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n° 09272Fiche technique24289 caractères24289
Temps de lecture estimé : 14 mn
14/06/05
Résumé:  Analyse clinique du fantasme médical.
Critères:  médical noculotte journal
Auteur : Le Kawjer      

Série : Médecin dans une prison de femmes

Chapitre 01 / 04
Médecin dans une prison de femmes (I)

Pour mon premier jour dans mes nouvelles fonctions, je ne m’attendais pas à un environnement excitant, c’est la nature du lieu qui veut ça, pensais-je en traversant le porche massif taillé dans une pierre sombre. Cet endroit va devenir mon quotidien. Ces gens qui m’observent derrière leurs vitres de protection, ces grincements de portes, ces serrures qu’on ouvre et qu’on ferme, vont devenir mon environnement professionnel.


La pièce est encore plus triste que je l’avais imaginée, le bureau à caissons en métal d’un gris délavé par l’usage et le temps, la chaise au piètement métallique cintré, avec une assise en skaï vert, le matériel technique dont l’émail blanc sale est tuméfié d’écailles noires, le lit avec sa manivelle et son matelas recouvert de plastique blanc craquelé, parsemé d’auréoles jaunâtres, sont sinistres. L’armoire à produits ne possède plus de vitres et, dans le coin, un paravent achève de s’affaisser, découvrant un lavabo jauni et crasseux qui a dû être en porcelaine blanche, autrefois. Pas de savon, pas de serviette, pas de matériel jetable.


Madame Chef ne s’attarde pas sur les détails, et ne fait que m’informer des consignes de sécurité. Je me retrouve seul dans mon nouveau cabinet à la prison des femmes de M. Ma première consultation est prévue en début d’après-midi. Je mets à profit la matinée pour faire l’inventaire du matériel et la liste de mes besoins. Je nettoie le cabinet et prépare des fiches vierges, réceptionne produits et fournitures. Je sors pour prendre mon repas dans une gargote près de la prison.


Me voici de retour, expérimentant le dédale des couloirs et des serrures. Je rejoins mon bureau. Madame Chef me transmet la liste des détenues inscrites pour la visite médicale. Je la signe. Madame Chef m’informe que les détenues vont arriver une par une.


On frappe à la porte, j’ordonne d’entrer, et une femme aux cheveux défaits, vêtue d’un survêtement de sport, les pieds dans des mules en feutre, fait son entrée. La gardienne Chef me donne son numéro matricule : RF21345, sur sa fiche je lis : Geneviève R…, 53 ans, réclusion criminelle.



J’ai étudié les pathologies carcérales avant d’accepter ce boulot et les troubles du sommeil sont la cause principale de demande de soins en prison. Je suis un praticien scrupuleux et alors qu’elle s’attend à ce que je lui prescrive les neuroleptiques auxquels elle était visiblement accro, je lui déclare :



Elle se lève et va s’allonger sur la table, pendant que je remplis une fiche à son nom. En levant les yeux, je suis surpris de la voir toute habillée.



Son blouson s’ouvre sur deux mamelles tombantes aux aréoles très larges et très sombres, tristesse de la chair avachie. Assise sur la table, son ventre dessine de gros bourrelets de cellulite qui cascadent vers ses cuisses, ses épaules fuient, ses bras apparaissent décharnés. Sur le plan clinique, mon examen ne révèle aucune lésion cutanée apparente, son dos est constellé de taches de rousseur et de grains de beauté. J’ajuste mon stéthoscope. La tension est un peu élevée, mais, dans ce milieu stressant pour le corps et l’esprit, c’est normal. Je pose mon stéthoscope à la base de son sein gauche et le fais légèrement glisser pour bien situer les battements cardiaques. Son mamelon repose sur mes phalanges, il est lourd, moite, désagréable, il est là sous mes yeux, avec ses tétons presque secs et cette aréole immense tache noire et pleine de petites cloques et de poils épars. Il oscille lentement de haut en bas au rythme de la respiration exagérée de ma patiente qui, comme toutes les personnes auscultées, se croit obligée de bien marquer ses mouvements respiratoires.


Le contact avec cette chair féminine crue me trouble, je sens la bête, imperceptiblement, elle a bougé, elle se réveille, Ah ! Dieu ! Pourquoi ces tourments, Seigneur je suis damné. Me rappelant les exercices du Docteur C., je me détourne de ma patiente et j’inspire lentement et expire profondément plusieurs fois de suite, tout en fixant mon attention sur la reproduction des nymphéas de Monet que j’ai posée sur le bureau. La crise lentement lâche prise.


