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Temps de lecture estimé : 28 mn
03/04/05
Résumé:  Content, ravi, enchanté par ma relation avec Juliette, je reste néanmoins troublé par les charmes de sa soeur.
Critères:  fh jeunes profélève amour intermast cunnilingu pénétratio jeu
Auteur : Yann Perrin

Série : Chronique de mon passage à la villa

Chapitre 02
Le jeu de rôle


Le cours s’acheva et je me dépêchai de quitter Magali pour essayer de retrouver Juliette. J’avais eu le temps de réfléchir un peu, pendant que Magali faisait ses exercices, à ce qui venait de se passer entre Juliette et moi et j’avais pris une décision. Le fait qu’on se soit jeté l’un sur l’autre n’était pas anodin et je voulais que cela aboutisse à quelque chose. J’avais vraiment le béguin pour elle, ce n’était pas juste une pulsion passagère. Malheureusement, Juliette n’était plus là et Michelle m’expliqua qu’elle venait de partir. Dépité, je quittai donc la villa, me demandant ce que Juliette pensait de ce qui s’était passé. M’en voulait-elle de l’avoir laissé, sans un mot, pour aller donner un cours à sa sœur, ou bien n’avait-elle aucune envie d’aller plus loin avec moi ? Autant de doutes qui m’habitèrent toute la soirée et j’espérai vraiment la voir le lendemain matin. Juliette avait pratiquement toujours été là depuis que je donnais des cours à Magali. On aurait sans doute la possibilité de parler. Je pourrai lui donner un rendez-vous pour l’après-midi, par exemple.


Le matin, j’arrivai donc plein d’espoir à la villa. Ce fut une nouvelle fois Michelle qui m’ouvrit et je montai directement jusqu’à la chambre de Magali. En passant devant l’atelier de peinture de Juliette, dont la porte était fermée, je me repassai les évènements de la veille en tête avec, à n’en pas douter, un sourire idiot. Pourtant, j’étais très angoissé à l’idée de croiser Juliette dans le couloir, là, tout de suite. Je préférai infiniment la voir après le cours. Je frappai donc à la porte de Magali et la voix encore endormie de celle-ci me répondit « une minute ! ». Décidément, cela faisait deux fois que l’on reportait le cour à la matinée, et cela faisait deux fois que je réveillai mon élève. Il était dix heures, ce n’était tout de même pas les aurores ! Cela me fit penser à la fois précédente où le cour avait eu lieu le matin. Juliette avec sa serviette qui nous avait interrompu… Décidément, mes pensées n’arrivaient pas à se défaire d’elle, j’étais vraiment mordu ! La porte s’ouvrit sur une Magali encore plus hirsute que la dernière fois. Elle me regarda un moment, comme si elle se demandait ce que je faisais là, puis sembla se souvenir du cours.



Elle me fit entrer et alluma le plafonnier, les volets encore fermés ne laissant filtrer aucune lumière. La dernière fois que je l’avais réveillée, il ne m’avait pas semblé autant la prendre au dépourvu. Elle n’était pas maquillée, pas coiffée et portait un long t-shirt qui lui descendait presque jusqu’aux genoux, un t-shirt noir avec une tête de mort, évidemment. Elle, qui portait souvent des minijupes, me laissait une fois de plus admirer ses jolies jambes. Une odeur persistante mais pas désagréable, peut-être une odeur de transpiration, flottait dans la pièce. Magali n’avait pas eu le temps d’aérer sa chambre et les nuits chaudes du moment suffisaient à expliquer ces effluves, assez enivrantes, je dois bien l’avouer. Cela me fit une impression étrange, comme si sentir son odeur me faisait entrer d’un nouveau pas dans l’intimité de mon élève.



Plus que troublé, je compris qu’elle parlait de se changer, là, dans cette pièce.



Ses petits yeux endormis se tournèrent vers moi, comme si elle n’avait même pas pensé que cela pouvait être embêtant. Elle sourit et dit :



Elle m’indiqua le mur face à son bureau et j’obéis bien sagement, me souvenant très bien du petit miroir qui m’avait déjà permis d’observer Juliette choisir des vêtements dans l’armoire quelques jours auparavant. Je me souvins aussi que Magali m’avait semblé tout comprendre de mon manège ce jour-là. Etait-elle encore trop endormie pour y penser ou faisait-elle tout ça à dessein ? Je vis donc, grâce au petit miroir, Magali ouvrir son armoire. Elle la parcourut un moment des yeux, puis fit avec une voix rieuse :



Elle décrocha un cintre sur lequel reposait une petite robe d’été à fleur qui n’avait, effectivement, pas grand chose à voir avec le reste de sa garde-robe.



