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Temps de lecture estimé : 27 mn
24/10/05
Résumé:  Amis de coeur depuis longtemps, une lesbienne et un homme gay s'apprivoisent et se font l'amour une nuit d'automne.
Critères:  fh fbi hbi frousses rousseurs copains gros(ses) amour volupté fmast intermast fellation cunnilingu préservati pénétratio hdanus ecriv_f
Auteur : Lys d'Oran  (Lesbienne/bi qui apprécie les hommes gays/bi et leurs récits)            Envoi mini-message
La lesbienne qui aimait un homme




I.



Je n’ai pas vu Amine depuis deux semaines. Il me manque terriblement malgré nos coups de téléphone et courriels quotidiens. Je ne pense qu’à lui, au délicieux week-end passé ensemble à Montréal. Nous prenons de plus en plus un malin plaisir à être ensemble. Soyons clairs : je suis lesbienne et il est gay. Nous avons tous deux déjà été mariés, mais cela fait plus de quinze ans que j’ai des relations exclusivement lesbiennes et, depuis sept ans maintenant, je vis avec une femme, Gisèle, à qui je tiens beaucoup. De son côté, cela fait plus de dix ans qu’Amine ne couche qu’avec des hommes. Il est libre en ce moment et ne cherche pas particulièrement une relation à long terme. Montréal est une ville ouverte où l’homosexualité est plus que tolérée, elle est célébrée, et depuis son arrivée ici d’Algérie il y a six ans, Amine en profite énormément, car il a beaucoup de succès auprès des messieurs. Nous sommes tous deux très ouverts et fiers de notre sexualité. Nous faisons du bénévolat dans divers organismes pour gays et lesbiennes. J’ai peut-être toujours manifesté des tendances bisexuelles – je mate les hommes autant que les femmes - mais mon envie d’aller plus loin qu’un simple regard admirateur dans la direction d’un homme s’était beaucoup atténuée au fil des ans.


Et pourtant, Amine et moi, c’était spécial dès le début. Nous nous sommes adorés dès notre première rencontre, lors d’une petite fête amicale chez notre ami commun, Brice, un Français. J’avoue que j’avais eu un réflexe assez raciste lorsque Brice me l’a présenté. Ce qui m’est venu tout de suite à l’esprit, ne serait-ce que pour une fraction de seconde, c’était « Tiens, que fait Brice avec cet Arabe ? » Mais, tout de suite, j’ai eu honte de cette pensée indigne, car Amine est venu vers moi, tout chaleureux et souriant, et a entrepris une longue conversation, s’intéressant vraiment à moi et cherchant sincèrement à me connaître. Il m’a dit beaucoup plus tard que ce qui lui avait plu chez moi en m’apercevant, c’est que, malgré mes rondeurs trop évidentes, je n’avais eu aucun complexe en me servant au buffet copieux, que j’avais fait la remarque à Brice que tout était vraiment très bon, et que j’avais mangé avec appétit et bu les farouches cocktails avec enthousiasme.


Manifestement, mon tempérament sanguin avait plu à Amine. Moi, je l’avais trouvé extrêmement sympa, avec son sourire espiègle, son bel accent, son verbe facile, sa vivacité d’esprit et son charme méditerranéen. Il avait cette étincelle à l’œil, son regard respirait la bonté, la coquinerie et la joie de vivre. J’avais remarqué même à l’époque qu’il avait un très beau corps, assez grand, mince, musclé et bien proportionné. Bien que son visage ne fût pas d’une beauté classique, il avait quelque chose d’extraordinairement attirant. De beaux cheveux d’un brun doré, des yeux noisette avec la paupière droite légèrement tombante, un tout petit défaut qui ajoutait encore à son charme, un nez un peu long et une bouche un peu large, de très belles dents et des lèvres charnues et bien dessinées qu’on aurait beaucoup de plaisir à embrasser et, en cette fin d’été, il était bien bronzé et avait un teint splendide de coucher de soleil sur les oliviers. Somme toute, un beau spécimen d’homme, et surtout tellement aimable qu’on sentait qu’il était quelqu’un de bien apprécié par tous.


Au début, je le voyais de temps en temps avec Brice, mais nous avons très vite commencé à nous donner rendez-vous sans lui. Petit à petit j’appris à le connaître, et mon impression positive ne fut qu’accentuée. À chaque fois qu’on se voyait, c’était la fête. De tempérament optimiste et toujours de bonne humeur, il faisait contraste à ma mélancolie occasionnelle et me rendait carrément joyeuse en sa compagnie. C’était toujours un plaisir de se retrouver avec lui, et on s’amusait ferme. J’ai commencé à l’inviter souvent chez moi à la campagne, parfois pour un week-end, surtout quand nous recevions. Pas question de fêter sans Amine ! Gisèle l’adorait, et tous nos amis appréciaient sa compagnie autant que moi. Au fil du temps, il est devenu de plus en plus affectueux envers moi, et c’était réciproque.


