| n° 08696 | Fiche technique | 12586 caractères | 12586Temps de lecture estimé : 8 mn | 16/02/05 |
| Résumé: Jeux d'adultes en voiture. | ||||
| Critères: fh extracon inconnu voiture telnet jeu | ||||
| Auteur : Mephisto Fêlé | ||||
Il attendait ce moment depuis des mois qui lui avaient semblé des siècles. Il la voyait enfin en chair et en os après tout ce temps de discussions par écrans d’ordinateurs interposés. C’était un moment délicat, une première rencontre qui n’en était pas tout à fait une, la teneur souvent très sexuelle de leurs discussions leur donnait l’impression d’être presque intimes, et en même temps de parfaits inconnus.
Ils s’étaient immédiatement reconnus sur le quai de la gare. Il eut une hésitation : allait-il lui faire la bise ou non ? C’était fou, ce décalage entre la spontanéité du virtuel et le stress d’une première rencontre dans la réalité. Comme il arrivait à sa hauteur, il lui sourit, lui dit tout bêtement « Bonjour » et s’approcha pour l’embrasser. Elle aussi était hésitante et n’eut pas le réflexe de lui tendre la joue. Il sentit qu’elle était un peu perdue mais fit comme si de rien n’était, il se pencha juste un peu plus pour atteindre une joue et l’embrasser.
Elle souriait, ne savait trop quoi répondre, le regardait intensément. Elle aimait ce regard un peu froid mais qui semblait voir au-delà de ce qui apparaissait.
Ils se dirigèrent vers la voiture et prirent le chemin de l’hôtel où il allait séjourner pour les deux jours (et deux nuits) de son passage. Il était un peu moins de dix-neuf heures, la petite ville grouillait de la foule de ceux qui rentraient du travail ou du shopping. Arrivés à l’hôtel, il prit possession de sa chambre et posa sa valise pendant qu’elle attendait dans la voiture, un peu mal garée. Elle le trouvait plutôt sympa, peut-être moins sûr de lui qu’elle ne l’avait imaginé. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à ce qu’il lui disait souvent quand ils se taquinaient par Internet : « Un jour je te baiserai ! » Elle se demanda si cela allait se passer. Pour l’instant elle n’en avait aucune idée.
Comme il ressortait de l’hôtel elle l’observa avec attention. Elle aimait son allure et son style. Il portait un costume d’alpaga sombre et un pull simple au-dessus d’une chemise blanche. Plutôt classe.
C’était une bonne question, elle était tellement prise par le stress de cette rencontre qu’elle n’avait préparé aucun programme pour son invité. C’était l’heure de l’apéro. Elle se demanda si elle allait l’amener à ce pub où elle avait ses habitudes. L’idée d’y rencontrer quelqu’un de connu plaidait contre mais en même temps, se trouver dans un lieu familier, l’aiderait à se décontracter un peu. Finalement, elle opta pour autre chose. Elle voulait profiter de sa présence au maximum et ne tenait pas à être dérangée par une connaissance.
Elle l’entraîna dans un café assez fréquenté. Ils eurent la chance de trouver une table assez discrète. Il commanda une bière, elle opta pour un verre de vin, histoire de la détendre un peu sans trop l’euphoriser : elle conduisait.
Elle redoutait cette question qui n’en était pas une. En fait elle était vaguement désemparée. Elle ne savait trop comment gérer la situation. Il faut dire que son travail lui posait quelques soucis, ce qui la rendait stressée déjà au départ. Elle s’efforça de sourire.
Lui non plus n’en menait pas large, ce n’était pas vraiment une situation simple ni commune. Une chose le taraudait en profondeur : cette idée de la toucher, d’échanger des caresses, cette envie d’éveiller son désir. Cela faisait des mois que cette attirance sexuelle inexplicable le rongeait et le fait de la voir là, à quelques centimètres de lui ne faisait qu’amplifier cette pensée. Il choisit de l’attaquer de front.
Allons bon ! Il avait donc décidé de la mettre complètement mal à l’aise. Elle ne savait plus où se mettre. En même temps, le trouble qu’elle éprouvait n’était pas forcément désagréable. Seulement elle enrageait de se sentir ainsi en position de faiblesse aussi rapidement.
Elle se força à rire, se demandant s’il ne valait pas mieux le planter là et s’enfuir à toutes jambes. Par chance, le serveur arrivait avec leurs commandes pour faire diversion. Elle avait une folle envie d’avaler son verre cul sec, histoire de faire baisser la pression, mais ce serait montrer de façon trop voyante à quel point elle était nerveuse. Elle but une gorgée et s’efforça de reprendre pied. Elle décida d’entrer dans son jeu.
Ils éclatèrent de rire tant ce qu’il venait de dire était énorme. Elle retrouvait un humour qui lui était familier dans leurs conversations à distance.
