| n° 09246 | Fiche technique | 26236 caractères | 26236Temps de lecture estimé : 15 mn | 10/06/05 |
| Résumé: Chantal et Charles, guidés par Nofret, entraînent un couple complice vers le Serapeum. | ||||
| Critères: fh fhhh grp conte | ||||
| Auteur : Le Kawjer | ||||
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Suite de : Le Papyrus d’Anubis
La nuit étant belle, nos hôtes voulurent, au travers de nos sens, retrouver l’odeur du vent du soir quand il se lève dans le désert et envahit le delta. Nous débranchâmes la climatisation et ouvrîmes grand les fenêtres. La chambre s’emplit aussitôt d’un air sec et chaud comme celui d’un sèche-cheveux, l’obscurité est plus intense que dans nos villes occidentales, tout juste ponctuée de myriades de lueurs cacochymes en guise d’éclairage public et, dans le lointain, comme des mâts de cocagne, les néons verts de centaines de minarets. Mais grande fut leur déception, tant l’air du Caire empeste un remugle fait d’un mélange de pollutions automobiles, de fumées, de crottin d’âne et de cheval, et de pourriture organique. La nuit était pleine de milliers de coups de klaxon, de pétarades automobiles, de voix et de cris. C’est alors que leurs mémoires nous restituèrent les parfums de jasmin, d’herbe fauchée, des roses du delta, des buffles au joug, de l’eau terreuse des canaux, du limon humide ; pour une fraction de seconde, nos sens avaient réagi à un stimulus vieux de 4000 ans. Chantal se tenait debout contre la fenêtre, nue, légèrement oblique par rapport au mur, ses seins reposaient sur le bord de la fenêtre ; j’avais posé ma queue sur la raie de ses fesses bien rondes et je lui enserrais les épaules, ma joue contre sa joue. Naturellement ma main saisit mon sexe durci et le présenta à la porte du trou délicieux de Chantal qui, sans bouger de son poste d’observation, tendit les fesses pour faciliter l’intromission attendue. Délice de l’épilation, je sentais le velours de ses lèvres, la courbe de ses fesses. Je limais délicatement son vagin humide, comme on fait un échauffement avant une compétition. Devant nous se trouvait un terrain vague, sombre et nu, qui s’étendait jusqu’à l’extraordinaire pagode que le baron Empain avait fait construire ici vers la fin du XIXe siècle. La douceur de la nuit nous caressait tandis que, fatigués, nous nous laissions porter par le bonheur d’être unis par la chair, les yeux ouverts, perdus dans l’infini d’un ciel sans étoiles ; nous nous bercions au rythme de nos bassins, du lent va-et-vient de mon sexe dans son sexe. Le plaisir nous cueillit avec une infinie douceur, dans une fusion simultanée, comme nous n’en avions jamais connu jusqu’alors.
La sonnerie du téléphone nous réveilla en sursaut, la nuit avait été courte, et le programme de notre séjour touristique en Égypte continuait ce matin-là : visite de Saqqarah, Gizeh et après-midi au Khan-Khalili. Après une rapide toilette et nous être vêtus, nous rejoignîmes notre groupe. Mme Guirguiss, notre guide, une femme d’un certain âge, nous accueillit à la table du petit déjeuner avec son accent chantant et rocailleux et ses expressions d’un autre siècle. Chantal portait sur son crâne nu un foulard à la pirate, elle avait souligné ses sourcils absents d’un trait de crayon, et j’avais, pour ma part, couvert ma tête d’une casquette siglée par une célèbre marque de vêtements sportifs. Nous ne passâmes pas inaperçus, mais tous nos compagnons de voyage eurent la bienséance de ne pas nous poser de questions sur cette soudaine absence de pilosité. Sac au dos, en rang dans une file désordonnée, nous gagnâmes notre place dans le bus qui nous attendait, moteur au ralenti ; l’air y était si frais que Chantal frissonna, elle portait un simple tee-shirt porté sur une courte jupe droite en toile écrue. Lorsqu’elle fit glisser ses fesses depuis le siège couloir vers le siège fenêtre, elle écarta les cuisses pour prendre son appui et faire pivoter son bassin, découvrant ainsi sa fente rose et serrée et son pubis rasé, une exposition suffisamment lente pour être aperçue par la jeune femme qui me suivait dans la file.
