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Temps de lecture estimé : 22 mn
02/02/05
Résumé:  Illustration d'une certaine forme d'avarice...
Critères:  fh hplusag inconnu collection amour init humour
Auteur : Jeff            Envoi mini-message

Collection : Les Sept péchés capitaux
L'avarice

Non, je ne suis pas le fameux curé de Cucugnan …

Non. Je suis juste un excellent ami d’un jeune et sympathique curé d’une paroisse du Lubéron, non loin de Cucugnan… Est-ce le lieu ? Est-ce le climat ? Je ne sais pas. Par contre, ce que je sais, c’est que cet ami qui connaît ma passion pour les portraits érotiques de femmes et d’hommes, m’a donné, dernièrement, quelques indications pour illustrer cette série sur les sept péchés capitaux. Des indications recueillies par ses soins au cours de discussions privées avec les intéressés.

Les péchés capitaux sont ceux, qui selon les textes religieux, vous envoient directement aux Enfers sans passer par la case du Purgatoire et vous bannissent à tout jamais du Paradis, puisque ce Paradis, vous êtes censés l’avoir un peu trop connu sur Terre.

Ainsi, cette série, illustre-t-elle l’avarice, la colère, l’envie, la gourmandise, la luxure, l’orgueil et la paresse… à travers des portraits et des histoires de femmes et d’hommes qui peuplent notre France profonde, des femmes et des hommes, comme vous, comme moi.


Cette série ne se veut surtout pas "moralisatrice".






Anselme est, ce que les bonnes gens du coin nomment, "le coq du village ".

Avec ses cinquante ans bien sonnés, il est toujours bronzé, fait attention à ce qu’il mange, pratique le sport à haute dose, dont le culturisme, le tennis et la course à pied. Chez Maxence, le coiffeur du village, il a aussi son rendez-vous hebdomadaire pour entretenir le blanc immaculé de sa chevelure, de sa "crinière" disent certaines mauvaises langues, jalouses. Et chez Magali, l’esthéticienne, qu’il fréquente de façon hebdomadaire en hiver, il y entretien son hâle par des séances d’UV.

Été comme hiver, quand il n’est pas en tenue de sport, il est toujours en chemisette blanche, largement ouverte sur une large poitrine, qui laisse voir trois lourdes chaînes en or. Le pantalon aux plis impeccablement repassés, les chaussures italiennes basses, souples et vernis, sont portées sans chaussettes. Rasé de près, sentant bon l’eau de lavande il a le port impérial, la démarche souple. Nombreuses sont les femmes qui se retournent dans la rue à son passage et quelques hommes. Généralement, il n’est jamais insensible aux compliments ni à ces regards admiratifs. Au contraire, il en est largement flatté et, quand il sent dans son dos un regard qui le suit, il se redresse encore un peu plus.

Dire qu’Anselme fait des ravages dans la contrée, serait pourtant mentir. Mais on lui prête volontiers toutes sortes de galantes aventures et de très nombreuses conquêtes féminines. Anselme, au Cercle des Républicains Vertueux, le seul café du village qui se trouve en face de l’église, est souvent interrogé par ses amis sur ces fameuses aventures.



Mais Anselme, par discrétion pour ces dames – selon ses propres dires - et pour éviter de blesser un peu plus les maris cocufiés, Anselme préfère se taire et garder un silence qui l’arrange.

Et, généralement, pour sortir d’une telle conversation, sa seule réponse est, "on ne prête qu’aux riches !", qui arrive toujours sous cette même et sempiternelle litanie accompagnée d’un petit geste de la main qui peut signifier "excusez-moi, j’y suis pour rien".

Ainsi, Anselme entretient-il sa sulfureuse réputation de séducteur invétéré et surtout de grand silencieux. Et se silence, pourrait être tout à son honneur, s’il ne cachait une réalité plus sordide.


C’est vrai qu’Anselme est un tombeur. Mais enfin, pas plus que les autres ! Certes il s’entretient, certes il "porte beau" et les femmes dans la rue se retournent sur son passage. Mais Anselme ne s’estime pas mieux ou moins bien que bien d’autres de ses congénères. Il sait qu’il plait, mais jusqu’à aujourd’hui, ces conquêtes féminines n’ont jamais durées. Et il est toujours célibataire !

Et plus le temps passe, moins Anselme supporte cette solitude.

Voilà le "talon d’Achille" d’Anselme qu’il cache sous son apparence de "vieux beau".