Le moment attendu arrivait. Elle reposa le cintre puis commença à retirer son t-shirt. J’avais la gorge nouée et je commençai même à avoir très peur de me faire surprendre, mais Magali me tournait complètement le dos et, lorsqu’elle ôta son t-shirt, seul celui-ci fut offert à ma vision. Elle ne portait plus qu’une culotte toute simple en coton qui laissait deviner de jolies fesses rondes et mon regard remonta du bas de son dos sur ses hanches, jusqu’à ses omoplates, pour finir sur ses épaules. En fait, ce fut très fugace car elle enfila aussitôt la robe, sans me laisser la moindre chance d’apercevoir ne serait-ce qu’un sein. Et pourtant, la vision de son dos, qui n’est pourtant pas la partie du corps la plus cachée aux regards voyeurs comme le mien, m’émut et me laissa un bon moment dans un état étrange. Je fis attention à détourner mon regard du miroir pendant qu’elle se dirigeait vers la fenêtre pour ouvrir les volets. Elle vint finalement s’asseoir à côté de moi et me fit un sourire.



Dissimulant mon trouble, j’acquiesçai mais je ne pus m’empêcher de la parcourir une nouvelle fois du regard. Dans cette robe colorée et sans maquillage, elle ressemblait beaucoup plus à Juliette que d’habitude. Autant dire que je la trouvais magnifique. Magali dut se méprendre sur mon regard car elle me dit :



Son sourire était évidemment moqueur et je la regardai intrigué.



Qu’avait bien pu lui dire Juliette pour qu’elle balance ça comme ça ? Magali était-elle au courant de ce qui s’était passé ou essayait-elle juste de me taquiner ?



J’étais surpris qu’elle parle de cela avec amusement. J’avais cru déceler une petite pointe de jalousie auparavant chez Magali et je ne la retrouvai pas là. J’étais presque déçu, avant de me dire que c’était ridicule. Magali m’annonçait que Juliette voulait me voir et je faisais la fine bouche ! J’étais vraiment à côté de mes pompes.



Et nous commencèrent le cours sur les suites géométriques qui, bien que pas passionnant, me permit de reprendre petit à petit mes esprits.


La fin du cour touchait à sa fin et le stress revint me hanter car je pensais déjà à la confrontation avec Juliette. Que voulait-elle me dire ? En fait, je n’avais pas vraiment de raisons d’être angoissé, car si je ne savais pas ce qu’elle voulait me dire, je savais parfaitement ce que moi, je voulais lui dire. Et si j’en jugeais sur la manière dont elle s’était ruée sur moi la veille, je ne devais tout de même pas la laisser indifférente. Au moment où je sortais de sa chambre, Magali me rappela que je devais attendre sa sœur et j’acquiesçai assez machinalement. Cela la fit sourire et je la quittai sur cette preuve flagrante de mauvais esprit.


Il n’y avait personne dans le salon (cette maison était de toute façon beaucoup trop grande pour le nombre de personnes qui y habitait de manières régulières. Je n’avais encore croisé ni le père ni la mère de Juliette et Magali. C’était Michelle, la femme de ménage, qui semblait être la plus présente.). Je m’assis donc dans le canapé, attendant que Juliette pointe le bout de son nez. J’avais l’impression d’attendre pour passer un entretien d’embauche et imaginais Juliette derrière un bureau me scrutant, une feuille à la main. « Il est écrit ici que vous avez eu trois copines sérieuses. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi cela n’a pas fonctionné avec elles ? ». Je faillis rire tout seul, dans ce canapé, et cela aurait sans doute parut étrange pour Juliette qui venait d’entrer avec une amie.



Il y avait une légère gêne dans son ton mais, parallèlement à ça, je fus transpercé par son regard passionné. Personne ne m’avait jamais regardé comme ça, avec autant d’amour dans les yeux. J’en étais bouleversé et des fourmillements parcouraient l’ensemble mon corps. Sur le moment, mon regard devait être au moins aussi explicite que le sien. Je ne sais pas si je crois au coup de foudre, mais l’intensité de nos regards échangés fut pour moi ce qui s’en rapproche le plus, nous plongeant l’un et l’autre dans un maelström d’émotions. Son amie ne pouvait pas ne pas remarquer ce qu’il se passait et je notai du coin de l’œil une moue dubitative, voire boudeuse.



J’en tremblais presque.



