| n° 08562 | Fiche technique | 27051 caractères | 27051 4666 Temps de lecture estimé : 19 mn |
30/01/05 |
Résumé: Histoire sentimentale. Pastourelle. Eau de rose et de violette. Harlequinade... | ||||
Critères: nonéro amour | ||||
| Auteur : Jonathan Gulliver | ||||
Jadis, là-haut, sur le vallon, il y avait quelqu’un. C’était un jeune homme. Assis au pied d’un arbre qui surplombait une immense prairie, il regardait, les yeux pleins d’amertume, le ciel azuré. Une plume à la main, du papier sur les genoux, il attendait. Il ne faisait rien, simplement il attendait. De longues heures ainsi s’écoulaient, toujours il ne bougeait pas. À la nuit tombée seulement, il se levait, l’air déçu :
Et descendant le vallon, il suivait une étroite ruelle qui l’emmenait jusqu’au village.
Arrivé au cœur des nombreuses maisons, il s’arrêta sur le perron de l’une d’elles, et devant la porte, sortit de sa poche une clé qu’il conduisit jusqu’à la serrure. La porte s’ouvrit et il entra. Le jeune homme se retrouvait alors dans une modeste demeure. Pauvrement meublé, elle se composait d’un lit de paille acculé dans un coin, d’une vieille chaise, et d’une petite table. On pouvait voir aussi quelques livres rangés sur les étagères, rien de plus.
Le jeune homme poussa un soupir, puis après un temps, referma soigneusement la porte. Il posa ses effets sur la table et alluma le feu de la cheminée. Il s’assit après, un livre à la main, près de l’âtre. Et il lit ainsi une heure, peut-être deux, pour ensuite sans se rendre compte s’endormir sur sa chaise.
Le lendemain, de bonne heure, les rayons du soleil au travers des fenêtres pénétraient jusqu’à lui. Leurs chaleurs l’appelèrent au réveil. Ses lourdes paupières clignèrent lentement, son regard était encore vague, mais il parvint peu à peu à retrouver une certaine fixité.
Le feu de la cheminée s’était éteint durant la nuit, mais, accablé de fatigue, il dormait déjà trop complètement pour s’en apercevoir. Néanmoins, il vit son livre posé à terre, tout ouvert. Leurs pages jaunes et ennuyeuses l’avaient plongé dans le sommeil. Il le ramassa et le remit sur l’étagère parmi ses autres volumes. Alors, décidé qu’il était à ne plus se rendormir, il plongea sa tête dans une grande bassine d’eau. Le contact que lui procura cette froide humidité lui assura, du moins pour la journée, une transition définitive à l’état de veille. Une fois rafraîchi et les sens plus en éveil, on le vit se munir de sa plume, de ses feuilles, et de son encrier pour sortir hors de sa demeure. Là, il vit le beau soleil. Le jeune homme, lui, se sentait mieux.
Et il s’en retournait vers cette même ruelle qu’il avait empruntée la veille avec amertume, amertume qui cette fois se changea en indifférence. Il cueillit au passage quelques mûres rencontrées sur le chemin. Il les engloutit aussitôt. C’était sa maigre pitance ! Enfin il arriva, après une courte marche, sur cette même prairie, riche de fleurs et de verdure. Sans même y arrêter son attention, il se dirigea vers ce fameux vallon qu’il escalada sans peine – ses jambes de vingt ans l’y aidant de toute la vigueur de leur jeunesse –, et à nouveau, comme la veille, il redécouvrit ce vieil arbre au pied duquel il s’assit. Alors, il sortit de son sac sa plume son encrier et son papier.
Il jeta un regard sur le ciel et les nuages naissants, çà et là éparpillés dans l’éther. Ce spectacle le fit entrer dans une curieuse méditation, méditation dont il ne sortit qu’une heure après pour plonger sa plume dans l’encrier. Mais, arrivé à cet instant suprême où la plume devait courir sur la feuille blanche, le jeune homme marqua un temps d’arrêt. Il hésitait, serrait le poing, fronçait les sourcils puis, résigné, reposait la plume.
