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n° 09436Fiche technique12051 caractères12051
Temps de lecture estimé : 7 mn
20/07/05
Résumé:  Troisième portrait d'actrice française, après Sophie M. et Ingrid C.
Critères:  collection revede voir fetiche init nonéro portrait
Auteur : Jeff            Envoi mini-message

Collection : Portraits d'actrices...
Emmanuelle B.

Je dois avouer ici et avant toute lecture être un de ses admirateurs inconditionnels. Avec une plastique plus qu’avantageuse, son regard bleu, son nez mutin, ses quelques taches de rousseur harmonieusement disséminées, sa bouche pulpeuse et ses cheveux savamment décoiffés, la jeune provençale de naissance ne peut laisser personne indifférent. Les hommes la badent alors que beaucoup de femmes critiquent ses tenues, son port, son jeu d’actrice, son physique, ses prises de positions et ses paroles qui, il est vrai, peuvent choquer ou outrager mais, dites de sa voix fluette aux tons un peu chauds, ne peuvent jamais vous laisser sans réaction, voire sans érection.


Depuis de nombreuses années elle hante nos écrans, nos insomnies et nos pages de magazines. Depuis des années elle traverse notre vie, semant derrière elle quelques parfums de scandales et d’admiration. La maternité, loin de l’avoir outragée, a renforcé sa beauté, exaltant celle de la femme accomplie.


Aujourd’hui plus encore qu’hier, en la voyant de plus en plus souvent évoluer au milieu d’enfants en détresse, on se prend à rêver : prendre place dans cette foule pour accaparer son regard, recevoir une caresse sur la joue, être consolé dans ses bras ensorcelants qui vous pressent sur un sein généreux pour vous apporter réconfort, bonheur et joie de vivre, oui, on veut rêver, même si ce moment reste fugace dans la difficile lutte pour la survie qui vous ramène à une réalité plus sordide.


Heureuse consolation pour ses admirateurs : les images fixes ou animées de son corps nonchalant qui traverse les écrans et les pages de la presse.


Il est des années, des mois ou le bonheur est plus complet que d’autres. Il en est ainsi lorsqu’un film ou un magazine présente Emmanuelle B. Bien sûr, certains scénarios restent d’un abord difficile, d’autres ne répondent pas aux aspirations de leurs créateurs. Mais, quelquefois, il devient possible d’être transcendé par un sujet, une scène, une photographie qui savent mettre en valeur votre actrice fétiche et vous comblent de cet immense bonheur qui vous illumine pour de longs, de très longs instants.


Emmanuelle B. est une femme à multiples facettes, miroir aux alouettes dans lequel nous nous laissons volontairement piéger.


Elle nous est apparue en sauvageonne inaccessible et maltraitée par l’existence dans « Manon des sources », jeune fille en fleur, mais sûre et certaine de sa féminité naissante, de son ascendant sur la gent masculine. Ainsi a-t-elle su nous émouvoir, nous séduire, nous capturer pour mieux nous ensorceler.


Plus tard est venu « La belle noiseuse » où, merveille des merveilles, elle apparaissait nue, alanguie durant de longues scènes de poses artistiques pour un peintre sulfureux. Si, dans le rôle de "Manon des Sources", Emmanuelle B. restait d’une sagesse exemplaire qui seyait à son emploi, c’est qu’elle savait déjà que, plus tard, les admirateurs allaient accourir pour contempler son corps dans « La belle noiseuse ». Et là, non seulement ils purent l’admirer sous toutes ses facettes, mais ils s’y complurent.


Le visage encore doux de l’adolescente aux rondeurs cachant un menton fin, Emmanuelle B. nous présentait obligeamment une jeune poitrine aux seins fermes en train de s’alourdir et qui n’avaient donc pas encore pris toute leur ampleur féminine. Les mamelons pointaient et les aréoles cernées d’un fin liseré brun se terminaient sur une pointe légèrement cylindrique. Un appel à la main, à la bouche mais surtout aux yeux et gravés à tout jamais dans l’œil libertin du spectateur mâle et voyeur.