Elle ne me présenta même pas et je compris qu’elle avait déjà du parler de moi à son amie. J’aurai tout donné pour savoir ce qu’elle avait pu dire. Nadège, comme je l’avais déjà remarqué, ne semblait pas transportée de joie de me rencontrer et je m’interrogeai sur la raison d’un tel scepticisme. Pensait-elle que j’allais faire du mal à Juliette ? Etait-elle inquiète, comme seule une meilleure amie peut l’être, lorsqu’une histoire d’amour débute ? Se voyait-elle ramasser les morceaux ? C’était en tout cas bien étrange. Juliette vint s’asseoir à côté de moi et Nadège s’installa sur un fauteuil en face. Sans hésitation, je pris la main de Juliette dans la mienne et ce contact était un des plus sensuels que j’ai jamais eu. C’était assez incroyable, j’avais l’impression d’être un véritable adolescent. Finalement, nous n’avions même pas eu à nous parler pour rendre les choses claires. Juliette m’expliqua que Nadège était dans sa classe au collège puis au lycée et elle me raconta quelques anecdotes sur sa copine, comme si elle voulait à tout prix que je l’adopte sur le champ. Je trouvai cela touchant et j’étais d’humeur à accéder à n’importe laquelle de ses requêtes. Ce n’était, par contre, pas le cas de Nadège qui semblait de plus en plus mal à l’aise. Au bout de cinq minutes à peine, elle se leva, expliquant à Juliette qu’elle devait y aller. Juliette paraissait ne pas voir la mauvaise humeur de son amie et elle la raccompagna simplement jusqu’à la porte. Lorsque Nadège s’en fut allé, elle revint s’asseoir à côté de moi, reprenant exactement la même place qu’elle occupait. Elle me reprit la main, comme si en changeant quelque chose à nos positions respectives, toute la magie du moment allait disparaître. Elle me regarda avec un sourire éclatant qu’elle essaya de dissimuler en tournant les yeux.



Nous nous embrassâmes alors et ce fut l’un des plus longs baisers qu’il me fut donné d’échanger. Nous passâmes la journée entière ensemble, collés l’un à l’autre comme les deux amoureux que nous étions. Nous nous sommes baladés dans Paris, pour montrer notre bonheur au plus grand nombre et, assis sur les pelouses du jardin du Luxembourg, nous avons longuement parlé et nous nous sommes confiés nos petits secrets. Une seule fois, nous avons reparlé de ce qui s’était passé la veille, lorsque Juliette m’avoua qu’elle avait vraiment craint de me revoir le matin même, après ce qui s’était passé la veille. Elle était un peu rouge et je lui souris pour la rassurer.



Elle semblait rassuré et nous nous embrassâmes une nouvelle fois. Après un prélude assez chaud, nous vivions maintenant la phase romantique de la bluette et j’espérai bien pouvoir profiter un moment de cette phase de « sublimation » de l’autre. De cristallisation, disait Victor Hugo. Nous allâmes manger dans une petite crêperie rue des Arts, en tête à tête. Dans la soirée, après un dernier verre ensemble du côté de Saint-Germain, nous repartîmes chacun de notre côté en se donnant rendez-vous le lendemain après-midi, après le cours de Magali. Je proposai bien de la raccompagner jusqu’à chez elle mais elle refusa en expliquant qu’aussi charmant que puisse être son chevalier servant, elle pouvait bien rentrer seule. Je n’insistai pas en craignant qu’elle se méprenne sur les raisons qui me poussaient à vouloir la raccompagner. J’avais expliqué que nous avions tout notre temps et comptais bien le lui prouver, mais pour qu’elle en soit sûre, je me montrerai irréprochable.


Le lendemain, Magali vint m’accueillir et je vis tout de suite qu’elle était au courant pour Juliette et moi. Comme la veille, elle prenait cela avec humour et se moqua une nouvelle fois de moi par le biais de petites phrases : « tu sais pas dans quoi tu t’engages », « je te souhaite bien du courage », « elle est mignonne, ma sœur, mais elle peut être infernale, tu vas vite t’en rendre compte ». Cela l’amusait beaucoup et, après réflexion, moi aussi. Mon statut avait changé aux yeux de Magali. Je n’étais plus le prof de math et elle se laissait à parler un peu plus de choses personnelles ou à me demander assez librement ce que je pensais de tel groupe ou de tel film. À la fin du cours, nous eûmes ainsi une longue discussion sur les jeux de rôles. Elle m’expliqua qu’elle en faisait régulièrement et comme je semblai intéressé, contrairement à sa sœur j’imagine, elle essaya de m’expliquer le déroulement de ces jeux.



Cela me fit rire car j’étais étonné que Magali paraisse vouloir à ce point me faire découvrir quelque chose.



Sur cette promesse assez vague, je la quittai pour rejoindre Juliette dans sa chambre. Elle relisait des cours mais lorsque je fis mon apparition, elle laissa tout de côté et m’invita à m’asseoir. C’était la première fois que j’entrai dans sa chambre, qui était bien à l’image de son occupante, un mélange entre un classicisme de bon aloi et une vision un peu plus déjantée d’une artiste à part entière. Plusieurs toiles y étaient disposés et j’étais assez fier des talents artistiques et des goûts de ma copine. Ma copine. J’aimais à me le répéter.



