommes dès qu’ils ont plus de trente-cinq ans.
- — Tu sais, mon chéri, c’est une longue histoire mais ce n’est peut-être pas le moment d’en parler. Nous avons peut-être mieux à faire. Et toi, tu es toujours partant pour être initié par un homme à des plaisirs interdits quand je te tiens dans mes bras ?
- — Très honnêtement, je suis à la fois attiré et non. C’est vrai que tout le monde me dit que j’ai des fesses de femme, et c’est vrai que je les trouve plutôt belles et excitantes. Quand j’étais un peu plus jeune, je passais des vacances chez mon correspondant anglais. Je dormais toujours nu. Un matin, alors que j’étais toujours au lit et que mes draps avaient en partie glissé, son frère aîné s’est approché de moi et m’a dit que mes fesses l’excitaient. Je me suis tourné, il était nu lui aussi et son sexe ne cachait pas du tout ses sentiments. Il a passé la main dans mon dos, m’a donné une petite tape sur les fesses et me les a embrassées. J’étais très gêné, mais malheureusement cela a déclenché une très forte érection matinale. Il a continué à jouer avec mes fesses et je me suis laissé faire, sa main était chaude et ce n’était pas désagréable. Au bout d’un certain temps, de son autre main il m’a masturbé. Il faisait de grands mouvements très rapides. J’ai joui vite et fort. De suite après il m’a laissé comprendre qu’il voulait me sodomiser, mais j’ai refusé. Alors il s’est masturbé à son tour en me caressant et en me pinçant les fesses. Il les serrait très fort, de plus en plus fort. Sa respiration est devenue ensuite plus saccadée et il a joui en dirigeant toute sa semence sur mes rondeurs féminines. Assez souvent, comme j’étais nu devant le lavabo de la salle de bains pour me laver, il revenait me caresser, ou plutôt me malaxer les fesses. La sensation me plaisait. Une fois il a même passé un doigt dans ma raie en insistant un peu sur ma petite rondelle. Mais il ne l’a pas fait entrer. Il n’est jamais allé plus loin avec moi car je n’ai jamais voulu. Mon « petit trou interdit » n’est à ce jour réservé qu’aux femmes. Il y a deux jours, tu l’as mis particulièrement en fête avec tes cinq doigts qui sont rentrés assez facilement.
- — En prenant mon temps et si tu avais été allongé sur le lit, et non debout, j’aurais pu rentrer toute ma main. C’est pourquoi je pense que tu es prêt maintenant à accueillir un homme viril et à lui donner du plaisir. On en reparlera plus tard, si tu veux. - Oui, car pour passer d’un fantasme à la réalité il faut se donner le temps d’une petite réflexion.
Cette possibilité m’excite beaucoup, et Fabienne qui est collée contre moi le sent immédiatement. Elle se soulève légèrement puis se met sur les genoux. Dans l’eau, son corps paraît très léger. Ses cuisses sont bien écartées. Sa main prend ma verge et la dirige avec une petite hésitation dans son puits d’amour. Je ressens une sensation de bien-être et de chaleur, nouvelle pour moi. C’est la première fois que je fais l’amour dans une baignoire pleine d’eau bien chaude. Je ne peux pas bouger, c’est elle qui, une fois de plus, dirige toutes les opérations. Elle maîtrise complètement son ventre et tous ses mouvements.
- — Tu aimes, chéri ? me demande-t-elle.
- — J’aimerais te sentir durant une éternité.
L’entrée de sa chatte se contracte doucement. J’ai l’impression que mon sexe est aspiré dans son ventre. Pendant tout ce temps je peux pincer légèrement le bout de ses seins. Ils deviennent très durs. L’eau multiplie les sensations. Je suis réellement très bien. Je suis même un peu égoïste car je ne m’occupe pas assez de Fabienne, je ne lui parle plus, je la laisse faire, tout simplement. Elle m’offre entièrement son corps, pour mon plaisir et pour le faire durer au maximum. Je sors de ma douce torpeur quand ses gestes se font plus rapides, moins coordonnés. Je mets mes deux mains sur le bas de son ventre, il semble très sensible, il commence à se raidir.