Et brusquement, comme si on l’eut entendu, une voix d’une douceur angélique se fit entendre :
Le jeune homme, surpris de n’être pas seul, se retourna. C’était une jeune fille. Elle lui fit l’effet d’une véritable apparition. La jeune fille était de taille moyenne. Plutôt petite que grande, plutôt belle que laide, enfin plutôt gaie que triste. Elle avait des yeux noisette lesquels pétillaient en jetant un vif éclat, un nez droit et petit, terminé par une paire de narines rondes et sympathiques, une bouche vermeille admirablement dessinée, des joues roses qui souvent – par l’incarnat qui rejaillissait – devaient rougir ; un front plein de malice et de générosité au-dessus duquel s’élevait une longue et brillante chevelure de jais, laquelle délicieusement retombait en cascade sur des hanches belles et sans reproche. La jeune fille vit l’effet produit sur le jeune homme et elle sourit. Elle se savait jolie.
Un instant, le jeune homme demeura égaré.
Le jeune homme était sur un nuage. On lui intimait de redescendre.
La jeune fille rougit.
Et Niels, car ainsi il s’appelait, lui présenta la paume de ses mains. Isolde y apposa les siennes, blanches comme l’albâtre. Elle avait des doigts très fins, des doigts de fée.
Isolde affecta un mouvement de retraite, Niels la retint.
Isolde revint sur ses pas.
Isolde, cette fois ne se contint plus et rougit jusqu’au blanc des yeux. Cette rougeur de la jeune fille, cette innocence, cette spontanéité enfin sur le visage firent bien plus que d’enchanter le jeune homme : elle le charma.
Isolde hésita un instant. Mais l’assurance de Niels, son allure franche et honnête, la mettaient en confiance. D’ailleurs, l’air de Niels était à ne s’y méprendre : l’excellence de son cœur débordait sur son visage. Et Isolde, malgré l’innocence de son âge, savait reconnaître cette bonté et cette douceur de caractère.
Niels laissa échapper un sourire d’intelligence.
Isolde, devant ce caractère étrange mais fascinant, s’oublia toute entière. De ses yeux juvéniles, elle plongea dans ceux de Niels. Elle entra dans une sorte de communion où il lui semblait que leurs deux âmes, la sienne et celle de Niels, se comprenaient dans un langage muet et connu d’eux seuls. Cette correspondance, presque surnaturelle, impossible à rendre, faisait qu’Isolde comprenait Niels, sans que ses paroles ne lui fussent entièrement intelligibles.
Niels, souvent secret, parlant peu toujours, n’était pas une nature à épancher son cœur, ni à en révéler les richesses. Seulement, il arrive qu’une personne en rencontre une autre, et dans leurs intelligences se comprennent et s’estiment, sans jugement ni censure. C’était la pensée de Niels à l’endroit d’Isolde, et la raison de cette confidence qu’il lui fit. Il devinait dans Isolde toutes les puretés de l’ange, toutes les qualités de cœur, qu’une âme est en droit d’attendre lorsqu’elle veut se confier. En outre, pour couronner tous ces mérites, Isolde était remarquablement belle. Isolde inspirait l’amour comme le printemps inspire le germe aux fleurs. Mais Niels, dans le trouble de ses idées, ne comprit pas ce sentiment qui naissait en lui et qui prenait racine.
Niels rit de voir la grimace que fit Isolde et Isolde, le voyant si gai, rit avec lui. L’heure passa ainsi, très vite pour Niels, car il trouvait du charme à se trouver aux côtés d’Isolde. Il éprouvait du bonheur à écouter son gentil babil, à la regarder s’animer quand par exemple une feuille détachée de sa tige virevoltait devant elle… Une autre heure passa, et Isolde dut prendre congé de sa compagnie. Elle se leva précipitamment.