Pourtant, c’est un "beau parti", selon les commères du canton.

Pensez donc ! Un homme, qui n’a jamais travaillé de sa vie. Le bureau, il ne connaît pas ! Les vignes, seules véritable richesses de la région avec les oliviers et le soleil, il ne les a jamais travaillé et pourtant, c’est le plus gros propriétaire terrien de la région. En plus, il habite une vieille demeure, toute restaurée, entourée de centaines d’oliviers, tous centenaires et de hauts murs qui ne laissent voir que le sommet des arbres et le haut du bouquet de cyprès qui sont sur le côté de sa maison … Bref, comme disent ces mauvaises langues, si à son âge il n’est pas marié, c’est qu’il y a anguille sous roche !

Et bon nombre de ces bonnes femmes du village donneraient cher pour connaître l’exacte vérité.

Anselme, pourtant, a tout essayé pour se caser, jusqu’aux petites annonces matrimoniales, passées dans un journal de Marseille et même de Lille, là haut, dans le Nord de la France.

Mais rien !

Il traîne sa vie sentimentale d’échec en échec.

Dernièrement encore, il a rencontré une jeune Russe, Natacha – elles s’appellent toutes Natacha, les jeunes Russes qui veulent fuir les rigueurs de leur pays et son lot d’extrême pauvreté !

Mais là encore, cela n’a rien donné.


Pourtant, elle lui était sympathique, la petite ruskov. Ô bien sûr, au début cela n’était pas très simple, elle ne comprenait quasiment rien au français. Mais, bon, pour faire l’Amour a-t-on besoin de se faire comprendre ?

Quand après l’avoir récupérée à l’aéroport de Marignane, ils ont traversé tout le hall, main dans la main, et Anselme a senti de nombreux regards les suivre et les envier.

Elle était plus petite que lui, d’une tête. Avec ses deux nattes blondes comme les blés d’Ukraine, repliées sur le côté de la tête, ses grands yeux verts, sa frimousse ronde, son nez retroussé, elle ne passait pas inaperçue, Natacha. Surtout que du point de vue habillement, elle avait voyagé … léger. Mini robe moulante, rose fuchsia, qui met en valeur deux seins qui ont tendance à déborder le décolleté profond, des cuisses à faire damner tous les saints du paradis, bref, Anselme est fier de sa dernière trouvaille et il espère très fort, dans son cœur, que se sera la "bonne"…

Et, il lui a sorti le grand jeu.


Repas réservé à une des meilleures tables de la Grande Corniche de Marseille, puis soirée dans une des boîte de nuit branchée derrière le Vieux Port, enfin, Suite Royale dans le meilleur des établissements de la capitale phocéenne, avec vue imprenable sur la mer et son trafic incessant des bateaux qui entrent et sortent du port.

En entrant dans la chambre, le champagne les attend, frappé. À côté, un écrin en cuir rouge, liserés d’or, accompagne un énorme bouquet de roses rouge.

Depuis son débarquement, Natacha ne cesse de babiller, moitié dans sa langue natale, moitié dans un sabir qui se veut être du français. Anselme ne comprend pas tout. D’ailleurs, il ne comprend rien. Mais la simple vue des grands yeux émerveillés, du sourire qui barre son visage et creuse deux charmantes fossettes sur ses joues, tout cela lui suffit à comprendre son bonheur, ses émotions et ravit Anselme.

Bien qu’elle ait trente ans passé, elle se comporte comme une gamine de dix ans … battant des mains à la moindre occasion ou au moindre geste d’attention de la part d’Anselme, riant fort, ouvrant de grand yeux devant cet amoncellement, cette accumulation de merveilles.


Dès qu’elle le peut, elle s’accroche à son bras, enfin, elle s’y suspend plus qu’elle ne s’y accroche. Anselme trouve tout cela rassurant, charmant. Il est aux anges.

Lorsqu’il lui offre l’écrin de cuir rouge, elle l’ouvre avec tant d’empressement que le lourd et long collier de trois rangs de perles blanches, nacrées tombe sur la moquette et Natacha doit ramper sous le lit pour aller le récupérer, puis se précipite dans la salle de bain pour l’essayer devant la glace.

Tandis qu’Anselme, débouche la bouteille de champagne et sert deux flûtes, elle revient, nue, ne portant en tout et pour tout que le collier autours de son cou, qui vient enserrer coquinement, la pointe d’un sein.