- — Viens, mon chéri, me dit-elle, je ne vais pas tenir encore longtemps.
Je sens dans son corps une série de convulsions, un peu désordonnées et de plus en plus fortes. Sa chatte devient complètement ouverte. Elle se met alors à frotter très fort ses fesses contre mes cuisses. Je sens qu’elle cherche un contact fort avec son clitoris. Avec quatre doigts je lui fais un grand massage circulaire. C’est trop fort pour elle, elle pousse un râle qui vient du fond d’elle-même, elle se contracte une dernière fois avec violence, ses cuisses sont comme du roc, elle ne peut plus se retenir, elle jouit. Maintenant elle reprend son souffle, son visage est calme, sa tête tombe sur mes épaules, l’eau est toujours aussi chaude.
- — C’était féerique, Philippe chéri. Mais toi, tu n’as pas joui ?
- — Non, pas encore.
- — Je suis partie trop vite, avec toi je suis trop excitée, je ne parviens plus à me contrôler.
- — Et moi j’étais ailleurs, je prenais tout mon temps, j’étais calme et détendu, je ne faisais pas l’amour, c’est mon esprit qui était en voyage.
- — Ne t’inquiète plus, mon chéri, maintenant je vais m’occuper de toi, de ton voyage.
Je m’allonge complètement dans la baignoire, l’eau arrive presque au niveau de ma bouche. Avec beaucoup de délicatesse, Fabienne caresse mon sexe en tournant et en faisant de doux va-et-vient. Aussitôt je replonge dans une délicieuse torpeur, je suis hors du temps qui passe. Tout d’un coup une sensation de brûlant me vient du bas du ventre, ma respiration se fait plus forte, j’ai presque envie de crier. Mon ventre et mes fesses se contractent et me font mal, je n’en peux plus. J’ai l’impression que mon corps se vide. De longs jets de plaisir partent dans l’eau, c’est à mon tour de jouir contre le corps de cette femme merveilleuse.
- — Merci, Fabienne chérie, ou merci, ma chérie, si tu préfères.
- — Je préfère « ma chérie ».
Les bons moments ont une fin et il faut savoir terminer. J’ai eu des sensations et des plaisirs tellement variés aujourd’hui qu’il faut que je garde quelques forces pour demain. Une jeune vierge de soixante-deux ans, cela se bichonne.
- — Fabienne chérie, j’ai maintenant une petite faim. Si tu avais un petit en-cas cela me ferait très plaisir.
- — Pourquoi, il n’y a pas que moi que tu veux dévorer ?
- — Hélas, non.
- — Je sais qu’après l’exercice il faut reprendre des forces. J’ai prévu un petit buffet froid avec des salades et de la glace. Ça te convient ?
- — Comme à un chef.
Nous sortons de l’eau, Fabienne m’essuie et je ne peux m’empêcher de caliner à nouveau son minou. Elle enlève ma main et me dit :
- — Descendons pour de bon maintenant. Tu m’as déjà comblée quatre fois aujourd’hui, moi aussi j’ai besoin de reprendre des forces.
Je m’installe dans le salon pendant que Fabienne prépare son buffet. Je mets une cassette de blues et mon esprit se remet à rêver. Je pense à aujourd’hui, je pense à plus tard.
Fabienne installe le buffet dehors, il fait un temps superbe. Ses salades sont excellentes. Nous parlons comme deux enfants de tout et de rien. Elle est heureuse, moi aussi. Le temps passe trop vite et il est déjà temps de rentrer. Je me lève pour partir.
- — Tu embrasseras Florence pour moi, me dit Fabienne. N’oublie pas de lui faire des compliments sur ses aquarelles.
- — Je l’embrasserai deux fois, une pour toi et une pour moi.
