| n° 09825 | Fiche technique | 19731 caractères | 19731Temps de lecture estimé : 14 mn | 28/10/05 |
Résumé: Magali est une jeune mère de famille comblée par un mari aimant et une petite fille. Au détour d'une rue de village, son univers paisible et rassurant va se trouver chamboulé. | ||||
Critères: fh couple copains telnet intermast pénétratio | ||||
| Auteur : Louis (Jeune homme aimant les plaisirs de la chair) Envoi mini-message | ||||
| Concours : Stupéfiants secrets |
Lorsque Magali pousse le petit portillon de bois, elle est envahie par un étrange sentiment de culpabilité.
De l’éducation un peu « vieux jeu » que lui ont donnée ses parents subsistent quelques vestiges, dont un respect quasi religieux pour la propriété d’autrui. Quatre ou cinq fois, adolescente, elle a fauché des broutilles dans un supermarché, histoire de ne pas décevoir sa meilleure amie. Mais ces menus sacrilèges n’ont pas entamé sa probité.
La petite brunette referme derrière elle.
Sa courte jupe plissée dévoile des jambes élancées, une taille fine légèrement cambrée qui fait ressortir une magnifique paire de fesses en globes parfaits. En haut, elle porte un pull-over fin, de couleur noire, qui épouse la forme de deux jolis seins plantés haut.
Mal à l’aise, elle ne peut s’empêcher de lancer à droite et à gauche des regards furtifs.
« C’est le meilleur moyen de me faire remarquer », pense-t-elle avec anxiété.
Alice, qui l’a initiée aux menus larcins en classe de Seconde, était un véritable garçon manqué, doublé d’un professeur exigeant :
« Si tu ne veux pas attirer l’attention, il faut faire les trucs spontanément, sans réfléchir. Tu rentres, tu prends, tu traces. »
Avec son culot et ce bel aplomb naturel, elle avait été jusqu’à « sortir » une paire de crampons d’alpinisme d’une boutique de sport de Digne, cachée dans son blouson jean, tandis que Magali distrayait le vendeur en essayant plusieurs paires de chaussures de ski de randonnée. Après ce coup-là, Alice l’avait entraînée dans une ruelle étroite, pour lui montrer le butin : en plus de la paire de crampons, elle avait subtilisé une bonne vingtaine de mousquetons d’escalade et quelques dégaines. Il y en avait pour plus de mille francs de l’époque.
Remarquant le teint décomposé de Magali, elle l’avait plaquée contre le mur et embrassée sauvagement, sur la bouche, lui mordant les lèvres jusqu’au sang. Surprise, celle-ci s’était d’abord crispée et avait tenté de se dérober, puis elle s’était abandonnée au baiser fougueux de son amie.
Aujourd’hui, la jeune mère de famille ne peut pas se cantonner au rôle de complice passif. C’est elle qui pénètre dans une propriété privée, ce grand parc arboré à l’abandon, autour d’une vieille maison bourgeoise, ceint d’un mur de pierres de deux mètres.
Apparemment les lieux ne sont plus occupés depuis des années. De vieilles branches moussues se décomposent dans ce qui a dû être autrefois une pelouse. Un angelot fendu gît à côté de son bassin de marbre.
Maintenant à l’abri des grands arbres et convaincue d’être seule dans la place, Magali se sent moins oppressée. Elle se remémore rapidement les évènements des dernières semaines.
Sortant d’une réunion de travail avec l’équipe municipale d’Ambérieu-en-Bugey, la jeune ambassadrice du tri sélectif s’était trompée de direction pour repartir vers Bourg-en-Bresse. Elle s’était retrouvée à remonter une petite rue en pente douce, bordée de belles résidences, quand soudain son regard avait été attiré par la silhouette familière du véhicule de son mari.
Ecarquillant les yeux en la dépassant au ralenti, elle s’était convaincue qu’il n’y avait pas d’erreur possible. Le siège auto du bébé recouvert de sa housse faite maison par belle-maman, l’autocollant du club d’aïkido sur le pare-brise arrière, et une foule d’autres petits détails corroboraient sa première impression.
