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Temps de lecture estimé : 8 mn
02/04/05
Résumé:  Naissance d'un amour entre le narrateur et sa stagiaire. (Version remaniée et achevée par l'auteur)
Critères:  fh jeunes collègues travail amour fellation cunnilingu pénétratio
Auteur : Epi
Un amour d'Anaïs


C’est en sortant des chiottes de mon boulot (eh oui…), alors que j’avais encore les mains liquides et le parfum bistre qui flottait autour de moi que je croisai la nouvelle stagiaire.


Comme à mes 15 ans, je ne pus décoller mon regard : un petit bout de femme blonde de partout au sourire à peine esquissé, jolie comme un coeur.

Elle dut remarquer ma présence à l’odeur car elle me gratifia d’un rictus que j’interprétai immédiatement en ma défaveur. La suite me prouva que non.


Je la retrouvai quinze minutes plus tard dans mon bureau, présentée par mon responsable. Je lui tendis une main ferme et le sourire large de l’employé aimable et sûr de lui.

Anaïs, puisque tel est son nom, me renvoya la pareille, et mon coeur se noya instantanément dans sa blondeur.

Ca commençait mal… Marié, amoureux de ma femme et père de 3 enfants, j’espérai qu’elle ne croisât que rarement ma route, perdue dans un bureau au-delà de la machine à café et des toilettes.



J’opinai en bouillant, ne sachant si je devais l’assassiner ou le bénir.


Peu après, polie et intimidée, elle prit ses quartiers en prenant soin de s’enquérir de mes habitudes de vieux de la place afin de ne pas troubler mon ordre.

Professionnel, je lui donnai les tuyaux nécessaires et tout le matériel pour que son travail se réalise dans les meilleures conditions.

Elle me sollicita toute la matinée pour toute sorte de choses et je lui répondais gentiment, fixant par-delà mon écran son joli minois et sa poitrine délicieuse qui s’agitait au rythme de son installation.

Inutile de préciser que je ne fus pas très productif ce matin là.


Je l’invitai à déjeuner le midi et en la questionnant habilement, j’appris qu’elle avait 20 ans et qu’en plus d’être blonde et belle, elle était intelligente et cultivée, comme quoi…

Et comme j’ai cette chance de savoir faire parler les gens de choses intimes sans en avoir l’air, j’allais bientôt en savoir davantage, enfin je l’espérais parce que, mine de rien, cette fille me rendait dingue.

J’ai la tête assez sage pour savoir m’arrêter quand il y a danger, mais j’ai découvert alors que ma sagesse a une limite qui s’appelle Anaïs.


Bref, les jours ont passé et nos rapports sont devenus amicaux puis presque complices. Oui, car non content d’avoir des intérêts communs, nous nous découvrions des caractères très compatibles. Et comme Anaïs ne voyait que moi ou presque dans la journée, les choses ne pouvaient pas en aller autrement.


Au bout de quinze jours, je compris que j’avais succombé aux affres de la passion et j’étais fou de désir pour elle. Je pensais à elle la nuit, le matin était un bonheur et le soir une douloureuse souffrance.

Un amour terrible qu’il me fallait cacher, même à elle, de peur qu’il se réalise… Car la jeune fille n’était pas insensible, je le voyais bien, à ce flegme qui fait mon charme et à ma conversation que pourtant je sentais devenir plus vaporeuse à mesure que ses yeux, sa bouche, son nez, ses cheveux et tout le reste me pénétraient.


Mais mon talent d’accoucheur de paroles coquines fut sans effet sur elle. Je ne savais toujours rien ou presque, parce que d’un rire joyeux ou d’un regard en coin, la petite se faisait muette et mes mots d’ordinaires si adroits se faisaient inutiles. Je n’insistais d’ailleurs pas trop, mon coeur bondissant leur donnant un timbre que je ne me reconnaissais pas.



Putain ! Ce devait faire trente minutes que je bloquais les chiottes.

Euh… oui, y avait moi, qui me masturbais, comme un con, en pensant à elle !


