| n° 08450 | Fiche technique | 13252 caractères | 13252Temps de lecture estimé : 8 mn | 11/01/05 |
| Résumé: Lola découvre, en rentrant chez elle, une scène traumatisante. | ||||
| Critères: fh extracon grosseins fsoumise fdanus fsodo | ||||
| Auteur : Miaou (Gentil matou) | ||||
Lola est perdue dans ses pensées. La scène se répète en boucle dans sa tête. Elle ne contrôle plus rien. Ses sentiments se battent les uns contre les autres.
Elle franchit la margelle du trottoir.
Forme rouge bruyante. Rapide. Une fraction de seconde de conscience : une voiture surgit du néant pour la percuter.
Le choc du métal. L’air frais autour. Absence de poids. « Je vole » pense t-elle, étonnamment sereine d’un coup.
Le choc du pavé. Le ciel bleu, un instant. Puis, le noir.
La scène à nouveau, comme dans un film :
Lola cache son bouquet le bras droit dans le dos, la main droite délicatement fait tourner la clef dans la serrure pour éviter tout bruit. Un radieux sourire illumine tout son visage ; elle est particulièrement fière de sa surprise. Et pour cause : cet après-midi, elle a obtenu un nouveau poste, avec augmentation ; du coup elle a annulé sa réunion de travail pour l’effectuer avec son successeur. Elle rentre tôt dans leur petit appartement, après toutes ces semaines aux horaires délirants. Elle est passée chez le traiteur commander un sympathique repas pour amoureux, chez le fleuriste pour le bouquet qui devra trôner sur la table de soirée.
Elle pose doucement les clefs sur la console de l’entrée ; elle veut faire une surprise totale. En accrochant sa veste sur le porte-manteau elle remarque ce trois-quarts qu’elle ne connaît pas. Le manteau de Franck est bien là. Mais à qui est celui-ci ; il n’est pas neuf ; il sent un parfum de femme (qu’elle ne connaît pas). Une petite angoisse commence serrée son estomac.
Elle ôte ses chaussures sans y penser, et entre dans le salon à pas feutrée où elle pose le bouquet : personne. Mais un léger gémissement dans l’appartement l’arrête net. « Non ! C’est pas possible ».
Pas accélérés vers le couloir. La porte de la chambre est entrouverte. Les gémissements sont plus rapides maintenant et beaucoup plus forts. La voix de Franck : « Salope, tu aimes ça. Hein tu aimes ? ». Une voix inconnue lui répond « Oui, Oh oui… »
Lola n’a plus de pensées cohérentes. Elle s’approche de l’ouverture de la porte et aperçoit le lit. Une blonde aux cheveux longs, à quatre pattes, la tête dans les draps, des seins énormes agitées par les mouvements, les fesses relevées, des formes bien généreuses. Elle ne connaît pas cette pute, mais c’est son contraire, son opposée physique. Lola n’a jamais vraiment apprécié son corps : petite brune aux seins rachitiques, peu de forme, une vraie planche à repasser.
Deux mains apparaissent sur les grosses fesses de cette garce, les écartent, les massent, et les claquent. La blonde couine. Lola se décale et découvre Franck nu, à genoux sur le lit, posté derrière le cul offert. Il a un terrible érection ; tout son être semble à l’apogée de l’excitation. Lola l’a jamais vu comme ça. Leurs rapports se passaient en position du missionnaire, dans la pénombre, en se glissant des mots doux dans l’oreille. Elle a l’habitude de se dire qu’il ne baise pas mais qu’ils font l’amour.
Là sous ses yeux c’est tout autre chose. Son homme (comme elle l’aimait l’appeler) s’est transformé en vrai satyre et maltraite le cul de la blonde qui semble adorer ces tortures. Puis d’un coup il lui glisse deux doigts dans son sexe : « Salope, tu es brûlante. T’adore ça. Me montrer ton cul. Tu sais que je voies ta rondelle qui m’appelle ». Jamais Lola n’a entendu un tel vocabulaire dans la bouche de Franck. Elle a toujours été fière de dire à ses copines ou collègues de travail qu’elle avait trouvé l’homme qu’il lui fallait : tendre, doux et si romantique.
Elle vivait avec Dr Jeckyl depuis deux ans, et découvrait aujourd’hui Mr Hyde en pleine action ! L’horreur, tous ses repères étaient perdus. Ses pensées partaient dans tous les sens. Lola devenait incapable de toute action, pétrifiée devant le spectacle digne d’un film pornographique (jamais elle n’en avait réellement regardé un ; l’idée l’a dégoûtée).
Hyde-Franck sort les doigts du con et les lèche avec délice : « tu as un bon goût de grosse chienne ». La blonde émet un gémissement signifiant clairement qu’elle apprécie le compliment. Ses doigts reviennent sur ses parties intimes, et après les avoir frottées sans retenue elles remontent plus haut entre ses fesses. La garce semble aimer ça.