Elle avait failli s’arrêter et aller voir tout de suite ce que Bertrand pouvait bien faire là. En principe, son poste d’inspecteur à la Direction Départementale des Impôts ne requérait pas de déplacements. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il avait conservé sa vieille Austin mini, cadeau de son grand-père, tandis que Magali sillonnait la région dans une voiture plus confortable.
Le doute s’était alors infiltré dans l’esprit de la jeune femme. Une maîtresse ?
Un peu paniquée, elle avait été incapable de trouver un indice quelconque dans son comportement de ces derniers mois. Ni au lit, ni dans la vie quotidienne, d’ailleurs. Peut-être cachait-il tout simplement bien son jeu ?
Elle se promit d’être à l’affût et même de lui tendre quelques pièges, tandis qu’une part plus romantique d’elle-même se prenait à imaginer des hypothèses plus agréables.
Peut-être avait-il repris de son côté les recherches d’une maison à acheter pour lui faire une surprise ? L’année précédente, le jeune couple avait visité des dizaines de bâtisses aux alentours de Bourg. En vain. Au bout de quelques mois, ils avaient laissé tomber, écœurés. Les seules maisons accessibles à leur budget étaient soit de petits pavillons minables entassés au pied de barres H.L.M., soient des ruines qui nécessitaient au moins de doubler la mise pour redevenir habitables. Rien qui correspondait au consensus de leur rêve commun.
Alors Magali était rentrée chez elle, prenant au passage sa petite Morgane chez la nounou. Quand Bertrand était arrivé à son tour, elle était restée aussi naturelle que possible, se contentant de l’épier discrètement. Mais il était égal à lui-même, patient avec sa fille, indulgent pour les cuillers de compote qui n’arrivaient pas à destination.
Apparemment l’alibi était parfaitement préparé, car il était sorti sans une hésitation. Magali venait de coincer son mari en flagrant délit de mensonge. Etonnant, car elle avait toujours considéré Bertrand comme un exemple de droiture. Âgé de cinq ans de plus qu’elle, il était le fils unique d’un couple de postiers. Du genre à se lever à 6 heures et à se raser tous les matins, y compris en vacances, pour ne pas se sentir « négligé ».
Une fois, il était retourné au magasin de bricolage, car il s’était rendu compte en épluchant la facture que la caissière avait oublié de lui compter une ampoule ! Cette facette de son caractère, qui cadrait bien avec sa profession, rassurait Magali, après quelques amours tumultueux pendant les années Fac. Bertrand était un garçon sur lequel elle pouvait s’appuyer, qui ne se défilait pas devant ses responsabilités.
Restait à découvrir ce que cachait ce mensonge. Le soir-même, elle était allée jusqu’à humer ses sous-vêtements dans le bac à linge sale. Aucune odeur suspecte. S’il la cocufiait, il était sacrément organisé.
Une fois la lumière éteinte, elle s’était collée contre son dos. De ses doigts, elle avait parcouru sa peau à la lisière du caleçon. Puis doucement, elle avait écarté le rempart de tissu élastique pour glisser sa main à l’intérieur. Elle avait saisi la bite en douceur, à pleine main, goûtant son gonflement rapide.
« Si c’est une maîtresse, elle ne me l’a pas complètement épuisé », pensa-t-elle.
Elle l’avait ensuite décalotté au ralenti, retardant au maximum le jaillissement complet du gland de son étui de peau. Puis elle avait posé légèrement le pouce sur le méat, comme pour l’obturer, tandis que de la pulpe de l’index elle entreprenait un petit massage circulaire à la base du gland. Bertrand étira alors tout son corps en gémissant.
« Ma chérie, si tu continues comme ça je vais partir dans tes doigts. »
Il savait que pour elle la pénétration était importante. Il bascula alors sur le dos, puis se tourna vers elle pour l’embrasser. Il joua quelques instants avec les deux mamelons en même temps, les faisant rouler à travers la nuisette entre le pouce et l’index, jusqu’à ce qu’ils deviennent durs. Puis il glissa une main loin sous la couverture et la remonta entre les cuisses. Sa main vint se placer en conque sur le renflement du sexe, dont il sentit la moiteur à travers le fin tissu.
