| n° 09661 | Fiche technique | 9366 caractères | 9366Temps de lecture estimé : 6 mn | 10/09/05 |
| Résumé: Les sens explosent... | ||||
| Critères: fh fplusag volupté voir fellation pénétratio fsodo init | ||||
| Auteur : Armel (Libertin sentimental) Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Retour d'images... Chapitre 02 / 02 | FIN de la série |
Ma bouche garda de longues heures le goût et l’odeur indéfinissables de nos ébats. J’étais à un âge où j’avais une envie carnassière de sexe, de tout explorer, de tout essayer. Pourtant, pas dragueur pour deux ronds. J’ai une profonde aversion pour cette espèce d’instinct de chasseur qui agite les types de ce genre-là. Cela suinte la volonté de domination, le mépris, trahit la vanité. Combien de bites d’acier, de coïts de surhommes, d’injures du genre « salope », « pute », « chienne » à longueur de lignes dans une quantité de textes ? Si certains s’épanouissent ainsi, tant mieux pour eux. Pour ma part, cela ne m’excite pas.
D’ailleurs, elle, même s’il n’y avait pas de véritable amour, je ne l’ai jamais méprisée. Je voulais attraper au vol un maximum d’instants de plaisir intense. Nous avions faim tous les deux.
Il y eut, avant la rencontre suivante, de nombreux instants volés, surtout au téléphone, parfois sur son lieu de travail. Je m’y rendis un jour, n’y tenant plus. Je la trouvai seule, affairée à son bureau. Notre plaisir mutuel devait se lire comme dans un livre ouvert dans nos yeux, sur nos visages. Il fallait que nous nous collions, que nous nous attrapions comme des forcenés ! Mais en face des grandes baies vitrées, ce n’était pas raisonnable… Elle m’entraîna dans un réduit tout proche, et là, nous pûmes nous laisser aller. Nous nous pendîmes l’un à l’autre, nos bouches frénétiquement soudées. Sa jambe enserra ma cuisse par derrière comme dans un étau, emprisonnant ainsi mon bassin contre le sien, que je sentis alors frémir. Je sentais la révolution de tous les sens prendre possession de moi dans une sorte de cavalcade intérieure incontrôlable.
Ce corps tout fin dont je pouvais faire le tour si aisément tentait presque d’entrer en moi. C’était pourtant moi qui étais entré en elle la dernière fois, moi qui m’étais introduit dans les profondeurs de sa chair. Ce souvenir dont elle ravivait la flamme désorganisait tout, mon esprit, mes pensées, les pulsations de mon cœur, ma vie… Désir dévorant.
Lorsque je me rendis au rendez-vous suivant, chez elle, elle arriva en même temps que moi. Il ne lui fallut qu’un instant pour ouvrir la porte et nous nous retrouvâmes à l’intérieur, elle lâchant tout ce qui l’encombrait par terre, moi l’aidant tant bien que mal. J’avais encore besoin de sa bouche, de sa langue folle. Je ne sais comment nous nous retrouvâmes dans le salon. Je crois qu’elle me poussa dans le fauteuil au fond duquel je me retrouvai assis.
Elle était encore vêtue d’une de ses jolies jupes que je lui ai toujours vue porter. Nous nous sommes un peu calmés. Accroupie devant moi, elle reposait sa tête sur mes cuisses, soudainement alanguie. Je crois que nous voulions profiter tous les deux de cet instant que nous savions limité. Nous profitions de l’absence de son mari et de sa fille. Même si cette saleté de culpabilité était bien là, c’était bien plus fort que nous.
Je crois qu’elle portait un pull. Je passai mes mains dans ses cheveux, pris sa main. La retenue s’envolant, je lui demandai d’ôter sa culotte. Depuis le début, j’avais le sentiment très net que chacun s’émancipait à sa façon. Je découvrais, alors qu’elle passait outre un certain nombre d’interdits qui encombraient sa vie.
Elle se redressa en souriant, se troussa pour faire ensuite glisser le bout de tissu le long de ses jambes, qu’elle avait nues ce jour-là. C’est un tableau que je n’oublierai jamais. J’essaie de le décrire le plus fidèlement possible, à travers le voile des années, mais je sais que certaines images sont indélébiles. Encore maintenant, si je savais où elle se trouve, je la remercierais de ce qu’elle m’a offert. Cela n’a pas de prix.
Elle reprit sa position initiale, me fixant toujours, l’air de dire « Je le fais pour toi …». Cadeau sublime. Elle défit mon pantalon, mais c’est moi qui pris l’initiative de libérer ma verge de sa prison, car je savais qu’elle ne le ferait pas d’elle-même. Je savais également que la tentation de s’en emparer serait trop forte. Et en effet, elle entreprit de la câliner tendrement. Elle commençait à bien la connaître. Elle prit tout son temps pour en appréhender la douceur, la fragilité, la faire s’épanouir au creux de sa main.