Un jour, à la suite d’une fête pour célébrer mon anniversaire qui avait été un franc succès, Gisèle est allée reconduire chez elle une amie qui avait trop bu. Brice restait car il passait le week-end, et Amine décida de rester aussi. Nous nous étions tous trois installés sur le grand lit de la chambre d’invités pour bavarder un peu après le départ des autres, et nous commencions à nous endormir. Nous nous sommes allongés, moi au milieu, pour faire un petit somme jusqu’au retour de Gisèle. Brice s’est vite endormi collé contre moi. Je tournais le dos à Amine, qui lui-même m’avait entouré de ses bras. Il ne portait qu’un slip et, plus tôt, je l’avais vu se déshabiller et aller faire sa toilette. L’alcool n’aidant pas, lorsqu’il s’est glissé sous le drap, j’ai eu des pensées inattendues pour une lesbienne. Toujours resplendissant de propreté, il sentait bon et il m’entoura de ses bras.


Tranquillement, nous nous sommes mis à nous effleurer les bras tout en écoutant la douce et profonde respiration de Brice qui dormait comme un bébé à nos côtés. Ces effleurements devinrent de lentes caresses. Sa peau était si soyeuse, ses très belles mains tellement viriles et fortes, mais au toucher délicat et tendre. Je sentais son souffle sur mon cou, où de temps en temps il déposait de légers petits baisers. Ma propre respiration devenait de plus en plus profonde et rapide, au fur et à mesure que le désir montait. Je commençai à doucement onduler des hanches contre lui. Il ne s’y opposait pas ; au contraire, il multipliait les caresses. L’ai-je rêvé ou répondait-il subrepticement à mes mouvements, tout en évitant d’éveiller Brice ? Je savais bien que la suite n’était pas possible.


Je me répétais : « Il est gay, je suis lesbienne, mon amante Gisèle va revenir d’une minute à l’autre, Brice est juste là et va se réveiller et vite se rendre compte qu’il se passe quelque chose dans son lit. Lève-toi, va te coucher et oublie tout ça. » Je murmurai à Amine que je devrais gagner ma chambre. Il me dit « Non, c’est correct, reste là. » Quelques minutes passèrent, je faisais l’amour à son bras droit qui entourait mes seins et, de sa main gauche, lui faisait de même à mon bras gauche qui encerclait la taille de Brice. Je devenais follement excitée. Mon désir était clair : je voulais son sexe bandant dans mon vagin trempé. La seule chose qui m’empêchait de me retourner vers lui soudainement pour me jeter sur son sexe, c’était que j’étais clouée d’un côté par le corps de Brice qui dormait toujours à poings fermés, malgré ce qui se passait juste à côté de lui, et que le moindre mouvement de ma part risquait de le réveiller. Ce lit était somme toute un peu étroit pour trois personnes. Je répétai avec plus d’insistance à Amine que je devrais me lever et aller dormir dans mon propre lit, mais il me susurra avec tout autant insistance qu’il souhaitait que je reste.


À ce stade-ci je me sentais mouillée comme je l’avais rarement été depuis fort longtemps. C’était incompréhensible qu’un homme ait cet effet sur moi. Je n’osais même pas penser à son degré d’excitation à lui, et encore moins coller mes fesses plus près de son sexe pour pouvoir sentir une rigidité quelconque. Quelque part, je ne voulais pas le savoir. S’il n’y avait eu aucun signe d’érection, j’aurais été déçue ; s’il y en avait eu, j’aurais été bouleversée et confuse. La situation était trop bizarre. Mais, en même temps, la volupté luxurieuse de ce moment où nous ne nous caressions vraiment que les bras, mais de façon si sensuelle et tendre, avec ses lèvres dans mon cou, me plaisait énormément. Je gravais chaque geste dans ma mémoire. Toutefois, il fallait bien me faire une raison : cela ne pouvait aller plus loin, du moins pas cette nuit. Or, quelques secondes à peine avant le retour de Gisèle, je me suis démêlée du corps de Brice et de l’étreinte d’Amine et je suis montée à notre chambre. Quand Gisèle est venue se coucher, je l’ai serrée dans mes bras et nous nous sommes endormies enlacées, comme d’habitude.


Je l’aimais ; nous étions bien ensemble. Ce n’était peut-être plus la passion des premiers jours, mais la vie était belle, nous avions bâti une vie ensemble ici à la campagne, dans une belle maison moderne et ensoleillée admirée de tous, agrémentée de tous le confort, toujours remplie d’amis, de nos chiens fous et de convivialité. Chapeautant tout, la présence de plus en plus fréquente d’Amine, qui s’y plaisait tant. Il y a avait eu tant de transformations dans ma vie avant d’en arriver là : accepter mon attirance pour les femmes, m’assumer comme lesbienne, quitter mon mari, vivre des aventures houleuses, plus ou moins longues, avec de nombreuses femmes, et ensuite la rencontre fortuite de Gisèle sur Internet, une relation à distance pendant plus d’un an, et depuis nos sept ans de vie commune fort agréable. Cette vie de couple avec cette femme me convenait à bien des égards. Mais, cette nuit-là, j’ai bien dû me rendre à l’évidence : malgré mes lettres de créance comme lesbienne engagée, je tombais amoureuse d’Amine.




