Un quart d’heure passe…
Bon, il va falloir que je prenne un peu – beaucoup - de recul, sinon je vais craquer ; et ce n’est vraiment pas le moment. Camille, oui ! Mais j’ai un fils, aussi ; et ça, c’est vraiment le plus important dans ma vie…
Quelle heure est-il ? 14 heures 30. J’ai bien envie de profiter de cette semaine de vacances pour emmener Thomas à K.H. Au moins, sur ce point, Camille a vu juste ; apprendre à connaître mon petit garçon, quelle meilleure occasion que pendant ces vacances ?
Oui, bien-sûr, mais il y a Rachel ; officiellement, je n’ai aucun droit sur mon fils puisque je ne suis pas censé être le père ! Un dimanche de temps en temps, ça lui va, mais toute une semaine… À moins que…
- — Romain : "Allo, Rachel ! C’est Romain…"
- — Rachel : "Ah, bonjour Romain… Qu’est-ce qui t’amène ?"
- — Romain : "Bon, je ne vais pas tourner autour du pot. C’est les vacances de printemps, Thomas ne va pas à l’école, toi aussi tu as pris quelques jours, hein, c’est bien ça ?"
- — Rachel (attentive) : "Oui… et…"
- — Romain : "Et je pensais vous emmener tous les deux à K.H. jusqu’à dimanche soir ; tu te souviens, n’est-ce pas, à l’époque… enfin, je t’avais bien dit que ma famille avait un appartement sur le front de mer, et…"
- — Rachel (intéressée) : "Et tu voudrais que je vienne aussi !?!"
- — Romain : "Ben…"
Silence. Si je lui dis que je crois que… elle va sûrement le prendre très mal et… par contre, si je suis trop affirmatif, elle va peut-être s’imaginer des trucs… Voyons, voyons…
- — Rachel : "Romain ? T’es toujours là ?"
- — Romain : "Oui oui…"
- — Rachel : "Alors ?"
- — Romain : "Alors je me disais que ça serait quand même mieux pour notre fils que l’on soit tous les trois pour… enfin, tu vois ce que je veux dire ? Une semaine avec lui, est-ce que j’arriverais à me débrouiller seul ? Si jamais…"
- — Rachel : "Oui, bien-sûr, tout ça c’est nouveau pour toi… Je suis ok…"
- — Romain : "Tu dis ça sur un air… Tu ne me parais pas très enthousiaste…"
- — Rachel : "Mais si… Seulement, j’avais cru que… Enfin, n’en parlons plus. On partirait quand ?"
- — Romain : "Ben, en se mettant en route… disons dans une heure…"
- — Rachel (à nouveau affairée) : "Nous serons prêts ! C’est ton fils qui va être heureux…"
- — Romain : "A tout à l’heure…"
Et bien, je ne me suis pas trop mal débrouillé… Allez, le temps de préparer mon sac et on est parti !
Une fois dans la voiture…
Tiens, décidément, ce titre passe souvent à la radio… C’est la chanson de Camille. Merde ! Il vaut mieux que je coupe parce que sinon… C’est vraiment difficile de faire le vide…
Ah ! Je savais bien que j’avais oublié quelque chose… Un bouquet de fleurs pour Rachel – ben oui, quand même ! – et des friandises pour mon petit bonhomme… pour la route !
Pas le temps d’aller au centre commercial… Je vais acheter tout ça dans la zone piétonne, si j’arrive à me garer…
Coup de bol ! Une place de libre ! Allez, un joli bouquet, une bonne provision de sucreries et je retourne à la voiture, et…
"Eh ! Toi ! Romain !"
Qui c’est celle-là ? Ah oui ! J’y suis…
- — Romain : "Moi ?"
- — Stéph : "Oui toi !"
- — Romain : "Désolé mais j’avais cru que tu parlais à un chien…"
- — Stéph : "C’est ça, fais le malin…"
- — Romain (impudent) : "Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?"
- — Stéph : "Putain ! T’as vu dans quel état elle est, Camille !?!"
- — Romain (s’éloignant) : "Arrête tu vas me faire pleurer…"
- — Stéph (en colère) : "Putain j’avais raison ! T’es vraiment un salaud !"
Là, je vais commencer à perdre mon calme !
- — Romain (arrogant) : "Cesse un peu avec tes "putain" ! J’en vois pas… ici !"
Et je reprends mon chemin mais la copine insiste.