Je me retourne vers la femme assise, et je décide d’en rester là, lorsqu’elle déclare :



Hélas, le bas du pantalon permet le passage du pied, mais se bloque sur le mollet, pas assez pour atteindre la zone veineuse.



Je le savais, elle ne porte pas de sous-vêtements. Son dernier vêtement ôté, elle s’assoit face à moi sur le bord de la table d’examen, très à l’aise, toute nue simplement vêtue d’une paire de mi-bas noirs tirebouchonnant, les cuisses largement ouvertes sur une forêt de poils qui lui dévorent le pubis jusqu’au nombril et à la naissance des cuisses. Tablier de sapeur, c’est ainsi que mes coturniers en médecine à la fac de Montpellier décrivaient les pilosités abondantes. Je peux comprendre que des jours entiers sans voir un homme vous poussent à toutes les extrémités, et qu’elle devait trouver agréable d’être vue par un homme et d’offrir le crépuscule de sa séduction. Mais de ce sexe poilu émanait une odeur d’urine et de sueur insupportable. Je prends dans l’armoire un champ chirurgical et lui donne pour qu’elle s’en couvre les parties génitales.



Elle éclate de rire et me déclare:



Je restai silencieux un instant



Je tire mon tabouret et m’installe face à elle. Elle n’a pas utilisé le champ et semble heureuse d’exposer son entrejambe. Je regarde son mollet dont la peau est constellée de veinules bleues noires qui escaladent sa jambe jusqu’au creux du genou comme un lierre sans feuille. Ses cuisses se répandent sur le matelas comme deux otaries à l’affût, difformes et ondulées. Cette femme souffre de problèmes circulatoires aigus et nécessite des traitements spécialisés chez un collègue, voire une chirurgie légère.


Mes yeux tentent d’échapper à cette vulve dont j’aperçois les chairs roses mangées par le poil. Non, je ne rêve pas, ces poils ne sont pas brillants, mais luisants d’une humidité intime. Mon coeur s’accélère, il bat dans mes tempes. La bête, je le sais, elle me ronge. J’ai choisi ce métier par passion, pour aider les autres, pour soigner. J’ai choisi la gynécologie à la demande de mon père, une sommité médicale dont la carrière à l’Institut fut brillante, mais la paternité hasardeuse. Puis il y eut Nice et la clinique du Docteur J. L., mais à quoi bon ressasser cette boue. Je lève enfin les yeux sur son visage, on dit souvent de certains visages qu’ils ont dû être beaux : celui-là ne l’a jamais été, des traits bruts, voire grossiers, une bouche grasse, un cou massif.



Puis regardant autour d’elle, elle se met à marcher, parcourant le cabinet, nue, sans honte de son corps défraîchi, de son triste cul, de ses chairs affaissées.



Alors lentement elle recommence son manège, me tourne le dos, remet son pantalon en se penchant le plus possible, découvrant une touffe de foin noir qui dépasse au bas de ses fesses, la vulve noyée sous la végétation. Elle prend son ordonnance et quitte le cabinet.


Je m’assois à mon bureau, la tête dans les mains. Seigneur ! Vous m’imposez une épreuve, je le sais. Il faut que je garde mon calme. Souviens-toi des mots du Professeur Jean K. : «Oui Messieurs, ce sont des seins, c’est un cul, un trou de femme, le même que celui qui hante vos fantasmes, d’ailleurs le mot Obstétricien signifie : guetter au trou. Vous y mettrez les doigts, vous y introduirez des objets, vous pourrez le toucher, le dilater, l’opérer, mais il devra toujours rester un trou de chair sans visage et sans objet autre que celui de vos études cliniques. Vos blouses blanches sont vos armures et vos limites».


Je n’ai pas le temps de calmer mes angoisses que la porte s’ouvre brutalement sur deux gardiennes, soutenant à bout de bras une femme visiblement incapable de marcher. Son visage est grimaçant, les gardiennes l’installent sur la table. On me tend sa fiche : matricule ER 57894 : Khadija El… 28 ans, préventive.



J’observe ma patiente dont je ne distingue pas le visage sous son voile. Elle se tient le ventre à deux mains et gémit. Je m’approche, soulève sa blouse portée sur un pantalon de survêtement et découvre un tee-shirt. Je tente de le soulever pour accéder à son ventre, et, ce faisant, fais apparaître une combinaison de nylon comme en portaient nos mères. À l’instant où, excédé, je tente d’atteindre enfin sa peau, elle m’en empêche en se recroquevillant pour protéger son corps.