Et aussi rapide que l’on peut être quand on ne se sent plus, Isolde de toute la vitesse que lui donnait ses jambes, Isolde avec la fougue de l’étalon descendit du vallon. Arrivée alors sur la prairie, plus vite encore, elle courut à travers champs pour n’être plus, après un temps, qu’un atome parmi d’autres sur l’horizon. Niels, n’essaya pas d’en savoir plus, il ne tenta pas de la retenir. Mais enfin, il la regarda courir et cette course effrénée de la jeune fille, pour lui, avait tous les effets de la grâce. Car Isolde révélait dans sa démarche, comme le dit Virgile, une véritable déesse. Niels alors ému au plus haut degré, Niels tout éveillé qu’il était, Niels entra dans une profonde rêverie. De quoi il rêvait, nous ne saurions dire, mais de temps à autre, on le voyait sourire et ses yeux brillaient. Une abeille passa à un doigt de ses yeux, il ne la vit ni ne l’entendit, malgré son incessant bourdonnement. Enfin, après un long moment, sortant de cette léthargie, il se mit à murmurer quelques mots :
Et Niels tout plein de verve saisit sa plume et écrivit. Il écrivit ainsi sans interruption, avec acharnement presque. La plume, elle, courait sur la feuille. Bien plus, elle caracolait ! À la nuit tombante, il avait à son grand étonnement noircit de son encre toutes ses feuilles. Il ne lui restait plus aucune feuille blanche !
Alors, Niels sentit la fatigue mais cette fatigue n’avait plus importance car elle cédait le pas à un autre sentiment : Niels était heureux. Il avait atteint le but que depuis longtemps déjà il s’était fixé : écrire. Et cette joie qu’il éprouvait d’avoir produit dominait cette faiblesse qui se lisait sur ces traits, sur sa main crispée par l’ouvrage. C’est non sans gravité, avec componction même qu’il descendit du vallon, comme Zarathoustra naguère, était descendu de la montagne.
Niels, comme la veille, rentra chez lui. Non pas comme la veille. Déjà, il était différent : il n’était plus le même, pour longtemps.
Son sommeil fut rapide. Il dormit bien et paisiblement.
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Autant Niels dormait avec facilité, autant son réveil fut prompt et aisé.
Niels au réveil doutait de ce qu’il avait vu, de ce qu’il avait entendu, mais il ne douta pas longtemps car la vue des feuilles calligraphiées de sa plume sur la table, de l’encre incessamment usité, fit de son rêve une incontestable réalité. Qu’il se sentit alors rassuré de n’avoir pas rêver, qu’il se sentit donc heureux d’avoir vécu cette réalité !
Il sortit vivement de son lit et se précipita sur ses feuilles qu’il relut avec avidité. Une fois sa lecture achevée, une poussée d’orgueil l’envahit : c’était bien ! Il voyait un réel talent dans ces lignes, talent peu mature mais talent certes ! Il se promit alors de progresser et d’atteindre ce niveau duquel on connaît le succès. En attendant, bien secrètement, il ne montrerait rien de ses œuvres. Il voulait atteindre le point de perfection avant de se déclarer au public. C’était une petite ombre dans son caractère. Niels avait de l’amour-propre, peut-être trop. Si par quelque hasard, on le surprenait au milieu de son travail, il entrait dans une furie telle qu’il en devenait incontrôlable. Ce trait doit être précisé pour comprendre Niels, car il est la cause d’un malheur qui lui vînt par la suite.
Niels sortit de chez lui avec son bagage habituel. Il suivit son itinéraire accoutumé. Enfin il se retrouva au pied de cet arbre qu’il considérait comme la source évidente de son inspiration.
Répétant ainsi le refrain des jours passés, il attendait Muse et son cortège de bonnes idées.
Que de fois ne t’attendant plus tu es venue !
Cela rimait fort mal, Niels le savait bien ; il savait bien aussi qu’il pouvait mieux faire et il chercha encore.