Assise, la gorge offerte au voyeurisme de tout un chacun, les flancs restaient barrés de deux larges plis, hérités d’une pré-adolescence replète et non encore effacés par l’âge de la femme en devenir. Le ventre aussi présentait encore ces traces de jeunesse. Les fesses, elles, se cherchaient encore une destinée, prolongement de cuisses musclées et charnues, avec cette forme légèrement en pointe, calage idéal pour fantasmes masculins inassouvis. Et déjà aussi ses grands yeux envahissaient le haut du visage, soulignant le bombé du front et la finesse de l’arête du nez, légèrement remontant, et qui, sans être en trompette, donne à Emmanuelle B. cet éternel air juvénile. La bouche, cernée par des lèvres encore en métamorphose, savait sourire ou bouder selon le bon plaisir du scénariste. Et si elle avait déjà appris à domestiquer ses humeurs, à les exprimer par ses expressions, ses cheveux restaient naturellement indomptables, s’échappant souvent pour venir effleurer front, yeux, pommettes saillantes, bouche voluptueuse. Et d’un petit geste sec de la main, ses doigts, écartés en guise de peigne, les remontaient déjà naturellement, en rejetant les mèches rebelles vers l’arrière, jusqu’à la prochaine fois.


Mais l’adolescence passe, la femme s’installe dans son corps qu’elle transforme quelquefois au gré de ses envies tout en subissant les caprices de la nature. Ainsi va aussi la vie d’Emmanuelle B. qui, en devenant femme puis mère a su conserver, apprivoiser et adapter son corps…pour notre plus grand plaisir.


Et quelle souvenir impérissable que celui de la découvrir à la Une d’un de nos magazines féminins, nue, avançant dans la mer !


De trois-quarts dos, l’eau lui baignant les fesses, face au soleil couchant, le sein haut, le téton droit, le regard perdu vers des horizons lointains, Emmanuelle B. incarne, dans ce rôle de déesse de la mer, la nouvelle Vénus entrant dans l’eau. Et le peintre florentin Botticelli n’aurait pas rechigné à la portraiturer ainsi, pour la postérité. Mais Botticelli n’est plus là et la photographie a remplacé, avantageusement, les portraits enjolivés de ces époques lointaines.


Vénus callipyge aux hanches généreuses et à la peau dorée, elle hante les pages internes de la revue. Nombreuses sont celles qui suggèrent plus qu’elles ne montrent, mais contempler, même de dos, en combinaison transparente blanche et mouillée, le corps de la femme adulée, reste une épreuve pour le mental du lecteur mâle.


Voir, dans un contre-jour savamment dosé, la poitrine ferme et haute se découper dans le ciel bleu alors que le regard se centre sur les fesses mouillées qui viennent coller au vaporeux tissu devient un moment d’anthologie dans le voyeurisme fanatique. Sous la transparence, on devine le muscle nerveux et en mouvement, le léger creux de la fesse et son évasement qui annonce la plénitude de la femme. Le dos droit et noueux, creusé au niveau des reins, laisse présager la souplesse d’un corps que l’on souhaite liane pour s’y pendre, s’y rependre et s’y répandre.


Marchant sur un pont de bois, solitaire, on rêve de saisir délicatement la main mollement abandonnée sur le ventre pour entraîner la belle au bout du monde, loin du chaos et du tumulte de la vie. Et ce corps sculptural repose sur deux chevilles fines, marquées. D’un pas compté, elle s’éloigne d’un improbable rendez-vous avec vous, soulevant un pied carré mais fin, à la plante cambrée et aux plissements marqués par un long séjour de poses langoureuses dans l’eau de mer, un pied érodé par le sable fin et mouillé qu’il il a dû marquer de son empreinte légère.


S’imprégner de l’image de son visage, saisi en gros plan, le menton négligemment appuyé sur un bambou, longue tige de bois dur, montante et légèrement penché, ne peut qu’alimenter les esprits fantasques des hommes voyeurs que nous sommes.