Il la fixa d’un regard qui faisait transparaître ses pensées les plus érotiques. De nouveau, elle éprouva ce délicieux trouble. C’était un peu comme si elle frissonnait mais pas physiquement, psychologiquement.
L’heure avançait, il allait être temps de dîner. Elle en fit la remarque. Il lui expliqua qu’il n’avait pas très faim. À midi il avait fait un gros déjeuner avec un contact professionnel et il lui en restait un peu en travers de l’estomac. Elle s’entendit lui proposer de manger un repas léger chez elle tout en se demandant ce qui lui prenait d’agir ainsi. Il lui avait souvent dit que l’idée qui l’excitait serait de lui faire l’amour chez elle, au domicile conjugal. Inconsciemment elle lui tendait le fantasme à portée de main.
Elle avait l’habitude de rouler vite. Tout le monde le lui reprochait, il ne dérogea pas à la règle.
Elle adorait donner ces frayeurs à ses passagers.
Il avait un petit sourire en coin.
Contre cette offensive déloyale, il décida de répliquer de manière encore plus déloyale. Il tendit sa main et la glissa sous le pull de sa conductrice. Il effleura la peau de son ventre.
Ah ! Il voulait un bras de fer, il allait l’avoir. Elle appuya sur l’accélérateur. L’aiguille du compteur monta de quelques crans. Il sentit son pouls s’accélérer mais il n’allait pas lâcher prise dans ce jeu grisant. Il défit le bouton du jean et baissa le zip. Elle fit mine de ne pas broncher et accéléra derechef. Ils roulaient maintenant à plus de 170 km/h. Il pensa qu’il allait sans doute mourir aujourd’hui mais il était hors de question de reculer. Il glissa sa main dans le string et sa paume se posa sur le renflement du sexe. Il la regardait pour ne pas voir la route qui défilait vertigineusement. Il accentua son avantage pour sentir sous ses doigts un sexe… humide. De toute évidence ce jeu violent excitait son hôtesse. Il la voyait qui serrait les dents, s’efforçant de rester concentrée sur sa conduite. Elle essayait de serrer ses cuisses mais il était trop avancé pour que cette défense soit efficace.
Elle se refusait de ralentir, mais n’osait plus trop accélérer. Bien qu’elle connaissait cette route par cœur, il ne fallait pas exagérer. Lui de son côté ne semblait pas près d’abandonner. Elle sentait un doigt frotter le haut de son sexe, titiller son clitoris. Cela devenait de plus en plus insupportable : la griserie de la vitesse s’ajoutant aux frissons provoqués par ces caresses. L’idée l’effleura de prendre vers la droite sur un carrefour qui s’approchait et de s’arrêter quelque part pour pouvoir se livrer complètement aux savantes manipulations de son passager. Mais ce serait s’avouer vaincue, elle décida de s’en tenir à son caractère joueur et de poursuivre coûte que coûte. Se concentrer sur la route, oublier cette main dominatrice sur son sexe.
Il sentait son rythme cardiaque s’élever. Bien que l’allure n’augmentait plus, ça restait très élevé et totalement déraisonnable, surtout avec cette petite voiture. La sensation du sexe inondé sous ses doigts l’excitait aussi à l’extrême. Il avait une de ces érections… dont il ne pourrait pas tirer grand profit pour le moment. Autant de sensations fortes… lui qui craignait la vitesse par-dessus tout depuis qu’il avait eu un accident sérieux, il était servi. Il se concentra sur ce qu’il faisait pour éviter de penser au danger et à cette peur qui lui nouait l’estomac. Sa main descendait plus loin encore entre les cuisses de sa pilote. Il sentait sous ses doigts l’ouverture du vagin. Il glissa son majeur dans ce chemin serré. Elle essayait de résister à cette entrée mais elle lubrifiait à un point tel que l’intrusion était inexorable.
Elle sentait le doigt la pénétrer avec autorité. Le bougre était habile de ses mains : tandis que le majeur imitait un sexe dans son vagin, deux autres doigts ne cessaient de s’occuper de son clitoris. Malgré tous ses efforts pour faire abstraction de ce qu’il lui faisait, elle sentait de furieux frissons de plaisir qui commençaient à monter le long de son dos. Le rythme de son tourmenteur ne cessait de croître. Elle l’entendit dire dans un sourire « Je crois bien que tu aimes ce que je te fais… » Evidemment, idiot que j’aime ça ! Comment une femme pourrait-elle ne pas apprécier ce travail d’expert …
Elle ne savait pas comment il avait fait exactement mais ce qui était sur c’est que d’un seul mouvement très sûr, très synchrone, il était parvenu à déclencher un orgasme foudroyant. Elle se tendit sur son siège, le ventre en avant, venant à la rencontre de la délicieuse caresse, en même temps que son pied se levait de la pédale d’accélération. Il avait fini par gagner, en plus ils n’étaient plus très loin de leur destination. Elle en avait presque les larmes aux yeux, de rage et de plaisir confondus.
Mais elle avait l’intention de prendre sa revanche…