- — Stéph (hors de ses gonds) : "Attends ! Tu veux dire quoi, là ?"
- — Romain : "Rien…"
- — Stéph : "Ah non ! Tu crois pas que tu vas t’en tirer comme ça !"
Cette fois-ci, elle va trop loin la mignonne ! Je stoppe net, me retourne d’un seul coup et la saisis par le col.
- — Romain (méchant) : "Qui tu es pour me parler comme ça ? Qu’est-ce que tu sais ? Qu’est-ce que tu crois savoir ? Qu’est-ce qu’elle t’a raconté ? Tu sais rien… Allez, dégage…"
Puis, je la relâche et m’éloigne à nouveau.
- — Stéph (insistante) : "Mais qu’est-ce que tu veux dire ?"
Je m’arrête encore.
- — Romain : "Je n’ai rien à dire, et surtout pas à une inconnue…"
- — Stéph (coléreuse) : "Oui, mais pour moi, Camille c’est pas une inconnue, c’est…"
Je la coupe.
- — Romain (persuasif) : "Es-tu certaine que tu la connais si bien que tu le prétends ?"
- — Stéph (instable) : "Ben… oui… c’est ma meilleure amie…"
- — Romain : "Alors bien entendu, il n’y a pas de raison pour qu’elle… Au revoir…"
- — Stéph : "Mais où est-ce que tu veux en venir ?"
- — Romain (didactique) : "Ah mais ma belle, moi je ne veux en venir nulle part ! C’est toi qui m’agresse !"
Et je reprends mon chemin pour la troisième fois.
- — Stéph (adoucie) "Attend Romain ! On va prendre un café ?"
- — Romain (gentiment) : "Non Stéph… C’est bien ton prénom, hein !?!"
- — Stéph (toute ouïe) : "Oui…"
- — Romain : "Alors, tu dois comprendre que… Reste en dehors de tout ça, ça vaut mieux…"
Stéph n’a pas l’air tranquille du tout ; je ne la connais pas, mais ça m’embête de la laisser comme ça…
- — Romain : "Bon, allez, viens ! On va le prendre ce café… Mais pas plus de cinq minutes !"
Quelques instants plus tard…
- — Romain : "Ecoute, je ne sais pas ce qu’elle t’a raconté…"
- — Stéph : "Elle m’a rien dit mais elle est bizarre depuis qu’elle te connais…"
- — Romain (souriant) : "Tu m’en diras tant !"
- — Stéph : "Ben oui, elle a l’air malheureuse…"
- — Romain : "Et naturellement, tu me rends responsable, n’est-ce pas ?"
- — Stéph (plus tellement sûre) : "Oui… enfin, non… j’veux dire que… Je crois que je t’ai mal jugé… En fait, je suis…"
- — Romain : "Tais-toi tu dis des bêtises ! Et fais attention ! Tu ne vas peut-être pas aimer ce que tu vas découvrir…"
- — Stéph (affolée) : "Mais… quoi… qu’est-ce que…"
- — Romain (se levant) : "Maintenant, je ne te dirai plus rien… Au-revoir, Stéph…"
- — Stéph : "Une seconde Romain ! Je te donne mon téléphone, au cas où…"
- — Romain : "Hum…"
Au cas où quoi ? Je me le demande… Mais je n’ai pas le temps de discuter plus longtemps.
Je règle les cafés en laissant Stéph avec ses questions. Elle a l’air très bien cette nana ; j’ai vraiment du mal à imaginer qu’elle sache le quart de la double vie de Camille ! Enfin, après tout ce que je viens de vivre, je m’attends à tout…
Oh non ! Si elle le savait, ç’eut été impossible qu’elle m’attaque et réagisse ainsi ; elle aurait parfaitement compris ma réaction… Et puis malgré tout, je n’ai pas pour habitude de déblatérer sur le dos des gens ; elle trouvera toute seule…
Enfin, elle va être très déçue par son amie et certainement en souffrir…
Bon, j’ai encore une demi-heure avant… d’être en retard ! Qu’est-ce que je fais ; je préviens Camille, oui ou non ?
Oui, que ça lui plaise ou non, au point où on en est, ça n’a plus guère d’importance…
- — Romain : "Allô, Camille ? C’est moi…"
Silence…
- — Romain : "Bon, Camille ; je n’ai pas le temps de jouer ! J’ai quelque chose à te dire. Je préfèrerais le faire en face plutôt qu’au téléphone, mais décide-toi vite… très vite !"