Très excitée, Magali commença à faire de petits mouvements de bassin d’avant en arrière pour inviter Bertrand à une caresse plus directe. Celui-ci comprit le message et lui mit la main dans la culotte. Bientôt son majeur clapotait dans la petite fente et Magali arquait son dos pour mieux s’offrir à la caresse. Puis Bertrand fit glisser la petite culotte de son épouse et se coucha sur elle. Elle lui saisit les fesses pour l’obliger à la pénétrer, et un petit orgasme la fit frissonner de la tête aux pieds.
Ensuite, il l’avait baisée avec beaucoup de tendresse, comme à l’accoutumée, faisant d’abord varier l’angle et la profondeur de la pénétration comme pour l’ouvrir au maximum, avant de s’abandonner à la folie du galop final, quand il avait senti que la jouissance était proche.
Le samedi suivant, pendant qu’il promenait Morgane, Magali avait essayé de dissiper le mystère. Incapable de brider sa curiosité, elle avait fouillé dans ses affaires, lu les SMS dans son téléphone portable. Encore bredouille.
Dans l’incapacité de trouver un indice, elle avait finalement eu une idée de génie, celle de surveiller le kilométrage de la Mini.
Au bout d’un mois d’observations régulières, elle était fixée : tout semblait indiquer que son mari se rendait une fois par semaine dans cette mystérieuse rue d’Ambérieu-en-Bugey. Après de longues hésitations, elle s’était convaincue qu’elle n’en apprendrait plus qu’en se rendant elle-même sur les lieux.
Assise sur un vieux banc, elle secoue la tête et abandonne sa rêverie. Elle scrute le terrain à la recherche d’un élément qui l’aiderait à comprendre. Tous les volets de la villa sont clos. Magali monte les escaliers doucement jusqu’à la porte d’entrée. Comme prévu, celle-ci est verrouillée.
« Je ne trouverai rien ici. », pense-t-elle, tandis que le sentiment de culpabilité de violer une propriété privée l’envahit de nouveau et la force à quitter les lieux au plus vite.
Elle redescend et, pleine de remords, repart vers le portail. Puis elle regagne sa voiture le plus naturellement possible.
Au fil des semaines, l’obsession de Magali pour la mystérieuse villa d’Ambérieu s’estompe un peu. Bien occupée par son travail et sa fille, ne constatant aucun changement dans le comportement de son mari, elle en est presque à se demander si sa vue ne lui a pas joué des tours. C’est le hasard qui la remet sur la piste.
Un soir, une fois la petite couchée, profitant que Bertrand est à son cours d’aïkido, elle met en route l’ordinateur pour réaliser quelques emplettes sur Internet. Il lui est impossible de remettre la main sur ses sites favoris de vente de produits de beauté, de vêtements et de jouets pour enfants… Puis elle se souvient que Bertrand lui a vaguement parlé d’une réinstallation du navigateur, qui avait tendance à planter sans raison. La flemme de passer par un moteur de recherche lui fait ouvrir le volet historique et son œil est attiré par un titre un peu bizarre. www.canna-guerrillero.com : vivons heureux, vivons cachés !
Par curiosité, elle l’ouvre et débarque sur un site au design très sobre, aéré. Apparemment il s’agit d’un forum de discussion sur le thème… du cannabis ! Pour ce qu’elle en sait, Bertrand n’a jamais été adepte de « la fumette », comme on dit, ni d’autres drogues d’ailleurs. En parcourant les pages du site, elle tombe sur des images de plantes énormes, des gros plans sur des fleurs femelles couvertes de poils résineux, dardant d’indécents pistils couleur crème.
Magali n’est quant à elle pas tombée de la dernière pluie. C’est Alice qui lui a fait fumer son premier joint, à 16 ans. Pas du shit, non. Au début des années 90, ce produit est pourtant déjà largement disponible dans tous les lycées de France et de Navarre… Mais les gamines ne veulent justement pas d’un plaisir trop facile. Surtout Alice, qui refuse de mettre de l’argent dans un circuit qui alimente la corruption et qui accentue la misère des populations du Sud.
