| n° 08662 | Fiche technique | 17640 caractères | 17640Temps de lecture estimé : 11 mn | 12/02/05 |
| Résumé: Flore a une mission d'intérim dans une grande surface... | ||||
| Critères: fh inconnu travail volupté cunnilingu ecriv_f | ||||
| Auteur : Lyzaah | ||||
J’en ai marre de ces p’tits boulots de merde ! J’aimerais vraiment trouver un poste fixe, dans une boite sympa, même si le travail à faire n’est en lui-même pas très intéressant, avoir l’impression d’être enfin « socialement intégrée », et en finir avec ces éternels jobs d’étudiant…
Allez, encore une mission d’intérim, parce que je suis trop dans la mouise, et après je mets un coup de turbo, je refais mon CV, et je démarche…
J’attends un peu qu’on me passe mon interlocutrice attitrée…
Une semaine avant elle m’avait proposé une mission, et je l’avais refusée, sous prétexte que j’étais malade… C’est le mensonge type imparable, celui que je préfère, et je m’en sers à outrance. Et puis finalement, la flemme n’est-elle pas une maladie… ? Dans mon cas on peut le penser, et c’est même chronique !
L’horreur ! Je déteste les inventaires… Tu travailles de nuit, et plus tu es fatiguée, plus les heures passent, plus tu dois accélérer le mouvement… J’ai vraiment pas de chance !
Puis elle me donne toutes les références du poste, les formalités…
Tout à coup je pense que demain soir je devais aller à l’anniversaire de ma copine Claire !… Bon, entre aujourd’hui et demain j’ai encore le temps de me désister pour le boulot… mais ça craint, je vais me faire jeter… et alors, tant pis, j’ai toujours Papa et Maman qui pourront m’aider…
Mes dilemmes de petite européenne privilégiée me reprennent, et je me déteste comme ça ! J’essaye de penser aux personnes qui sont obligées de travailler comme des chiens pour très concrètement ne pas finir dans la rue, j’essaye de me pousser au cul, au moins par respect pour eux… Tu parles, en fait, je dois m’en foutre… J’ai été élevée comme une petite bourgeoise, choyée, surprotégée, et lovée au sein d’une famille soudée et rassurante, comment dois-je faire pour avoir envie de prendre des risques et mon envol ?
J’irai faire cet inventaire, pour au moins me donner bonne conscience.
Il n’est pas tout à fait vingt-deux heures, et je suis à l’accueil du Multiprix, qui est en train de fermer. Les derniers clients en sortent, les bras tiraillés par des sacs en plastique trop remplis.
Comme moi, d’autres intérimaires sont venus ; ils sont presque tous plus jeunes que moi, comme toujours, et discutent déjà entre eux… « Et toi, tu fais quoi ? » « J’suis en deuxième année de machin truc… », et j’essaye de suivre, de m’incruster, d’avoir l’air intéressée, mais j’y comprends rien, et ces discussions m’ennuient très vite. Moi qui ai fait un BEP, je ne suis pas non plus de leur catégorie… De toute façon ils ne s’occupent pas de moi ; je n’ai pas l’attitude, je n’ai pas le genre, je n’ai même pas l’âge, et je m’efface, discrète, puis invisible…
Le responsable du magasin arrive, un quart d’heure en retard (les quinze minutes manquantes qui nous obligeront à speeder au petit matin…), et nous emmène à l’intérieur du magasin. Il nous donne les directives habituelles, les listings, et par petits groupes nous sommes éparpillés dans les rayons. Nous commençons le travail de fourmis qui nous est demandé : compter, cocher, recommencer…
Il est deux heures, j’ai faim ! Je n’ai rien apporté à grignoter, quelle conne… Lors du dernier inventaire que j’ai fait, une fille m’avait offert deux ou trois « Roudor », et ça m’avait permis de tenir jusqu’au matin. Là je n’ai rien, et pas question de taper dans la marchandise évidement, on est assez surveillé… de toute façon je suis au rayon « piles » !
Trois heures… j’ai vraiment trop faim… Je commence à sentir monter une hypoglycémie malvenue ; ce n’est vraiment pas le moment, il reste encore deux heures de boulot… Je pourrais demander à l’un de mes collègues s’il n’a pas quelque chose à grignoter … oh, j’ai pas du tout envie d’aller mendier quoi que ce soit !
C’est à ce moment là que le responsable sort de l’arrière du magasin, la réserve, et vient vers moi, qui suis la première personne sur son chemin…
Ai-je vraiment le choix ? C’est encore moi qui vais finir la dernière… Mais j’avoue que le mot « cafèt’ » sonne pour moi comme « endroit où il est facile de piquer un truc à manger sans se faire griller » ! Je suis donc le gars dans le labyrinthe de béton floqué de l’arrière magasin…
Nous passons plusieurs portes battantes, tournons à droite, à gauche, montons un petit escalier de fer en colimaçon, et enfin arrivons à la cafétéria, par la cuisine.