II.



En dépit de la centaine de kilomètres qui séparent nos deux villes, Amine et moi sommes devenus inséparables au fil des mois qui suivirent : appels quotidiens, emails constants, va-et-vient les week-ends. Notre affection allait toujours croissant, mais elle avait ses limites : rien de plus depuis la nuit des caresses aux bras, comme je me la nommais. Un an passa ainsi et puis, au cours d’un de nos fameux week-ends, il y eut ce baiser. LE baiser.


C’était à nouveau le soir de mon anniversaire, un an plus tard. Nous avions fêté en grande pompe avec une vingtaine d’amis dont les derniers venaient de partir. Tout cela bien arrosé, évidemment. Et, bien sûr, Amine restait à coucher, comme d’habitude. Gisèle était montée dans notre chambre depuis un bon moment, et Amine et moi sommes restés au salon, question de vider une dernière bouteille de vin et de faire le post-mortem d’une autre soirée très bien réussie. Nous étions heureux et, malgré tout le plaisir que nous avions eu en compagnie des autres convives, il faisait bon de se retrouver enfin seuls. Mais il se faisait très tard, nous étions fatigués, et il était temps de regagner chacun notre lit, séparément hélas, me dis-je. Mais pas avant de nous être dit "Bonne nuit" avec tout ce que cela impliquait de bises et de caresses. Comme toujours. L’affection qui se dégageait entre Amine et moi était toujours plus que celle qu’on retrouve normalement entre amis. C’était plus sexy et plus flirt que ce que l’on s’attendrait à voir entre une lesbienne et un homme gay.


Quand nous étions dans une même pièce, il nous était impossible de ne pas nous toucher. Dans la rue, nous marchions toujours enlacés. Cela me faisait "un velours" qu’on nous prenne pour un couple. Amine est très beau et je me trouvais belle à son bras, comme par enchantement. Les regards envieux des hommes comme des femmes me faisait sourire. Malgré tout, Amine ne m’avait jamais vraiment embrassée sur la bouche, sauf un tout petit bisou très chaste la fois où je lui avais fait un voluptueux massage. Mais, ce soir-là, nos bises de bonne nuit prirent une toute autre allure. Tout a commencé comme les fois précédentes, avec une étreinte chaude, insistante et un peu ambiguë : nos baisers au cou avaient toujours une saveur décidément sexuelle, surtout qu’Amine savait que c’était une zone hautement érogène pour moi. Je les lui rendais, dans ce cou masculin mais doux à rêver, qui sentait toujours si bon, car Amine était toujours d’une propreté impeccable et savait se parfumer.


Soudain, je sentis ses mains parcourir mon corps avec beaucoup plus d’insistance qu’auparavant. Je croyais rêver ; il me caressait le sein d’une main pendant que l’autre explorait toutes mes amples courbes, il me serrait plus fort contre son torse aux muscles saillants, et l’ardeur de ses baisers dans mon cou, sur ma gorge, devenaient de plus en plus empressés et charnels. Il me caressait avec appétit comme s’il perdait la tête, le contrôle. Ces lèvres – mon dieu, ses lèvres – s’appuyaient plus fermement sur la chair chaude et féminine juste sous mon oreille gauche. Je portais les longues boucles d’oreille qu’il venait de m’offrir pour mon anniversaire. Il les balayait de ses lèvres pour mieux m’embrasser. Et puis, fiévreusement, sa bouche trouva la mienne, et je sentis sa langue chercher la mienne avec appétit. Je n’osais appuyer trop fort mon bassin contre le sien, encore une fois de peur d’y découvrir sans équivoque l’érection que je devinais. Et pourtant je fondais dans ses bras ; nul doute que je le désirais fiévreusement.


