| n° 09814 | Fiche technique | 29823 caractères | 29823Temps de lecture estimé : 22 mn | 26/10/05 |
Résumé: Jean-Pierre revoit Ingrid et rencontre Clara, son amie. Une surprise l'attend. Déçue, peinée, Clara en profite pour "récupérer" Jean-Pierre... | ||||
Critères: fh fbi amour pénétratio | ||||
| Auteur : Laure et JP (Couple heureux de vous parler de son histoire) Envoi mini-message | ||||
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Si vous avez le manqué le début…
Jean-Pierre, consultant en mission chez un client, suite à un « cadeau » de Patrick, le patron de l’hôtel où il vit la semaine, rencontre « Ingrid », Laure de son vrai prénom, une « escort-girl » occasionnelle pour VIP. Au cours d’une soirée tendre et intimiste au restaurant, il en tombe amoureux, mais elle se refuse à lui…Il apprend ensuite qu’il s’est fait « manipuler », qu’elle lui a « vendu » du rêve… du fantasme, mais peut-être plus… En effet, ils ont échangé quelque chose d’indicible, et elle le lui fait comprendre, regrettant son comportement, tout en ne lui laissant que peu d’illusions pour l’avenir… D’abord frustré, peiné et furieux, Jean-Pierre reprend espoir… et va tenter de la revoir
Ingrid… La revoir ou pas ? Bien sûr ! Une folle envie même ! Ces moments intimes au restaurant, les yeux dans les yeux, sa main dans la mienne, ce n’était donc pas du « bidon » ? Et ce murmure, avec ce baiser : « De la part de Laure… » Où finit le « jeu » et où commence le « vrai » ? Je me repasse en boucle ces quelques mots auxquels je m’accroche comme un naufragé à une bouée, comme autant d’espoir que tout n’est pas perdu… Mais aussi, cette remarque : « J’ai une vie privée… je ne peux pas t’expliquer, si tu savais » Cette remarque me trouble donc … Qu’est-ce que ça signifie ? Qu’elle n’est pas libre ? Secrète, Ingrid ; mystérieuse, Laure.
Je bous d’impatience… mais après ce qui s’est passé, je décide de laisser filer, d’attendre qu’elle revienne, au moins qu’elle me fasse un signe. De toute manière, je ne sais comment la joindre, Patrick étant mon intermédiaire obligatoire. Les jours passent. Rien, rien, rien… Agaçant, frustrant ! Savoir qu’elle est ici dans la ville, quelque part, avec quelqu’un, cette pensée me taraude, que ce quelqu’un la regarde, la désire… et là c’est insupportable ! Il me faut admettre que je suis tout bonnement jaloux, envieux et… amoureux ! J’ai dû changer. Patrick me regarde bizarrement et, dans nos conversations, nous évitons de parler de « l’affaire ». Je deviens nerveux, irritable. Savoir… oui, au moins savoir ce qu’elle fait, la voir même de loin. Cette idée germe peu à peu dans ma tête. J’en parle à mots couverts à Patrick.
Pourquoi pas ? Mais la revoir en compagnie d’un autre homme… j’en frémis, mais je n’ai plus le choix.
Il me fait un geste signifiant « naturellement… qu’est-ce que tu crois ! » Sympa ce Patrick, « fouteur de merde » mais sympa… Je peux compter sur lui, après tout, il me le doit bien.
Il a dû s’activer sur la question, car le lendemain, il m’attire avec des airs de conspirateur dans un coin du salon.
Je reste interdit. On fait dans la « high society » ! Diable… pas évident ! Patrick me laisse digérer la nouvelle, et poursuit :
Pas mal le plan ! Je me vois déjà me fondre au milieu des invités, le verre à la main, et, à distance observer, l’observer… « Je deviens maso » pensé-je en souriant, heureux malgré tout de cette perspective. Patrick me laisse quelques secondes dans mon trip… et soudain me ramène sur terre :
Brusquement je suis inquiet. Quoi ? Le meilleur ou le pire ? Il me regarde, amusé, et reprend :
Et alors, il arbore un énorme sourire entendu en ouvrant largement les bras.