Juliette eut un léger rire cristallin.



Elle tordit un peu la bouche de manière à me montrer qu’elle comprenait que c’était une soirée un peu chargée.



Elle me fit un regard plein de malice.



Cela ne me dérangeait pas le moins du monde, j’étais ravi. Je me fis la réflexion que Juliette me menait déjà par le bout du nez et j’adorai ça.



La soirée se passa donc comme prévu. Cela débuta par le dîner avec Magali et sa mère durant lequel je pus faire quelques observations intéressantes. Si Magali me parlait maintenant assez facilement, elle ne dit pratiquement pas un mot de la soirée. Ce ne fut pas le cas de Dominique, sa mère, qui accapara la conversation. Même Juliette semblait résignée et elle me lançait des regards où je devinais une légère honte face à cette mère un peu envahissante. Dominique n’était pas désagréable en soit et elle commença par me poser quelques questions, notamment sur les cours de Magali. Celle-ci s’enfonça encore plus dans un mutisme boudeur pendant que je faisais mon possible pour répondre de manière amusante pour dérider tout le monde. Mais très vite, Dominique partit dans un monologue durant lequel elle m’expliqua avec forces détails son travail de directrice de galeries. Elle me parlait d’une manière très étrange car il me semblait qu’elle se serait adressée de la même manière à un gosse de 7 ans qu’au président de la République. Finalement, dans son discours, peu importait qui j’étais et ce que je savais ou non d’une galerie d’art. Magali était déjà montée depuis longtemps lorsque Juliette finit par l’interrompre, expliquant qu’on était attendu et je compris mieux pourquoi elle avait prévu de rejoindre ses amis, et par le fait même, de nous sortir du guêpier tendu par sa mère.


Dès que nous fûmes sortis, Juliette s’excusa de l’attitude un peu narcissique de sa mère et je sentis une réelle amertume dans ces propos. Jugeant qu’il serait déplacé de dire que sa mère ne m’avait pas dérangé du tout, je lui dis simplement qu’il n’y avait pas de soucis. Nous nous dirigeâmes donc vers Châtelet pour rejoindre ses amis. Lorsque nous entrâmes dans le bar où nous avions prévu de nous retrouver, je remarquai aussitôt que Nadège ne paraissait pas plus contente de me voir que la veille ! Nous allâmes nous installer à la table qu’occupait Nadège et les deux autres personnes dont Juliette m’avait déjà parlé. Je fis ainsi la connaissance de Jeanne, une jolie asiatique, et de son copain Steph. Le couple me parut aussitôt mal assorti et je me morigénai mentalement d’un tel point de vue. Jeanne était une fille plutôt discrète avec une vraie bienveillance dans le regard et , si nous parlâmes assez peu, les quelques fois où ce fut le cas, elle écoutait avec beaucoup d’attention ce que je lui disais. Steph, par contre, n’arrêtait pas d’aborder des sujets, aussi divers que variés, avec une intention évidente de nous faire partager son point de vue, voire d’y adhérer. Son côté moqueur n’était malheureusement pas très amusant et même, souvent lourdaud. Il me fit l’impression d’un mec très égocentrique et sans aucun sens de l’écoute et du partage. Il me prit plusieurs fois à partie lorsqu’il s’essayait à des « bons mots » qui tombaient souvent à plat, car macho, voire vulgaires. Il ne semblait même pas se rendre compte que je ne jouais pas du tout son jeu et il fallut que Nadège lui fasse une remarque sèche pour qu’il se rende compte qu’il n’accroissait pas sa popularité avec un tel comportement. Jeanne paraissait gênée de l’attitude de son copain et je me demandais un nouvelle fois comment une fille comme elle pouvait être attiré par un mec comme lui. Je vis plusieurs fois Juliette tordre la bouche comme elle l’avait fait plus tôt dans la journée en me lançant des regards qui signifiaient « Désolé de te faire subir tout ça ». Je lui répondis par des clins d’œil et des sourires amusés. Comme Nadège ne semblait pas vouloir discuter, que Steph continuait à soliloquer de son côté et que Jeanne paraissait ne plus savoir où se mettre, nous prîmes assez vite congé. Nadège avoua qu’elle était aussi très fatiguée et qu’elle allait partir avec nous.