Ce désir, je le sentais dans ma tête, dans mon cœur, dans mes tripes, dans ma vulve et dans mes entrailles. Ses lèvres étaient revenues à mon cou et ses caresses devenaient de plus en plus lascives. Je lui murmurai à l’oreille « As-tu la moindre idée combien je t’aime? ». Pour réponse, il m’embrassa de nouveau, cette fois un baiser doux, délicat, plein d’amour et d’affection. Il n’arrêtait pas de me caresser partout de ses mains sublimes, ses bras enveloppant sans effort mes formes trop généreuses. Mon excitation montait, une main frôla mes mamelons durcis et je ne pus m’empêcher de pousser un gémissement de plaisir. Craignant que Gisèle ne nous entende, je me résignai, une fois de plus, à freiner les choses. Je le serrai très fort dans mes bras et je lui dis, d’un ton amoureux mais ferme :



Il me regarda droit dans les yeux, l’air sérieux. Nous sommes restés comme ça longtemps, enlacés dans l’obscurité, ne voulant pas que ce moment prenne fin. Je voulais tellement passer à l’acte avec lui, mais allais-je devoir attendre encore un an peut-être, avant le prochain moment propice ? Je me disais que tout militait contre nous. J’avais une conjointe. Nous étions tous deux ostensiblement homosexuels. Nous n’avions eu aucun rapport sexuel avec le sexe opposé depuis longtemps. Et si ça se savait ? Notre milieu est encore plutôt réfractaire envers les bisexuels, même ici au Québec, paradis des gays et lesbiennes. Il est un peu plus jeune que moi et surtout beaucoup plus beau que je ne suis belle. S’il voulait une femme, les plus belles, les plus jeunes, les mieux roulées, les plus élégantes, les plus branchées se jetteraient à ses pieds. Et pourtant, c’est bien moi qu’il embrassait, qu’il caressait, qu’il pelotait. Un dernier « Bonne nuit », un dernier baiser, et nous nous quittâmes pour la nuit. Je montai dans ma chambre. Gisèle était encore réveillée et lisait.



Je ne sais pas ce qui m’a pris mais, envahie d’un élan de franchise absolue, je lui répondis simplement, d’un air sans doute rêveur :



Voyant que j’étais perdue dans ma rêverie, elle décida de me laisser faire. Indulgente, me sachant très portée vers la chose en toutes circonstances, connaissant mon passé hétéro, et surtout ayant été témoin de l’évolution de mon amitié avec Amine, elle me prit dans ses bras et me berça lentement. Dans le noir, elle ne put s’empêcher, ne serait-ce que par curiosité mélangée à un brin de jalousie, de me poser quelques questions : « Qu’est-ce qu’il t’a fait exactement ? Pourquoi ça t’a excitée ? Tu étais très excitée ? Tu coucherais avec lui ? Tu me le dirais ? » J’avais trop envie de rêvasser à ce qui venait de m’arriver – et à fantasmer sur la suite possible – pour vraiment lui répondre de façon claire. Encore moins me faire des soucis et tracas sur les suites possibles. J’essayais de me ramener sur terre en me disant que nous avions tous dû boire un peu trop mais, quand même, il était loin d’être ivre. Nous venions d’avoir une conversation tout à fait lucide et sensée juste avant. In vino veritas ? Alea jacta est. Mes 46 ans m’avaient au moins appris que dans la vie, tout est possible.




III.



La vie continua, cet été là. Je revis Amine pour un sublime week-end à Montréal. Nous nous étions retrouvés seuls chez lui le soir après nos sorties, à déguster un merveilleux vin doux qu’il avait découvert, accompagné de fraises, de cerises et de fin chocolat belge. Notre complicité dans tous ces délices sensuels était sans bornes mais, à la dernière minute, quand est venu le temps d’aller dormir, après nos longs câlins de "Bonne nuit" habituels, Amine est allé se coucher dans le lit de son coloc, parti pour le week-end dans sa famille. Seule dans son lit à lui, ce lit où il avait sans doute fait l’amour avec des centaines d’hommes, j’étais tantôt dévastée, tantôt soulagée, mais finalement ça n’avait pas grande importance. Je me consolais en me disant que ces hommes, il leur procurait et leur soutirait du plaisir sexuel, mais ce n’était pas faire l’amour. L’amour, c’est avec moi qu’il le faisait, même si nous n’avions jamais de contact génital. Cela se manifestait dans tant de petits gestes. Plus tôt dans la journée, il se refusa de répondre à un appel sur son cellulaire, parce que nous étions en pleine conversation.



Il me connaissait assez pour savoir que même la plus lubrique de ses conversations ne me choquerait pas, bien au contraire. Mais il me dit, en haussant les épaules d’un air nonchalant :



Amine et moi nous aimions, et peu importe que les plaisirs que nous partagions soient pleinement sexualisés ou non. C’était romantique, doux et agréable. Il assouvissait en moi le besoin de me retrouver parfois avec un homme qui se chargeait de tout et me gâtait un peu. J’aimais me retrouver dans un grand restaurant qu’il avait choisi avec soin, avec un si beau cavalier à mon bras. De son côté, il trouvait encore un certain plaisir à se montrer galant et attentionné avec une femme. Cela faisait partie de sa culture, et certains de ces gestes ne sont pas de mise entre hommes, même gays. Il vivait sa vie de libertin homo, j’avais de mon côté ma vie avec Gisèle, et en plus la chance d’avoir Amine dans ma vie avec tous les plaisirs que cela me procurait. Je demeurais ainsi amoureuse de lui, mais lui faire l’amour était quelque chose d’exclu, du moins dans un avenir prévisible.