J’appelle les gardiennes qui se précipitent dans le cabinet, comme si ma vie était en danger ; surprises par le calme apparent, elles s’arrêtent subitement. Je leur demande assistance pour déshabiller ma patiente qui se met à crier :



Dès qu’elle est immobilisée, je soulève d’un geste brusque les couches de vêtements qui recouvrent son torse, mettant à jour un soutien-gorge qui paraît très blanc sur sa peau bistre. Je n’ai pas le loisir de m’attarder sur ce détail, je pratique une palpation abdominale, qui me renseigne sur l’état de ses organes internes, rien ne me semble anormal au toucher, je redoute des complications gynécologiques. Le pouls et la tension sont anormaux, la température est élevée. Que faire ? Avec cette patiente qui refuse une simple palpation. Dois-je l’examiner ? Je décide de m’en débarrasser je dis aux gardiennes :



Plusieurs minutes plus tard, Madame Chef, suivie du Directeur de la prison font irruption dans le cabinet, le Directeur tenant le règlement pénitentiaire à la main me dit :



Je suis surpris de constater que les ordres sont donnés immédiatement et que, malgré les hurlements de la femme, les deux gardiennes la plaquent sur la table pendant que Madame Chef lui arrache littéralement son pantalon et sa culotte. Les gardiennes lui retirent ses nombreux tee-shirts, tant et si bien que la malheureuse se retrouve nue avec son soutien-gorge et son foulard défait pour seul vêtement, allongée sur la table devant moi et le Directeur. Et je suis tellement surpris que je n’ai rien prévu, la table est en position d’examen clinique, je ne sais pas où sont les étriers, les spéculums, les doigtiers, la vaseline. S’en suit un flottement, je suis paniqué, je déniche les étriers derrière le paravent, mais comment les fixer ? La femme se débat, et hurle tellement que les gardiennes la bâillonnent. Je m’offusque de ce traitement et en guise de réponse, le Directeur me dit :



Il y avait dans les yeux du Directeur la même colère, dure et froide, que dans ceux de mon père lorsqu’il me grondait, exigeant, brisant ma volonté. Je ne puis résister.


Je me bats avec la partie mobile de la table, pour la faire basculer. La femme se débat, gémit, enfin j’y arrive. Les étriers glissent dans les tubes de support, mais les vis papillon sont grippées, le Directeur excédé me pousse et d’une main forte fixe les étriers. Je m’aperçois avec horreur qu’il ne quitte pas des yeux le bas ventre poilu de ma patiente, et, lorsque j’essaye de poser les pieds de la femme dans les triangles métalliques, j’entends sa respiration devenir rauque, puissante. Elle résiste, se bat, donnant des coups de pied, réussissant à soulever son bassin avec ses fesses musclées. Madame Chef appelle d’autres gardiennes qui viennent en renfort pour lui immobiliser les pieds en position haute.


Je sens la bête qui se réveille, mon souffle est court et me brûle, sa peau est douce, si douce, sa féminité dévoilée, presque obscène. La pilosité est moins abondante sur les grandes lèvres, et la peau est presque brune, bordée de noir, l’arrondi des deux fesses est parfait à peine altéré par l’assise de la table. Je ne dois m’intéresser qu’à son trou, à rien d’autre. Mais bon Dieu ! Ce Directeur qui bave littéralement devant cette intimité interdite, ce Directeur, je n’arrive pas, je ne sais pas, je ne peux pas le renvoyer. Il est trop puissant, trop fort…comme mon père, comme mon père.