Nous sortîmes donc tous les trois et nous rejoignîmes la plus proche bouche de métro. Il y eut un petit temps d’arrêt lorsque nous l’atteignîmes, car il était évident que Juliette et moi n’avions pas eu tout le temps dont nous aurions voulu disposer pour nous dans la soirée. La présence de Nadège ne nous permettait même pas de parler totalement librement au moment de se quitter. Juliette refusa une nouvelle fois que je retourne jusque dans le seizième pour la raccompagner, expliquant que Nadège habitait juste à côté de chez elle et qu’elles rentreraient tranquillement toutes les deux. Je sentis bien que nous aurions voulu rester, l’un et l’autre, plus longtemps ensemble, mais je m’en tins à ce que je m’étais dit. Je l’embrassai avant de lui dire qu’on se verrait le lendemain et je fus une nouvelle fois surpris par le regard hostile de Nadège.


Les jours qui suivirent furent plus agréables, car nous les passâmes presque exclusivement tous les deux. Personnellement, je n’avais pas encore envie de présenter Juliette à mes amis, de toute façon bien occupés pour la plupart. Je voulais la garder pour moi et moi seul. Nous passâmes une nouvelle soirée avec Jeanne et Steph mais elle se passa bien mieux, Steph se montrant bien plus discret. Il avait du se faire remonter les bretelles la dernière fois et laissa Jeanne et Juliette nous raconter certains cours plutôt incongrus qu’elles avaient eu aux Beaux-arts. Nos rapports avec Juliette restaient très chaste avec, à chaque fois, une certaine gêne au moment de se quitter. J’avais, bien évidemment, envie qu’on passe une nuit ensemble, mais j’essayai d’attendre patiemment que Juliette paraisse vouloir la même chose que moi. Le souvenir de nos ébats dans son atelier commençait à me paraître loin et flou.


Un matin, Magali vint à ma rencontre avant que le cours commence et m’annonça, avec un grand sourire, que j’étais convié à un jeu de rôle, le soir même.



Plus tard, Juliette m’expliqua qu’en effet, Magali lui en avait parlé et elle m’avoua qu’elle craignait pour sa peau si je refusais. Avec un sourire, elle me dit qu’elle resterait chez elle et qu’elle attendrait tranquillement notre retour.


Le soir venu, Magali me mena donc chez une amie, à quelques rues à peine de la villa. Je fis ainsi la connaissance de Camille, la propriétaire des lieux et la « maîtresse des jeux ». C’était assez amusant de voir Magali et Camille côte à côte, car les deux amies n’avaient pas grand chose en commun. Magali était une fois de plus habillée de noir, avec une mini-jupe et un corsage serrée. Elle portait des bottes et le même maquillage qu’habituellement. Camille, elle, était habillée d’une petite jupe plissée qui faisait très « manga » et ce n’était qu’un début. Elle avait les mêmes couettes que les héroïnes de manga, les socquettes et la chemise. Toute la panoplie ! La blonde Camille était aussi plus petite que la brune Magali et c’était assez drôle de voir ces deux filles, extrêmement et très différemment lookés se parler comme deux vieilles copines. Magali m’expliqua qu’elles étaient dans la même classe l’année d’avant, mais que Camille avait eu son bac, elle, et avec les félicitations du jury.



Magali rit et expliqua qu’elles avaient essayé de travailler ensemble mais que ça n’avait pas du tout marché. Camille paraissait très intimidée et sourit à peine à l’évocation de ce souvenir. Elle nous fit la suivre dans sa maison, qui paraissait à peine moins luxueuse que la villa, et nous conduisit dans une pièce où trônait une large table et, sur celle-ci, plusieurs livres sur lesquels je retins les lettres INS comme dénominateur commun. Elle expliqua d’une toute petite voix qu’il fallait que je crée un personnage pour le jeu et, comme il fallait que la création de mon personnage reste secret pour les autres joueurs, demanda à Magali d’aller patienter dans le salon. Magali nous laissa à contrecoeur et Camille alla s’installer du côté de la table où reposaient les livres, épars. Elle mit tout en ordre, comme si elle se préparait pour un examen, avant de me demander :



Je me fis deux réflexions. Primo, Jdr, c’était sans doute le diminutif de jeux de rôles. Deuzio, que Camille explique d’une petite voix qu’elle voulait mettre du « piment » dans l’histoire, ça paraissait anachronique. La jeune fille paraissait bien trop sage pour aimer le piment. Mais bon, il paraîtrait que l’habit ne fait pas le moine.



Elle me fit un petit sourire et parut plus à l’aise après que j’ai accepté son idée.



Une bonne demi-heure plus tard, nous avions fini et Camille alla chercher Magali. Celle-ci revint en pleine forme.



Camille piqua un fard d’un coup.



