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Temps de lecture estimé : 13 mn
12/02/05
Résumé:  Une jeune vendeuse en argenterie découvre une nouvelle forme de voyeurisme...
Critères:  ff ffh couple extraoffre inconnu fépilée magasin volupté voir exhib noculotte init
Auteur : Jeff            Envoi mini-message
Bénédicte



Bénédicte, discrètement, regarde sa montre, vite, dans cinq minutes, c’est enfin la fermeture ! Elle pousse un grand soupir.

Encore un samedi comme celui qu’elle vient de vivre et Bénédicte leurs dira d’aller se faire voir, à elle, "Madame" comme elle veut qu’on l’appelle, à lui son mari, aux clients et tout le saint-frusquin…

Elle est épuisée.

Elle n’en peut plus.

Toute la journée sur des hauts talons, qui se prennent dans la moquette "pure laine" avait précisé Madame qui ne porte jamais que des talons plats…

Et le sourire… Et l’amabilité. Et les "Mais oui, Madame !", les "Mais bien sûr Madame !", les "Puis-je vous renseigner, cher Monsieur ?"… Souvent pour rien… Pour des queues de cerises !

Si encore ils achetaient…

Bénédicte peste et maugréé en rangeant pour la énième fois de la journée, les lourds plats d’argent dans leurs écrins. Le couple qu’elle vient de quitter a hésité longuement, pour rien, enfin pour rien… peut-être pas tant que ça !

De bien curieux personnages ceux-là. Jeunes. Mariés. Lui, doucereux envers sa jeune femme qui lui a fait sortir toute la collection.

Mais c’est la première fois de sa jeune carrière de vendeuse dans l’argenterie de table et de maison qu’elle a à faire à ce type de client.

En y repensant, Bénédicte a un petit sourire.

Pendant tout le temps où elle déballait la marchandise, essayant de faire l’article et de bien présenter les plats, lui, de temps à autres jetait un regard, à la sauvette, autour de lui, s’emparant d’un plat rutilant, le baissant à bout de bras, rejetant un peu la tête en arrière et Bénédicte avait la nette impression qu’il se mirait dans la surface argentée…

Puis elle a deviné… Non, au début, elle n’y a pas cru… Mais après un second coup d’œil rapide vers lui, pour confirmer ce qu’elle avait cru discerner au premier, elle n’y croyait toujours pas. Elle ne voulait pas y croire ! Elle en a écarquillé ses grands yeux gris…

Ah ! Çà ! Mais…

Mais oui, avec la légère inclinaison donnée au plat, il était entrain de regarder sous sa jupe un peu évasée…

Bénédicte, pourtant affairée, en était restée médusée…

"Mais qu’est-ce qui me fait celui-là ? J’y crois pas… Un voyeur ?" pense-t-elle alors.

Tandis que la jeune femme qui l’accompagnait, continuait à bavasser et à interroger Bénédicte qui dut quitter des yeux le mari pour lui répondre.

"Ouf !" pense-t-elle, il lui semblait qu’elle n’avait rien vu, qu’elle ne s’était aperçue de rien.

Bénédicte se décide à mieux surveiller ce curieux personnage.

Mais, lorsqu’elle l’a surpris en train de s’emparer d’un grand plat à service à poisson, l’abaisser doucement et faire comme s’il voulait éprouver, avec un peu de recul, le travail de finition, Bénédicte a immédiatement suivi son geste et son regard dans le miroir du plat. À ce moment-là, elle était légèrement penchée en avant pour attraper dans le tiroir une soupière en argent. D’où elle était, elle pouvait, elle aussi, voir ce que le client était aussi entrain d’admirer : ses jambes gainées de ses bas autofixants, le petit bourrelet de chair formé par sa cuisse ronde et blanche, son string rouge, ses fesses dodues et appétissantes !