Et soudain je comprends. Bien sûr ! Une hôtesse de l’agence ! Je ne vais pas m’en sortir ! Je me sens piégé, ligoté ! Benoîtement, il commente :
Je suis effondré. Un fou rire nerveux me prend, j’en pleurerais presque.
Le rire étant communicatif, Patrick m’accompagne dans le délire.
Cette fois, c’est trop ! Nous explosons bruyamment tous les deux en nous tapant dans les mains comme deux compères. Plus sérieusement, nous reprenons cet entretien pour régler les problèmes techniques de cette soirée. J’apprends ainsi que Clara et Ingrid se connaissent, que Clara est au courant de ma « relation » avec Ingrid, et qu’elle sait pourquoi je viens à cette sauterie… Il est convenu qu’elle passera me prendre à l’hôtel.
Un peu ridicule ce plan, quand même, on dirait du mauvais théâtre de boulevard, mais la fin justifie les moyens !
Deux jours pour me préparer à m’habiller et à me faire à l’idée de cette soirée en compagnie de Clara. Et des pensées négatives me viennent. Le « risque » d’une rencontre est bien réel, presque inévitable. Qu’est-ce que Ingrid pourrait en penser ? Ca dépend aussi de ce je cherche MOI… en fait, je n’en sais rien ! Je suis paumé dans cette aventure. Amoureux c’est certain – jamais une femme ne m’a fait cet effet –, mais j’ai comme un recul, un doute, un malaise…
Le grand soir est arrivé. Un stress terrible me tord l’estomac. Avant de descendre à la réception je me suis regardé en pieds dans une glace… En smoking, avec mon nœud pap et mes chaussures vernies j’ai l’air d’un pingouin échappé de la banquise ! J’esquisse un sourire et le miroir me renvoie une image de moi que je trouve pitoyable. J’espère seulement ne pas paraître trop ridicule : porter l’habit avec naturel ne s’improvise pas…
Comme prévu, Clara passe me chercher. Je ne l’ai jamais vue, mais une belle fille brune, en robe de soirée qui rentre dans le hall de l’hôtel à l’heure dite… pas de confusion possible. Bien sûr, elle est magnifique. Plus que ça même, comme Ingrid, même classe… Imaginez ces femmes du monde que l’on voit dans les magazines spécialisés, et vous avez gagné ! Plus petite qu’Ingrid, elle a le teint mat du Sud et on lui devine des formes bien plus épanouies. Je vais à sa rencontre.
Elle me toise avec un sourire, ses dents blanches illuminant son visage bronzé. Pas de doute non plus pour elle, habillé comme je suis !
Ho ! Cette voix ! J’aime les voix graves, et ces yeux, verts… Ah ! ça, j’aime aussi ! Charmé, je m’empresse de serrer cette main offerte. Elle éclate de rire et m’attire à l’écart dans le hall.
Je reste bête. Quel rustre je fais ! Ça commence bien ! Et d’un air amusé et coquin, elle me retend sa main d’un air dégagé. Je m’applique alors à l’exercice, en suivant ses conseils.
Elle me dévisage à nouveau, rajuste mon nœud pap, me fait comprendre de me tenir plus droit…. Je dois avoir l’air con avec cette beauté qui me materne comme si j’étais un premier communiant ! Nous partons après qu’elle m’ait demandé de prendre le volant. En route, elle m’explique ce que nous allons trouver au consulat, ce qu’il faut faire, ne pas faire. Mon stress redouble. Je suis brusquement plongé dans un autre monde, avec ses règles apprises comme ça en voiture et en quelques minutes. Elle me rassure et m’encourage comme un coach… Je crois rêver. Soudain, elle amène la conversation sur LE sujet brûlant.