Magali fut suivi de deux garçons (eux aussi faisaient parti de la même classe) qu’elle présenta. Jérome le cinglé et J-P le sentimental. Cela les fit rire tous les deux. Le jeu de rôle pouvait débuter. Je mis un petit moment à m’acclimater à l’atmosphère du jeu. En tant que démon, il fallait essayer de retirer toute humanité à son personnage et j’avais un peu de mal à rentrer dans la peau de mon ange-démon. Magali, par contre, paraissait complètement à son aise dans l’univers et cela n’avait rien d’étonnant. Les deux gars s’amusaient comme des petits fous avec leurs personnages et l’ambiance était bien plus bonne enfant que je ne me l’étais imaginé. Les deux plus sérieux d’entre nous étaient en fait les filles. Camille nous narrait les péripéties avec beaucoup d’autorité et elle jouait tous les PNJ (personnages non joueurs) avec un réel talent d’actrice.

Il y eut donc une fusillade improbable dans un supermarché durant laquelle Jérome, qui jouait un démon de la folie, s’amusa à shooter tous les caniches qu’il croisait. Il était stipulé dans sa feuille de perso qu’il avait une réelle phobie des chiens. Cela faisait surtout rire J-P et lui, Camille étant trop concentrée dans l’histoire et Magali essayant de me guider au mieux. Nous nous retrouvâmes ensuite aux abords du Gévaudan, à traquer la bête, et notre petit groupe se scinda en deux, lorsqu’une dizaine d’anges se mit à nous poursuivre. Magali et moi (ou devrais-je dire Elisabeth et Roman, les noms de nos personnages) réussîmes à nous cacher dans une caverne, tandis que les deux autres continuaient de courir. Le groupe étant séparé, nous devions poursuivre l’histoire avec Camille chacun notre tour.


Nous sortîmes donc de la pièce pour laisser Camille poursuivre l’aventure de J-P et Jérome et nous passâmes un petit quart d’heure, durant lequel Magali m’interrogea sur ce que je pensais du jeu de rôle pour le moment, dans le salon. Puis Camille nous appela et nous échangeâmes nos places avec les deux garçons.



Magali rapprocha sa chaise de la mienne.



Magali, ou plutôt devrai-je dire Elisabeth, me prit la main.



Elle se rapprocha encore plus et posa ma main juste au-dessus de son genou. Je jetai un regard à Camille mais à priori, la jeune fille ne semblait pas trouver la situation inhabituelle.



J’avais bien du mal à rester dans mon personnage en sentant la peau de Magali sous ma main. Celle-ci ne m’avait pas lâché et elle commença à remonter lentement ma main sur sa cuisse. J’étais complètement perdu et ne savais plus ce qu’il fallait que je fasse.



Son autre main vint alors assez soudainement me saisir par la nuque et elle attira mon visage contre le sien avec une telle soudaineté que je mis quelques secondes à comprendre ce qui se passait. Nos lèvres se touchèrent et Magali commença à m’embrasser, assez passionnément. Voyant que je ne réagissais pas, elle continua à faire glisser ma main sous sa jupe et le fait de sentir sa peau sous mes doigts me mit dans un état d’excitation auquel je ne m’attendais pas. Ma main était maintenant au plus haut sur sa cuisse et mon petit doigt entra alors en contact avec le coton de sa culotte. J’étais totalement hypnotisé et relâchai mes défenses. Magali en profita pour acheminer sa langue entre mes dents et je finis par lui rendre son baiser. Nos langues s’enroulaient l’une autour de l’autre tandis que, petit à petit, ma main gagnait du chemin sur sa culotte. Sans oser la caresser véritablement, je sentais maintenant son mont de Vénus et sa fente sous mes doigts, à travers la culotte. Ma main était maintenant paralysée et je sentais mon sexe à l’étroit dans mon pantalon. Magali et moi continuâmes à échanger ce baiser passionné et je tournai la tête pour remarquer que Camille observait la scène comme s’il s’agissait d’une expérience de chimie. Finalement, Magali retira ses mains de ma nuque et de ma main et elle mit fin au baiser. Je retirai immédiatement ma main de son entrejambe, comme si je m’étais brûlé. J’étais tellement ébahi que je gardais la bouche ouverte en regardant tour à tour Camille et Magali. Magali me regarda avec un sourire presque embarrassé et je m’interrogeai sur ce qu’il venait de se passer. Camille posa alors à Magali une question tout à fait déconcertante, sur un ton anodin, qui plus est.



Magali hocha la tête et Camille me regarda d’un air compatissant.



Je mis un moment à comprendre ce qu’elle me disait et imaginai aussitôt qu’elle faisait référence à la réaction de Juliette quand elle apprendrait ce qui s’était passé avec sa sœur.



Puis, un éclair de lucidité me frappa. Nous étions toujours dans le jeu de rôle, depuis le début.



J’étais encore plus ébahi après avoir eu l’explication et je me sentis tout à coup complètement ridicule.