Mais justement, l’avenir est imprévisible. À l’automne, Amine aménageait dans un nouvel appartement qu’il venait de s’acheter, en ayant assez de la vie avec un coloc, si gentil soit-il. J’avais une semaine de congé et je suis donc allée à Montréal pour l’aider à s’installer, faisant pour lui quelques courses sans intérêt mais quand même essentielles quand on déménage. L’appartement était un loft industriel assez petit mais très beau, avec d’énormes fenêtres et de très hauts plafonds. Au lieu d’un mobilier conventionnel dans son salon, Amine avait décidé de s’installer un décor "tente de bédouin", étalant avec goût de riches tapis orientaux aux couleurs chatoyantes et d’énormes coussins de duvet recouverts d’un magnifique satin brodé et de velours sertis de pierreries. Au milieu de tout cela, une superbe table basse en ébène, incrustée de nacre, importée de Turquie. Le contraste entre ce look casbah et le cadre utilitaire du loft était à la fois amusant et sensuel. Fatigués après une journée de courses constantes et de menus travaux, nous nous sommes avachis sur les coussins avec une bouteille de vin à la main, étrennant ainsi de très beaux verres modernes que je venais de lui acheter le jour même, devant une délicieuse pizza qu’il avait préparée lui-même avec soin sur sa cuisinière dernier cri flambant neuve. Admirant autour de moi les fruits de nos labeurs, je lui dis :



Sur ce, il dépose dans mon cou un baiser délicat mais combien charnel. Le vin, la fatigue, l’intimité du moment, ou les trois, me font perdre la tête. D’un geste impulsif, je me tourne soudainement vers lui et je l’embrasse sur la bouche de toutes mes forces. Ma langue frôle la sienne qui, à mon grand soulagement, ne se défile pas. Il répond à mon ardeur et me roule une pelle mémorable. Nous nous allongeons sans nous quitter des lèvres et nous nous retrouvons couchés parmi les coussins d’Orient. Quel plaisir peut se comparer à embrasser sans modération quelqu’un que l’on désire depuis longtemps ? Tout cet amour que je lui voue, toutes ces envies, tout ce désir réprimé m’envahissent comme un raz-de-marée. Je m’enroule en lui avec cette seule envie criante : qu’il me prenne, qu’il me prenne, je ne veux qu’être pénétrée par lui ! Cette fois-ci, je ne m’abstiens pas : ma main descend le long de son torse, frotte sa hanche et son cul superbe au passage, et continue jusqu’à son entrejambe. Pas d’erreur possible : il a une érection aussi dure que la solide patte de la table d’ébène devant nous. Et moi j’ai la vulve à la fois en feu et en grandes eaux. Cette fois-ci, Brice ne dort pas à nos côtés, Gisèle ne m’attend pas dans notre chambre ; nous sommes vraiment seuls et, si j’en juge par ce que ma main droite vient de découvrir, son désir pour moi est aussi réel que le mien pour lui. Il passe sa main dans ma chevelure et hume son odeur.



Je le regarde droit dans les yeux, ces yeux de velours noisette qui rayonnent la bonté, l’amitié et maintenant – est-ce que je rêve ? – l’amour. Par nervosité sans doute, je me mets à balbutier comme une idiote :



En guise de réponse, il pose son index doucement mais fermement sur mes lèvres signifiant sans doute « Tais-toi, voyons. Qu’est-ce tu crois ? T’es peut-être lesbienne depuis quinze ans, mais tu sens bien ce qu’il y a dans mon slip, et nous savons pertinemment que tu sais quoi en faire ! ». Mais il ne dit rien ; compréhensif et tendre à souhait devant mon émoi, il m’embrasse à nouveau avec appétit, et d’une main experte se met à déboutonner mon chemisier. Aucun geste ne saurait être plus clair. Je suis chavirée ! Mon magnifique Prince d’Arabie que j’aime tant veut vraiment de moi ! Il va bientôt toucher mes seins et je vais mourir de plaisir ! Et, de fait, une main carrée, virile et forte se met à soupeser un sein, tandis que l’autre dessine le pourtour en dentelle de mon soutien-gorge pour enfin trouver l’attache qui est au-devant (ouf !). Mes seins dénudés ne laissent aucun doute quand à mon état de pure excitation, mes mamelons sont durs et dressés, offerts à lui. Je le regarde les contempler et m’abandonne enfin au plaisir. Je me cambre et le geste est sans équivoque : je veux sa bouche sur mes seins et je le guide par la nuque. Il les prend tous les deux à pleines mains et se met à lécher délicatement mes mamelons engorgés, tantôt l’un, tantôt l’autre, tandis que moi je lui arrache son tee-shirt, voulant sentir tout ce corps, cette peau soyeuse et veloutée comme les coussins qui nous entourent.