J’en aurais presque raté un virage ! Comment ça « elle m’a sorti » !? C’est trop fort ! Décidément ces filles ! Elles ne doutent de rien… Je ris intérieurement : « Ben mon gars ! tu es dans une sacrée galère avec ces nénettes ! » Je réponds en adoptant un ton amusé :
Clara éclate de rire et me pose amicalement une main sur la cuisse.
D’une voix changée et plus douce, elle poursuit en crispant sa main :
Nous voilà rendus. Un voiturier s’occupe de la voiture, et après avoir présenté nos invitations, nous pénétrons, moi le cœur battant, dans l’arène de ces jeux du cirque modernes. Un brouhaha assourdissant nous enveloppe immédiatement. Des gens partout qui parlent par petits groupes, le verre à la main, dans le bruissement des robes de soirée. Les femmes sont belles, celles qui le sont moins bien apprêtées, les messieurs raides et sobres dans leurs smokings noirs.
Clara, très à l’aise, me guide à travers ce labyrinthe… direction le buffet. Là… c’est un peu la guerre, le chacun-pour-soi ! Et ça dénote avec l’ambiance guindée par ailleurs. Comme quoi… quand il s’agit de manger ou de boire ! Je parviens à obtenir deux verres de champagne. Dans cette mini ruée, j’essaie d’apercevoir Ingrid, en vain. Clara, qui ne me lâche pas, salue les uns et les autres, et soudain me saisit le bras.
Dans la direction qu’elle me désigne, j’entrevois un chignon blond percé de strass, des épaules nues.
Curieux, quand même, cette fille qui m’accompagne pour en « chasser » une autre ! Je commence à m’y faire, à ce petit jeu… Elle me prend la main, la coquine, et nous entraîne plus près, en s’arrangeant pour que nous restions cachés par des gens. Des gosses ! Comme des gosses qui joueraient au milieu des adultes… Enfin, ça y est. Nous sommes bien placés, de trois quarts arrière, à quelques mètres. Ainsi, peu de chances qu’elle nous voit… protégés aussi par plusieurs rideaux d’invités.
Ingrid porte une robe de soirée rose et noire dans un tissu vaporeux, quasi transparente du haut, les épaules dégagées. Je la reconnais à peine. Rien à voir avec l’autre soir. On la prendrait facilement pour la femme d’un des diplomates présents. Ah ! Et bien sûr, ou surtout, je remarque le type qui est avec elle. Il est immense, dans les 50 ans, cheveux gris, mince. Ho ! rage… il lui tient un bras d’une main vigoureuse !
À ce moment, Ingrid tourne la tête vers lui. Ainsi, je vois son visage en entier. Elle est rayonnante, fardée et maquillée avec bon goût, des paillettes brillant sur les pommettes de ses joues. Je bade, tétanisé, émerveillé… comme un enfant devant les vitrines de Noël ! À nouveau un mouvement de tête, et son regard qui balaie la salle. Il m’a semblé voir comme un éclair, pendant un centième de seconde d’arrêt dans ma direction. Aïe !… m’aurait-elle aperçu ou détecté Clara ? Justement, Clara a perçu la même chose. Je sens une pression sur mon bras et je l’entends murmurer :
Et elle me tire fermement, m’entraînant dans le dédale des invités. À l’écart, nous soufflons. Clara a les joues rosies malgré son hâle.
Prenant une grande respiration, elle reprend :
Clara rit doucement et me prend la main.
Je suis contrarié. Je n’aurais pas dû venir… Je devais bien me douter.
Clara, qui tient toujours ma main, la tapote comme on ferait avec un enfant blessé.
Heureusement un serveur passe avec un plateau chargé de verres de champagne. J’en prends deux et nous trinquons.
Elle éclate de rire et se lève sur la pointe des pieds pour m’embrasser sur la joue.