Dans le bureau, c’est elle qui s’installait, qui chamboulait tout, qui apportait quelques fleurs pour égayer, qui rangeait et triait les dossiers à sa façon, toujours en me demandant si ça ne me gênait pas, et moi je subissais avec bonheur.


Les semaines couraient et le stage allait s’achever. J’en crevais et je ne disais rien. Plusieurs fois j’allais oser, mais chaque fois mes dernières lueurs de raison me disaient de me taire, parce que je sentais qu’elle ne dirait peut-être pas non et que les emmerdes allaient commencer. Trop con, peut-être, trop respectueux, sûrement.


Le dernier jour arriva.

Le soir, le chef et quelques collègues proches firent sauter quelques bouchons pour le traditionnel pot. Anaïs voltigeait entre les rires et les paroles aimables adressées aux uns et aux autres.

Pour une stagiaire, les pots ne durent pas des heures, et tout fut bouclé assez rapidement. Tandis que nous retournions au bureau en plaisantant dans les couloirs maintenant vides, elle me tira brusquement par la manche au niveau des toilettes et m’entraîna à l’intérieur.



Et elle se pencha vers moi pour m’embrasser. Je ne vous dirai pas comme toute la tension accumulée en un mois se libéra soudainement en un bouillonnement d’adrénaline. À ce contact lingual, je chavirai complètement. Je bandai à en éjaculer presque dans mon futal.

Mais je ne la violai pas, non. Mes mains partirent lentement au contact de ses cheveux, descendirent le long du dos, tandis que l’étreinte durait et remontèrent vers le visage pour l’enserrer le plus tendrement qu’il me fut possible.

J’en pleurai presque, tandis qu’elle m’embrassait et mon «Je t’aime» fut si spontané qu’il m’étonna moi-même.



Et elle me répondit la même chose.


Ca y est, les emmerdes commençaient, et la vie du quadra en goguette qui se tape la stagiaire derrière le dos de sa femme (une image qui m’a toujours écoeuré) semblait celle qui m’attendait.



Le chemin du bureau le long des couloirs vides me fut une route de miel. Nous étions dans les bras l’un de l’autre, rougis au fer chaud.

Je refermai la porte soigneusement et je dévorai littéralement Anaïs avec mes mains et ma bouche. Je l’aurais avalée si j’avais pu, vêtements compris.

Plus rien n’existait, plus rien n’existerait.

Mais tandis que mes mains cherchaient la route de son ventre, je vis soudain ma fille qui me regardait, puis mes deux fils, puis ma femme. Anaïs dut sentir une retenue dans mon geste et un flottement dans mon regard.



Je ne sais si c’est la sincérité de son regard brillant ou les mots qu’elle venait de prononcer, ou les deux probablement, mais mes doutes se dissipèrent à l’instant.



Et je baisai son cou, m’enivrant de son parfum.

Mes lèvres descendirent le long de son épaule, puis de son bras jusqu’à ses doigts. Elle frissonnait. Je remontai ensuite pour venir l’embrasser.

Mes mains caressaient sa poitrine encore vêtue, et je la sentais palpiter et m’appeler. Elle était petite mais terriblement tendue. Anaïs se découvrit et m’offrit au regard un soutien-gorge blanc ajouré qui semblait bien trop petit. Ses seins cherchaient à s’en échapper en des rondeurs hypnotiques. Je les aidai, bien sûr, plein de sollicitude, et je goûtai bientôt à ce parfum de myrtille, me plongeant dans leurs diaphanes reflets.


Anaïs me releva, me souffla un «Viens» terrible, et se déshabilla.

L’impétuosité de son désir l’emportait sur son envie de tendresse.


Elle s’assit sur le bureau. Son sexe blond était un argument sans appel.

Prestement, j’ôtai mon pantalon et je la pénétrai.

Ce fut indicible.

Elle se mordait les lèvres en imprimant de son ventre la pulsation et je lisais déjà dans ses yeux verts la détresse humide qui annonce la jouissance.

J’ai détourné mon regard alors, me privant du flou de ses yeux qui chaviraient, qui m’eussent entraînés sans aucun doute avec elle dans l’abîme. Je l’ai fait pour tenir, tenir encore un peu, parce que je ne voulais pas jouir si vite.