Alors des images déferlaient une à une, se présentaient librement à lui, et étaient commentées par sa raison. À chacune de ces images, selon qu’elle lui plaisait plus ou moins, l’image retenait son attention ou disparaissait dans l’oubli. C’est ainsi que le visage d’Isolde lui apparut. Il y arrêta sa pensée. Puis il prit sa plume et écrivit :
De sa tendre voix protestant mon silence
À ma grande félicité j’en ai bu l’essence
Son visage caresse mon âme elle fait fuir le vide
Pauvre de sa présence mon existence est avide
Que fait-elle où est-elle allée
Ô elle si belle si digne d’être aimée
Une fois je l’ai vue une fois c’est assez
Pour l’aimer du moins à n’en plus douter
À ce moment, Niels s’arrêta, non pas que l’inspiration ne lui vînt plus – bien au contraire, elle bouillonnait jusque dans ses veines – mais il s’arrêta parce qu’il avait pris conscience de ce qu’il écrivait. Car enfin n’était-il pas en train d’écrire un poème sur Isolde ? Ne se mettait-il pas à versifier sur une personne qu’à peine une fois il avait vue ? Ainsi, il méditait sur son lyrisme, lyrisme dont il interrogeait la véracité.
Mais tandis qu’il en était à cette préoccupation qui le troublait fort, une envie encore plus forte lui prit de se retourner. Ce qu’il fit. Et il vit Isolde ! Peut-être lisait-elle par dessus son épaule ? Peut-être venait-elle d’arriver ? Il ne savait mais le fait d’avoir été surpris dans son travail le mit dans une colère folle.
Isolde, bien malgré elle, se mit à rire d’un rire lutin qui mit le feu à la colère de Niels.
Niels avait haussé d’un ton qui interdisait la réplique. Ce changement subit et inattendu arrêta net Isolde dans son hilarité. Du rire, elle passa à l’étonnement ; et de l’étonnement, elle devint pâle comme un nuage. Devant cet être qu’elle ne reconnaissait plus, elle tomba dans un pesant silence. Elle ne retrouva qu’une face lointaine et inconnue dans celui qu’elle avait vu la veille : la mélancolie avait cédé à la colère, la douceur à la fermeté. La gaieté disparut du visage de Isolde, sa jovialité habituelle ne rayonnait plus dans sa personne.
Niels vit ce changement, et aussitôt un sentiment coupable succéda à sa colère. Le visage d’Isolde était d’une poésie si sublime qu’il comprit, comme si un éclair l’eut traversé, qu’il s’était comporté comme un misérable. Il s’aperçut de son faux pas, de sa stupide colère. Mais il était trop tard. Déjà Isolde avait reculé de deux ou trois pas, déjà l’idée de fuir Niels s’était emparée d’elle.
Et quoiqu’elle ne comprit encore la nature de ses sentiments, elle se trouvait suffisamment bouleversée pour ne plus chercher à les deviner. Dans son impatience à le quitter, soudain, elle trébucha et roula le long de la pente.
Niels se précipita à toutes jambes, le visage tiré à l’extrême par l’angoisse qu’elle ne fut blessée. Arrivé au pied du coteau, il saisit Isolde dans ses bras. Fort heureusement, rien n’indiquait qu’elle eût subi un réel dommage, à son soulagement. Seule son agitation pouvait alarmer Niels.
Isolde, sans lui répondre, le repoussa violemment en lui jetant un regard terrible. Niels demeura sous le choc de ce regard, et Isolde profita de ce moment d’égarement pour se relever et pour compléter sa fuite.
Ainsi Niels laissa la colombe déployer ses ailes, ainsi il la voyait s’envoler avec des idées hostiles sur sa personne. Cela lui fit grand mal. Et Niels lâcha un profond soupir. Il jugea plus tard, dans le silence de sa chambre, qu’il venait de faire une perte considérable. Car la personne qui venait de le quitter si froidement avait laissé derrière elle un abîme dans son cœur.