- — Camille (surprise) : "Viens Romain ! Je t’attends…"
Et dix minutes plus tard, me voici arrivé chez Camille qui m’attend devant la porte. Ça y est ! Je recommence à ne plus me contrôler ; j’ai envie de lui sauter dessus, de lui faire l’amour, mais là, je ne dois pas lui laisser entrevoir la moindre faiblesse, sinon ma semaine est foutue…
- — Romain : "Alors voilà ; tout à l’heure au téléphone, tu m’as conseillé de partir quelques jours avec mon fils, pour apprendre à se connaître. Et bien soit ! Tu ne le savais pas encore, mais ma famille possède un appartement à K.H. juste en bord de mer. Alors…"
Camille esquisse un sourire mais elle a quand même l’air perturbée. Je vois bien qu’elle aussi me sauterait bien au cou, mais…
- — Romain : "Et je pars donc dans l’heure ! Mais…"
- — Camille (stressée) : "Mais quoi ?"
- — Romain : "Rachel est du voyage…"
- — Camille (survoltée) : "Quoi ! Dégage de là !"
- — Romain : "A ta guise…"
Je m’apprête à remonter dans ma voiture quand Camille me retient par le bras.
- — Camille (les larmes aux yeux) : "Alors c’est fini ! T’abandonnes ? Tu me quittes ?"
- — Romain : "J’abandonne quoi ? Mais non Camille, tu n’y es pas du tout ! Tu dois comprendre que la seule façon que je puisse avoir Thomas pendant une semaine, c’est d’emmener sa maman avec nous ! Ca non plus je ne te l’ai pas encore dit, mais selon la loi, je ne suis pas son papa !"
- — Camille (séchant ses larmes) : "Qu’est que tu veux dire ?"
- — Romain : "Que Thomas est né de père inconnu et que pour l’instant…"
- — Camille (désorientée) : "Oh Romain, pardon ! J’avais pas compris ! Et est-ce que ça va s’arranger ? Est-ce que T… enfin, ton… est-ce que ta… Rachel va accepter de le… je sais plus quoi dire…"
- — Romain : "Je ne pense pas qu’elle me fera du chantage là-dessus ; ça serait trop cruel et ce n’est pas son genre. Seulement, elle fait traîner les choses, c’est tout… Enfin presque, car en plus, personne d’autre que toi ne sait encore que Thomas existe… même pas ma famille !"
- — Camille (abasourdie) : "Oh c’est pas possible…"
- — Romain : "Et si ma… Bon, il faut vraiment que j’y aille, je ne tiens pas à être en retard."
- — Camille : "Non Romain, tu ne vas pas partir comme ça, hein ! J’vais en crever durant cette semaine ! Promets-moi que…"
- — Romain : "Oh, je vois où tu veux en venir et tu n’as vraiment pas d’inquiétude à avoir de ce côté-là ! De plus, sache qu’il y a deux chambres dans mon appartement…"
- — Camille : "Et tu ne m’embrasses pas avant de partir ?"
Là j’hésite franchement ! Mais non, il ne le faut pas ! Aucune faiblesse…
- — Romain : "Non Camille ! Je n’en ai pas du tout envie… Ou plutôt, j’en meurs d’envie mais je m’abstiendrai… Et puis, ton Alex s’en chargera mieux que moi, non !?!"
- — Camille (à nouveau les larmes aux yeux) : "Je t’aime, Romain…"
- — Romain : "Moi aussi, je t’aime… Mais… Je t’appelle dimanche soir en rentrant, si tu veux…"
Camille ne répond pas, elle se contente de me fixer. Dans ses yeux, je peux lire "ne pars pas…"
- — Romain : "Je t’appellerai ; si tu ne veux pas me répondre, et bien tant pis…"
Je monte dans la voiture, baisse la vitre…
- — Romain : "Camille ! Approche, s’il te plait…"
Elle vient me rejoindre timidement, s’abaisse quelque peu, et je lui donne un tout petit baiser sur les lèvres, ce qui la ravit.
Et puis tout à coup, j’ai une drôle d’impression qui me parcourt l’esprit ; un mélange d’amour, de haine, d’excitation, de colère, d’étranges pensées… Et d’instinct, sans réfléchir du tout, j’ajoute :
- — Romain : "Et puis je vais réfléchir à ta proposition…"
- — Camille (très surprise) : "Quelle proposition ?"