Il m’avait déjà confié que, lorsqu’il était hétéro, il appréciait beaucoup la poitrine des femmes. En le voyant se régaler de mes tétons, je n’ai pas de peine à le croire. Décidément, il n’a pas oublié la technique. Il les suce, il les mordille, il les lèche et les titille comme s’il avait fait ça toute sa vie, sans ce long hiatus où il ne se permettait que les rapports homos. Mes seins semblent lui plaire. Ils sont encore fermes et se tiennent bien, surmontés de jolis mamelons bien faits et d’un rose très tendre que tous mes amants et amantes ont admiré. Amine ne semble pas faire exception :



Et il reprend son enivrant jeu de langue. Surtout, ces mamelons sont extraordinairement sensibles, rattachés comme par un fil à mon clito, et sous le jeu des doigts ou de la langue d’un(e) amant(e) particulièrement adroit(e), je suis capable de jouir sans qu’on sollicite autre chose que mes seins. Et dieu sait si Amine est adroit ! Nous sommes agenouillés l’un devant l’autre, et mes mains parcourent avec délice tout son corps sculpté, si magnifique. J’explore sans pudeur tous ces fruits défendus, je joue dans ses cheveux, je pétris sa nuque, j’effleure ses épaules et ses bras si bien musclés, je dessine ses sourcils et je masse ses tempes, j’effleure ses lobes d’oreille et je caresse doucement sa poitrine très légèrement velue et son dos doux comme le cachemire, tout en roucoulant du plaisir que me procurent sa langue, sa bouche et ses doigts.


Sur mes cuisses je sens buter son sexe, toujours tendu, toujours dur à souhait. Je le saisis et me mets à le masturber doucement. Je crois rêver. J’ai vraiment le sexe tumescent d’Amine dans les mains. Mes doigts en découvrent la forme – circoncis, évidemment, puisque musulman - ce que je regrette avec un pincement de cœur, surtout pour lui, car je me demande quelles sensations il ne connaîtra jamais, n’ayant jamais eu de prépuce à faire coulisser sur son gland. Mais il ne semble pas trop à plaindre. Je fais des va-et-vient bien fermes avec ma main sur cette queue longue, large, bien droite et si bien faite, surmontée d’un magnifique gland bien proportionné, et je la sens tressauter dans ma main. J’avais oublié comme c’est facile d’exciter et de donner du plaisir à un homme. Je masse délicatement ses bourses, qui elles aussi font un mouvement sous mon toucher. Sa bouche n’a pas délaissé mes seins et les suce avec encore plus d’ardeur. Tous mes sens sont concentrés dans mes mamelons qui vont éclater de plaisir tant c’est bon, tout ce qu’il me fait. Il les stimule toujours tous les deux, à la fois avec ses doigts et sa bouche, changeant de côté de temps en tant.


De son autre main, il me caresse le dos jusqu’aux fesses, qu’il se met à malaxer avec luxure. Tout complexe que je me faisais sur mes formes trop généreuses est disparu. J’ai toujours su qu’il préférait les hommes un peu forts ; or, il appert que ce goût s’applique également aux femmes bien enveloppées. Ses caresses se font doublement voluptueuses sur mes parties les plus dodues. Il aime manifestement la sensation de douceur de cette chair accommodante. Il tâte et palpe mes cuisses, suce de plus belle mon sein droit, puis le gauche, je resserre un peu ma main sur son sexe que je masturbe de plus belle, me léchant la main pour bien le lubrifier. Nous gémissons tous les deux avec abandon et je sens un peu de liquide jaillir de son méat. Je titille ce gland que je veux en moi, dans ma bouche, mon vagin ou mon anus, peu importe quel orifice à ce moment précis : je veux Amine en moi !


Et voilà qu’il explore ma vulve de ses doigts. Sentant la moiteur, il n’a nul besoin de salive pour glisser deux doigts dans mon vagin tandis que son pouce frotte doucement mon clito. Je hurle mon plaisir dans une jouissance explosive et j’entends sa respiration saccadée présager son orgasme imminent. Je veux faire durer ce moment à tout jamais. Je ralentis ma masturbation et je me jette à ses genoux pour entreprendre une fellation lascive et langoureuse. Tous les hommes avec qui j’ai baisé jadis m’ont dit que je suçais merveilleusement bien et j’ose croire que c’est un talent qui ne se perd pas. Je regarde Amine droit dans les yeux et je sens mon regard lui transmettre tout l’amour que je lui voue depuis si longtemps en léchant goulûment sa verge impressionnante. Je baisse les yeux et mon regard s’attarde sur celle-ci. Je l’avais vu en maillot de bain blanc et mouillé, et j’avais souvent imaginé cette queue dans mes fantasmes, mais jamais aussi belle. Il ne s’en était jamais vanté, même en me racontant ses exploits, mais je comprenais mieux maintenant sa popularité auprès des hommes. Il a vraiment une queue magnifique, bien faite comme tout son corps.