Elle se contenta de pouffer de rire. Mon regard croisa le regard fuyant de la jeune femme qui venait de prendre place dans la même rangée de sièges de l’autre côté du couloir ; elle se pencha vers l’homme qui était à ses côtés, lui parla à l’oreille, il avança son buste et tourna la tête vers nous, avant de reprendre brusquement sa place sous les assauts de nos regards conjugués.
J’observais la femme à la dérobée, elle était très petite, un très beau visage fin presque maigre posé sur un très long cou, ses cheveux raides étaient mi-longs, de cette couleur, propre aux gens du Nord, qui oscille entre le blond et le jaune pâle, couleur qui nous parle de l’absence de lumière, et, bien sûr, elle avait la peau très blanche. J’avais pu juger, lorsqu’elle se tenait derrière moi, de sa très petite taille, 1m50 au maximum, mais aussi de la grâce de ce petit corps tout en proportion harmonieuse, à l’exception de sa poitrine qui paraissait trop ronde pour un si petit corps.
Madame Guirguiss, debout à l’avant du bus, nous expliqua au microphone que Salah Salem, l’autoroute sur laquelle nous roulions, était le grand axe est/ouest qui traverse le Caire, comme autrefois la course du soleil traversait le monde des vivants vers le monde des morts. Monde des morts que, nous dit-elle en roulant délicieusement les « r », nous allions rejoindre après avoir traversé le Nil en direction du plateau de Gizeh. Mais, avant cela, elle nous invitait à observer sur notre droite les murs puissants de la Citadelle de Salah El Din (le célèbre Saladin des croisades) et la mosquée ottomane qui la couronne ; et, sur notre gauche la célèbre cité des morts avec ses mausolées Mameluk et Fatimides, qui, nous expliqua-t-elle, de l’état de cimetière était devenue ville des vivants en raison de la pression démographique liée aux réfugiés de la Guerre de Six-Jours. Ce qui montre que dans l’Égypte d’aujourd’hui, la vie et la mort s’entremêlent toujours comme au temps des Pharaons.
La vie et la mort : nous étions la vie, Nofret et Rahotep étaient la mort, et nous cohabitions ensemble, tout comme les vivants d’aujourd’hui avaient phagocyté les tombes des anciens, nos hôtes avaient élu domicile au creux de nos sens. Depuis cette matinée extraordinaire au musée du Caire, le cours de notre vie avait changé. Nofret et Rahotep, qui avaient partagé un amour si grand qu’ils avaient réussi à lui conférer l’éternité, nous apprenaient combien sont courtes les heures qui nous séparent du dernier jour, combien sont futiles les déchirures d’amour-propre, les conflits ridicules pour un tube de dentifrice mal rebouché ou la volonté d’avoir raison à tout prix. Nous ressentions au fond de nous-mêmes toute la puissance de leur amour et comprenions que, loin de nous nuire, cette force nous servait.
Cette large avenue, que notre autobus parcourait à tombereau ouvert, était grouillante d’une vie qui débordait des trottoirs sur la route, une humanité souriante et bigarrée qui ne semblait pas incommodée par la fureur de la circulation. Aucune harmonie ici, tout n’est que désordre, rien n’est fini, rien ne paraît sérieux. Nous aperçûmes, par-dessus le parapet d’un grand pont, un bout de la peau du Nil qui se perdait dans la ville ; puis notre bus s’engagea dans une immense avenue bordée d’immeubles tristes : Pyramides road, (sharia al Arham notais-je d’après la prononciation de Mme Guirguiss), nous nous penchions tous pour voir naître à l’horizon les triangles magiques, mais la forêt urbaine cachait les monuments de l’empire disparu. Ce ne fut que lorsque l’autobus s’engagea vers un autre itinéraire que nous aperçûmes cette image rarement vue de la 7e merveille du monde sertie dans la verdure. Saqqarah était notre destination.