Son élan pour m’embrasser m’a fait frôler sa poitrine, et j’ai senti le galbe de ses seins bien fermes et généreux. Je la regarde comme si c’était la première fois. C’est vrai qu’elle est belle, « elle aussi » Elle s’en aperçoit et me fait une grimace effrontée.
Je ris de bon cœur. Elle fait un peu le pitre, joue à la gamine.
Nous éclatons de rire. Elle se rapproche de moi, tout près, et, joueuse, les yeux baissés, elle me dit tout bas de sa voix grave :
Elle relève les yeux, joue la surprise :
À nouveau, elle se hisse pour m’embrasser. Mais cette fois, je sens sa poitrine chercher un contact plus franc. C’est délicieux…
Elle hoche la tête en souriant pour toute réponse. Nous sommes bien dans notre coin un peu reculé. Des invités commencent à partir, le hall se vide petit à petit. De temps en temps, je vois de loin le chignon blond d’Ingrid et son « client » qui la dépasse d’une bonne tête. Nous avons un peu forcé sur le champagne, interceptant chaque fois le serveur avec son plateau. Clara est gaie, détendue, et se tient près de moi, tout près parfois, me frôlant, cherchant des contacts éphémères des mains, des bras, des genoux…
Je m’amuse à la voir m’exciter comme ça par petites touches… Mais cette fois je me méfie… si c’est aussi un jeu, alors doucement, on ne s’emballe pas Jean-Pierre ! Comme elle remarque que je jette des coups d’œil dans la direction du chignon blond, elle me dit soudain :
Et vlan ! Pour une nouvelle…, c’est une nouvelle ! Quoi !? Ingrid, homo !? Je manque lâcher mon verre !
Elle glousse plus qu’elle ne rit.
Je la regarde, incrédule…
Quel panier de crabes ! Décidément… Je n’en reviens pas. Ingrid et Clara ! Et moi qui suis peut-être tombé amoureux d’une lesbienne… Bravo Jean-Pierre ! Le jackpot ! Déboussolé, déjanté, je ne sais plus trop où je suis. Clara se serre contre moi et attire ma tête contre sa bouche et me souffle à l’oreille :
Et elle s’écarte tout en me donnant un petit coup de langue dans l’oreille.
J’accuse le choc. Ça va trop vite. Ingrid lesbienne, Clara « bi » qui s’offre là, maintenant ! Elle se fait soudain pressante.
Une seconde d’hésitation, et je me décide, dans un élan de fuite :
Et je l’entraîne vers la sortie. À ce moment, une voix que je connais nous interpelle.
C’est Ingrid ! Nous sommes stoppés net. Clara est blême. Les deux filles se toisent du regard.
Ingrid me regarde, les yeux fatigués, les traits tirés, le chignon en partie défait.
Confus, je bredouille :
Clara me tire par la main et je me laisse entraîner tout en fixant Ingrid, alors qu’elle me souffle :
Ingrid nous regarde nous éloigner, les bras le long du corps. Je la sens abattue, comme brisée. La voir ainsi me peine : elle me fait penser à un bateau qui coule… Lesbienne ! Alors ça ! Quelle déception ! La terre qui s’ouvre sous mes pieds… Le grand type qui est avec elle déboule alors, un peu énervé, et lui jette :
Et elle le suit, tout en se retournant plusieurs fois. Presque à la perdre de vue elle nous fait un geste de la main… Je ne savais pas, à cet instant, que ce type, justement, allait nous causer tant de tracas…
Voiture récupérée, nous fonçons dans la ville. Clara est au volant et conduit nerveusement.
Je suis surpris.