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Niels revint le lendemain et les jours suivants, sans retrouver Isolde. Quelquefois il s’asseyait longuement au pied du chêne, et se retournait sans raison aucune. L’espoir de revoir son joli minois, lisant par dessus son épaule, disparut en même temps que ses rêves de gloire. Il continua d’écrire pourtant, mais sans ambition cette fois, sans plaisir même. Un mois passa, puis un second, puis un troisième, sans trace de la « Petite Fleur », ainsi qu’il l’appelait dans ses poèmes. Puis un jour, il en eut assez et ne revint plus. Il avait abandonné toute idée de la revoir. Il reprocha même à ses pensées de lui avoir donner un si grand empire.
Il décida de l’oublier mais sans y parvenir. Il réussit malgré tout à publier son recueil un an plus tard. Heureux succès !
Son recueil fit grand bruit. C’était juste, car Niels sans avoir le génie des plus grands poètes en avait du moins l’extrême pauvreté. L’argent que lui apporta son livre lui permit de vivre honorablement, et d’être considéré comme un véritable homme de lettres. Ce qu’il était à présent.
Bien sûr, il subissait la critique. On s’en donnait à cœur joie pour rabaisser son talent, les lauriers acquis inspiraient la jalousie. Mais Niels n’en avait cure, il acceptait la critique, et parfois même l’approuvait. Il avait foulé son orgueil et n’avait plus cet amour-propre auquel il attribuait son plus grand malheur. Cependant, le succès ne lui apporta pas le bonheur escompté : son cœur vide lui sonnait comme un cri d’alarme.
Un jour, dégoûté plus que de coutume et fatigué des mondanités, il s’éclipsa des salons où on l’adulait. Ses pas, malgré lui, le guidèrent vers le vieil arbre qu’il n’avait plus revu depuis plus d’un an.
Sur la plaine verdoyante, il promena son regard chargé d’amertume. Cette nature lui apparut alors sous un jour nouveau, elle faisait face à sa douleur présente. Niels se reprit à rêver. Il entendit le pépiement des oiseaux qui voltigeaient près de lui, et les rayons du soleil le baignaient de chaleur. Une atmosphère douce se dégageait de ces lieux où il retrouva les charmes d’antan. En fermant les yeux, il s’imagina deux ans en arrière. Aux souvenirs passés, une larme vint couler le long de sa joue…
En rouvrant ses paupières, ses yeux se fixèrent sur le célèbre vallon. Etonné, il remarqua une forme indistincte assise au pied de l’arbre. Cela l’intrigua : il voulut éclaircir ce mystère. Le bel arbre avait-il pendant son absence trouvé d’autres adorateurs ? Cette idée le fit sourire.
Sans se faire remarquer, Niels gravit par l’autre flanc le sommet du vallon. Il y découvrit une jeune fille, absorbée par la lecture d’un livre. Ce livre, c’était le sien, cette jeune fille, c’était Isolde !
Sa plus grande et plus secrète espérance, à laquelle il n’osait plus croire, se réalisa devant lui.
Isolde se retourna. Elle poussa un cri.
Isolde se leva, plus surprise encore.
Isolde resta un moment sans répondre, puis après un silence, elle leva subitement les yeux sur Niels. Dans la puissance de son regard, elle mit toute son âme. Elle n’eut besoin que de quelques mots pour lui faire voir ce qui ce passait dans son cœur.
Alors, Niels prit les mains d’Isolde dans les siennes, il les baisa. Tous deux restèrent sur le vallon jusqu’au crépuscule. Ce qu’ils s’échangèrent en paroles, ce qu’ils se promirent pour l’avenir, nous ne saurions dire, car le secret n’a pu être forcé jusqu’à ce jour. Seulement, on raconte qu’au pied de cet arbre, des amoureux très épris viennent s’asseoir, pour se porter chance, disent-ils.