Les yeux bleu-gris sont noyés dans des espaces lointains. Le sourcil, naturellement dense, élégamment mis en forme. Le nez au léger retroussis et aux courtes ailes renflées de façon exquise, pointe vers les cieux. Tout, chez elle, est mis en œuvre pour nous séduire, comme ses lèvres, si joliment mises en relief par un rose pâle qui brille et en souligne la sensualité. Et les courbes douces de son fin menton volontaire s’évasent jusqu’à la générosité. Se révèle ensuite à nos yeux une petite oreille aux dessins délicats et fins, à moitié cachée par les mèches de cheveux décidément rebelles, composées d’un savant dégradé de blonds. Enfin, un bout d’épaule, fine, à la peau diaphane, nous rappelle l’adolescente qu’elle fut.


Ah ! Ce portrait d’Emmanuelle B. en sauvagesse des îles se rapproche de celui de Manon des Sources… et nous laisse au fond de la bouche un goût de sel et de sable. Il traîne avec lui aussi l’odeur du Monoï, de la mer et on sent sa peau frissonner à la caresse d’un alizé léger.


Découvrir une telle série de photographies de l’actrice reste chose rare et précieuse pour la mémoire. Car, bien souvent, c’est en habit qu’elle se présente sur les écrans des salles obscures, et alors il faut faire preuve d’un peu d’imagination pour deviner les courbes du corps qui se cache sous les étoffes. Pourtant, si, nue, Emmanuelle B. nous enflamme, sagement vêtue, elle n’en demeure pas moins affriolante et affolante. Et quelle que soit la tenue qu’on lui fait endosser, elle reste chic et élégante.


N’est-elle pas troublante dans sa courte robe noire, toute simple, qui met en valeur la grâce de ses jambes, surtout lorsque ses pieds sont chaussés de fins escarpins noirs, aux laçages qui prennent le dessus du pied et remontent au-dessus de la cheville…

Assise sagement sur le bord d’un lit aux draps tirés, elle est là, perdue dans ses pensées. Une jambe allongée, l’autre à l’équerre où elle a posé négligemment son avant-bras, dénudé jusqu’à l’épaule. La main pend, reposée, sereine, patiente. Un coude en avant, elle tient une tasse de café entre les doigts. Qui attend-elle ? Vous ? Lui ? À quoi, à qui pense-t-elle ? À vous ? À lui ?


L’ovale du visage qui centre les sourcils un peu épais sous le bombé du front, la bouche légèrement boudeuse, la chevelure enfin domptée, rabattue d’un seul côté et cachant une épaule, elle est naturellement pensive…Et vous, spectateur-voyeur-admirateur, vous devez rester là, sur le seuil de la porte de cette chambre, épiant l’adorable créature, retenant votre souffle pour ne pas interrompre cette rêverie, ces instants fugaces où la star fait place à la femme et s’abandonne à ses pensées intimes. Alors, tout doucement, sur la pointe des pieds, vous refermez la porte et laissez la femme rejoindre la star, préférant emporter en vous cette vision fugace qu’elle vient de vous autoriser d’elle, et vous voilà à tout jamais enchanté par cette ensorceleuse.


C’est que, nue ou habillée, élégante ou en guenilles, Emmanuelle B. impose un respect, détermine une distance entre elle et les autres. C’est une sorte de rempart à sa personne, une citadelle interdite de conquête qui la mure dans une solitude de star, apanage de ce piédestal où on l’a installée, revers d’une prison dorée dans laquelle chacun l’enferme inconsciemment pour mieux l’admirer, et elle, pour mieux nous séduire.


De souvenirs en images, de photographies en scènes de films, cette femme si belle aux grands yeux bleus et aux cheveux rarement domestiqués vous accapare, vous ensorcelle, vous phagocyte, pour un moment puis pour toujours. Alors, elle vous habite, elle vous hante, et vous attendez avec impatience sa prochaine apparition que vous espérez, que vous souhaitez tout en la redoutant…


Sera-t-elle alors star ? Sera-t-elle alors femme ?


Non, elle sera, comme toujours, les deux à la fois.


Elle sera toujours Emmanuelle B. Elle est Emmanuelle B.