"Ah ! Le cochon !" s’était-elle dit "Tu veux reluquer ?… Eh ! bien, tu vas pouvoir le faire…"

Tranquillement, comme si de rien n’était, sous prétexte de préparer la présentation d’autres plats, Bénédicte avait ouvert un grand un tiroir dans le bas du comptoir, là où s’étalent les plats, sur des présentoirs inclinés ce qui permet de les admirer sans être sortis. Et, malicieusement, comme si de rien n’était, elle s’était positionnée de façon à ce que les plats renvoient ainsi le reflet de ses dessous. Puis, elle avait tourné la tête vers ce drôle de client qui fixait avec une attention soutenue l’agréable vision qu’elle lui offrait.

L’homme, tranquillement a ensuite remonté son regard vers Bénédicte qui lui a fait un rapide clin d’œil.


Tout en terminant de ranger ses plats dans leurs housses, Bénédicte se remémore ce simple signe. Un signe de connivence, juste amicale, juste pour dire "Alors, coquin, tu voulais voir… alors, rinces-toi l’œil !". Mais elle n’avait pas imaginé la suite…

Le jeune mari, sans se démonter, avait apostrophé sa jeune épouse :



Bénédicte n’a pas eu le temps de bouger, que "ma chérie" se penchait immédiatement au-dessus de l’angle du comptoir et pouvait admirer, en direct, en technicolor et en grand plat, la vision des fesses dodues, le string rouge, les jambes gainées de bas autofixants de Bénédicte, le tout largement reflété par un des plats et sous l’éclairage des spots du plafond… Une vue imprenable, inoubliable !

Instinctivement, Bénédicte a senti son sang se retirer du visage, puis les joues lui brûler. Alors que spontanément elle allait changer de position, "ma chérie" lui a autoritairement saisi le poignet pour l’empêcher de bouger, tout en continuant à reluquer le miroitement.

Bénédicte ne savait plus que faire.

Crier ? Rouspéter ? Se débattre ? Faire un scandale ?

Rapidement, elle avait regardé derrière elle. Légèrement dans son dos, la tête et le regard baissé, elle a aperçu le mari qui semblait jubiler de cette situation. Plus loin, dans le magasin, son patron était affairé avec une vieille habituée et ne s’occupait pas d’elle. Et Madame, qui trônait derrière sa caisse, près de la porte et ne pouvait ni voir ni imaginer ce qui se passait dans le coin de Bénédicte.

Enfin, l’étreinte sur son poignet s’était desserrée. Bénédicte en a profité pour se déplacer et lancer un regard un peu outré envers la jeune femme qui ne disait toujours rien, mais lui a juste souri.

Bénédicte s’était légèrement déplacée de façon à ne plus se donner ainsi en "spectacle", tout en continuant à faire l’article à ce couple de clients si étrange, au comportement qui commençait sérieusement à l’inquiéter et à l’énerver.

Alors qu’elle s’emparait d’un nouveau plat pour le présenter, la main un peu tremblante, "ma chérie" s’était approchée du tiroir bas. Et Bénédicte, soudain avait compris.

La jeune femme venait de se mouvoir de façon à se positionner exactement comme elle, elle l’avait été quelques secondes auparavant. Lui, toujours imperceptiblement en retrait, les yeux toujours fixés sur l’étalage de plats dans le tiroir. "Ma chérie", penchée légèrement en avant vers Bénédicte.

Étonnée, Bénédicte d’un rapide coup d’œil vers le bas du meuble, juste question de voir, par curiosité et pour lui "rendre la monnaie de sa pièce", Bénédicte a aperçu les dessous de la jeune cliente.

Enfin, quand elle y repense, de se préciser "les non dessous"…

"Ma chérie" ne portait rien.

Bénédicte était ainsi aux premières loges d’un spectacle qui lui a fait ouvrir de grands yeux.

Dans le reflet des plats d’argent, elle a pu voir les deux longs piliers formés par les jambes de "ma chérie", gainés eux aussi de bas autofixants, mais gris cendrés arrêtaient à mi-cuisse. Au-delà, plus rien ! Même pas un string… elle est nue !

Les fesses rebondies, fermes, légèrement hâlées montraient la trace blanche d’un maillot de bain. L’entrejambe, par-devant, exhibait un pubis épilé. "Ma chérie" fixait droit dans les yeux Bénédicte dont le regard ne cessait, lui, de faire des allers retours entre le reflet, le mari, la tête de la cliente et de temps en temps un rapide coup d’œil vers les autres occupants du magasin.

