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Temps de lecture estimé : 7 mn
13/07/05
Résumé:  Une nuit blanche avec Aphrodite...
Critères:  fh couple fsoumise voir anulingus fdanus fsodo tutu
Auteur : Felin            Envoi mini-message
Avant que tout s'efface...

Je suis en train de te perdre…


Les jours passent et, de plus en plus souvent, le soleil lui-même oublie de se lever. Tu m’échappes, tu t’enfuis, tu ne te souviens plus.

Laisse-moi te remémorer nos heures, tant que ton fantôme impatient erre encore dans les parages de mon âme. Laisse-moi te raconter ce qui fut inoubliable et pourtant oublié.


Et toi, lecteur avide, lectrice inassouvie, je t’autorise à pénétrer dans l’alcôve douillette de nos souvenirs. Tu en tireras peut-être du plaisir. Ou de la mélancolie. J’ai épousé une déesse, sache-le et, tel Icare volant trop haut, je me suis consumé à la proximité brûlante de son corps. Aujourd’hui je suis cendres, mais je brûle encore. Et je veux que tu brûles avec moi…


Tu dors, ma beauté. Tu es à mes côtés, nue comme l’Eve du péché et tu me tortures comme tu l’as fait si souvent. En dormant tout simplement, en ignorant superbement l’étendue de ma soif, la rage sourde de mon désir. Ce soir, tu as repoussé mes mains, tu as réclamé le droit suprême à la paix du corps et je n’ai pu qu’accepter.


Mais à présent, je deviens fou.


Je suis homme et toi, déesse. Il émane de toi, de ta peau, de ta silhouette alanguie, une énergie brute et cruelle qui s’attaque à mon coeur et à ma queue imbécile.

Je ne dormirai pas.

Tu es là, beaucoup trop près. Tes formes pleines, sensuelles au possible, me violent les yeux.

Je ne dormirai pas.

Tu me tournes le dos. Tes cheveux cascadent sur les draps, forment des vagues qui m’appellent. Ton cou s’expose à la morsure. Oh oui, une douce morsure qui vibrerait jusque dans ton ventre…

Mais tu dors, je ne peux pas !

Tes épaules semblent attendre qu’on les agrippe, comme quand tu décides de te faire chienne, que tu me laisses baiser ton animalité…

Mais tu dors.

Ton dos esquisse une ligne parfaite, un chemin soyeux qui mène au paradis…quand on sait comment l’emprunter. Tes hanches explosent à la vue, témoignant de ton inhumaine féminité, de ton extraordinaire capacité d’amour. Sous elles - mais faut-il que mes yeux s’égarent déjà si loin ? - tes fesses pleines, arrogantes, la raie de ton cul, le parvis de ton temple…


Sacrilège ! Je ne peux pas regarder, je ne peux pas entrer. L’heure est indue. Tu sommeilles paisiblement. Je ne peux pas entrer. Va-t’en, fidèle trop zélé, me dit la raison. Retourne-toi ! Dors !

Je me retourne donc. Hélas, Morphée m’a oublié. Je ne dormirai pas et il y a dans l’air cette vibration, ces draps qui, au lieu de te couvrir, se font nid autour de toi et m’attirent comme dans un tourbillon.

Je me retourne à nouveau. C’est sûrement la dixième fois. Je ne peux pas ne pas t’admirer. Je ne peux cesser de te révérer. Ma ferveur se fait fanatisme. J’en tremble de tous mes membres. Te réveilleras-tu ? Te réveilleras-tu enfin, ma déesse, pour ouvrir les portes closes de ton sanctuaire à ton implorant fidèle ?

Non, tu n’en feras rien. Ton sommeil est souverain.


Obnubilé, je refais d’un oeil lumineux le tour de ta silhouette. Je me suis approché sans m’en rendre compte. Maintenant, mes lèvres soufflent une caresse sur ta peau pendant que je te scrute, attendant sans plus d’espoir un signe de bienvenue. Je suis trop près, je ne devrais pas. Ma bouche exhale cette brise légère qui fait frissonner ta peau. Elle descend le long de ton dos, passe la chute de tes reins. Les effluves salées de tes secrets envahissent mes narines. Je ne saurai plus reculer après ça ; la malédiction me guette.

Mes mains s’en mêlent désormais. Elles volent au-dessus de toi comme des vautours assoiffés de chair. Électriques, elles palpent l’air qui t’habille.

Mes yeux n’en peuvent plus de s’égarer. Voici que ton anus se découvre timidement à mon regard, le seuil d’un de tes palais. Que les mots humains sont rustres et grossiers quand on sait tout le plaisir que tu m’as donné par là, tout le plaisir que tu as reçu toi-même, ces offrandes sans cesse renouvelées ! Plus bas, mais je la distingue à peine, se trouve l’autre entrée de mon Eglise. Il y a tant de chaleur en ces lieux ; me laisseras-tu dehors cette nuit ?

Non, car ma volonté est trop impérieuse. Tu me damneras sans doute, si tu as vent de mes actes, et je n’en ai cure cependant. Tu devrais pardonner : c’est d’un amour trop grand que je veux te combler cette nuit, un amour qui ne peut attendre…


C’est trop tard ! Le bout de mes doigts s’est posé comme de la soie fine sur tes hanches. Tu n’as pas réagi. À présent, je prie tous les dieux que tu ne t’éveilles plus, car avec ton réveil viendrait ton courroux. On ne trouble pas indûment le sommeil d’une déesse. Continue de dormir donc pendant que j’effleure ta peau si douce.