- — Mais pas plus, s’il te plaît. Tu vas passer le week-end avec tes cousins ?
- — Une partie seulement car je ne sais pas quand Pierre va rentrer de tournée et, qui plus est, j’ai un copain de fac qui va peut-être passer me voir demain. Si c’est le cas nous irons sûrement visiter le château de Sully ou l’abbaye de Saint-Benoît.
- — Un copain ou une copine ? Tu sais que je suis très jalouse…
- — Un copain. Et toi, que dois-tu faire ?
- — Des dessins avec Frederica.
- — Et seulement des dessins ?
- — Non.
- — Et si moi aussi j’étais jaloux ?
- — Tu ne vas pas être jaloux pour une femme !
- — Non. Mais tu vas passer tout ton week-end avec Frederica, je croyais qu’elle partait en vacances ?
- — Son mari est absent tout le week-end, il revient lundi la chercher pour partir en Bretagne dans le Morbihan.
- — Est-elle aussi « mal baisée » par son mari qu’elle nous l’a dit avant-hier ?
- — Oui, c’est un goujat. C’est un « tireur de coups » et c’est tout.
- — Et pourquoi restent-ils ensemble ?
- — Je ne sais pas trop. En tout cas, demain il va falloir que je prenne des précautions ou que je trouve des excuses.
- — Pourquoi ?
- — Tout simplement parce que mes fesses ont été marquées par un jeune étudiant de vingt-cinq ans particulièrement sadique et sévère, et je ne veux surtout pas qu’elle le sache.
- — Tu le regrettes ?
- — Bien sûr que non.
- — Tu as toujours chaud ?
- — Bien sûr que oui.
- — Si je passais par hasard dimanche, tu penses que cela gênerait Frederica ?
- — Elle non, mais moi oui, je serais très malheureuse. J’aurais trop peur que tu aies envie de refaire certaines choses avec elle et je ne le veux vraiment pas après ce que nous avons vécu aujourd’hui. Mon intimité avec les femmes est complètement indépendante de la relation que j’ai avec toi. Je te l’ai dit, tout mon corps est à toi, quand tu veux. J’ai accepté avec toi ce que je n’avais jamais accepté ni avec un homme, ni avec une femme. Je ne veux plus qu’une femme te regarde comme Frederica t’a regardé.
- — Je ne veux surtout pas que tu sois malheureuse.
- — Si tu veux, tu peux venir dormir chez moi cette semaine. Je saurai rester suffisamment sage pour ne pas trop perturber ta capacité de travail du lendemain. En plus, je te préparerai un bon petit déjeuner que je t’apporterai au lit, comme un prince.
- — Je viendrai mardi ou mercredi prochain, mais je te téléphonerai auparavant.
- — Mardi, certainement pas, c’est le quinze août ; je t’attends donc mercredi seize au soir.
- — J’arriverai vers sept heures. N’oublie pas, en plus du petit déjeuner, de prévoir quelque chose de sympa pour le dîner, je n’aime pas faire de gros câlins avec la faim au ventre.
- — À ce sujet, ne t’inquiète pas. Je ne te laisserai sur aucune faim.
- — Une chose très importante, ça me poserait un réel problème que ma cousine Florence soit au courant de ce que nous faisons car elle est en relation avec ma mère et le bouche à oreille marche bien. Pour la même raison il faut que Frederica sache tenir sa langue. Au fait, j’ai une question importante à te poser : as-tu déjà séduit ou tenté de séduire Florence ?
- — Pas vraiment, je t’expliquerai plus tard. Allez, je te dis maintenant au revoir, mon chéri. À mercredi.
- — Adios, Señorita, à bientôt.
Nous nous embrassons d’un baiser presque chaste. Sa langue a toujours le goût délicieux du bonbon anglais. Il est huit heures, Florence ne va rentrer que vers neuf heures, c’est une bonne chose que je puisse arriver avant elle.