Elle est déserte, et seule la faible lumière de l’applique de la sortie de secours éclaire les lieux. En fait, chaque élément d’inox se renvoie cette lueur, et finalement la cuisine n’est pas obscure, mais juste dans la pénombre. Tout n’est que carrelage blanc et métal gris, impeccablement nettoyé, rangé, et le seul son est celui du courant électrique qui passe derrière les réfrigérateurs et congélateurs, et celui de nos pas. Nous traversons l’endroit jusqu’à la grande salle du self, pas plus lumineuse. C’est là, en plein milieu, qu’ils ont laissé deux palettes de conserves. Des boîtes énormes de légumes cuisinés, purées, fruits au sirop, et moi je vais devoir les compter…
Bon, au boulot. Je commence à étirer, déchirer le plastique qui entoure les boîtes, tandis que le responsable retourne en rayon, me laissant toute seule…
Avant de commencer, je dois absolument trouver un truc à manger ! Je regarde en direction du self, rien. Alors je retourne instinctivement dans la cuisine, et ouvre l’un des réfrigérateurs. Bonheur ! J’y trouve un grand bac de salade piémontaise, des dizaines de yaourts, et même des clémentines dans le bas. Je ne peux résister à l’envie de me préparer un p’tit festin rapide ; je prends sur une étagère en inox une petite assiette, trouve facilement une cuillère à soupe, et me sers de salade piémontaise.
J’attrape également un yaourt aux fruits, et retourne près des palettes. Je m’installe sur la table la plus proche, et, prenant bien soin de ne laisser aucune trace, je dévore littéralement mon repas !
Au moment de me lever pour aller laver l’assiette et la cuillère, je lève la tête et sursaute ; un gars est posté à quelques mètres de moi, près du monte-charge, et me regarde en souriant.
Ça y est, il m’énerve celui-là ! Je me tais, je bouillonne…
On commence à emporter deux à deux les boîtes de conserve à la cuisine, on les range par catégories, et je les compte en même temps sur ma feuille, c’est passionnant !
De temps en temps, je jette un œil sur la façon d’opérer du livreur.
On voit tout de suite qu’il a l’habitude. Il est deux fois plus rapide que moi. Il y a des moments où il me regarde et sourit… à vrai dire il sourit tout le temps. Son visage est plutôt agréable d’ailleurs. Il est assez jeune, peut-être vingt-cinq, vingt-six ans, moyennement grand, et sec.
Il se marre et me regarde, c’est drôle, j’ai l’impression qu’il me plaît, je ne saurais pas dire pourquoi… peut-être son côté naturel, détendu… voilà, je suis sûre que ce mec-là ne se prend pas la tête dans la vie… peut-être parce qu’il a traversé des épreuves difficiles… ou peut-être qu’il est juste insouciant de nature…
Je me surprends à m’intéresser à cet individu qui m’a tout juste souri… Mais ça va pas Flore, t’es vraiment en « misère sociale » en ce moment !
On continue à empiler les conserves…
Tiens, voilà qu’il me drague… Oh non, je vais pas rougir quand même !… et si, gagné !
J’aime bien comme il me parle ; c’est ferme, mais tout à fait respectueux.
Bon sang, c’est lui qui me drague « trop bien » ! Plus que ça, il me charme vraiment. Maintenant, j’ai même des frissons quand il me regarde. Mais qui c’est ce gars, qu’est-ce qu’il me fait… Allez, vite, il ne reste plus que quelques boîtes, après je retourne en rayon.
Mon cœur bat fort dans ma poitrine, ce sont ses mots, sa façon de les dire… Sa voix parlée est comme un murmure sensuel qui me fait beaucoup d’effet, je dois l’admettre. Il prend les deux dernières boîtes de compote de pommes et les emmène en cuisine.
Je note bien tous les totaux en bas de ma feuille, et je prends l’assiette et la cuillère que je n’avais pas eu le temps de laver tout à l’heure. J’entre dans la cuisine et me dirige vers les grands éviers.
J’ouvre le robinet, règle la température, et frotte l’assiette sous l’eau tiède.
C’est là que pour la première fois il me touche. Dans le silence de la cuisine il est venu derrière moi, tout doucement, et il pose sa main sur ma nuque. Je ne dis rien, je ferme les yeux… Il caresse mes cheveux, se rapproche de moi, et bientôt je sens son souffle chaud m’effleurer l’oreille. Je lâche l’assiette au fond de l’évier. Ses deux mains glissent sur mon cou jusqu’aux épaules, il les masse un peu, descend le long de mes bras, les serre dans ses mains, jusqu’aux poignets. Je me laisse faire, pourquoi je me laisse faire, je suis folle, je le connais pas moi ce type… Ses mains sont sur ma taille, puis sur mes hanches. Je sais qu’il les dirige vers mes fesses, et j’acquiesce ; a respiration me trahit, et tout mon corps ondule déjà avec le sien collé derrière.