Alors c’est une herbe cévenole qui remplit leur premier joint. C’est le cadeau d’un cousin d’Alice, en communauté avec ses potes dans une ferme en ruine.
L’herbe puissante, gorgée de soleil et d’arômes mystérieux, a provoqué chez les deux adolescentes un fou rire de plusieurs heures. Magali se rappelle aussi la fringale qui a suivi, et comment elles avaient dévalisé la pâtisserie.
Mais qu’est donc allé faire Bertrand sur ce forum dédié à la cannabiculture ? Est-il tombé là par hasard en surfant sur Internet ? Apparemment non. Le message : « Bienvenue Ananda01, vous n’avez pas de nouveaux messages privés », inscrit en haut à gauche de l’écran, indique à Magali que son mari est un utilisateur enregistré de ce forum.
Le cœur battant à grands coups, elle se penche alors sur ses contributions, grâce au moteur de recherche interne au site. Il semble qu’Ananda01 ne soit pas un néophyte : il a posté plus de 500 messages ! Parmi les plus récents, des conseils à un cultivateur sous serre pour éradiquer une sorte de mouche parasite, des réactions à des faits divers, des échanges humoristiques entre usagers, dont Magali ne saisit pas toujours le sens. Et puis celui-là :
Sujet : La bible du cultivateur
Enfin, après plusieurs mois de travail, je viens de terminer le guide du guerrillero-cultivateur. Merci à Zebu, Kryzzz, Planton et tout ceux qui m’ont aidé à corriger les fautes. Merci à Djoggos pour les superbes photos. Vous pouvez-le télécharger ici, l’imprimer. Je dédie ce guide au site canna-guerrillero.com, temple de la résistance aux Etats-superflics.
Suivent une flopée de messages en réaction, très élogieux pour la plupart. Magali clique machinalement sur le lien et après quelques secondes, un document au format pdf. La première page porte le titre « Précis de guérilla appliquée à la cannabiculture », Janvier 2005, et une photo de clairière où trois hommes armés de sécateurs et portant des cagoules rappelant celles des indépendantistes corses s’apprêtent à récolter un petit champ de cannabis.
« Merde alors, c’est Bertrand qui a fait ça ??? », s’interroge Magali.
Après une préface de Planton, qui affirme que ce guide manquait cruellement, car les plus récentes références francophones en la matière dataient des années 70, l’auteur entre dans le vif du sujet. Le premier chapitre est intitulé « Stratégie : éléphant ou tortue ? »
Après une gestation de 22 mois, l’éléphante (Loxodonta africana) met au monde un éléphanteau de 100 à 150 kg. Celui-ci restera avec sa mère pendant 15 ans.
La tortue verte dépose dans le sable jusqu’à 150 œufs de forme sphérique, soit (5 à 6 kg) en une demi-heure. Elle rebouche ensuite son nid délicatement, brouille l’aire de ponte grâce à ses membres antérieurs, avant de regagner la mer. Seules quelques jeunes tortues issues de cette ponte parviendront à rejoindre le rivage six semaines plus tard : la plupart sera dévorée par de féroces prédateurs : oiseaux marins, corbeaux, crabes, rats…
En tant que guérillero, vous devez vous inspirer de la nature pour bâtir votre stratégie. Serez-vous plutôt du genre éléphant, à bichonner un ou deux pieds qui deviendront gigantesques et produiront plusieurs centaines de grammes de buds ? Ou serez-vous tortue, n’occupant le terrain dangereux que quelques dizaines de minutes, laissant ensuite vos plantes se débrouiller toute seules face aux chevreuils, aux chenilles, aux chasseurs, aux promeneurs, aux gendarmes ?
Chaque stratégie possède ses avantages et ses inconvénients, et dépend également de vos possibilités et du niveau de risque que vous êtes prêts à assumer. Au regard de la loi, le producteur de chanvre récréatif qui se fait prendre peut, selon l’appréciation du juge, être puni soit pour usage (deux mois à un an de prison et jusqu’à 3 800 euros d’amende), soit pour trafic (cela peut aller jusqu’à une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, au même titre que le terrorisme !). Et l’appréciation du juge se fondera sur les résultats de l’enquête, y compris la quantité de produit saisi.