« Je n’aime pas trop… » m’avait-elle dit un jour. Cependant, sa bouche rejoignit bientôt sa main. Un cadeau de plus. La chaleur irradia tout le bas de mon ventre et je m’emplis de la vue de cette femme mûre, si belle, dont la bouche épousait, avec une touchante hésitation, l’objet de son désir. Nous avions alors le même âge. Plus rien ne nous différenciait l’un de l’autre.
C’est encore à ma demande qu’elle enfouit sa main sous sa jupe relevée, aux confins de ses cuisses entrouvertes. Masturbation : j’adore ce mot. Le désordre de nos sens commença alors à nous arracher les premiers gémissements.
Il fallait prendre notre temps. Par terre, sur le dos, elle replia son corps, ses jambes, dans une pose d’appel. Je la pénétrai enfin, affolé par cette position obscène. La même onde de choc nous envahit. Son plaisir se libéra avec les mêmes cris que je lui avais entendus pousser la première fois.
« Tu aimes ?
Elle ne comprit pas.
C’était faux, je le savais. C’était autre chose qui faisait trembler son ventre, qui poussait ses mains à se plaquer sur mes fesses afin de m’attirer plus profondément en elle.
De mon côté, je prenais soin de contrôler un tant soit peu les émotions qui me submergeaient, de fouiller lentement ce vagin qu’elle m’offrait presque avec sauvagerie. Les phalanges de son index entre les dents, elle me fixait par intermittence. Je ne me lassais pas de regarder son corps se tordre sous le plaisir que nous nous procurions. Son pull enlevé, son soutien-gorge pendait négligemment sur le haut de son bras. Sa bouche, le bout de ses seins si durs, le creux de ses épaules, je m’en nourrissais avec un bonheur sans égal. Je voulais tout goûter.
Une nouvelle fois, elle semblait voler d’orgasmes en orgasmes, très vite. On aurait dit qu’elle voulait rattraper quelque chose de perdu jusque-là et qui n’avait attendu que cet instant pour naître. Je me retenais tant que je pouvais, fasciné. De pause en pause, je réfrénais la jouissance qu’elle faillit faire jaillir à plusieurs reprises. L’ouïe contribuait tout autant que les mouvements de nos bassins à la montée fulgurante de notre ravissement charnel. J’entendais nos corps, attentif à tous les bruits que la combinaison des fluides qui s’en épanchaient pouvait produire. Je suis persuadé qu’il n’y a rien de comparable !
Il fallait que je sorte d’elle. Elle émit un petit cri différent des autres lorsque je me retirai. Je l’aidai à se relever pour l’amener vers le canapé tout proche. Toujours les genoux sur la moquette, la cambrure provocante de ses reins m’offrit une fontaine que je lapai comme un matou. Le buste reposant sur l’assise, elle se donnait dans une impudeur totale. Cela m’encouragea à lui écarter outrageusement les fesses. De la main et de la langue, je lui tapissai le sillon ainsi dévoilé de ma salive et de tout ce que je pouvais recueillir du sirop aphrodisiaque épais s’écoulant des bassins profonds enfouis au cœur du dôme de son bas-ventre frémissant. Elle jouit, je le sentis.
Odeur et saveur suaves… Et là, au milieu, cet astre sombre qui m’attire inexorablement. Je le caresse doucement, de toutes les manières possibles et imaginables. Dès le début, ce désir m’avait oppressé. Il se manifestait de nouveau, plus vif que jamais. L’attirance pour cette partie jamais explorée jusque-là…
Elle le comprit, tourna son visage défait vers moi :
« Tu peux, par là, si tu veux… Je veux bien.
Elle m’ouvrit la porte de ce couloir étroit. M’aidant d’une main autour de ma hampe bouillonnante, je progressais pour la première fois de ma vie vers cette région inconnue. J’y allais à tâtons, sans brusquerie aucune. Un enserrement parfait, divin. Elle se crispa légèrement. Je continuai. Au fond, tout au fond. Puis ce fut la sensation d’un évasement, tout au bout. J’étais complètement fiché en elle, ne bougeant plus. Le gland s’était libéré de l’étreinte du premier passage. Et comme je l’avais prévu, je sentis les prémices du torrent qui s’annonçait. Toujours immobile, je ne pus que le laisser se libérer, ce qui ne tarda pas. Je serrais ses hanches de toutes mes forces lorsque le premier jet s’évada. Elle accompagnait chaque contraction projetant mon jus de lucre dans son intestin d’une respiration caractéristique, et d’un tressautement qui décuplèrent mon ivresse. Je ne touchais plus terre. Ce fût interminable, presque douloureux.