Ce n’est qu’une caresse.

Pour l’instant, ce n’est qu’une caresse.


Mais je m’enhardis.

Encouragées par ton inertie, mes paumes se saisissent de tes chairs, palpent et massent de plus en plus ouvertement tes reins, tes fesses… Tu te fais élastique, comme pour m’inviter à continuer cette danse folle. Ma bouche s’approche. Un baiser m’échappe, juste là, sur ton coccyx, à l’orée de ta vallée la plus profonde, la plus intime. Dieu, que tu sens bon ! me dis-je, tandis qu’un second baiser trahit mon émoi et que, du coup, ma langue se joint à ma ferveur pour goûter une première fois ta peau salée et tendre.


Quelque part, à mille lieues de là, ton esprit s’éveille aux sensations. Quelqu’un, dans un rêve lointain et flou, a commencé de t’investir. Je l’entends à ton souffle qui s’accélère et s’approfondit. Je le sens à l’imperceptible mouvement de ton bassin qui se tend inconsciemment vers moi, ouvrant un peu plus l’accès à tes sources. Tu es réceptive comme seule une déesse peut l’être.


Je glisse. Mes doigts s’engouffrent lentement dans ta raie. Je les humecte de ma salive afin qu’ils glissent plus avant pour investir les abords fripés de ton petit trou. L’un d’eux s’insinue. Je sais qu’il le peut à présent, car tout ton corps irradie de ce désir que tu ignores. Mon autre main se tend vers ta chatte qu’elle trouve moite et, délicatement, elle l’entrouvre, la pénètre d’un autre doigt curieux…

Ma langue suit le mouvement général, agrippe à son tour ton anus qu’elle lape à petits coups gourmands. L’inconscience te fait fondre sous ma bouche avide. Je t’encule de mon plus court appendice, malheureux qu’il n’y ait de meilleurs mots pour décrire l’indicible sensation qui s’empare de nous en ce moment.


Tu es élastique, souple et ouverte et mes doigts en profitent qui plongent, quatre à la fois, dans tes sphincters. On pourrait plonger deux sexes dans ce divin orifice, tu ne te réveillerais pas encore. Pourtant, la liqueur qui jaillit de ta source montre que tu es là, que ton plaisir est là, étrange…

Je me repais ainsi de longues minutes au rythme nuancé de tes soupirs. Tes trous sont deux gouffres désormais, leurs chairs roses se distendent de la plus impudique façon quand j’écarte tes fesses. C’est le moment…

Je tremble encore. C’est que l’heure est grave, l’ambiance lourde de sensualité et de crime. Si j’échoue, c’est à une mort lente que je serai condamné. Si j’échoue, tu seras sans pitié.

C’est donc avec mille précautions que je me retourne, ton goût salé obsédant dans la bouche, pour pointer entre tes fesses mon membre douloureux à force de bander. J’hésite un instant. Un certain ordre établi voudrait que je me tende vers ta fente en premier lieu, que je pénètre d’abord ta chatte suintante, mais c’est trop loin… Tes jambes sont un rien trop serrées : je risquerais de t’éveiller et je ne le veux assurément pas. Aussi, c’est contre ta petite ouverture - plus si petite que ça d’ailleurs - que mon gland s’appuie. À peine, car il en faut peu pour qu’il s’engouffre soudain à l’intérieur de toi et que glisse ma hampe toute entière dans tes intestins.


Oh, par tous les Dieux, que tu es chaude ! Tout ton antre est parcouru de délicieuses palpitations. Les soupirs dans ta bouche se sont presque faits gémissements. Ton cul m’accueille, ondule presque pour me faire entrer plus profond, ce que je m’autorise à faire car plus rien ne peut arrêter cette frénésie.


Je te sodomise, ô ma déesse. Je m’en excuse et je m’en réjouis. Tu es la nuit égale au jour. Dans ton sommeil monte en toi un orgasme dont tu n’auras nul souvenir. Je te ramone fermement. Comment peux-tu encore dormir avec cette raideur au plus profond du cul et ces mains accrochées à tes hanches ?


La suite m’échappe.

Je ne suis plus qu’un sexe à l’intérieur de toi et je fusionne avec l’impression, hélas fugitive, de devenir dieu à mon tour. Mais je suis humain et, très vite, l’étranglement que provoque ton orgasme signe ma propre reddition. En longues salves et avec un cri étouffé, je me vide dans tes entrailles avec l’impression de mourir plusieurs fois. Mon sexe se tend autant qu’il peut, il voudrait rester, il voudrait que cela dure toute la nuit. Mais cela touche à sa fin.


Lentement, les ondes cessent. L’animal s’endort petit à petit dans son étau de chairs dilatées. Ton souffle redevient paisible.

Au bout de quelques minutes, la mort dans l’âme, je me décide à me détacher de toi.


Peut-être que Morphée, à présent, aura pitié de moi. Peut-être vais-je dormir enfin, damné fidèle que je suis… Mais, moi, je n’oublierai pas. Moi, je me souviendrai de ceci. De ceci et de bien d’autres choses…



À bientôt, lecteur, à bientôt, amie lectrice, toi qui sans doute es la déesse d’un autre, je te reparlerai d’Elle… Aphrodite.