Un silence, elle se calme, respire très fort. Redevenue douce, elle me dit dans un souffle :
Et elle me palpe la cuisse, puis effleure ma braguette. Elle murmure :
Pendant que nous montons chez elle je me demande encore si c’est réel… ou si au dernier moment elle ne va pas me jeter. Au point où j’en suis ! La porte de son appartement refermée, j’y crois davantage. Prestement elle se débarrasse de ses chaussures, se plante devant moi et m’entoure le cou de ses bras. Elle regarde mes lèvres et brusquement m’embrasse goulûment à pleine bouche, collant son ventre au mien. Sa langue fait des ravages… une lionne en chaleur !Haletante sa main me cherche et attaque mon pantalon.
Experts, ses doigts me découvrent et me caressent pendant que mes mains parcourent son corps. Elle frémit, notre baiser n’en finit pas, dégoulinant de salive.
Puis elle tombe à genoux et m’engloutit jusqu’au fond de sa gorge. Elle hoquette et a un haut-le-cœur.
Elle se relève, et debout nous reprenons notre baiser. Je parviens enfin, dans les froufrous compliqués de sa robe, à lui découvrir la poitrine. Des seins magnifiques, ronds et lourds, les tétons durcis perçant presque le soutien-gorge. Elle gémit et recule tout contre la table du salon, en m’entraînant avec elle.
Elle se couche sur la table, retrousse sa robe jusqu’à la taille, écarte les jambes au maximum. Vision diabolique que ces cuisses lisses et pleines, son pubis à demi rasé, son string trempé ! Bijou dans son écrin de bouillonnement d’étoffes… Elle crie, presque, d’une voix rauque et m’attire :
Ses doigts écartent le fin tissu qui gardait l’entrée magique et m’aident à la pénétrer. C’est d’une douceur exquise, soyeuse, et je pousse au bout sans résistance tant elle est trempée. Un sursaut des reins et elle m’accompagne violemment dans une sarabande infernale…
Puis soudain elle se cambre, m’emprisonne le dos avec ses jambes et laisse aller sa jouissance dans plusieurs contractions du vagin qui me serrent le sexe à m’en faire mal…
Et je me libère à mon tour, explosant en plusieurs fois dans son ventre… l’inondant, alors que ses mains sur mes fesses me poussent en son plus profond. Notre étreinte, courte, rapide, intense, me laisse sans voix, la bouche sèche. Je n’ai pas eu le temps de réaliser… que c’est fini… là, maintenant avec cette fille splendide, encore habillée, que je connais à peine. La position devient vite inconfortable et elle se redresse, assise sur le bord de la table, les seins à l’air, soutien-gorge baissé, la robe retroussée, cuisses ouvertes et dégoulinantes de nos liqueurs. Elle me regarde en souriant et étale tout ce jus avec les mains.
Je suis estomaqué de son tempérament…
Elle se remet sur ses jambes et commence à se dévêtir.
Elle rit et ajoute :
Je proteste en lui claquant une fesse :
Dont acte… et j’apprécie, amusé, qu’elle me « garde » ! Une fois nus tous les deux – elle s’est empressée à son tour de me déshabiller – elle m’attire dans son lit comme le ferait une mante religieuse… Délicieuse Clara ! Je vis un sacré bon moment… et penser qu’elle aime « aussi » les filles m’excite davantage… Le contact de nos corps à cru raviva quelques ardeurs… Elle exigea que je la détaille dans ses moindres replis de la langue et des mains. De son côté, sa bouche arrondie me prodigua des caresses sublimes et y récolta le fruit de mon arbre de vie… sans rien laisser.
Apaisés et meurtris, le calme revenu, nous reprenons notre souffle. Elle est sur moi, m’écrasant de sa poitrine, de son ventre, ses cheveux défaits me caressant le visage. Mes mains jouent avec les rondeurs de ses fesses cambrées, ses délicates vallées. Tendresse…
Elle rit, ce qui provoque comme un massage résonnant dans nos deux corps soudés.
Elle rit de plus belle en se laissant retomber et, sa bouche dans mon oreille, elle murmure :
Ingrid ! Pourquoi en reparler ? La page est tournée. J’ai trop mal…
À nouveau elle se redresse et s’esclaffe :
Une boule à l’estomac me saisit.