J’avale son gland en le suçant doucement, goûtant bien chaque millimètre, et me mets à lécher très rapidement et vigoureusement le frein de sa verge, un truc que tous les hommes semblent beaucoup apprécier et que la plupart des femmes ignorent ou négligent, m’ont-ils dit. La technique est la même quand on lèche un clito, et là, j’ai de l’expérience plus récente et tout autant de succès. Ma langue s’active de façon experte tandis que d’une main je continue des va-et-vient fermes et accélérés et que de l’autre je caresse doucement ses bourses. Je les lèche aussi et les fais délicatement tourner dans ma bouche, mesurant de ma langue leur ampleur. Les râlements jouissifs d’Amine m’encouragent et je plonge toute sa verge dans ma bouche jusqu’à que ce qu’elle heurte le fond de ma gorge. Je la suce de tout son long, tout en maintenant les caresses de ma langue à une vitesse d’ailes de colibri. Ce n’est pas avec moi qu’Amine regrettera les hommes, me dis-je, gagnant en confiance avec chaque nouveau gémissement émanant de ses lèvres.


Il a la tête renversée et les yeux fermés très serrés. Je veux que mon amour jouisse comme il l’a rarement fait. La main qui pétrit les testicules s’aventure plus loin entre ses cuisses et caresse doucement mais fermement son périnée. Je sens Amine qui se retient de toutes ses forces pour faire durer ce plaisir. Il est haletant, crispé et au bord du gouffre. Je retire ma main un petit instant, le temps de tremper mes doigts dans ma vulve trempée. Ainsi lubrifiés, mes doigts vont chercher le petit trou d’Amine et j’en plonge un, ensuite deux dans son anus, trouvant sa prostate pour la solliciter comme il se doit. Je la frotte doucement et Amine craque. C’est l’explosion, manifestement il n’est pas du genre à jouir silencieusement. Ses hurlements se déchaînent et font écho sur les haut plafonds du loft alors que sa queue tressaille dans ma bouche, et je reçois dans la gorge au moins quatre giclées de sperme bien chaud et un peu salé que j’avale avec un si pur plaisir qu’il n’en reste aucune trace lorsqu’il se retire doucement pour s’effondrer sur moi, repu et épuisé. Je le serre dans mes bras, je l’enveloppe de mes jambes, je le berce tendrement, je me frotte contre lui, et une jouissance soudaine me secoue tout le corps tant mon bonheur est parfait de lui avoir procuré ce plaisir.



Le lys était sa fleur préférée, et Oran sa ville natale bien-aimée. C’était le sobriquet qu’il m’avait depuis longtemps inventé, mais l’entendre dans cette phrase, à ce moment précis, me touchait profondément.



À son tour, il me berce doucement, me caresse tout le corps. Je touche tendrement sa verge ramollie qui repose contre ma cuisse.


Je baisse les yeux. Je dois être prudente. Je sais trop bien que les hommes, surtout les hommes gays, n’ont pas la même vision du sexe que les femmes. Pour eux, c’est ludique, presque du sport. Pour nous, les émotions comptent pour beaucoup. Nous tombons facilement amoureuses de ceux et celles qui nous font jouir. Mais il s’agit ici d’Amine, nous nous aimions déjà, bien que d’une autre façon. Je me lance :



Amine me regarde, me couvre les lèvres et le visage de tout petits baisers.



Et il prononça ces mots qu’il m’avaient déjà dit tant de fois et sincèrement, mais qui prenaient ce soir un tout autre sens : « Je t’aime. » Je flottais dans une mer de bonheur parfait. Exquis, c’est le mot que j’emploierais. Je me sentais éprise par une toute autre forme de jouissance, où mon corps quittait presque mon esprit tant le plaisir était grand. Les mains d’Amine m’exploraient partout, me massaient, me palpaient, m’excitaient. Il se perdait dans de multiples caresses que je lui rendais. Nous nous embrassions jusque dans le fond de l’âme. Je ne voulais jamais quitter sa bouche, ses lèvres, cette langue. Il me fit la caresse la plus érogène qui soit pour moi : il commença à m’embrasser lentement dans le cou, tout près de l’oreille, et descendit tout doucement, presque imperceptiblement, vers mon sein droit, en fit le tour lentement avec de tout petits baisers, pour aboutir à mon mamelon qu’il se mit à sucer délicatement. Sa verge était à nouveau dressée contre moi, et il se frottait contre ma hanche. Je la saisis pour en apprécier la raideur quand il me susurra :



Il enfila un préservatif qui se trouvait, à ma grande surprise, dans un petit tiroir caché de la table d’ébène. J’eus à peine le temps de lui demander comment il me voulait, prête à adopter toute position qui lui plairait, mais il me dit :