Et Franck commence ce qu’il vient d’annoncer sous les yeux de Lola toujours tétanisée.
Elle est dégoûtée, jamais Franck n’aurait osé le parler comme ça ou s’intéresser à cette partie de son anatomie. Ses sentiments se mélangent : haine, jalousie, culpabilité, désir, … Elle n’en a pas conscience. Elle voudrait hurler, fuir, tuer ces porcs ; mais son cerveau ne semble plus fonctionner.
Sous ses yeux, le film porno continu de se dérouler avec des dialogues toujours aussi crus. Le temps paraît s’étirer ; un enfer sans fin pour Lola.
Dans une apothéose d’obscénité, les deux baiseurs s’effondrent sur le lit. Le silence immédiat, un déclic pour le cerveau de Lola. Elle prend la fuite en attrapant ses chaussures et sa veste.
Sur le palier, elle respire à nouveau, elle réalise qu’elle halète. Elle a l’impression d’avoir la grippe : chaud, froid, toute tremblante. Pendant qu’elle attend l’ascenseur, elle remet ses escarpins. Pendant la descente, elle se rend compte qu’elle a mouillée sa culotte (mais ça n’a pas traversée son tailleur). C’est la première fois que ça lui arrive réellement. Elle découvre son visage rouge de honte dans le miroir de l’ascenseur. Son maquillage a coulé ; elle n’avait pas réalisé qu’elle avait pleuré. Quand ? Avant, pendant ou après cette scène ?
Et là, le spectacle lui revient en tête. Il se déroule et tourne en boucle indéfiniment pendant qu’elle quitte l’immeuble, parcourt les trottoirs, traverse les rues sans but. Elle ne réfléchit pas, elle erre hagarde.
Une voix affolée : « Mademoiselle, mademoiselle ». Lola ouvre les yeux. Le brouillard se lève et lui découvre un joli minois de brune aux yeux verts à vingt centimètres d’elle. L’angoisse sur lit sur tout son visage.
Lola ferme les yeux et pleure en hoquetant. Une main douce passe sur son visage et écarte ses cheveux collés. Pendant une seconde ce contact lui fait oublier son enfer.
Le pin-pon des secours. Lola décide de se ressaisir pour éviter de se retrouver des heures à l’hôpital avec ses angoisses. Elle coopère avec les urgentistes et répond correctement à toutes les questions. Les examens de premières urgences ne semblent rien révéler d’affolant. L’homme qui l’interrogeait lui propose qu’on l’emmène à l’hôpital. Lola refuse et annonce qu’elle va aller de ce pas chez son médecin. Les secours acceptent de la laisser repartir.
Pendant tout ce temps la brune est restée, sans jamais s’éloigner trop d’elle, l’air vraiment inquiète. Enfin Lola remarque la voiture qui l’a heurtée : une mini rouge flambant neuve. Elle identifie aussi les policiers qui pose des questions à la brune et remplissent des papiers. Cette dernière commence à être de plus en plus agacée par eux. Les infirmiers l’ayant enfin libérée, elle se précipite vers le groupe de policier et intervient immédiatement « laissez là tranquille, c’est moi qui suis en tord, j’ai traversé rapidement, sans regarder la circulation ; mais je sais qu’elle ne roulait pas vite et qu’elle a tout fait pour essayer de s’arrêter ; je me suis conduite comme une andouille ; c’est moi qui suis à blâmer ». La brune apparue surprise par son speech ; elles savaient toutes les deux qu’elle n’avait pas eu le temps de freiner car elle roulait un peu trop vite, pour une zone aussi fréquentée. Les forces de l’ordre prirent notes de tout ça, et firent signer aux deux femmes les documents nécessaires à la justification de leur salaire.
Lola et la brune se retrouvent seules dans la rue à côté de la voiture. Elles se regardent et pour la première fois depuis un bon moment elles sourient. Pour Lola, c’est quelque part un soulagement intérieur.
Lola déplace son regard des pieds à ses bras ; la brune a raison. Et puis elle peut allez où ? Certainement pas retourner chez elle.
Sa franchise lui plaît ; Lola est prête à suivre la brune. C’est d’ailleurs ce qu’elle fait.
Elles laissent la voiture avec les warning et cherche une pharmacie. Lola en ressort avec une demi-douzaine de pansements, et un sac complet de produits pour soigner toute une équipe de rugby.
Cette franchise abrupte rassure Lola. Elles commandent à boire, toutes les deux des boissons alcoolisées. Deux verres plus tard, Lola se lâche et raconte toute l’histoire à sa nouvelle confidente. Une version moins crue que la réalité, au vocabulaire BCBG. Elle raconte sa vie de couple, son mariage, tout y passe. Justine intervient peu, elle écoute.
Lola réfléchit longuement, pendant que Justine sirote sa troisième bière.
A suivre