Elles étaient toutes les deux désolées de la mort de mon personnage mais aucune d’elles n’avaient trouvé bizarre que Magali me saute dessus de cette manière. J-P et Jérome nous rejoignirent et apprirent de la bouche de Magali que j’étais un ange et que j’étais mort. Ils ne demandèrent pas de détails et le jeu continua. Pas très longtemps à vrai dire, car la chasse de la bête du Gévaudan touchait à sa fin.



Magali riait et je fis un effort pour sourire.



Ca non !, pensai-je.



Après avoir souhaité bonne nuit à Magali, elle me mena jusqu’à sa chambre et me demanda de m’asseoir sur son lit. Elle prit alors un tableau qui était retourné et me le montra. C’était une mise en abîme fort habile de chiffres et de symboles mathématiques. On reconnaissait sa patte et son goût des couleurs qui « pêtent ». Je trouvai le tableau magnifique et lui fit part de mon avis.



Je décidai d’oublier l’histoire du jeu de rôle pour me consacrer entièrement à Juliette et remarquai alors la nuisette qu’elle portait. Juliette s’apprêtait peut-être à aller se coucher lorsque nous sommes rentrés. Je la remerciai chaleureusement pour le tableau et me leva pour l’embrasser. Elle reposa le tableau et je la pris dans mes bras pour un langoureux baiser qui m’aida à oublier celui de Magali tout à l’heure. Dans sa nuisette, Juliette était plus sexy que jamais et l’enlacer, sentir son cors contre le mien, était un délice. Je continuai à l’embrasser et mes mains vinrent caresser son dos. Elle passa ses bras autour de mon cou et l’une de ses mains sur ma nuque me rappela la manière dont Magali m’avait attrapé tout à l’heure. Très doucement, mes mains descendirent sur le bas de son dos, puis jusqu’à ses fesses. Juliette relâcha légèrement son étreinte pour me regarder droit dans les yeux et son sourire me fit comprendre que nous n’allions pas en rester là. Elle avait bien senti mon excitation et ses mains passèrent dans mon dos, puis sous mon t-shirt. Pendant que je caressai délicatement ses fesses, elle me caressait le dos, m’obligeant ensuite à lever mes bras pour m’ôter mon t-shirt. Lorsque ce fut fait, elle me lança un regard coquin et se mordilla légèrement la lèvre inférieure.


Elle semblait tout autant émue que moi à l’idée que nous allions nous découvrir plus intimement. Elle en profita pour faire glisser l’une des bretelles de sa nuisette sur son épaule, tandis que je m’efforçai d’enregistrer tout ce qui se passait dans ma tête. Puis l’autre bretelle suivit la même voix et Juliette découvrit sa poitrine à mon regard. La nuisette glissa ensuite délicatement le long de son corps, la caressant au passage et la laissa en culotte face à moi. Nous reprîmes notre étreinte de plus belle, mes mains trouvant refuge sur ses seins, sublimes, et les siennes sur mon dos. Je passai chacun de mes pouces sur ses seins, titillant ses tétons au passage, suivant chacune de ses courbes, comme si je les refaçonnais à ma convenance. Ils étaient exactement comme j’aurai voulu qu’ils soient et je décidai ensuite de les malaxer, tandis que j’insistais sur les tétons durcis. Puis, d’un coup, je redescendis mes mains sur ses fesses et la souleva. Elle suivit impeccablement mon mouvement et passa ses jambes autour de ma taille. Ce fut l’opportunité que j’attendais pour avancer ma bouche sur ses seins que je ne me lassais pas de découvrir. Ce fut d’abord mes lèvres qui les parcoururent, les embrassant avec avidité, avant que ma langue prenne le relais, faisant de légers cercles concentriques autour de ses tétons. Finalement, ma langue vint jouer avec les points dressées de ses seins. Juliette avait la tête sur le côté et ses yeux étaient mi-clos. Je sentais sa respiration se faire plus haletante.