Très vite, la ville lâcha prise et apparurent, entre les immeubles, des taches de verdure, puis des champs, puis des palmeraies. Nous eûmes le sentiment que le temps s’était arrêté ; devant nos yeux et le cliquetis frénétique de nos caméras, la route courait le long d’un canal, des champs s’étendaient à perte de vue, un bœuf actionnait une noria qui puisait l’eau vers les parcelles de terre grasse, des paysans étaient courbés sur leur labeur. Rahotep ressentait mes impressions et me parlait de ses champs quand, après la saison de l’Akhet consacrée aux travaux de Pharaon, arrivait celle de Choumou qui apportait les chaleurs et les moissons du mois de Mesore, qui, si elles étaient bonnes, donnaient lieu à de grandes réjouissances populaires et des processions vers les temples. Il me parlait des paysans dont les sens étaient exacerbés par la récolte du chanvre, et que Nofret convoquait par groupes de huit ou dix dans les huttes de paille réservées aux scribes. Elle aimait les corps musclés, souillés de terre et encore mouillés de transpiration des hommes et des femmes de leur domaine, simplement vêtus de pagnes de coton grossier, ils étaient vites nus et, excités par les fibres de chanvre inhalées, ils s’adonnaient goulûment aux plaisirs du sexe. C’était des gens frustes, leurs ébats étaient brutaux, les femmes étaient prestement troussées et enfilées. Elles ne protestaient pas, car c’était leur quotidien. Rahotep et Nofret aimaient se repaître de ce spectacle orgiaque et grossier, se caressant et se cherchant mutuellement celle et celui qui resteraient pour assouvir leurs besoins dans une partie à quatre. À chaque nouvelle saison de Choumou, c’était bien sûr les jeunes adultes repérés l’année précédente et devenus matures qui les intéressaient. Nofret avait un talent sans commune mesure pour repérer les plus beaux spécimens de tout le delta du fleuve Dieu. Cette moisson de jouvence était retenue dans la hutte, tandis que les autres, apaisés, retournaient à leurs tâches. Grande était leur joie, car être choisi par le Seigneur était un immense honneur, qui verrait la famille recevoir un lopin plus important après la prochaine crue, et si, d’aventure, un fruit mâle naissait du ventre de la jeune fille, c’était une grande bénédiction, car il irait s’enrichir de butin au sein de l’armée de Pharaon. Rahotep et Nofret initiaient ces jeunes aux arts délicats de l’amour et spécialement ceux de la fellation que Rahotep aimait recevoir et donner, et celle du cunnilingus entre hommes et femmes et entre femmes. Mais, plus que tout, Rahotep aimait sodomiser hommes et femmes. Il y apportait un soin particulier, une touche personnelle, qui rendait douce la pénétration de son membre dans de jeunes anus réticents. Nofret se moquait tendrement de son goût immodéré pour les culs, elle qui aurait vendu le retour de la Barque du Soleil pour un long soixante-neuf avec une jeune pucelle.
Le bus s’engagea sur une route étroite qui grimpait au-dessus des palmeraies qu’on apercevait en contrebas, le désert avait pris possession de l’horizon, un désert de sable et de pierrailles. On aperçut sans mal les degrés de la pyramide de Djoser et son mur d’enceinte fait de refends en pierre polie par le temps. Le bus rejoignit nombre de ses congénères garés sur un parking, déjà plein de groupes vociférant au milieu d’une nuée de vendeurs à la sauvette. Lorsqu’il fut immobilisé, nous nous levâmes en file indienne, courbés dans l’allée centrale, Chantal me suivait, et le compagnon de la délicieuse poupée diaphane la collait de très près, tant elle avait tenu à répéter son exhibition du départ.