- — Romain : "Ben, tu ne voulais pas qu’on fasse connaissance avec ton Alex ? C’est pas d’un truc de ce genre dont tu m’as parlé tout à l’heure ?"
- — Camille (perplexe) : "Si, mais…"
- — Romain : "Alors à dimanche !"
Et hop ! Je démarre et fiche le camp laissant Camille dans l’expectative ! Ca ne lui fera pas de mal de cogiter à tout ça pendant quelques jours… Et moi également, car c’est étrange, on dirait que mes sentiments pour elle sont en train d’évoluer. Mais dans quelle direction ?
Et dimanche midi, après une super semaine, j’envoie un SMS sur le portable de Camille.
"La semaine s’est très bien passée. Je serai bientôt le papa de Thomas… pour de vrai ! Ne réponds pas à ce message, je t’appelle en rentrant comme promis. Romain…"
Aux environs de 19 heures 45…
- — Romain : "Camille ? C’est moi…"
- — Camille (ne tenant plus) : "Alors !?!"
- — Romain : "Alors quoi ?"
- — Camille : "Ben avec ton… avec Thomas !?!"
- — Romain : "Tout est rentré dans l’ordre… si je puis dire ! Rachel accepte que je le reconnaisse ; la paperasse, c’est pour la semaine prochaine !"
- — Camille (heureuse, mais un peu gênée) : "Oh c’est génial Romain ! Je sais pas quoi dire…"
- — Romain : "Alors ne dis rien ! Je sais très bien ce qui te turlupine, et dans un sens, c’est normal ! Mais je n’ai fait qu’être avec mon fils… Si tu crois que j’avais la tête à autre chose…"
- — Camille : "Je te crois Romain…"
- — Romain : "Bon…"
- — Camille : "Alors, tu veux faire la connaissance d’Alex ?"
- — Romain : "N’inverse pas les rôles, Camille ! L’idée est de toi, pas de moi…"
- — Camille : "Oui, mais, tu es d’accord ?"
- — Romain : "Je ne sais pas où tu veux vraiment en venir, mais j’avoue que ça m’intrigue ; et puis la situation m’excite !"
- — Camille : "Qu’est-ce que tu trouves excitant ?"
- — Romain : "Tu t’imagines que je suis né de la dernière pluie ?"
- — Camille : "Stop, Romain ! Tu ne voudrais pas plutôt venir ?"
- — Romain : "Venir te rejoindre ? Enfin, vous rejoindre ?"
- — Camille : "Oui…"
- — Romain : "Très bien Camille ! Je vais arriver… J’espère que tu as ce qu’il faut au frigo car…"
- — Camille : "J’ai toujours tout ce qu’il faut au frigo !"
- — Romain : "Je suis là dans vingt minutes…"
- — Camille : "Tout ce temps ?"
- — Romain : "Oui ! J’ai un truc à faire, avant…"
- — Camille : "D’accord. Mais seulement, tu vas me promettre de ne pas t’en prendre à Alex !"
- — Romain : "Ma pauvre chérie ! Quelle opinion as-tu de moi ! Comment peux-tu croire un seul instant que je puisse tomber à ce niveau de bassesse !?!"
Très très étrange ! Mon état d’esprit vient subitement de changer radicalement. J’ai peur de comprendre ce que cela signifie, mais tant pis ; les dès sont jetés.
Et puis je viens de faire mon truc, alors, plus de marche arrière possible…
Et à l’heure dite…
- — Romain : "Me voici…"
- — Camille : "Entre, mon chéri…"
- — Romain (en rigolant) : "Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre…"
- — Camille : "Quoi ?"
- — Romain : "Rien !"
Je pénètre dans le vestibule, suis Camille dans le couloir ; malgré mes grands airs, au fond de moi-même je ne la ramène pas trop. Je vais bientôt tomber nez à nez avec Alex, et là…
- — Camille : "Je te présente Alex…"
- — Romain (le sourire narquois) : "On se connaît ! Bonsoir, Alex…"
- — Alex : "Salut…"
Et bien, on ne peut pas dire que la situation soit très excitante, loin de là ! Et Camille qui s’inquiétait, de peur que l’on se foute sur la gueule !
- — Romain : "Rassure-toi, va ! Je n’ai pas l’habitude de me battre pour une femme ! Je ne suis pas un coq et nous ne sommes pas dans une basse-cour…"
- — Camille : "Mais enfin…"
Alex la coupe.