Anselme, les deux verres à la main reste médusé devant cette apparition.

Natacha, naturelle, avance vers lui sa nudité, dans un déhanché lascif qui met en relief son ventre, légèrement rond et fait onduler ses hanches qui roulent et tanguent. Les seins, campés hauts sur le buste, ont des mamelons rose tendre aux pointes déjà tendues. Le court buisson de son pubis laisse entrevoir deux jolies lèvres brunes et déjà luisantes de plaisir.

Elle ne prend pas le verre que lui tend Anselme. Elle vient directement s’agenouiller devant lui, à hauteur de sa braguette et tout en lui dispensant un regard enjôleur et de reconnaissance, elle s’ingénie à lui défaire son pantalon, puis son caleçon.

Anselme, les mains encombrées de ses deux verres, ne sait que faire dans l’immédiat.

Il ne veut pas bouger, pour ne pas interrompre ce doux moment. Mais il cherche désespérément un support pour les verres.


Natacha, de sa douce main commence à caresser son sexe, tirant sur la peau pour le décalotter puis, sans le quitter des yeux, approche sa bouche, charnue, pour l’absorber, l’avaler, le sucer.

Le doux contact des lèvres soyeuses et de la langue dure et pointue de la petite russe sur son sexe, lui envoie une décharge électrique dans tout le corps.

Dans ses verres, le champagne tremble sous les coups de langue et à chaque aspiration de Natacha. Anselme finit par se décider. Il avale d’un trait les deux coupes et les expédie sur le lit, pour pouvoir enfin se concentrer sur le plaisir qui est entrain de monter dans son ventre. Il empoigne la tête de Natacha pour l’aider dans son rythme, de façon à graduer son propre plaisir. Un plaisir, une excitation qui ne cesse de monter, rapidement, trop rapidement au goût d’Anselme.

Sous sa langue, dans sa bouche, déformée par le sexe de son bienfaiteur, Natacha sent battre la jouissance qui commence à poindre. Du bout de sa langue, de temps à autre, elle essuie les premières gouttes de sperme qui annoncent l’imminence d’une jouissance plus complète. Elle s’applique à avaler le sexe tendu, le plus loin possible, offrant le fourreau chaud et humide de sa bouche comme réceptacle à ce plaisir. Les mains qui enserrent sa tête et donnent le rythme de ses pénétrations buccales, lui donnent aussi l’indication du degré d’excitation qu’elle provoque. De temps en temps, un coup de rein un peu plus violent que les autres, envoie le bout du sexe au début de sa gorge et Natacha a alors un peu l’impression d’étouffer, mais rapidement, elle reprend le contrôle des opérations et par un savant dosage des mouvements de sa langue, elle en calme les ardeurs.


Au moment fatidique, Anselme ne pouvant tenir plus longtemps, en s’accompagnant de ses main et de ses reins, retire son sexe de la jeune bouche chaude et gourmande de Natacha.

Un peu dépitée, elle ferme les yeux, dans le secret espoir d’une aspersion sur son visage du sperme de son amant. Elle ouvre la bouche, passe sa langue voluptueusement sur les lèvres et semble quémander cette "douche" qu’elle attend, qu’elle espère …

Les mains d’Anselme quitte ses cheveux. Elle ouvre alors les yeux, pour mieux jouir, à son tour, du spectacle de l’homme entrain de se masturber pour faire monter son plaisir final qui va pouvoir s’étaler sur son visage, ses lèvres, son menton, peut-être son front. Elle se fait une joie de recevoir cette hommage facial, s’y prépare, le souhaite. Il sera alors le prélude à de nouvelles caresses avant de recevoir le sexe de cet homme, dans son ventre.

Mais Natacha ne comprend pas ce qui se passe, là, devant ses yeux.

Anselme, les pantalons sur les chevilles, se masturbe bel et bien. Sa main va-et-vient sur son sexe dure et raide, excité par la longue et savoureuse caresse buccale. De l’autre main, il tient un flacon, à la hauteur de son bout, rouge et congestionné. Les premières gouttes de sperme arrivent, annonçant l’immédiate jouissance. Avec deux ou trois soubresauts, Anselme expédie, au fond du flacon, une petite quantité de sperme, qui coule en traînées blanchâtres et épaisses sur les bords du flacon.

Natacha regarde cette scène avec un certain ahurissement.