J’ai regardé la fenêtre et les fleurs tandis qu’elle se vidait.

J’ai continué mes mouvements en elle, énorme comme je ne l’avais jamais été, et elle cadençait à sa guise, reprenant son souffle après son orgasme insensé.

Ce sont ses soupirs et les cris qu’elle cherchait à retenir qui me guidaient, et puis les brûlures de ses doigts sur mes épaules.

Elle s’était allongée sur la table et se laissait aller en gémissant. Ses cheveux épars coulaient en ruisseau sur les dossiers en désordre. Sa main droite se caressait le sein, et la gauche gisait mollement sur son flanc.

Nous n’échangions pas une parole.

Je me suis dégagé brusquement, et ma bouche est venue remplacer mon sexe. Le lieu était moite et rose. Je m’en délectai, débordant largement pour ne pas insatisfaire la moindre parcelle de chair.

Au bout de quelques minutes, me fiant à ses soupirs qui s’intensifiaient, je me relevai, mais elle fut plus prompte et se mit debout devant moi.

Elle passa sa langue sur ma poitrine, déposant un peu de sa salive sur mes tétons qu’elle agaça un instant. Elle se baissa ensuite et je ne vis plus rien de ce qu’elle fit.

Juste la sensation d’être avalé.

Elle poursuivit sa caresse jusqu’à ce que je la repousse doucement. Elle m’interrogea du regard, mais je ne désirai pas jouir ainsi. Pas avec elle.

Doucement je la déposai sur la table de travail. Un lit eut été plus confortable pour varier nos échanges, mais la direction n’avait pas jugée utile d’en pourvoir encore nos bureaux.

Mon sexe la pénétra de nouveau, plus lentement, plus patiemment, et je jouai de mes mains sur son clitoris et sur son ventre.

Sa respiration se fit plus courte, son soupir plus aigu et ses mains se contractèrent. Je la relevai alors et la serrai dans mes bras.



Si un mot suffit parfois à déclencher des orgasmes, celui-ci fut dévastateur.

Anaïs me mangeait l’oreille et j’entendais sa jouissance croître dans les cris qui me déchiraient le tympan. J’allais au plus profond d’elle, très vite et très fort, et mon amour l’inonda brusquement. Je ne bougeai plus, la serrant très fort, tandis que je me déversai en elle qui tremblait.

La tête vide, le silence intérieur, comme si j’avais fondu, implosé, désagrégé et désarticulé.

La douceur d’Anaïs sur mon corps et son tendre baiser me ramenèrent à la réalité. Dieu qu’elle était belle. Même ses cils étaient blonds.



Un clin d’oeil, quelques mots taquins, juste pour le plaisir de l’entendre rire, et nous nous rhabillâmes.

Comme je rentre toujours tard le vendredi (Je fais du sport), je ne m’inquiétais pas de l’heure, et j’invitai la petite à manger quelque chose.

Nous voilà sortis, à la recherche d’un restaurant.

C’est dans une brasserie animée du quartier qu’elle me confirma son mariage. Un garçon qu’elle connaissait depuis toujours, le seul et unique amour de sa vie.

Ses paroles auraient pu me blesser, moi qui me voyais déjà amoureux. Curieusement, et fort heureusement, elles eurent un effet curatif.

L’amour ne s’envola pas, mais il se mua en un attachement tendre et délicat.

Anaïs ressentait la même chose à mon égard. Nous ne pouvions, ni ne voulions finalement rompre nos engagements, quelle qu’ait pu être notre concupiscente entente.

Nous nous trouvions toutes les qualités du monde. Elle se voyait belle dans mon regard, et moi pareil dans le sien.


Vous me croirez ou pas, mais Anaïs insista pour que je sois son deuxième témoin de mariage, ce qui se fit au prix de quelques mensonges de part et d’autre.


Anaïs et moi sommes restés les meilleurs amis du monde et la complicité qui nous unit ne s’est jamais affaiblie. Nos yeux s’échangent parfois quelques souvenirs, mais il n’y a plus jamais eu la moindre ambiguïté.


Seulement un bel et éternel amour.