- — Alex : "Et qu’est-ce qu’on doit comprendre ?"
- — Camille : "Arrête Alex, sinon…"
- — Alex : "Tais-toi Camille… Je disais : où tu veux en venir ?"
- — Romain (insolent) : "Oh, pas très loin ! Je veux juste dire que tu n’as aucune inquiétude à avoir ! Je ne chercherai même pas à te faire de l’ombre… Tout ce qu’il m’importe de savoir, c’est ce que je fais ici…"
Le jeune Alex ne sait plus quoi trop dire et Camille semble dépassée… Mais comme "notre" Alex, lui est un jeune coq, et arrogant, en plus…
- — Alex : "Camille ne te plait plus ? Tu jettes l’éponge ?"
- — Camille : "Alex, tu vas la…"
Cette fois-ci, c’est moi qui la coupe.
- — Romain : "Alex a raison ; tais-toi Camille… Sers-nous plutôt quelque chose de costaud car je crois qu’on va en avoir besoin… et ensuite viens t’asseoir avec nous, plutôt que de dire des conneries !"
- — Camille (furieuse) : "Bon ! Et bien puisque vous êtes d’accord tous les deux… Mais toi Romain, je te préviens ! T’as intérêt à être un peu plus clair !"
- — Romain : "Ici je suis chez toi… enfin, chez vous, d’après ce que je comprends… Je n’ai pas pour habitude d’ordonner à mes hôtes. Je veux juste que tu me laisses répondre à Alex…"
- — Camille : "Fais comme chez toi Romain…"
- — Romain (à Alex) : "Elle est un peu légère ta rétorque ! Je m’attendais à mieux… Enfin, pour répondre à ta question, si ! Camille me plait toujours mais jamais je ne lutterai pour arracher le coeur d’une femme ! Fusse-t-il pour la plus désirable qu’il m’a été donné de rencontrer… Et pour ta gouverne, je ne combats que lorsqu’au bout il y a victoire : jamais pour un match nul !"
- — Alex : "T’aime bien les belles phrases, toi, hein !?! Mais alors, qu’est-ce que tu fais ici ?"
- — Romain : "Ben je sais pas… Tu vas me le dire !"
Camille nous rejoint très rapidement…
- — Camille (enjouée) : "De quoi parlez-vous, les garçons ?"
- — Alex (énervé) : "De rien ! On t’attendait…"
- — Camille : "Ah bon ! Vous faites connaissance, alors !?!"
- — Alex et Romain (simultanément) : "C’est ça !"
Quelques verres passent, à parler hypocritement de tout et de rien…
- — Romain : "Alors Camille, pourquoi voulais-tu qu’on se rencontre tous les trois ?"
- — Camille (timidement) : "En fait… on a pensé…"
Alex la coupe.
- — Alex (persuasif) : "Tu as pensé !"
- — Camille : "Oui, j’ai pensé que… comment dire… heu…"
- — Romain (de plus en plus amusé) : "Tu as pensé qu’on aurait pu faire des trucs à trois… Tu as pensé qu’ainsi, toutes nos affaires seraient résolues et la situation normalisée ?"
- — Camille (très timidement) : "Oui…"
Les choses semblent parfaitement claires, désormais…
- — Romain : "Et toi Alex, bien entendu, t’as accepté ?"
- — Alex (embarrassé) : "Ben, c’est à dire que…"
- — Romain (sûr de lui) : "C’est à dire que tu l’aimes tellement que tu es prêt à accepter n’importe qu’elle foutaise !"
Tout est si prévisible que ça ne m’amuse même pas d’anticiper leurs réponses…
Plus personne ne murmure quoi que ce soit ; je ne sais par quel miracle je n’ai pas encore piqué ma colère et fichu le camp, mais le troisième acte approche…
- — Romain : "Camille, dis-le moi si je me trompe… Tu aimes Alex, tu m’aimes, Alex t’aime, je t’aime… Alex veut t’avoir pour lui tout seul, moi également. En fait, tu nous veux tous les deux…"
- — Camille (baissant les yeux) : "Oui…"
- — Romain : "Et toi Alex, aller baiser devant des vieux dégueus, ça ne te gênait pas, mais là, si Camille a des sentiments pour un autre, tu ne l’acceptes pas, c’est ça !?!"