Médusée, Magali comprend au fil des pages que son mari est non seulement cultivateur, mais également une sorte de théoricien d’un mouvement clandestin prêt à pas mal de choses pour cultiver une plante. Et puis soudain, un déclic se produit. Amatrice de bon vin, elle aime entraîner son odorat et mettre un nom ou une image sur un effluve. Dans le parc de la villa d’Ambérieu, une curieuse brise lui avait chatouillé le nez, mais son cerveau stressé s’était contenté de classer l’information, sans donner suite. Une vague odeur d’herbe, un peu comme une odeur de foin coupé avec une note plus sucrée et une certaine lourdeur…
C’était ça ! Il cultive là-bas, dans une maison abandonnée.
Quelques pages plus loin, dans la « bible », après avoir survolé un chapitre très agronomique sur la préparation du terrain, elle arrive à une partie consacrée à des exemples concrets de réalisation. Elle ne peut s’empêcher de pouffer en voyant un gros barbu au visage flouté se pencher du haut d’une plate-forme installée à la fourche d’un chêne séculaire. Il hale un énorme jerrican à l’aide d’une poulie. La légende proclame sobrement : « Avant d’aménager un spot, essayez d’envisager à la fois ses avantages et ses contraintes. »
Quelques pages plus loin, elle reconnaît le parc de la villa d’Ambérieu. Une vieille remise de jardin en planches est désignée par une petite flèche. « Qui pourrait imaginer que cet innocent abri de jardin dissimule une serre ? » Puis les détails arrivent : le toit a été enlevé et remplacé par des plaques de polycarbonate transparent. Le périmètre de l’ancien toit a astucieusement été laissé intact sur les bords pour préserver l’aspect original de la vieille remise. Des fenêtres de salle de bain dépolies ont été ajoutées sur les murs sud et ouest. Elles dissimulent le contenu de la serre tout laissant pénétrer la lumière du soleil.
Magali, complètement abasourdie, ne va pas plus loin. Elle imagine très bien l’intérieur de la remise, rempli de pieds de cannabis, les inflorescences faisant ployer les branches sous leur poids… Elle met désormais bout à bout une série de détails troublants, qui trouvent leur cohérence à la lumière de la passion cannabique de son mari.
Comme les fois où il s’éclipse du repas dominical, au moment du café, pour aller fumer sa cigarette au grand air. Il en revient avec un sourire un peu vague, ne participe plus aux conversations, semble distrait. Plusieurs fois, le soir, elle lui a fait la remarque qu’il avait l’air fatigué devant ses yeux rougis.
« C’est cet écran d’ordinateur du boulot ! On a été équipé avec des vieux machins, la fréquence de rafraîchissement donne des maux de têtes à presque tout le service. Chacun espère que le sien sera le prochain à lâcher, et qu’il héritera d’un superbe écran plat. »
Ah le cachottier, il avait bien caché son jeu ! Et la fois où, sortant de la messe de minuit, il avait glissé une petite enveloppe au SDF qui faisait la manche dans le froid. De sa part, l’acte était surprenant, car il avait toujours juré ne jamais donner d’argent… Mais finalement peut-être qu’il avait fait un heureux ce soir-là, tout en restant fidèle à sa promesse.
Et ce pèlerinage à Amsterdam une fois par an avec ses copains de l’école des Impôts ? Comment a-t-elle pu croire qu’ils n’allaient là-bas que pour visiter les musées et boire de la bonne bière ?
Bien que se sentant trahie, Magali éprouve une sorte de satisfaction à avoir découvert le pot aux roses. Du soulagement aussi, car dans sa hiérarchie des valeurs, cela vaut mieux qu’une maîtresse, dont l’existence aurait définitivement brisé son couple.
Mais pourquoi Bertrand ne s’était-il jamais ouvert à elle de cette passion ? Etait-ce par jeu, goût du secret ou bien par manque de confiance en elle ?
« En tout, cas, ce serait bien que je mette la main sur sa réserve… Je m’en fumerais bien un p’tit », songe-t-elle.