Je ne me fis pas prier car mon excitation était telle que mon clito ne demandait que ça. Quelques attouchements auraient suffi pour que je jouisse, mais il me murmurait « Non, ne jouis pas tout de suite », ce qui m’excita encore plus, mais je réussis à me maîtriser. Il s’installa entre mes cuisses pour vraiment examiner ma vulve et voir ce que je faisais avec mes doigts. Il m’accompagna en me pénétrant d’un doigt, puis deux, et je n’en pouvais plus. Quand je sentis le contact de sa langue, qu’il commença à me lécher avec enthousiasme, l’orgasme monta en moi en une vague délirante. Mon Dieu, qu’il lèche bien ! Est-ce possible que ce soit un homme ? Gay de sucroît ? Il est à l’écoute de mon corps, accélérant au besoin les coups de langue ou les délicates succions. Soudain, entendant mes gémissements accélérés, le corps musclé d’Amine bondit d’un mouvement agile, il s’allongea sur moi, et de sa nouvelle position il me pénétra pendant que j’étais en plein envol.


Cet instant de parfaite union est gravé à tout jamais dans ma mémoire. Amine, un homme gay, avait compris exactement ce que si peu d’hommes hétéros comprennent : que l’orgasme de la femme est ce qui fait désirer la pénétration. Elle n’est pas, pour nous, ce qui provoque l’orgasme, mais plutôt l’apogée de la jouissance si elle est exécutée au moment opportun. Et Amine avait si bien jugé le moment précis où tout mon être voulait l’aspirer. Les orgasmes se multiplièrent. Je n’ai pas arrêté de jouir pendant plusieurs minutes. J’en redemandais et mon vagin, dont le tonus m’étonnait moi-même, serrait de toutes ses forces la verge de mon amoureux en une série de spasmes lascifs. Non, il ne regretterait sûrement pas avec moi le canal étroit d’un amant.



Je saisis ses fesses parfaites et musclées pour le ramener en moi de plus belle ; il m’empoigne les seins et m’embrasse à pleine bouche. Ses va-et-vient s’accélèrent. Il ressort parfois pour venir stimuler mon clito avec sa verge, et d’un geste souple il revient dans mon vagin. Je le tire en moi. Je le chavire et m’empale sur lui. Nous ondulons longtemps l’un contre l’autre en vagues d’une parfaite harmonie, mon bassin venant à sa rencontre. Nous nous embrassons lascivement sans aucune retenue, ma langue pénétrant sa bouche au même rythme que son membre dans mon vagin. Nos respirations saccadées s’accélèrent au rythme de ses coups de reins. Nous changeons encore de position et il est de nouveau sur moi. Je n’en peux plus de jouir ainsi et je veux le voir jouir à son tour, bien l’observer en plein orgasme. Je le saisis encore plus fort en moi. Il se redresse, se cambre et une fois de plus jouit avec des cris si forts que ses nouveaux voisins risquent de se plaindre, ce qui provoque encore en moi un autre orgasme délirant. Cela dure plusieurs minutes. Quand enfin nous nous calmons tous les deux, mais avec sa verge toujours en moi, Amine murmure tout bas quelques mots d’arabe, avec un certain recueillement. Je me demande ce que ces mots signifient, mais ce serait indiscret de le lui demander. Je lui laisse cet instant d’intimité solitaire.


Quand il ouvre les yeux, c’est pour chuchoter sans bruit, de ses lèvres dont je connais maintenant bien toutes les douceurs : « Je t’aime. » De mon côté, l’émotion me fait monter les larmes aux yeux, et elles coulent sur mes joues quand à mon tour je lui dis « Je t’aime, Amine… ». Nous nous regardons longuement, allongés l’un contre l’autre. Il nous recouvre d’une fine couverture de pashmina qui traînait parmi les coussins. Bien au chaud, nous nous caressons tranquillement tandis que l’aube approche, et le sommeil nous gagne.


Demain, je rentrerai chez moi, je me coucherai aux côtés de Gisèle et je lui raconterai tout. Je sais qu’elle comprendra. Amine ira sans doute trouver un de ses petits amants et, si le terrain semble fertile, lui racontera peut-être nos ébats. Quelques semaines plus tard, nous nous sommes revus et nous avons à nouveau fait l’amour, découvrant d’autres plaisirs insoupçonnés. Un jour, je lui ai demandé de me laisser l’observer avec un de ses amants, et ça c’est une autre histoire que je raconterai une autre fois. Qui sait à quels jeux d’amour nous nous adonnerons à l’avenir ? La vie est imprévisible mais il ne faut pas craindre ce qu’elle nous apporte, si inusité que cela puisse paraître. Je suis une lesbienne qui aime un homme gay et qui en est aimée. Pourquoi pas ?