- — Alex : "Ben oui, c’est normal, quand même…"
- — Romain : "Et tu as parfaitement raison, mon ami ! Et je te le redis : tu n’as plus aucune inquiétude à avoir à ce sujet…"
- — Camille : "Alors là, tu vas t’expliquer… et tout de suite !"
- — Romain : "Décidément, t’es longue à la détente aujourd’hui…"
- — Alex : "Tu n’as donc pas compris !?!"
- — Camille (tourmentée) : "Mais compris quoi ?"
- — Romain : "Que j’étais d’accord pour faire l’amour avec toi… enfin, appelle ça comme tu veux… mais c’est tout ce que tu auras désormais de moi !"
- — Camille : "Oh non Romain je…"
- — Romain : "Que de la baise ! Si ça ne te convient pas, je peux m’en aller tout de suite…"
- — Alex (satisfait) : "Tes rêves utopiques s’envolent ma chérie…"
- — Camille : "Oh toi n’en rajoute pas !"
Camille reste dans son coin sans rien dire ; elle semble très déçue. Et moi donc !?! Et si encore ce n’était que de la déception…
En un instant, je viens de comprendre des choses ; beaucoup de choses. Camille, je l’aime, mais pas à ce point. D’ailleurs, je n’aimerai jamais personne de cette manière, c’est impossible.
Non, ce n’est pas la déception qui m’emplit les tripes, mais la résignation ; mais je ne peux pas la quitter comme ça…
Ce qu’elle me propose, ce qu’ils me proposent, c’est complètement fou. Il ne peut y avoir d’amour de cette façon, juste de sexe et du plaisir. Et encore ! Ca reste à voir !
Camille, je la connais depuis un mois. Même si ce fut très court, notre liaison a été très intense et ça ne va pas être évident de faire l’impasse ! Les choses auraient été bien plus simples si je l’avais rencontrée au Colibri. Mais nous verrons bien où cette folie va me mener…
- — Romain : "Un amour, ça ne se partage pas. Regarde le pauvre Alex. Il en crève pour toi ; on souffle dessus, et il s’écroule de douleur. Vois les choses en face : ton histoire ne peut pas marcher…"
- — Camille (rageant) : "Et toi, tu n’en crèves pas pour moi !?! Parce que moi, c’est pour tous les deux…"
- — Romain : "Arrête Camille… Tu fais de la peine à Alex… Et toi, reprends le dessus sinon tu vas couler !"
- — Alex : "Je sais, je sais…"
- — Romain : "Camille, je t’aime et tu le sais. Mais je suis capable de contrôler à peu près tout ce que je ressens… Alex, non ! Et puis j’ai réfléchi cette semaine ; je ne te connais que depuis très peu de temps, vous avez des projets, c’est votre histoire, pas la mienne… l’intrus, c’est moi ! Et puis surtout, Camille, tu sais très bien que je ne me rabaisserai jamais à satisfaire les caprices d’une femme, surtout des caprices de ce genre, surtout si je passe pour un vrai con !"
- — Camille (énervée) : "Ah ! Ta putain de fierté qui refait surface !"
- — Romain (remonté) : "Ma fierté ! T’as pas songé un instant que je pouvais avoir envie d’avoir une femme pour moi toute seule, comme tout le monde ? Comme Alex ? Et tu la ramenais moins lundi quand je t’ai dit que je partais la semaine à K.H. ! Enfin, puisqu’il en est ainsi, c’est à prendre ou à laisser ! Mais tu as raison. Ici on peut le prononcer, ce mot…"
- — Camille : "Mais qu’est-ce que tu essaies encore de dire ? Tu peux pas parler normalement pour une fois…"
- — Romain : "Rien, j’y viendrai après…"
Tout le monde est maintenant bien remonté. Il est vrai que Camille a la main très lourde sur les verres qu’elle sert ! Et ça ne peut pas nous faire de mal…
- — Camille : "Ah vous m’énervez, tiens !"
Et de la façon dont elle a dit ça : éclats de rires !
- — Camille : "Donc, tu serais d’accord pour…"
- — Romain : "Oh là ! Pas si vite ! Les choses ont quelque peu évolué depuis tout à l’heure ! Je serais d’accord uniquement si…"
- — Alex : "Pas de problème, Romain ! Je voudrais juste te dire que…"
- — Camille : "Et bien Alex ! Tes beaux sentiments s’envolent très vite quand on passe au-dessous de la ceinture !"