Muette et frustrée. Sans comprendre. Sans comprendre pourquoi son amant ne se comporte-t-il pas comme tous les hommes qu’elle a déjà fréquentés et à qui elle a dispensé ses caresses buccales et qui lui ont aspergé le visage avec leur semence.

Pourquoi recueille-t-il, lui, son sperme dans ce flacon ? Elle poserait bien la question, mais son français est bien trop succinct et approximatif pour la formuler.

Elle le regarde, les yeux interrogateurs et écarquillés.

Anselme, dans de grands soupirs d’extase, fait aller et venir la peau de son prépuce pour extraire jusqu’à la dernière goutte son sperme et prend bien soin qu’elles soient recueillies dans le flacon, dont il rebouche méticuleusement le bouchon et qu’il pose délicatement sur la petite table de chevet du lit.

Sa besogne terminée, il se tourne vers elle et l’invite à le rejoindre sur le lit.

Là, sans parler de quoi que se soit, Anselme s’occupe d’elle.

Tendrement, il l’embrasse, suçote ses seins, les pelote, descend sa main vers son ventre, explorant son intimité. Natacha, excitée, se laisse faire. La main qui parcoure son corps, explore son sexe, caresse son clitoris provoque de longues ondes de plaisirs intenses. Elle se tord de ravissement dans tous les sens, gigote de droite et de gauche. Elle est toute à son bien-être et oublie la scène précédente, se concentrant sur sa propre jouissance.


C’est qu’il sait y faire, le bougre.

Aucun centimètre carré de son corps, aucun point sensible n’est oublié.

Natacha a le ventre en feu. Elle réclame qu’il la pénètre, mais ses paroles sont prononcées en russe, et Anselme ne comprend pas le russe. Depuis qu’il s’occupe d’elle, elle a explosé au moins deux fois. Et là, sous les doigts qui la fouillent profondément, dans son sexe, elle éclate une troisième fois. Les jambes largement écartées et les fesses relevées, tous ses muscles se sont tétanisés sous la puissance de la jouissance. Anselme en profite pour introduire son index dans son anus, vrillant son petit trou, ce qui fait pousser de longs cris de bonheur à Natacha qui, comme récompense à ses caresses, lui trempe la main.

Enfin, Anselme se décide à la pénétrer.

Son sexe est à nouveau excité. Il la pénètre en levrette, tenant ses hanches bien serrées, pelotonnant ses seins de temps à autres. Sous les coups de butoir de son vigoureux amant, Natacha explose. Jamais elle ne pensait trouver en la personne de cet amant, une telle vigueur, une telle puissance sexuelle. Tout à son plaisir, elle ne sent pas la jouissance de ce dernier monter en elle, tellement elle est excitée elle-même. Quand dans un coup de rein plus fort que les autres il se répand dans son sexe, Natacha pousse de longs feulements, avant de s’écrouler sous le poids du corps d’Anselme, encore secoué de quelques spasmes de plaisirs tandis que son propre sexe reste animé de nombreuses convulsions.


Alors que Natacha reprend son souffle, qu’elle essaie de calmer les vagues de sensualité qui montent encore en elle, Anselme bouge.

D’un œil, Natacha le contemple, tendrement, amoureusement.

Si sa regrettée Babouchka lui demandait, là, à cet instant précis à quoi elle pensait, elle lui répondrait en russe "rien, je suis simplement heureuse".

Aussi, est-elle surprise quand une main ferme l’invite à se retourner. Un peu contre son gré, elle obéit et se retrouve sur le dos. Au niveau de son bassin, Anselme est agenouillé, sur le lit. Il lui écarte les jambes, doucement, les remontant pour les caler dans les plis de la couverture. Natacha ne comprend pas. Veut-il continuer cette séance. Elle pense que cela n’est guère raisonnable. Après tout, cet homme est nettement plus âgé qu’elle et elle se sait certes, irrésistible, mais de là à le voir se transformer en "nymphomane"… En fait, elle a un peu peur que son cœur ne lâche, à ce rythme là.

Anselme, écarte doucement les lèvres de Natacha. D’elles, montent des effluves acres et odorantes de l’amour, mélange de cyprine et de sperme.

Tout d’un coup Natacha sursaute. Un truc froid pénètre son sexe. Elle se redresse vivement sur ses coudes et découvre qu’Anselme introduit une sorte de tube dans son sexe.