La jeune femme avec un grand sourire avait lentement déplacé une jambe et insensiblement fléchi les genoux. Bénédicte pouvait ainsi bien nettement se délecter de la vue de son abricot, nu, ses lèvres brunes, saillantes et pendantes. Avec l’éclairage diffusé par les spots du plafond, Bénédicte pouvait aussi constater que ses lèvres étaient non seulement grasses mais bien humides…

"La salope…Mais c’est quoi ce cirque ?", a-t-elle pensé. " Ça, c’est ma veine ! Je suis tombé sur des exhibitionnistes, voyeurs…"

Pff ! Elle en avait le souffle coupé.

Sa main s’est mise bêtement à trembler. Elle bafouillait… ne savait plus que dire, quoi dire… les yeux sans cesse attirés par cette vision… qui la troublait plus qu’elle ne l’aurait voulu et qu’elle ne le croyait.

Bénédicte avait senti alors une vague de désir inonder son ventre, son sexe, redressant son petit clitoris et déclenchant cette vague de chaleur dans tout son ventre, vague qu’elle connaissait bien, prélude à la jouissance. Oui, mais là ! En plein magasin ? Rien qu’en regardant les fesses d’une cliente un peu exhibitionniste ? Bénédicte n’en croyait pas son esprit. Tout cela dépassait son entendement…

Vraiment, en y repensant, Bénédicte sent de nouveau une série de picotements dans son ventre et elle doit bien admettre que la vue de l’intimité de cette jeune cliente, de son spectacle offert gracieusement en retour du sien qui lui, était bien innocent, lui a procuré une grande excitation. D’ailleurs, l’excitation qui vient encore mouiller son entrejambe est bien la preuve que le spectacle l’a stimulée, l’a allumée.



Son nom lâché par Madame, du haut de sa caisse, la surprend.



Et sans demander son reste, elle s’empare de son imperméable et de son sac et se glisse par la porte de devant pour rejoindre la station de bus et rentrer chez elle.

A peine a-t-elle fait deux pas hors de la boutique qu’une main, douce, se pose sur son épaule et l’oblige à se retourner. Elle se trouve face à face avec "ma chérie".



Bénédicte, dans un premier mouvement de méfiance, recule d’un pas, puis se dit que tant qu’il y a du monde, après tout, rien ne la presse… alors… pourquoi pas ? Et puis, elle est curieuse, Bénédicte.

Les deux jeunes femmes entrent dans un bistrot qui est à deux pas de là, et y trouvent, déjà attablé, au fond d’une salle enfumée, le mari et qui les attend. À leur approche, il se lève avec cérémonie.



Bénédicte s’installe face au couple et les contemple avec un peu d’étonnement, attendant la suite des évènements.



Bénédicte, est toujours silencieuse.



Il cherche ses mots…



Bénédicte ne sait pas trop que répondre, ni à quoi sa réponse pourrait l’engager.



Le couple se regarde mutuellement, avec une complicité évidente. Puis Isabelle se tourne vers Bénédicte.



Aïe ! Pense Bénédicte… nous y voilà…



Bénédicte n’ose avouer que, si sur le moment elle n’y a pas pris garde, ce n’est qu’après leur départ, alors qu’elle rangeait les plats et en y repensant qu’elle s’était aperçue que son fond de string, enfin le peu de tissu qui devrait former un écran protecteur à son intimité, ce petit bout de tissu s’était transformé en éponge et que si elle n’avait pas été dans le magasin, elle se serait bien caressée…

Non ! Elle ne peut décemment pas leur avouer une telle chose !

Toujours dans l’attente de la réponse, Isabelle se penche légèrement au-dessus de la table, pose sa généreuse poitrine sur le marbre, et glisse sur le ton de la fausse confidence :



Un petit vieux, qui venait de s’installer depuis quelques minutes, à la table voisine, et qui n’arrête pas de reluquer les deux jeunes femmes, renverse une partie de son verre en écoutant les dernières paroles de sa voisine, en devient tout rouge, s’étrangle à moitié, tousse, se racle la gorge, s’agite, cherche un mouchoir et ne sait plus qu’elle attitude adopter. Bénédicte, elle aussi, est gênée par une telle confidence, faite par cette inconnue. Mais la situation semble beaucoup plaire à Achille, en tout cas, car ce dernier est appuyé sur le haut dossier, une main dans la poche de son pantalon, l’autre jouant négligemment avec une boîte d’allumettes sur la table. Le regard pétillant de malice et l’air satisfait.