Mme Guirgiss nous rassembla à l’ombre du bus et nous donna les consignes et le programme de la visite. Tous groupés sagement derrière son panneau « Nil Voyages », nous pénétrâmes sous le dais de béton qui couvre la colonnade de la porte principale du complexe du Roi Djoser qui comporte, comme je l’ai indiqué plus haut, plusieurs centaines de fausses portes et une, seulement, qui est authentique. Rahotep avait bien sur « vécu » les outrages des millénaires sur sa propre tombe, mais je ressentis son vague à l’âme en pénétrant dans les ruines de ce qui fut un lieu de grande ferveur et le berceau du culte d’Imhotep, le grand architecte devenu Dieu. Il avait également une énorme réticence à entrer dans le domaine des morts. Chantal, toujours suivie par son chevalier servant, marquait la même hésitation, preuve de la force des tabous et des interdits. Après avoir visité plusieurs mastabas, nous ne pûmes nous engager dans le couloir bas qui mène à la pyramide du Roi Ounas. Le malaise nous gagna et Chantal dut s’asseoir sur un linteau de pierre. Le jeune couple l’y rejoignit, l’homme s’enhardissant à proposer sa bouteille d’eau à Chantal, qui ne la refusa pas.
Jacques et Béatrice étaient de Paris, ce qui prouve que toutes les femmes blondes à la peau blanche ne sont pas de Lille. Comme nous, mariés depuis plus de deux ans, sans enfant, ils s’offraient l’Égypte de leurs rêves. Sympathiques et curieux, nous n’eûmes aucun mal à séduire Jacques qui cachait mal son trouble, mais Béatrice était méfiante et avait vu la manœuvre de Chantal dans le bus. Elle tentait de nous convaincre de rejoindre le groupe. C’est alors que Chantal, conseillée par Nofret, proposa avec autorité de quitter le groupe et de nous rendre directement à la nécropole des taureaux Apis, que les Grecs avaient surnommée le serapeum. Sans attendre la réponse, elle prit le bras de Béatrice et se dirigea en contrebas vers un bâtiment de béton moderne en ruine. Elle marchait avec l’assurance de celle qui connaît les lieux et nous guida sans peine dans les allées de sable, vers une volée de marches qui descendait dans une crypte. Creusée dans le sous-sol, cette nécropole accueillait les sarcophages des taureaux Apis, logés dans de monumentaux hypogées creusés de part et d’autre d’une allée circulaire et poussiéreuse. Sans porter la moindre attention aux énormes sarcophages de granit qui gisaient brisés dans leurs chapelles, elle nous poussa vers la crypte la plus éloignée de l’entrée, sauta par-dessus les barrières et, longeant le monolithe, elle déchiffra par la voix de Nofret les hiéroglyphes gravés sur les flancs, laissant Jacques et Béatrice béats et incrédules. Ses incantations étranges s’envolaient vers les voûtes de pierre, puis elle poussa sur l’anneau d’une clef Ankh gravée à l’extrémité et, devant nos nouveaux amis anéantis par la surprise, elle entreprit avec une facilité déconcertante de faire pivoter les centaines de tonnes du cercueil de pierre qui, mollement, dans un crissement de gravier moulu, se prêta à cette sollicitation sans rechigner, découvrant un passage et un escalier. Sortant de la poche de son sac une lampe maglight, elle nous fit signe de la rejoindre.
Je dus porter Béatrice, à cause de sa petite taille, pour la remettre à Jacques en lui faisant franchir les barrières métalliques. Je sentis, sous le tissu de sa robe, les os de ses côtes, le bandeau et l’agrafe de son soutien-gorge tendu par ses gros seins, et la peau de ses cuisses sur mes avant-bras. J’entrevis un instant, au moment où Jacques se saisit d’elle, le triangle blanc de sa culotte. Elle était tendue comme un arc de bois. Nous suivîmes Chantal qui plongeait dans le passage, précédée d’un cône de lumière blanche.