Pas rassurée, car elle ne comprend absolument rien la réponse, juste légèrement rassérénée par le ton de la voix, Natacha perçoit un léger ronronnement puis ressent une sorte d’aspiration dans son sexe qui lui fait un effet … électrisant.

D’une main, Anselme écarte la vulve de Natacha tandis que l’autre, il manipule le long tuyau de caoutchouc transparent. En quelques secondes, un liquide blanchâtre vient s’y écouler. L’aspiration provoque de petites sucions à l’intérieur de la muqueuse de Natacha et lui déclenche à chaque nouveau contact de longs soupirs de plaisir. La sensation n’est pas véritablement désagréable, mais ce n’est pas non plus, à proprement parlé, agréable. De plus elle ne comprend pas à quoi joue le français.

Est-ce là un nouveau jeu pervers des Européens ? Pourquoi aspire-t-il son sexe ?

La sensation de plaisir est forte, très forte. Mais les interrogations, l’incompréhension étant plus fortes encore, Natacha est soulagé quand d’un coup d’un seul, le tuyau sort de son vagin. Elle y plonge, derechef les doigts. Les muqueuses de son sexe sont sèches, archi sèches. Presque à lui faire mal.

Dans sa langue, elle se met à crier et insulte Anselme, qui ne comprend rien. Elle est entrain de lui dire que c’est un malade, un fou, un pervers … Que des mecs comme lui, jamais elle n’en n’avait rencontrés … et qu’elle ne veut qu’une chose … repartir … rentrer chez elle … dès le lendemain …

Et elle se met à pleurer à chaudes de larmes.


Anselme, tout en rangeant son matériel, a réutilisé le premier flacon qui, maintenant, recèle une quantité un peu plus importante de sperme. Il sort une étiquette, note la date, le lieu et l’heure et le nom de sa partenaire. Après l’avoir soigneusement rangé, il tente en vain de consoler Natacha qui, sanglote et lui tourne le dos.




Le lendemain matin, séparé de quelques pas, ils traversent le hall de l’aéroport de Marseille Marignane, et de nombreux regards les suivent, enfin, suivent Natacha, dans sa robe ultra moulante rose, une grand collier de trois rang de perles qui se perd entre ses seins. Elle a recoiffé ses cheveux en deux nattes serrées, ramenées en deux pompons au-dessus de ses oreilles. Elle a les yeux rougit par le manque de sommeil et les larmes. Son petit nez rouge, retroussé, est aussi rougit par le chagrin et de temps en temps, elle le tamponne avec un mouchoir. Anselme, marche à quelques pas, tirant une lourde valise. Il ne comprend pas pourquoi, Natacha repart. Il ne comprend pas pourquoi, cette nuit, alors que tout semblait parfait, elle avait, d’un coup d’un seul, fondu en larmes, avait refusé ses câlins et ses bras consolateurs … Pour lui, cela est simplement dû au fait qu’elle a la nostalgie de chez elle, de sa Russie natale.

Il est triste.

Une fois encore, c’est l’échec. Une fois encore, ce soir, il rentrera au village et devra partager sa grande maison avec les ombres, que sa grande carcasse projettera sur les murs du mas.


En rentrant, sur la route, il essaie de repenser à cette dernière aventure.

Bien sûr, il n’est pas plus bête que la moyenne, Anselme. Il pige que la jeune Russe puisse se sentir dépaysée dans un univers auquel elle n’était pas habituée, loin de chez elle, des siens. C’est pour ça, qu’au volant de sa voiture, il n’est pas aussi triste. Il est juste un peu triste ! Mais, à quelques kilomètres du village, il se décide à emprunter un autre chemin. Il veut rencontrer quelqu’un qui pourra peut-être l’aider.

C’est comme ça qu’il atterrit au presbytère pour rencontrer le jeune curé.

Pour une fois, il est là. Dans son bureau. Entrain de préparer son prochain sermon. Ce n’est pas qu’ils se connaissent beaucoup. Anselme n’est pas à proprement parler un homme d’église. Ils se croisent, à l’occasion, au sortir de la messe dominicale, quand Anselme et ces copains sont attablés à la terrasse du Cercle. De temps en temps, le jeune curé est invité à se joindre à eux, et comme les temps sont durs pour récupérer des ouailles manquantes, le jeune curé se joint à eux un instant, et on parle de tout et de rien … question de passer le temps.

Mais là, dans son bureau austère et frais, Anselme paraît intimidé.