Jugeant que j’avais suffisamment fait connaissance avec ses seins dans un premier temps, je me dirigeai vers le lit où je la déposai délicatement. Juliette s’installa confortablement et me lança un regard d’invitation, que je n’aurai refusé pour rien au monde. Je m’avançais vers elle, à quatre pattes, et vint poser mes lèvres sur les siennes, pendant que ma main caressait sa chevelure. Je l’embrassai ensuite au niveau des oreilles, puis du cou. Mes mains passèrent derrière son dos, remontant se poser sur ses épaules. Juliette se laissait faire, plutôt sagement, et je pensai, amusé, que la situation de la dernière fois était inversée car cette fois c’était moi qui avait le contrôle des opérations. Ma bouche, continua à descendre et s’arrêta à nouveau sur ses seins. Puis, sur son ventre que j’embrassa passant ensuite ma langue sur son nombril. Pendant ce temps, mes mains venaient se poser sur ses hanches. Elles glissèrent ensuite jusqu’à sa culotte que je fis mine d’enlever avant de me raviser et de venir lui embrasser les cuisses. Je me permis même de légèrement les lui mordiller avant de finalement me décider à faire descendre sa culotte. Je le fis le plus lentement possible, guettant d’un coin de l’œil ses réactions. Je fus content de voir que mon manège lui faisait de l’effet et, sa culotte retirée, je remontai délicatement avec ma bouche le long d’une de ses jambes. Je ralentis au niveau des cuisses, me rendant compte que trop affairé à donner des sensations à Juliette, j’en avais oublié de regarder son sexe, pour mon simple plaisir personnel. Mes mains vinrent se poser sur ses fesses tandis que j’observai ses lèvres intimes au milieu du triangle de sa toison. Celles-ci laissaient échapper le liquide intime qui me confirmait l’état d’excitation de Juliette. Je vins alors caresser le contour de son sexe, puis mon pouce passa délicatement sur ses lèvres. Je les effleurai plusieurs fois avant de m’arrêter au niveau de son clitoris que je décidai de stimuler. J’avançai alors ma langue vers ses lèvres et je me mis à lécher du bout de la langue ses lèvres qui s’ouvraient pour moi. La respiration de Juliette se fit de plus en plus haletante tandis que je découvrais le goût de ma partenaire que je trouvai exquis. Mes caresses et mes baisers qui étaient restés jusqu’alors très délicats devinrent de plus en plus appuyés et profonds et je sentais le corps de Juliette réagir directement aux stimulations qui lui faisais ressentir mon cunnilingus. Je crois qu’il n’y a rien de plus excitant que de savoir sa partenaire attentive et réceptive à la moindre caresse que vous lui offrez et c’était maintenant le cas avec Juliette. Elle commençait à pousser de petits cris étouffés et j’étais content de savoir que la chambre de Magali n’était pas collé à celle-ci. Penser à Magali me remit en tête les évènements de la soirée et je fis bien attention à les effacer de ma tête pour le moment. J’étais avec Juliette et je vivais l’une des expériences les plus excitantes de ma vie. Penser à Magali allait tout gâcher. Je repris ce que je faisais en espérant que Juliette n’avait rien ressenti de mon hésitation. Ce n’était apparemment pas le cas.



Loin d’être une remarque censée me faire comprendre que je perdais mon temps, il s’agissait plus d’une envie de partager son plaisir avec moi et je compris que, si elle était proche de l’orgasme, elle ne voulait pas que celui-ci survienne maintenant. Je me redressai alors, tandis que ses mains vinrent défaire la ceinture de mon pantalon. J’ôtai celui-ci rapidement et Juliette vint caresser ma verge des deux mains. Notre excitation à tous deux était arrivé à son comble et je la laissai guider ma verge jusque dans sa fente. Je la pénétrai alors, mes yeux dans les siens, nos corps l’un contre l’autre. Je l’embrassai en même temps que je débutai tranquillement un va-et-vient qui devint plus cadencé et plus rapide. Je variai le rythme du mieux que je pouvais, essayant de me lier à Juliette, de l’observer pour savoir quel rythme lui convenait. Je dois avouer qu’en cette première fois pour tous les deux, j’étais bien plus attentif à son plaisir qu’au mien. Et l’idée de bien faire était en elle-même excitante. Lorsque je cru trouver le rythme qui lui convenait autant à elle qu’à moi, je décidai de le garder jusqu’à ce que la jouissance surgisse. Ses soupirs étaient peu discrets et elle atteint l’orgasme peu de temps avant moi. Je jouis en elle et nos corps restèrent collés l’un à l’autre un bon moment. Sa transpiration contre la mienne émettait une odeur magnifique, en tout cas à mes narines. Je l’embrassai encore à pleine bouche et elle me rendit mon baiser, visiblement ravie et exténuée. C’était aussi mon cas. Lorsque je me retirai de son corps, elle me dit avoir adoré et je partageai son enthousiasme.



Nous nous enlaçâmes une nouvelles fois puis elle m’avoua vouloir prendre une douche, ce qui était aussi mon cas. Je restai allongé dans son lit qui, pour la première fois avait été notre lit, et me repassai en tête cette première expérience ensemble. Tout avait été parfait. Ou du moins, tout aurait été parfait, si je n’avais pas eu à un moment donné l’image de Magali en tête m’embrassant et amenant ma main jusqu’à son entrejambe. Mais si cet événement paraissait anodin pour Magali, il l’était dorénavant aussi pour moi. Mon bonheur avec Juliette ne laissait aucune place à de tels égarements.