La femme est assise en position, totalement nue, les cuisses écartées, maintenue aux épaules et aux jambes par quatre gardiennes, le Directeur s’est positionné face à elle, ouvertement voyeur. J’ai disposé le plateau avec les spéculums, je m’assois sur mon tabouret, me place devant son entrejambe ouvert, j’enfile mes gants, je dépose une noix de vaseline sur le spéculum, avec deux doigts j’écarte délicatement les lèvres, exposant l’orifice vaginal, je mets les bouts du spéculum en place, le fait pénétrer doucement jusqu’au fond du vagin, le cale dans les culs de sacs vaginaux, j’écarte le vagin, bloque la vis. La chair luisante et rose du vagin apparaît, et au fond dans le faisceau de ma lampe, encadré par les langues arrondies et brillantes du spéculum apparaît le col de l’utérus, sa couleur est anormale il est bouffi, sclérosé. Je retire le spéculum, enfile un doigtier et glisse mes doigts dans la fente et, le vagin, je sens les ovaires et les palpe en poussant sur le ventre de mon autre main. Une grosseur sur l’ovaire droit. Sa vulve est chaude, sa peau est douce, si brune, la bête me harcèle, Dieu je dois résister. J’écarte les lèvres, la peau est rose, le clitoris contracté, rien d’anormal cliniquement, mais lorsque les lèvres reprennent leur place et que la vulve se referme sur une fente nette et droite, je sens une bouffée de chaleur m’envahir, comment lutter lorsque je sens le souffle de cet homme dans mon dos, que ces quatre femmes à ses ordres préfèrent tourner la tête plutôt que de protester.



Je me dirige vers ma patiente, dont le visage crispé me bouleverse, je lui explique avec douceur que je me devais de l’examiner pour son bien. Je lui dis que je dois contrôler ses seins, elle ne se bat plus et reste inerte. Je soulève les bonnets de son soutien-gorge, découvrant deux petits globes de pain d’épice, fins et doux. Mes doigts font rouler les mamelles, au bas de mon ventre la bête a réveillé mon sexe qui gonfle à la vue des petits tétons de poupée, du ventre plat, des yeux de biche dessinés au crayon noir, de l’arrondi parfait du visage enfoui dans le foulard. Je dois garder le contrôle, faire des actes techniques, uniquement techniques, ne pas glisser comme à Nice, ne pas laisser la bête prendre le dessus…la bête si douce, le désir qui monte, l’envie de posséder, c’est fort, trop fort en moi. Une toux derrière moi me fait sursauter, la bête s’enfuit, le Directeur est encore là, les yeux répandus sur cette femme nue allongée les jambes écartées devant nous.


J’exige le départ de tout le monde, et prépare une injection d’analgésique que j’administre à ma patiente. Je ramasse sa culotte à terre et lui tends, elle couvre ses seins, se lève tenant sa culotte en main. Je l’aide, je réalise combien elle est belle et mince, elle s’appuie sur moi, je sens sa peau, son odeur de cannelle, la naissance de ses seins, l’arrondi de sa croupe parfaite. Lentement elle remet sa culotte, je ramasse son pantalon. Je l’aide à s’en vêtir. J’appelle Madame Chef pour qu’on la transporte dans sa cellule sur un brancard.


Lorsque le bruit des roulettes de caoutchouc s’éloigne, je comprends que ma lutte est perdue, tout comme mes espoirs, la bête est encore en moi. Lentement les murs de mon bureau s’estompent pour faire place au soleil riant de la Cote d’Azur, le confort cossu de mon cabinet à la Clinique des Rocs : design, matières nobles, matériel dernier cri. Ma secrétaire médicale en uniforme blanc, mes patientes fortunées. Mes patientes si belles, parfumées, enjouées, toujours très détachées des choses de ce monde. J’avais un vestiaire pour qu’elles se déshabillent, une camisole d’examen, mais rien n’y faisait, il fallait qu’elles fassent voir leur lingerie de grands couturiers, quand cela n’était pas carrément sexy. Dieu ! L’examen d’une femme avec un porte-jarretelles et des bas, on ne nous y prépare pas à la fac. Mais aucune ne t’a jamais ouvertement aguiché, non ? Simplement tant de grâces, de beautés autour du fameux trou. C’est à Nice que la bête est apparue pour la première fois. Car durant mes années d’internat, j’ai froidement examiné, palpé, des sexes de femmes, jeunes, vieilles, poilues, rasées, tatouées, dans le sang des menstrues ou les secrétions collantes, les hémorragies et les accouchements sans état d’âme, comme un professionnel. Allons, ne ressasse pas ces souvenirs, oublie leurs corps offerts, ces injections idiotes, tes mains sur leurs hanches, les posséder, les pénétrer…Nooon ! Tu dois résister, te battre.


J’ai encore reçu quatre patientes, dont trois fort heureusement ne venaient que pour une prise de tension et le renouvellement de leurs neuroleptiques. Évidemment, la quatrième m’a réservé une rectocolite avec examen rectal, mais je raconterai cela demain, car cette première journée a été trop forte en émotions.