Bénédicte les regarde posément, chacun à leur tour. En même temps, elle voit dans sa vision marginale, le petit vieux qui, le nez dans son verre semble absorbé par son contenu alors qu’en réalité, elle se rend bien compte qu’il tend l’oreille et regarde par en dessous vers le trio voisin.

Puis tout d’un coup, est-ce l’effet de l’alcool absorbé qui vient après une dure journée de travail, est-ce l’ambiance, Bénédicte ne saurait le dire, à son tour, elle se penche vers Isabelle, ce qui force Achille à se déplacer et glisse, en utilisant le même ton qu’elle.



Puis elle se recule d’un coup et contemple l’effet de cette franchise dont elle ne revient pas elle-même. À côté, le petit vieux est devenu tout cramoisi et jette des yeux exorbités sur Isabelle. Bénédicte sourit à cette vision et l’imagine entrain de "visualiser la scène"…

Quant au couple, il se regarde tendrement. Achille a déplacé sa main vers la cuisse d’Isabelle et Bénédicte l’imagine, plus qu’elle ne le voit, en train de lui pétrir le haut de cuisse. Isabelle, elle, sourit béatement, elle ferme les yeux, ses narines se pincent et sa respiration semble tout d’un coup marquer de petits coups. Cela dure une fraction de seconde et de reprendre dans un souffle :



Bénédicte les regarde, sans vraiment comprendre ce qu’ils attendent d’elle. Achille, la main toujours sous la table, se penche vers elle.



Avec hésitation, après avoir jeté un regard amusé vis-à-vis du couple, puis vers la table voisine, Bénédicte appuie son buste sur la table.



Achille et Isabelle, attentifs, ce regardent, puis Isabelle intervient;



En intimant cet ordre, elle se lève, tend sa main à Bénédicte qui hésite un tout petit instant et finalement la prend. Elles traversent ainsi la salle vers les toilettes. Au moment de quitter la table, elle a aperçu un petit geste des la main et des bras d’Achille envers leur voisin comme pour lui dire "Eh ! Oui ! Mon bon monsieur, ce sont les femmes,… et j’y peux rien !".

Isabelle, avec autorité, pousse la porte des toilettes, entre dans une cabine, attire à elle Bénédicte et referme le loquet. Elle se tourne vers elle et avant que Bénédicte ne puisse faire ou dire quoi que se soit, elle prend la direction des opérations.

Elle approche ses lèvres et lui plaque un long baiser sur la bouche.

Sa langue force légèrement la bouche de Bénédicte qui n’a jamais été embrassée par une fille et encore moins dans des toilettes. Pourtant, elle goûte cette langue dure qui la fouille, mêle sa salive à la sienne. Elle apprécie le velouté des lèvres, la douceur et la chaleur de ce contact soyeux. Dans son ventre, une explosion de désir semble faire écho à l’intrusion de cette langue.

Les mains d’Isabelle descendent rapidement sur ses petits seins. Tellement petits que Bénédicte ne porte jamais de soutien-gorge. Sous les doigts caressants et explorateurs, les mamelons s’érigent, les tétons pointent et durcissent. Bénédicte laisse échapper un petit soupir de plaisir à cette rude caresse sur sa poitrine. Mais déjà, une main remonte le long de ses jambes. Le contact de la peau sur la soie de ses bas déclenche un grand frisson dans tout son corps qui se termine en se concentrant sur son sexe qui est agité de petits spasmes et mouille abondamment. La main, au contact de sa cuisse nue, est chaude, délicate, aérienne. Elle envahit rapidement son intimité et les doigts écartent rapidement le tissu de son string qui ne protège plus rien.

Elle se laisse faire.