Du coup, elle se dégage et s’assoit en tailleur, torse droit, entre mes jambes, face à moi, ses seins pointant, orgueilleux et provocants, dans la pénombre.
Cette fois, j’ai l’estomac en croix… Je me redresse aussi… Je dois perdre la tête, toutes ces femmes, que de problèmes ! Amoureux ? Oui, sûrement. Mais au fond, de qui ? Je ne suis pas de taille avec ces femelles hors normes, qui ont l’air dépourvues de nerfs et de sentiments… ces mangeuses d’hommes, ces amazones… Je préfère biaiser la réponse :
Elle secoue la tête, sourit à demi.
Elle rit en me chevauchant sur les cuisses, tout près, ses seins caressant ma poitrine dans un mouvement de ses épaules. Coquine, elle poursuit :
Je la serre contre moi et je sens ses doigts me caresser les cheveux, son souffle dans mon cou, son ventre forcer le mien. Je ne réponds pas. Quoi dire ? Je ne maîtrise plus rien dans cette tourmente… Finalement, nous nous endormons dans un fouillis de draps tachés et de membres épars.
Le lendemain, lever très tôt. Je dois repasser à l’hôtel me changer. Clara me raccompagne. Elle est guillerette, décontractée, les cheveux ramenés à la diable sur le haut de la tête. En jean, les seins nus sous un simple t-shirt, ce qui laisse plus que deviner leurs pointes. Diable !… encore plus belle et craquante qu’en robe de soirée et coiffée maquillée ! Quand je pense à cette nuit !
Je redoute la séparation, maintenant, dans quelques minutes. Dans ma tête : « Quelles suites ? Clara : insaisissable, qui jouera avec moi puis me jettera… Quant à Ingrid : ben non…, fini le beau rêve ! C’était trop beau… » Nous voilà rendus. Elle se tourne et se penche vers moi, m’attrapant par les cheveux. Elle souffle, près de ma bouche qu’elle mordille doucement :
Mes lèvres, mes dents lui rendent ce baiser de louve. Je soupire, comme résigné :
Je m’apprête à descendre de la voiture qu’elle m’attrape le bras en riant.
Seul maintenant, sur le trottoir devant l’hôtel, en chemise, col ouvert, la veste de smoking sur le bras. Je dois ressembler à un de ces fêtards qui rentrent à l’aube, défaits ! Pour compléter le tableau, il me manque la bouteille de champagne à la main… Ouf ! Quelle soirée, quelle nuit, quelle fille ! Clara… enfin, j’ai une « copine » !
Bizarre, mais bien réelle. Gourmande, possessive… mais si attachante, avec ses élans, son humour, bien dans sa tête, dans son corps ! Ça lui va bien, finalement, d’être « bi »… en accord avec sa façon de croquer la vie.
Clara, qui va tellement compter pour la suite de mon aventure…
Dans l’état où je suis, j’ai refoulé Ingrid-Laure au magasin des souvenirs, avec regrets, avec un pincement au cœur… « Dommage, vraiment… » pensé-je tristement… Fataliste, je me dis qu’il y avait bien « quelque chose » avec elle, d’impalpable, d’enfoui. De si bonne heure, Patrick est déjà là, dans le hall. En me voyant, il a un sourire entendu et complice qui en dit long sur ce qu’il pense.
Il devient sérieux, se gratte la tête.
Il baisse les yeux comme pris en défaut.
Une douche froide ne m’aurait pas fait autant d’effet ! Ingrid ?! Dans ma chambre ! Je monte en courant et ouvre la porte, le cœur dans la gorge… Oui… elle est bien là ! Couchée en croix sur mon lit, encore en robe de soirée, ses cheveux blonds épars sur l’oreiller, ses seins émergeant à demi du décolleté et se soulevant au rythme de sa respiration.
Elle dort, l’air innocent…