Anselme se décide finalement, sans finasser, à raconter sa dernière aventure avec Natacha le petite russe.

Il explique aussi que la solitude lui pèse de plus en plus et qu’il voudrait bien trouver une compagne, mais surtout qu’il voudrait pouvoir léguer ses biens à un enfant.

Le jeune curé, connaît un peu Anselme. Enfin, il entend souvent des rumeurs, des ragots sur son compte et il sait aussi que des commères et des grenouilles de bénitiers de sa paroisse trouvent bien étrange que cet homme, bien de sa personne, si soigneux de lui et riche ne soit pas encore marié. Et leurs langues, souvent acérée et toujours la limite du méchant et de la médisance, lui prêtent des tares et autres vices cachés.

Mais ce que lui raconte Anselme, le sidère et dépasse son entendement.

C’est, qu’avec forces détails, comme s’il se libérait d’un lourd secret, Anselme explique à l’homme d’église, ses "récupérations".



Le curé s’interrompt un instant, puis, les deux mains jointes sous son menton, reprend.



Le jeune curé, qui pourtant en a déjà entendu des vertes et des pas mûres, reste bouche bée.



Son interlocuteur semble abasourdi. Jamais il n’a entendu pareille histoire. Certes, il sait que sa Sainte Mère l’Église ne conçoit l’acte de copulation que dans le but de la procréation, mais il sait aussi – parce qu’il est homme – que cela n’est pas suffisant et en dehors des liens du mariage, faire l’amour n’est pas un péché.

Il sait aussi que cette joie doit pouvoir être partagée par les célibataires, et à l’heure ou certains de ces confrères partent en croisade pour le mariage des homosexuels, il se doit d’avoir l’esprit large et ouvert. Mais comment faire comprendre à cet homme que les femmes puissent désirer conserver le sperme de leur amant en elle ou sur elle, et que cela participe au parachèvement de leur plaisir.



Anselme écoute et baisse la tête. En entendant la réponse du jeune curé, il comprend mieux les réactions négatives qu’il a essuyées toutes ces dernières années.

C’est vrai que ses gestes n’ont jamais été véritablement acceptés par ses différentes compagnes d’un moment. Nombreuses sont celles qui ont fuit, souvent le lendemain même de leur rencontre, comme Natacha ce matin.



Anselme, en sortant du presbytère, reste un long moment prostré au volant de sa voiture. La tête posée sur le volant, les yeux fermés, avant de se décider à repartir et rentrer chez lui.


Cinq mois plus tard, par un beau samedi après-midi du mois de juin, tout le village est à la noce d’Anselme et Svetlana, jeune ukrainienne, professeur de français à Kiev qui vient d’épouser Anselme.

Elle est radieuse la jeune mariée. Même les commères du village l’ont adoptée. Ô bien sûr, certaines ont bien regretté qu’Anselme soit allé chercher femme à l’étranger, comme si des filles qui voulaient se marier, le pays en manquait ! Mais bon, celle-là, elle est fraîche, gaie, pimpante et … travailleuse. Elle parle français avec un charmant accent et certaines ne se privent pas pour dire qu’Anselme, hein, il s’est bel et bien fait mettre le grappin dessus, et qu’il ne doit pas tous les jours être à la noce… Une ou deux, encore plus perfides et jalouses, ajoutent que la petite ukrainienne, son ventre s’arrondit ces temps derniers … Mais bon !

Le jeune curé, qui raccompagne les mariés sur le seuil de l’église, se penche vers Anselme et doucement lui susurre :



C’est vrai, qu’en rentrant, de son entrevue avec le jeune curé, cinq mois auparavant, Anselme avait passé toute la nuit à réfléchir. Il avait ouvert le placard qui est dans son grand bureau, et dans lequel il avait aligné des dizaines et des dizaines de flacons de sa semence. Il les avait contemplé. Il les avait compté. Il en avait attrapé certains, et déchiffré les étiquettes : "Monique. Arles. 02.02.87" avait-il lu à voix haute et forte, comme pour se rassurer du souvenir.

A l’intérieur, la semence laiteuse avait fait place à une pellicule blanchâtre, jaunissante sur les côtés, écaillée, collée au cul du flacon comme du vieux lait bouilli au fond de la casserole… Et tous étaient plus ou moins identiques, seules les prénoms, les dates, les lieux changés …


Pourquoi conserver tout ceci ? Se demandait-il. Pour le plaisir de conserver une trace des amours passagers, ou celle des amours mortes ? Pour que sa semence ne soit pas utilisée à des fins qui lui échapperaient ? Pour qu’elles ne lui fassent pas un "enfant dans le dos" ?