Une trentaine de marches nous conduisirent vers le milieu d’une chambre funéraire à l’image de celles que nous venions de voir dans les mastabas de Saqqarah. Cette salle était vide à l’exception d’un autel de pierre situé en son centre. Nous sentions la fraîcheur de l’air sur nos chevilles. L’air frais y circulait grâce à des conduits d’aération qui partaient sans doute vers la surface. Chantal, sans aucune hésitation, manipula une moulure représentant sans équivoque un sexe et une énorme paire de testicules, et enclencha la fermeture du lourd sarcophage qui, en reprenant sa place, nous plongea dans les ténèbres. J’avais moi aussi prévu de me munir de ma lampe maglight qui, conjuguée à celle de Chantal, nous offrit assez de luminosité pour admirer les fresques polychromes presque intactes qui décoraient les murs. Scènes classiques de la mythologie égyptienne et du panthéon des Dieux de l’ancienne civilisation. Mais était ici magnifiée la création du monde par le Dieu Amon qui, le sexe bandé, avait, dans une masturbation divine, engendré dans le creux de sa main toutes les choses du ciel et de la terre. Apis, représenté sous la forme d’un taureau, symbolisait ici l’endurance et la fertilité des couilles du taureau comme un répons au sperme créateur du Dieu Amon. Terrifiée, Béatrice s’était réfugiée dans les bras de son mari qui tentait de la rassurer. Chantal repoussa doucement Jacques, s’approcha de Béatrice, la prit dans ses bras et lui parla d’une voix douce, et celle-ci sembla se détendre, bien que nous n’entendions rien de leur propos,. Depuis notre descente dans le tombeau, je sentais Rahotep devenir, comment dirais-je, pas hilare, mais moqueur. J’en compris le pourquoi lorsque Nofret par la voix de Chantal nous expliqua la signification de cette chambre :
Si l’impétrante était d’accord, elle signait le papyrus. Elle était ensuite conduite aux étuves où on l’épilait, la rasait intégralement et la purifiait dans plusieurs bains parfumés. Elle recevait un trousseau constitué de plusieurs tuniques du lin le plus fin, de sandales de roseau tressé, d’un petit sac au bout d’un collier contenant des textes magiques. Ces tuniques très courtes ne couvraient le haut du corps que jusqu’au nombril, laissant de la sorte les parties génitales, récepteur de semence, à la libre disposition des envies du Divin parmi les Dieux : le Viril et Fertile Apis. Elles étaient ensuite conduites vers le couvent du temple pour servir leur temps de pénitences et de prières.
Cette période durait 3 mois durant lesquels elles devaient servir les Prêtres Dieux, qui n’étaient, eux, liés par aucun serment. Aussi ne se privaient-ils pas pour harasser ces femmes aux rondeurs et intimités nues et offertes. Cela faisait partie de la retraite avec un seul interdit : le con de la femme ne pouvait en aucun cas être forcé sans son contentement. Nombre d’entres elles tombaient dans le piège et, après avoir offert leur trou d’amour à un séduisant Prêtre-Dieu dans une alcôve du couvent, elles ouvraient les yeux, sortant de l’extase, entourées par des dizaines d’autres Prêtres spectateurs de l’ombre qui la conspuaient. Elles devaient alors, en guise d’expiation, les contenter tous les uns après les autres ; les Prêtres Dieux, suivant en cela le modèle du Roi des Dieux, savaient récupérer leur sperme dans des coupelles en or pour être ensuite offert en holocauste au Divin parmi les Dieux : le Viril et Fertile Apis. Les femmes souillées étaient chassées du couvent.
Chaque matin on célébrait le retour de la Barque du Soleil et, le miracle de la création recommencée, on offrait au Divin parmi les Dieux : le Viril et Fertile Apis un massage de sperme. Cette semence était fraîchement recueillie, par les novices, sur le gland des Prêtres Dieux par tout moyen à leur convenance : masturbation, fellation, mais aussi sodomie étaient admises. Recueillie dans les offertoires, la laitance était appliquée sur les couilles du Taureau Vivant de la main même des femmes initiées. Et chaque soir pour le voyage au pays des morts, ces initiées recueillaient les fluides du Taureau Vivant.