Il caresse allègrement mon postérieur d’une main, et mon sein de l’autre, et je souhaite tant qu’il déboutonne mon chemisier… Alors je commence à le faire moi-même, et il prend la relève. Je n’ai toujours pas vu son visage depuis qu’il est collé derrière moi… Est-il toujours souriant, où prend-il les choses avec beaucoup de sérieux tellement c’est bon ? Laisse-t-il sa bouche entrouverte pour respirer? Je l’imagine se mordant la lèvre inférieure de plaisir…
Sa chaleur contagieuse m’envahit le ventre, et mon sexe se trouble, l’appelle, et il entend… Sa main se glisse entre mes jambes, et attrape ma chatte encore enfermée. Son autre main palpe mes seins, joue avec, si bien… Il a déboutonné mon pantalon, et il s’accroupit… Il le fait glisser jusqu’au bas de mes jambes, me l’enlève… Avec la même délicatesse, il ôte ma culotte. Il veut voir mon cul et son visage est juste à sa hauteur. Il le caresse, et ses pouces passent entre mes fesses…puis sa langue… Oh, il veut me manger ! Je me penche en avant… C’est terrible ; il glisse sa langue entre mes lèvres, salive beaucoup…
J’écarte plus les jambes, il me dévore ! Il se relève, me retourne, et je le vois enfin ; son visage a changé, ses yeux sont enfiévrés, ses narines frémissent, mais, comme un taureau enragé, il garde toujours sa grâce, celle qui me subjugue…
Il me prend sous les fesses, me soulève sur un mètre ou deux, jusqu’au plan de travail en inox, va pour m’y asseoir.
Il passe la tête entre mes cuisses et me goûte plus fort ! Je gémis, impossible de faire autrement… Et pendant un long moment il joue avec mes nerfs comme ça, et me laisse au bord du gouffre à chaque récidive… Il me rend folle, et je veux sa bite !
Est-ce bien moi qui dis ça ? Je me redresse pour le toucher, pour le caresser. Il m’embrasse fougueusement, et je sens mon goût sur sa bouche. Pourquoi cela aussi m’excite-t-il tant ? Moi qui refuse mes odeurs, moi qui ne m’aime pas, il parvient à me donner tant de confiance ; je me sens désirable, presque… belle ? Il me veut comme je suis, moi Flore, et je me fous du reste !
Son jean le serre, mais il a attendu patiemment, ne l’a pas déboutonné… Je le fais et en sors sa verge superbe. Je la caresse un peu et le regarde réagir… Il est beau… Je l’embrasse dans le cou alors qu’il a penché sa tête en arrière… Je le tiens plus fort… Je m’agrippe à lui, m’assois au bord du meuble en métal, et m’empale sur sa queue.
Cela ne dure que quelques minutes ; il va-et-vient jusqu’au bout de moi, me prend entièrement, mieux que personne ! Bientôt, je ne sais plus où s’arrête son corps, où commence le mien, tout n’est que sensations, plaisir… Sa bite grossit encore, ou bien est-ce moi qui me resserre plus… A ce moment précis, j’aurais bien voulu mourir ! Il me lime très fort, je gueule, je mouille, je vis… je jouis ! Mon orgasme déclenche le sien… Il emplit mon ventre, me comble, et nous accompagnons de nos voix chacune de nos contractions, chacun de nos battements…
L’apaisement arrive au bout d’un long moment où nous restons enlacés. Je désenroule mes jambes, qui l’avaient pris comme des lianes, desserre mes bras, le libère. Lui me tient encore, les mains posées à plat sur mon dos. Ma tête est relâchée sur son épaule, j’ai les yeux dans le vague.
…Comme il est tendre, ça ne m’agace même pas. J’aime ce type. Je le regarde. Est-ce que ça peut arriver ça ? Il repousse une mèche de mes cheveux qui passe devant mon œil, doucement. Vais-je lui dire comme je veux le revoir, comme je suis prête à tout pour ça ? Il faut que je le lui dise…
Il est passé au-delà de mon foutu caractère, a explosé ma carapace, a su lire en moi comme dans un livre ouvert, et je ne lui ai rien dit de plus que : « A bientôt peut-être… ». Je ne connais même pas son nom. Depuis il hante mes jours, mes sommeils, mes extases, et parfois je me dis que je l’ai simplement imaginé, tant il me semble qu’il était parfait.