Elle se laisse embrasser, se laisse caresser le sein, se laisse fouiller l’intimité.

Isabelle, d’un index expert, mieux qu’un garçon, s’est attaquée à son clitoris qu’elle manipule du bout de l’ongle avec expertise et dextérité. Sous la caresse insidieuse, Bénédicte, excitée depuis un long moment, laisse aller sa jouissance et rapidement atteint le stade où son ventre est en feu, son sexe trempé et pour mieux inciter à continuer l’effleurement intime, plie les genoux.

Isabelle continue à masturber le clitoris raide et mouillé de la jeune vendeuse et apprécie le mouvement des hanches et du ventre qui vient buter contre sa cuisse. D’un pouce raide et expérimenté, elle pénètre l’intimité et déclenche les premiers feulements de contentement de Bénédicte qui se plaque contre elle, s’accroche à son cou et commence à lui rendre enfin ses caresses.

Bénédicte, les bras autours du cou d’Isabelle, la bouche toujours prise par une langue dure et intruse qui n’arrête pas d’aller et venir dans un mouvement de plus en plus lascif et suggestif, entame à son tour une rapide descente dans le dos de sa compagne. Elle omet les seins et passe directement sous sa jupe, qu’elle trousse. Le premier contact avec la peau des cuisses lui envoie une décharge électrique directement dans le clitoris et lui fait pousser une légère plainte de plaisir.

Sous ses doigts, elle éprouve la fermeté et l’élasticité des fesses d’Isabelle. Elle les empoigne, les écarte, les palpe, les plaque contre sa jambe, contre son ventre.

Isabelle, à son tour, commence à respirer avec difficulté. Elle aussi a le ventre en feu. Elle aussi sent les doigts qui commencent à la fouiller, maladroitement, des doigts qui s’insinuent dans son intimité trempée et ouverte qui les aspire et par un petit mouvement du bassin, elle cherche à leur imprimer un rythme rapide pour atteindre la jouissance qui arrive rapidement.

Les deux femmes, appuyées contre la cloison, se donnent mutuellement un rapide et puissant plaisir qui les laisse, durant quelques instant, hors d’haleine avant qu’elles ne se rhabillent et d’un œil maintenant complice, Isabelle ne vienne déposer un doux baiser sur les lèvres de Bénédicte.



Alors que les deux femmes s’apprêtent à regagner la table, Achille, vivement, se lève et se dirige vers la porte, leur faisant signe de les suivre. Sur le trottoir, il s’empare du bras d’Isabelle, lui dépose un rapide baiser sur l’oreille et se tourne vers Bénédicte.



Et sans autre explication, sans autre parole, il tire le bras d’Isabelle, un peu gênée par ce départ précipité et abrupte qui laisse Bénédicte, plantée là, sur le trottoir, ne sachant que dire ou que faire.

Stupéfaite, Bénédicte reste un instant immobile, contemplant le couple qui s’éloigne à grands pas. Seule, Isabelle s’est retournée pour lui adresser un petit signe d’adieu et d’incompréhension. Enfin, bousculée par plusieurs passants qui se retournent en maugréant, elle se décide à bouger et tourne les talons pour prendre le chemin inverse, vers son arrêt de bus.

Tout en marchant, elle repense à cet étrange début de soirée, à cette fin d’après-midi de chien… qui lui a laissé une grande faim d’amour et de plaisir inachevé. À chaque pas, ses lèvres encore toutes gonflées et mouillées de plaisir et d’excitation lui rappellent qu’elle vient de connaître sa première expérience rapide, trop rapide, et courte d’homosexualité et son clitoris continue à être raide…

Encore un samedi comme celui qu’elle vient de vivre et Bénédicte leurs dira d’aller se faire voir, à elle, "Madame" comme elle veut qu’on l’appelle, à lui son mari, aux clients et tout le saint-frusquin…

Elle est vraiment épuisée.

Elle n’en peut vraiment plus.

Elle est en rageuse. Contre quoi ? Contre qui ? Elle ne sait pas. Mais elle enrage. Peut-être contre elle-même, mais en tout cas, ce qu’elle sait c’est qu’elle est vraiment, oui, vraiment frustrée…