À l’issue des ces trois mois de servitudes, si elles n’avaient succombé à aucune tentation charnelle, si elles avaient servi humblement le Divin parmi les Dieux : le Viril et Fertile Apis, elles étaient conduites au cœur du temple, le Naos, et y subissaient une inspection intime par les Maîtres du Dieu, qui devaient s’assurer de la dimension du vagin, de la souplesse du con, de la largeur du bassin, de la fermeté des mamelles, toutes choses qui devaient garantir la réussite de la procréation par le Divin parmi les Dieux : le Viril et Fertile Apis. Elles devaient jeûner pendant une semaine, au cours de laquelle elles écoutaient les Maîtres psalmodier les textes sacrés et les textes magiques. Elles ne portaient désormais plus rien d’autre sur le corps que la plaque pectorale en or et les boucles d’Oreilles des vestales du Divin parmi les Dieux : le Viril et Fertile Apis, ainsi qu’une chaînette de maillons d’or autour de la taille. Initiées au secret du culte, elles devaient servir le Taureau Vivant pendant un mois : nettoyer sa chapelle, le masser plusieurs fois par jour, le caparaçonner pour les cérémonies, vernir ses cornes, y sertir le disque d’or, mais surtout procéder à la masturbation vespérale de l’énorme membre en vue de recueillir la vie qui accompagnera la Barque du Soleil dans sa course nocturne vers la renaissance.
Enfin, le dernier jour de ce mois de dévotions, elles étaient admises dans la chambre de fécondation, celle-ci même où nous nous trouvons actuellement. Si vous regardez le plafond, nous dit-elle en braquant le faisceau de sa lampe vers la voûte, vous y découvrirez une réplique du fond du sarcophage duquel sortent des testicules de taureau. En effet, dans le cercle de lumière se dessinaient, pendues à un cube sculpté dans la roche taillée, une énorme paire de couilles pendantes au milieu desquelles se trouvait un trou béant. Chantal nous apprit que ce trou servait à recevoir un immense sexe de taureau en bois d’if qui, par un jeu de poulies et de cabestans pouvait se mouvoir de haut en bas à la manière d’une barrière. Elle nous montra les débris de bois et cordes putréfiés qui gisaient sur le sol. Vous remarquerez également, dans la lumière de ma lampe, que ce petit cube de pierre posé sur le sol se trouve, sous le sarcophage, à une distance calculée du jeu de testicules. Remarquez également les encoches dans la pierre du cube, où venaient se loger des supports en bois. Il s’agit en fait d’une table sacrificielle, sur laquelle s’allongeait la femme stérile ; ses jambes liées aux supports de bois étaient écartées, les Maîtres déposaient les amulettes magiques sur son corps, invoquant le Maître de Tout, le Tout Puissant, le Magnifique, Notre Dieu : Amon. Le vagin de la femme était préparé au moyen de petits rondins de bois au bout arrondi enfoncés délicatement pour faire naître le désir. Dans le même temps, le membre de Taureau était lentement abaissé et venait se positionner directement entre les cuisses de la femme, symbolisant la saillie du Divin parmi les Dieux : le Viril et Fertile Apis. Les litanies des Maîtres rythmaient ces instants intenses. Depuis un trompe-l’œil situé dans ce coin, dit-elle en désignant un espace sombre, sortaient les Prêtres Dieux. La Bite Divine était creuse ; un par un, les Prêtres Dieux y prenaient place et glissaient leur sexe dans un orifice prévu à cet effet, les Maîtres guidaient le bassin de la femme, qui, pénétrée, se croyait saillie par le Divin parmi les Dieux : le Viril et Fertile Apis, puis un autre Prêtre prenait sa place et honorait la femme et ainsi de suite, car les Maîtres, en multipliant les éjaculations, croyaient augmenter les chances de fécondation. Puis les femmes étaient reconduites, éblouies par la virilité du Divin parmi les Dieux : le Viril et Fertile Apis dont elles chanteraient désormais les louanges jusqu’à la fin de leur vie.
Nous nous étions regroupés autour de la table de fécondation, la touchant de nos mains, sans avoir remarqué que Béatrice, restée à l’écart, pleurait avec de courts sanglots ; aussitôt Jacques se précipita vers elle, elle s’effondra dans ses bras :
À suivre…