Il avait été incapable de donner une véritable réponse à ces questions. Il y avait aussi les paroles du curé qui lui revenaient sans cesse à l’esprit et en même temps cette vision de Natacha, les yeux affolés en le regardant aspirer l’intérieur de son sexe après qu’il y ait eu largement joui, puis sanglotant alors qu’elle rembarquait …

Au petit matin, il avait rassemblé dans un grand sac en jute toute cette collection si particulière, y compris le dernier falcon.

Il avait hissé le sac dans le coffre de sa voiture et s’était dirigé vers un coin tranquille de la rivière, l’Ouvèze. Là, à l’aide de gros galets qu’il avait jeté sur le sac il avait réduit les flacons en poussière puis avait jeté le sac au milieu des flots tumultueux dans un grand geste rageur.


Durant quelques instants, le sac avait flotté, puis, petit à petit, coulé.

Lorsqu’il eut disparu dans les remous, Anselme était remonté en voiture et il avait roulé toute la journée, toute la nuit. Il était parti, droit devant.

Au petit matin, il avait débarqué dans une agence matrimoniale, à Lille, spécialisée dans les mariages avec les pays de l’Est. Il y était entré, les vêtements fatigués, la barbe grisonnante ourlant son visage, le hâle terni, les yeux cavés par la fatigue.

On lui avait présenté une série de fiches, des jeunes femmes qui essayaient par l’intermédiaire du papier glacé photographique, en couleur, d’aguicher le client.

Une frimousse blonde, les cheveux coupés à la Jeanne d’Arc, les yeux verts, la bouche légèrement entre ouverte, les pommettes saillantes et deux mignonnes fossettes sur des joues rebondies, avait retenu son attention.

Elle était d’Ukraine, elle parlait le français car elle y était enseignante dans cette matière. Il avait obtenu l’adresse et sans attendre, il avait pris l’avion pour Kiev.

A l’hôtel Métropole, en plein de centre de Kiev, il avait réservé une vaste suite.



Le soir de son arrivée, il rencontre Svetlana au bar de l’hôtel.

Il voit arriver à lui, une grande femme, de trente-cinq ans, plus belle encore que sur la photo qu’il avait vu à Lille. La poitrine généreuse, les hanches avantageuses, les jambes longues et interminables.

Ils peuvent parler, discuter, échanger. À la fin de cette première rencontre, ils se découvrent beaucoup de points communs. Mais pour cette première rencontre elle refuse catégoriquement de monter dans sa suite.

Mais le lendemain, c’est elle qui vient lui apporter le petit déjeuner.

Elle frappe discrètement à sa porte et entre dans la chambre en poussant une lourde table roulante chargée de victuailles. Comme il ouvre à peine les yeux, dans la pénombre de la chambre, elle se déshabille prestement et avant qu’il ne réagisse, elle le rejoint dans le lit, venant coller son corps glacé contre le sien, chaud encore de sa nuit.


Leurs lèvres se trouvent rapidement. Il en aime le contact délectable et un peu rugueux, celui des lèvres abîmées par le vent froid de l’hiver ukrainien, couvertes de produit de beauté. Ses mains, douces, longues, parcourent son buste. Anselme se laisse faire. Le réveil est agréable, surprenant.

Sa main à lui, a rapidement rencontré la naissance de son sein.

Un sein lourd, au mamelon étroit et aux pointes fines, presque piquantes. Dès le premier attouchement, Svetlana commence à geindre, ondulant des hanches contre le ventre d’Anselme. Puis sa main entame une vertigineuse descente vers le ventre qui se creuse à son passage. Rapidement, il rencontre les poils de son pubis.

Sous ses doigts, la douceur duveteuse du fin tapis l’excite, et comme par enchantement, les jambes de la jeune ukrainienne s’ouvrent et elle s’offre à lui, à sa main. Il peut accéder à son intimité qui est brûlante, déjà dégoulinante de plaisir. Alors qu’il tente une incursion dans son sexe, par une reptation habile, Svetlana glisse sa tête vers son sexe en érection. Avec une grande gourmandise, elle le happe, l’avale, l’absorbe, tétanisant ainsi les muscles d’Anselme.