- — Romain : "Et toi Camille ! Ca n’a pas l’air de t’incommoder plus que ça que…"
- — Camille : "Taratata !"
Et encore un gros éclat de rires…
- — Camille : "Bon les garçons, quand est-ce que vous allez vous occuper de moi ?"
- — Alex (en baissant sa braguette) : "T’es vraiment une salope…"
- — Romain (faisant de même) : "Oui ! Mais une belle salope !"
- — Camille (excitée) : "Et la belle salope que je suis, vous ne voudriez pas la faire attendre, hein !"
- — Romain (baissant son pantalon) : "Ne rigole pas ma jolie ! Tu ne penses tout de même pas que tu vas garder la santé bien longtemps après qu’on se soit occupé de toi !?!"
- — Alex : "Ca, c’est certain…"
- — Camille : "La ferme, Alex ! Tu parles trop !"
- — Romain : "Toi aussi tu parles trop ! Amène-toi ! On verra après si on a besoin de renfort…"
- — Camille : "Quel renfort ?"
- — Romain : "Ben, tu te fais deux mecs, alors y a pas de raison pour qu’on se contente d’une seule fille…"
- — Alex : "C’est un marché honnête…"
- — Camille : "Je t’ai dis de la boucler, Alex… Quelle autre fille ?"
- — Romain : "Ma chérie, tu ne crois pas que je vais t’être exclusif, non !?!"
- — Camille (riant jaune) : "Bon ça va j’ai compris !"
Et à nouveau les éclats de rire !
Merde !
- — Romain (remontant subitement son pantalon) : "Tonnerre ! Je l’avais oubliée !"
- — Camille : "Quoi encore !?!"
- — Romain : "Ben figure-toi que lundi après-midi, avant de partir à K.H. je me suis fait agresser dans la zone piétonne."
- — Camille : "Qu’est-ce que tu nous chantes là ?"
- — Romain (gêné) : "Je me suis fait agresser par Stéph !"
- — Camille : "Hein !?!"
- — Romain : "Oui, elle m’a littéralement sauté sur le paletot, me rendant responsable de…"
Et patati et patata ! Je relate sommairement ma mésaventure.
- — Camille : "Oh non, Romain, t’avais pas le droit ! Qu’est-ce qu’elle va penser de moi maintenant…"
- — Romain : "Ah ! J’aurais voulu t’y voir, tiens ! Et elle ne va rien penser du tout ! Tu n’as pas à t’inquiéter. Je ne lui ai pas parlé de vos petites affaires. En fait, je l’ai laissée dans l’ignorance la plus totale ; la seule connerie que j’ai dite, c’est qu’elle allait être déçue…"
- — Camille : "Déçue par moi, hein !"
- — Romain : "Non. Déçue tout court…"
- — Alex : "Mais enfin, qui c’est cette Stéph ?"
- — Camille : "Ma meilleure amie…"
- — Alex : "Comment ça ta meilleure amie ? Et pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ?"
- — Camille : "Ne complique pas les choses, Alex ! Elles le sont déjà bien assez comme ça…"
- — Romain : "Et bien plus que tu ne le penses, Camille…"
- — Camille : "Qu’essaies-tu encore de nous dire ?"
- — Romain : "Le petit truc que j’avais à faire avant de venir…"
- — Camille : "Et alors ?"
- — Romain : "Et bien, comme ce fameux lundi, après notre entrevue houleuse, Stéph n’avait pas l’air tout à fait convaincue de ma bonne foi… j’ai voulu mettre les choses au clair une fois pour toutes ! Tu sais comme je déteste l’ambiguïté, hein ?"
- — Camille (méchante) : "Et ?"
- — Romain : "Et tout à l’heure, le petit truc que j’avais à faire avant de venir… je l’ai appelée en…"
- — Camille (colérique) : "Cette garce t’a donné son numéro !?!"
- — Romain (moqueur) : "Oh mais c’est elle qui a insisté et…"
- — Camille (en rage) : "Ah la salope ! Elle qui disait qu’elle te détestait… Continue !"
- — Romain : "Me détester ? Oui, bien-sûr… Bref ! Je lui ai demandé de passer chez toi dans l’heure… et si j’en juge ce qu’indique ma montre, elle ne devrait pas tarder à se pointer…"
- — Alex (écroulé de rire et remballant son instrument) : "C’est la fête à la maison !"