Il voit la jeune tête blonde, bien coiffée, aller et venir, monter et descendre le long de sa hampe, la mordillant, la suçant, l’aspirant. La langue va-et-vient, de haut en bas et tout autour de son membre tout droit. Les doigts de Svetlana volètent sur ses bourses et de temps en temps font une incursion vers son anus, tournant autours de son anneau, provoquant de longues décharges de plaisir.

De ces mains, Anselme imprime à la tête qui le suce avec avidité, un rythme de plus en plus endiablé. Il est au bord de l’explosion. Durant quelques secondes, il a failli retrouver le réflexe de se retirer … et puis il se raisonne … tant et si bien que Svetlana boit toute sa semence, jusqu’à la dernière goutte.


Sous ses doigts, il la sent ronronner de plaisir, comme une jeune chatte… Ensuite, c’est lui qui va cueillir sa liqueur d’amour …

Elle se laisse faire, tenant à son tour sa tête à hauteur de son sexe, les jambes remontées et écartées pour qu’il puisse mieux lui fouiller l’intimité. Elle ruisselle. À peine avance-t-il sa langue dans l’entrée de son sexe qu’elle lui explose de plaisir au nez … trempant sa figure d’un long jet de plaisirs, se tordant de ravissement et s’époumonant. Fouillant son intimité avec sa langue, Anselme plante ses doigts dans son anus qui s’ouvre largement et l’aspire. Pistonnant ses fesses, dardant sa langue au plus profond de son sexe, elle s’abandonne totalement à sa jouissance.

Puis, délicatement, Anselme la pénètre.

L’antre de Svetlana est bouillante, dégoulinante et rapidement leurs liqueurs se mélangent, fusionnent dans de grands cris … avant qu’ils ne s’abattent l’un sur l’autre, épuisés, hors d’haleine, le corps secoué des derniers soubresauts de leur jouissance.

Anselme, essaie de contrôler ses pulsions, d’enrayer ses habitudes.

Il sait qu’il vient d’inonder le ventre de la jeune femme de longs jets de sa semence … et les paroles du jeune curé lui reviennent, tel un leitmotiv dans les oreilles, comme la vision du visage de Natacha avec son air effaré par son aspiration … il tente de lutter, il veut oublier … mais ce besoin est plus fort que lui. Mais il n’a pas son matériel; Il n’a plus son matériel. Avec les flacons, il doit reposer au fond de l’Ouvèze …

Alors, il descend et va lécher longuement le sexe bavant et débordant de sa semence et du plaisir de Svetlana.


La jeune femme qui commence à reprendre ses esprits, à retrouver son souffle, à calmer son plaisir, quand elle sent le contact de la bouche d’Anselme sur son sexe, elle hurle et se cabre de surprise et de plaisir.

L’intrusion de la langue d’Anselme qui fouille son sexe, encore brûlant, extrêmement sensible, aux muqueuses irritées et gonflées, elle en décolle ses fesses du lit et son corps se tend, se tétanise. Elle lâche un immense cri qui montre son plaisir renouvelé.

Anselme, lui, découvre de son côté, la joie de lécher, d’aspirer sa semence mélangée tout en déclenchant une nouvelle vague de jouissance dans le sexe de sa jeune maîtresse. Ainsi, arrive-t-il à satisfaire son avarice tout en procurant de nouvelles vagues de jouissance.


Après quelques jours passés à Kiev, Anselme et Svetlana décident de se marier.

Après quelques longues semaines de démarches administratives tracassières, Anselme est venu accueillir la jeune ukrainienne à l’aéroport de Marseille Marignane.

De nombreuses têtes se tournent sur eux. Eux, enlacés, bouche à bouche, s’embrassent goulûment tous les cinq pas et ne prêtent guère attention à cette foule bigarrée qu’ils traversent, qui les bouscule, tout à leur bonheur. Mais Anselme est pressé.

Anselme est pressé de présenter Svetlana au jeune curé de sa paroisse qui doit les marier d’ici à quelques semaines.



Épilogue.


De cette union tardive sont nés des jumeaux, Natacha et Pierre qui sont aujourd’hui deux bambins remuant qui animent les murs de la maison et du parc. Svetlana, heureuse, attend une nouvelle naissance. Pour elle, Anselme est tout, sauf … avare de sa semence … Mais si elle connaissait toute l’histoire, peut être qu’un jour, Anselme se confessera-t-il à sa jeune épouse …